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<title>Les marges.net</title><link>http://www.lesmarges.net/index.html</link><description>Nouvelles &#x21;</description><dc:language>(null)</dc:language><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:rights>Jean Prod&#x27;hom &#xa9; 2012</dc:rights><dc:date>2012-05-16T08:16:30+02:00</dc:date><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.realmacsoftware.com/" />
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<lastBuildDate>Wed, 16 May 2012 23:24:55 +0200</lastBuildDate><item><title>Ce ne sont pas les livres que je regretterai</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Autres lieux</category><dc:date>2012-05-16T08:16:30+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d4b2382f8dab37294d0c1fd1bdae547f-1716.html#unique-entry-id-1716</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d4b2382f8dab37294d0c1fd1bdae547f-1716.html#unique-entry-id-1716</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/185-4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Ce ne sont pas les livres que je regretterai mais les biblioth&egrave;ques, le r&eacute;seau dense de leurs trav&eacute;es, l'absence de lignes de fuite, de perspective, l'ordre presque immuable des choses, la vuln&eacute;rabilit&eacute; des &ecirc;tres que j'y rencontrais, les grandes baies vitr&eacute;es, le temps qui ralentissait, la lumi&egrave;re qui s'attardait, les secrets qui mijotaient, l'ignorance et les songeries, le d&eacute;soeuvrement, les innombrables chaises vides autour des tables nues et la promesse d'un silence que la nuit qui tombe ne ferait pas taire.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Ontologie</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><dc:date>2012-05-15T15:02:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/db3e5f7d41b2ea4b798adadd5b9a9b6c-1715.html#unique-entry-id-1715</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/db3e5f7d41b2ea4b798adadd5b9a9b6c-1715.html#unique-entry-id-1715</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/185-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />C'est une sp&eacute;cialiste de l'ontologie qui termine son gros ouvrage par un long post-scriptum dans lequel elle indique avec mille pr&eacute;cautions qu'elle aurait pu dire la m&ecirc;me chose tout &agrave; fait autrement, que ce n'&eacute;tait l&agrave; qu'une des innombrables mani&egrave;res d'aborder la question de l'&ecirc;tre. Elle voulait ainsi, je l'imagine, rassurer ceux de ses lecteurs &ndash;&nbsp;j'en suis&nbsp;&ndash; qui ne seraient parvenus &agrave; entendre ni son dit ni son dire, en les laissant supposer que le silence &ndash; ou l'un ou l'autre de ses avatars &ndash; aurait pu en faire tout autant. De tout cela elle aurait naturellement pu ne rien en dire. <br />Elle conclut son post-scriptum par une &eacute;vocation saisissante, l'&eacute;vocation d'une crainte, celle qu'elle &eacute;prouva soudain qu'on p&ucirc;t croire un instant qu'elle n'avait rien &agrave; dire.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>J&#x27;entends par la fen&#xea;tre ouverte</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Pra Massin</category><dc:date>2012-05-14T16:01:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/799e5cf5cd7ce7af98fd20fdd97c0930-1714.html#unique-entry-id-1714</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/799e5cf5cd7ce7af98fd20fdd97c0930-1714.html#unique-entry-id-1714</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/185-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />J'entends par la fen&ecirc;tre ouverte de Pra Massin le silence de la vieille, sortie sans &eacute;teindre le petit poste de radio qu'elle &eacute;coutait autrefois avec le vieux. Quand donc sont-ils partis ? Il n'y a rien de plus vide qu'une maison devant laquelle on passe et qui fait entendre la voix des disparus, le silence de ceux qui pourraient revenir.<br /><br />Elle n'&eacute;tait jamais l&agrave; o&ugrave; l'on croyait, jamais ici, quelquefois ailleurs, la plupart du temps entre ici et ailleurs. Mais o&ugrave; et comment la rejoindre&nbsp;? Alors je restais &agrave; quelques pas de la fen&ecirc;tre ouverte. <br /><br />C'&eacute;tait souvent &agrave; l'instant m&ecirc;me o&ugrave; je m'avisais qu'il n'y avait personne dans la maison qu'elle apparaissait sur le chemin des Tailles ou au coin de son potager. Alors elle ralentissait comme pour s'excuser d'avoir interrompu mon attente.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Notre identit&#xe9; la plus ch&#xe8;re</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Pra Massin</category><dc:date>2012-05-09T16:07:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c882b231c357317548a985f1f88ea037-1713.html#unique-entry-id-1713</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c882b231c357317548a985f1f88ea037-1713.html#unique-entry-id-1713</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/184-4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il d&eacute;finissait notre &eacute;quilibre, notre identit&eacute; la plus ch&egrave;re, par ce lieu qu'on ne cesse de quitter et vers lequel on revient toutes les fois qu'on ce croit ailleurs. Il appelait passion ce mouvement incessant qui nous m&egrave;ne vers ce qui nous rapproche de ce dont on est s&eacute;par&eacute; en nous &eacute;loignant de ce dont on se croit proche. Sans qu'on y parvienne jamais. Comment cela se pourrait-il&nbsp;? La succession de ces d&eacute;parts et de ces retours, avort&eacute;s, &eacute;court&eacute;s, incomplets, nourrissent, pr&eacute;tendait-il, notre pr&eacute;sence au monde en creusant toujours plus loin notre absence et celle des choses.<br /><br />Si bien qu'il avan&ccedil;ait parfois que nous sommes &agrave; la fois celui qu'on est devenu de n'avoir pas &eacute;t&eacute; et celui vers lequel ceux que nous avons cru pouvoir devenir nous ont ramen&eacute;. <br /><br />Je suis la cohorte de ceux vers lesquels mon absence me conduit, disait-il. Je suis en retour cette absence qui ne d&eacute;borde pas. Et il souriait.<br /><br />Le vase est vide, les fleurs fan&eacute;es, le vent emp&ecirc;che les rideaux de baisser les bras, on entend des voix, celles d'un transistor. Pr&egrave;s du po&ecirc;le dans l'ombre noire, un vieil homme, personne ne le voit, silencieux, claquemur&eacute; dans sa cuisine, pour enfin ne pas y &ecirc;tre sans &ecirc;tre d&eacute;rang&eacute;, pour &ecirc;tre ailleurs sans avoir &agrave; aller trop loin. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dehors comme dedans&#x2c; mais demain</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Pra Massin</category><dc:date>2012-05-07T16:45:41+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a22285966c8384640cf30a7dfc8cd076-1712.html#unique-entry-id-1712</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a22285966c8384640cf30a7dfc8cd076-1712.html#unique-entry-id-1712</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/184-2.png" width="50" height="50"/><br /><br /><br />Il n'y avait jamais eu personne dans cette maison. Au d&eacute;but, celui qui l'habitait avait attendu que l'averse cesse et il y &eacute;tait demeur&eacute; &agrave; d&eacute;faut d'&ecirc;tre ailleurs. Il avait oubli&eacute; les circonstances de son arriv&eacute;e, comme tant d'autres, si bien qu'il n'en ressortit jamais. Sans y &ecirc;tre demeur&eacute; une seule fois.<br /><br />Des voix sortaient d'un poste de radio et reposaient dans la pi&egrave;ce, comme de l'eau croupie. Il n'y avait personne, comme en &eacute;t&eacute; lorsqu'on passe &agrave; c&ocirc;t&eacute; d'une fen&ecirc;tre ouverte devant laquelle un rideau faseye. <br /><br />On se mettait dedans, &agrave; l'abri, pour &ecirc;tre ailleurs, par n'importe quel temps, dehors comme dedans, n'importe quand, une fois, un jour.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Cher Pierre</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2012-05-11T11:19:50+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f08922119c4e4fc26cc9104d00dc0d5c-1710.html#unique-entry-id-1710</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f08922119c4e4fc26cc9104d00dc0d5c-1710.html#unique-entry-id-1710</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/184-1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Cher Pierre,<br />La sonnerie du r&eacute;veil me rappelle aux dures lois des jours ouvrables. Difficile de d&eacute;sob&eacute;ir aujourd'hui, trop avanc&eacute; dans l'existence, en rendrais certains malheureux. <br />Il fait encore nuit. Je commence par faire du feu, trois morceaux de petite taille de chez les anthroposophes, trois moyens de chez Fran&ccedil;ois, un gros de chez Francis, une page du quotidien de la veille, une allumette et le tour est jou&eacute;. Lorsque le pain est d&eacute;gel&eacute;, il est 6 heures 30 et il fait moins de 5 degr&eacute;s.<br />Arthur sit&ocirc;t arriv&eacute; en bas se couche sur le canap&eacute; et s'enroule dans une couverture. La partie n'est visiblement pas gagn&eacute;e. Sandra qui nous a rejoints se tient debout, dos au po&ecirc;le. Je remets un morceau de bois. <em><a href="http://www.lesmarges.net/notes/notes.html" rel="self">(lire la suite)</a></em><em>  </em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Cher Pierre</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2012-04-27T13:02:11+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/1c20f0d586ec231d8022e9dc8c4d84f2-1707.html#unique-entry-id-1707</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/1c20f0d586ec231d8022e9dc8c4d84f2-1707.html#unique-entry-id-1707</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/182-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Cher Pierre,<br />L&egrave;ve un oeil &agrave; 8 heures, un second &agrave; 8 heures 30, puis plus rien jusqu'&agrave; 10. J'en connais qui auraient vivement brandi un carton jaune, convaincus que ces heures perdues le matin sont des pertes s&egrave;ches. Les poules, elles, sont d&eacute;j&agrave; dehors, la porte du nichoir n'a pas &eacute;t&eacute; ferm&eacute;e, ce sont les petites qui ont jou&eacute; hier et qui n'ont pas pens&eacute; au goupil. On se r&eacute;jouit qu'il n'en ait pas &eacute;t&eacute; inform&eacute;, on r&eacute;p&egrave;te aux enfants les cons&eacute;quences de tels oublis, sans y croire vraiment, persuad&eacute;s que la meilleure le&ccedil;on est donn&eacute;e par les crocs du renard. Les crocus bleu p&acirc;le sont ouverts&nbsp;; une fine pellicule transparente, vein&eacute;e, colle au ciel. Cacao passera la journ&eacute;e dans son parc. <em><a href="http://www.lesmarges.net/notes/notes.html" rel="self">(lire la suite)</a></em><em>  </em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>A.21</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><dc:date>2012-04-26T13:02:06+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ba97da9a4e05b6a658ee38b76bcd812e-1706.html#unique-entry-id-1706</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ba97da9a4e05b6a658ee38b76bcd812e-1706.html#unique-entry-id-1706</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/182-4.png" width="50" height="50"/><br /><br />La sagesse populaire a rep&eacute;r&eacute; les limites des bons sentiments, Nietzsche a dress&eacute; le tableau g&eacute;n&eacute;alogique du ressentiment, voici l'&egrave;re du ressenti, vilain mot sorti de nos &eacute;curies. On y go&ucirc;te la bile, l'aigre rumination, la mauvaise digestion.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a tout bonnement&#xa;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2012-04-25T13:02:02+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/57ef8d38f607d5fa9ca2e313fc0615ba-1705.html#unique-entry-id-1705</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/57ef8d38f607d5fa9ca2e313fc0615ba-1705.html#unique-entry-id-1705</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/182-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a tout bonnement<br />le bout du monde avec dessus le ciel couleur de suie<br />il y a le ciel immense <br />avec dessous des saules et des ch&ecirc;nes verts<br />il y a le Lez<br />un &nbsp;bassin de gr&egrave;s<br />avec une roseli&egrave;re<br />il n'y a l&agrave; rien qu'un chemin &agrave; double orni&egrave;re<br />et moi dedans<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Enigme&#x2c; effacer aussi ce mot</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Extractions</category><dc:date>2012-04-23T13:01:57+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/46b8afd2cd3d84d0f1a9ecd72e22afe5-1704.html#unique-entry-id-1704</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/46b8afd2cd3d84d0f1a9ecd72e22afe5-1704.html#unique-entry-id-1704</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="P1060315" src="http://www.lesmarges.net/files/p1060315.jpg" width="475" height="356"/><br /><br /><br /><em>Ce qu'il y avait eu l&agrave; non pas devant moi ou autour de moi, mais dans l'amalgame de moi et de ce morceau du monde, avait &eacute;t&eacute; peut-&ecirc;tre la plus grande densit&eacute; d'incompr&eacute;hensible contre laquelle j'eusse jamais but&eacute; &ndash; avec presque de la jubilation.<br /><br />Ou faut-il imaginer que l'incompr&eacute;hensible &eacute;tait comme un ciment qui nous aurait li&eacute;s ensemble quelques instants&nbsp;?<br /><br />Chemins impr&eacute;gn&eacute;s de la vie de ceux qui les avaient lentement trac&eacute;s, chemins &eacute;crits par le temps sans aucune violence dans la terre, ainsi que l'eau ailleurs en creuse avec patience et sans blessures.<br /><br />Ici et maintenant, dans l'&eacute;paisseur de l'&eacute;nigme, dans sa chaleur, dans son silence&nbsp;: un vieil homme parfaitement et irr&eacute;vocablement ignare, et qu'on voit donner cong&eacute; aux f&eacute;es, cong&eacute; aux anges, cong&eacute; aux Vingt-quatre Vieillards de saint Jean. Lui-m&ecirc;me partie prenante de l'&eacute;nigme dans sa plus grande densit&eacute; et qui sait s'il ne devrait pas effacer aussi ce mot &ndash; afin de mieux recevoir cette bont&eacute; venue de la terre couleur de terre, couleur de soleil bient&ocirc;t couch&eacute;, couleur de feu tr&egrave;s ancien.<br /></em><p style="text-align:right;"><em>Philippe Jaccottet, Couleur de terre, Fata Morgana, 2009<br /><br /></em><img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/182-3.png" width="50" height="50"/><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Eloge des petites disparitions</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les disparus</category><category>Choses vues</category><dc:date>2012-04-24T13:01:52+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/bd0e09e3ba0d0ec6b808cbadf704254a-1703.html#unique-entry-id-1703</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/bd0e09e3ba0d0ec6b808cbadf704254a-1703.html#unique-entry-id-1703</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/182-1.png" width="50" height="50"/><br /><em><br /></em><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; font-weight:bold; color:#666666;font-weight:bold; ">BLANC SUR NOIR | NOIR SUR BLANC</span><em><br /></em><span style="font-size:11px; "><em>Du 7 avril au 28 mai 2012 <br /></em></span><span style="font-size:11px; "><em>Grignan<br /></em></span><span style="font-size:11px; "><em><br /></em></span><a href="http://www.terres-ecritures.asso.fr/" rel="self"><img class="imageStyle" alt="temini" src="http://www.lesmarges.net/files/terresdecritures9" width="118" height="20"/></a><br /><span style="font-size:11px; "><em><br /></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; font-weight:bold; color:#666666;font-weight:bold; ">KITTY SABATIER<br />DENISE LACH<br />CHRISTINE DEPUIDT<br />FANNY VIOLLET<br />CHRISTINE MACE<br />DANY JUNG<br />PAUL KALLOS<br />LAURENT REBENA<br />PASCAL CIRET</span><span style="font-size:11px; "><em> <br /></em></span><br /><img class="imageStyle" alt="P1060250" src="http://www.lesmarges.net/files/p1060250-2.jpg" width="475" height="356"/><br /><span style="font-size:10px; "><a href="http://fannyviollet.com/abc/" rel="self">Fanny Viollet</a></span><br /><br />La nuit tombe, il est temps de noter encore le temps qu'il fait, rappeler les circonstances, retirer du naufrage quelques-unes des choses dont on aper&ccedil;oit la tra&icirc;ne, avant que la nuit ne les engloutisse. En faire une douzaine de motifs, les assembler bout &agrave; bout en usant des chevilles mises &agrave; notre disposition dans les ateliers du langage. Sauver ainsi quelque chose, dans une image, l'image de la d&eacute;raison et les visages auxquels s'accrochent nos jours. <br /><br />Je vous offre <em>les pelotes du d&eacute;risoire</em>.<br /><br />S&eacute;quences coup&eacute;es dans l'&eacute;paisseur de nos heures, elles s'encha&icirc;nent comme dans une odyss&eacute;e, leurre encore. Petites morts serr&eacute;es c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;te dans un rituel de fer, je me rappelle ainsi jour apr&egrave;s jour que l'&eacute;nigme demeure et me traverse comme le furet.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title></title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2012-05-17T17:08:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2e43981507cd46c4a245a73d639aba0d-1702.html#unique-entry-id-1702</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2e43981507cd46c4a245a73d639aba0d-1702.html#unique-entry-id-1702</guid><content:encoded><![CDATA[ <img class="imageStyle" alt="IMG_0424" src="http://www.lesmarges.net/files/img_0424.jpg" width="470" height="145"/>]]></content:encoded></item><item><title>Parquet&#x2c; amiti&#xe9; et violences conjugales</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>F&#xe9;n&#xe9;ontises</category><dc:date>2012-04-18T15:41:53+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ad615daab724583c12b22f9e962a84d0-1701.html#unique-entry-id-1701</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ad615daab724583c12b22f9e962a84d0-1701.html#unique-entry-id-1701</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/181.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Le vice-procureur de la R&eacute;publique &agrave; Tarascon, ancien substitut du procureur de la R&eacute;publique &agrave; Avignon, s'est suicid&eacute; par pendaison. Le parquet est malgr&eacute; tout sous le choc.<br /><br />Un avocat, collectionneur d'armes, re&ccedil;oit d'un ami une grenade par colis postal. Il la d&eacute;goupille en la croyant inoffensive. Erreur.<br /><br />Les victimes de violences conjugales brisent la loi du silence dans le Vaucluse. En 2008, 470 plaintes ont &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute;es&nbsp;; 500 en 2009, 607 en en 2010, 668 en 2011. On est &agrave; l'&eacute;vidence sur la bonne voie.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>CIII</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2012-04-17T15:41:50+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/168b4ae5321ab22603fbfd915c12a9a7-1700.html#unique-entry-id-1700</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/168b4ae5321ab22603fbfd915c12a9a7-1700.html#unique-entry-id-1700</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/181.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Louise et Lili sont m&eacute;connaissables, elles concluaitur le nez une paire de lunettes aux verres immenses, l'un rouge et l'autre vert, offertes hier soir &agrave; l'occasion d'une s&eacute;ance de cin&eacute;ma &agrave; Oron. Elles &eacute;coutent en boucle une chanson sans grand relief qu'elles ont t&eacute;l&eacute;charg&eacute;e sur leur Ipod et qu'elles lancent chacune leur tour, avec un l&eacute;ger d&eacute;calage. Louise et Lili cherchent le juste retard pour entendre leur chanson en trois D.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a la mise &#xe0; jour de ses scrupules&#xa;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2012-04-16T15:41:45+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7f312a7f42a36d754b73fce4c2d248a2-1699.html#unique-entry-id-1699</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7f312a7f42a36d754b73fce4c2d248a2-1699.html#unique-entry-id-1699</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/181.3.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Il y a la mise &agrave; jour de ses scrupules<br />les bonnes affaires<br />la chaleur qui monte du chemin<br />il y a Jules<br />il y a Jim<br />il y a la d&eacute;sarcellisation des logements sociaux<br />l'indubitable insignifiance<br />les avertissements de seconde main<br />il y a les timidit&eacute;s de classe<span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Cher Pierre</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2012-04-20T15:41:39+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/106938df47b62d2b71de4abe76a83ae6-1698.html#unique-entry-id-1698</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/106938df47b62d2b71de4abe76a83ae6-1698.html#unique-entry-id-1698</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/181.4.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Cher Pierre,<br />Les crapahut&eacute;es de ces derniers jours dans le Val d'Entremont, alors que je n'en ai plus l'habitude, m'ont laiss&eacute; une grosse fatigue. Sommeil ce matin. Quant aux enfants, ils ont retrouv&eacute; leurs jeux en-bas et s'occupent silencieusement. On ne fait pas de feu aujourd'hui, pour la premi&egrave;re fois cette ann&eacute;e et on d&eacute;jeune sous le soleil &agrave; la v&eacute;randa. C'est un crocus bleu qui a pouss&eacute; pr&egrave;s des rosiers, et une primev&egrave;re dans l'angle de la maison. Sandra part en ville faire des courses avec les enfants. <em><a href="http://www.lesmarges.net/notes/notes.html" rel="self">(lire la suite)</a></em><em>  </em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Cher Pierre</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2012-04-13T09:12:36+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/baa524ebba4abdb9bcab168ffabde522-1697.html#unique-entry-id-1697</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/baa524ebba4abdb9bcab168ffabde522-1697.html#unique-entry-id-1697</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/180-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Cher Pierre,<br />Je quitte ce matin la Tzavannes tandis que Sandra, Val&eacute;rie et les autres terminent les rangements. Me sens &agrave; nouveau un peu coupable. Chausse mes raquettes pour retrouver les traces de mon exp&eacute;dition de dimanche pass&eacute;, passe le torrent de l'A disparu dans la neige. Puis tire au sud, peu avant le Roc de Cornet, sur un chemin qui rejoint par les bois le Tomeley, au bout de l'ar&ecirc;te, l'entr&eacute;e de la Combe, avec &agrave; l'ouest la Tour de Bavon.  <em><a href="http://www.lesmarges.net/notes/notes.html" rel="self">(lire la suite)</a></em><em> </em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>CII</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2012-04-11T15:15:27+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/082bf6730ecf4fdcda55487a855ace5f-1695.html#unique-entry-id-1695</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/082bf6730ecf4fdcda55487a855ace5f-1695.html#unique-entry-id-1695</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/180-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Depuis une semaine j'enrage, plus aucun rouleau de papier essuie-tout dans les rayons de la section m&eacute;nage de notre petite ville. Mais tout s'est &eacute;clair&eacute; hier soir au coll&egrave;ge, Lili et ses camarades du cycle initial nous ont pr&eacute;sent&eacute; un merveilleux spectacle de danses bigoudennes. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>57</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2012-04-09T19:46:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/aa560e2b1d8473d64d4c5247dde1ca0a-1694.html#unique-entry-id-1694</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/aa560e2b1d8473d64d4c5247dde1ca0a-1694.html#unique-entry-id-1694</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/180-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Si les phrases ne tiennent pas debout du premier coup, c'est parce qu'elles ont besoin d'aide,... jusqu'&agrave; un certain point. Constatant en effet que nous sommes incapables d'en &ecirc;tre dignes, elles vont leur chemin. On voudrait alors les suivre, on se dresse pour voir o&ugrave; elles vont. <br />Sans elles on ne tiendrait pas debout.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>58</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2012-04-19T20:35:59+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ed2617c3f32ddae77d781525917bc76e-1693.html#unique-entry-id-1693</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ed2617c3f32ddae77d781525917bc76e-1693.html#unique-entry-id-1693</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/181.5.png" width="50" height="50"/> <br /><br />La loi morale au-dessus de notre t&ecirc;te ou la loi morale sous nos pieds&nbsp;? Comme un papillon que deux mains bienveillantes auraient d&eacute;pos&eacute; sur un tapis volant ou dans une marmite &agrave; vapeur avec le poids du ciel en guise de couvercle&nbsp;? Sur assiette ou sous couvert&nbsp;?<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les poires poch&#xe9;es au vin rouge&#xa;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2012-04-10T20:35:45+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/62d1a3d058da913d704d40de303101d3-1692.html#unique-entry-id-1692</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/62d1a3d058da913d704d40de303101d3-1692.html#unique-entry-id-1692</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/180-4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les poires poch&eacute;es au vin rouge<br />les cosses de petits pois<br />la gr&acirc;ce efficace<br />la gr&acirc;ce suffisante<br />les faiblesses naturelles<br />les grands jours de printemps<br />les assiettes &agrave; filet d'or<br />il y a les serments<br />il y a le lait des pissenlits<br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>56</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2012-04-05T17:53:05+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/82cd496458b11c560e934092ab1510e9-1687.html#unique-entry-id-1687</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/82cd496458b11c560e934092ab1510e9-1687.html#unique-entry-id-1687</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/179-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Voler comme un oiseau, d'accord, mais nullement avec l'intention de voir les choses d'en haut. Pour s'all&eacute;ger plut&ocirc;t, et ne garder que l'essentiel, c'est-&agrave;-dire rien. Et pour cela, pas besoin d'&ecirc;tre un oiseau. Arr&ecirc;te-toi, vide tes poches et mets y les mains. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Cher Pierre</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2012-04-06T17:48:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/42a4179c9cf1febeec63ea35cc822547-1686.html#unique-entry-id-1686</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/42a4179c9cf1febeec63ea35cc822547-1686.html#unique-entry-id-1686</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/179-7.png" width="50" height="50"/><br /><br />Cher Pierre, <br />Ce matin, Sandra a accompagn&eacute; Arthur &agrave; Ropraz et l'a remis aux mains de Ren&eacute; et Jean-Daniel, ceux qui nous relaient chaque semaine pour faire grandir le mousse loin de nous. Ils emm&egrave;nent ce matin les trialistes de <em>Passepartout</em> dans un petit bus pour un camp d&rsquo;entra&icirc;nement d&rsquo;une semaine pr&egrave;s de Marseille. Je ne l&rsquo;aurai pas vu lorsqu'il part, affair&eacute; au fond du lit &agrave; &eacute;ponger la fatigue accumul&eacute;e la semaine pass&eacute;e &agrave; Berne. <em><a href="http://www.lesmarges.net/notes/notes.html" rel="self">(lire la suite)</a></em><em> </em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les chapeaux de paille &#xe0; large bord</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2012-04-04T02:35:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2d47cfca5868b6d2fc460e61d63789d1-1685.html#unique-entry-id-1685</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2d47cfca5868b6d2fc460e61d63789d1-1685.html#unique-entry-id-1685</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/179-4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les chapeaux de paille &agrave; large bord<br />les oeufs &agrave; la coque<br />les monast&egrave;res cisterciens<br />les ombellif&egrave;res<br />il y a la lumi&egrave;re qui se fait derri&egrave;re les paupi&egrave;res<br />les lingots d'or<br />les t&eacute;lescopes r&eacute;tractables<br />il y a le m&egrave;tre au cou du tailleur<br />nos vies de somnambule<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>A.19</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><dc:date>2012-04-03T02:46:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/bfed9a3e6fa65a23f59a5d5986de0d61-1684.html#unique-entry-id-1684</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/bfed9a3e6fa65a23f59a5d5986de0d61-1684.html#unique-entry-id-1684</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/179-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Certaines mauvaises langues pr&eacute;tendent qu'apr&egrave;s la reconnaissance du g&eacute;nocide arm&eacute;nien, la r&eacute;solution du probl&egrave;me chypriote, il faudra encore, avant que l'Union europ&eacute;enne n'entre s&eacute;rieusement en mati&egrave;re avec les h&eacute;ritiers de l'Empire ottoman, r&eacute;gler la d&eacute;licate question des toilettes turques.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>55</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2012-04-02T13:04:09+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/edb58e55b1df49b43fc3710336901a1e-1683.html#unique-entry-id-1683</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/edb58e55b1df49b43fc3710336901a1e-1683.html#unique-entry-id-1683</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/179-6.png" width="50" height="50"/><br /><br />Les moineaux font des petits tas, les pies vont par deux, les villas sont des chambres froides. Petit cimeti&egrave;re par-ci petit cr&eacute;matoire par-l&agrave;, on entend la chaufferie. Les prunelliers flambent, tout tient, les nuages dans le ciel, les tuiles sur les toits, le lierre au tronc du pin.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Cher Pierre</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2012-03-30T22:05:03+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b82c1eb799c7e5d42b5e7fcb5ad200be-1682.html#unique-entry-id-1682</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b82c1eb799c7e5d42b5e7fcb5ad200be-1682.html#unique-entry-id-1682</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/178-6.png" width="50" height="50"/><br /><br />Cher Pierre, <br />Derni&egrave;re journ&eacute;e &agrave; Berne. Les &eacute;l&egrave;ves sont aux mains de la libert&eacute;, ils la m&eacute;ritent. Je leur ai fait les recommandations d'usage et vais me promener dans la direction oppos&eacute;e. Prends le bus 12 &agrave; la <em>Zytglogge</em> jusqu&rsquo;au terminus, mais le <em>Centre Paul Klee</em> n'ouvre ses portes qu'&agrave; 10 heures. Je me prom&egrave;ne autour des collines d'acier et de verre, avec le soleil, puis traverse le cimeti&egrave;re. Il r&egrave;gne un sain d&eacute;sordre dans le quartier des enfants, plastiques tapageurs, peluches et babioles, pierres et bouts de bois. Immobiles, vieillis. On devine les plaintes des parents qui en appellent au bon sens, mettez un peu d'ordre dans vos affaires&nbsp;! ils finissent par &eacute;lever la voix, les enfants ne les entendent pas, bien loin d&eacute;j&agrave;, dehors avec ceux qui ne sont plus l&agrave;. <em><a href="http://www.lesmarges.net/notes/notes.html" rel="self">(lire la suite)</a></em><em> </em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>L&#x27;&#xe9;criture d&#x27;apr&#xe8;s le livre</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2012-03-29T22:36:38+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a3db851a95bba19f09024be345f7d7c8-1681.html#unique-entry-id-1681</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a3db851a95bba19f09024be345f7d7c8-1681.html#unique-entry-id-1681</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/178-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Je con&ccedil;ois assez volontiers que la litt&eacute;rature et la peinture s'ajoutent au monde, j'imagine m&ecirc;me assez pr&eacute;cis&eacute;ment leur point de tangence &ndash; pr&egrave;s du ch&acirc;ssis du peintre ou dans la forme du livre. <br />Il n'en va pas de m&ecirc;me avec la musique qui se d&eacute;ploie tout enti&egrave;re de l'autre c&ocirc;t&eacute;, sans jamais venir jusqu'&agrave; moi autrement qu'en secret, et c'est cela qui me touche jusqu'aux larmes. Je n'ai pas &eacute;t&eacute; invit&eacute;, j'&eacute;coute derri&egrave;re la porte, tends l'oreille vers ce qui se d&eacute;ploie &agrave; deux pas hors de toute port&eacute;e, et que je surprends par m&eacute;garde, qui ne finit pas et s'&eacute;loigne. Elle est, comme le livre, <em>une chose de plus ajout&eacute;e au monde</em>, mais entre elle et lui, l'impensable&nbsp;: nul point de tangence. <br />Peut-&ecirc;tre que l'&eacute;criture d'apr&egrave;s le livre se d&eacute;ploiera tout enti&egrave;re de l'autre c&ocirc;t&eacute;, chaconne ou passacaille. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les annotations manuscrites</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2012-03-28T16:46:58+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/6e7f9f9001434f6a722d4aa47c34cb2c-1680.html#unique-entry-id-1680</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/6e7f9f9001434f6a722d4aa47c34cb2c-1680.html#unique-entry-id-1680</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/178-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les annotations manuscrites<br />les patissons<br />les mises au point<br />il y a les pupitres de commande<br />les relations qu'entretiennent le monde des questions et le monde des r&eacute;ponses<br />les deux foyers de l'ellipse<br />ton corps br&ucirc;lant<br />il y a les &eacute;piceries ouvertes le dimanche<br />il y a les polochons<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Au temps o&#xf9; nous n&#x27;&#xe9;tions pas l&#xe0;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2012-03-27T22:20:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/cc150e6af3f1e16d36528e6b62ab7c2a-1674.html#unique-entry-id-1674</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/cc150e6af3f1e16d36528e6b62ab7c2a-1674.html#unique-entry-id-1674</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/178-4.png" width="50" height="50"/><br /><br />L'impuissance de l'homme &agrave; faire tenir les choses ensemble le pousse &agrave; pr&ecirc;ter l'hostilit&eacute; des lieux qui le mettent en porte-&agrave;-faux &agrave; un plan que l'architecte aurait oubli&eacute; d'appliquer, si bien que l'homme avide de beaut&eacute; les fuirait, les abandonnerait &agrave; leur sort, celui plus myst&eacute;rieux encore de n'en avoir aucun. Gustave Roud &eacute;crit&nbsp;: "<em>Cela ressemble au tumulte sonore des instruments d'orchestre avant le chef &agrave; son pupitre." </em><br />Leur disqualification est ce qu'il nous reste. Ce sont &agrave; eux qu'il nous est donn&eacute; de nous mesurer, morceau par morceau, jusqu'&agrave; ce que l'averse de nos poussi&egrave;res m&eacute;lange ses doigts &agrave; ceux de ces lieux en perdition. Tout devient alors plus clair, aussi clair que la lumi&egrave;re au temps o&ugrave; nous n'&eacute;tions pas l&agrave;. Et nous devenons l'h&ocirc;te d'un instant avant d'en &ecirc;tre expuls&eacute; comme il se doit. <br />Les musiciens et le chef ont d&eacute;sert&eacute; la partie, le monde n'est plus &agrave; l'image de l'Orph&eacute;e ou du Phocion de Poussin. Sans prix, hors de prix.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Cher Pierre</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2012-03-23T22:20:41+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a547cc6e8b9deebf096b484e6a6019d6-1673.html#unique-entry-id-1673</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a547cc6e8b9deebf096b484e6a6019d6-1673.html#unique-entry-id-1673</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/177-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Cher Pierre,<br />G., dont je n'ai pas vu le travail hier soir, se r&eacute;veille&nbsp;plus t&ocirc;t&nbsp;ce matin. Il me soumet son intervention r&eacute;dig&eacute;e la veille, un peu gauche mais excellente. Nadia, notre accompagnatrice nous rejoint sur son v&eacute;lo, emmitoufl&eacute;e, le nez rouge, grosse couverture nuageuse et froid. On part pour le centre-ville, le tram num&eacute;ro 9 d'abord, le bus 11 ensuite jusqu'au&nbsp;quartier des ambassades, au sud-est de la boucle de l'Aar. Petit bonheur loin des abris, le jour, l'air libre. <br />Le quartier des repr&eacute;sentations ne paie pas de mine, sans caract&egrave;re, villas cossues et modestes immeubles r&eacute;sidentiels. Devant l'ambassade de Turquie une famille attend, patiente derri&egrave;re un grillage &eacute;dredon et sacs de voyage &agrave; la main. A c&ocirc;t&eacute; des militaires arm&eacute;s, devant le portail central une voiture de police. La petite porte voisine s'ouvre &agrave; notre demande et le premier conseiller de l'ambassade nous accueille, nous introduit dans le hall, le dispositif de s&eacute;curit&eacute; doit &ecirc;tre en panne. Il improvise un discours, &eacute;voque &agrave; voix basse sa fonction et celle de ses coll&egrave;gues, sous le portrait de Mustafa Kemal Atat&uuml;rk qui surveille les entr&eacute;es et les sorties. Notre guide parle &agrave; voix basse, comme s'il n'avait pas remarqu&eacute; que nous &eacute;tions l&agrave;, comme s'il se parlait &agrave; lui-m&ecirc;me ou &agrave; la post&eacute;rit&eacute;, il remercie naturellement la Suisse et ses bons offices, nous rappelle que Lausanne a accueilli une conf&eacute;rence en 1923 au cours de laquelle les signataires abandonneront le trait&eacute; de S&egrave;vres qui avait d&eacute;cid&eacute; du sort de l'Empire ottoman &agrave; la fin de la Grande Guerre et reconna&icirc;tront les fronti&egrave;res encore actuelles de la Turquie. Il vante les charmes de Montreux o&ugrave;, en 1936, la Turquie r&eacute;tablit sa souverainet&eacute; sur le Bosphore et les Dardanelles, commente les accords de Zurich qui r&eacute;&eacute;valuent, &agrave; la baisse, le r&ocirc;le des Britanniques dans le dossier de Chypre. C'&eacute;tait en 1959. <em><a href="http://www.lesmarges.net/notes/notes.html" rel="self">(lire la suite)</a></em><em> </em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>54</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2012-03-22T17:52:01+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/90a36bb028c55a5dba0431e30ef9a713-1672.html#unique-entry-id-1672</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/90a36bb028c55a5dba0431e30ef9a713-1672.html#unique-entry-id-1672</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/177-1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Une succession de fragments ne fera jamais voir l&rsquo;&eacute;tendue du d&eacute;sastre.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="font:10px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; "><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>53</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2012-03-20T08:05:37+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e284612128342c5e0cdde28c3a2e8d69-1671.html#unique-entry-id-1671</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e284612128342c5e0cdde28c3a2e8d69-1671.html#unique-entry-id-1671</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/177-3.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Si je me suis mis &agrave; r&eacute;diger de br&egrave;ves sentences, c'est tout simplement parce qu'il est plus facile de laisser filer ce qui nous &eacute;chappe que de l'emprisonner dans les mailles d'un filet, les chasseurs de papillons le savent bien. Il suffit d'une seule personne pour ouvrir la cage d'un fauve, il est n&eacute;cessaire de mobiliser une arm&eacute;e pour remettre la main dessus, mort ou vif. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Cher Pierre</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2012-03-16T16:34:04+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/22c96d54892334c361705977707878e7-1670.html#unique-entry-id-1670</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/22c96d54892334c361705977707878e7-1670.html#unique-entry-id-1670</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/176-6-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Cher Pierre,<br />Il y a des voix qui sonnent juste, celle par exemple du conseiller national Christian van Singer rencontr&eacute; ce matin dans la salle de commission num&eacute;ro 3 du Palais f&eacute;d&eacute;ral, un militant vert honn&ecirc;te, ind&eacute;pendant, phrases courtes, propos sans ambigu&iuml;t&eacute; apparente, sans exag&eacute;ration ni pathos. Avec ce petit air d&eacute;sesp&eacute;r&eacute; qui donne un peu de lest aux discours si souvent creux des politiciens, sourcils &agrave; la vo&ucirc;te surbaiss&eacute;e, un homme d'un certain &acirc;ge qui n'a au fond plus rien &agrave; perdre, qui ne tient pas &agrave; gagner des majorit&eacute;s. De ces gens qu'on imagine ailleurs que dans l'ar&egrave;ne politique, sans grande efficacit&eacute; -&nbsp;ou souterraine&nbsp;- dont la rencontre ne produit pas d'autre effet que le rappel qu'ils existent. <em><a href="http://www.lesmarges.net/notes/notes.html" rel="self">(lire la suite)</a></em><em> </em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>52</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2012-03-15T11:33:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/3797ba85718b31850a0e17ee474a4507-1669.html#unique-entry-id-1669</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/3797ba85718b31850a0e17ee474a4507-1669.html#unique-entry-id-1669</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/176-6.png" width="50" height="50"/><br /><br />La litt&eacute;rature n'est constitu&eacute;e, au fond, que de romans de gare. Il y a en effet toujours un moment o&ugrave; il faut se r&eacute;soudre &agrave; monter dans le train.<br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>51</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2012-03-12T16:32:42+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7e4a6e2499931d5dfea0ce439d13615b-1668.html#unique-entry-id-1668</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7e4a6e2499931d5dfea0ce439d13615b-1668.html#unique-entry-id-1668</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/176-4.png" width="50" height="50"/><br /><br />C'est l'assurance d'avoir les pieds sur terre qui procure &agrave; celui qui avance la t&ecirc;te dans les nuages cette hardiesse si noble et discr&egrave;te.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a l&#x27;instabilit&#xe9; des conditions initiales&#xa;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2012-03-21T16:24:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/42e3de6ffd3ad905fa21988950f4afc7-1667.html#unique-entry-id-1667</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/42e3de6ffd3ad905fa21988950f4afc7-1667.html#unique-entry-id-1667</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/177-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a l'instabilit&eacute; des conditions initiales<br />les raisonnements &agrave; l'emporte-pi&egrave;ce<br />les ronds de fum&eacute;e<br />il y a les ronds de serviette<br />les ronds de jambe<br />il y a le sans-g&ecirc;ne des objets inanim&eacute;s<br />les quincailleries<br />l'arri&egrave;re des granges<br />il y a sa funeste destin&eacute;e<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>49</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2012-03-05T22:09:59+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f95bcfccd3d01ffbe3687623e1935c02-1666.html#unique-entry-id-1666</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f95bcfccd3d01ffbe3687623e1935c02-1666.html#unique-entry-id-1666</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/175-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />On ne taille jamais assez les rosiers, il en va de m&ecirc;me pour les projets. Il convient parfois de les tailler &agrave; ras la terre, ainsi quelques esp&egrave;ces de framboisiers. Ou de leur couper l'herbe sous les pieds.<br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Nous approcher de quelque chose qui s&#x27;&#xe9;loigne</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2012-03-09T22:09:58+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/96c737403ff52ea0ea41238ae1954a31-1665.html#unique-entry-id-1665</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/96c737403ff52ea0ea41238ae1954a31-1665.html#unique-entry-id-1665</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/175-6.png" width="50" height="50"/><br /><br />On ne sait pas dire nos vies dans leur premi&egrave;re partie, parce que celle-ci est ouverte au vent, &agrave; l'appel qui transgresse toute limite et auquel ne r&eacute;pond nul &eacute;cho &nbsp;: l'horizon s'&eacute;loigne sans fin. Alors on ne dit rien, car il n'y a rien &agrave; dire. On ne l'identifie comme premi&egrave;re que bien plus tard, lorsqu'on n'y est plus, lorsqu'on la sait objectivement derri&egrave;re nous, c'est-&agrave;-dire objectivement devant. On est alors dans la seconde, la finitude &agrave; laquelle on ne croyait pas n'est plus un mot et on se met &agrave; avancer &agrave; reculons, les yeux riv&eacute;s sur l'horizon, pas celui qu'on a &eacute;t&eacute; amen&eacute; &agrave; laisser derri&egrave;re nous, mais celui d'o&ugrave; l'on vient.<br /><br />Lorsqu'on a le pied dans la seconde, on pourrait dire quelque chose de la premi&egrave;re, mais &agrave; quoi bon revenir sur l'ignorance dont elle fut le si&egrave;ge. Alors on ne dit rien, mais d'une autre mani&egrave;re. On ne saurait rien ajouter au demi-r&ecirc;ve qui s'est achev&eacute;. <br /><br />On marche &agrave; reculons pour entrer dans la nuit promise, plus besoin de s'en cacher, de la craindre, on peut faire autre chose, fixer les yeux sur la nuit oubli&eacute;e, celle d'o&ugrave; l'on provient. <br /><br />L'gnorance dans laquelle nous sommes plong&eacute;s dans la premi&egrave;re partie de nos existences se prolonge aussi longtemps qu'on y demeure. On sait enfin qu'on y fut lorsqu'on se sait engag&eacute; dans la seconde, lorsqu'on prend conscience qu'on avance &agrave; reculons. Les progr&egrave;s de la lumi&egrave;re ont desserr&eacute; les bords de la nuit, on imagine le monde sans nous et hors de nous. Et les deux parties qu'on a jou&eacute;es simultan&eacute;ment se referment l'une contre l'autre, comme une hu&icirc;tre sur le myst&egrave;re qu'elle a con&ccedil;u, tenant tout autour d'elle l'oc&eacute;an qu'elle n'a jamais quitt&eacute;.<br /><br />Nos vies se d&eacute;roulent simultan&eacute;ment dans les deux sens, depuis le d&eacute;but et depuis la fin. On n'en sait pas plus ni de l'un ni de l'autre. C'est ce double mouvement qui nous apporte un peu de conscience. Mais il faut attendre pour se donner la chance d'y comprendre quelque chose.<br /><br />Parfois, lorsque un paysage appara&icirc;t dans une &eacute;chancrure, un bout d'horizon dans un resserrement du champ de la vision, et qu'on s'en approche, l'&eacute;trange sentiment de nous approcher de quelque chose qui s'&eacute;loigne saisit nos sens, d&eacute;lice et vertige, et les deux parties de nos vies que nous avons &eacute;t&eacute; condamn&eacute;s &agrave; mener successivement se recollent un bref instant.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Cher Pierre</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2012-03-08T22:09:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7ec47227ff2cf0337d6f2d372d2ae690-1664.html#unique-entry-id-1664</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7ec47227ff2cf0337d6f2d372d2ae690-1664.html#unique-entry-id-1664</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/175-7.png" width="50" height="50"/><br /><br />Nuit courte dans une bo&icirc;te, soixante centim&egrave;tres de b&eacute;ton sur les six faces, sous L'Arena de Berne. Me r&eacute;veille &agrave; plusieurs reprises sans savoir tr&egrave;s bien si je m'&eacute;loigne du soir ou m'approche du matin. N'entends pas la musique promise, me l&egrave;ve dans la pr&eacute;cipitation, douche et r&eacute;fectoire.<br />Tram 9 jusqu'au Graben, les &eacute;l&egrave;ves remettent les signatures assurant du s&eacute;rieux de leur initiative &agrave; un jeune informaticien de la chancellerie f&eacute;d&eacute;rale, par une porte d&eacute;rob&eacute;e de l'aile ouest du palais, comme tout ce qui vient du peuple. <em><a href="http://www.lesmarges.net/notes/notes.html" rel="self">(lire la suite)</a></em><em> </em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>50</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2012-03-06T22:09:56+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/8e4c16c89796b9a60e8fd61c55d31226-1662.html#unique-entry-id-1662</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/8e4c16c89796b9a60e8fd61c55d31226-1662.html#unique-entry-id-1662</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/175-4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Taquiner le goujon, c'est courir le risque de tomber sur du gros, du tr&egrave;s gros, du si gros qu'on ne saurait esp&eacute;rer &agrave; la fin autre chose&nbsp;: que le fil casse. Mais c'est aussi courir le risque inverse, celui de ramener sur la rive du fretin, menu, si menu qu'on ne saurait envisager autre satisfaction que celle ambigu&euml; de le remettre &agrave; l'eau. Que nous reste-t-il donc&nbsp;? La possibilit&eacute; miraculeuse de nous en aller chaque matin sur le chemin de halage, sans l'aide de personne, et nous r&eacute;jouir d'en revenir bredouille, ni victime ni bourreau. Mais est-ce bien raisonnable&nbsp;?<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Cher Pierre</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2012-03-02T09:18:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/440067919d2a76410e4a892eb767a764-1661.html#unique-entry-id-1661</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/440067919d2a76410e4a892eb767a764-1661.html#unique-entry-id-1661</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/174-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Cher Pierre,<br />Sandra me demande au r&eacute;veil ce qu'il en &eacute;tait de la situation des Provinces-Unies, de l'Angleterre, de l'Espagne et de la France entre 1650 et 1750, c'est qu'elle lit un livre sur Newton. Je b&eacute;gaie les Jacques et les Charles, Cromwell, les querelles religieuses, le catholicisme d'un des Jacques, mais lequel&nbsp;? le second vraisemblablement, Marie et Guillaume d'Orange...<br />Qu'ai-je donc fait &agrave; l'&eacute;cole&nbsp;? Regrette un instant de ne pas avoir assez &eacute;tudi&eacute;, assez souvent quitt&eacute; le monde des vivants pour l'hiver du papier. S'enfermer dans un r&eacute;duit, est-ce donc la seule mani&egrave;re de faire un peu de lumi&egrave;re&nbsp;avant que l'obscurit&eacute; ne recouvre tout&nbsp;?  <em><a href="http://www.lesmarges.net/notes/notes.html" rel="self">(lire la suite)</a></em><em> </em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Jacques Dupin &#xe0; Andr&#xe9; du Bouchet</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2012-03-01T09:00:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2ff08954e9102e2370597c4e3e0d4f40-1660.html#unique-entry-id-1660</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2ff08954e9102e2370597c4e3e0d4f40-1660.html#unique-entry-id-1660</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/174-4.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Deux m&eacute;lodies soudain flambent<br />deux pas encore<br />il se retourne <br />ne voit que leurs cendres</em>.<br /><br />C'est ce qu'aurait dit Jacques Dupin &agrave; Andr&eacute; du Bouchet, un matin, de m&eacute;moire. Lequel n'aurait rien ajout&eacute;. De cela personne ne s'est avis&eacute;, la mer non plus.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>CI</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2012-02-24T10:00:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7c7473b73468ac25f14c7f67db0183cc-1657.html#unique-entry-id-1657</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7c7473b73468ac25f14c7f67db0183cc-1657.html#unique-entry-id-1657</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 15" src="http://www.lesmarges.net/files/173-15.png" width="50" height="50"/><br /><br />En br&ucirc;lant les livres de la biblioth&egrave;que de son salon, Jean-R&eacute;my crut pouvoir supprimer son ignorance. Il y parvint.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Cher Pierre</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2012-02-17T09:37:48+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/044b9fe21d93b41708b0e2fb5133905f-1654.html#unique-entry-id-1654</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/044b9fe21d93b41708b0e2fb5133905f-1654.html#unique-entry-id-1654</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 10" src="http://www.lesmarges.net/files/172-10.png" width="50" height="50"/><br /><br />Cher Pierre,<br />Moins de 15 degr&eacute;s sous z&eacute;ro avant le lever du jour, mais la bise ne siffle plus, les tuiles ont cess&eacute; de trembler, la charpente se repose d&eacute;sormais. Je fais du feu dans le po&ecirc;le en &eacute;coutant les nouvelles, ici les politiques ne l&acirc;cheront plus la langue de bois jusqu'&agrave; mars. Il fait encore nuit lorsque je pars au Mont, dans le ciel la lune d&eacute;cro&icirc;t, elle regarde ailleurs, se d&eacute;tourne de nos affaires &ndash;&nbsp;son autre vie &ndash; s'impose &agrave; d'autres, comme le soleil d'&eacute;t&eacute; &agrave; l'aurore, lorsque la montagne ne parvient pas &agrave; le contenir derri&egrave;re l'horizon.... <em><a href="http://www.lesmarges.net/notes/notes.html" rel="self">(lire la suite)</a></em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Campo Santo</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les disparus</category><dc:date>2012-03-13T16:21:27+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a3f60fc1eec739f32a6033346ebb8ffc-1653.html#unique-entry-id-1653</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a3f60fc1eec739f32a6033346ebb8ffc-1653.html#unique-entry-id-1653</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/176-5.png" width="50" height="50"/><br /><br /><br />Si l'on fossoie les jardinets aux pelouses maigres, si l'on rejointoie les murets de pierres s&egrave;ches derri&egrave;re lesquels ruminent les hypostases du temps, si l'on d&eacute;s&eacute;quilibre nos vies en coupant la branche sur laquelle sifflent nos morts, nous rejoindrons enfin les tra&icirc;n&eacute;es des gros-porteurs qui s'effilochent dans le ciel.<br /><br /><em>... et tout le pass&eacute; se diluera en une masse informe, non identifiable et muette. Et issus d'un pr&eacute;sent sans m&eacute;moire, confront&eacute;s &agrave; un pr&eacute;sent que la raison d'un seul individu ne peut plus saisir, nous finirons par quitter nous-m&ecirc;mes la vie sans &eacute;prouver le besoin de rester, ne serait-ce qu'un instant, ou de revenir &agrave; l'occasion. (W. G. Sebald)<br /></em><br />La dur&eacute;e &eacute;tait riv&eacute;e au tombeau, &agrave; la demeure des passants qui ne remuent plus les l&egrave;vres, aux visages s&eacute;pia des messagers du cimeti&egrave;re de <a href="http://www.lesmarges.net/files/42414608b53997b1a2e38236f8bcd2b4-1399.html" rel="self">Biasca</a>, aux noms des d&eacute;funts. Le tombeau &eacute;tait la clef.<br />Nous sommes arriv&eacute;s peut-&ecirc;tre au dernier acte d'une vieille mythologie. De la mort, il n'y aura plus trace bient&ocirc;t, du temps non plus, ni des souvenirs ni de l'histoire. Au seuil d'une mythologie dont je ne sais rien, que je devine ma foi et que je crains. <br /><br />La mort&nbsp;? Un vestige d'outre-tombe.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Naples 1</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><dc:date>2012-05-08T13:05:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d288c6be1c840ab0910e2f54fb32a6ea-1643.html#unique-entry-id-1643</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d288c6be1c840ab0910e2f54fb32a6ea-1643.html#unique-entry-id-1643</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/184-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Le Grecs sont &agrave; la recherche de terres nouvelles et &eacute;tendent leur influence aux VIII&egrave;me et IX&egrave;me si&egrave;cles avant J.-C. sur le pourtour de la M&eacute;diterran&eacute;e occidentale.<br />Des navigateurs venus vraisemblablement de Rhodes &ndash; &eacute;tablissent un comptoir sur l'&icirc;lot de Megaris. La colonie prend le nom de Parth&eacute;nop&eacute;. <em>C'est en effet sur cet &icirc;lot qu'aurait &eacute;chou&eacute; Parth&eacute;nop&eacute;, la sir&egrave;ne d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e de n'avoir pu s&eacute;duire Ulysse. Les Rhodiens lui dressent un tombeau. </em>La colonie se d&eacute;veloppe ensuite, commercialement et militairement, le long de la c&ocirc;te.<br /><br /><span style="font-size:11px; "><em>PARTHENOPE<br />La R&eacute;publique parth&eacute;nop&eacute;enne est une r&eacute;publique proclam&eacute;e le 21 janvier 1799 &agrave; Naples par les troupes fran&ccedil;aises command&eacute;es par le g&eacute;n&eacute;ral Championnet qui se rend ma&icirc;tre de la ville gouvern&eacute;e jusque l&agrave; par le roi Ferdinand IV qui prend la fuite sur un bateau britannique. Elle ne fera pas long feu, elle dispara&icirc;t 6 mois plus tard.<br /></em></span><br /><em><br /></em><img class="imageStyle" alt="naples-antique" src="http://www.lesmarges.net/files/naples-antique.jpg" width="482" height="275"/><br /><br />Une autre colonie grecque s'&eacute;tablit &agrave; Cumes autour des ann&eacute;es 750 avant J.-C., Cumes dont la Sibylle avait fourni &agrave; En&eacute;e le rameau d'or qui lui permit de descendre aux Enfers. Les ressortissants de cette colonie essaime et fonde la ville de <em>Neapolis</em> au VI&egrave;me si&egrave;cle, sur un plateau de roches volcaniques, l'ancien emplacement prendra le nom de <em>Pala&iuml;opolis</em>.<em> <br /></em>Les Romains conqu&eacute;ront plus tard les cit&eacute;s grecques de Campanie et, au IV&egrave;me si&egrave;cle, Neapolis et Pala&iuml;opolis ne feront plus qu'une seule ville. Mais Naples conservera son ind&eacute;pendance culturelle et continuera &agrave; parler grec. <br />Au III&egrave;me si&egrave;cle avant J.-C., Rome reconna&icirc;t par un trait&eacute;, <em>foedus neapolitanum,</em> l'autonomie de la ville avec ses 30 000 habitants. Mieux, les Romains attir&eacute;s par la culture grecque font de Naples et de la Campanie leurs lieux de vill&eacute;giature : Auguste, Cic&eacute;ron, C&eacute;sar N&eacute;ron,... Et bien s&ucirc;r le g&eacute;n&eacute;ral Lucullus, qui rapporte d'Iran les premiers cerisiers. Il s'&eacute;tablit dans une villa construite aux alentours de Megaris, occupe le Borgo marinario o&ugrave; se dresse le Ch&acirc;teau de l'Oeuf : il y installe de vastes viviers, un th&eacute;&acirc;tre et une biblioth&egrave;que dans laquelle Virgile aurait r&eacute;dig&eacute; l'En&eacute;ide.<br /><br /><span style="font-size:11px; "><em>CH&Acirc;TEAU DE L'OEUF<br />Jean-No&euml;l Schifano raconte apr&egrave;s d'autres qu'il existe un oeuf sacr&eacute; dans l'une des caves du ch&acirc;teau. Il est plong&eacute; dans un r&eacute;cipient plac&eacute; dans une cage suspendue &agrave; une poutre. Vie pr&eacute;caire. La l&eacute;gende veut que si l'oeuf venait &agrave; se briser, le ch&acirc;teau serait entra&icirc;n&eacute; dans les flots et tout Naples &agrave; sa suite. Lorsque les avions am&eacute;ricains bombard&egrave;rent Naples avant septembre 1943, on craignit le pire, les Allemands avaient plac&eacute; leur DCA sur les toits du ch&acirc;teau de l'Oeuf.<br />Cet oeuf est appel&eacute; commun&eacute;ment l'oeuf de Virgile. De l'oeuf &agrave; l'oeuvre il n'y a qu'un pas.</em></span><br /><br /><img class="imageStyle" alt="1815Nap" src="http://www.lesmarges.net/files/1815nap.jpg" width="469" height="357"/><br /><img class="imageStyle" alt="MappaSitiGrecoromani" src="http://www.lesmarges.net/files/mappasitigrecoromani.jpg" width="200" height="152"/> <img class="imageStyle" alt="9899451" src="http://www.lesmarges.net/files/9899451.jpg" width="113" height="150"/> <img class="imageStyle" alt="teatro1" src="http://www.lesmarges.net/files/teatro1.jpg" width="146" height="151"/><br /><span style="font-size:11px; "><br /></span><span style="font-size:11px; "><em>Traces de la Gr&egrave;ce et de Rome dans Naples<br />- Les trois art&egrave;res orient&eacute;es est-ouest&nbsp;: decumanus superior (vie Sapiens et Anticaglia), major (via Tribunali), inferior (Spaccanapoli - vie Forcella et dei Librai ).<br />- Place San Gaetano, sur le parvis de San Paolo, les restes du temple des Dioscures (Castor et Pollux, fils de Zeus et L&eacute;da, fr&egrave;res d'H&eacute;l&egrave;ne et de Clytemnestre). <br />- La silhouette du th&eacute;&acirc;tre romain, entre la via Anticaglia, via San Paolo ai Tribunali e vico Giganti.</em></span><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /> </p>]]></content:encoded></item><item><title>C</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2012-02-23T10:40:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c0ada9d2d6a85414e8b0f53c1abda7c1-1613.html#unique-entry-id-1613</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c0ada9d2d6a85414e8b0f53c1abda7c1-1613.html#unique-entry-id-1613</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 10" src="http://www.lesmarges.net/files/173-10.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Fanfan a voulu donner son corps &agrave; la science. Mais la Facult&eacute; n'a rien trouv&eacute; de bon chez le bonhomme. Coup de t&eacute;l&eacute;phone &agrave; la veuve&nbsp;:<br />&ndash; Si vous voulez bien le r&eacute;cup&eacute;rer&nbsp;...<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>A.17</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><dc:date>2012-02-22T10:39:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/46e2764438eaa86652f819a2a6bfa8b8-1606.html#unique-entry-id-1606</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/46e2764438eaa86652f819a2a6bfa8b8-1606.html#unique-entry-id-1606</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 13" src="http://www.lesmarges.net/files/173-13.png" width="50" height="50"/><br /><br />Une constitution fournit &agrave; l'homme des id&eacute;es r&eacute;gulatrices, si bien que les principes qui la constituent n'ont pas force de loi. Leurs pouvoirs sont ceux de la po&eacute;sie, ils obligent &agrave; ouvrir le compas de notre esprit. Leur empan est comparable &agrave; celui des &eacute;nigmes.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>A.18</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><dc:date>2012-03-19T14:39:30+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/8d664c1dfb80c598e47da74362f6a6ae-1605.html#unique-entry-id-1605</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/8d664c1dfb80c598e47da74362f6a6ae-1605.html#unique-entry-id-1605</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/177-7.png" width="50" height="50"/><br /><br />Chasseur et cueilleur autrefois, agriculteur et &eacute;leveur hier, pendulaire aujourd'hui.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>A.20</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><dc:date>2012-04-12T14:39:30+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/9759ccd5b7ba0460ce42a505613cc98e-1604.html#unique-entry-id-1604</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/9759ccd5b7ba0460ce42a505613cc98e-1604.html#unique-entry-id-1604</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/180-6.png" width="50" height="50"/><br /><br />L'&oelig;uf ou la poule&nbsp;? J'ai opt&eacute; pour les &oelig;ufs, mon voisin le renard pour les poules. Seules les gallinac&eacute;es s'en plaignent, et deux fois plut&ocirc;t qu'une. <br />Au poulailler on ne s'y rend que lorsque chacun de nous est assur&eacute; que l'autre n'y est pas. On est arriv&eacute; &agrave; cette solution sans avoir n&eacute;goci&eacute;. Et lorsqu'on se croise la nuit, loin de nos tani&egrave;res o&ugrave; l'on va retourner sous peu, on feint de s'ignorer. <br />C'est clair, malgr&eacute; nos options philosophiques oppos&eacute;es, on se respecte.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il sonne deux coups &#xe0; l&#x2019;&#xe9;glise de Liddes</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2012-02-27T14:38:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/67e5851f2d32ae0b2b13df416a93779a-1601.html#unique-entry-id-1601</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/67e5851f2d32ae0b2b13df416a93779a-1601.html#unique-entry-id-1601</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/174-6.png" width="50" height="50"/><br /><br />Deux chaises r&eacute;cup&eacute;r&eacute;es &agrave; la d&eacute;ch&egrave;terie, bancales, marron et vis apparentes encadrent une table de fer au pied forg&eacute;, rong&eacute;e par la rouille, couches successives d&rsquo;antirouille et de vernis turquoise. Je m&rsquo;assieds sur celle de droite, lui manquent deux traverses, d&eacute;pose ma veste par-dessus un cendrier rempli de m&eacute;gots d&eacute;tremp&eacute;s. Derri&egrave;re, la vitrine d&rsquo;une &eacute;picerie ferm&eacute;e depuis midi. Tout autour le soleil qui fait fondre l&rsquo;hiver dans un d&eacute;cor de village oubli&eacute;. La terre appara&icirc;t par endroit, une odeur de renouveau sans jonquille ni primev&egrave;re. Des confettis mac&egrave;rent dans le bassin. L&rsquo;eau de la fonte est partout, mousse sous les roues des v&eacute;hicules en contrebas, glougloute dans les descentes de chenaux, cuivre perc&eacute;, t&ocirc;les acides, glisse sur les lauzes, conduits obstru&eacute;s par les &eacute;pines des m&eacute;l&egrave;zes, on entend le travail en-dessous des regards de fonte, l'eau coule &eacute;paisse au goulot des fontaines.<br />Me trouve dans une boucle, personne, dedans un lac, l&rsquo;eau fait le reste, verse vers l&rsquo;aval dans le lit de la Dranse, Orsi&egrave;res, Sembrancher, Martigny et le Rh&ocirc;ne. Ne c&egrave;de pas &agrave; la pente naturelle, mais remonte &agrave; contre-courant, sans effort, repassant par d&rsquo;autres stations jusqu&rsquo;&agrave; ce lac d&rsquo;altitude en quoi consiste l'enfance. Pas de retenue, un carnaval silencieux, il sonne deux coups &agrave; l&rsquo;&eacute;glise de Liddes.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>C&#x27;est de l&#x27;&#xea;tre presque pur</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2012-03-26T14:38:30+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/098568198af95f3c54deaccaea5e8ea6-1600.html#unique-entry-id-1600</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/098568198af95f3c54deaccaea5e8ea6-1600.html#unique-entry-id-1600</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/178-7.png" width="50" height="50"/><br /><br />Les traits &eacute;pars de la beaut&eacute; sur terre en sont les principaux obstacles. En ce sens le printemps, avec la raison qui emmagasine les merveilles, est un leurre et la po&eacute;sie une comptine.<br />C'est &eacute;puis&eacute;, vid&eacute; que des signes nous viennent du paradis et qu'une bouff&eacute;e -&nbsp;c'est de l'&ecirc;tre presque pur&nbsp;- nous avertit d'une pr&eacute;sence. Les feuilles du d&eacute;compte sont &agrave; terre, les mots se m&ecirc;lent aux nuages, nos mains sont nues. L'invisible remue travers&eacute; par une transparence sans &eacute;cho. <br />On est de la m&ecirc;me subsance, pr&eacute; ouvert &agrave; tous vents ou &eacute;gar&eacute; dans le Haut-Jorat, dispers&eacute; avec tout le reste, sans opulence ni d&eacute;bordement, l&acirc;ch&eacute; sur terre, complice du rien qui s'&eacute;tale, &agrave; peine une brise et l'ombre d'un abeille qui butine, pas un r&ecirc;ve mais le r&eacute;el mis &agrave; niveau.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Faire subir aux choses d&#x27;infimes variations de langage</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2012-02-16T10:38:24+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/00777fd44cdb59243ae699f50dbb9a59-1595.html#unique-entry-id-1595</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/00777fd44cdb59243ae699f50dbb9a59-1595.html#unique-entry-id-1595</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/172-9.png" width="50" height="50"/><br /><br />Plut&ocirc;t que de vouloir saisir l'essence immobile des choses, tenter d'en d&eacute;gager la v&eacute;rit&eacute; et le pass&eacute; qui les vert&egrave;bre, sans lesquels elles n'auraient pas re&ccedil;u de nom, il m'avait confi&eacute; qu'il souhaitait plus modestement s'en approcher, en tenant compte de ce qui advient d'elles lorsqu'on fait subir, en leur voisinage, d'infimes variations de langage, et qu'on les confronte sans les raidir &agrave; la diversit&eacute; de nos humeurs, &agrave; la lenteur des jours qui passent, au temps qu'il fait, &agrave; l'horizon, au hasard. <br />C'est l&agrave; peut-&ecirc;tre que la litt&eacute;rature a tout son sens, parce que c'est elle qui, multipliant les chemins, d&eacute;tours ou raccourcis, nous affranchit de celui qu'on emprunte jusqu'&agrave; plus soif, nous d&eacute;tourne de ce qu'on ne cesse de voir, en nous invitant &agrave; r&eacute;p&eacute;ter apr&egrave;s elle les formules avec lesquelles elle se confond pour nous orienter autrement hors d'elle. Sans cela le paysage ne serait qu'un visage fini et ton visage une promesse pass&eacute;e.<br />Si on n'usait de nos forces que pour lever les obstacles qui se pr&eacute;sentent et contre lesquels on se bat sans compter jusqu'&agrave; l'&eacute;puisement, si on ne contournait pas par ruse ce qui jour apr&egrave;s jour nous laisse insatisfaits, si on ne m&eacute;langeait pas un peu les mots et les choses, dans quelle disposition serions-nous&nbsp;? Et quel temps nous resterait-il pour aimer&nbsp;?<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Personne ne les verra pas m&#xea;me ceux qui les ont vus</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><dc:date>2012-02-10T14:35:16+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2ed82b9ffbffb4830f47a9656b75a798-1573.html#unique-entry-id-1573</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2ed82b9ffbffb4830f47a9656b75a798-1573.html#unique-entry-id-1573</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/171-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Les couloirs du coll&egrave;ge sont d&eacute;serts, la biblioth&egrave;que aussi, toutes les portes ferm&eacute;es &agrave; double tour jusqu'&agrave; lundi. Mais ces adolescents-l&agrave; ne montent pas tous au chalet le week-end, &agrave; Villars ou aux Diablerets, il est 17 heures, la bise redouble. <br />Les politiques locaux n'ont jamais estim&eacute; qu'un centre de loisirs f&ucirc;t n&eacute;cessaire, le tea-room d&eacute;passe leurs moyens et le silence dedans l'&eacute;glise les effraie. Je les aper&ccedil;ois alors qui entrent et sortent des toilettes publiques qui jouxtent la salle paroissiale. Ils tardent &agrave; rentrer chez eux, mais une maison en ont-ils seulement une&nbsp;? et quelqu'un les attend-il&nbsp;? J'y p&eacute;n&egrave;tre pour assurer ma conscience que ne s'y d&eacute;roule pas un drame. Pourquoi pas, ne sommes-nous pas dedans cette fois&nbsp;? Ils sont trois, je les reconnais, il y a une jeune po&egrave;te, un enfant plac&eacute; dans une institution et un pierrot lunaire qui revient d'un pays d'o&ugrave; l'on arrive jamais, tous les trois embonnett&eacute;s, perdus dans des odeurs de tabac, avec cet air que prennent les repentis et les enfants de choeur dans les lieux exigus. Ils me reconnaissent, le pierrot lunaire tire la fermeture &eacute;clair de son petit sac &agrave; dos qui se referme sur un &eacute;nigmatique tr&eacute;sor. Je ne demande rien, eux non plus, ils n'attendent qu'une seule chose, que je me tire, je suis de l'autre c&ocirc;t&eacute;.<br />Avant de leur tourner le dos, pourtant, je les encourage,&nbsp;&ndash; ne peux pas m'en emp&ecirc;cher&nbsp;&ndash;,  les encourage &agrave; sortir, dire tout haut ce qu'ils ont &agrave; dire, je b&eacute;gaie, me r&eacute;tracte, me tais, ce ne sont pas des vell&eacute;itaires, ils ne veulent qu'un peu d'espace pour fourbir les inoffensives armes qui les prot&eacute;geront des ennemis invisibles qui les assaillent, des mots qui les ont bless&eacute;s et le doute qui les ronge, ils se r&eacute;jouissent aujourd'hui, simplement, de ne pas &ecirc;tre seuls, ils imaginent qu'ils respirent l'air frais d'une poche qui aurait &eacute;t&eacute; oubli&eacute;e, parlent sans &eacute;couter, un peu seulement et chacun son tour, ils ont la r&eacute;volte disciplin&eacute;e.<br />Ce sont eux qui font vivre les dessous des banlieues riches, sans rien demander, pas de place au-dessus, ni grange abandonn&eacute;e ni r&eacute;duit de t&ocirc;les, pas de bouzigues entre les haies et les maisons mitoyennes, on a br&ucirc;l&eacute; les baraque des b&ucirc;cherons depuis qu'elles ne servent plus, les bois ont fui l'avanc&eacute;e des zones constructibles. Restent les chiottes.<br />Les damn&eacute;s fument tout bas, appuy&eacute;s contre des catelles de fa&iuml;ence bleue, bleu ciel, joints &eacute;tanches, chauffage au sol, il fait bon dans les chiottes de la commune qu'ils squattent sans pancarte en bordure des trompeuses richesses et &agrave; l'abri des assauts de la bise, persuad&eacute;s que personne ne les verra, pas m&ecirc;me ceux qui les ont vus.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>48</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2012-02-20T14:32:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7b161babf837c47d01f678103e0c117b-1563.html#unique-entry-id-1563</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7b161babf837c47d01f678103e0c117b-1563.html#unique-entry-id-1563</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 12" src="http://www.lesmarges.net/files/173-12.png" width="50" height="50"/><br /><br />Les grognements du sanglier, les cris de la fouine, les grincements de la chauve-souris couvraient autrefois le bruit sauvage que faisait entendre sur le parchemin la plume satur&eacute;e de fiel des po&egrave;tes. Ce sont les coups de becs du pic contre l'arbre mort qui couvrent aujourd'hui les activit&eacute;s illicites des po&egrave;tes, leurs doigts gourds martelant sur leurs machines une &eacute;trange litanie, celle des tweets d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;s.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a ce qui ne vieillit pas</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2012-03-14T11:02:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a530f88cae7569dbc5c5cbe8076332f6-1562.html#unique-entry-id-1562</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a530f88cae7569dbc5c5cbe8076332f6-1562.html#unique-entry-id-1562</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/176-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a ce qui ne vieillit pas<br />l'&eacute;criture des jours qui passent<br />les tussilages<br />il y a ce qui ne va pas<br />ce qui pourrait aller mieux<br />ce qui nous reste<br />il y a l'opalescence<br />l'enfant que la musique remue<br />le renard qui r&ocirc;de<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a l&#x27;avenir qui s&#x27;ouvre comme un vase</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2012-02-15T11:02:57+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/de6781d2783453026a4c02dcda957ca7-1561.html#unique-entry-id-1561</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/de6781d2783453026a4c02dcda957ca7-1561.html#unique-entry-id-1561</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/172-8.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a l'avenir qui s'ouvre comme un vase<br />le soleil dehors<br />le soleil dedans<br />il y a la p&acirc;te qu'on &eacute;tend<br />&agrave; midi la porte qui claque<br />il y a les lasagnes qu'on glisse au four<br />les cris des enfants qui s'&eacute;loignent<br />le petit tour<br />les d&eacute;buts d'apr&egrave;s-midi mains libres<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les passions souveraines</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2012-02-21T11:02:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/cc80ee3a0e33bb2312fe527dad76522a-1560.html#unique-entry-id-1560</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/cc80ee3a0e33bb2312fe527dad76522a-1560.html#unique-entry-id-1560</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 14" src="http://www.lesmarges.net/files/173-14.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les passions souveraines <br />les petits d&eacute;jeuners<br />les br&eacute;viaires<br />il y a les r&ecirc;veries du promeneur solitaire<br />les couteaux de poche<br />les &eacute;changes bilat&eacute;raux<br />les id&eacute;es de port&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale<br />le regard &eacute;loign&eacute;<br />le causse M&eacute;jean<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a la g&#xe9;n&#xe9;ralisation de la priorit&#xe9; &#xe0; droite</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2012-02-28T09:02:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/127191f8ffe225159b9157631dfb3281-1558.html#unique-entry-id-1558</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/127191f8ffe225159b9157631dfb3281-1558.html#unique-entry-id-1558</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/174-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a la g&eacute;n&eacute;ralisation de la priorit&eacute; de droite<br />les narcisses<br />les m&eacute;sanges<br />il y a les raccourcis<br />la fonte des neiges<br />le bruit de la cl&eacute; dans la serrure<br />il y a le revers de ce qu&rsquo;on croyait savoir<br />il y a les points d&rsquo;orgue<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a la fra&#xee;cheur des vents doux de l&#x27;&#xe9;t&#xe9;&#xa;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2012-03-07T11:02:55+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e31360f161a0d0d1c84c659339ff2455-1555.html#unique-entry-id-1555</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e31360f161a0d0d1c84c659339ff2455-1555.html#unique-entry-id-1555</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/175-8.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a la fra&icirc;cheur des vents doux de l'&eacute;t&eacute;<br />les marrons<br />l'universalit&eacute;<br />il y a les arbres qu'on taille aux premiers beaux jours<br />il y a le jeu de l'oie<br />le journal intime du temps<br />la confiture aux oranges am&egrave;res<br />l'&eacute;cole libre<br />il y a la bruy&egrave;re<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les bois du lit&#xa;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2012-05-17T11:02:54+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/fd3c341a32f2c7c1e4516f1812f86799-1553.html#unique-entry-id-1553</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/fd3c341a32f2c7c1e4516f1812f86799-1553.html#unique-entry-id-1553</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/185-1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les bois du lit<br />les petites annonces<br />le mauvais go&ucirc;t<br />les forts en th&egrave;me<br />les jours de f&ecirc;te<br />les baies du gui<br />le tripartisme<br />l'or des dunes<br />les prunes gringettes<br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a la soupe aux orties</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2012-05-10T11:02:54+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/23b854d6bd720b3a73d73bcc6cee250e-1552.html#unique-entry-id-1552</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/23b854d6bd720b3a73d73bcc6cee250e-1552.html#unique-entry-id-1552</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/184-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a la soupe aux orties<br />la face cach&eacute;e de la lune<br />le poussin qui frappe &agrave; la paroi de l'oeuf<br />il y a le gr&egrave;s coquiller<br />m&ecirc;l&eacute; &agrave; la pierre d'Hauterive<br />il y les piaillements de nos barbus d'Anvers<br />il y a pour tout avouer<br />ce qu'on ne dit pas<br />parce qu'on ne sait pas comment le dire<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 12 f&#xe9;vrier 2012</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2012-02-13T09:02:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/5ba6f6dcf236f425468cdc57adc97e1d-1544.html#unique-entry-id-1544</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/5ba6f6dcf236f425468cdc57adc97e1d-1544.html#unique-entry-id-1544</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/172-4.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/blancdeblanc-3.png" width="400" height="1"/><span style="font-size:10px; "><em>Ve. 24.3.2006</em></span><em><br /><br /></em><em>Que de choses j'avais oubli&eacute;es&nbsp;! Elles seraient comme si elles n'avaient jamais eu lieu, sans les notes que j'ai prises au jour le jour. La vie se perd &agrave; mesure. C'est l'artifice de l'&eacute;criture qui permet, seul, de tenir l'oubli qui nous talonne en respect, de sauver quelque chose de ce qui s'est pass&eacute;. &Ccedil;a effraie.<br /><br /></em><img class="imageStyle" alt="blancdeblanc" src="http://www.lesmarges.net/files/blancdeblanc.png" width="276" height="1"/><span style="font-size:11px; "><em>Pierre Bergounioux, Carnet de notes 2001-2010<br /></em></span><br />La bise n'a pas faibli et dans les combles o&ugrave; l'on dort il fait moins de dix degr&eacute;s ce matin &agrave; l'aube. Les filles jouent d&eacute;j&agrave;, chacune &agrave; son bureau, on entend leurs rires, Arthur de son c&ocirc;t&eacute; ne perd pas espoir avec le <em>Rubik's cube</em>. Descends courageusement faire du feu dans le po&ecirc;le, bois un caf&eacute; avant de reprendre sous une double couette la lecture du <em>Carnet de notes</em> 2001-2010 de Pierre Bergounioux. Je ne dois pas &ecirc;tre le seul, quoi qu'on en pense, quoi qu'on en dise, ces notes sont l&agrave;. La fatigue me ram&egrave;ne &agrave; une demi-inconscience et lorsque j'ouvre les yeux bien d&eacute;cid&eacute; &agrave; me lever, le soleil a pass&eacute; la couverture nuageuse et se glisse par la lucarne jusqu'&agrave; nous, sans rien chauffer, mais c'est agr&eacute;able et on se reprend &agrave; esp&eacute;rer.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3667" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3667.jpg" width="153" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3668" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3668.jpg" width="153" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3671" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3671.jpg" width="153" height="115"/><br /><br />La voiture part au quart de tour, la batterie chang&eacute;e la semaine pass&eacute;e me soulage d'un souci suppl&eacute;mentaire. D&eacute;pose &agrave; la d&eacute;chetterie des sacs d'ordures et de vieux jouets que Sandra et les filles ont tri&eacute;s ces derniers jours. Personne sur les routes. Je retrouve au <em>Relais du Grand-Mont</em> les &eacute;l&egrave;ves laiss&eacute;s l'&eacute;t&eacute; pass&eacute;. Constamment tourn&eacute;s vers le pupitre trois ans durant, ils se sont d&eacute;sormais engag&eacute;s sur d'autres chemins qui les r&eacute;jouissent. Et s'ils nous r&eacute;jouissent aujourd'hui, nous aussi, ce n'est pas tant parce qu'ils ont eu la d&eacute;licatesse de nous dire en passant et en souriant que notre travail n'a pas &eacute;t&eacute; compl&egrave;tement inutile, c'est parce que ces enfants dont on a eu la charge jour apr&egrave;s jour et qui ne le sont d&eacute;j&agrave; plus tout &agrave; fait, sont heureux de continuer, d&eacute;bordants d'&eacute;nergie, ils croquent &agrave; pleines dents une pizza (F. une entrec&ocirc;te, pommes frites et salade) en nous racontant ce qu'ils ont vu apr&egrave;s avoir quitt&eacute; le giron de l'&eacute;cole du Mont, trop proches encore pour le dire objectivement ou disposer des mots susceptibles de circonscrire les terres nouvelles qu'ils abordent.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3672" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3672.jpg" width="470" height="352"/><br /><br />M'arr&ecirc;te au retour au Chalet-&agrave;-Gobet o&ugrave; je poursuis ma lecture du <em>Carnet</em>. Des courageux viennent s'y r&eacute;chauffer en buvant une tasse de th&eacute;. J'y goutte la cadence sur laquelle l'&eacute;crivain r&egrave;gle les intemp&eacute;ries du ciel, celles de l'&acirc;me, les t&acirc;ches de la raison et celles du quotidien, en les maintenant &agrave; m&ecirc;me hauteur, sans que l'une devienne le pr&eacute;texte de l'autre, se juxtaposant, alternant leur modestes pouvoirs pour dessiner la partition d'une vie en raccourci.<br /><br />Ainsi la fin de cette note du 15 f&eacute;vrier 2006&nbsp;:<br /><em>Pourquoi ne pas anticiper d'un jour, alors, le service de presse du </em>Carnet de notes<em>&nbsp;? J'appelle Colette. C'est d'accord. Le moment est d&eacute;j&agrave; venu d'&eacute;plucher les l&eacute;gumes.<br /><br /></em>ou celle-ci, du 27 f&eacute;vrier 2006&nbsp;: <br /><em>Je passe dans le m&ecirc;me studio o&ugrave; j'avais dit quelques mots, voil&agrave; une dizaine d'ann&eacute;es, d&eacute;j&agrave;, et rentre. La lumi&egrave;re n'a pas tenu. De sombres nuages, qu'on sent gros de neige, ont envahi le ciel.<br /><br /></em><img class="imageStyle" alt="DSCN3656" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3656.jpg" width="153" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3660" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3660.jpg" width="153" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3665" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3665.jpg" width="153" height="115"/><br /><em><br /></em>Et surgit une id&eacute;e digne de me r&eacute;conforter, une id&eacute;e qui diminuerait ma t&acirc;che sans entamer cette n&eacute;cessit&eacute; dans laquelle nous sommes de retenir une ou deux choses de ce qui a &eacute;t&eacute;. A voir. A la maison Lili n'a pas &ocirc;t&eacute; son bonnet de la journ&eacute;e, la nuit tombe. Je relis le <a href="http://www.lesmarges.net/journarthur/files/ece4fe6eec5c14e440f2b8c7389f5dfa-44.html" rel="self">billet d'Arthur</a>, tente de lui faire toucher les &eacute;nigmatiques pouvoir du zeugme, on rit. J'ai l'impression ce soir qu'on est de l'autre c&ocirc;t&eacute;, l'inqui&eacute;tude que nous ont procur&eacute;e les pannes de chauffage successives n'est pas &eacute;touff&eacute;e, il y en aura peut-&ecirc;tre d'autres, mais le froid va devoir laisser sa place au printemps, c'est s&ucirc;r, ou &agrave; ses promesses. <br />Tandis que les filles gogent dans un bain chaud, &ndash; Lili sans bonnet de laine&nbsp;&ndash;, je choisis quelques photos, des couleurs, la neige souffl&eacute;e, le froid, les bras nus des haies dans le bleu du ciel, le blanc sec et poudreux dont le sel a recouvert la ligne droite de Sainte-Catherine.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Des For&#xea;ts et Bergounioux lev&#xe9;s de bonne heure </title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Extractions</category><dc:date>2012-02-06T21:14:39+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e08b7a296346cd33076fe77029719650-1542.html#unique-entry-id-1542</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e08b7a296346cd33076fe77029719650-1542.html#unique-entry-id-1542</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/171-4.png" width="50" height="50"/><br /><p style="text-align:right;"><em>Me 28. 11. 2001</em><br /></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/pointblanc-3-3-3-2.png" width="10" height="11"/><em><br /></em><em>Lev&eacute; &agrave; six heures. Je prends cong&eacute; de Cathy, qui se rend au laboratoire et descendra demain &agrave; Poitiers. Nous ne serons pas tr&egrave;s loin l'un de l'autre. Je couvre deux pages sur le Limousin puis fais mon bagage et me rends &agrave; la gare Montparnasse. Je passe au guichet faire modifier mon billet pour Rouen. D&eacute;part &agrave; trois heures moins le quart. J'avais r&eacute;serv&eacute; une place en wagon fumeurs et le regrette. Mon voisin m'asphyxie, avec sa Gitane. J'ai repris </em>Ostinato<em>, entam&eacute; il y a quelques ann&eacute;es, et d&eacute;laiss&eacute;. D&eacute;cid&eacute;ment r&eacute;fractaire &agrave; ce langage scolaire, aux abstractions (&laquo;orgueil&raquo;, &laquo;l&acirc;chet&eacute;&raquo;, &laquo;outil &eacute;br&eacute;ch&eacute; du langage&raquo;), &agrave; cette casuistique dat&eacute;e, &eacute;br&eacute;ch&eacute;e, pour le coup. Un grand bourgeois qui n'a jamais connu de difficult&eacute;s que g&eacute;n&eacute;riques et dont les r&eacute;flexions, le &laquo;style&raquo;, pourtant, sont g&eacute;n&eacute;riques. J'ai emport&eacute; d'autres livres mais j'h&eacute;site &agrave; les ouvrir de peur d'&ecirc;tre fatigu&eacute;, en soir&eacute;e, pour parler.<br /></em></p><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/pointblanc-3-3-3-3.png" width="10" height="11"/><span style="font-size:11px; "><em>Pierre Bergounioux, Carnet de notes 2001-2010</em></span><em><br /></em></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/pointblanc-3-3-3-3-2.png" width="10" height="11"/><em><br /></em><em>Lev&eacute; de bonne heure, il ne fait que r&eacute;it&eacute;rer la question laiss&eacute;e en souffrance la veille au soir, apr&egrave;s quoi, faute de trouver &agrave; y r&eacute;pondre, il l'&eacute;carte avec d&eacute;pit pour se remettre &agrave; l'ouvrage, mais comment y parvenir tant qu'elle n'aura pas &eacute;t&eacute; r&eacute;solue&nbsp;? Il se prend alors le front entre les mains, et c'est dans cette posture apparemment r&eacute;fl&eacute;chie qu'il commence une journ&eacute;e qui d&eacute;j&agrave; s'annonce aussi ardue que la pr&eacute;c&eacute;dente, comme il en ira sans doute de toutes celles &agrave; venir, sauf &agrave; passer outre en affectant de tenir la question pour n&eacute;gligeable, et au demeurant rien ne dit qu'elle ne le soit pas.<br /><br />Quiconque remplit honn&ecirc;tement sa besogne quotidienne ne gaspille pas son temps &agrave; s'interroger sur la mani&egrave;re de s'en acquitter au mieux, il lui suffit, le soir venu, d'&eacute;prouver la satisfaction de l'avoir tant bien que mal accomplie, il n'en demande pas davantage, et c'est ainsi qu'il vit en paix avec lui-m&ecirc;me, l'heureux homme, qu'on se gardera toutefois de prendre pour mod&egrave;le, ce qui reviendrait &agrave; pr&eacute;f&eacute;rer le r&eacute;confort sans risque ni p&eacute;ril au plaisir de la recherche aventureuse.<br /></em></p><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/pointblanc-3-3-3-3-3.png" width="10" height="11"/><span style="font-size:11px; "><em>Louis-Ren&eacute; des For&ecirc;ts, Pas &agrave; pas jusqu'au dernier, Mercure de France, 2001</em></span><em><br /><br /></em><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 5 f&#xe9;vrier 2012</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2012-02-07T11:55:46+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/937acec3ee028f397276ea6a62daf597-1541.html#unique-entry-id-1541</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/937acec3ee028f397276ea6a62daf597-1541.html#unique-entry-id-1541</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/171-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />L'essentiel sur lequel se greffent nos actions, les grands froids le ram&egrave;nent d'un coup&nbsp;: rester vivant quoi qu'il en soi, on payera le prix, et veiller &agrave; ce qu'on dispose d'un filet d'eau, de pain et de bois secs pour assurer l'avenir de notre prog&eacute;niture et la p&eacute;rennit&eacute; de l'esp&egrave;ce, gu&egrave;re plus. Notre aventure est fragile, on la sent &agrave; la merci d'un tremblement  qui se prolongerait. C'est sur le terreau du sursis que fleurit le rire de nos enfants.  <br />Ils sont au lit la t&ecirc;te hors-gel, des r&eacute;cits les font patienter tandis que la bise siffle, ils lisent l'autre vie, celle qui se d&eacute;veloppe dans la chaleur ouat&eacute;e du leurre, l&egrave;vent les paupi&egrave;res par instant et regardent absents par la fen&ecirc;tre le temps qui bute et qui se prend les pieds dans la glace. Les chenaux sont de pierre, le sable fait masse, les oiseaux voltigent entre les pinces du froid. Je peine &agrave; r&eacute;chauffer quelques id&eacute;es qui s'&eacute;gouttent avant de filer au caniveau, puisse le tout tenir jusqu'au printemps.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3599" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3599.jpg" width="153" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3602" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3602.jpg" width="153" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3617" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3617.jpg" width="153" height="115"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3601" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3601.jpg" width="153" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3618" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3618.jpg" width="153" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3620" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3620.jpg" width="153" height="115"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3635" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3635.jpg" width="153" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3636" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3636.jpg" width="153" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3624" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3624.jpg" width="153" height="115"/><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>47</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2012-02-09T11:55:46+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/328fba8ce896fa5902b8895e3c3d18a0-1539.html#unique-entry-id-1539</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/328fba8ce896fa5902b8895e3c3d18a0-1539.html#unique-entry-id-1539</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/171-8.png" width="50" height="50"/><br /><br />Si, avant de s'&eacute;loigner du rivage, les ombres te le demandent, laisse-leur ta barque. Et ne bouge pas.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a ce que tu sais&#xa;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2012-02-08T11:55:45+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f35287f96c1feeba641fd0fccee9abf9-1538.html#unique-entry-id-1538</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f35287f96c1feeba641fd0fccee9abf9-1538.html#unique-entry-id-1538</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/171-6.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a ce que tu sais<br />ce que tu crois savoir<br />il y a ce que je veux ignorer<br />et que tu voudrais conna&icirc;tre <br />il y a ce que tu oublies<br />ce que j'oublie<br />il y a ce dont nous nous souvenons &agrave; chaque instant<br />le temps qui manque<br />la terre qui s'ouvre sous nos pas<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Chaumont</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les disparus</category><dc:date>2012-02-14T09:55:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/88e62c605620703a86714af90a593b89-1537.html#unique-entry-id-1537</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/88e62c605620703a86714af90a593b89-1537.html#unique-entry-id-1537</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="396655_3054162000461_1455640833_2874402_921553716_n" src="http://www.lesmarges.net/files/golgotha123.jpg" width="156" height="208"/><br /><br />Le d&eacute;sert<br />gesticulations de la mar&eacute;chauss&eacute;e<br /><br />l'homme immobile<br />horizon terminus<br /><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/172-6-2.png" width="50" height="50"/><br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dire et redire</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2012-04-30T09:25:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/3472e376aba86eb9cdc8bde292b8f9da-1535.html#unique-entry-id-1535</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/3472e376aba86eb9cdc8bde292b8f9da-1535.html#unique-entry-id-1535</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/183-6.png" width="50" height="50"/><em><br /><br /></em>Dire et redire <br />dire dire et redire encore<br />redire autant de fois qu&rsquo;il le faut<br />dire encore et encore redire<br />encore et encore<br />jusqu&rsquo;&agrave; la fin<br />sans avoir le choix<br />n&rsquo;ignorant pas que ce qu&rsquo;on veut dire <br />&ndash; ce qui est &agrave; dire &ndash; <br />le manquant<br />en d&eacute;pend.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>L&#x27;anniversaire</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>De bric et de broc</category><dc:date>2012-05-02T09:25:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/de495b87457b15fc6a2b1acf09af0743-1534.html#unique-entry-id-1534</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/de495b87457b15fc6a2b1acf09af0743-1534.html#unique-entry-id-1534</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="IMG_0215" src="http://www.lesmarges.net/files/img_0215-2.jpg" width="480" height="360"/><br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>La bataille de Monte Cassino</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les disparus</category><dc:date>2012-05-01T09:25:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7831b5d441821299c918596032839a59-1533.html#unique-entry-id-1533</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7831b5d441821299c918596032839a59-1533.html#unique-entry-id-1533</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/183-7.png" width="50" height="50"/> <br /><br /><em>C'est &agrave; l'aube que le coeur s'&eacute;largit sans mot dire, il s'&eacute;largit chaque jour davantage. A toi d&eacute;sormais de faire quelque chose, jusqu'au bout, sans forcer ta peine. Si tu entends cet appel, va au Monte Cassino. L'homme a construit l&agrave;-bas sa maison sur le rocher, les fleuves ont d&eacute;bord&eacute;, le vent a souffl&eacute;, la maison est tomb&eacute;e. <br /></em><p style="text-align:right;"><em>Pseudo-saint Beno&icirc;t<br /></em></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/blancblancblanc-1.png" width="138" height="6"/><em><br /></em><img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/montecassino1-8.jpg" width="470" height="350"/><br /><span style="font-size:9px; "><a href="http://www.youtube.com/watch?v=w7zR1SXXQjM" rel="self">Les Grandes Batailles &ndash; la Bataille d'Italie</a></span><span style="font-size:9px; "><br /></span><br />Le Monte Cassino domine les alentours, on le voit de partout, le jour, dans ses r&ecirc;ves, la nuit il obs&egrave;de. Dans toutes les guerres il y a des montagnes. Mais aucune d'elles n'a &eacute;t&eacute; aussi m&eacute;chante que le Monte Cassino. <br />Les g&eacute;n&eacute;raux ont fait &eacute;vacuer sur Rome les tr&eacute;sors les plus pr&eacute;cieux de l'abbaye. Le Vatican a pr&eacute;venu les deux camps. Le monast&egrave;re est nu, n'y vivent que quelques moines et des r&eacute;fugi&eacute;s. L'ordre de bombarder l'abbaye est pourtant donn&eacute;. On avertit ses locataires la veille en glissant des flyers dans des obus sp&eacute;ciaux, ils essaient de sortir, le soir m&ecirc;me, avec un drapeau blanc. Les artilleurs ne les ratent pas. <br />Le 15 f&eacute;vrier 1944, &agrave; l'aube, des avions venus de Sicile et de Naples fondent sur le b&acirc;timent qui ne repr&eacute;sente aucun int&eacute;r&ecirc;t militaire, il est mis en miettes en moins de 3 heures.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 21" src="http://www.lesmarges.net/files/montecassino2-21.jpg" width="470" height="318"/><br /><span style="font-size:9px; "><a href="http://www.youtube.com/watch?v=w7zR1SXXQjM" rel="self">Les Grandes Batailles &ndash; la Bataille d'Italie</a></span><br /></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les armistices</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2012-05-03T09:24:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/1f98bed3346728e338e7b5774285f7b9-1532.html#unique-entry-id-1532</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/1f98bed3346728e338e7b5774285f7b9-1532.html#unique-entry-id-1532</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/183-8.png" width="50" height="50"/><em> <br /></em><em><br /></em>Il y a les armistices<br />les souliers qu'on remise<br />le retour des beaux jours<br />il y a la ronde des tondeuses<br />les hirondelles<br />les fleurs autour desquelles les amis dansent<br />il y a le soir le jour qui s'attarde<br />le carrousel des chauves-souris<br />il y a l'&eacute;nigme avec nous dedans<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Milieu</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2012-02-29T06:16:06+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/8d993dadc4b6b4f23235f8851289346e-1531.html#unique-entry-id-1531</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/8d993dadc4b6b4f23235f8851289346e-1531.html#unique-entry-id-1531</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/174-1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Une passerelle par-dessus le torrent. En haut la montagne en bas la plaine. Un aveugle sur le chemin de halage, avec le fleuve, le vent et le soleil qui fait fondre la fausse monnaie.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>A table</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Au Riau</category><dc:date>2012-02-02T19:33:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/1732161742a4ff8fa4606327582078d6-1530.html#unique-entry-id-1530</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/1732161742a4ff8fa4606327582078d6-1530.html#unique-entry-id-1530</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/170-8.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Louise</em>&nbsp;:<br />- Maman, tu sais quoi&nbsp;! j'ai vu une dame en string sur internet. Je comprends vraiment pas, je cherchais des images de <em>cochons d'Inde</em>.<br /><br /><em>Arthur</em><br />- Ouais, sur internet, tu finis toujours par tomber sur une dame en string.<br /><br /><em>Sandra&nbsp;:</em><br />- Ou sur un cochon d'Inde...<br /><br /><em>Lili</em><br />- M&ecirc;me si tu tapes <em>pompon</em>&nbsp;?<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Voyage au centre de la terre</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Choses vues</category><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2012-02-03T19:33:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/41455cf0b21c096475d39d35067a314f-1529.html#unique-entry-id-1529</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/41455cf0b21c096475d39d35067a314f-1529.html#unique-entry-id-1529</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/170-7.png" width="50" height="50"/><br /><br />La r&eacute;ussite d'une exp&eacute;dition au centre de la terre n&eacute;cessite en amont de longues et difficiles &eacute;tudes, l'aide aussi de ceux qui en savent plus que vous, une pr&eacute;paration soign&eacute;e, de lourds sacrifices, un peu de hasard, le dos solide et le coeur bien accroch&eacute;. Axel Lidenbrock et son oncle Otto en savent quelque chose, le chemin est long de la K&ouml;ningstrasse &agrave; Hambourg jusqu'aux contreforts du Sneffels pr&egrave;s de Reykjavik. Plus d'un tiers du r&eacute;cit de Jules Verne &ndash; publi&eacute; en 1867&nbsp;&ndash; en t&eacute;moigne, c'est alors seulement que la descente dans les entrailles de la terre peut commencer&nbsp;: entr&eacute;s sur les traces d'Arne Saknussemm dans un volcan situ&eacute; aux confins du monde, dans la r&eacute;gion des neiges &eacute;ternelles, les aventuriers en ressortent sous le ciel de Sicile par la chemin&eacute;e d'un volcan entour&eacute; de <em>verdure infinie</em>&nbsp;: le Stromboli. Des p&ecirc;cheurs les recueillent, ils ont c&ocirc;toy&eacute; la pr&eacute;histoire, d&eacute;couvert des tr&eacute;sors, confirm&eacute; des hypoth&egrave;ses et fr&ocirc;l&eacute; la mort. Un seul regret chez Otto Lidenbrock, celui <em>de ce que les circonstances, plus fortes que sa volont&eacute;, </em>ne lui ont pas permis<em> de suivre jusqu'au centre de la terre les traces du voyageur islandais </em>qui l'avait pr&eacute;c&eacute;d&eacute;. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/voygeaucentre.png" width="482" height="258"/><br /><span style="font-size:10px; "><em>Voyage au centre de la terre | Eric Brevig</em></span><br /><br />Si l'adaptation cin&eacute;matographique qu'Henry Levin fait du r&eacute;cit de Jules Verne en 1960 vaut aujourd'hui pour le vieillissement pr&eacute;matur&eacute; des trucages et des incrustations, celle qu'en propose Eric Brevig en 2008 constitue une illustration saisissante de la mutation de nos fa&ccedil;ons de saisir le monde et du virage &eacute;pist&eacute;mologique que vit notre &eacute;poque&nbsp;: pas besoin de mat&eacute;riel ni de pr&eacute;paratifs pour descendre dans les entrailles de la terre, un petit sac &agrave; dos fait l'affaire. Se laisser tomber ensuite dans le puits, se laisser glisser dans la nuit, jouissances et vertiges. La connaissance c'est comme une f&ecirc;te foraine, on y acc&egrave;de sans  y toucher, en gardant sa bonne humeur et en variant les attractions&nbsp;: train fant&ocirc;me et grand huit, chute libre et marelle. Nous y voici, les luminaires ne manquent pas au Luna Park. Il faut le dire, la v&eacute;rit&eacute; c'est d'abord une &eacute;motion. Trevor, le h&eacute;ros du film l'avoue &agrave; plusieurs reprises, ce qu'il d&eacute;teste par-dessus tout ce sont <em>les sorties p&eacute;dagogiques</em>. Un b&eacute;mol pourtant dans cette aventure, un regret, un seul, celui de Sean, le neveu et assistant du savant qui avoue soudain <em>n'avoir jamais lu le r&eacute;cit de Jules Verne</em>. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Mais cette fois c&#x27;est nous qui sommes dedans</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2012-02-01T19:33:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/1a5de5cfc72b2cbd03ab40d7732e9c64-1528.html#unique-entry-id-1528</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/1a5de5cfc72b2cbd03ab40d7732e9c64-1528.html#unique-entry-id-1528</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/170-6.png" width="50" height="50"/><br /><br />En installant ses quartiers &agrave; l'arri&egrave;re, &agrave; l'arri&egrave;re de son for int&eacute;rieur, en y d&eacute;ambulant durablement et raisonnablement, l'homme laisse s'installer toujours davantage l'id&eacute;e suivant laquelle le dehors n'est qu'une des humbles annexes du dedans, abandonnant la bride &agrave; la raison qui se lance alors &agrave; l'assaut de ses marches, sans discontinuer, &eacute;tendant son chiffre &agrave; de nouvelles provinces, dessinant la courbe de sa croissance, affinant sa d&eacute;coupe, dressant la carte de son empire, pointant les connexions et soulignant les subordinations. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1050885" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050885-2.jpg" width="470" height="226"/><br /><br />On peut certes vivre dedans avec des images du dehors au fond de soi sans jamais en sortir. Jusqu'au jour o&ugrave; les circonstances vous arrachent, sans vous avertir, vous obligent &agrave; douter un instant, vous maintiennent incr&eacute;dule, le temps de passer le seuil, le temps d'un r&ecirc;ve ou d'un r&eacute;veil, en &eacute;quilibre, avant de vous d&eacute;poser dehors, il faut faire vite, le temps d'une bascule. Car ce ne sont pas des images, il faut y croire, cette fois c'est vous qui &ecirc;tes dedans, nu et neuf. Le temps presse, et si vous voulez vivre encore, vous devez r&eacute;duire sur le champ la voilure de l'incr&eacute;dulit&eacute; qui vous habite, ne pas tenter de fuir, donner votre assentiment &agrave; ce dans quoi vous avez &eacute;t&eacute; pr&eacute;cipit&eacute;s, ce &agrave; quoi vous ne songiez m&ecirc;me pas parce que vous le mainteniez forclos dans l'imaginaire. Il faut alors vous d&eacute;poss&eacute;der de ce que vous &eacute;tiez autrefois en l'affublant d'une image &agrave; laquelle d'autres images viendront s'agr&eacute;ger, batailler ferme depuis un dedans insens&eacute;, r&eacute;inventer le dehors et ses annexes, recommencer.<br />Mais le r&eacute;el reste toujours derri&egrave;re la porte, il neige, sortir si l'on peut, r&eacute;solument, pour r&ecirc;ver une fois encore qu'il est possible d'&eacute;clairer du dehors l'exigu&iuml;t&eacute; du dedans. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a le d&#xe9;but depuis la fin&#xa;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2012-01-31T21:33:33+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2694e0d1010756284e49ebb40c70405e-1527.html#unique-entry-id-1527</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2694e0d1010756284e49ebb40c70405e-1527.html#unique-entry-id-1527</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/170-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a le d&eacute;but depuis la fin<br />les points d'&eacute;quilibre<br />les choses mises bout &agrave; bout<br />il y a les bains thermaux<br />le g&acirc;teau des rois<br />il y a le crabe<br />il y a le lierre<br />les ruisseaux de laves<br />le corps qui mollit<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 29 janvier 2012</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Extractions</category><dc:date>2012-01-30T19:33:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f854ee0e2c993df79bbb38d9a2dadf21-1526.html#unique-entry-id-1526</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f854ee0e2c993df79bbb38d9a2dadf21-1526.html#unique-entry-id-1526</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/170-2.png" width="50" height="50"/><br /><em><br /></em><em>Avec la pr&eacute;cision absurde &agrave; laquelle nous devions plus tard nous habituer, les Allemands firent l'appel. A la fin, l'officier demanda&nbsp;: &laquo; Wieviel St&uuml;ck&nbsp;?&raquo; ; et le caporal r&eacute;pondit en claquant les talons que les &laquo; pi&egrave;ces &raquo; &eacute;taient au nombre de six cent cinquante et que tout &eacute;tait en ordre. On nous fit alors monter dans des autocars qui nous conduisirent &agrave; la gare de Carpi. C'est l&agrave; que nous attendaient le train et l'escorte qui devait nous accompagner durant le voyage. C'est l&agrave; que nous re&ccedil;&ucirc;mes les premiers coups : et la chose fut si inattendue, si insens&eacute;e, que nous n'&eacute;prouv&acirc;mes nulle douleur ni dans le corps ni dans l'&acirc;me, mais seulement une profonde stupeur : comment pouvait-on frapper un homme sans col&egrave;re&nbsp;? <br />Il y avait douze wagons pour six cent cinquante personnes. Dans le mien nous n'&eacute;tions que quarante-cinq, mais parce que le wagon &eacute;tait petit. Pas de doute, ce que nous avions sous les yeux, ce que nous sentions sous nos pieds, c'&eacute;tait un de ces fameux convois allemands, de ceux qui ne reviennent pas, et dont nous avions si souvent entendu parler, en tremblant, et vaguement incr&eacute;dules. C'&eacute;tait bien cela, tr&egrave;s exactement&nbsp;: des wagons de marchandises, ferm&eacute;s de l'ext&eacute;rieur, et dedans, entass&eacute;s sans piti&eacute; comme un chargement en gros, hommes, femmes et enfants, en route pour le n&eacute;ant, la chute, le fond. Mais cette fois c'est nous qui sommes dedans.<br /></em><p style="text-align:right;"><em>Primo Levi, Si c'est un homme, 1947 (Julliard 2003, 17-18)<br /></em><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>46</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2012-01-27T18:54:58+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/9586e2f86bd0d0ec5b1e97801008d865-1525.html#unique-entry-id-1525</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/9586e2f86bd0d0ec5b1e97801008d865-1525.html#unique-entry-id-1525</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/169-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Mais qui donc se charge de l'&eacute;ducation de celui qui n&rsquo;a pas d&rsquo;enfant&nbsp;?<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Temps des gr&#xe2;ces</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Pra Massin</category><dc:date>2012-01-26T15:39:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2a8a9bb3b11976774dcd1c8713b980cb-1524.html#unique-entry-id-1524</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2a8a9bb3b11976774dcd1c8713b980cb-1524.html#unique-entry-id-1524</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/169-6-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />On a jet&eacute; ce matin de vieux almanachs &agrave; la benne, d'anciens trait&eacute;s agricoles. Triste nouvelle, mais l'abandon des chemins de d&eacute;vestiture et le remembrement parcellaire ont tiss&eacute; un pi&egrave;ge d'une tout autre envergure. On c&egrave;de, fid&egrave;les &agrave; nous-m&ecirc;mes, aux bons rapports sous tous les angles. Pour &ecirc;tre d'&eacute;querre, il faut un certain niveau&nbsp;et des gardes-barri&egrave;res&nbsp;:  la stabulation libre tient notre imagination en captivit&eacute; et je vois des treillis dans le ciel. <br />Un peu d'ordre, on ne m&eacute;lange pas le colza et les coquelicots, le triticale et les bleuets, le pi&eacute;c&eacute; s'est retir&eacute; dans la m&eacute;moire de quelques survivants, c'est l&agrave; que s'empilent les derniers paysages en demi-teintes, sans dette, les horizons qui s'ouvrent et se ferment, tandis que dehors s'acc&eacute;l&egrave;re l'irr&eacute;parable, la g&eacute;n&eacute;ralisation des rapports marchands. Nous ne savons pas vers quoi nous allons, les habitudes pavillonnaires ont recouvert de soucis les p&acirc;tures. Qu'il est difficile de d&eacute;m&ecirc;ler ce qu'on a perdu, ce qu'on a oubli&eacute;, ce qu'on a abandonn&eacute;, ce dont on s'est affranchi&nbsp;: les tourbi&egrave;res, les raiponces, les bouchures et les chemins creux, <a href="http://www.capricci.fr/fiche.php?id_film=12" rel="self">le temps des gr&acirc;ces</a>. <br />Ici c'est sinistr&eacute;, tous les jours. Il n'y a personne dans les lotissements, la bascule est derri&egrave;re nous. Qui songe encore &agrave; glisser un fil de soie dans le chas d'une l'aiguille&nbsp;? Qui portera au jour ce qui le rabat et fera voir ses p&eacute;pites dans des caissons &eacute;tanches&nbsp;? <br />J'ai crois&eacute; hier un boulanger ivre, un expert comptable. La vieille de Pra Massin regardait par la fen&ecirc;tre, souriante, d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e avant son tour, assise en son centre avec une tasse de th&eacute;. <br />- On ne mourra pas de faim, disait mon p&egrave;re, disait la vieille, mais d'esp&eacute;rances prodigieuses. Je sais le progr&egrave;s derri&egrave;re nous, il ne nous restera qu'&agrave; apprivoiser les caniches et &agrave; remonter de la cave les g&eacute;raniums, &agrave; saccager les derni&egrave;res odeurs de la terre, &agrave; d&eacute;valiser ce qu'on n'a pas &agrave; deux pas de l'inusable bleuet et de son voisin le coquelicot. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 22 janvier 2012</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2012-01-25T15:39:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/07884fe4379b8ed2c67b5e5aadb22b0b-1523.html#unique-entry-id-1523</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/07884fe4379b8ed2c67b5e5aadb22b0b-1523.html#unique-entry-id-1523</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/169-6-3-2.png.png" width="50" height="50"/><br /><br />Ramen&eacute; cette apr&egrave;s-midi une impuissance sans fin, avec des grimaces derri&egrave;re le front. Perdues de vue les alliances, le couvert et les Censi&egrave;res, le goulot de la fontaine, les b&ecirc;tes du bois Vuacoz; d&eacute;capit&eacute;e la borne au carrefour, disjoints les esses de la Corbassi&egrave;re. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1050803" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050803.jpg" width="235" height="176"/><br /><br />A vouloir quand m&ecirc;me extraire de ce g&acirc;chis une consolation, je me suis mis sens dessus-dessous et le reste en lambeaux, j'ai pataug&eacute; dans le bois mort, le bois mouill&eacute;, le froid. Rien ramen&eacute;, seulement ram&eacute; dans les orni&egrave;res, pest&eacute; contre la boue et l'inhospitalit&eacute; des bois. Pire, me suis mis &agrave; jalouser les corneilles, &agrave; envier la neige fondante, &agrave; me faire l'alli&eacute; des r&eacute;sineux et des courbes courbes. <br />Pas beau, balade de for&ccedil;at, appuy&eacute; sur un forceps et accroch&eacute; &agrave; l'id&eacute;e que &ccedil;a passera. Il faudra la nuit pour me remettre debout et recoller les morceaux, des b&eacute;quilles aujourd'hui pour avoir bonne fa&ccedil;on.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>45</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2012-01-23T15:39:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e9f66b68b11086254f418c3aac962c62-1522.html#unique-entry-id-1522</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e9f66b68b11086254f418c3aac962c62-1522.html#unique-entry-id-1522</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/169-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />... mais peut-&ecirc;tre aussi &ndash;&nbsp;et seulement ceci&nbsp;&ndash; l'assurance que les choses se sont bien pass&eacute;es ainsi, sans savoir exactement ni comment ni pourquoi, avec la certitude cependant qu'il ne pouvait en aller autrement, &agrave; la place pr&egrave;s&nbsp;: toi &agrave; la mienne et moi &agrave; la tienne, ou qu'importe, tout autrement, mais avec l'esp&eacute;rance immobile que rien ne viendra interrompre la pouss&eacute;e du silence, pas m&ecirc;me la mort.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les batailles de corneilles &#xe0; l&#x27;aube</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2012-01-24T14:39:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a1f9f78add3d746d2f88a54c5d986f32-1520.html#unique-entry-id-1520</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a1f9f78add3d746d2f88a54c5d986f32-1520.html#unique-entry-id-1520</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/169-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les batailles de corneilles &agrave; l'aube<br />la poussi&egrave;re sur le marteau <br />la poussi&egrave;re sur l'enclume<br />il y a la c&ocirc;te bretonne<br />les portails &eacute;lectriques<br />les sauterelles<br />il y a la t&eacute;l&eacute;commande sur la table du salon<br />les p&ecirc;ches de vigne<br />il y a la pomme des moissons<br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Vert bocage</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2012-01-20T16:47:34+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7c9899466372d7213a58c4cbefae4700-1519.html#unique-entry-id-1519</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7c9899466372d7213a58c4cbefae4700-1519.html#unique-entry-id-1519</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/168-3.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Patrick Charbonneau, le traducteur de l'&nbsp;<em>Austerlitz </em>de Sebald, use &agrave; deux reprises de l'expression <em>vert bocage</em> pour caract&eacute;riser ce vert auquel je pense si souvent, si commun que je d&eacute;sesp&eacute;rais d'en trouver une d&eacute;signation, ce vert un peu las, maigre, cousin de celui dont on se sert pour dissimuler les ouvrages militaires dans les pr&eacute;s d&eacute;serts, qui m'&eacute;meut tant lorsqu'il est s&eacute;par&eacute; du bas du ciel par le noir des haies de d&eacute;cembre, lorsqu'il offre sa nudit&eacute;, une derni&egrave;re fois, avant que la neige ne tombe.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Bailly &#x7c; Sebald</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2012-01-19T08:47:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ed4e3e698a99f2ba4a343564a3dc3ec4-1518.html#unique-entry-id-1518</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ed4e3e698a99f2ba4a343564a3dc3ec4-1518.html#unique-entry-id-1518</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/165didierda.png" width="50" height="50"/> <br /><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; "><br /></span>Poursuivant la lecture d'&nbsp;<em>Austerlitz</em>, je me souviens d'un mot de Didier da Silva sur Twitter qui &eacute;voquait le 28 janvier dernier un couple. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/disierdatwitt.png" width="376" height="76"/><br /><br />Je ne peux m'emp&ecirc;cher d'extraire le morceau suivant.<br /><br /><em>Nous tous, m&ecirc;me ceux qui pensent avoir pris en consid&eacute;ration les d&eacute;tails les plus infimes, nous ne faisons qu'utiliser des &eacute;l&eacute;ments de d&eacute;cor que d'autres avant nous ont d&eacute;j&agrave; plus d'une fois dispos&eacute;s ici ou l&agrave; sur la sc&egrave;ne. Nous essayons de rendre la r&eacute;alit&eacute; mais plus nous nous y effor&ccedil;ons, plus s'impose &agrave; nous ce qui de tous temps a meubl&eacute; le th&eacute;&acirc;tre de l'histoire&nbsp;: le tambour tomb&eacute;, le fantassin en embrochant un autre, l'oeil du cheval qui se ternit, l'empereur invuln&eacute;rable entour&eacute; de ses g&eacute;n&eacute;raux, au milieu de la m&ecirc;l&eacute;e fig&eacute;e des combattants. Faire de l'histoire, telle &eacute;tait la th&egrave;se de Hilary, ce n'&eacute;tait que s'int&eacute;resser &agrave; des images pr&eacute;&eacute;tablies, ancr&eacute;es &agrave; l'int&eacute;rieur de nos t&ecirc;tes, sur lesquelles nous gardons le regard fix&eacute; tandis que la v&eacute;rit&eacute; se trouve ailleurs, quelque part &agrave; l'&eacute;cart, en un lieu que personne n'a encore d&eacute;couvert.<br /></em><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>W. G. Sebald, Austerlitz, Folio, 2010, 101-102</em></span><em><br /></em></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/pointblanc-3-3-3-2.png" width="10" height="11"/><em><br /></em>Et plus loin&nbsp;:<br /><br /><img class="imageStyle" alt="Turner - Funeral at lausanne 1841, Tate gallery" src="http://www.lesmarges.net/files/turnerfuneralatlausanne1841tategallery.jpg" width="480" height="337"/><br /><br /><em>Comme le cort&egrave;ge fun&egrave;bre se dirigeait vers le cimeti&egrave;re de Cutiau, le soleil per&ccedil;a les voiles de brouillard flottant sur le Mawddach et une brise vint caresser ses rives. Les quelques silhouettes sombres, le groupe de peupliers, l'embellie au-dessus du cours d'eau, le massif du Cader Idris de l'autre c&ocirc;t&eacute; constituaient le d&eacute;cor d'une sc&egrave;ne d'adieu qu'&eacute;trangement, il y a quelques semaines, j'ai retrouv&eacute;e dans l'une de ces esquisses &agrave; l'aquarelle o&ugrave; Turner notait souvent ce qui se pr&eacute;sentait &agrave; ses yeux, soit sur le vif, soit plus tard, en revenant sur l'&eacute;v&eacute;nement pass&eacute;. Cette image presque sans substance, qui porte en l&eacute;gende </em>Funeral at Lausanne<em>, date de 1841, &eacute;poque &agrave; laquelle Turner, ne pouvant presque plus voyager, &eacute;tait de plus en plus hant&eacute; par l'id&eacute;e de sa mort. Aussi tentait-il, pour cette raison peut-&ecirc;tre, d&egrave;s qu'une sc&egrave;ne telle que ce petit cort&egrave;ge fun&egrave;bre de Lausanne se pr&eacute;sentait &agrave; sa m&eacute;moire, d'en fixer &agrave; la h&acirc;te, de quelques coups de pinceau, les visions &eacute;ph&eacute;m&egrave;res. Mais, dit Austerlitz, c'est moins la similitude entre enterrement de Lausanne et celui de Cutiau qui attira mon attention sur cette aquarelle, que le souvenir qu'elle raviva en moi de la derni&egrave;re promenade effectu&eacute;e en compagnie de Gerald au d&eacute;but de l'&eacute;t&eacute; 1966, dans les vignes sur les hauteurs de Morges, au bord du lac L&eacute;man. Continuant d'&eacute;tudier la vie et les carnets d'esquisses de Turner, je d&eacute;couvris, d&eacute;tail insignifiant mais qui ne laissa pas de faire vibrer en moi une corde sensible, qu'en 1798, traversant le pays de Galles, il avait visit&eacute; l'embouchure du Mawddach et, surtout, qu'au moment de l'enterrement de Lausanne il avait le m&ecirc;me &acirc;ge que moi &agrave; celui de Cutiau.<br /></em></p><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>W. G. Sebald, Austerlitz, Folio, 2010, 153-154</em></span><em><br /></em></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/pointblanc-3-3-3-3.png" width="10" height="11"/><em><br /></em>Il y a bel et bien du Sebald chez Bailly&nbsp;? <br />Jusqu'&agrave; ce que des voix &agrave; peine perceptibles parviennent aux oreilles d'Austerlitz, dans le magasin de livres et de gravures anciennes de Penelope Peacefull, les voix de deux femmes qui racontent &agrave; la radio dans quelles conditions elles ont &eacute;t&eacute; envoy&eacute;es par transport sp&eacute;cial en Angleterre. Austerlitz en oublie<em> les feuilles &eacute;tal&eacute;es</em> devant lui et entreprend sur le champ des recherches sur ses origines, par-del&agrave; l'instance qui l'a pr&eacute;serv&eacute; de leur secret. A la lumi&egrave;re du r&eacute;cit que Vera en fait et dont le corps d'Austerlitz &eacute;prouve la souvenance, le narrateur fait voir ce qui advient de celui qui en est priv&eacute;. Le r&eacute;cit des origines prend alors la couleur ind&eacute;cise de la provenance et rejoint les pi&egrave;ces d'un puzzle sans bord ni centre. J'en suis l&agrave; du sortil&egrave;ge.<br /></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a la parit&#xe9; des conventions</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2012-01-17T11:47:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b4fb5f544ebb5f9cd4ac41929ca3c172-1517.html#unique-entry-id-1517</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b4fb5f544ebb5f9cd4ac41929ca3c172-1517.html#unique-entry-id-1517</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/168-7.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a la parit&eacute; des conventions<br />le silence des portes ferm&eacute;es<br />celui des portes ouvertes<br />il y a les d&eacute;serteurs<br />le houx quand il n'y a vraiment plus rien<br />la compagnie des escrocs<br />le sauvetage en mer<br />l'entrain des chiffonniers<br />il y a la d&eacute;mesure<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 15 janvier 2012</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2012-01-18T11:47:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b47bd3215603fbac583e747307bbc1f8-1516.html#unique-entry-id-1516</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b47bd3215603fbac583e747307bbc1f8-1516.html#unique-entry-id-1516</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/168-6.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Le temps, dit-il dans le cabinet aux &eacute;toiles de Greenwich, le temps &eacute;tait de toutes nos inventions de loin la plus artificielle... si Newton a r&eacute;ellement pens&eacute; que le temps s'&eacute;coule comme le courant de la Tamise, o&ugrave; est alors son origine et dans quelle mer finit-il par se jeter&nbsp;? Tout cours d'eau, nous le savons, est n&eacute;cessairement bord&eacute; des deux c&ocirc;t&eacute;s. Mais quelles seraient, &agrave; ce compte, les rives du temps&nbsp;? Quelles seraient ses propri&eacute;t&eacute;s sp&eacute;cifiques correspondant approximativement &agrave; celles de l'eau, laquelle est liquide, assez lourde et transparente&nbsp;? En quoi les choses plong&eacute;es dans le temps se distinguent-elles de celles qui n'ont jamais &eacute;t&eacute; en contact avec lui&nbsp;?  Que signifie que nous repr&eacute;sentions les heures diurnes et les heures nocturnes sur un m&ecirc;me cercle&nbsp;? Pourquoi, en un lieu, le temps reste-t-il &eacute;ternellement immobile tandis qu'en un autre il se pr&eacute;cipite en une fuite &eacute;perdue&nbsp;? Ne pourrait-on point dire que le temps lui-m&ecirc;me, au fil des si&egrave;cles, au fil des mill&eacute;naires, n'a pas &eacute;t&eacute; synchrone&nbsp;?<br /></em><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>W. G. Sebald, Austerlitz, Folio, 2010, 141-142</em></span><br /></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/pointblanc-3-3-3.png" width="10" height="11"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1050758" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050758.jpg" width="470" height="353"/><br /><br />Une bonne partie de la journ&eacute;e donc dans l'&nbsp;<em>Austerlitz</em> de Sebald&nbsp;: de la maison au village par la Moille Cheiry, t&ecirc;te baiss&eacute;e et vent debout, puis au chaud avec les attard&eacute;s de l'Auberge communale et vent arri&egrave;re du village &agrave; la maison par la Moille Cucuz, au caf&eacute; de l'Ev&ecirc;ch&eacute; enfin entre 5 et 7. Apr&egrave;s les voyages de Bailly, me voil&agrave; donc embarqu&eacute; en Sebaldie, sans malentendu, dans un r&eacute;cit &ndash; mais est-ce bien le mot qui convient&nbsp;? &ndash; qui en contient une l&eacute;gion, et une foule d'autres choses en &eacute;quilibre sur le fil invisible d'une pelote dans laquelle les secrets ont fait leur nid. Avec pour seule ressource un fonds d'images et de souvenirs &ndash; des images encore&nbsp;&ndash; qu'il s'agit de faire tenir ensemble, instantan&eacute;s fr&eacute;missant sous la peau d'un monde qu'on traverse les mains toujours plus nues. Instantan&eacute;s de m&ecirc;me nature que ces photographies qu'Austerlitz &eacute;talait... <br /><br /><em>... face en bas comme pour une r&eacute;ussite, et qu'ensuite, chaque fois &eacute;tonn&eacute; par ce qu'il d&eacute;couvrait, il les retournait une &agrave; une, tant&ocirc;t les d&eacute;pla&ccedil;ait, les superposait selon un ordre dict&eacute; par leur air de famille, tant&ocirc;t les retirait du jeu jusqu'&agrave; ce qu'il ne reste plus que la surface grise de la table ou bien qu'il soit contraint, &eacute;puis&eacute; par son travail de r&eacute;flexion et de m&eacute;moire, de s'allonger sur l'ottomane. Il n'est pas rare que j'y reste jusqu'au soir et je sens le temps se replier en moi, dit Austerlitz en passant dans l'une des deux pi&egrave;ces arri&egrave;re du rez-de-chauss&eacute;e.<br /></em></p><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>W. G. Sebald, Austerlitz, Folio, 2010, 166</em></span><em> </em><br /></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/pointblanc-3-3-3-3.png" width="10" height="11"/><em><br /></em><em>Austerlitz</em> est la consignation du provisoire n&eacute; de l'alliance, contre nature, de la n&eacute;cessit&eacute; et de l'improvisation, les efforts que son h&eacute;ros d&eacute;ploie pour rassembler les pi&egrave;ces &eacute;parses d'un puzzle sans bord le conduisent &agrave; un ab&icirc;me &agrave; pente quasi-nulle, &agrave; la r&eacute;pulsion et au d&eacute;go&ucirc;t tant de l'&eacute;criture que de la lecture. Austerlitz jette un soir au fond de son jardin tout ce qu'il a &eacute;crit sous un tas de compost et de feuilles mortes. All&eacute;g&eacute; enfin, mais un court instant, car le poids de l'existence dont il a voulu ainsi se soulager guette. Sebald raconte ce cort&egrave;ge d'ombres, l'histoire de ce qui ne s'est pas fait et qui, ce faisant, s'est fait. Il n'y aura rien de plus, c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup, j'en suis l&agrave; du sortil&egrave;ge.<br /><br /></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>44</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2012-01-16T10:47:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/17398d5621215857401f9710ec9e71a1-1515.html#unique-entry-id-1515</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/17398d5621215857401f9710ec9e71a1-1515.html#unique-entry-id-1515</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/168-9.png" width="50" height="50"/><br /><br />Avec ou sans, pour ou contre, &agrave; c&ocirc;t&eacute;, &agrave; notre insu ou &agrave; nos d&eacute;pens, c'est ce &agrave; quoi le langage pr&eacute;pose chacun d'entre nous, en cadastrant la confusion sur laquelle <a href="http://www.lesmarges.net/files/825321f6bde79eb2dde598ee62913acb-445.html" rel="self">il a fondu</a> et en rendant toujours plus &eacute;trange le commencement qui recommence sans nous.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a la seconde vie des roulottes</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2012-01-12T20:56:45+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/1311b57cce4e10153aa6d81e3fd03c4f-1514.html#unique-entry-id-1514</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/1311b57cce4e10153aa6d81e3fd03c4f-1514.html#unique-entry-id-1514</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/167-4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a la seconde vie des roulottes<br />les tables rondes<br />le tuilage<br />il y a les paragraphes justifi&eacute;s de l'enfer <br />la transition d&eacute;mographique<br />les rebibes du rabot<br />il y a ce qui fait tenir debout <br />la v&eacute;rit&eacute; qui se d&eacute;robe<br />il y a la cuill&egrave;re rest&eacute;e dans la tasse<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Qui administrera l&#x27;onction au dernier des pr&#xea;tres&#xa0;?</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><dc:date>2012-01-10T10:25:06+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/9176d6364748f40d4d09025a3cde8452-1512.html#unique-entry-id-1512</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/9176d6364748f40d4d09025a3cde8452-1512.html#unique-entry-id-1512</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/167-7-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Le d&eacute;clin brutal et acc&eacute;l&eacute;r&eacute; du nombre de pr&ecirc;tres incardin&eacute;s dans les &eacute;v&ecirc;ch&eacute;s suisses n'est plus une pr&eacute;diction. Leur nombre a diminu&eacute; de pr&egrave;s de la moiti&eacute; en 30 ans et leur &acirc;ge moyen se situe &agrave; 65 ans, celui des pr&ecirc;tres en activit&eacute; &agrave; 57. C'est ce que nous r&eacute;v&egrave;le <em>l&rsquo;Institut suisse de sociologie pastorale (SPI).<br /></em>Les nouvelles ordinations ne compensent plus en effet les d&eacute;c&egrave;s, les pr&ecirc;tres qui meurent sont trois fois plus nombreux que ceux qui sont ordonn&eacute;s. Pas de renouvellement naturel donc, et le manque de vocations n&rsquo;incitent gu&egrave;re &agrave; l&rsquo;optimisme. Au cours des 10 derni&egrave;res ann&eacute;es, seules 143 ordinations ont &eacute;t&eacute; enregistr&eacute;es contre 500 d&eacute;c&egrave;s. Rien &agrave; esp&eacute;rer d&eacute;cid&eacute;ment de ce c&ocirc;t&eacute;-ci.<br />Pour r&eacute;pondre &agrave; cette p&eacute;nurie, des solutions ont &eacute;t&eacute; mises en place, on a recrut&eacute; des pr&ecirc;tres &eacute;trangers, des assistants au b&eacute;n&eacute;fice d&rsquo;une formation, compl&egrave;te ou sommaire, des auxiliaires sans formation, avec les probl&egrave;mes d'adaptation qui s'ensuivent. Rien n'y a fait, le nombre d&rsquo;&eacute;tudiants en th&eacute;ologie et de collaborateurs de fortune continue de diminuer. Il n'y aura pas de miracle.<br />Cette situation ne semblait pourtant pas in&eacute;luctable, &agrave; preuve le chiffre de la vitalit&eacute; &eacute;tonnante des pr&ecirc;tres. En 2010, on signale en effet 146 cas d'abus sexuels, commis par 125 agents pastoraux dans les six dioc&egrave;ses suisses&nbsp;; on compte &eacute;galement, mais c'est moins officiel, plus de 150 enfants de pr&ecirc;tres non-reconnus. Selon des sources fiables, 20 &agrave; 30% des pr&ecirc;tres ont aujourd'hui une vie amoureuse en Europe, 50% en Am&eacute;rique latine et jusqu&rsquo;&agrave; 80 &agrave; 90% en Afrique !  <br />Tant que Rome s'&eacute;vertuera &agrave; condamner les pr&ecirc;tres au c&eacute;libat, elle contribuera sans doute &agrave; cette baisse effrayante des effectifs sans b&eacute;n&eacute;ficier des h&eacute;ritages symboliques qui ont conduit tant de fils &agrave; devenir des p&egrave;res, tant d'enfants de riches &agrave; s'enrichir et d'enfants pauvres &agrave; d&eacute;sesp&eacute;rer. Plus de 30 papes n'ont-ils pas &eacute;t&eacute; les dignes rejetons de papes ou de pr&ecirc;tres&nbsp;? Quant &agrave; l'innombrable prog&eacute;niture naturelle des &eacute;v&ecirc;ques et des cur&eacute;s, on a renonc&eacute; &agrave; en faire le compte exact. <br />Quel beau m&eacute;tier&nbsp;! Mais qui administrera l'extr&ecirc;me onction au dernier des pr&ecirc;tres&nbsp;? Un homme travaillant au noir&nbsp;? Un pr&ecirc;tre d&eacute;froqu&eacute;&nbsp;?<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Kodak &#x7c; Blaise Cendrars</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2012-01-12T22:04:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c2f02676824b88962d639a2dc2b42c3e-1510.html#unique-entry-id-1510</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c2f02676824b88962d639a2dc2b42c3e-1510.html#unique-entry-id-1510</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/167-6-3-2.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Du campement nous entendons des &eacute;l&eacute;phants dans la for&ecirc;t<br /></em><em>Je garde un homme avec moi pour porter le grand kodak<br />A douze m&egrave;tres je distingue mal une grande b&ecirc;te<br />A c&ocirc;t&eacute; d'elle il me semble voir un petit<br />Ils sont dans l'eau mar&eacute;cageuse<br />Litt&eacute;ralement je les entends se gargariser<br />Le soleil &eacute;claire en plein la t&ecirc;te et le poitrail de la grande femelle maintenant irrit&eacute;e<br />Quelle photo int&eacute;ressante a pu prendre l'homme de sang-froid qui se tenait &agrave; c&ocirc;t&eacute; de moi<br /></em><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>Blaise Cendrars, Chasse &agrave; l'&eacute;l&eacute;phant (IV) , Kodak-Document, Stock,1924<br /></em></span></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/pointblanc-3-2.png" width="10" height="11"/><br /><em>Nous entendons un troupeau<br />Il est dans une clairi&egrave;re<br />Les herbes et les broussailles y atteignent cinq &agrave; six m&egrave;tres de haut<br />Il s'y trouve aussi des espaces restreints d&eacute;nud&eacute;s<br />Je fais rester mes trois hommes sur place chacun braquant son Bell-Howel<br />Et je m'avance seul avec mon petit kodak<br />Il n'y a rien d'aussi dr&ocirc;le que de voir s'&eacute;lever s'abaisser se relever encore<br />Se contourner en tous sens<br />Les troupes d'&eacute;l&eacute;phants<br />Dont la t&ecirc;te et tout le corps immense demeurent cach&eacute;s<br /></em></p><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>Blaise Cendrars, Chasse &agrave; l'&eacute;l&eacute;phant (VIII) , Kodak-Document, Stock, 1924<br /></em></span></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/pointblanc-3-3-2.png" width="10" height="11"/><br /><img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/logkodak-3.png" width="89" height="49"/><br /><em>Au moment de mettre sous presse le pr&eacute;sent volume, nous recevons des Editions Stock une lettre dont nous extrayons le passage suivant.<br />Paris, le 25, mars 1943... A la parution de </em>Kodak<em> de Blaise Cendrars nous avons re&ccedil;u un "papier timbr&eacute;" de la maison am&eacute;ricaine "Kodak C&deg;" qui nous expliquait que nous avions sans droit pris comme titre d'un de nos ouvrages le nom de sa firme. Sur notre objection que ce nom &eacute;tait celui d'un objet courant dans le commerce, que d'ailleurs cela ne pouvait lui faire que de la publicit&eacute;, elle nous a r&eacute;pondu par une consultation d'apr&egrave;s laquelle elle est propri&eacute;taire du nom "Kodak" et que l'emploi &agrave; tort et &agrave; travers de ce mot, loin de lui servir de publicit&eacute;, lui nuisait au contraire en l'&eacute;cartant des emplois pr&eacute;cis de produits vendus par sa firme.<br /></em><em>"Il n'y avait qu'&agrave; s'incliner mais la "Kodak C&deg;" a &eacute;t&eacute; assez aimable pour ne pas exiger le retrait du livre en librairie. Elle nous a demand&eacute; seulement l'engagement qu'en cas de r&eacute;impression le titre serait chang&eacute;. Nous en faisons donc une condition expresse de notre cession. Vous pourrez, bien entendu, mentionner le titre Kodak &agrave; titre bibliographique, comme nous vous le demandons ci-dessus, mais le titre g&eacute;n&eacute;ral des morceaux publi&eacute;s par vous dans votre volume devra &ecirc;tre chang&eacute;."<br /><br />A la r&eacute;ception de cette lettre j'avais bien pens&eacute; d&eacute;baptiser mes po&egrave;mes et intituler "Kodak" par exemple "Path&eacute;-Baby", mais j'ai craint que la puissante "Kodak C&deg; Ltd", au capital de je ne sais combien de millions de dollars, m'accuse cette fois-ci de concurrence d&eacute;loyale. Pauvres po&egrave;tes, travaillons. Qu'importe un titre. La po&eacute;sie n'est pas dans un titre mais dans un fait, et comme en fait ces po&egrave;mes, que j'ai con&ccedil;us comme des photographies verbales, forment un documentaire, je les intitulerai dor&eacute;navant </em>Documentaires<em>. Leur ancien sous-titre. C'est peut-&ecirc;tre aujourd'hui un genre nouveau.<br /></em></p><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>Blaise Cendrars, Po&eacute;sies compl&egrave;tes, Document, Deno&euml;l, 1944<br /></em></span></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/pointblanc-3-3-3.png" width="10" height="11"/><br /><img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/logkodak-4.png" width="89" height="49"/><br /><em>Dans la journ&eacute;e c'&eacute;tait un paysage lunaire avec des entonnoirs de mines qui se chevauchaient , sa raffinerie de sucre qui qui avait &eacute;t&eacute; souffl&eacute;e, son calvaire dont le Christ pendait la t&ecirc;te en bas, raccroch&eacute; par un pied &agrave; sa croix, ce qui me valut, &agrave; moi, trente jours de prison, non pas pour y &ecirc;tre all&eacute; voir en plein jour, mais pour en avoir fait une photo. (Certes, les sergents &eacute;taient jaloux de mon ascendant sur les hommes. J'avais le droit d'avoir un Kodak, mais il m'en &eacute;tait interdit de m'en servir. Et lieutenant, capitaine, commandant, colonel confirm&egrave;rent cette interpr&eacute;tation pour totaliser autant de jours de prison. la prison, on ne la faisait pas tant qu'on &eacute;tait en premi&egrave;re ligne. Mais l'on &eacute;tait mal not&eacute; et, quelque part &agrave; l'arri&egrave;re, bien au chaud dans un bureau, un scribouillard portait le motif dans un registre. La connerie de tout &ccedil;a&nbsp;! D'autant que cela ne m'a pas emp&ecirc;ch&eacute; de tirer des photos jusqu'au dernier jour.<br /></em></p><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>Blaise Cendrars, La Main coup&eacute;e, Deno&euml;l, 1946</em></span><br /></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/pointblanc-3-3-3-2.png" width="10" height="11"/><br /><img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/logkodak-5.png" width="89" height="49"/><br /><em>A moins de trouver un moyen de financement dans les toutes prochaines semaines, l&rsquo;entreprise Kodak pourrait &ecirc;tre contrainte de d&eacute;poser le bilan selon le Wall Street Journal apr&egrave;s plus de 130 ann&eacute;es d&rsquo;existence.
En effet, l&rsquo;entreprise am&eacute;ricaine doit trouver 1 milliard de dollars tr&egrave;s rapidement afin de se refinancer sans quoi elle devra fermer ses portes et licencier pr&egrave;s de 19 000 employ&eacute;s &agrave; travers le monde. En 1960, elle employait pr&egrave;s de 80&nbsp;000 personnes.<br /></em></p><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>Le Monde num&eacute;rique, 6 janvier 2012</em></span><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/pointblanc-3-3-3-3.png" width="10" height="11"/><br /><br /><object type="application/x-shockwave-flash" data="dewplayer.swf?son=federer807.mp3" width="180" height="20"> <param name="movie" value="dewplayer.swf?son=federer807.mp3" /> </object><br /><br /></p><p><img class="imageStyle" alt="P1050709" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050709.jpg" width="470" height="353"/><br /><br /><span style="font-size:17px; ">La fin de la merveilleuse aventure <br />d'une entreprise am&eacute;ricaine</span><br /><br />L'avenir pique du nez<br />Kodak ic&ocirc;ne <br />Kodak fleuron <br />Kodak faillite<br />faillite faillite au tournant du mill&eacute;naire<br /><br />Kodak a rat&eacute; le train<br />19.000 personnes &agrave; Rochester<br />sous le chapitre 11 de la loi <br />effondrement<br />plongeon <br />adieu Dow Jones <br />New York Stock Exchange<br />Meeschaert Capital Markets<br />Wall Street<br />salut les clubs <br />faillite faillite faillite<br /><br />fin de l'histoire boursi&egrave;re<br />ils n'y croyaient plus<br />devanc&eacute;s par des fabricants de grille-pains<br />&agrave; court de liquidit&eacute;s<br />rattrap&eacute;s par le d&eacute;clin<br />sans imagerie pour survivre<br />vendeurs de tapis<br />l'adieu aux profits<br />sans propri&eacute;t&eacute; intellectuelle<br />Moody's baisse la note <br />solvabilit&eacute; Caa3<br />niveau le plus bas<br />en-de&ccedil;a de la survie <br /><br />quand une soci&eacute;t&eacute; vend sa propri&eacute;t&eacute; intellectuelle<br />on sait que sa fin est proche<br />proche tr&egrave;s proche<br /></p><p style="text-align:right;"><br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"><br /></span></p><p style="text-align:left;"><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Laver cette coul&#xe9;e de boue</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Au Riau</category><category>Pra Massin</category><dc:date>2012-01-11T17:03:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/9989c962f38780447a3ac92b4fb69086-1507.html#unique-entry-id-1507</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/9989c962f38780447a3ac92b4fb69086-1507.html#unique-entry-id-1507</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/167-8-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Bien peu d'humeurs r&eacute;sistent aux noces visqueuses du noir et du blanc. Elles y succombent pourtant lorsqu'elles entendent le bruit &eacute;touff&eacute; du b&acirc;ton dans les cendres, en prenant un air p&acirc;le, tandis que les glaires du brouillard et les grands corbeaux vont &agrave; lents coups d'ailes semer leur poison ailleurs. Puits et tombes profan&eacute;s, entonnoirs sans m&eacute;moire, c'est une peau morte qui double le ciel et tapisse nos palais, blanche et froide comme une tripe. Tout, il manque soudain tout, et d'un coup. O&ugrave; est celui qui lavera cette coul&eacute;e de boue et nous convaincra qu'un suaire &ccedil;a s'&eacute;goutte et qu'une poche d&eacute;chir&eacute;e &ccedil;a se ravale&nbsp;?<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1050716" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050716.jpg" width="235" height="176"/><img class="imageStyle" alt="P1050540" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050540.jpg" width="235" height="176"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1050549" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050549.jpg" width="235" height="176"/><img class="imageStyle" alt="P1050609" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050609.jpg" width="235" height="176"/><img class="imageStyle" alt="P1050533" src="http://www.lesmarges.net/files/agaggreggg.jpg" width="235" height="176"/><img class="imageStyle" alt="P1050537" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050537.jpg" width="235" height="176"/><br /><br />Aux margelles des fourr&eacute;s br&ucirc;l&eacute;s, les merles ont assur&eacute; la permanence et sifflent les mesures d'urgence. Les corps laiteux des bouleaux s'&eacute;tirent hors du bitume. Une silhouette suivie d'une ombre ind&eacute;cise passe la lisi&egrave;re de cette veill&eacute;e fun&egrave;bre. Revient l'heure des p&acirc;moisons&nbsp;: les id&eacute;es s&egrave;chent, on s'amollit au feu profond. Oh &ccedil;a oui, et sans aller jusqu'en Corse. Il est temps encore de prendre le chemin en marche, de suivre les signes qui tombent du ciel, le jaune des citrons, l'orange des sorbiers, le vin sur la treille, le lierre, le gui, les mousses dans la rivi&egrave;re et la rouille du h&ecirc;tre. Les fruits se h&acirc;tent de remonter sur l'arbre, la vieille de Pra Massin fait une lessive, les poules rattrapent le temps perdu, Au printemps on repeindra les volets. N'est-ce pas&nbsp;? Et tu r&eacute;ponds&nbsp;: peut-&ecirc;tre.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1050558" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050558.jpg" width="470" height="145"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1050561" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050561-2.jpg" width="235" height="176"/><img class="imageStyle" alt="P1050487" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050487.jpg" width="235" height="177"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1050618" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050618.jpg" width="235" height="176"/><img class="imageStyle" alt="P1050470" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050470.jpg" width="235" height="176"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1050041" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050041.jpg" width="235" height="176"/><img class="imageStyle" alt="P1050016" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050016.jpg" width="235" height="177"/><br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>On l&#x27;aura compris</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Extractions</category><dc:date>2012-01-06T10:11:48+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f00b3b58b7f6d06ee82525148665eebe-1506.html#unique-entry-id-1506</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f00b3b58b7f6d06ee82525148665eebe-1506.html#unique-entry-id-1506</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="P1050686" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050686.jpg" width="470" height="353"/><br /><br /><em>On l'aura compris&nbsp;: ce que je cherche &agrave; faire surgir, tant avec l'espace </em>all over<em> des trajectoires animales qu'avec celui, rhizomatique, des d&eacute;ploiements, c'est de fournir des contre-exemples aux logiques de filiation et d'enracinement, c'est de dire, en quelque sorte, que le pays se d&eacute;payse de lui-m&ecirc;me et que c'est ainsi, myst&eacute;rieusement, qu'il devient ressemblant.<br /></em><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>Jean-Christophe Bailly, Le D&eacute;paysement, Seuil, 2011</em></span><em><br /></em><br /><img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/166-6.png" width="50" height="50"/><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Le bruit de la pluie bien serr&#xe9;e qui pianote</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Riant-Mont</category><category>Au Riau</category><dc:date>2012-01-03T10:25:51+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/0e7ca15b30bc3924eea6955615d155cf-1505.html#unique-entry-id-1505</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/0e7ca15b30bc3924eea6955615d155cf-1505.html#unique-entry-id-1505</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/166-4.png" width="50" height="50"/><br /><br />On traversait le gros des jours sans y toucher, &agrave; l'abri derri&egrave;re de lourdes pierres et une porte de ch&acirc;taignier &agrave; laquelle pendaient de vieux manteaux d&eacute;pareill&eacute;s et des parapluies hors d'usage, des fichus de feutre us&eacute; et des casquettes &agrave; la visi&egrave;re baiss&eacute;e. Les eaux du Vidourle ne cessaient de gonfler, on le savait, mais ne nous parvenait de l'ext&eacute;rieur que le bruit de la pluie bien serr&eacute;e qui pianotait sur les tuiles. Quant aux brouillards inoffensifs ils se m&ecirc;laient aux fum&eacute;es du po&ecirc;le et de l'&acirc;tre. On ne se demandait plus si le ciel allait pouvoir sauver sa peau, on avait assez de bois, assez &agrave; boire, &ccedil;a pouvait continuer ainsi. Et &agrave; mesure que les jours passaient, il nous semblait toujours plus enivrant de vivre en fond de cale, insouciants derri&egrave;re les murs cr&eacute;pis de ces vieilles magnaneries dont la haute charpente n'a jamais oblig&eacute; quiconque &agrave; courber l'&eacute;chine. On se faisait &agrave; l'id&eacute;e que le soleil ne reviendrait pas, pr&ecirc;ts &agrave; tout, mais d&eacute;sireux surtout de go&ucirc;ter &agrave; ce peu qui &eacute;tait sous la main, pain, livres, vin et miettes.<br />On entendait claquer parfois le fermoir de la porte d'entr&eacute;e ou celui de la porte du jardin, on apercevait en passant sur la table de la cuisine les restes de passages r&eacute;cents : une grappe de raisin, un couteau beurr&eacute;, des ch&acirc;taignes, une arri&egrave;re odeur de caf&eacute; ou un fond de th&eacute; ti&egrave;de, un stylo &agrave; c&ocirc;t&eacute; du mot fl&eacute;ch&eacute; de la derni&egrave;re page du Midi-libre, le dos d'un livre oubli&eacute;. Nul ne savait comment les choses en &eacute;taient arriv&eacute;es l&agrave;, on se croisait parfois, avec les &eacute;gards qu'on a les uns envers les autres sur les embarcations de fortune, sans qu'aucune question ne se pose, chacun &eacute;tant &agrave; ses affaires, sur le point de retourner sous un de ces vieux sacs de couchage qui voisinaient sur nos paillasses avec de vieilles couvertures trou&eacute;es. Chacun reprenait sa lecture avec la pluie sur les tuiles, qui ne s'arr&ecirc;tait pas, avant que les paupi&egrave;res ne vacillent et que la r&ecirc;verie ne nous &eacute;loigne un instant de ce qui tra&icirc;nait en largeur et en longueur tout au long de ces semaines-l&agrave;. <br />Pas grand chose, surtout pas, except&eacute; le feu que l'un de nous r&eacute;veillait dans l'&acirc;tre &agrave; l'aube ou le ch&ecirc;ne vert qu'un autre allait chercher au b&ucirc;cher, &agrave; voix basse, au cas o&ugrave; quelqu'un dormirait. Mais personne ne dormait vraiment, quand bien m&ecirc;me il n'a jamais fait tout &agrave; fait jour ces semaines-l&agrave;, si bien que les lampes dans les chambres et les suspensions ne s'&eacute;teignaient pas. C'&eacute;taient des journ&eacute;es du creux de l'an, de ces journ&eacute;es qui s'&eacute;tendent lorsque tout est termin&eacute; et que rien ne veut recommencer, nous &eacute;tions au d&eacute;but de nos vies, dans un pot au noir l&acirc;che nichant au voisinage de l'insouciance, avec des chats qui levaient la t&ecirc;te lorsque le vent fouettait le toit. Mais l'averse reprenait et &eacute;miettait le temps comme une herse.<br />Ce bonheur nonchalant aurait pu essaimer en toutes saisons si nous l'avions voulu, il n'en a pas &eacute;t&eacute; ainsi. Je me souviens du dernier jour avant qu'on ne se quitte pour toujours&nbsp;: celui que personne n'avait vu sortir &eacute;tait revenu le soir tremp&eacute; jusqu'&agrave; l'os avec un panier d'oronges. <br />Tout ce qui sert aujourd'hui a servi hier et servira demain, c'est dans les recoins des saisons que chacun d'entre nous grandit en traversant le gros du jour sans y toucher. J'&eacute;coute aujourd'hui, sous la couette, le bruit de la pluie bien serr&eacute;e qui pianote sur les tuiles.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Reliefs 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2011-12-31T21:40:36+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/8282022727c8867149f43dd685038255-1502.html#unique-entry-id-1502</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/8282022727c8867149f43dd685038255-1502.html#unique-entry-id-1502</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="165-7" src="http://www.lesmarges.net/files/165-7.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="165-6" src="http://www.lesmarges.net/files/165-6.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="165-8" src="http://www.lesmarges.net/files/165-8.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="165-5-2" src="http://www.lesmarges.net/files/165-5-3.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="165-9" src="http://www.lesmarges.net/files/165-9.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="164-9" src="http://www.lesmarges.net/files/164-9.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="164-3" src="http://www.lesmarges.net/files/164-3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="164-6" src="http://www.lesmarges.net/files/164-6.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="164-4" src="http://www.lesmarges.net/files/164-4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="164-5" src="http://www.lesmarges.net/files/164-5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="163-3-2" src="http://www.lesmarges.net/files/163-3-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="163-5" src="http://www.lesmarges.net/files/163-5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="163-2" src="http://www.lesmarges.net/files/163-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="163-3" src="http://www.lesmarges.net/files/163-3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="163-4" src="http://www.lesmarges.net/files/163-4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="162-10" src="http://www.lesmarges.net/files/162-10.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="162-11" src="http://www.lesmarges.net/files/162-11.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="162-2" src="http://www.lesmarges.net/files/162-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="162-6" src="http://www.lesmarges.net/files/162-6.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="162-7" src="http://www.lesmarges.net/files/162-7.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="161-9" src="http://www.lesmarges.net/files/161-9.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="161-10" src="http://www.lesmarges.net/files/161-10.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="161-11" src="http://www.lesmarges.net/files/161-11.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="161-13" src="http://www.lesmarges.net/files/161-13.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="161-14" src="http://www.lesmarges.net/files/161-14.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="160-4" src="http://www.lesmarges.net/files/160-4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="160-5" src="http://www.lesmarges.net/files/160-5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="160-9" src="http://www.lesmarges.net/files/160-9.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="160-7" src="http://www.lesmarges.net/files/160-7.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="160-10" src="http://www.lesmarges.net/files/160-10.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="159-7" src="http://www.lesmarges.net/files/159-7.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="159-3" src="http://www.lesmarges.net/files/159-3.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="159-5" src="http://www.lesmarges.net/files/159-5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="159-4" src="http://www.lesmarges.net/files/159-4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="159-6" src="http://www.lesmarges.net/files/159-6.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="158-4" src="http://www.lesmarges.net/files/158-4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="158-2" src="http://www.lesmarges.net/files/158-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="158-5" src="http://www.lesmarges.net/files/158-5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="158-3" src="http://www.lesmarges.net/files/158-3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="158-7.png-2" src="http://www.lesmarges.net/files/158-7.png-2.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="157-5" src="http://www.lesmarges.net/files/157-5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="157-1" src="http://www.lesmarges.net/files/157-1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="157-6" src="http://www.lesmarges.net/files/157-6.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="157-3" src="http://www.lesmarges.net/files/157-3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="157-2" src="http://www.lesmarges.net/files/157-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="156-3" src="http://www.lesmarges.net/files/156-3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="156-4" src="http://www.lesmarges.net/files/156-4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="156-5" src="http://www.lesmarges.net/files/156-5.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="156-1" src="http://www.lesmarges.net/files/156-1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="156-2" src="http://www.lesmarges.net/files/156-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="155-8" src="http://www.lesmarges.net/files/155-8.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="155-2" src="http://www.lesmarges.net/files/155-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="155-3" src="http://www.lesmarges.net/files/155-3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="155-5" src="http://www.lesmarges.net/files/155-5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="155-6" src="http://www.lesmarges.net/files/155-6.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="154-4" src="http://www.lesmarges.net/files/154-4.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="154-5" src="http://www.lesmarges.net/files/154-5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="154-3" src="http://www.lesmarges.net/files/154-3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="154-8" src="http://www.lesmarges.net/files/154-8.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="154-6-2" src="http://www.lesmarges.net/files/154-6-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="153-1" src="http://www.lesmarges.net/files/153-1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="153-2" src="http://www.lesmarges.net/files/153-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="153-3" src="http://www.lesmarges.net/files/153-3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="153-5" src="http://www.lesmarges.net/files/153-5.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="153-6" src="http://www.lesmarges.net/files/153-6.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="152-7" src="http://www.lesmarges.net/files/152-7.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="152-1" src="http://www.lesmarges.net/files/152-1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="152-3" src="http://www.lesmarges.net/files/152-3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="152-4-2" src="http://www.lesmarges.net/files/152-4-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="152.8" src="http://www.lesmarges.net/files/152.8.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="151-1" src="http://www.lesmarges.net/files/151-1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="151.3" src="http://www.lesmarges.net/files/151.3.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="151-4" src="http://www.lesmarges.net/files/151-4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="151-5" src="http://www.lesmarges.net/files/151-5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="151-2" src="http://www.lesmarges.net/files/151-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="150-8" src="http://www.lesmarges.net/files/150-8.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="150-1" src="http://www.lesmarges.net/files/150-1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="150-6" src="http://www.lesmarges.net/files/150-6.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="150-5" src="http://www.lesmarges.net/files/150-5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="150-4" src="http://www.lesmarges.net/files/150-4.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="149-4" src="http://www.lesmarges.net/files/149-4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="149-3" src="http://www.lesmarges.net/files/149-3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="149-1" src="http://www.lesmarges.net/files/149-1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="149-5" src="http://www.lesmarges.net/files/149-5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="149-6" src="http://www.lesmarges.net/files/149-6.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="148-4" src="http://www.lesmarges.net/files/148-4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="148-8" src="http://www.lesmarges.net/files/148-8.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="148-6" src="http://www.lesmarges.net/files/148-6.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="148-1" src="http://www.lesmarges.net/files/148-1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="148-5" src="http://www.lesmarges.net/files/148-5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="147image-1" src="http://www.lesmarges.net/files/147image-1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="147image-2" src="http://www.lesmarges.net/files/147image-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="147image-3" src="http://www.lesmarges.net/files/147image-3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="147image-4" src="http://www.lesmarges.net/files/147image-4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="147image-5" src="http://www.lesmarges.net/files/147image-5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="146.image-3" src="http://www.lesmarges.net/files/146.image-3.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="146.image-7" src="http://www.lesmarges.net/files/146.image-7.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="146.image-4" src="http://www.lesmarges.net/files/146.image-4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="146.image-6" src="http://www.lesmarges.net/files/146.image-6.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="146.image-8" src="http://www.lesmarges.net/files/146.image-8.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="145.5" src="http://www.lesmarges.net/files/145.5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="145.1" src="http://www.lesmarges.net/files/145.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="145.2" src="http://www.lesmarges.net/files/145.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="145.4" src="http://www.lesmarges.net/files/145.4.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="145.3-2" src="http://www.lesmarges.net/files/145.3-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="144.2" src="http://www.lesmarges.net/files/144.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="144.1" src="http://www.lesmarges.net/files/144.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="144.3" src="http://www.lesmarges.net/files/144.3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="144.5" src="http://www.lesmarges.net/files/144.5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="144.4" src="http://www.lesmarges.net/files/144.4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="p1010819" src="http://www.lesmarges.net/files/p1010819.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="143.1" src="http://www.lesmarges.net/files/143.1.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="143.5-2" src="http://www.lesmarges.net/files/143.5-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="143.2" src="http://www.lesmarges.net/files/143.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="143.3" src="http://www.lesmarges.net/files/143.3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="colonzelle3.1" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelle3.1.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="image-2" src="http://www.lesmarges.net/files/image-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="colonzelle3.2-2" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelle3.2-2.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="colonzelle3.4" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelle3.4.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="colonzelle3.5" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelle3.5.jpg" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="colonzelle2.1" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelle2.1.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="colonzelle2.2" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelle2.2.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="colonzelle2.3-2" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelle2.3-2.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="colonzelle2.4" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelle2.4.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="colonzelle2.5" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelle2.5.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="colon11.4" src="http://www.lesmarges.net/files/colon11.4.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="colon11.5" src="http://www.lesmarges.net/files/colon11.5.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="colon11.3" src="http://www.lesmarges.net/files/colon11.3.jpg" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="colon11.2" src="http://www.lesmarges.net/files/colon11.2.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="colon11.1" src="http://www.lesmarges.net/files/colon11.1.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="139.1" src="http://www.lesmarges.net/files/139.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="139.2" src="http://www.lesmarges.net/files/139.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="139.4" src="http://www.lesmarges.net/files/139.4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="139.3" src="http://www.lesmarges.net/files/139.3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="139.5" src="http://www.lesmarges.net/files/139.5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="138-d2019e0301cran-2011-06-25-a0300-08.01.58" src="http://www.lesmarges.net/files/138-d2019e0301cran-2011-06-25-a0300-08.01.58.jpg" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="138-d2019e0301cran-2011-06-25-a0300-08.02.29" src="http://www.lesmarges.net/files/138-d2019e0301cran-2011-06-25-a0300-08.02.29.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="138-d2019e0301cran-2011-06-25-a0300-08.01.27" src="http://www.lesmarges.net/files/138-d2019e0301cran-2011-06-25-a0300-08.01.27.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="138-d2019e0301cran-2011-06-25-a0300-08.03.18" src="http://www.lesmarges.net/files/138-d2019e0301cran-2011-06-25-a0300-08.03.18.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="138-d2019e0301cran-2011-06-25-a0300-08.02.08-2" src="http://www.lesmarges.net/files/138-d2019e0301cran-2011-06-25-a0300-08.02.08-2.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="137.1" src="http://www.lesmarges.net/files/137.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="137.2" src="http://www.lesmarges.net/files/137.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="137.3" src="http://www.lesmarges.net/files/137.3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="137.4" src="http://www.lesmarges.net/files/137.4.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="137.5" src="http://www.lesmarges.net/files/137.5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="136.1" src="http://www.lesmarges.net/files/136.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="136.2" src="http://www.lesmarges.net/files/136.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="image-5" src="http://www.lesmarges.net/files/image-5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="image-1" src="http://www.lesmarges.net/files/image-1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="image-2" src="http://www.lesmarges.net/files/image-3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="135.1" src="http://www.lesmarges.net/files/135.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="135.2" src="http://www.lesmarges.net/files/135.2.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="135.3" src="http://www.lesmarges.net/files/135.3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="135.4-2" src="http://www.lesmarges.net/files/135.4-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="135.4-3" src="http://www.lesmarges.net/files/135.4-3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="capture-d2019e0301cran-2011-05-28-a0300-09.29.31" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-05-28-a0300-09.29.31.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="capture-d2019e0301cran-2011-05-28-a0300-09.29.37" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-05-28-a0300-09.29.37.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="capture-d2019e0301cran-2011-05-28-a0300-09.29.43" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-05-28-a0300-09.29.43.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="capture-d2019e0301cran-2011-05-28-a0300-09.29.51" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-05-28-a0300-09.29.51.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="capture-d2019e0301cran-2011-05-28-a0300-09.30.14" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-05-28-a0300-09.30.14.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="133.1" src="http://www.lesmarges.net/files/133.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="133.2" src="http://www.lesmarges.net/files/133.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="133.3" src="http://www.lesmarges.net/files/133.3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="133.4" src="http://www.lesmarges.net/files/133.4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="133.5" src="http://www.lesmarges.net/files/133.5.png" width="50" height="50"/><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> </span><img class="imageStyle" alt="132.1" src="http://www.lesmarges.net/files/132.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="132.2" src="http://www.lesmarges.net/files/132.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="132.3" src="http://www.lesmarges.net/files/132.3.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="132.4" src="http://www.lesmarges.net/files/132.4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="132.5" src="http://www.lesmarges.net/files/132.5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="131.1" src="http://www.lesmarges.net/files/131.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="131.2" src="http://www.lesmarges.net/files/131.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="131.3" src="http://www.lesmarges.net/files/131.3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="131.4" src="http://www.lesmarges.net/files/131.4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="131.5" src="http://www.lesmarges.net/files/131.5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="130.1" src="http://www.lesmarges.net/files/130.1.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="130.2" src="http://www.lesmarges.net/files/130.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="130.3" src="http://www.lesmarges.net/files/130.3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="130.4" src="http://www.lesmarges.net/files/130.4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="130.5" src="http://www.lesmarges.net/files/130.5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="129.1" src="http://www.lesmarges.net/files/129.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="129.2" src="http://www.lesmarges.net/files/129.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="129.3" src="http://www.lesmarges.net/files/129.3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="1299.4" src="http://www.lesmarges.net/files/1299.4.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="129.5" src="http://www.lesmarges.net/files/129.5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="128.1" src="http://www.lesmarges.net/files/128.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="128.2" src="http://www.lesmarges.net/files/128.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="128.4" src="http://www.lesmarges.net/files/128.4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="128.5" src="http://www.lesmarges.net/files/128.5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="128.3-2" src="http://www.lesmarges.net/files/128.3-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="127.1" src="http://www.lesmarges.net/files/127.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="127.2" src="http://www.lesmarges.net/files/127.2.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="127.3" src="http://www.lesmarges.net/files/127.3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="127.4" src="http://www.lesmarges.net/files/127.4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="127.5" src="http://www.lesmarges.net/files/127.5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="126.1" src="http://www.lesmarges.net/files/126.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="126.2" src="http://www.lesmarges.net/files/126.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="126.3" src="http://www.lesmarges.net/files/126.3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="126.4" src="http://www.lesmarges.net/files/126.4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="126.5" src="http://www.lesmarges.net/files/126.5.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="125.1" src="http://www.lesmarges.net/files/125.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="125.2" src="http://www.lesmarges.net/files/125.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="125.3" src="http://www.lesmarges.net/files/125.3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="125.4" src="http://www.lesmarges.net/files/125.4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="125.5" src="http://www.lesmarges.net/files/125.5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="124.1" src="http://www.lesmarges.net/files/124.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="124.2" src="http://www.lesmarges.net/files/124.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="124.3" src="http://www.lesmarges.net/files/124.3.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="124.4" src="http://www.lesmarges.net/files/124.4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="124.5" src="http://www.lesmarges.net/files/124.5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="123.2" src="http://www.lesmarges.net/files/123.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="123.3" src="http://www.lesmarges.net/files/123.3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="123.4" src="http://www.lesmarges.net/files/123.4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="123.1" src="http://www.lesmarges.net/files/123.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="123.5" src="http://www.lesmarges.net/files/123.5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="122.1" src="http://www.lesmarges.net/files/122.1.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="122.2" src="http://www.lesmarges.net/files/122.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="122.3" src="http://www.lesmarges.net/files/122.3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="122.4" src="http://www.lesmarges.net/files/122.4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="122.5" src="http://www.lesmarges.net/files/122.5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="121.1" src="http://www.lesmarges.net/files/121.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="121.2" src="http://www.lesmarges.net/files/121.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="121.3" src="http://www.lesmarges.net/files/121.3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="121.4" src="http://www.lesmarges.net/files/121.4.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="121.5" src="http://www.lesmarges.net/files/121.5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="dscn1576" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1576.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="120.3" src="http://www.lesmarges.net/files/120.3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="120.4" src="http://www.lesmarges.net/files/120.4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="crocuscrocus2011" src="http://www.lesmarges.net/files/crocuscrocus2011.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="120.2" src="http://www.lesmarges.net/files/120.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="119-d2019e0301cran-2011-02-11-a0300-11.20.07" src="http://www.lesmarges.net/files/119-d2019e0301cran-2011-02-11-a0300-11.20.07.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="capture-d2019e0301cran-2011-02-11-a0300-11.20.21" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-11-a0300-11.20.21.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="capture-d2019e0301cran-2011-02-11-a0300-11.20.00" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-11-a0300-11.20.00.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="capture-d2019e0301cran-2011-02-11-a0300-11.20.13" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-11-a0300-11.20.13.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="capture-d2019e0301cran-2011-02-11-a0300-11.19.53" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-11-a0300-11.19.53.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="118-d2019e0301cran-2011-02-03-a0300-15.00.09" src="http://www.lesmarges.net/files/118-d2019e0301cran-2011-02-03-a0300-15.00.09.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="capture-d2019e0301cran-2011-02-03-a0300-15.00.24" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-03-a0300-15.00.24.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="capture-d2019e0301cran-2011-02-03-a0300-15.00.16" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-03-a0300-15.00.16.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="capture-d2019e0301cran-2011-02-03-a0300-14.59.50" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-03-a0300-14.59.50.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="capture-d2019e0301cran-2011-02-03-a0300-15.00.02" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-03-a0300-15.00.02.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="117.1" src="http://www.lesmarges.net/files/117.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="117.2" src="http://www.lesmarges.net/files/117.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="117.3" src="http://www.lesmarges.net/files/117.3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="117.4" src="http://www.lesmarges.net/files/117.4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="117.5" src="http://www.lesmarges.net/files/117.5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="116.1" src="http://www.lesmarges.net/files/116.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="116.2" src="http://www.lesmarges.net/files/116.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="116.3" src="http://www.lesmarges.net/files/116.3.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="116.4" src="http://www.lesmarges.net/files/116.4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="116.5" src="http://www.lesmarges.net/files/116.5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="115.1" src="http://www.lesmarges.net/files/115.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="115.2" src="http://www.lesmarges.net/files/115.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="115.3" src="http://www.lesmarges.net/files/115.3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="115.4" src="http://www.lesmarges.net/files/115.4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="115.5" src="http://www.lesmarges.net/files/115.5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="114.1" src="http://www.lesmarges.net/files/114.1.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="114.2" src="http://www.lesmarges.net/files/114.2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="114.3" src="http://www.lesmarges.net/files/114.3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="114.5" src="http://www.lesmarges.net/files/114.5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/114.4.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/113.1.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/113.5.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 10" src="http://www.lesmarges.net/files/113.2.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/113.3.png" width="50" height="50"/> <br /><img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/113.4.png" width="50" height="50"/><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p><p style="text-align:left;"><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les autres fa&#xe7;ons d&#x27;habiter la terre</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2012-01-04T09:20:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/65cf8ea9b0db072e5e237e82fc8ccf5a-1501.html#unique-entry-id-1501</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/65cf8ea9b0db072e5e237e82fc8ccf5a-1501.html#unique-entry-id-1501</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/166-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les autres fa&ccedil;ons d'habiter la terre<br />les interm&egrave;des<br />les croisements prometteurs<br />il y a l'&eacute;nigme de sa propre disparition<br />les chevreuils la nuit<br />le rebord des falaises<br />il y a la petite aiguille des horloges<br />le mur d'enceinte des cimeti&egrave;res<br />les profits tir&eacute;s de la r&eacute;clusion<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Lignes d&#x27;errance</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2012-01-05T16:00:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/da44e0f2e48259f37fe02231430dcb23-1500.html#unique-entry-id-1500</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/da44e0f2e48259f37fe02231430dcb23-1500.html#unique-entry-id-1500</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/166-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Ce livre dont l'auteur a eu l'id&eacute;e il y a 30 ans et qu'il a r&eacute;dig&eacute; du printemps 2008 &agrave; l'automne 2010, ce livre lu ici en une vingtaine de jours, il est temps de l'&eacute;loigner sous une pile ou dans une biblioth&egrave;que, de l'oublier un peu pour le reprendre un jour d&eacute;livr&eacute; de la passion. Plus tard. <br />Il n'en demeure pas moins et pour l'instant que ce que le lecteur a eu en vue &ndash; et qui habite certainement, il ne peut s'emp&ecirc;cher de le croire, les pages de ce livre miraculeux &ndash;, n'a pas cess&eacute; de le d&eacute;sorienter en l'obligeant &agrave; confondre comme jamais faits et circonstances, amples et fortuites, &agrave; en balayer l'atmosph&egrave;re, &agrave; diff&eacute;rer l'int&eacute;gration des choses qui ne furent jusque-l&agrave; que les locataires de zones aux contours indistincts, imm&eacute;ritantes, silencieuses. <br />Ni l'auteur ni le lecteur n'en ont voulu la fin, une fin qu'ils ont plac&eacute;e pour s'en prot&eacute;ger bien au-del&agrave; de toute fin. C'est elle d&eacute;sormais qui les tire ailleurs, sans qu'ils sachent exactement o&ugrave;, sur un autre versant et dans la constellation d'&eacute;l&eacute;ments qui affleurent contin&ucirc;ment sous leurs pas. <br />Ce livre, &agrave; l'image de ces deux ou trois livres qu'on aurait souhait&eacute; &eacute;crire, donne l'assurance que les choses comme les &ecirc;tres trouvent leur sens au carrefour des <em>lignes d'errance</em> &ndash; belle alternative aux lignes de d&eacute;sir et aux lignes de fuite &ndash;  &agrave; condition que celui qui veut bien les filer s'extirpe hors de chez lui, hors la fosse o&ugrave; il s'enlise, s'&eacute;broue afin de d&eacute;coller les adh&eacute;rences convenues de ce qui se dit &agrave; voix haute et qui enfouissent des secrets, en tendant l'oreille aux bruissements de ce qui pointe son nez sous la rumeur et auquel on ne croit pas vraiment, avatar d'une volont&eacute; de vivre &agrave; laquelle on veut pouvoir pr&ecirc;ter ses mots, r&eacute;alit&eacute; qui n'est encore qu'un r&ecirc;ve, celui d'un avenir gros de somnolences &eacute;tranges et d'explorations aventureuses.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 8 janvier 2012</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2012-01-09T08:20:14+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/fe67398e5251dd65d49f9fa81b218586-1499.html#unique-entry-id-1499</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/fe67398e5251dd65d49f9fa81b218586-1499.html#unique-entry-id-1499</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="P1050704" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050704.jpg" width="470" height="353"/><br /><br />Il se tient en retrait, bien &agrave; l'arri&egrave;re des haies, passe lointain derri&egrave;re l'horizon, se coupe du vent pour mieux s'imposer massif et entier. Il gonfle, s'&eacute;largit avant de se d&eacute;faire, cela ne dure pas, c'est un autre, entre force et douceur. Le c&eacute;leste ne se livre pas autrement, il passe &eacute;loign&eacute;, ne se dit pas, il est cette n&eacute;cessit&eacute; qui va et vient, et revient. Que d'&eacute;chapp&eacute;es encore pour en &ecirc;tre. Le monde est &agrave; l'envers, le c&eacute;leste est bel et bien la r&egrave;gle, cette &eacute;nigme qui passe sur nos t&ecirc;tes, lav&eacute; des fant&ocirc;mes, avec des mots qui, le soir, se font et se d&eacute;font comme des nuages.<br /><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/167-5.png" width="50" height="50"/><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br />Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 1 janvier 2012</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2012-01-02T09:19:14+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/bbd6ec844871967649483af6118a26f1-1497.html#unique-entry-id-1497</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/bbd6ec844871967649483af6118a26f1-1497.html#unique-entry-id-1497</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/166-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />On entend &agrave; l'arri&egrave;re d'un local trois hommes ivres, trois femmes qui sourient, debout, c'est d&eacute;j&agrave; &ccedil;a de pris. Sur le chemin qui monte au r&eacute;servoir, une fillette fa&ccedil;onne dans ses mains nues une boule de neige, il fait froid. Elle s'&eacute;loigne avec une femme qui lui prend la main. Dans la maison un adolescent m&eacute;dite sur son lit, il pense aux pages qu'il lui faudra copier encore. C'est un casse-t&ecirc;te, l'eau coule &agrave; vide dans le bassin de granite rose. L'instant dure un plus que de coutume et s'&eacute;tend sur les haies et le ciel, d'o&ugrave; s'&eacute;chappe soudain un pic vert qui dispara&icirc;t dans le vieux verger avec une r&eacute;solution dans le bec.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>43</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2011-12-29T00:35:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/72ba8a02a574f5e98ed7b19138567347-1496.html#unique-entry-id-1496</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/72ba8a02a574f5e98ed7b19138567347-1496.html#unique-entry-id-1496</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/165-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Si la phrase te file entre les doigts, c'est peut-&ecirc;tre parce que que tu as ferr&eacute; du gros. Mais ne te r&eacute;jouis pas trop vite, il est peut-&ecirc;tre trop gros pour toi.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Bailly&#x2c; Emaz&#x2c; Follain&#x2c; Thomas</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-12-30T09:29:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/fdc7d6bef5d319919af19f1d9b4b97fc-1494.html#unique-entry-id-1494</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/fdc7d6bef5d319919af19f1d9b4b97fc-1494.html#unique-entry-id-1494</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/165-9.png" width="50" height="50"/><br /><br />Apr&egrave;s avoir lu &agrave; goul&eacute;es lentes l'un des chapitres du <em><a href="http://www.seuil.com/livre-9782020974936.htm" rel="self">D&eacute;paysement</a></em> de Jean-Christophe Bailly, je picore quelques miettes de la <em><a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504356/cuisine" rel="self">Cuisine</a></em> d'Antoine Emaz qui &eacute;voque &agrave; plusieurs reprises Jean Follain. Je ne r&eacute;siste pas &agrave; faire une petite place ce matin au po&egrave;te d'<em>Exister</em>. Ce n'est pas un hasard, il y a un peu de Jean-Christophe Bailly chez Jean Follain par l'&eacute;criture duquel <em>l'abstraction, </em>dit justement<em> </em>Henri Thomas,<em> s'&eacute;veille &eacute;trangement &agrave; m&ecirc;me le r&eacute;el</em>.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="25673_1228567684414_1535735748_30547348_5518390_n" src="http://www.lesmarges.net/files/25673_1228567684414_1535735748_30547348_5518390_n.jpg" width="480" height="360"/><br /><br />Mais ce que le premier aboute sur le fil de sa pelote (qu'il d&eacute;vide dans le quatri&egrave;me chapitre d'Arles &agrave; Srasbourg &ndash; avec en guise de fermoir une f&egrave;ve, celle qui l'a fait roi la veille et qu'il caresse au fond de sa poche), c'est ce qu'il collecte de proche en proche le long de ses voyages en France, le disparate faufil&eacute; que le second rassemble <em>au pied de la barri&egrave;re</em>, dans l'instant, &agrave; m&ecirc;me cette <em>&eacute;trange terre </em>o&ugrave; l'on est <em>seul&nbsp;:</em><br /><br /><span style="font-size:14px; "><em>Parler seul</em></span><em> <br /><br />Il arrive que pour soi<br />l'on prononce quelques mots<br />seul sur cette &eacute;trange terre<br />alors la fleurette blanche<br />le caillou semblable &agrave; tous ceux du pass&eacute;<br />la brindille de chaume<br />se trouvent r&eacute;unis<br />au pied de la barri&egrave;re<br />que l'on ouvre avec lenteur<br />pour rentrer dans la maison d'argile<br />tandis que chaises, table, armoire<br />s'embrasent d'un soleil de gloire.<br /></em><br />Quand &agrave; la <em>France </em>que le premier traverse et dont il s'est donn&eacute; pour t&acirc;che de saisir le sens, <em>le monde, </em>la <em>ville &eacute;trang&egrave;re</em>, <em>l'histoire, les</em> deux <em>h&eacute;misph&egrave;res</em>, <em>l'hiver occidental</em>, <em>le vieux continent, </em>les innombrables pays<em> </em>que b&acirc;tit le second pour abriter l'&eacute;closion de ce qui est, ils sont bien plus une absence qu'une pr&eacute;sence, l'expression d'une &eacute;nigme et l'aveu des faibles pouvoirs dont nous disposons pour offrir un toit &agrave; ce presque rien qui pousse depuis l'arri&egrave;re, ce &agrave; quoi on n'a pas assez pris garde et qui nous constitue par en-dessous bien plus que ce qu'on rab&acirc;che jusqu'aux poncifs. Pour instituer l'introuvable identit&eacute; fr&eacute;missant d'&ecirc;tre effleur&eacute;e, port&eacute;e par la vertu d'un &eacute;garement m&eacute;thodique &ndash; d'un b&eacute;gaiement &ndash; qui pousse &agrave; l'avant de lui les traces de ce qui existait en dormance depuis longtemps d&eacute;j&agrave;, les rassemble en prenant garde de les tenir &agrave; l'&eacute;cart de toute comparaison, en accueillant le vent qui n'a pas cess&eacute; de souffler et le flottement qui sied &agrave; leur improbable apparition.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 25 d&#xe9;cembre 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-12-27T20:30:51+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b585df3b40876676f914fa5e4c86410d-1493.html#unique-entry-id-1493</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b585df3b40876676f914fa5e4c86410d-1493.html#unique-entry-id-1493</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/165-6-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Ecrire l'ombre des choses port&eacute;e sur ce qu'on ne retient pas.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1050449" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050449.jpg" width="470" height="352"/><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les cahiers de planification</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-12-28T08:15:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/6835735a97cc89af489231fdf19587b0-1492.html#unique-entry-id-1492</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/6835735a97cc89af489231fdf19587b0-1492.html#unique-entry-id-1492</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/165-8.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les cahiers de planification<br />les doutes qui subsistent<br />les r&ocirc;deurs<br />il y a la t&ecirc;te des clous<br />les mariages au printemps<br />il y a la salade &agrave; tondre<br />l'autre versant de ceux qu'on aime<br />la toque des cuisiniers<br />le bruit du r&acirc;teau dans la plate-bande<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>A.16</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><dc:date>2011-12-26T11:09:12+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2f47dec2af8e7465426cfe162d3265b7-1491.html#unique-entry-id-1491</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2f47dec2af8e7465426cfe162d3265b7-1491.html#unique-entry-id-1491</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/165-7.png" width="50" height="50"/><br /><br />L'homme d'autrefois &ndash; j'entends celui du pal&eacute;olithique &ndash; ne disposait d'aucune des voies du r&eacute;seau actuel de communication qui, conc&eacute;dons-le, lui auraient facilit&eacute; la t&acirc;che lors de ses p&eacute;r&eacute;grinations le long des saisons. Condamn&eacute; &agrave; aller de l'avant, il entamait chaque jour la plante de ses pieds sur le silex m&eacute;lang&eacute; &agrave; la terre, se d&eacute;chirait les mains pour saisir les m&ucirc;res dont le sang se m&eacute;langeait au sien. Aucun talus pour s'asseoir, go&ucirc;ter aux baies et reprendre son souffle, aucune saign&eacute;e &agrave; travers bois pour intercepter le gibier. Je l'imagine un bref instant, ext&eacute;nu&eacute;, r&ecirc;ver &agrave; ce peu de temps qui indubitablement lui manquait pour r&ecirc;ver un peu de s&eacute;dentarit&eacute;.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1050464" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050464-2.jpg" width="470" height="353"/><br /><br />Voici qu'aujourd'hui l'homme dispose d'un r&eacute;seau illimit&eacute; de routes et de chemins, sur mer, sur terre et dans le ciel, qu'il utilise pour prolonger sa vie chez soi avec les siens, pr&egrave;s du feu, domestication et clos, r&eacute;serves et provisions qui lui assurent sa subsistance. Il r&ecirc;ve pourtant aujourd'hui encore au temps qui lui fait d&eacute;faut pour quitter vraiment sa demeure et vivre ce que ses anc&ecirc;tres sans attache devaient &agrave; la fin avoir en horreur. Lorsqu'il part, c'est aller-retour. <br />Les choses sont ainsi faites que l'homme du n&eacute;olithique &ndash; c'est-&agrave;-dire l'homme d'aujourd'hui &ndash; emprunte pour quitter sa demeure les chemins qui le ram&egrave;nent irr&eacute;m&eacute;diablement chez lui, il n'en sort pas. Il lui faut d&eacute;sormais, autant pour demeurer dans sa demeure que s'en aller, faire d'autres r&ecirc;ves qui ne rel&egrave;vent ni de l'am&eacute;nagement du temps ni de celui de l'espace. Ces r&ecirc;ves n'ont qu'&agrave; peine commenc&eacute;, mais on peut cependant d&eacute;j&agrave; prendre acte du fait que la terre que l'on habite en la parcourant en tous sens et le temps qui nous est octroy&eacute; nous laissent la bride sur le cou&nbsp;: notre demeure est peut-&ecirc;tre celle qu'on rejoint en la quittant, celle qui ne nous retient pas et dont on se rapproche un peu en la ressaisissant depuis l'ouverture de l&agrave;-bas. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Eclairer le ventre de la nuit</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Pra Massin</category><dc:date>2011-12-23T16:47:40+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7423753314a6d3d7ead5480c4dc7fdd7-1489.html#unique-entry-id-1489</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7423753314a6d3d7ead5480c4dc7fdd7-1489.html#unique-entry-id-1489</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/164-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Elle me dit alors qu'une seule ambition l'habitait encore, celle d'allumer les modestes feux qui &eacute;claireront demain, peut-&ecirc;tre un peu, le ventre de la nuit, celle d'y avancer sans avoir &eacute;t&eacute; l'oblig&eacute;e de personne, comme nous le faisions autrefois, Michel, Fran&ccedil;ois et moi sur le gu&eacute; que nous &eacute;tablissions par-dessus l'&eacute;t&eacute;, celle de fournir une ancre aux r&eacute;cits dont nous sommes les passants h&eacute;b&eacute;t&eacute;s. La nuit se refermait &agrave; chaque pas derri&egrave;re elle et l'oc&eacute;an demeurait inentam&eacute; &agrave; l'avant de sa coque. Elle naviguait avec l'assurance qu'elle buterait un jour contre un de ces hauts-fonds cach&eacute;s dans la nuit&nbsp;&ndash;&nbsp;qui sont autant d'appels&nbsp;&ndash;&nbsp;et sur lesquels l'un de ses proches, elle l'esp&eacute;rait, aurait &agrave; pr&eacute;parer le feu qu'un autre allumerait pour &eacute;clairer ceux qui viendront apr&egrave;s nous.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 18 d&#xe9;cembre 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-12-21T09:27:37+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/736744baad3205dd2e0ebcf047a1f8bb-1487.html#unique-entry-id-1487</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/736744baad3205dd2e0ebcf047a1f8bb-1487.html#unique-entry-id-1487</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="P1050342" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050342.jpg" width="470" height="281"/><br /><br />Le froid&nbsp;et l'obscurit&eacute; &agrave; m&ecirc;me la rue, les l&egrave;vres bleues, tombeau us&eacute; ceint d'un vilain tablier, c'est une mauvaise journ&eacute;e pour ceux qui n'ont plus rien, bien froide et bien mis&eacute;rable, la faim creuse leur mine. Pauvre petite&nbsp;! La neige aux belles boucles virevolte autour de son cou depuis la veille, elle est assise dans un coin, immobile et affaiss&eacute;e sur elle-m&ecirc;me, le froid l'a saisie et accompagne ses mauvais r&ecirc;ves. Elle ne bouge pas sous l'avant-toit, au travers duquel souffle le vent, paille et chiffons inutiles, elle regarde les goutti&egrave;res. A c&ocirc;t&eacute; un grand po&ecirc;le de fer blanc abandonn&eacute;, orn&eacute; de boules de fer et surmont&eacute; d&rsquo;un couvercle, une bo&icirc;te d'allumettes vide. Mais qu&rsquo;y a-t-il donc&nbsp;! Une lueur s'effondre, l&rsquo;oie de glace saute de son plat et roule sur le plancher, des images montent, montent le long des vitres &eacute;paisses, ce ne sont que des &eacute;toiles qui tombent en gesticulant.<br />Plus loin, entre deux maisons aux fa&ccedil;ades aveugles se faufile une nouvelle et froide matin&eacute;e. On a retir&eacute; les &eacute;chelles du ciel, le froid et l'obscurit&eacute; s'avancent sourire aux l&egrave;vres&hellip; Sur le muret un tas, morte, morte de froid &agrave; l'aube. Petit cadavre en paquet pos&eacute; sur le muret.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/164-6.png" width="50" height="50"/><br /><br /><span style="font-size:11px; "><a href="http://www.theatredujorat.ch/spectacles/la-petite-fille-aux-allumettes.html" rel="self">La Petite Fille aux allumettes</a></span><span style="font-size:11px; ">, Hans Christian Andersen<br />Th&eacute;&acirc;tre du Jorat<br />Mise en sc&egrave;ne&nbsp;: G&eacute;rard Demierre<br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a la paresse des rivi&#xe8;res et celle des diamants</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-12-22T09:27:31+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/70850f2f0466731a5bfe5bfb6a42ec48-1486.html#unique-entry-id-1486</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/70850f2f0466731a5bfe5bfb6a42ec48-1486.html#unique-entry-id-1486</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/164-4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a la paresse des rivi&egrave;res et celle des diamants<br />les pelotes de laine<br />la brutalit&eacute; des circonstances<br />le chant du rossignol<br />il y a la terre que se partagent l'abandon et la r&eacute;sistance<br />l'annulaire<br />l'exportation des savoirs-faire<br />la journ&eacute;e des fonctionnaires consciencieux<br />l'inavouable<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Temp&#xea;te &#xe0; Treyvaux</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-12-20T20:45:53+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ff722dee1fe4ac3b51bbb804804fe693-1485.html#unique-entry-id-1485</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ff722dee1fe4ac3b51bbb804804fe693-1485.html#unique-entry-id-1485</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/164-3.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Dieu, ce beau mirage</em>, &eacute;crit Michel Bavaud dans un ouvrage que je n'ai pas lu, r&eacute;cemment paru aux <em>Editions de l'Aire</em>. Le vieil homme pr&eacute;cise sur les ondes qu'il l'a aim&eacute; et qu'il a servi son &eacute;glise de tout son coeur. Il proclame aussi dans les quotidiens locaux que <em>Dieu n'existe pas</em>. &Ccedil;a me dit naturellement quelque chose, mais quoi exactement&nbsp;?<br />Son intelligence pr&eacute;occup&eacute;e n'en pouvait plus de faire le grand &eacute;cart avec Rome et ses sacrements, trop c'est trop, Michel Bavaud a d&eacute;cid&eacute; de rapatrier sa foi attach&eacute;e &agrave; une figure de papier. La confiance qu'il avait plac&eacute;e cr&eacute;dule en Dieu, il la place d&eacute;sormais en l'homme seul. Difficile pourtant de faire sans la figure &agrave; laquelle l'homme est rest&eacute; fid&egrave;le tant d'ann&eacute;es, alors il s'indigne, se met en col&egrave;re, exprime une rage qu'il a t&ocirc;t fait de regretter, oh la solitude. D'avoir bris&eacute; la sainte alliance sans &ecirc;tre un militant du grand soir n'est pas sans dangers&nbsp;: Michel Bavaud est rejet&eacute; tout autant par les ath&eacute;es &ndash; pourquoi tant de temps&nbsp;? &ndash; que par ses compagnons de route qui le condamnent aux enfers.<br /><em>Dieu, ce beau mirage </em>est la confession d'un la&iuml;que engag&eacute; au service de Rome, l'histoire de la conversion d'un d&eacute;&ccedil;u de Vatican II, mod&eacute;rateur du synode dioc&eacute;sain charg&eacute; de mettre en oeuvre les d&eacute;cisions du Concile&nbsp;: rien, aucune avanc&eacute;e, un recul plut&ocirc;t. Cessons donc de prier, agissons et mettons notre foi en l'homme : libert&eacute;, &eacute;galit&eacute;, fraternit&eacute; en lieu et place des trois vertus th&eacute;ologales. La raison a d&eacute;finitivement gagn&eacute; la partie. La Bible ne tient pas debout. Vive la R&eacute;publique&nbsp;!<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1050336" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050336.jpg" width="470" height="353"/><br /><br />Si les conversions&nbsp;(comme les d&eacute;pressions) sont de petites temp&ecirc;tes individuelles qui inqui&egrave;tent toujours un peu les proches &ndash; comment nos amis se remetteront-ils de la n&eacute;gation et nieront-ils cette n&eacute;gation&nbsp;? &ndash; ce sont elles &eacute;galement qui conduisent les hommes &agrave; reconsid&eacute;rer les vertus de l'agnosticisme &ndash; seul mot qui supporte les affixes de la folie &ndash;, &agrave; suspendre leurs certitudes, &agrave; mettre entre parenth&egrave;se les dichotomies pour guetter ce qui s'&eacute;tablit loin des principes, dans la tra&icirc;ne qui glisse sur les choses comme la neige de la mari&eacute;e, l&agrave; o&ugrave; persiste l'h&eacute;r&eacute;sie, myst&egrave;re auquel il est inutile de demander gr&acirc;ce. Ne pas choisir, ou choisir &agrave; peine, en guettant ce qui est sans le saisir autrement qu'avec les noms qui passent et qui vous emm&egrave;nent parfois &agrave; la verticale du paysage.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il neige m&#xea;me dedans</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Au Riau</category><dc:date>2011-12-19T22:52:31+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7abd5ace0f2619b5c2bfc767c9419172-1484.html#unique-entry-id-1484</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7abd5ace0f2619b5c2bfc767c9419172-1484.html#unique-entry-id-1484</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/164-9.png" width="50" height="50"/><br /><br />Les chutes abondantes de la nuit ont rejointoy&eacute; les pentes du ravin, le barbel&eacute; des cl&ocirc;tures a disparu, les pi&egrave;ges se d&eacute;robent, on oublie m&ecirc;me les morts. Un bruit d'&eacute;toffe fait taire toute vell&eacute;it&eacute; de sortir dans cette copie flamboyante du sommeil, il neige dedans. Les r&eacute;cits se sont tus, l'avant et l'apr&egrave;s recouverts par une &eacute;paisse couche de neige. Il faudrait peut-&ecirc;tre faire un pas dehors, mais que feras-tu dans cette immense salle d'attente&nbsp;? Pas bouger, maintenir le pouls au ralenti jusqu'&agrave; la nuit que tu aper&ccedil;ois, trou noir autour du filet d'eau et le merle pr&egrave;s de la haie. Tu r&ecirc;ves alors, pour durer encore un peu, &agrave; la rose de novembre et aux fruits du sorbier.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Les poissons dans l&#x27;&#xe9;puisette</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-12-15T21:34:11+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/460dbd4f209f1fd58c3135347589cd87-1483.html#unique-entry-id-1483</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/460dbd4f209f1fd58c3135347589cd87-1483.html#unique-entry-id-1483</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="P1050250" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050250.jpg" width="480" height="272"/><br /><br /><em>... m&ecirc;me paradoxe d'un parall&eacute;lisme convergent, m&ecirc;me volont&eacute; d'emprise, m&ecirc;me jeu de cache-cache, m&ecirc;me espoir de saisie.</em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>Jean-Christophe Bailly, Le D&eacute;paysement, Seuil, 2011</em></span><br /></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/pointblanc-3.png" width="10" height="11"/><br />Les poissons dans l'&eacute;puisette, le paysage sous cadre, le visible dans la bo&icirc;te, tes mots dans le r&eacute;cepteur, le d&eacute;mon aux chicanes, le gavage des oies, les papillons dans le filet&hellip; Et tandis que tu d&eacute;clines l'universel, immobile derri&egrave;re une cl&ocirc;ture aux larges mailles, les choses vont et viennent sans laisse, vivantes, mourantes. L'eau de la fontaine file entre tes doigts et tu entends l'appeau qui appelle la grive, l'appeau qui appelle le chevreuil, et la grive dans le ciel et le li&egrave;vre dans le pr&eacute; sans personne pour les arraisonner, la mer, l'&eacute;cume de mer et la silhouette du vagabond qui fend l'air pouss&eacute; par le vent.<br /></p><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/163-3.png" width="50" height="50"/><br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>il y a la f&#xe8;ve qui voyage au fond d&#x27;une poche</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-12-14T21:34:06+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/6a10892fe475fc9dd7dd6aabdaccf888-1482.html#unique-entry-id-1482</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/6a10892fe475fc9dd7dd6aabdaccf888-1482.html#unique-entry-id-1482</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/163-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a la f&egrave;ve qui voyage au fond d'une poche<br />les limites de la raison<br />les ch&acirc;taigneraies<br />il y a les divagations<br />les demis-v&eacute;rit&eacute;s<br />le jeudi saint<br />les subordonn&eacute;es relatives<br />les zones franches<br />il y a les bonnes nouvelles<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 11 d&#xe9;cembre 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Les disparus</category><dc:date>2011-12-13T21:34:02+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f729d927e7c5336ed6ccf5b59537f377-1481.html#unique-entry-id-1481</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f729d927e7c5336ed6ccf5b59537f377-1481.html#unique-entry-id-1481</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="P1050214" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050214.jpg" width="470" height="252"/><br /><span style="font-size:10px; "><em>Mus&eacute;e romain de Lausanne Vidy<br /><br /></em></span>Dernier coup de balai sur le linol&eacute;um de la chapelle mortuaire, c'est l'heure, on ferme. Le tombeau est vide, o&ugrave; donc est pass&eacute; le r&eacute;dempteur&nbsp;? Seule la pierre veille, calcaire liquide, pierre au gros grain, fontaine de patience o&ugrave; se d&eacute;salt&egrave;re, assis sur une chaise vide, celui qui ne sait plus. <br /><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/163-5.png" width="50" height="50"/><br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>A &#xe9;gale distance les uns des autres</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Au Riau</category><dc:date>2011-12-16T21:33:56+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/595d7f3f2f1f164bc2fe3e733009a6e8-1480.html#unique-entry-id-1480</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/595d7f3f2f1f164bc2fe3e733009a6e8-1480.html#unique-entry-id-1480</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="P1050255" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050255.jpg" width="480" height="289"/><br /><br />En marchant sans but, on c&ocirc;toie parfois &agrave; deux pas l'int&eacute;rieur des choses dont on a l'impression soudain de partager le sort, sans y voir tr&egrave;s clair, mais avec la certitude d'en &ecirc;tre, grand visage tourn&eacute; vers le ciel, visage immense, immense comme l'oeil de la b&ecirc;te crois&eacute;e l'autre jour &agrave; la patte d'oie. Mais l&agrave; ce sont des arbres. <br />Ils sont &agrave; leur place, ensemble sans &ecirc;tre contemporains, &agrave; bonne distance les uns des autres, vicaires dans un espace d&eacute;sencombr&eacute; des trajectoires qui superposent les temps, hors du labyrinthe qui nous tient en laisse, en un carrefour o&ugrave; il n'y a plus rien &agrave; d&eacute;cider, carrefour sans route, sans croix &ndash; plus donc de regret &ndash; et o&ugrave; se manifeste le dedans dans le dehors qui se d&eacute;robe. Les arbres ne font rien pour durer, ils en sont revenus, rien sur les l&egrave;vres, les yeux ouverts seulement jour et nuit. Et la promesse qu'ils demeureront lorsqu'on s'&eacute;loignera, c'est tout ce qu'on sait, comme des figurants qui n'ont rien demand&eacute;. Les vertus ont leur temps propre, la sc&egrave;ne &eacute;meut, quelque chose monte depuis le dedans, comme la s&egrave;ve, c'est un peu de vertu. Ils ne s'en attristent ni ne s'en r&eacute;jouissent, pas de quoi s'apitoyer, c'est ainsi depuis toujours.<br />L'autre monde est sans doute dedans le n&ocirc;tre, h&eacute;sitation sans fin pour deux fois rien au regard des anciennes croyances, appel&eacute; &agrave; dispara&icirc;tre &agrave; midi lorsque les enfants rentrent de l'&eacute;cole. En attendant la partie d'&eacute;checs est suspendue et, tandis que les arbres enfoncent leurs &eacute;paules dans la terre, le sursis se prolonge en une &eacute;ternit&eacute; sans couvercle, le ciel.<br /><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/163-4.png" width="50" height="50"/><br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dans les parages</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2011-12-12T22:33:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d3c254575939fd86aac728d712df54f0-1479.html#unique-entry-id-1479</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d3c254575939fd86aac728d712df54f0-1479.html#unique-entry-id-1479</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/163-3-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Dans les parages de celui qui avance en pays familier et que semblent accompagner l'assurance, la belle allure et les mots attendus, se tient en &eacute;quilibre l'ombre d'un laiss&eacute; pour compte, &eacute;gar&eacute; dans un pays qu'il n'a jamais quitt&eacute;, cherchant les mots qui le rapatrieraient. Il ne trouve que le syllabaire de son premier livre de lecture, sonore et incomplet. Il marche au-del&agrave; de la ville qu'il a r&ecirc;v&eacute;e, c'est un soir d'hiver dans les ruelles sans &eacute;clat d'une banlieue qu'il ne conna&icirc;t pas, fait halte dans un h&ocirc;tel. Il regarde longuement les troph&eacute;es align&eacute;s sous la corniche de stuc de la salle &agrave; manger d&eacute;serte, des troph&eacute;es de chasse. Et il aper&ccedil;oit sur une des tables un livre plong&eacute; dans l'ombre, qui t&eacute;moigne des gouffres qui nous menacent.<span style="font:13px Georgia, serif; color:#444444;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Les communaut&#xe9;s de l&#x27;arbitraire</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2011-12-09T08:32:11+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/4dea4d7ea5c79fa4e20f923766662c4b-1477.html#unique-entry-id-1477</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/4dea4d7ea5c79fa4e20f923766662c4b-1477.html#unique-entry-id-1477</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/162-6.png" width="50" height="50"/><br /><br /><object type="application/x-shockwave-flash" data="dewplayer.swf?son=federer807.mp3" width="180" height="20"> <param name="movie" value="dewplayer.swf?son=federer807.mp3" /> </object><br /><br />&Eacute;ric Chevillard aura &eacute;t&eacute; l'un des premiers h&eacute;ros des pelouses &agrave; succomber &agrave; son charme, Roger Federer rejoindra la communaut&eacute; peu apr&egrave;s. Mais ne nous m&eacute;prenons pas, d'autres avant eux y avaient succomb&eacute;, d'autres apr&egrave;s eux y succomberont. Autour du nombre sacr&eacute; s'&eacute;taient en effet donn&eacute; rendez-vous le corps et l'esprit, les po&egrave;tes et les jongleurs, les pelouses et le bitume, le tout et le rien, les riches et les pauvres, Duba&iuml;, Rome, J&eacute;rusalem et Toulouse, ce qui avait commenc&eacute; depuis toujours et ce qui viendrait plus tard. C'est ainsi qu'est n&eacute;e, succombant &agrave; son charme, la premi&egrave;re des communaut&eacute;s de l'arbitraire qui ont &eacute;t&eacute; appel&eacute;es &agrave; fleurir dans les si&egrave;cles &agrave; venir.<span style="font:13px Georgia, serif; color:#444444;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Attelages</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-12-08T08:32:08+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/5f2ad8283e2fb13cf872e9e44ce396f1-1476.html#unique-entry-id-1476</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/5f2ad8283e2fb13cf872e9e44ce396f1-1476.html#unique-entry-id-1476</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/162-2.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>J'ai toujours &eacute;t&eacute; frapp&eacute; par le ph&eacute;nom&egrave;ne de d&eacute;doublement qui s'op&eacute;rait en moi au cours de mon travail&nbsp;: je suis mon propre lecteur par lequel l'auteur en moi est sans cesse tenu en bride. C'est un ph&eacute;nom&egrave;ne qui doit &ecirc;tre commun &agrave; beaucoup de gens qui &eacute;crivent&nbsp;: chacun de nous est en m&ecirc;me temps les deux membres du couple. Tout &eacute;crivain, et m&ecirc;me tout lecteur, chez qui le souci de l'art s'unit &agrave; une grande m&eacute;fiance des moyens de l'art, passe par ce double mouvement&nbsp;: mouvement inspir&eacute;, mouvement critique. En ce sens je dirai qu'&eacute;crire est l'acte de quelqu'un en moi qui parle en vue de quelqu'un en moi qui l'&eacute;coute.</em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>Louis-Ren&eacute; des For&ecirc;ts, Voies et d&eacute;tours de la fiction, Fata morgana, 1985</em></span><br /></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/pointblanc-3.png" width="10" height="11"/><br />Si deux voix habitent le m&ecirc;me corps&nbsp;&ndash; celui de l'auteur &ndash; dans l'espace du langage, il n'est pas ais&eacute; d'imaginer que la premi&egrave;re, inspir&eacute;e, puisse surprendre la seconde qui la tient en bride, dans un univers et des logiques qui pr&eacute;cis&eacute;ment les apparentent. Il m'est plus ais&eacute; de penser qu'elles tiennent ensemble les brides d'une monture aveugle qui les m&egrave;ne en des lieux dont elles ignorent presque tout. L'une, critique, soufflant &agrave; l'autre, inspir&eacute;e, qu'elle devrait aller plus loin, plus loin encore, en bridant et d&eacute;bridant ce qu'elles ne con&ccedil;oivent qu'imparfaitement et qu'elles tentent pourtant de mener ensemble au seuil de celui qui lira.<br />Il en irait de m&ecirc;me pour le lecteur qui, dans un mouvement analogue, s'engagerait par l'autre versant, irait d'un pas inspir&eacute; et critique dans les parages de la m&ecirc;me aventure dont il n'aurait de cesse de repousser le terme, plus loin encore, plus haut, et ainsi n'en viendrait pas &agrave; bout.<br />Ce faisant, chacun d'eux porterait devant lui ce que l'autre vise avec les plus hautes exigences, pr&eacute;sentant ainsi &agrave; quatre mains sur les fonds baptismaux ce qui n'est pas encore dit, &agrave; la mani&egrave;re des contreforts sans lesquels la lumi&egrave;re qui traverse les grandes rosaces de nos cath&eacute;drales ne nous serait pas connue.<br />On se partage la part in&eacute;dite des choses, ce qu'on n'a pas encore vu et qu'on ne dira pas, ce qu'on devine, ce dont on croit distinguer le murmure et qu'on porte &agrave; l'existence par l'&eacute;criture et la lecture silencieuses, &agrave; petits pas inspir&eacute;s et critiques.<br /></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 4 d&#xe9;cembre 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-12-07T08:32:04+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/15d16958717661ea8050c485b83bc6e4-1475.html#unique-entry-id-1475</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/15d16958717661ea8050c485b83bc6e4-1475.html#unique-entry-id-1475</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/162-7.png" width="50" height="50"/><br /><br />Nos vies sont semblables aux frontispices des vieux livres, nos journ&eacute;es sont des peaux tendues par-dessus le jour dont on aper&ccedil;oit les feux au cr&eacute;puscule, bien haut, par-dessus l'ouverture qui b&acirc;ille entre les &eacute;paules de l'horizon, des milliers d'&eacute;toiles et la lune &agrave; l'air libre qui font entendre le silence et ses soupirs pinc&eacute;s sur les cordes de la nuit.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="bartholin_1666" src="http://www.lesmarges.net/files/bartholin_1666.jpg" width="203" height="300"/><br /><br />Je ram&egrave;ne de la <a href="http://www.verdan.ch/verdan-home.htm" rel="self">Fondation Verdan</a> une plume d'ange &ndash; ou &eacute;tait-ce le samare d'un &eacute;rable de bronze&nbsp;? &ndash; et des babioles : quelques cheveux de la <em>Baigneuse de Valpin&ccedil;on</em>, les petits r&eacute;cits de <em>Cristina Zilioli</em>, les minuties de notre passage sur terre qui s'inscriront tout &agrave; l'heure dans la neige&nbsp;: pont, crochet, &icirc;lot ou lac, delta, bifurcation, intersection, terminaison ou tourbillon. <br />Avant de remonter la vall&eacute;e du Flon dont on suture les l&egrave;vres, je respire au compte-gouttes, les yeux vers le dehors, la t&ecirc;te hors d'elle dans le ciel avec dessous la peau tendue de la ville qui se pelotonne une bouillotte aux pieds, pouss&eacute; par le flux des cr&ecirc;tes dans le parking d&eacute;sert.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1050118" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050118.jpg" width="466" height="212"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1050129" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050129.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1050129_2_2" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050129_2_2.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1050129_2" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050129_2.jpg" width="153" height="153"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1050144_2" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050144_2.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1050144_2_2" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050144_2_2.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1050144" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050144.jpg" width="153" height="153"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1050138" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050138.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1050140" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050140.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1050141" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050141.jpg" width="153" height="153"/><br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p><p style="text-align:left;"><span style="font:12px Verdana, serif; color:#333333;"><br /><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a ceux devant lesquels on ne p&#xe8;se pas lourd</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-12-06T08:31:26+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a1ce28bf1f634c501efefc93b9951369-1474.html#unique-entry-id-1474</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a1ce28bf1f634c501efefc93b9951369-1474.html#unique-entry-id-1474</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 11" src="http://www.lesmarges.net/files/162-11.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a ceux devant lesquels on ne p&egrave;se pas lourd<br />les bons payeurs<br />l'eau des goutti&egrave;res<br />la solidarit&eacute; des marins<br />il y a les ann&eacute;es d&eacute;cisives s'il y en e&ucirc;t<br />la loi du moindre effort<br />la na&iuml;vet&eacute; des oracles<br />il y a la d&eacute;sob&eacute;issance lorsqu'elle est taill&eacute;e &agrave; la hache<br />les filets de perche<br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Tu marches sous la pluie</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2011-12-05T16:55:40+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d8f76ca453f25394c2f1bfa6c2c2415c-1473.html#unique-entry-id-1473</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d8f76ca453f25394c2f1bfa6c2c2415c-1473.html#unique-entry-id-1473</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 10" src="http://www.lesmarges.net/files/162-10.png" width="50" height="50"/><br /><br />Tu marches sous la pluie avec pour seuls rep&egrave;res les feux tremblants des r&eacute;verb&egrave;res qui bordent la route cantonale et les lacets qu'empruntent quelques voitures press&eacute;es, qui se croisent et s'entrecroisent dans la nuit. Tu vois juste assez pour distinguer, loin devant, ton domicile, quelque chose de sombre qui ne bouge pas, quelque chose qui est en lien avec le sol sur lequel tu poses les pieds et que tu n'entames pas. Tu as beau faire aller tes jambes, tu n'avances pas, ton buste demeure immobile, la b&ecirc;te est silencieuse.<br />Tu ne feras pas long feu sur le dos de cette immense baleine qui tourne lentement sur elle-m&ecirc;me avant de replonger dans la nuit d'huile sans provoquer le moindre remous. Tu sens bien que le temps ne se mesure pas &agrave; l'espace parcouru, mais est l'effet d'un battement obstin&eacute;, celui de tes jambes qui vont et viennent autour de tes hanches dans un vide sid&eacute;ral. Oui, tu es vivant et tu p&eacute;dales bien droit sur le dos de Moby Dick.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 13 novembre 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-11-17T09:37:53+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d7a780b9d6df63dc79f4ab6d75ce2e6d-1471.html#unique-entry-id-1471</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d7a780b9d6df63dc79f4ab6d75ce2e6d-1471.html#unique-entry-id-1471</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/159-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />J'aurais pr&eacute;f&eacute;r&eacute; l'emporter cette bo&icirc;te en bois expos&eacute;e au <em>Mus&eacute;e d'&eacute;thnographie de Neuch&acirc;tel</em>, sombre, patin&eacute;e, ramen&eacute;e vide d'Angola. Au moins la tenir un instant dans les mains ou, &agrave; d&eacute;faut, placer ici son image. Impossible de remettre la main dessus malgr&eacute; le moteur de recherche mis &agrave; la disposition du visiteur. Etait-ce une <em>bo&icirc;te</em>, un <em>pot</em>&nbsp;? Quelle langue parler avec les bases de donn&eacute;es&nbsp;?<br /><br />Au rez, une douzaine d'artistes r&eacute;gionaux ont donn&eacute; une chance &agrave; des objets enkyst&eacute;s dans les collections, en en faisant ou en en disant n'importe quoi, mais au moins quelque chose, en les installant dans un espace dont ces objets semblent s'&eacute;tonner eux-m&ecirc;mes avant de retourner dans la nuit.<br /><br />Je sors du <em>Mus&eacute;e</em> avec l'impression d&eacute;sagr&eacute;able que leur avenir est de moins en moins assur&eacute;, affiches g&eacute;antes pour expositions r&eacute;duites, on y met tout on y met rien.<br /><br />J'apprends pr&egrave;s de la sortie que Jeanne Favret-Saada sera l&agrave; le 22 novembre 2011 &agrave; 20h15 pour faire la sorci&egrave;re. Son ouvrage paru en 1977, <em>Les mots, la mort, les sorts&nbsp;: la sorcellerie dans le bocage</em>, m'avait bien remu&eacute;. Je serais bien all&eacute; la semaine prochaine l'&eacute;couter pour savoir sans la lire ce qu'elle devenait. Comment vieillissent les bonnes id&eacute;es&nbsp;? Que sont devenues celles de Francis Jacques, de Ren&eacute; Girard,...&nbsp;? Je n'irai pas. C'est ainsi peut-&ecirc;tre que les id&eacute;es prennent de l'&acirc;ge.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN2893_2" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2893_2.jpg" width="470" height="353"/><br /><br />Dans la ville couleur curry, le dimanche, il y a toujours quelque chose &agrave; voir en automne : et par-dessus tout, la travers&eacute;e des jardins de la Coll&eacute;giale avec le lac en contrebas. <em>Toute la placidit&eacute; de la Suisse est l&agrave; pr&eacute;sente d'un seul coup. (...) nulle part ailleurs, &agrave; seulement sentir s'&eacute;couler les heures au bord d'un lac ou devant la draperie des hautes neiges, on n'atteint &agrave; une volupt&eacute; aussi sensuelle et aussi l&eacute;g&egrave;re. Les eaux du L&eacute;th&eacute; de l'Europe se rassemblent l&agrave;, dans ces lacs au bord desquels le troisi&egrave;me &acirc;ge attend la fin aussi paisiblement que l'appesantissement sans drame d'une derni&egrave;re morte-saison. (Julien Gracq)<br /><br /></em>Lui, il a le courage et la droiture des po&egrave;tes, des immigr&eacute;s, des ouvriers, des artisans, ceux qui nous obligent &agrave; ne pas succomber au charme d&eacute;l&eacute;t&egrave;re du <em>cosy</em>. Il a l'allure de ces hommes qui sont venus d'Italie ou d'Espagne pr&ecirc;ter main forte &agrave; la r&eacute;alisation des grands chantiers du nord de l'Europe, autour des ann&eacute;es 60. Il est d'Agen. Je l'ai rencontr&eacute; dimanche au <em>Mus&eacute;um d'histoire naturelle </em>de Neuch&acirc;tel. Il portait une chemise blanche, manches retrouss&eacute;es et la moustache au vent.<br />Il essaie de d&eacute;crire le monde avec une &eacute;conomie de moyens admirable, il n'en d&eacute;mord pas, en usant d'un langage qui l'oblige &agrave; ne plus &ecirc;tre tout &agrave; fait d'accord avec le monde r&eacute;el. Tout ses mots sont pes&eacute;s pour penser l'impensable. Je ne comprends pas tout. Ses paupi&egrave;res sont un peu lourdes. L'homme finit chacune des phrases qu'il a commenc&eacute;es, on distingue m&ecirc;me parfois l'esquisse de formes fixes. Il nous interdit au d&eacute;tour d'en faire trop, car il ne faut pas exag&eacute;rer, garder la t&ecirc;te froide et se satisfaire du fait qu'il y a toutes les chances que le soleil revienne demain, c'est d&eacute;j&agrave; pas mal. Vous pouvez l'entendre au <em>Museum d'histoire naturelle</em> jusqu'au 21 d&eacute;cembre 2011, dans le cadre d'une exposition &ndash; <em>Sacr&eacute;e Science ! croire ou savoir. . . &ndash; </em>qui pr&eacute;sente la messe &eacute;pist&eacute;mologique des ann&eacute;es 60. <br />Au milieu de la rumeur, c'est beau, c'est pr&eacute;cis, sans ambigu&iuml;t&eacute;. Assez pour retourner la t&ecirc;te pleine au pays de la molasse. Il s'appelle Alain Aspect, c'est un po&egrave;te tout &agrave; fait s&eacute;rieux, un po&egrave;te qui ne se paie pas de mots, un physicien.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1040719_2" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040719_2.jpg" width="470" height="353"/><br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Paroles de meunier</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Peuplement</category><dc:date>2011-11-15T09:36:52+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c9512a9f2b17e746388f5e0ed1fcb486-1470.html#unique-entry-id-1470</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c9512a9f2b17e746388f5e0ed1fcb486-1470.html#unique-entry-id-1470</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/159-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Oh! du monde on en a vu. Au moulin toute la journ&eacute;e, aux fourneaux du caf&eacute; le soir. Comprenez, c'&eacute;tait pas assez pour un et trop pour deux. Alors on est all&eacute;s ainsi de fil en aiguille. Depuis plus de trente ans. C'est all&eacute; vite et fort, vous verrez. Aujourd'hui on est moulus, on remonte &agrave; Villarzel.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>De quel droit est-ce que j&#x27;ose appeler demain&#xa0;?</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Extractions</category><dc:date>2011-11-14T16:15:46+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/1845593fd82164aa2d04011d6e0518c0-1469.html#unique-entry-id-1469</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/1845593fd82164aa2d04011d6e0518c0-1469.html#unique-entry-id-1469</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/159-7.png" width="50" height="50"/><br /><br />Cette soir&eacute;e que j'avais voulu escamoter me p&egrave;se &eacute;trangement. Tandis que l'heure avance, que ce jour-l&agrave; va bient&ocirc;t finir et que d&eacute;j&agrave; je le voudrais fini, il y a des hommes qui lui ont confi&eacute; tout leur espoir, tout leur amour et leurs derni&egrave;res forces. Il y a des hommes mourants, d'autres qui attendent une &eacute;ch&eacute;ance, et qui voudraient que ce ne soit jamais demain. Il y en a d'autres pour qui demain pointera comme un remords. D'autres qui sont fatigu&eacute;s, et cette nuit ne sera jamais assez longue pour leur donner tout le repos qu'il faudrait. Et moi, moi qui ai perdu ma journ&eacute;e, de quel droit est-ce que j'ose appeler demain&nbsp;?<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes, III, 14</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 27 novembre 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-11-30T16:57:52+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c26bbb4ab4f28e8d54707e66b1479f0b-1468.html#unique-entry-id-1468</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c26bbb4ab4f28e8d54707e66b1479f0b-1468.html#unique-entry-id-1468</guid><content:encoded><![CDATA[ <img class="imageStyle" alt="P1040942" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040942.jpg" width="470" height="227"/><br /><br />Il y avait foule le vendredi et le samedi soir&nbsp;: mao&iuml;stes, trotskistes, anarchistes de gauche ou de droite, situationnistes, hardis et souriants au <em>Jour et nuit</em>, au <em>Mao</em> ou au <em>Tunisien</em>, jusqu'&agrave; point d'heure, structuralistes, lacaniens ou deleuziens, disciples d'Herm&egrave;s, cin&eacute;astes &agrave; la petite semaine, insatisfaits, girardiens agnostiques, &eacute;crivaillons p&ecirc;le-m&ecirc;le, vendeuses de fleurs, com&eacute;diens ou amateurs de LSD. En me rendant ce matin &agrave; la cin&eacute;math&egrave;que de Lausanne, j'ai repens&eacute; &agrave; cette foule de la ville ouverte des ann&eacute;es 70. On s'est retrouv&eacute;s plus tard dans le caf&eacute; jouxtant la salle o&ugrave; Freddy Buache organisait ses projections apr&egrave;s qu'il nous eut d&eacute;plac&eacute;s de <em>l'Aula du Coll&egrave;ge de B&eacute;thusy</em> &agrave; l'aile est du <em>Casino de Montbenon</em>. Apr&egrave;s on s'est perdus de vue.<br />Le caf&eacute; est d&eacute;sert aujourd'hui, mais on y projette dans les sous-sols <em>L'Autre c&ocirc;t&eacute; du monde</em>. C'est l'histoire de la Suisse humanitaire, celle de l'aide d'urgence et de la coop&eacute;ration, du <em>CICR</em> et de la <em>DDC</em>, <em>M&eacute;decins sans fronti&egrave;res</em>, <em>Amnesty</em>, <em>Helvetas</em>, <em>Cha&icirc;ne du bonheur</em>, <em>Caritas</em>,... Les 80 acteurs choisis t&eacute;moignent de ce que fut leur engagement, ils &eacute;voquent les blessures, les difficult&eacute;s, les doutes, l'excitation, le courage, l'&eacute;puisement, les r&eacute;ussites, les r&eacute;voltes, les malversations, les &eacute;checs, les joies, la perte des amis.<br />On doit cette manifestation &agrave; l'association <em><a href="http://www.humem.ch/cms/index.php/fr/expo" rel="self">Humem</a></em><em> (humanitarian memory) </em>qui l'a organis&eacute;e &agrave; l'occasion des 50 ans de la <em>Direction du d&eacute;veloppement et de la Coop&eacute;ration</em> du <em>D&eacute;partement f&eacute;d&eacute;ral des affaires &eacute;trang&egrave;res</em>. Ce film qu'on a pu d&eacute;j&agrave; voir &agrave; Berne, &agrave; Gen&egrave;ve et Zurich va voyager d&egrave;s la fin de la semaine prochaine &agrave; B&acirc;le, Saint-Gall, Lucerne, puis dans le reste de la Suisse en 2012 et 2013. <br />Ce projet soutenu par la <em>Conf&eacute;d&eacute;ration &ndash; </em>le budget de la <em>DDC</em> en 2008 s'&eacute;levait &agrave; 1,57 Millards de francs &ndash; l'est &eacute;galement par les cantons et de nombreuses organisations d'entraide suisse.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1050020" src="http://www.lesmarges.net/files/p1050020.jpg" width="470" height="250"/><br /><br />J'ai retrouv&eacute; ce matin quelques-uns des acteurs du vendredi et du samedi soir des ann&eacute;es 70 &agrave; Lausanne, bien vivants &agrave; l'&eacute;cran. Les associations d'entraide ont &eacute;t&eacute; pour eux comme des refuges, &eacute;vitant ainsi le d&eacute;sespoir ou les combats extr&ecirc;mes sans entamer leur volont&eacute; de changer le monde. L'un d'eux dit du CICR qu'il a &eacute;t&eacute; l'occasion d'une r&eacute;demption. C'est dire que l'aide d'urgence n'a pas seulement eu des effets &agrave; l'ext&eacute;rieur au lendemain de catastrophes sociales ou environnementales, mais aussi &agrave; l'int&eacute;rieur des &acirc;mes rong&eacute;es par l'insatisfaction, parfois la frustration et l'appr&eacute;hension d'avoir devant elles un monde toujours plus vide, d&eacute;sert&eacute; par les id&eacute;es qui les avaient nourries. Avant de succomber &agrave; l'abandon, ils ont d&eacute;cid&eacute; de ne pas abandonner ceux qui manquaient de tout. <br />Ces entretiens sont passionnants, c'est jusqu'au 2 d&eacute;cembre &agrave; Lausanne, ailleurs ensuite. Nous &eacute;tions 3 dimanche matin&nbsp;: un enfant une vieille dame et moi. C'est trop peu.<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Image 11" src="http://www.lesmarges.net/files/161-11.png" width="50" height="50"/><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br />Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Les enfants</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Au Riau</category><dc:date>2011-11-24T16:00:51+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/bba3f3e9573df26e10e84d3f3056f36a-1467.html#unique-entry-id-1467</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/bba3f3e9573df26e10e84d3f3056f36a-1467.html#unique-entry-id-1467</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/160-7.png" width="50" height="50"/><br /><br />Arthur peine ces jours &agrave; se lever parce que, dit-il, la lumi&egrave;re violente du spot &ndash; ou celle du jour &ndash; l'&eacute;blouit si fort qu'elle l'oblige &agrave; maintenir les yeux ferm&eacute;s&nbsp;; il ajoute qu'il ne voit aucun int&eacute;r&ecirc;t &agrave; les ouvrir s'il fait encore nuit. Je crains qu'Arthur, comme l'Ernesto de Marguerite Duras, ne refuse sous peu d'aller &agrave; l'&eacute;cole, <em>parce que l&rsquo;on y apprend ce que l&rsquo;on ne sait pas</em>.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Cher Pierre</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2012-05-04T09:57:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/dfe016f6420811ee28aea196f322506b-1466.html#unique-entry-id-1466</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/dfe016f6420811ee28aea196f322506b-1466.html#unique-entry-id-1466</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/183-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Cher Pierre,<br />Me suis rendormi &agrave; 4 heures 30, jusqu'&agrave; l'aube, et puis un peu au-del&agrave;. Termine ensuite le Parfum de S&uuml;skind que quelques &eacute;l&egrave;ves souhaitent pr&eacute;senter aux examens de juin, puis somnole avec la rumeur des enfants qui jouent en bas, sans &eacute;lever la voix, en tra&icirc;nant derri&egrave;re moi des lambeaux de pens&eacute;e que je suis incapable de mettre bout &agrave; bout mais dont je ne parviens pas non plus &agrave; me d&eacute;faire.<br />Je descends finalement dans le jardin, il y a une odeur que je connais bien et qui me ram&egrave;ne &agrave; d'autres printemps. Je l'identifie mieux qu'autrefois, presque &agrave; m&ecirc;me de lui donner un nom, mais elle m'&eacute;chappe soudain, sans avertir, je la sais encore l&agrave; qui veille. Cherche un s&eacute;cateur que je finirai par trouver au garage.  <em><a href="http://www.lesmarges.net/notes/notes.html" rel="self">(lire la suite)</a></em><em>  </em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>De l&#x27;alibi</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2011-12-02T16:57:50+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ed8b46139569ec4f442e412350aacc8e-1465.html#unique-entry-id-1465</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ed8b46139569ec4f442e412350aacc8e-1465.html#unique-entry-id-1465</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 10" src="http://www.lesmarges.net/files/161-10.png" width="50" height="50"/><br /><br />S'en remettre aux justifications et aux tours de passe-passe qui les &eacute;paulent pour m&eacute;conna&icirc;tre ce qui fut, c'est renoncer aux maigres pouvoirs mis &agrave; notre disposition pour avancer dans la lumi&egrave;re de ce qui fait de nous des passagers nus, et en d&eacute;coudre. Je vous le demande, comment ne pas se d&eacute;tourner de ces gens qui condamnent ainsi la libert&eacute; et le courage en idol&acirc;trant la silhouette de ce qui aurait &eacute;t&eacute; si les circonstances avaient soigneusement suivi leurs exigences&nbsp;? <br />Quelle peine pour ces usagers du juste monde, ces justiciers oublieux des vertus, prudence et temp&eacute;rance, courage et justice&nbsp;? Il y a du parjure chez ces gens-l&agrave;, et violation des plus vieux serments. Ils tentent de faire main basse sur le r&eacute;el en punaisant son reflet sur l'envers d'un d&eacute;cor dans une pi&egrave;ce de circonstance aux accents du cin&eacute;ma-v&eacute;rit&eacute;. <br />J'envie pourtant parfois ces habiles prestidigitateurs qui vont d'un pied assur&eacute;, affranchis berc&eacute;s par les raisons et les chants paresseux, h&eacute;ros qui &eacute;changent d&eacute;lires contre d&eacute;dires. Je voudrais qu'&agrave; leur aveuglement puisse r&eacute;pondre mon pardon.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>&#xc7;a tient comme une fleur</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-11-21T09:57:47+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/12be1e7a26d62bf04716fd43cdf91a29-1463.html#unique-entry-id-1463</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/12be1e7a26d62bf04716fd43cdf91a29-1463.html#unique-entry-id-1463</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/160-4.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>C'est un pays sombre et triste&nbsp;; la route d'E. vous guide par des courbes douces au regard dans une auberge ravernie. O le vin aigre, les cigares &eacute;touffants&nbsp;! Mais il y a un beau ciel clair et gris sur les collines. L'&eacute;glise aigu&euml; de Cossonay cr&egrave;ve le moutonnement des verdures bleu&acirc;tres. Tout pr&egrave;s de moi bouillonne une source de lait dans le canal. Perrette Perrette, je suis heureux et triste &agrave; la fois. Ma fuite n'est pas que folie, et Dieu, malgr&eacute; l'affreux spectacle de ce coeur empoisonn&eacute; me rendra peut-&ecirc;tre la voix que j'ai perdue.<br /></em><img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/blanc-3.png" width="127" height="9"/><img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/blanc-3-2.png" width="127" height="9"/><img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/blanc-3-3.png" width="136" height="10"/><em>Gustave Roud</em><br /><br />S'il regarde ainsi dehors, ce n'est pas tant qu'il r&ecirc;ve avec dans son dos les t&acirc;ches qui l'&eacute;tranglent et ceux qui s'affairent chevill&eacute;s &agrave; leur quant &agrave; soi, c'est qu'il fait son &eacute;cole buissonni&egrave;re, vole debout par-dessus la butte et les branches couleur de cendre des feuillus nus du pr&eacute;au. Il a l'esprit loin &agrave; l'horizontale, au-dessus des moilles et de l'&eacute;tang du Sepey, au pied de l'horizon, &agrave; L'Isle et Montricher. Ce serait peut-&ecirc;tre bien que ceux d'en face en fassent autant, un jour les hommes laisseront tout &ccedil;a en plan.<br />Non non, il ne r&ecirc;ve pas, ne con&ccedil;oit aucun lieu secret, ne creuse aucune tani&egrave;re, ne ram&egrave;nera aucun galet, ni la baguette du sourcier. Son esprit vagabonde dans le vent, l'infatigable vent, ajuste de m&eacute;moire les parties du paysage qu'il a parcourues, les habitants qu'il y a crois&eacute;s et les fontaines qui chantent sur la place des villages d&eacute;serts, maisons agglutin&eacute;es, vides, fen&ecirc;tre ferm&eacute;es, portes mur&eacute;es, d&eacute;penses condamn&eacute;es, plus d'&eacute;picier, mais des vieux, les derniers vieux.<br />Il colle tout &ccedil;a ensemble avec le ciel d&eacute;sint&eacute;ress&eacute; en-dessus qui &eacute;carte les murs qui le soutiennent, &ccedil;a tient comme une fleur. Tout est &agrave; sa place, en-de&ccedil;a de l'obligatoire et du facultatif, les choses sont l&agrave;, pour tout le monde, avec l'&eacute;vidence qui sied &agrave; ce qui est. <br />Il ramasse en un seul geste les pr&eacute;s et les bois, les lisi&egrave;res, les chemins, les faufile et les pend par d'invisibles fils aux bords du ciel. De l&agrave;-haut, il en voit plus qu'il ne l'imaginait, mais il s'agit de tout prendre. On per&ccedil;oit alors quelque chose comme une pouss&eacute;e qui dure intacte, un appel malgr&eacute; le d&eacute;tournement que chacun fait de soi-m&ecirc;me. Et le z&eacute;nith s'installe au coeur de chaque chose, et rampe, il n'y a personne devant la grande fen&ecirc;tre, ne le cherchez pas au pied du Jura terme du contrat. Pour traverser le creux que rien ne remplit, il lui avait fallu autrefois un permis de voyageur de commerce, hier un trait&eacute; de marche en plaine. Besoin de rien aujourd'hui, plus rien &agrave; faire ici.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les semaines sans brainstorming</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-11-22T09:57:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/8c5b5b84691ea3d279e34a042fd10b2a-1462.html#unique-entry-id-1462</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/8c5b5b84691ea3d279e34a042fd10b2a-1462.html#unique-entry-id-1462</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/160-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les semaines sans brainstorming<br />l'anneau de fer devant l'auberge<br />l'intrication quantique<br />le lamell&eacute;-coll&eacute;<br />il y a les fourches t&eacute;lescopiques<br />la consid&eacute;ration de ses moyens<br />l'envers des tapis<br />il y a le plumet des fifres et tambours<br />le biais de tes r&eacute;ponses<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les livres qu&#x27;on ne lira pas</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-11-16T16:57:43+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/6ff19b37698195d1c371ff40ed2bd974-1461.html#unique-entry-id-1461</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/6ff19b37698195d1c371ff40ed2bd974-1461.html#unique-entry-id-1461</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/159-4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les livres qu'on ne lira pas<br />les dogmes religieux<br />les manches retrouss&eacute;es<br />il y a cette valise abandonn&eacute;e sur le quai de la gare<br />les approximations<br />il y a les augmentations de salaire<br />le d&eacute;doublement du temps<br />les petits r&eacute;pertoires<br />les journ&eacute;es sans privation<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a le pendant des mauvais jours</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-11-29T16:57:32+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c7932c2348e2189e562e2696ad51878e-1460.html#unique-entry-id-1460</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c7932c2348e2189e562e2696ad51878e-1460.html#unique-entry-id-1460</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 10" src="http://www.lesmarges.net/files/161-10.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a le pendant des mauvais jours<br />les toits de chaume<br />les facilit&eacute;s de paiements<br />il y a le visage dans tes mains<br />la sagesse des idiots<br />la grammaire g&eacute;n&eacute;rative<br />il y a la grammaire d&eacute;g&eacute;n&eacute;rative<br />les d&eacute;parts diff&eacute;r&eacute;s<br />il y a que la po&eacute;sie enti&egrave;re est pr&eacute;position<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Anniversaire</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><category>Au pied du brise-lames</category><dc:date>2011-11-25T08:07:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d8c975c65d5f0338b57dfb2b7e4c6665-1459.html#unique-entry-id-1459</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d8c975c65d5f0338b57dfb2b7e4c6665-1459.html#unique-entry-id-1459</guid><content:encoded><![CDATA[<a href="feed://www.lesmarges.net/files/blog.xml" rel="self"><img class="imageStyle" alt="inconnu" src="http://www.lesmarges.net/files/bande807.png" width="472" height="236"/></a><br /><br />Toutes nos entreprises, vaines ou essentielles, croisent un jour celles que d'autres ont initi&eacute;es dans le pass&eacute; ou initieront dans l'avenir, petites ou grandes, c'est l'un des corollaires de l'effet papillon. Ainsi, la petite affaire qui a d&eacute;marr&eacute; au Riau le&nbsp;<a href="http://www.lesmarges.net/files/ec09f1a7f250fffaca6e016ff129cbae-275.html" rel="self">29 octobre 2008</a> croise aujourd'hui l'aventure &agrave; laquelle Franck Garot, avec la complicit&eacute; d'Eric Chevillard, a donn&eacute; le coup d'envoi le <a href="http://les807.blogspot.com/2009/01/1-un.html" rel="self">20 janvier 2009</a>, et croisera demain ou apr&egrave;s-demain celle qu'a mise en route Roger Federer&nbsp;le <a href="http://www.tsr.ch/sport/tennis/messieurs/3579345-rf-passe-la-barre-des-800-victoires.html" rel="self">30 septembre 1998</a> &agrave; Toulouse aux d&eacute;pens de Guillaume Raoux. Et tandis que le&nbsp;<em>roi du gazon</em>&nbsp;songe secr&egrave;tement au d&eacute;clin et que le&nbsp;<em>logicien fanatique</em>&nbsp;de la Roche-sur-Yon s'incline une fois encore sur les brins d'herbe de son jardin, je d&eacute;pose ce billet et m'envole, tourne le dos &agrave; ce petit monde, cueille quelques fleurs et m'&eacute;loigne de ce point de conspiration,&nbsp;inexorablement,&nbsp;heureux d'en avoir &eacute;t&eacute;.<br /><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Image 10" src="http://www.lesmarges.net/files/160-10.png" width="50" height="50"/><br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>A.15</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><dc:date>2011-11-28T08:07:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/314259ed13df97ec795638775b904d42-1458.html#unique-entry-id-1458</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/314259ed13df97ec795638775b904d42-1458.html#unique-entry-id-1458</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/161-9.png" width="50" height="50"/> <br /><br /><em>L'am&eacute;lioration de l'&eacute;tat g&eacute;n&eacute;ral de notre sant&eacute; et les progr&egrave;s dans le domaine des traitements comme dans celui de la pr&eacute;vention ont permis de diff&eacute;rer substantiellement l'heure de notre mort. Mais ne nous r&eacute;jouissons pas trop vite, car ce laps de temps suppl&eacute;mentaire a &eacute;t&eacute; mis &eacute;galement &agrave; la disposition de la d&eacute;mence qui a multipli&eacute; ses chances de nous rattraper. Consolons-nous toutefois, le d&eacute;ment n'en saura rien.<br /></em><em><br /></em><br />L'am&eacute;lioration de l'&eacute;tat g&eacute;n&eacute;ral de notre sant&eacute; et les progr&egrave;s dans le domaine des traitements comme dans celui de la pr&eacute;vention ont permis de diff&eacute;rer substantiellement l'heure de notre mort. Mais ne nous r&eacute;jouissons pas trop vite, ce laps de temps suppl&eacute;mentaire a &eacute;t&eacute; mis &eacute;galement &agrave; la disposition de la d&eacute;mence qui a multipli&eacute; ses chances de nous rattraper, et l'espoir que le d&eacute;ment n'en saura rien est bien vite d&eacute;&ccedil;u. Car la d&eacute;mence s'installe sans &eacute;gards, elle ne referme aucune porte derri&egrave;re elle.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Parabole</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-11-10T19:58:30+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/db9561db01de013c00acd55ef94056aa-1456.html#unique-entry-id-1456</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/db9561db01de013c00acd55ef94056aa-1456.html#unique-entry-id-1456</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/158-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Si ce qui est dit est bel et bien ce quelque chose qui s'ajoute en suppl&eacute;ment &agrave; ce qui est sans jamais en faire partie, on ne pourra faire mieux que parler en paraboles, et ce que tu entends ne saurait &ecirc;tre autre chose que ce qui vient de l'autre rive. Nous aurions pour t&acirc;che de faire co&iuml;ncider, par-dessus l'ab&icirc;me, le r&eacute;el avec ce qu'on en dit, en am&eacute;nageant des gu&eacute;s, en multipliant les m&eacute;taphores, en inventant des langues qui se chevauchent, en creusant en chacune d'elles la place de ce qui leur manque, en m&ecirc;lant l'eau et le feu, sans jamais y parvenir, avec le souci de demeurer sur le qui vive, c'est-&agrave;-dire &agrave; c&ocirc;t&eacute;, &eacute;bloui par ce qui se d&eacute;roule de l'autre c&ocirc;t&eacute;&nbsp;: le coq et l'&acirc;ne.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 6 novembre 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-11-08T19:58:25+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2e3c2c1a5b27db3af475c44af64ef596-1455.html#unique-entry-id-1455</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2e3c2c1a5b27db3af475c44af64ef596-1455.html#unique-entry-id-1455</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/158-2.png" width="50" height="50"/><br /><br /><span style="font-size:11px; "><em>Pour Christine Jeanney</em></span><br /><br />Le vide s'associe au calcaire pour offrir parfois &agrave; celui qui n'en demandait pas tant des corps de pierre gorg&eacute;s d'eau. Pas touche, ou avec les l&egrave;vres au creux de ton bras. Vase &eacute;gar&eacute; qui ne sert plus, mis au ban de ce qui passe et chute, tenant enclos ce quelque chose qu'on aper&ccedil;oit dans les yeux du captif, persistant lorsque la partie est perdue. On ne l'imaginait m&ecirc;me pas. Rien en lui, pas plus hors de lui, l'impair solaire qui brille et manque de rien. S'il est amput&eacute;, ce n'est pas tant de ce qu'il retenait dans son ventre, mais des mains sur ses flancs. Le jour creuse les reins, on ferme les portes, sens-tu ton corps qui s'ourle et roule dans la nuit.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1040747" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040747.jpg" width="470" height="373"/><br /><span style="font-size:11px; "><em>Vase fun&eacute;raire, haut d'une trentaine de centim&egrave;tres, &eacute;gyptien, Ve ou VIe dynastie, sous-sol du MUDAC, cote Ber0457 de la collection Berger. Vide. </em></span><br /><br />Le vase tient l'avenir entre ses mains comme les pivoines et, tandis que le vent d&eacute;pose ses grains de braise sur le sable, il reste en arri&egrave;re, intouchable, tenu par rien, vieilli d&egrave;s le premier jour, sans jamais avoir &agrave; songer revenir en arri&egrave;re. Il m&eacute;dite sous cloche, la dur&eacute;e finira le travail entrepris jadis, lento, lento, &ccedil;a bouge &agrave; peine, mais la pierre fond, coule, fait tenir ensemble l'interminable disparition de ce qui &eacute;tait et sera avant et apr&egrave;s nous.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Le fil t&#xe9;nu qui me fait tenir debout</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><dc:date>2011-11-18T00:45:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/af8375dd73806661d640f7a4ad3d9ad5-1454.html#unique-entry-id-1454</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/af8375dd73806661d640f7a4ad3d9ad5-1454.html#unique-entry-id-1454</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/159-5.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Pour Floriane</em><br /><br /><object type="application/x-shockwave-flash" data="dewplayer.swf?son=meditationdethais.mp3" width="180" height="20"> <param name="movie" value="dewplayer.swf?son=meditationdethais.mp3" /> </object><br /><span style="font-size:8px; "><em>M&eacute;ditation de Tha&iuml;s | New Philharmonia Orchestra / Lorin Maazel violon & direction<br /></em></span><span style="font-size:8px; "><em><br /></em></span>Tous les enseignants en convenaient, elle &eacute;tait dou&eacute;e de telles qualit&eacute;s qu'aucun obstacle ne lui r&eacute;sistait quels que soient les domaines, si bien que nous redoutions que nos besaces manquent un jour de ce qui la rassasiait. Vaine inqui&eacute;tude, elle se montra toujours &agrave; m&ecirc;me, en puisant je ne sais o&ugrave;, de distinguer un fr&eacute;missement dans les coins d&eacute;laiss&eacute;s et les mati&egrave;res les plus inertes. Elle rendait notre m&eacute;tier facile et agr&eacute;able, on en aurait aim&eacute; une demi-douzaine comme elle dans nos classes, brillantes et vivantes. <br />Nos craintes ne se dissipaient pas compl&egrave;tement cependant &ndash;&nbsp;c'est ainsi dans nos m&eacute;tiers&nbsp;&ndash;&nbsp; et revenaient par une porte d&eacute;rob&eacute;e. Ignorant le chemin que la jeune fille empruntait pour faire tenir ensemble ce qu'elle embrassait, je me mis &agrave; craindre sottement qu'elle ajout&acirc;t un jour &agrave; son menu, sans en conna&icirc;tre les cons&eacute;quences, l'ultime t&acirc;che qui lui e&ucirc;t fait baisser les bras, placer sur le b&ucirc;cher et br&ucirc;ler ce qu'elle avant engrang&eacute;. <br />Un jour je la vis triste, elle m'apprit qu'une blessure l'emp&ecirc;chait pour quelque temps de se livrer &agrave; une passion dont elle ne parlait pas, j'en fus r&eacute;confort&eacute;. Je me mis &agrave; soup&ccedil;onner que la musique avait quelque chose &agrave; faire avec la grande sant&eacute; qui l'animait et mes craintes qu'elle en port&acirc;t trop s'&eacute;loign&egrave;rent. <br />C'est de ce jour que date au fond, je crois, ma certitude que tout ce qu'elle avait fait jusqu'ici avec un r&eacute;el plaisir ne l'auraient pas combl&eacute;e si le vide creus&eacute; sur les bancs d'&eacute;cole n'avait pas accueilli dans le m&ecirc;me temps, l&agrave;-bas, la musique dont elle charriait l'instrument dans une bo&icirc;te noire, son violon. Les derniers mois pass&egrave;rent, elle me sembla s'&eacute;loigner toujours plus des lieux qu'on partageait.   <br />Arriva enfin le jour des promotions, &agrave; l'occasion duquel il est convenu qu'on se dise au revoir, elle monta sur sc&egrave;ne. J'entendis alors un peu de ce qui l'animait et qui lui donnait la force de changer en or ce qu'elle touchait. J'entendis distinctement ce que je n'avais pas imagin&eacute; tout au long des ann&eacute;es. Elle n'&eacute;tait plus assise t&ecirc;te pench&eacute;e sur ses devoirs, mais debout devant un lutrin, la t&ecirc;te dans les &eacute;toiles. Elle n'&eacute;tait plus l'&eacute;l&egrave;ve de t&ecirc;te &eacute;coutant parmi les autres la parole du ma&icirc;tre, mais seule, ou presque seule, faisait entendre par l'une des petites fen&ecirc;tres de la cellule de sa passion la voix de son violon. Elle me livra le fil ondoyant d'une m&eacute;ditation, fragile et courtoise, et j'acquies&ccedil;ai &agrave; ce qu'elle ne disait pas, &eacute;coutez-moi maintenant, &eacute;coutez le fil t&eacute;nu qui me fait tenir debout et qui all&egrave;ge la charge de ce que je sais, &eacute;coutez le souffle de ma passion, je m'&eacute;loigne, libre enfin.<br /><br />P.S.<br /><a href="http://www.lesmarges.net/files/d3abe43bcc49b41432974c886fa2e5ec-1285.html" rel="self">Avertissement</a><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les semaines sans powerpoint</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-11-09T21:58:11+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f304b3bae18238f0b82ca700ea1185bf-1453.html#unique-entry-id-1453</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f304b3bae18238f0b82ca700ea1185bf-1453.html#unique-entry-id-1453</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/158-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les semaines sans powerpoint<br />les saltimbanques<br />leur insouciance feinte<br />il y a la grammaire lorsqu'elle se montre dans son modeste appareil<br />le battant des cloches<br />les choses rel&eacute;gu&eacute;es &agrave; la p&eacute;riph&eacute;rie<br />les passes<br />les laisses<br />ce qui ne nous retient pas<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>XCIX</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2011-11-07T08:49:58+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ea64dac9f69be76ce857d9c4e51b60af-1452.html#unique-entry-id-1452</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ea64dac9f69be76ce857d9c4e51b60af-1452.html#unique-entry-id-1452</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/158-4.png" width="50" height="50"/><br /><br />L'&eacute;t&eacute; se prolonge une fois encore, Patricia et Jean-R&eacute;my se prom&egrave;nent sur la route qui m&egrave;ne au cimeti&egrave;re, affair&eacute;s &agrave; polir leur amiti&eacute; naissante. Chacun parle &agrave; son tour, il lui fait part de ses sottes convictions, elle lui raconte ses assurances morbides, mais l'enflure de leur moi les rend sourds une fois encore. La v&eacute;rit&eacute; et la mort ont bel et bien un mur mitoyen.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les id&#xe9;es mal ficel&#xe9;es</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-11-03T20:56:44+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/848e41e481d5757d745112d5acbcfbec-1451.html#unique-entry-id-1451</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/848e41e481d5757d745112d5acbcfbec-1451.html#unique-entry-id-1451</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/157-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les id&eacute;es mal ficel&eacute;es<br />le riz casimir<br />la sagesse des sto&iuml;ciens<br />il y a le martin-p&ecirc;cheur<br />la temp&eacute;rance lorsqu&rsquo;elle est sans retenue<br />les  sursauts de l&rsquo;&eacute;t&eacute;<br />il y a les sols d&eacute;tremp&eacute;s<br />l'eau d'huile sous l'&eacute;cume de la mer<br />le toc de l'autre c&ocirc;t&eacute; du miroir<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 30 octobre 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-11-01T05:05:38+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/48c0cc7123709e1906767de4a5f7de88-1449.html#unique-entry-id-1449</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/48c0cc7123709e1906767de4a5f7de88-1449.html#unique-entry-id-1449</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/157-6.png" width="50" height="50"/><br /><br /><br />Au-dessus de l'interminable all&eacute;e de bouleaux qui bordent la Broye sous Lucens, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de la route qui m&egrave;ne &agrave; Dompierre se dresse un clocher-arcade, c'est celui de l'&eacute;glise de Curtilles perch&eacute;e sur une butte. Trop d'agitation ce matin pour que les enfants et leurs parents entendent les deux cloches nich&eacute;es dans le mur appeler les fid&egrave;les. Car il y a f&ecirc;te de l'autre c&ocirc;t&eacute;, au <a href="http://www.poneys-broye.ch/index.html" rel="self">Centre &eacute;questre de Curtilles</a>. Les <em>&eacute;trilles d'argent</em> des armoiries du village, <em>emmanch&eacute;es d'or, pos&eacute;es deux et une, le manche en bas dans l'azur</em> ne servent plus depuis un moment d&eacute;j&agrave;, elles reposent dans une vielle caisse en bois au fond de l'&eacute;curie, dehors le cul des poneys brille. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1040611" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040611.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1040614" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040614.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1040558" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040558.jpg" width="153" height="153"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1040561" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040561.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1040570" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040570.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1040622" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040622.jpg" width="153" height="153"/><br /><br />C'est la f&ecirc;te au soleil, on se r&eacute;gale, des couleurs et du s&eacute;rieux de partout, mais surtout chez ces jeunes cavaliers en &eacute;quilibre pr&eacute;caire sur les flancs de leur poney. Ils jouent avec les soudures comme les p&eacute;tales des pavots au sommet de leur tige Pas d'orgueil chez eux, mais une ambition calibr&eacute;e, celle de garder le contact en parlant &agrave; demi-mots le langage fruste de ces b&ecirc;tes qui les visitent parfois la nuit et auxquelles ils confient leur peine.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1040630" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040630.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1040636" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040636.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1040609" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040609.jpg" width="153" height="153"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1040533" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040533.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1040534" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040534.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1040557" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040557.jpg" width="153" height="153"/><br /><br />Nos enfants ne sont pas des h&eacute;ros, mais ils sont aujourd'hui les indiens de notre temps, perch&eacute;s sur le dos d'&ecirc;tres &eacute;tranges qui n'ont pas domestiqu&eacute; leur sauvagerie, qui ont appris au contact des hommes &agrave; tout faire pour en faire le moins possible, &agrave; moins qu'ils ne fassent la paire et r&eacute;alisent avec leur cavalier quelque chose de beau, quelque chose de simple, quelque chose d'&eacute;l&eacute;gant. Alors leurs yeux noirs cessent de buter sur l'ombre qui renouvelle leur peur ancestrale, leurs yeux deviennent myrtilles et ceux des enfants se mettent au galop. Ni l'un ni l'autre n'entend plus les d&eacute;cibels de nos voix, le poney galope, le poney trotte, le poney que l'enfant tient par la bride marche, il hoche du bonnet, l'autre sourit. Chacun retourne &agrave; ses affaires, l'animal &agrave; sa faim et sa peur, l'enfant &agrave; sa soif et son inqui&eacute;tude.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1040674" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040674.jpg" width="470" height="353"/><br /><br />Nus dans les pr&eacute;s, sans mors, loin des propri&eacute;taires qui viendront en fin de semaine r&eacute;clamer leur d&ucirc;, les rescap&eacute;s du dimanche d&eacute;soeuvrent entre r&ecirc;ves et chim&egrave;res, oubli&eacute;s dans l'herbe alourdie par la ros&eacute;e, &agrave; laquelle les feuilles mortes vont se m&ecirc;ler, et tout effacer.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p><p style="text-align:left;"><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Sans couture</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2011-10-31T11:08:21+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b48c0e60c87365ba5040c9cd9f94dad9-1448.html#unique-entry-id-1448</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b48c0e60c87365ba5040c9cd9f94dad9-1448.html#unique-entry-id-1448</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/157-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Une bouff&eacute;e sans couture pouss&eacute;e par le vent, plus r&eacute;elle que le r&eacute;el, une chose vive, dense, sans mesure passe aujourd&rsquo;hui en coup de vent, amenant au pied des montagnes les &eacute;chos de la mer haute, laquelle reprendra, lorsqu&rsquo;elle se retirera, ce dans quoi nous sommes tout entiers et dont nous nous sommes &eacute;loign&eacute;s pour boire et manger, mais aussi, je crois, pour en attester. <br />C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;elle se fait oublier, comme si elle avait pris un peu de retard, alors qu&rsquo;elle va pour son compte, c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;elle revient loin de l&rsquo;arri&egrave;re d&rsquo;o&ugrave; elle prend son envol, c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;elle nous rejoint et nous enveloppe, nous pousse nulle part, l&agrave; o&ugrave; elle et nous sommes seuls. <br />On a tous d&ucirc; d&eacute;barquer un jour, certains l&rsquo;ont fait pour toujours, d&rsquo;autres se sont post&eacute;s aux d&eacute;tours, dans les d&eacute;vers, un peu &agrave; c&ocirc;t&eacute; pour saluer, sans se retourner, cette bouff&eacute;e sans couture qui vient de l&rsquo;arri&egrave;re, sans personne pour la chevaucher et qui irait sans nous si nous ne nous ouvrions &agrave; son passage&nbsp;: quelques mots, le mouvement d&rsquo;une phrase, une petite ivresse, une ondulation avec au bout un instant qui dure tenu par un fil &agrave; ce qui nous effleure.<br />Nous savons d&eacute;sormais n&rsquo;avoir pas compl&egrave;tement perdu ce qui ne nous appartient pas, nous le savons en bonnes mains. Il est inutile de vouloir tenir captif ce qui reviendra en coup de vent et qui laissera, apr&egrave;s son passage, un peu de regret et la nuit venteuse qui enveloppe la succession de nos jours.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Friedrichshafen</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Riant-Mont</category><category>Autres lieux</category><dc:date>2011-10-28T13:57:52+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/db65ac333455d6cd737928539ad6ba12-1447.html#unique-entry-id-1447</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/db65ac333455d6cd737928539ad6ba12-1447.html#unique-entry-id-1447</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/156-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Lorsque Adolf Hitler est port&eacute; en 1921 &agrave; la t&ecirc;te du <em>Parti national-socialiste des travailleurs allemands,</em> mon p&egrave;re a 2 ans; sa m&egrave;re Anna est originaire de Gottmadingen, petite ville de l&rsquo;Hegau pr&egrave;s de Singen. Adolf Hitler devient chancelier du Reich alors que mon p&egrave;re a 14 ans, il vit avec les siens sur les rives du lac L&eacute;man. Ma grand-m&egrave;re, qui a &eacute;pous&eacute; mon grand-p&egrave;re bien avant la premi&egrave;re guerre mondiale, ne nous parlera plus tard que fort peu de son exil, de Gottmadingen, de Schaffhouse et de Winterthur o&ugrave; elle a laiss&eacute; sa famille. Mon p&egrave;re a 20 ans lorsque l&rsquo;Autriche <em>choisit</em>, par r&eacute;f&eacute;rendum, le III&egrave;me Reich, il en a 21 lorsque l&rsquo;Allemagne envahit la Pologne. Depuis l&agrave; tout se brouille. <br />Je ne suis all&eacute; qu&rsquo;une fois &agrave; Gottmadingen, je n&rsquo;avais pas dix ans. Je me souviens d&rsquo;un jeune homme solitaire aux cheveux courts qui m&rsquo;avait montr&eacute; un pistolet, un vrai, le sien, il s&rsquo;appelait Andreas et c&rsquo;&eacute;tait un petit-petit-petit cousin &agrave; l&rsquo;allure d&rsquo;orphelin. Je me souviens de vieilles dames qui parlaient bas, de leurs maris, ou &eacute;tait-ce leurs fr&egrave;res &ndash; il y avait une odeur d&rsquo;inceste &agrave; Gottmadingen. Je me souviens d&rsquo;une avenue bord&eacute;e de villas &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e de la petite ville, Andreas habitait l&rsquo;une d&rsquo;elle. Avait-il un p&egrave;re&nbsp;? une m&egrave;re&nbsp;? Je me souviens l&rsquo;avoir accompagn&eacute; le temps d&rsquo;une admiration.<br />On nous a racont&eacute; plus tard, sans qu&rsquo;on songe ma foi poser de questions, les exploits des cousins, des grands-oncles, soldats fid&egrave;les ou r&eacute;sistants, tra&icirc;tres libres ou prisonniers, fuyards, permissionnaires, d&eacute;serteurs ou croix de fer, soldats d&rsquo;abord, hommes courageux surtout, hommes enfin, seuls dans le no man&rsquo;s land de mes repr&eacute;sentations. C&rsquo;est aux d&eacute;sastres de la guerre que j&rsquo;ai pens&eacute;, samedi pass&eacute;, en me promenant avec Arthur dans le centre ville de Friedrichshafen, ville voisine de plus de 50&rsquo;000 habitants qui borde le lac de Constance. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="gp_fn_zerstoert" src="http://www.lesmarges.net/files/gp_fn_zerstoert.jpg" width="200" height="331"/><br /><span style="font-size:9px; "><em><a href="http://www.friedrichshafen.de/unsere-stadt/historisches/geschichtspfad/" rel="self">Photo</a></em></span><span style="font-size:9px; "><em>&nbsp;: site de la ville de Friedrichshafen</em></span><br /><br />Friedrichshafen abrite aujourd&rsquo;hui des soci&eacute;t&eacute;s prosp&egrave;res, filles et h&eacute;riti&egrave;res de celles qui lui valurent sa ruine. C&rsquo;est en effet &agrave; cause des Zeppelin, Dornier, Maybach,... que l&rsquo;aviation alli&eacute;e pilonna la ville de Friedrichshafen lors de la seconde guerre mondiale. <br />Les ventres ronds des Zeppelin sont de vrais arsenaux. L&rsquo;usine Maybach armait les chars allemands de moteurs dont elle avait le secret; les <em>Panzer</em>, les <em>Elefant</em>, les <em>Panther</em>, les <em>Tigre, </em>c&rsquo;est elle.<em> </em>Quant &agrave; l&rsquo;usine Dornier, elle livrait ses avions &agrave; la Luftwaffe&nbsp;: pour de la reconnaissance, le transport de soldats et de mat&eacute;riel, bombardiers ou chasseurs. Le centre historique de Friedrichshafen n&rsquo;a pas r&eacute;sist&eacute; aux repr&eacute;sailles. De centre il n&rsquo;y en a plus.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1040353" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040353-2.jpg" width="470" height="353"/><br /><br />La ville a &eacute;t&eacute; bombard&eacute;e &agrave; onze reprises, nous apprend la section historique du <a href="http://www.friedrichshafen.de/unsere-stadt/historisches/" rel="self">site</a> officielle de Friedrichshafen, du 21 juin 1943 au 25 f&eacute;vrier 1943. La zone industrielle a &eacute;t&eacute; la premi&egrave;re vis&eacute;e, mais les zones r&eacute;sidentielles et le centre historique n&rsquo;ont pas tard&eacute; &agrave; essuyer les pl&acirc;tres, tout particuli&egrave;rement le 28 avril 1945. En moins d&rsquo;une heure la ville ne fut qu&rsquo;un brasier; au bilan plus de 1000 morts, 1000 bless&eacute;s et un nombre incalculable de personnes sans abri qui vivront d&eacute;sormais dans des refuges d&rsquo;urgence.<br />Les b&acirc;timents ne furent pas reconstruits &agrave; l&rsquo;image de ce qu&rsquo;il &eacute;taient, si bien que le visage de la vieille ville a disparu aujourd&rsquo;hui, avec le pass&eacute; dans son sillage. <br />Le centre de Friedrichshafen n&rsquo;a pas d&rsquo;histoire, c&rsquo;est un centre &agrave; l&rsquo;allure d&rsquo;une banlieue, c&rsquo;est ce qui qui rend cette ville &eacute;trange, ville nue, comme ces innombrables villes d&rsquo;Allemagne d&eacute;truites et reconstruites &agrave; la h&acirc;te loin des th&eacute;ories historicisantes, condamn&eacute;es &agrave; un avenir dans un contexte qui ne s&rsquo;y pr&ecirc;te gu&egrave;re. <br />Comme coup&eacute;e d&rsquo;un avenir qui n&rsquo;existe pas et d&rsquo;un pass&eacute; qui n&rsquo;est plus, Friedrichshafen est retourn&eacute;e &agrave; l&rsquo;&eacute;tat sauvage. Hors de l&rsquo;histoire comme <a href="http://www.lesmarges.net/files/8f8b3bf7b77c0eccf23e9ffb5fa3c9f3-1445.html" rel="self">Stein am Rhein</a>. Mais si le d&eacute;sir semble ne plus circuler dans celle-ci, mur&eacute;e dans des interdits que scandent les fa&ccedil;ades histori&eacute;es de ses maisons de poup&eacute;es, il en va tout autrement sur la place du march&eacute; de Friedrichshafen&nbsp;: le d&eacute;sir circule en tous sens, plus de <em>Troupes d&rsquo;occupation</em> pour g&acirc;cher la f&ecirc;te, et depuis 1991 le gros des <em>Forces fran&ccedil;aises en Allemagne</em> est rentr&eacute;. On est entre nous, la m&egrave;re n&rsquo;y reconna&icirc;t plus ses petits, on ne voit plus qu&rsquo;une seule g&eacute;n&eacute;ration spontan&eacute;e sortie la veille des refuges d&rsquo;urgence, asphyxi&eacute;e par l&rsquo;air libre, suroxyg&eacute;n&eacute;e. En guise de d&eacute;cor des b&acirc;tisses vite construites, b&acirc;cl&eacute;es, rondeurs, couleurs et fers forg&eacute;s aux balcons. On se r&eacute;veille comme d&rsquo;un mauvais r&ecirc;ve pour plonger son nez dans un espace vide. Ville invivable, condamn&eacute;e &agrave; &ecirc;tre contin&ucirc;ment pr&eacute;sente &agrave; elle-m&ecirc;me, sans repos. Impossible de s&rsquo;absenter dans la consid&eacute;ration de ce qui fut ou r&ecirc;ver &agrave; ce qui sera, une ville sans liens, juxtaposition de niches dans un espace &agrave; pente nulle, ville inond&eacute;e. <br />L&rsquo;eau monte, l&rsquo;inqui&eacute;tude aussi, le m&eacute;lange n&rsquo;est pas bon. Pas d&rsquo;air &agrave; Stein am Rhein, trop &agrave; Friedrichshafen.<br /><br /> <img class="imageStyle" alt="P1040361" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040361.jpg" width="234" height="234"/> <img class="imageStyle" alt="P1040354" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040354.jpg" width="234" height="234"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1040364" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040364-2.jpg" width="234" height="234"/>  <img class="imageStyle" alt="P1040350" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040350-2.jpg" width="234" height="234"/><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a la p&#xe9;dagogie institutionnelle</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-10-26T16:55:27+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/dbbb295551bc12bc4642addb8a6b6fad-1446.html#unique-entry-id-1446</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/dbbb295551bc12bc4642addb8a6b6fad-1446.html#unique-entry-id-1446</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/156-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a la p&eacute;dagogie institutionnelle<br />l&rsquo;&eacute;clat cireux des vieux planchers<br />l&rsquo;&eacute;tagement des for&ecirc;ts<br />il y a la chute des corps<br />tes mains autour du bol de th&eacute;<br />la triple cr&egrave;me<br />l&rsquo;ent&ecirc;tement de la pluie d&rsquo;automne<br />il y a les r&ecirc;ves qui ne veulent pas finir<br />les ruisseaux dont on a oubli&eacute; le nom<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 23 octobre 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Autres lieux</category><dc:date>2011-10-24T16:55:05+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/8f8b3bf7b77c0eccf23e9ffb5fa3c9f3-1445.html#unique-entry-id-1445</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/8f8b3bf7b77c0eccf23e9ffb5fa3c9f3-1445.html#unique-entry-id-1445</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/156-4-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Les heureuses perspectives promises &agrave; la fin du XIX&egrave;me si&egrave;cle &ndash; transports et industries &ndash;  ne se sont pas r&eacute;alis&eacute;es dans ce coin de pays, si bien que Schaffhouse et Constance n&rsquo;ont pas attendu, Stein am Rhein est rest&eacute;e en arri&egrave;re, d&eacute;laiss&eacute;e et respect&eacute;e comme une veuve.<br />Petite ville sise au bord du Rhin, &agrave; l&rsquo;ouest du lac de Constance, elle n&rsquo;est pas sans rappeler d&rsquo;autres petites villes demeur&eacute;es en marge de l&rsquo;histoire, soigneusement conserv&eacute;es, sem&eacute;es &agrave; assez bonne distance les unes des autres pour ne pas se faire d&rsquo;ombre. Elles exhibent chacune leurs particularit&eacute;s et celles que leur ont confi&eacute;es &ndash; en &eacute;change de leur protection &ndash; leurs fi&egrave;res voisines qui ont continu&eacute; leur route sans craindre de toucher aux h&eacute;ritages&nbsp;: l&rsquo;Histoire se d&eacute;tourne des coquetteries. Stein am Rhein s&rsquo;est fix&eacute;e pour toujours sur les rives du Rhin &agrave; la fin du Moyen &Acirc;ge.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1040490" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040490.jpg" width="470" height="352"/><br /><span style="font-size:10px; "><em>Stein am Rhein autour de 1900</em></span><br /><br />Stein am Rhein est &agrave; l&rsquo;image de ces blocs erratiques, amen&eacute;s l&agrave; on ne sait pas tr&egrave;s bien comment, denses, compacts. Il suffit de s&rsquo;y pencher, d&rsquo;examiner un fossile ou de tirer un fil pour que, si nous en &eacute;tions capables, l&rsquo;histoire de la terre ou celle des hommes se d&eacute;roule sous nos yeux : on y rencontre des seigneurs fonciers, un ma&icirc;tre du march&eacute;, l&rsquo;&eacute;v&ecirc;que, l&rsquo;avoyer, des abb&eacute;s, un Conseil et des bourgeois, des baillis &eacute;piscopaux, des barons et des fonctionnaires imp&eacute;riaux, des corporations, bras mort &agrave; l&rsquo;&eacute;cart du lit de l&rsquo;histoire, morceaux de m&eacute;moire qu&rsquo;une mauvaise conscience a d&eacute;cid&eacute; de conserver forclos en un m&ecirc;me lieu, palimpseste illisible dont on renonce &agrave; s&eacute;parer les couches. Faudra-t-il revenir les mains vides&nbsp;? On se r&eacute;sout &agrave; acheter quelque chose, une carte postale coloris&eacute;e comme les murs de cette cit&eacute; de cire. <br />Prot&eacute;g&eacute; par la gr&acirc;ce des lieux qui n&rsquo;existent pas, le centre historique de Stein am Rhein est aussi indestructible qu&rsquo;un souvenir. Un seul bombardement en 1945, le 22 f&eacute;vrier, quelques dommages qu&rsquo;on s&rsquo;empresse de r&eacute;parer. Hier les voyageurs du Royaume-Uni, aujourd&rsquo;hui ceux du Japon la sauvent de l&rsquo;oubli.<br />Ajoutons pour conclure que Stein am Rhein est le premier laur&eacute;at du prix Wakker en 1972. Ce prix r&eacute;compense les villes et les communes suisses qui se sont distingu&eacute;es dans la pr&eacute;servation exemplaire de leur site. Rien &agrave; signaler depuis 1972, aucune pierre n&rsquo;a boug&eacute;, sur les murs tatou&eacute;s de la ville plus de place pour &eacute;crire. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1040413" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040413.jpg" width="234" height="234"/> <img class="imageStyle" alt="P1040397" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040397.jpg" width="234" height="234"/>  <img class="imageStyle" alt="P1040400" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040400.jpg" width="234" height="234"/> <img class="imageStyle" alt="P1040401" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040401.jpg" width="234" height="234"/> <br /><p style="text-align:right;"><br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Tyrannie de la page A4</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Choses vues</category><dc:date>2011-10-21T21:38:52+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7e23863ef11e60916f992f983bb57b52-1444.html#unique-entry-id-1444</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7e23863ef11e60916f992f983bb57b52-1444.html#unique-entry-id-1444</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/155-6.png" width="50" height="50"/><br /><br />Le g&eacute;n&eacute;rateur Van-de-Graaff est naturellement l&rsquo;un des clous de la visite du Technorama, il produit un courant continu de pr&egrave;s de 500&rsquo;000 volts qui dessine sous vos yeux un arc &eacute;lectrique &ndash; ou vous fait litt&eacute;ralement dresser les cheveux sur la t&ecirc;te. A c&ocirc;t&eacute; de ce monstre la plus grande machine de Wimshurst au monde, avec un diam&egrave;tre sup&eacute;rieur &agrave; deux m&egrave;tres et des tensions encore de plusieurs centaines de milliers de volts. On rencontre cependant &agrave; Winterthur &eacute;galement des choses moins aveuglantes et plus apaisantes&nbsp;: un ballon rouge qui flotte sur un lac de carbone, des arrosoirs d&rsquo;azote liquide qui traversent des chapeaux de feutre comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de vieilles passoires, des faux-semblants, des casse-t&ecirc;te, la solitude des habitants d&rsquo;une bande de Moebius, les le&ccedil;ons du miroir, la carte de votre visage, l&rsquo;histoire acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e de la terre, le carrousel de Coriolis, l&rsquo;assurance des toupies, l&rsquo;huile magn&eacute;tique...<br />Mais au Technorama de Winterthur, il y a surtout une machine, une machine diabolique qui ram&egrave;ne chacun d&rsquo;entre nous &agrave; sa v&eacute;rit&eacute; et &agrave; la tyrannie d&rsquo;une &eacute;poque, notre apparence mesur&eacute;e au nombre de pages A4 vierges qui suffisent pour que, enroul&eacute;s dans ce suaire, nous ne soyons d&eacute;cid&eacute;ment plus rien.<br /><br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1040315" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040315-2.jpg" width="470" height="310"/><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>41</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2011-10-17T15:10:53+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c2be7227ce574a807133a1158154a3d4-1443.html#unique-entry-id-1443</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c2be7227ce574a807133a1158154a3d4-1443.html#unique-entry-id-1443</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/155-8.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Que nous acceptions de payer pour mieux comprendre qui nous sommes et d&rsquo;o&ugrave; nous venons fait bien voir l&rsquo;id&eacute;e que notre soci&eacute;t&eacute; se fait de son avenir. Il faudrait exiger, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de la gratuit&eacute; de la formation, la gratuit&eacute; des mus&eacute;es.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Elles avaient beau secouer leur crini&#xe8;re</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2011-10-20T16:10:46+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/1a6c0770c8b231d62aa6a45f5c587cec-1442.html#unique-entry-id-1442</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/1a6c0770c8b231d62aa6a45f5c587cec-1442.html#unique-entry-id-1442</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/155-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Elles avaient beau secouer leur crini&egrave;re, les mauvaises herbes et les linaigrettes sauvages du jardin du palais n&rsquo;avaient pas &eacute;t&eacute; en mesure de faire plier la volont&eacute; des fils des derniers princes, &eacute;duqu&eacute;s dans le culte de la r&eacute;ussite. La force imp&eacute;rieuse qui les poussait s&rsquo;&eacute;tait install&eacute;e en eux alors qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas encore les yeux secs. Sans l&rsquo;avoir r&eacute;ellement choisi, leur chemin grimpait vers un autre ciel, il &eacute;tait trop tard pour qu&rsquo;ils reviennent sur leurs pas. L&rsquo;estime qu&rsquo;ils avaient d&rsquo;eux-m&ecirc;mes les faisait esp&eacute;rer, pr&ecirc;ts &agrave; en d&eacute;coudre pour se partager les honneurs d&rsquo;autrefois. Mais, comme chacun d&rsquo;eux &eacute;tait par distinction assujetti &agrave; lui-m&ecirc;me, ils ne form&egrave;rent au bout du compte qu&rsquo;un seul &ecirc;tre &agrave; t&ecirc;tes multiples. On les entendait hurler de d&eacute;pit &agrave; la nuit tombante, rien &agrave; se mettre sous la dent, les greniers &eacute;taient vides et personne n&rsquo;&eacute;tait enclin &agrave; les nourrir. Ils cherchaient dans leur sommeil les traces d&rsquo;un exploit qu&rsquo;ils auraient pu d&eacute;terrer, ou au moins raconter. Mais &agrave; mesure que la gangr&egrave;ne faisait tomber chacune des parties de l&rsquo;ensemble, il fallait bien constater que la boue avait la partie facile et qu&rsquo;elle engloutissait tout autant leurs r&ecirc;ves que ceux que ces pr&eacute;somptueux nous avaient afferm&eacute;s, en &eacute;change de l&rsquo;exploitation d&rsquo;une parcelle de terre chiche situ&eacute;e au fond de l&rsquo;ancien jardin de l&rsquo;avou&eacute;. <br />On ne signalait aucune vague depuis quelques mois, et des douze fonctionnaires de la cit&eacute; responsables du r&eacute;seau des inclinations et des haines, un seul &eacute;tait d&eacute;sormais n&eacute;cessaire pour mettre &agrave; jour le plan des affects de la communaut&eacute;. Rien n&rsquo;&eacute;tait laiss&eacute; au hasard, on avait plac&eacute; &agrave; l&rsquo;angle de l&rsquo;h&ocirc;tel de ville un r&eacute;cipient de fer blanc dans lequel on d&eacute;posait les derni&egrave;res pr&eacute;rogatives, les chiffres de ce qu&rsquo;on ne retrouvait pas, les impairs. On le vidait chaque soir sans qu&rsquo;il y e&ucirc;t de c&eacute;r&eacute;monie, le vent d&rsquo;est faisait voler les noms des disparus et les m&eacute;langeait &agrave; la poussi&egrave;re qu&rsquo;on stockait avec les cendres dans de grandes bassines d&rsquo;&eacute;tain, pour si jamais.<br />Cette d&eacute;r&eacute;liction avait du bon aux yeux de certains parce qu&rsquo;elle obligeait, disaient-ils, les survivants &agrave; penser jusqu&rsquo;o&ugrave; une communaut&eacute; pouvait d&eacute;sesp&eacute;rer. On &eacute;galisa, on &eacute;galisa, la temp&eacute;rature se maintint stable. Pourtant, aux grandes mar&eacute;es de printemps, le ciel s&rsquo;abaissa d&rsquo;un cran. La mer ne parvint pas &agrave; remonter son attirail, ni &agrave; descendre jusqu&rsquo;au grand chenal. Il fallut soudain songer &agrave; prendre de nouvelles mesures.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Un trou au vilebrequin dans le tohu-bohu</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2011-10-24T16:10:42+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/43c51976e79bdb590602a9df7e7bcc35-1441.html#unique-entry-id-1441</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/43c51976e79bdb590602a9df7e7bcc35-1441.html#unique-entry-id-1441</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/156-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Les menaces dont on per&ccedil;oit chaque matin les &eacute;chos inquiets, &agrave; la radio, au supermarch&eacute; ou au caf&eacute; p&egrave;sent sur notre soci&eacute;t&eacute; et hypoth&egrave;quent la possibilit&eacute; m&ecirc;me d&rsquo;un avenir &agrave; qui on donnerait autre chose que ce &agrave; quoi on l&rsquo;a condamn&eacute;, quelque chose comme une chance. Les dettes que les plus pauvres ont d&ucirc; contracter dans les sous-sols pour assurer leur survie sur des paillassons, celles que les plus riches ont &eacute;t&eacute; amen&eacute;s &agrave; effacer pour jouir encore un instant d&rsquo;un balcon surplombant l&rsquo;horizon, les int&eacute;r&ecirc;ts de ces dettes dont nous avons &agrave; payer les traites chaque jour aiguisent et apaisent le jeu en rassemblant des adversaires que rien ne distingue pour nous faire patienter et nous consoler en arguant qu&rsquo;il nous reste de la marge encore avant de devoir plonger vaillants dans la temp&ecirc;te. Les digues sont ext&eacute;nu&eacute;es, la pouss&eacute;e est continue, il n&rsquo;y a plus aucun r&eacute;pit, les rem&egrave;des sont des poisons, les nuits chevauchent les jours si bien qu&rsquo;il nous reste bien peu de place et de force pour imaginer ne serait-ce qu&rsquo;un instant un morceau d&rsquo;avenir libre d&rsquo;hypoth&egrave;ques, de dettes et d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;ts. Certains d&rsquo;entre nous devront, c&rsquo;est s&ucirc;r, demander un cr&eacute;dit pour passer la saison, impossible de faire autrement, mais il convient malgr&eacute; tout de se r&eacute;server une possibilit&eacute;, tandis que nous parvient de la terre, lointain, un tohu-bohu sans queue ni t&ecirc;te, la possibilit&eacute; de creuser sur les rives du fleuve qui roule ses eaux puissantes, au vilebrequin, un trou o&ugrave; loger le rien, et d&rsquo;y &eacute;couter la mer comme dans un coquillage.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 16 octobre 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-10-19T13:10:38+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c2e1058cc07f022f942ff97bff9ac303-1440.html#unique-entry-id-1440</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c2e1058cc07f022f942ff97bff9ac303-1440.html#unique-entry-id-1440</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/155-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Fondation r&eacute;elle ou l&eacute;gendaire de Rome, 900, 753, les Etrusques, 616, la R&eacute;publique et l&rsquo;Empire, 509 et 27, Th&eacute;odose et les Barbares, 395, 476, tant qu&rsquo;&agrave; faire et avant qu&rsquo;on n&rsquo;impose &agrave; Arthur d&rsquo;autres dates pour son &eacute;dification, on file jusqu&rsquo;&agrave; Avenches. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1040165" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040165.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />La campagne est presque d&eacute;serte, les champs de ma&iuml;s r&eacute;tr&eacute;cissent, une charrue va et vient dans la terre noire, les h&eacute;rons se sont install&eacute;s dans les pr&eacute;s. On a oubli&eacute; au milieu une r&eacute;colteuse &agrave; tabac, elle a quelques chose de la mante religieuse. Plus loin des camions &agrave; l&rsquo;arr&ecirc;t, charg&eacute;s des feuilles de burley en balles, qui pendaient comme des harengs dans les hauts hangars qui bordent la Broye. La campagne s&rsquo;endort.<br />Pas mieux dans le <em>Mus&eacute;e romain</em>, pas un chat mais des bris de marbre froids, vivants comme nos visages en hiver. Et des babioles en veux-tu en voil&agrave; tir&eacute;es des tombeaux profan&eacute;s. Le temps s&rsquo;est arr&ecirc;t&eacute;, mais on ne sait pas tr&egrave;s bien sur qui, sur quoi. Et si rien ne meurt, rien n&rsquo;est &agrave; proprement parler vivant.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1040154" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040154.jpg" width="470" height="353"/><br /><br />Dehors c&rsquo;est dimanche et les ruines sont sous contr&ocirc;le. Les thermes du forum sont prot&eacute;g&eacute;es par un toit immense, on a coiff&eacute; la t&ecirc;te de la colonne du Cigognier d&rsquo;un bonnet imperm&eacute;able, le buste en or de Marc-Aur&egrave;le est dans un coffre de la Banque cantonale vaudoise, les pierres du th&eacute;&acirc;tre ont &eacute;t&eacute; rejoint&eacute;es. Tout l&agrave;-bas le mur d&rsquo;enceinte de l&rsquo;ancienne capitale romaine se confond avec l&rsquo;horizon. D&eacute;sormais les ruines font partie des meubles. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1040175" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040175.jpg" width="470" height="353"/><br /><br />Pourtant quelque chose respire, les amonc&egrave;lements de vieilles pierres aussi hauts que des tas de betteraves bougent, on se balade sur les chemins de d&eacute;vestiture. On attend quelque chose, quelqu&rsquo;un, des Barbares, un nouvel Hannibal, la bulle d&rsquo;un pape ou les crues de la Broye, n&rsquo;importe qui, n&rsquo;importe quoi, mais quelque chose, quelque chose ou rien, et le silence pousse par en-dessous, les fondations tremblent, la terre br&ucirc;le sans couvre-chef.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les pommes de terre en robe des champs</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-10-18T15:10:35+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b5faf3ed15ab781a2d8110f8962554c3-1439.html#unique-entry-id-1439</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b5faf3ed15ab781a2d8110f8962554c3-1439.html#unique-entry-id-1439</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/155-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les pommes de terre en robe des champs<br />les peuples orphelins<br />il y a l&rsquo;ab&icirc;me qui s&eacute;pare l&rsquo;ind&eacute;chiffr&eacute; de l&rsquo;ind&eacute;chiffrable<br />les f&ecirc;tes foraines sur les rives du Vidourle<br />ton corps cach&eacute; dans la laine<br />il y a le linge sur le fil<br />il y a les rues sans gr&acirc;ce<br />les infractions aux lois militaires<br />il y a les diseuses de bonne aventure <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Naissance du p&#xe8;re</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><category>Peuplement</category><dc:date>2011-10-13T14:27:08+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/4173c36d218c9a534bef3a3327eb9e76-1438.html#unique-entry-id-1438</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/4173c36d218c9a534bef3a3327eb9e76-1438.html#unique-entry-id-1438</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/154-8.png" width="50" height="50"/><br /><br /><span style="font-size:11px; "><em>Pour Romain Rousset</em></span><br /><br />Ondine est n&eacute;e mardi pass&eacute;, le p&egrave;re s&rsquo;y attendait, il a quand m&ecirc;me &eacute;t&eacute; un peu surpris, Ondine pas du tout.  Le p&egrave;re se porte bien. faut dire que l&rsquo;enfant a d&eacute;barqu&eacute; &agrave; la derni&egrave;re minute, les yeux grands ouverts, au moment m&ecirc;me o&ugrave; personne ne l&rsquo;attendait, si bien que le p&egrave;re n&rsquo;a pas eu le temps d&rsquo;&ecirc;tre pris de court. Il a toutefois &eacute;t&eacute; suffisamment remu&eacute; pour penser qu&rsquo;il avait pass&eacute; un peu &agrave; c&ocirc;t&eacute;. Lui, au fond, il aurait bien voulu qu&rsquo;on recommence tout, pour tout voir et se souvenir, ou qu&rsquo;on diff&egrave;re un tout petit peu le moment de cette naissance, oh&nbsp;! &agrave; peine une ou deux minutes, l&rsquo;histoire d&rsquo;avoir les yeux bien ouverts, et d&rsquo;&ecirc;tre bien pr&ecirc;t du commencement &agrave; la fin. &Ccedil;a n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; le cas, tant mieux pour Ondine et sa maman.<br />Faut dire que le p&egrave;re ne pensait sinc&egrave;rement pas que la naissance c&rsquo;&eacute;tait &ccedil;a, on l&rsquo;aurait dite naturelle, naturelle et impr&eacute;vue. Mais les choses auraient-elles pu se passer autrement&nbsp;? L&rsquo;enfant comme tous les enfants venait de nulle part et le p&egrave;re n&rsquo;a pas tout saisi, Ondine a gliss&eacute; d&rsquo;entre les jambes de la m&egrave;re, a cri&eacute; deux fois avant de s&rsquo;endormir sur ce ventre dont on l&rsquo;avait tir&eacute;e. C&rsquo;&eacute;tait un peu comme de la science-fiction, c&rsquo;est ce qu&rsquo;il se disait sans y croire, car il ne savait pas exactement ce qu&rsquo;&eacute;tait la science-fiction. Il a regard&eacute; Ondine avant de quitter l&rsquo;h&ocirc;pital et il a eu l&rsquo;impression qu&rsquo;Ondine lui ressemblait. <br />Il rentre &agrave; la maison, seul, se couche en chien de fusil songeant &agrave; cette autre qui dort ainsi &agrave; l&rsquo;instant ailleurs, il se tient dans son lit comme elle dans le sien. Il ne peut aller au-del&agrave; et t&eacute;moigner de ce qu&rsquo;il n&rsquo;a vraisemblablement pas tout &agrave; fait cess&eacute; d&rsquo;&eacute;prouver mais qu&rsquo;il imagine avec peine, qu&rsquo;il n&rsquo;imagine pas, parce que ce n&rsquo;est pas une image, il a beau chercher un acc&egrave;s, la raison qui lui a permis d&rsquo;embrasser le monde et de l&rsquo;attacher d&rsquo;un brin de langage le fait buter sur un seuil, six ou sept ans, les choses tenaient toutes seules et lui dedans avec elles, ensemble pour la derni&egrave;re fois, tout lui revient mais sans rien au bout, payant aujourd&rsquo;hui le prix fort d&rsquo;avoir l&acirc;ch&eacute; <em>l&rsquo;&eacute;tendue pour le rep&eacute;rage... Quelque chose d&rsquo;essentiel, l&rsquo;atmosph&egrave;re int&eacute;rieure, un je-ne-sais-quoi qui liait tout, a disparu et tout le monde de l&rsquo;enfance avec lui, ainsi qu&rsquo;un port de p&ecirc;che entrevu et qu&rsquo;une odeur de goudron et de calfatage seule liait dans notre m&eacute;moire et seule peu ressusciter&nbsp;; mais l&rsquo;&laquo;&nbsp;odeur&nbsp;&raquo; de l&rsquo;enfance en nous est autrement enfouie et irretrouva</em>ble <em>(Henri Michaux, Verve,1938).<br /></em>Ondine est n&eacute;e, Alice aussi.<em><br /></em><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><em><br /></em><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Honor&#xe9; par une inconnue et par Eric Chevillard</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-10-12T14:26:43+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/bae3c277b1a24555f6511470c2b330d6-1437.html#unique-entry-id-1437</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/bae3c277b1a24555f6511470c2b330d6-1437.html#unique-entry-id-1437</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/154-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Je lis avec int&eacute;r&ecirc;t la pr&eacute;sentation qu&rsquo;une journaliste de la r&eacute;gion fait d&rsquo;une poti&egrave;re et de son travail dans le journal local. J&rsquo;ai assez vite le sentiment pourtant, non pas d&rsquo;avoir d&eacute;j&agrave; lu cet article mais qu&rsquo;un autre que moi a eu acc&egrave;s aux doutes et aux pens&eacute;es secrets qui m&rsquo;ont assailli et dans lesquels j&rsquo;ai d&ucirc; mettre bon ordre avant de r&eacute;diger, il y a quelques semaines, la note que j&rsquo;ai consacr&eacute;e &agrave; cette m&ecirc;me poti&egrave;re et &agrave; son travail expos&eacute; dans une galerie du coin. <br />J&rsquo;&eacute;prouve sur le champ un double sentiment contradictoire&nbsp;: de satisfaction d&rsquo;abord, en songeant &agrave; l&rsquo;honneur que me fait cette personne inconnue en se servant d&rsquo;un texte laborieusement &eacute;crit, en empruntant &agrave; celui-ci quelque chose comme son allure  g&eacute;n&eacute;rale et sa pigmentation lexicale, son rythme, son mouvement, bref, ce quelque chose d&rsquo;impalpable qu&rsquo;on d&eacute;pose &agrave; notre insu sur la page et sur lequel on n&rsquo;a plus barre lorsqu&rsquo;on d&eacute;cide de la tourner. L&rsquo;effarement ensuite &agrave; l&rsquo;id&eacute;e que de telles pratiques existent hors des &eacute;coles et des universit&eacute;s, mettant en p&eacute;ril la loi qui assure la propri&eacute;t&eacute; intellectuelle de chacun. <br />N'aurait-il pas &eacute;t&eacute; plus &eacute;l&eacute;gant que cette journaliste me demande l'autorisation &ndash; que je lui aurais &agrave; coup s&ucirc;r accord&eacute;e &ndash; de publier mon texte dans l&rsquo;honorable journal dont elle est l&rsquo;un des piliers, en ajoutant en bas de page, comme il se doit, mon nom et pas le sien&nbsp;? Cela lui aurait &eacute;pargn&eacute; un travail douteux qui rel&egrave;ve de la pire des esp&egrave;ces, celui de la dissimulation. Serais-je au coeur d&rsquo;une histoire de plagiat, h&eacute;ros et victime ?<br />Je le lui dis par &eacute;crit en lui demandant pour conclure comment elle compte r&eacute;parer son forfait, la voie de la justice ou le duel&nbsp;? Elle me t&eacute;l&eacute;phone &eacute;tonn&eacute;e. Car enfin, elle s&rsquo;est inform&eacute;e aupr&egrave;s de la poti&egrave;re qui lui a vraisemblablement communiqu&eacute; les m&ecirc;mes informations qu&rsquo;&agrave; moi. D&rsquo;ailleurs certains mots ne sont pas les m&ecirc;mes. J&rsquo;essaie de lui expliquer qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;autre chose, du mouvement m&ecirc;me de ce texte, de ses parties, de ses h&eacute;sitations, de ses ruptures et de ses encha&icirc;nements par lesquels on essaie de tenir, chacun &agrave; sa mani&egrave;re, un propos et retenir un sens. Elle n&rsquo;en d&eacute;mord pas et chemin faisant finit par me faire douter. Je d&eacute;cide donc de reprendre mon texte et de le placer en regard du sien transcrit en italique.<br /><br /><span style="font-size:14px; "><br /></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;">Elle participe enfant aux ateliers de poterie que Simone M. offre aux &eacute;l&egrave;ves de Moudon lorsque l&rsquo;&eacute;cole est finie. </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>Cette rencontre avec la terre sera d&eacute;cisive</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"> et ses effets ne la l&acirc;cheront pas.&nbsp;<br /><br /></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>Une rencontre avec la terre sera d&eacute;cisive</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em> dans son parcours.<br /></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><br /><br /><br /><br /></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>Mais c&rsquo;est en marge de son activit&eacute; professionnelle</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"> que Laurence P. se formera, </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>dans la vertu du compagnonnage et des ateliers o&ugrave; la transmission se fait de main &agrave; main</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;">, hors l&rsquo;institution </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>o&ugrave; la norme se raidit, dans ces marges</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"> que nos soci&eacute;t&eacute;s ont laiss&eacute;es en friche pour que le passionn&eacute; ind&eacute;pendant puisse aller de son pas, loin des pressions, et trouver cette confiance qui cro&icirc;t de l&rsquo;int&eacute;rieur.<br /><br /></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>En marge de son activit&eacute; professionnelle</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>, elle se sent &agrave; l&rsquo;aise </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>dans les ateliers o&ugrave; le savoir se transmet de main &agrave; main</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>, l&eacute;g&egrave;rement </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>en marge du conformisme et des cours traditionnels</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>.<br /></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><br /><br /><br /><br />Laurence P. rendra ce qu&rsquo;elle a re&ccedil;u aux enfants, &agrave; ceux de Lucens et de Moudon d&rsquo;abord, &agrave; ceux des</span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u> alentours de Vulliens ensuite o&ugrave; elle vit avec sa famille</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;">. C&rsquo;est au geste libre et au regard appliqu&eacute; </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>des enfants</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"> que va tout particuli&egrave;rement son attention, et c&rsquo;est pour eux qu&rsquo;elle a suivi en 1991 l&rsquo;enseignement d&rsquo;Arno Stern. Il lui a permis de mieux d&eacute;finir sa place, non plus &eacute;valuer l&rsquo;ad&eacute;quation des productions des enfants &agrave; des mod&egrave;les, mais les </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>accompagner autant</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"> que faire se peut dans l&rsquo;exploration de ce qu&rsquo;ils sont, sans que jamais leurs r&eacute;alisations ne constituent la fin derni&egrave;re de leur aventure. Un vent d&rsquo;est souffle &agrave; Vulliens o&ugrave; sont mises &agrave; l&rsquo;honneur des techniques qui ne tournent pas rond&nbsp; : modelage, colombins, plaques.<br /><br /></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>Dans le petit village de Vulliens, o&ugrave; elle vit entour&eacute;e de sa famille</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>, elle offre aux enfants cet environnement propice &agrave; la cr&eacute;ativit&eacute;. Elle </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>accompagne</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>, encourage, guide sans imposer.<br /></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><br /><br /><br /><br />&Ecirc;tre au service de l&rsquo;enfant soit, puisqu&rsquo;il en a besoin, mais &ecirc;tre &agrave; soi-m&ecirc;me son propre servant, explorer l&rsquo;histoire, les techniques et d&eacute;couvrir les variations </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>des formes primitives</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;">, bol, assiette ou plat, pr&eacute;parer m&eacute;ticuleusement la rencontre de la terre et du feu, partager avec d&rsquo;autres son savoir-faire, n&rsquo;est-ce pas essentiel aussi&nbsp; ? A cet &eacute;gard le stage auquel participe Laurence P. en </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>2009 &agrave; Saint-Quentin-la-Poterie est crucial</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;">.&nbsp;<br /><br /></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>Les </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>formes primitives</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em> la s&eacute;duisent et le stage auquel elle participe &agrave; </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>Saint-Quentin-la-Poterie est le pas d&eacute;cisif</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>.<br /></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><br /><br /><br /><br /></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>Elle s&rsquo;y familiarise avec les techniques des cuissons primitives</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;">, celle </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>du raku et de l&rsquo;enfumage</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"> qui vont infl&eacute;chir ses r&eacute;alisations. Elle en revient pleine d&rsquo;id&eacute;es.<br /><br /></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>D&egrave;s lors </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>elle se familiarise avec les techniques dites de cuissons primitives</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>. Son jardin devient l&rsquo;atelier en plein air. Pr&egrave;s de la roulotte, le feu et la volont&eacute; de r&eacute;aliser des pi&egrave;ces selon la technique du </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>raku et de l&rsquo;enfumoir</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>.<br /></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><br /><br /><br /><br /></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>Demandez&nbsp; ! Elle vous racontera</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"> la chamotte et son grain, </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>le galet</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"> pour polir avant la premi&egrave;re cuisson, les petites inventions qui font sourire, la</span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u> vieille lessiveuse</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;">, </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>le biscuit</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;">, le lit de </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>sciure</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"> de sapin ou de </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>ch&ecirc;ne</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"> m&ecirc;l&eacute;e &agrave; la </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>paille</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"> et le foin, la cire d&rsquo;abeille et le </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>bas de laine</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"> avec lesquels elle lustre les pi&egrave;ces enfum&eacute;es, la fabrication des &eacute;maux, les &eacute;tonnements lorsqu&rsquo;on d&eacute;fourne.&nbsp;&nbsp;<br /><br /></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>Le mat&eacute;riel utilis&eacute;, elle en parle avec l&rsquo;enthousiasme</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em> de la d&eacute;couverte. </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>Galet</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>, </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>sciure</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>, </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>paille</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>, </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>ch&ecirc;ne</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>, </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>vieille lessiveuse</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>, </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>biscuit</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>, </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>cire d&rsquo;abeille</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em> ou </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>bas de laine</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>,...<br /></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><br /><br /><br /><br />Voyez les rejetons de cette myst&eacute;rieuse cuisine con&ccedil;ue dans l&rsquo;atelier, r&eacute;p&eacute;t&eacute;e, hautement technique, jointe au savoir-faire </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>des anciens</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;">&nbsp;!&nbsp;<br /><br /></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>... l&rsquo;univers de cette artiste est d&rsquo;un autre temps. </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>Les anciens</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>, comme elle dit, nous ont tout appris&nbsp;!<br /></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><br /><br /><br /><br />C&rsquo;est l&rsquo;&eacute;cho d&rsquo;un &eacute;v&eacute;nement soigneusement pr&eacute;par&eacute; que </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>le feu </u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;">dans le four prend soudain en main, un bref instant, </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>livrant</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"> aux </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>circonstances et aux hasards</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"> les mauvais </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>plis de la </u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;">terre, r&eacute;cipients aux bords ronds, ind&eacute;cis, peau </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>lisse</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"> ou </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>craquel&eacute;e</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;">, enfum&eacute;s ou &eacute;maill&eacute;s, grands signes de fum&eacute;e noire, dentelles de l&rsquo;&eacute;mail qui se r&eacute;tracte.&nbsp;&nbsp;<br />&nbsp;<br /></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>La terre livr&eacute;e au feu</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em> se mod&egrave;le </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>au gr&eacute; du hasard</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>. Parfois </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>craquel&eacute;e</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em> ou </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>lisse</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>, la boule ronde fait son nid, ses trous et ses plis se nuancent de gris, perle ou noir<br /></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><br /><br /><br /><br />On n&rsquo;y est pour rien, ni les dieux ni les anciens ne sont jamais entr&eacute;s dans le four, pas plus qu&rsquo;ils ne sont entr&eacute;s dans la t&ecirc;te des enfants. Pas besoin d&rsquo;aller bien loin pour </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>voyager</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;">, </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><u>une roulotte prise dans les hautes herbes suffit</u></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;">.<br /><br /></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>Le voyage</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em> se poursuit, </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;">Laurence P.</span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em> est une nomade, </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><u>sa roulotte l&rsquo;attend au fond du jardin</u></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em>.</em></span><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#4C4C4C;"><em><br /></em></span><br /><br />Mon enqu&ecirc;te s&rsquo;ach&egrave;ve, et c&rsquo;est vrai, je le conc&egrave;de volontiers, il y a beaucoup de mots diff&eacute;rents dans nos deux textes. A la r&eacute;flexion, il est m&ecirc;me plut&ocirc;t curieux que nos textes ne soient pas exactement les m&ecirc;mes. Car enfin, tous deux tentent de saisir une seule et m&ecirc;me r&eacute;alit&eacute;, n&rsquo;est-ce pas ? <br />Pour conclure cette journ&eacute;e qui aurait pu se terminer l&agrave;, dans le confit ou l&rsquo;eau de boudin, je fais une vir&eacute;e sur <em>l&rsquo;Autofictif</em> d&rsquo;Eric Chevillard. J&rsquo;y lis les trois &eacute;pisodes d&rsquo;une &eacute;trange aventure que je ne peux m&rsquo;emp&ecirc;cher de mettre en relation &agrave; une autre aventure publi&eacute;e le jour pr&eacute;c&eacute;dent chez moi, dans lesmarges.net. Voici :<br /><br /><a href="http://l-autofictif.over-blog.com/article-1370-86323029.html" rel="self"><img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/chevillardplagiat.png" width="480" height="299"/></a><br /><br /><a href="http://www.lesmarges.net/files/c4dbd369cd3c11e5a217c7df1734ccce-1434.html" rel="self"><img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/jeanremychevillard.png" width="480" height="323"/></a><br /><br />Me faut-il go&ucirc;ter &agrave; la satisfaction d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; &agrave; nouveau honor&eacute; par un emprunt ou, scandalis&eacute; pour la seconde fois aujourd&rsquo;hui, intenter un proc&egrave;s &agrave; ce roi de Minuit qui ne pouvait pas ignorer la pr&eacute;sence de mon billet sur la toile, son contenu et sa forme solaire. Et offrir &agrave; la vindicte populaire ce plagiaire qui, en usant sur l&rsquo;axe syntagmatique et paradigmatique des transformations et des permutations dont Claude L&eacute;vi-Strauss nous a enseign&eacute; le fonctionnement, a tir&eacute; de mon billet r&eacute;alis&eacute; au burin un billet a&eacute;rien d&eacute;coup&eacute; du bout des doigts, mais qui dans son essence ne rec&egrave;le rien de plus que le mien. Il me faut me r&eacute;signer, nous vivons le r&egrave;gne des <a href="http://www.lesmarges.net/files/f3dbe4954ef7f216ef2701305e06f617-1426.html" rel="self">inventions simultan&eacute;es</a>.<br /><br />Une consolation ce soir, la lecture vertigineuse de <em>Pierre M&eacute;nard, auteur du Quichotte, </em>et reprendre tout &agrave; z&eacute;ro<em>, </em>Jorge Luis Borges, encore et toujours, qui a fait mieux que nous tous r&eacute;unis.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 9 octobre 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Les disparus</category><dc:date>2011-10-14T14:26:40+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/dbcde08205e34750bacd52f5c9afd673-1436.html#unique-entry-id-1436</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/dbcde08205e34750bacd52f5c9afd673-1436.html#unique-entry-id-1436</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="P1030977" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030977.jpg" width="470" height="353"/><br /><span style="font-size:8px; "><em>En face du mus&eacute;e de l&rsquo;Art Brut</em></span><br /><br />Fernando Oreste Nannetti est n&eacute; &agrave; Rome en 1927, abandonn&eacute; dans le quartier de Saint&rsquo;Anna, accueilli dans une maison de charit&eacute;, d&eacute;plac&eacute; dans un asile. Son internement quelques ann&eacute;es plus tard dans l&rsquo;h&ocirc;pital psychiatrique Santa Maria della Piet&agrave; l&rsquo;atteste : des vertus aux neuroleptiques il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas. Un autre le conduit des collines du Latium &agrave; celles de Toscane au coeur desquelles l&rsquo;administration psychiatrico-p&eacute;nitentiaire le mute, avec son dossier de schizophr&egrave;ne sous le bras. Il passera plusieurs ann&eacute;es dans l&rsquo;h&ocirc;pital de Volterra, de 1959 &agrave; 1961 et de 1968 &agrave; 1973. La documentation mise &agrave; la disposition du visiteur de la <em><a href="http://www.artbrut.ch/" rel="self">Collection de l&rsquo;Art Brut</a></em>  ne dit rien de ce qu&rsquo;il advint de Nannetti entre 61 et 68, un silence convenu dont tout le monde semble se satisfaire. C&rsquo;est dans le pr&eacute;au de cet asile qu&rsquo;il entame, avec l&rsquo;ardillon de son gilet, la r&eacute;daction d&rsquo;un long texte qu&rsquo;il rive dans le ciment, &agrave; raison d&rsquo;une heure par jour, un m&egrave;tre courant de pages volantes en 4 jours.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1040025" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040025.jpg" width="466" height="349"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1040058" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040058.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1040053" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040053.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1040054" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040054.jpg" width="153" height="153"/><br /><span style="font-size:8px; "><em>Copies d&rsquo;&eacute;cran du film de  Pier Nello Manoni et Erika Manoni</em></span><span style="font-size:7px; "><em> </em></span><span style="font-size:8px; "><em>(d&eacute;tails)</em></span><br /><br />Il grave dans le dur les morceaux de sa vie et des fragments des nouvelles du monde, qui lui parviennent sur les fil tendus de ses jours. On dirait des empreintes de pattes de moineaux dans la neige. <br />Cette heure quotidienne lui aura peut-&ecirc;tre permis &ndash; oh&nbsp;! comme je l&rsquo;esp&egrave;re&nbsp;! &ndash; de go&ucirc;ter un peu aux beaux jours et de d&eacute;poser un instant les souffrances que la solitude, l&rsquo;h&eacute;r&eacute;dit&eacute; peut-&ecirc;tre, les circonstances et les pas clout&eacute;s de son si&egrave;cle ont plac&eacute;es sur son chemin. Geste d&rsquo;une &eacute;pop&eacute;e myst&eacute;rieuse aux dimensions de celle de Bayeux. Combien d&rsquo;ardillons l&rsquo;homme aura-t-il us&eacute;s pour lister les &eacute;tapes de son calvaire, les paraboles de son incompr&eacute;hensible aventure, battus par la brise dans le cagnar d&rsquo;ao&ucirc;t, lav&eacute;s par les averses de douleurs les jours de pluie&nbsp;? Personne hormis les psychiatres et les proc&egrave;s-verbistes de l&rsquo;art ne liront ce texte illisible. Nannetti accastille un langage neuf pour traverser des jours sans queue ni t&ecirc;te, trap&egrave;zes en &eacute;quilibre, une cour en guise de vie int&eacute;rieure qu&rsquo;il d&eacute;roule comme un ruban punais&eacute; dans le ciel tandis que sa d&eacute;tention continue &agrave; le creuser jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;os. Nannetti donne une r&eacute;ponse &agrave; la question que l&rsquo;&eacute;criture ne cesse de poser, l&rsquo;&eacute;criture pend comme une guirlande aux fen&ecirc;tres des plaies.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1030960" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030960.jpg" width="470" height="185"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1030959" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030959.jpg" width="470" height="255"/><br /><span style="font-size:9px; "><em>Pier Nello Manoni </em></span><span style="font-size:8px; "><em>(d&eacute;tails)</em></span><span style="font-size:9px; "><em><br /></em></span><br />Le cr&eacute;pi l&acirc;che, les ali&eacute;nistes r&eacute;forment leurs principes, les fa&ccedil;ades c&egrave;dent. Il n&rsquo;y a plus de pilote sur la nef des fous, on a renvoy&eacute; les locataires, qu&rsquo;ils aillent voir ailleurs. Que penser de la d&eacute;cision du Parlement italien de fermer en 1978 tous les h&ocirc;pitaux psychiatriques&nbsp;? <br />On ramasse les vieux paquets de nazionali sans filtre qui tra&icirc;nent dans les pr&eacute;aux, les fen&ecirc;tre sans carreaux sont ouvertes, le temps fait le reste, d&eacute;colle les murs que rongent les lamentations de la mauvaise conscience. Nannetti s&rsquo;en fout, personne n&rsquo;est jamais venu lui rendre visite, personne ne viendra, et Nannetti n&rsquo;est pas rancunier, il a laiss&eacute; &agrave; d&rsquo;autres le soin ridicule de s&rsquo;occuper de son destin. Son corps d&rsquo;alb&acirc;tre s&rsquo;appuie aux ornements d&rsquo;autres palais, les pans de leur m&eacute;moire s&rsquo;effritent &agrave; l&rsquo;ombre d&rsquo;un pin solitaire t&eacute;moin muet de la vie des emmur&eacute;s. Ils tombent ensemble &agrave; l&rsquo;abandon.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1040102" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040102.jpg" width="470" height="352"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1030994" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030994.jpg" width="470" height="222"/><br /><span style="font-size:9px; "><em>Mario Del Curto </em></span><span style="font-size:8px; "><em>(dans la cour du Mus&eacute;e de l&rsquo;Art Brut)</em></span><br /><br /><img class="imageStyle" alt="nannetti_fernando_portrait-30271364" src="http://www.lesmarges.net/files/nannetti_fernando_portrait-30271364.jpg" width="134" height="178"/><br /><span style="font-size:9px; "><em>Fernando Oreste Nannetti par Pier Nello Manoni<br /></em></span><br />L&rsquo;h&ocirc;pital de Volterra est ferm&eacute; en 1978 suite &agrave; l&rsquo;application de la loi Basaglia. La folie et la maladie qu&rsquo;on ne retient pas sont all&eacute;es se loger ailleurs, loin de l&rsquo;inadmissible mis&egrave;re. Les carri&egrave;res d&rsquo;alb&acirc;tre sont pour la plupart abandonn&eacute;es, les folies douces errent dans les villes entre coques et ch&acirc;taignes, pourrissement, feuilles mortes et mac&eacute;ration. Les murs qui branlent, le texte qui s&rsquo;enruine, Nanetti tombe &agrave; la renverse et meurt seul en 1994.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1040066_2" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040066_2.jpg" width="470" height="280"/><br /><span style="font-size:8px; "><em>Copie d&rsquo;&eacute;cran du film de  Pier Nello Manoni et Erika Manoni</em></span><span style="font-size:7px; "><em> </em></span><span style="font-size:8px; "><em>(d&eacute;tail)<br /></em></span><br />Faut-il aller jeter un dernier coup d&rsquo;oeil &agrave; ce livre de sable qui part en poussi&egrave;re et tenter une ultime r&eacute;habilitation&nbsp;? Je n&rsquo;irai pas &agrave; Volterra. je ne secouerai pas la t&ecirc;te, ne reviendrai pas en arri&egrave;re, n&rsquo;irai pas de l&rsquo;avant, me laisserai rejoindre et d&eacute;passer par l&rsquo;ombre de cet homme, de cette b&acirc;tisse et de son pr&eacute;au, qui vont d&rsquo;un pas lent dedans leur n&eacute;antissement, beaut&eacute; qui se d&eacute;tourne, se retourne comme la mer. Cette aventure t&eacute;moigne de ce &agrave; c&ocirc;t&eacute; de quoi les vivants passent en tentant de lire l&rsquo;illisible, nos odyss&eacute;es ne nous m&egrave;nent nulle part, on peut au mieux esp&eacute;rer un chien pour nous reconna&icirc;tre.<span style="font:11px Verdana, serif; "><br /></span><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/154-6.png" width="50" height="50"/><span style="font:11px Verdana, serif; "><br /></span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a l&#x2019;honn&#xea;tet&#xe9; tardive</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-10-11T10:26:26+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/45405482bc90251f516735907bc3b703-1435.html#unique-entry-id-1435</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/45405482bc90251f516735907bc3b703-1435.html#unique-entry-id-1435</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/154-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a l&rsquo;honn&ecirc;tet&eacute; tardive<br />l&rsquo;acoustique des man&egrave;ges<br />les vieilles flemmes<br />il y a la raideur des roses tr&eacute;mi&egrave;res<br />il y a le froissement du merle dans les feuilles mortes<br />ta mandoline pendue &agrave; un clou<br />la vitesse de cicatrisation<br />celle de s&eacute;dimentation<br />il y a l&rsquo;&eacute;pilobe altier<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>XCVII</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2011-10-10T08:25:47+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c4dbd369cd3c11e5a217c7df1734ccce-1434.html#unique-entry-id-1434</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c4dbd369cd3c11e5a217c7df1734ccce-1434.html#unique-entry-id-1434</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/154-4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il est 17 heures, Jean-R&eacute;my se ronge les ongles dans les couloirs d&rsquo;un cabinet de gastro-ent&eacute;rologie. Il est l&agrave; pour un examen que son m&eacute;decin traitant lui a conseill&eacute; en raison de sa lourde h&eacute;r&eacute;dit&eacute;. Soudain, une infirmi&egrave;re passe en tirant &agrave; petits pas un appareil sur roulettes muni d&rsquo;un tuyau au diam&egrave;tre imposant. Jean-R&eacute;my n&rsquo;en demandait pas tant, il prend peur, ses cliques et ses claques, et dispara&icirc;t. <br />Tandis que la porte se referme sur la salle d&rsquo;attente, on entend les mots d&rsquo;un m&eacute;decin.<br />- B&eacute;atrice, vous passerez l&rsquo;aspirateur tout &agrave; l&rsquo;heure, j&rsquo;ai encore un patient pour une coloscopie, revenez dans une heure.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 20 novembre 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-11-23T17:47:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c0d7aaf172edbdb62f599c9f783c32a4-1433.html#unique-entry-id-1433</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c0d7aaf172edbdb62f599c9f783c32a4-1433.html#unique-entry-id-1433</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/160-9.png" width="50" height="50"/><br /><br />Discussion ce matin avec Louise qui me confie en des mots crus qu'elle trouve tout particuli&egrave;rement <em>d&eacute;bile</em> l'exercice qu'elle a d&ucirc; se coltiner il y a peu, visant &agrave; distinguer les diff&eacute;rentes cat&eacute;gories que la langue met &agrave; notre disposition pour organiser le d&eacute;sordre apparent du monde. Le mot <em>gourmand</em> est-il un nom ou un adjectif&nbsp;? Et le mot <em>marcher</em>&nbsp;? Et le mot <em>ridicule</em>&nbsp;? Elle me convainc assez rapidement que cet exercice l'&eacute;tait bel et bien. Elle me raconte alors la visite que son &eacute;cole a organis&eacute; au <em>Mus&eacute;e des Beaux-Arts de Lausanne</em> qui pr&eacute;sente une exposition&nbsp;: <em>Incongru. Quand l'art fait rire</em>. A nouveau elle ne m&eacute;nage pas ses mots et s'emporte, r&eacute;volt&eacute;e. Un des travaux pr&eacute;sent&eacute;s l'a particuli&egrave;rement scandalis&eacute;e<em>&nbsp;: Le monsieur &eacute;crit sur tout le mur la m&ecirc;me phrase, comme une punition, "je ne ferai plus jamais de l'art ennuyeux". C'est ridicule, tu trouves pas&nbsp;?<br /></em>Les frondaisons des arbres du verger ont fini de br&ucirc;ler, leurs cendres se sont m&ecirc;l&eacute;es aux lichens des vieilles branches, l'eau manque dans la souille des sangliers. A la lisi&egrave;re, deux feuillus et un m&eacute;l&egrave;ze jettent les derni&egrave;res hautes flammes, cela fait quelques semaines d&eacute;j&agrave; qu'on attend les mauvais jours qui ne viennent pas, je le dis tout bas, on n'est pas press&eacute;s, c'est tout &ccedil;a de gagn&eacute; sur l'hiver, sots de s'en attrister, tard pour s'en inqui&eacute;ter.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1040884" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040884.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1040894" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040894.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1040890" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040890.jpg" width="153" height="153"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1040812" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040812-2.jpg" width="470" height="352"/><br /><br />On entend les rires du refuge des Censi&egrave;res jusqu'&agrave; la Moille Saugeon. C'est une clairi&egrave;re au milieu de laquelle on a construit, dispers&eacute;s de tout, une habitation et un rural qui ont flamb&eacute; une nuit de l'hiver 1941. Il reste l'essentiel, une fontaine et un abri. D&egrave;s cet instant, on croise l'avant-garde de la foule multicolore qui s'extrait chaque dimanche de la ville. <br />En attendant le bus, je fais la connaissance de l'h&eacute;ritier d'une famille de propri&eacute;taires d'h&ocirc;tels en Tunisie, d'un Noir qui loge depuis longtemps d&eacute;j&agrave; dans un t&eacute;l&eacute;phone portable et d'un adolescent qui a laiss&eacute; l'avenir derri&egrave;re lui et qui chante &agrave; tue-t&ecirc;te. On prendra ensemble le bus, puis le m&eacute;tro avant d'aller chacun de son c&ocirc;t&eacute;, les pieds en captivit&eacute; dans nos baskets. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1040900" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040900.jpg" width="470" height="353"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1040901" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040901.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1040902" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040902.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1040903" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040903.jpg" width="153" height="153"/><br /><br />Et bien, ch&egrave;re Louise, je suis d'accord avec toi, quand un mus&eacute;e d&eacute;cide de nous faire d&eacute;couvrir l'incongru et nous invite &agrave; rire, il vaut mieux serrer les dents. J'ai pass&eacute; ce soir au <a href="http://www.musees.vd.ch/fr/musee-des-beaux-arts/expositions/archives/incongru-quand-lart-fait-rire/" rel="self">mcb-a</a> de Lausanne. Je ne sais pas exactement si c'est l'art qui est ridicule ou si ce sont les mus&eacute;es. Je penche pour la seconde solution. Comme toi, j'ai trouv&eacute; la paroi de <a href="http://radiotania.typepad.com/.a/6a00d834e09d7169e20115716956e3970b-pi" rel="self">John Baldessari</a> ridicule. J'ai visit&eacute; chacune des autres salles, crois&eacute; des gens malheureux &agrave; l'aff&ucirc;t de ce qui pourrait les d&eacute;tendre un peu, rien. Pendant ce temps les gardiens du mus&eacute;e me surveillaient, j'&eacute;tais &agrave; l'&eacute;vidence un suspect, surtout que je ne fasse pas de photographies. Car personne ne doit savoir, rien ne doit sortir de ces lieux qui ne soit contr&ocirc;l&eacute;. Les gardiens semblaient entra&icirc;n&eacute;s &agrave; d&eacute;fendre une ville assi&eacute;g&eacute;e et pr&ecirc;ts &agrave; donner leur vie. Mais ils allaient voir ce qu'ils allaient voir, j'en ai sem&eacute; un dans la grande salle, un sombre et retors, p&acirc;le comme la mort. Me suis cach&eacute; derri&egrave;re la foule des 25 rieurs au garde-&agrave;-vous de Yue Min Yun avec l'ambition de photographier le croque-mort au moment m&ecirc;me o&ugrave; il passerait entre les Chinois, ni vu ni connu. Il a surpris mon man&egrave;ge et ne m'a pas l&acirc;ch&eacute; d'une semelle. Trop risqu&eacute;, trop entra&icirc;n&eacute; pour moi, trop fort, trop froid. J'ai pris peur, m'est rest&eacute; que le courage de fuir.<br />Voil&agrave;, ch&egrave;re Louise, une exposition qui montre encore une fois que l'art est grave et que son id&eacute;al est le beau. La biens&eacute;ance est sauve, tout est sous contr&ocirc;le, le rire est s&eacute;rieux, le diable aussi, l'ironie sous cadre et la subversion au vestiaire. En rentrant, j'ai regard&eacute; pour rire les photos du vernissage que le site du mcb-a met &agrave; disposition. Ah &ccedil;a c'est s&ucirc;r, on s'est marr&eacute; ce jour-l&agrave;.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/mba-7.png" width="140" height="200"/> <img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/mba-8.png" width="140" height="200"/> <img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/mba-9.png" width="140" height="200"/><br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>S&#x27;en d&#xe9;barrasser</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Peuplement</category><dc:date>2011-10-07T10:22:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/3e3095361f9fedf73dbbefbc446eda6b-1432.html#unique-entry-id-1432</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/3e3095361f9fedf73dbbefbc446eda6b-1432.html#unique-entry-id-1432</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/153-6.png" width="50" height="50"/><br /><br />Bien des gens le pensaient mais personne n&rsquo;osait le lui dire, ni la fuir, elle faisait peur. Elle ressemblait &agrave; un pou r&acirc;bl&eacute; et tortur&eacute;, la langue bleue et le courage divis&eacute;. Le sens interdit qui lui barrait le front avait oblig&eacute; son &acirc;me &agrave; vivre sur le qui vive dans un r&eacute;duit. Les gloussements suffisants de la donzelle rameutaient les geais, elle aimait surtout l&rsquo;&eacute;clat des s&eacute;ries t&eacute;l&eacute;vis&eacute;es, appr&eacute;ciait les chefs de rayon, les seconds couteaux et les conducteurs de corbillards dont elle go&ucirc;tait la conversation pleine de retenue. On l'aurait dite traditionnelle, coiff&eacute;e de zinc, mais sa toiture &eacute;tait d&eacute;form&eacute;e et on aurait eu du mal &agrave; reconstituer son histoire. On l&rsquo;aurait dite aveugle avec ses catadioptres fix&eacute;s &agrave; l&rsquo;angle de ses paupi&egrave;res, mais elle profitait ainsi des lumi&egrave;res de ceux dont elle su&ccedil;ait le sang. Pour ne pas se perdre quand l&rsquo;horizon est couleur corneille, elle s&rsquo;&eacute;tait fait tatouer autour de la cheville une cha&icirc;ne sans maillon faible.<br />Elle &eacute;tait en devenir, sur le point de finir sa derni&egrave;re m&eacute;tamorphose, naine, boulotte, bourr&eacute;e de ces vaccins qui font gonfler. Touch&eacute;e par tout, touch&eacute;e par rien, elle allait d&rsquo;avant en arri&egrave;re comme une vieille bielle huil&eacute;e par la crasse. Le soir elle guettait le troupeau, se dandinait comme une hy&egrave;ne, son pelage suait, si m&eacute;diocre qu&rsquo;aucune r&eacute;putation n&rsquo;osait tra&icirc;ner derri&egrave;re elle. Elle roulait des hanches le dimanche sur le boulevard, montrait son autre cheville tatou&eacute;e d&rsquo;un bouquet de ronces, elle hochait du bonnet de haut en bas ou de gauche &agrave; droite, &ccedil;a d&eacute;pendait. Un simple coup d&rsquo;oeil et elle faisait du bruit, parfois un oeuf si la demande &eacute;tait expresse, elle pensait sur signe et rappelait en notes les pens&eacute;es d&rsquo;une vie d&rsquo;un seul tenant dont la l&eacute;gende, s&rsquo;il y en e&ucirc;t, e&ucirc;t &eacute;t&eacute; de la taille d&rsquo;un tweet. Je l&rsquo;aurais pr&eacute;f&eacute;r&eacute;e officier incognito dans le noman&rsquo;sland de vos cauchemars ou assoiff&eacute;e dans le d&eacute;sert de Gobi, elle vivait dans mon enclosure, se nourrissait des baies de mes haies et se tenait mena&ccedil;ante sur le seuil de mes jours, sur le seuil de mes nuits.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /> <br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>XCVI</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><category>Peuplement</category><dc:date>2011-10-06T21:19:42+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/8a1b9baac33905deb9a0c60613a9d885-1431.html#unique-entry-id-1431</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/8a1b9baac33905deb9a0c60613a9d885-1431.html#unique-entry-id-1431</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/153-5.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Il &eacute;tait prof de philo, inusable lecteur d&rsquo;Husserl, interpr&egrave;te amus&eacute; de l&rsquo;oeuvre de Marx, enseignant de premier ordre, un carnet de moleskine noire toujours &agrave; port&eacute;e de la main dans lequel il &eacute;crivait &agrave; journ&eacute;e faite, pendant les cours, hors des cours. Le voici aujourd&rsquo;hui sur la terrasse du Bristol, digne et &acirc;g&eacute;, il &eacute;crit encore, j&rsquo;en souris. Sa main droite n&rsquo;a jamais cess&eacute; d&rsquo;aller et de venir. Mais quand donc s&rsquo;arr&ecirc;tera-t-il ? Et quand donc pourra-t-on lire ses notes secr&egrave;tes, son journal, ce qu&rsquo;il a not&eacute; et dont il ne nous a jamais parl&eacute;&nbsp;? Bonjour&nbsp;! Il semble ne pas entendre, immobile et concentr&eacute;. Bonjour&nbsp;! Je m&rsquo;approche encore, pas un geste, pas un mouvement. Seule sa main droite s&rsquo;agite sur le quadrillage de la nappe.<br />&ndash; Cela ne sert &agrave; rien Monsieur, Monsieur ne vous entend pas, et puis, Monsieur souffre de la maladie de Parkinson.<br />Je jette un coup d&rsquo;oeil &agrave; la main de l&rsquo;homme &agrave; la t&ecirc;te us&eacute;e, avant de m&rsquo;en aller, sans un mot pour la personne qui l&rsquo;accompagne, ruminer ce qu&rsquo;il appelait, en souriant de nulle part, l&rsquo;in&eacute;luctable.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 2 octobre 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-10-05T21:20:36+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f6e00a4e966274b8895f89f9cb500d98-1430.html#unique-entry-id-1430</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f6e00a4e966274b8895f89f9cb500d98-1430.html#unique-entry-id-1430</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="gavincoal" src="http://www.lesmarges.net/files/gavincoal.jpg" width="330" height="266"/><br /><span style="font-size:8px; "><a href="http://www.whatisamericanpower.com/#" rel="self">MITCH EPSTEIN, AMERICAN POWER, GAVIN COAL POWER PLANT, SHESHIRE, OHIO 2003</a></span><span style="font-size:8px; "><br /></span><br />L&rsquo;avait-il bien entendue cette phrase dite par un homme &agrave; la fois lisse et rugueux, dite d&rsquo;une voix h&eacute;sitante, tremblante, de celle qu&rsquo;on s&rsquo;autorise lorsqu&rsquo;on a cess&eacute; de guigner vers les conqu&ecirc;tes, voix d&rsquo;idiot, b&eacute;gayant ce qu&rsquo;on ne dit pas, ce qu&rsquo;on ne comprend pas, le disant dans un creux et un peu par hasard, sur un ton tel qu&rsquo;il faut le croire sans toutefois prendre &agrave; la lettre ce que l&rsquo;homme ne comprend pas lui-m&ecirc;me et qu&rsquo;il devine &agrave; peine.<br /><em>Il y a quelque chose de tout &agrave; fait beau dans la terreur.<br /></em>Non pas que la terreur f&ucirc;t belle, mais parce que la beaut&eacute; &ndash; comme la terreur &ndash; touche du doigt les bords de l&rsquo;autre, la d&eacute;signant tout &agrave; la fois comme l&rsquo;oubli&eacute;e et la toute proche. Ce qu&rsquo;on jette au ciel roule sur la terre, et c&rsquo;est &agrave; elle, la beaut&eacute;, qu&rsquo;il revient de faire entendre les visages abandonn&eacute;s, les jardinets de fortune; c&rsquo;est &agrave; elle, la terreur, qu&rsquo;il revient d&rsquo;annoncer ce qui sera malgr&eacute; tout sauv&eacute; du naufrage. Il y a quelque chose de tout &agrave; fait terrifiant dans la beaut&eacute;. <br />Il y a la beaut&eacute;, il y a la terreur, et il y a ce mot &ldquo;<em>dans&ldquo;</em> qui rapproche les mots de la d&eacute;mesure, deux mots que tout &eacute;loigne, coup de force sans lequel l&rsquo;autre mot n&rsquo;aurait aucun sens. Personne n&rsquo;a jamais bien compris la terreur, jamais bien compris la beaut&eacute;, qu&rsquo;il faudra b&eacute;gayer encore, sachant qu&rsquo;elles sont toujours au rendez-vous, chacune sur sa pente, son ciel, son seuil et ses apories, l&rsquo;une dans l&rsquo;autre, l&rsquo;une &agrave; c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;autre.<br /><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/153-3.png" width="50" height="50"/><br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a ceux qui rient d&#x2019;avoir &#xe9;t&#xe9; embarqu&#xe9;s si loin</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-10-04T00:22:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b7f1e4c4218d6b5b506173448185b1b0-1429.html#unique-entry-id-1429</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b7f1e4c4218d6b5b506173448185b1b0-1429.html#unique-entry-id-1429</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/153-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a ceux qui rient d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; embarqu&eacute;s si loin<br />il y a les enfants qui auraient pu mal tourner<br />le foutripi sur les rebords de fen&ecirc;tre<br />les all&eacute;es pi&eacute;tonnes<br />le bowling<br />il y a la lecture du journal sur une terrasse lorsque le soleil se l&egrave;ve<br />l&rsquo;utile<br />il y a ce qui ne sert &agrave; rien<br />ton bazar<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>A.14</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><category>Les disparus</category><dc:date>2011-10-03T00:07:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/26343cb59646a8cb7aee43620296c2bb-1428.html#unique-entry-id-1428</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/26343cb59646a8cb7aee43620296c2bb-1428.html#unique-entry-id-1428</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/153-1.png" width="50" height="50"/><br /><em><br />A peine avions-nous atteint le boyau peu profond que le premier tir group&eacute; de shrapnells &eacute;clatait parmi nous. Une balle traversa le poignet de mon homme de devant&nbsp;: le sang en jaillit avec imp&eacute;tuosit&eacute;.<br /></em><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanche-2.png" width="206" height="8"/><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanche-3.png" width="193" height="8"/><em>Ernst J&uuml;nger<br /></em><em><br /></em><em>Ensuite le fils de P&eacute;l&eacute;e perce la main de Deucalion, et la pointe d&rsquo;airain p&eacute;n&egrave;tre jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;endroit o&ugrave; se r&eacute;unissent tous les nerfs du coude. Deucalion, la main appesantie, reste immobile en voyant la mort devant lui&thinsp;: aussit&ocirc;t Achille lui tranche le cou avec son &eacute;p&eacute;e, et fait voler au loin la t&ecirc;te avec son casque&thinsp;; la moelle jaillit des os, tandis que le corps g&icirc;t &eacute;tendu sur la terre.</em><br /><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanche-4.png" width="206" height="8"/><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanche-3-2.png" width="193" height="8"/><em>Hom&egrave;re<br /></em><br /><img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/verdunhistorienautravail.png" width="211" height="144"/><br /><br />La <em>Grande Guerre</em> n&rsquo;est pas si diff&eacute;rente de celle <em>de Troie</em>. Les &eacute;clats d&rsquo;obus voltigent et les hommes sont soulev&eacute;s de terre, le sang et les boyaux. Le vin coule &agrave; flots sous les tentes et redonne apr&egrave;s l&rsquo;assaut des couleurs aux survivants. Moins bruyants que l&rsquo;artillerie, &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re, les &eacute;clats de rire embellissent Paris, on se prom&egrave;ne sur les boulevards, les femmes voltigent sur la couche des grands. A Ath&egrave;nes, on discute sur la colline qui accueillera bient&ocirc;t le Parth&eacute;non. <br />C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on a assur&eacute;, de guerre en guerre, la continuit&eacute; de notre esp&egrave;ce, en maintenant &agrave; bonne distance le<em> da </em>et le<em> fort</em>, les intouchables d&eacute;bordant de pr&eacute;somption et les vies minuscules. Avec chaque jour cependant davantage de peine&nbsp;: il n&rsquo;est pas simple en effet d&rsquo;&eacute;lever un soldat inconnu en h&eacute;ros de la nation, et de l&rsquo;y maintenir parmi les corps glorieux.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /> </p>]]></content:encoded></item><item><title>A.13</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><dc:date>2011-09-29T09:50:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f3dbe4954ef7f216ef2701305e06f617-1426.html#unique-entry-id-1426</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f3dbe4954ef7f216ef2701305e06f617-1426.html#unique-entry-id-1426</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/152-4-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Pourquoi un tel empressement, une telle agitation, joyeuse, autour d&rsquo;une d&eacute;couverte qui pourrait tous nous mettre dans de beaux draps&nbsp;? Car enfin, que des particules subatomiques puissent faire la pige &agrave; la vitesse de la lumi&egrave;re, c&rsquo;est vraiment bien le pire qui puisse nous arriver. Et que ces neutrinos dissimulent leur nocivit&eacute; derri&egrave;re l&rsquo;innocence d&rsquo;un nom doit nous convaincre de l&rsquo;importance de l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement dont l&rsquo;effet d&eacute;l&eacute;t&egrave;re s&rsquo;est produit, quoi qu&rsquo;il en soit, bien avant que celui-l&agrave; ait eu lieu. <br />Entre le CERN et le Gran Sasso court une rumeur, c&rsquo;est par Facebook que plusieurs physiciens ont appris la nouvelle, &agrave; cause de Twitter que les r&ecirc;veurs se sont lev&eacute;s, simultan&eacute;ment, m&ecirc;lant aux jours tristes du travail &agrave; la mine un enthousiasme incompr&eacute;hensible, analogue &agrave; celui qui br&ucirc;la l&rsquo;&acirc;me des intellectuels d&rsquo;il y a quelques d&eacute;cennies devant des structures et des courbes, dissipatives d&rsquo;abord, fractales ensuite. J&rsquo;en &eacute;tais, gourmand et h&eacute;b&eacute;t&eacute;.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1030592" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030592.jpg" width="470" height="253"/><br /><br />Me voici aujourd&rsquo;hui saisi par deux curieux sentiments. Je me r&eacute;jouis d&rsquo;une d&eacute;couverte qui pourrait mettre dans le p&eacute;trin la superbe des bien-pensants &ndash; avec la conviction pourtant qu&rsquo;une couche suppl&eacute;mentaire, co&ucirc;teuse, constitu&eacute;e de roues dent&eacute;es et de cycles, &eacute;picycles, &eacute;picycles d&rsquo;&eacute;picycles, rendra toujours plus improbable la mise au rebut des th&eacute;ories existantes. Je me r&eacute;jouis ensuite &agrave; l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;on va enfin bazarder cette th&eacute;orie de la relativit&eacute; restreinte &agrave; laquelle je n&rsquo;ai jamais rien compris, que je vais pouvoir enfin m&rsquo;acheter un cahier neuf dans lequel je noterai les postulats et les th&eacute;or&egrave;mes de la nouvelle th&eacute;orie, enfin &agrave; ma port&eacute;e, que je me promets de suivre pas &agrave; pas jusqu&rsquo;&agrave; la nouvelle alliance.<br />Je m&rsquo;emporte, je m&rsquo;emporte, mais rien ne me console. Et je crains que la v&eacute;rit&eacute; ne s&rsquo;&eacute;loigne encore un peu, avec le repos qui aurait d&ucirc; l&rsquo;accompagner, un peu parce que c&rsquo;est de son ressort &agrave; la v&eacute;rit&eacute; de demeurer hors de nous, dans un monde qui ne demande rien d&rsquo;autre qu&rsquo;on y pers&eacute;v&egrave;re. Je sens mon enthousiasme fl&eacute;chir comme devant ces livres qu&rsquo;on ne terminera pas et une fatigue radieuse se r&eacute;jouir de la nuit qui tombe.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les fripons qu&#x2019;on croit sorciers&#xa;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-09-27T10:06:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d78448b6c3718a91cd795ebbbca087e4-1425.html#unique-entry-id-1425</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d78448b6c3718a91cd795ebbbca087e4-1425.html#unique-entry-id-1425</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/152-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les fripons qu&rsquo;on croit sorciers<br />les histoires courtes<br />le revers des talus<br />il y a l&rsquo;ivresse r&eacute;trospective<br />les champs de lavande apr&egrave;s la moisson<br />le doute lorsqu&rsquo;il reste d&eacute;cent<br />le d&eacute;part des hirondelles<br />les travaux pratiques<br /><em>il y a ce qu&rsquo;on appelle musique</em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /> </p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 27 septembre 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Hors jeu</category><dc:date>2011-09-28T09:23:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a85250ef1b55810f04e042caee68c03f-1424.html#unique-entry-id-1424</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a85250ef1b55810f04e042caee68c03f-1424.html#unique-entry-id-1424</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/152-1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Au printemps 1916, Ernst J&uuml;nger quitte la premi&egrave;re ligne. Il est d&eacute;tach&eacute; &agrave; Croisilles, une petite ville pr&egrave;s d&rsquo;Arras, pour suivre un cours d&rsquo;officier. Il prend conscience alors du travail qui se fait &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re&nbsp;: les ateliers de r&eacute;paration de l&rsquo;artillerie, la fabrication du pain, l&rsquo;&eacute;levage des porcs, la traite des vaches, les abattoirs, les parcs d&rsquo;aviation... Mais aussi de la vie qui continue sans lui&nbsp;: avril, les coussins de tr&egrave;fle, mai, les prunelliers blancs, les marronniers en fleur, d&eacute;but juin, les &eacute;tangs et les collines. J&rsquo;aurais aim&eacute;, tout au long de cet apr&egrave;s-midi dans le Pays-d&rsquo;Enhaut, que son r&eacute;cit s&rsquo;arr&ecirc;t&acirc;t l&agrave;, qu&rsquo;il demeure captif de ce no man&rsquo;s land, qu&rsquo;il m&rsquo;en parle encore, et que la guerre oublie ce jeune officier. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1030740" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030740.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1030731" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030731.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1030741" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030741.jpg" width="153" height="153"/><br /><br />Mais J&uuml;nger est rappel&eacute; sur le front en juin o&ugrave; se dessinent les premi&egrave;res ombres de la bataille de la Somme. Il faut recommencer, pr&eacute;parer les attaques, faire des prisonniers, soigner les bless&eacute;s, franchir le double r&eacute;seau de barbel&eacute;s, enterrer ses morts, se tra&icirc;ner sur le ventre pour aller &eacute;couter l&rsquo;ennemi devant sa tranch&eacute;e, essuyer des salves de mitrailleuse. La liste est longue, aussi longue que celle des choses qui se d&eacute;roulent &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re. Et c&rsquo;est au coeur m&ecirc;me de cet enfer que la vie rena&icirc;t, et la paix avec, lorsque les hommes &eacute;puis&eacute;s se mettent &agrave; r&eacute;parer leurs barbel&eacute;s, sans apercevoir ni entendre leurs ennemis qui reculent en rampant. C&rsquo;est le cr&eacute;puscule et<em> la mort, qui se dressait d&eacute;j&agrave;, aux aguets, entre les deux partis, s&rsquo;enfuit d&eacute;sappoint&eacute;e...<br /></em><br /><img class="imageStyle" alt="P1030745" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030745.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Dire que nos vies sont &agrave; l&rsquo;image de celles des soldats de la <em>Grande Guerre</em>, c&rsquo;est beaucoup dire. Mais nous disposons parfois, comme eux, d&rsquo;un peu de r&eacute;pit, au coeur de nos petites guerres ou en leurs marges, dans ces mondes inhabit&eacute;s qui font bande &agrave; part, campagne d&rsquo;automne ou no man&rsquo;s land. En ces lieux o&ugrave; nous ne sommes que par hasard &ndash; ou contraints, c&rsquo;est la m&ecirc;me chose &ndash;, munis d&rsquo;un peu de ce rien qui nous unit, dans les parages d&rsquo;une obsession mortelle &agrave; laquelle il convient de renoncer un jour. Et nous voil&agrave; d&rsquo;un coup libres, laissant comme seule empreinte de notre passage, celle d&rsquo;un corps dans l&rsquo;herbe de G&eacute;rignoz. La main coup&eacute;e et d&eacute;positaires du tout.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Labours</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Au Riau</category><dc:date>2011-09-26T00:11:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/61d2f9368bbc7026a5b14d25bedd24cc-1422.html#unique-entry-id-1422</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/61d2f9368bbc7026a5b14d25bedd24cc-1422.html#unique-entry-id-1422</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/152-7.png" width="50" height="50"/><br /><br />Sous le Chauderonnet Daniel retourne le champ qui se laisse aimablement faire, les gl&egrave;bes noires s&rsquo;ajustent derri&egrave;re sans d&eacute;border du sillon. Une nuit suffira pour que tout se tasse. Et &agrave; l&rsquo;aube la terre aura retrouv&eacute; son ventre rond.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Portes d&#x27;automne</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Au Riau</category><dc:date>2011-09-19T17:15:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f7f2e78b3f0c8727310e178091ce9e6a-1419.html#unique-entry-id-1419</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f7f2e78b3f0c8727310e178091ce9e6a-1419.html#unique-entry-id-1419</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/151-1.png" width="50" height="50"/><br /><br />C&rsquo;est le dernier moment pour ramasser ce qui tra&icirc;ne dans le jardin,&nbsp;avant que les feuilles du tilleul, celles de l&rsquo;&eacute;rable, des foyards et des ch&ecirc;nes ne les ensevelissent&nbsp;: la brouette, les outils laiss&eacute;s devant l&rsquo;atelier, la trottinette de Lili... et la neige finira le travail. Dans quelques jours on aura tout juste le courage d&rsquo;aller chercher les derniers oeufs au fond du jardin. Il nous faudra attendre le printemps pour aller au bout du monde. <br />Les enfants jouent au lit et leur m&egrave;re dort. Leurs chicanes &eacute;touff&eacute;es, le silence et la pluie sur les tuiles molletonnent ce premier des mauvais jour. On voyait hier soir sur le Jura les nuages dans le ciel annoncer la nouvelle et emmener la belle saison. Ce matin, en lan&ccedil;ant le premier  feu dans le po&ecirc;le, j&rsquo;ai donn&eacute; mon accord &agrave; ce contre quoi il ne sert &agrave; rien de s&rsquo;opposer. C&rsquo;est fait, il convient d&eacute;sormais de s&rsquo;y faire&nbsp;: les poules se r&eacute;jouissent de la terre meuble, on devine la couleur d&rsquo;or et l&rsquo;odeur de miel des chanterelles d&rsquo;automne. <br />Et puis il suffira de laisser l&rsquo;&eacute;chelle dans le verger pour aider les saisons &agrave; tourner rond.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>XCV</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2011-09-22T08:15:37+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/1923d6a2e8af311e274f6c493b2ad695-1418.html#unique-entry-id-1418</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/1923d6a2e8af311e274f6c493b2ad695-1418.html#unique-entry-id-1418</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/151-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />La patronne du caf&eacute; est bloqu&eacute;e chez elle &agrave; cause d'un lumbago. C'est donc sa ni&egrave;ce qui donne un coup de main, elle s'appelle Betty et a le b&eacute;guin pour Monsieur Paul, le commercial de chez Progel qui loue depuis quelques semaine une chambre &agrave; l'&eacute;tage. Mais Betty a jur&eacute; fid&eacute;lit&eacute; &agrave; Roger, un copain de cat&eacute;chisme couronn&eacute; roi de l'abbaye l'ann&eacute;e derni&egrave;re avec lequel elle sort depuis deux ans.<br />Monsieur Paul surfe bruyamment sur le net, consulte ses mails et met de l'ordre dans ses affaires tout en jetant r&eacute;guli&egrave;rement un coup d'oeil du c&ocirc;t&eacute; du bar, le corps de Betty fr&eacute;mit et son coeur tangue. Roger et ses potes de la Jeunesse sont partis en d&eacute;but de semaine faire de la plong&eacute;e sous-marine dans la Mer Rouge, mais il pourrait refaire surface &agrave; tout moment. Betty a les boules car Roger a l'alcool de palme m&eacute;chant, elle ne voudrait pas que son retour se termine pour elle en brasse coul&eacute;e dans le caniveau. <br />C'est l'heure de la fermeture, Betty tremble, tire les rideaux et ferme le bistrot. Betty mollit, elle finit par suivre Monsieur Paul &agrave; l'&eacute;tage, bien d&eacute;cid&eacute;e de plonger pour une fois la t&ecirc;te la premi&egrave;re dans le stupre, d&rsquo;y nager une nuit au moins. S&rsquo;il faut se noyer, que ce soit au moins dans la luxure plut&ocirc;t que dans le caniveau. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 18 septembre 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Autres lieux</category><dc:date>2011-09-21T08:15:34+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2c961b21098a4ddbcd9cf0935f594aca-1417.html#unique-entry-id-1417</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2c961b21098a4ddbcd9cf0935f594aca-1417.html#unique-entry-id-1417</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/151-4.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Les citoyens ont le droit de former des associations pourvu qu'il n'y ait, dans le but de ces associations ou dans les moyens qu'elles emploient, rien d'illicite ou de dangereux pour l'&Eacute;tat. Les lois cantonales statuent les mesures n&eacute;cessaires &agrave; la r&eacute;pression des abus. <br /></em>Cet article 46 de la <em>Constitution f&eacute;d&eacute;rale</em> de 1848 est &agrave; l&rsquo;origine de l&rsquo;&eacute;panouissement du buffet de la gare d&rsquo;Olten.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1030472" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030472.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Personne dans les rues, on a arros&eacute; hier soir sous les cantines la fin de l&rsquo;&eacute;t&eacute;, on cuve ce matin son vin sur les rives de l&rsquo;Aar, il pleut. La plus grand ville du canton de Soleure n&rsquo;est d&eacute;cid&eacute;ment plus au centre de l&rsquo;histoire. Olten ressemble soudain &agrave; n&rsquo;importe quelle autre petite ville. D&rsquo;ailleurs que reste-t-il &agrave; fonder qui n&rsquo;ait &eacute;t&eacute; fond&eacute;&nbsp;dans ce buffet cal&eacute; entre les quais 4 et 7&nbsp;de la gare&nbsp;? <br />Fond&eacute; d&eacute;j&agrave; le <em>Club Alpin Suisse</em>, le 19 avril 1863 lorsque des alpinistes venus de toute la Suisse se rencontr&egrave;rent ici. Idem pour l&rsquo;<em>Union ouvri&egrave;re suisse </em>en 1873<em>, </em>premi&egrave;re organisation fa&icirc;ti&egrave;re des associations du monde du travail, remplac&eacute;e en 1880, dans ce m&ecirc;me buffet, par l&rsquo;<em>Union syndicale suisse</em>. Con&ccedil;us ici aussi, devant une bi&egrave;re, le <em>Parti radical-d&eacute;mocratique suisse</em> en 1894, l&rsquo;<em>Association Suisse de Football</em> en 1895, la <em>F&eacute;d&eacute;ration des &Eacute;glises protestantes de Suisse</em> en 1920. C&rsquo;est dans ce caf&eacute; encore que des universitaires d&eacute;cid&egrave;rent en 1935 d&rsquo;inventorier les dialectes parl&eacute;s en Suisse allemande et que, dans les ann&eacute;es 1970, un groupe d&rsquo;&eacute;crivains s&eacute;cessionnistes se r&eacute;unissaient&nbsp;: Max Frisch, Nicolas Bouvier, Daniel de Roulet qui avaient pour but <em>la r&eacute;alisation d'une soci&eacute;t&eacute; socialiste et d&eacute;mocratique.<br /><br /></em><img class="imageStyle" alt="P1030458" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030458-2.jpg" width="470" height="202"/><br /><em><br /></em>C&rsquo;est encore &agrave; Olten, mais contrairement &agrave; ce qu&rsquo;on croit, de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;Aar, qu&rsquo;a &eacute;t&eacute; fond&eacute; en 1918 le <em>Comit&eacute; d&rsquo;Olten, </em>dans une <em>Maison du Peuple</em> dont on ne trouve aucune trace dans la vieille ville. Aucune rue qui rappellerait son oeuvre, aucun monument, aucune plaque comm&eacute;morative. Pas trace non plus de son pr&eacute;sident fondateur, Robert Grimm. On va devoir se faire son propre cin&eacute;ma...<br /><br />La gauche et la droite ont vot&eacute; les pleins pouvoirs au <em>Conseil f&eacute;d&eacute;ral</em> en 1914, mais les conditions &eacute;conomiques et sociales qui se sont impos&eacute;es pendant les ann&eacute;es de guerre ont conduit la gauche et les syndicats &agrave; durcir leur position. Les effets de la guerre aux fronti&egrave;res et les tensions sociales s&eacute;vissent donc aussi en Suisse. Le 4&nbsp;f&eacute;vrier&nbsp;1918, &agrave; Olten donc, dans la <em>Volkhaus</em>, Robert Grimm, conseiller national, r&eacute;unit autour de lui un groupe constitu&eacute; de syndicalistes et de socialistes qui s&rsquo;engagent &agrave; d&eacute;fendre les int&eacute;r&ecirc;ts des ouvriers. Le <em>Comit&eacute; d'Olten</em> pr&eacute;sid&eacute; par Grimm menace le <em>Conseil f&eacute;d&eacute;ral</em> d&rsquo;en appeler &agrave; la gr&egrave;ve si des mesures politiques, &eacute;conomiques et sociales ne sont pas prises contre la hausse des prix. Il s&rsquo;indigne en outre du fait que le <em>Conseil f&eacute;d&eacute;ral</em> enfreint l&rsquo;article 48 de la <em>Constitution</em> en autorisant les polices cantonales &agrave; surveiller les rassemblements publics.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1030581" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030581.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />La droite s&rsquo;inqui&egrave;te s&eacute;rieusement lorsque des employ&eacute;s de banque, le 7 novembre 1918, font gr&egrave;ve &agrave; Zurich pour demander une augmentation de salaire et prie le <em>Conseil f&eacute;d&eacute;ral</em> d&rsquo;envoyer des troupes. C&rsquo;est chose faite, si bien qu&rsquo;en r&eacute;ponse le <em>Comit&eacute; d'Olten</em> appelle &agrave; une gr&egrave;ve de protestation le samedi 9&nbsp;novembre. Tout se d&eacute;roule dans le calme, mais le dimanche, des affrontements entre manifestants et soldats ont lieu &agrave; Zurich. Le <em>Comit&eacute; d'Olten</em> appelle alors &agrave; une gr&egrave;ve g&eacute;n&eacute;rale dans l'ensemble du pays, assortie de revendications. Plus de 300 000 ouvriers &ndash; sur 800 000 &ndash; se rassemblent le 12 novembre, au lendemain de l&rsquo;armistice. Des trains sont bloqu&eacute;s, l&rsquo;alimentation de certaines entreprises sont coup&eacute;es.<br />Le 13, le <em>Conseil f&eacute;d&eacute;ral</em> adresse &agrave; Grimm un ultimatum, exigeant une reddition sans condition. Les soldats re&ccedil;oivent l'ordre de tirer pour disperser les manifestants&nbsp;: une personne est bless&eacute;e. Le jour m&ecirc;me, le <em>Comit&eacute; d&rsquo;Olten</em>,&nbsp;<em>refusant de livrer les masses sans d&eacute;fense aux mitrailleuses</em>, c&egrave;de et vote la reprise du travail. Cette d&eacute;cision est proclam&eacute;e le 14. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1030564" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030564.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />A la sortie de ce bras de fer, une partie de la gauche du parti socialiste fonde le <em>Parti communiste suisse</em> qui va adh&eacute;rer &agrave; l'<em>Internationale communiste</em>. L'aile droite de la droite cr&eacute;e de son c&ocirc;t&eacute; la <em>F&eacute;d&eacute;ration patriotique suisse</em> &ndash; au buffet de la gare d&rsquo;Olten &eacute;videmment &ndash; et durcit ses positions. Celle du parti radical fait s&eacute;cession et se constitue en <em>Parti des paysans, artisans et bourgeois</em>, qui deviendra <em>Union d&eacute;mocratique du centre</em> en 1971. <br />Quant &agrave; Grimm, il est condamn&eacute; &agrave; 6 mois de prison. Pourtant, certaines des revendications du <em>Comit&eacute; d&rsquo;Olten</em> sont imm&eacute;diatement accept&eacute;es&nbsp;: en 1919, l'&eacute;lection du <em>Conseil national</em> au scrutin proportionnel permettra une progression du nombre de parlementaires de gauche et l&rsquo;accession d&rsquo;un second socialiste au <em>Conseil f&eacute;d&eacute;ral</em>. La semaine de 48 heures est accept&eacute;e cette m&ecirc;me ann&eacute;e <em>dans toutes les entreprises publiques ou priv&eacute;es</em>.<br />La gr&egrave;ve g&eacute;n&eacute;rale de 18 aura eu &eacute;galement des cons&eacute;quences &agrave; long terme&nbsp;: la cr&eacute;ation d'une <em>assurance-vieillesse et survivants </em>sera accept&eacute;e<em> </em>en 1947, l&rsquo;<em>assurance invalidit&eacute;</em> en 1960, <em>le droit de vote et d'&eacute;ligibilit&eacute; des femmes</em> enfin, mais seulement hier, en 1971.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1030570" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030570.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Le souvenir de ces &eacute;v&eacute;nements, la crise des ann&eacute;es 30 et la menace des dictatures conduisirent les partenaires sociaux &agrave; signer en 1937 la <em>Convention de Paix</em>, c&rsquo;est-&agrave;-dire &agrave; se retrouver au buffet de la gare d&rsquo;Olten autour d&rsquo;une bi&egrave;re plut&ocirc;t que de recourir &agrave; des moyens violents pour r&eacute;soudre les probl&egrave;mes sociaux.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les branches alourdies des pommiers&#xa;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-09-20T09:15:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/44dbbd5c6442555c0b8a9c090aa4a4dd-1416.html#unique-entry-id-1416</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/44dbbd5c6442555c0b8a9c090aa4a4dd-1416.html#unique-entry-id-1416</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/151.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les branches alourdies des pommiers<br />la reconstruction des contextes<br />il y a l&rsquo;union syndicale <br />les oiseaux migrateurs<br />les librairies de province<br />il y a le chemin qui dispara&icirc;t derri&egrave;re la colline<br />les cartes postales coloris&eacute;es<br />les buffets de gare<br />les mots sans suite<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Une seule journ&#xe9;e</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Extractions</category><dc:date>2011-09-15T17:51:30+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2cfa9b9ca834b1c137e147dd5106d64b-1415.html#unique-entry-id-1415</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2cfa9b9ca834b1c137e147dd5106d64b-1415.html#unique-entry-id-1415</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/150-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />&laquo;&nbsp;Ce qui a le plus chang&eacute; dans ma vie, c&rsquo;est l&rsquo;&eacute;coulement du temps, sa vitesse et m&ecirc;me son orientation. Jadis chaque journ&eacute;e, chaque heure, chaque minute &eacute;tait <em>inclin&eacute;e</em> en quelque sorte vers la journ&eacute;e, l&rsquo;heure ou la minute suivante, et toutes ensemble &eacute;taient aspir&eacute;es par le dessein du moment dont l&rsquo;inexistence provisoire cr&eacute;ait comme un <em>vacuum</em>. Ainsi le temps passait vite et utilement, d&rsquo;autant plus vite qu&rsquo;il &eacute;tait plus utilement employ&eacute;, et il laissait derri&egrave;re lui un amas de monuments et de d&eacute;tritus qui s&rsquo;appelait mon histoire. (...) Peut-&ecirc;tre cette chronique dans laquelle j&rsquo;&eacute;tais embarqu&eacute; aurait-elle fini apr&egrave;s des mill&eacute;naires de p&eacute;rip&eacute;ties par &laquo;&nbsp;boucler&nbsp;&raquo; et revenir &agrave; son origine. Mais cette circularit&eacute; du temps demeurait le secret des dieux, et ma courte vie &eacute;tait pour moi un segment rectiligne dont les deux bouts pointaient absurdement vers l&rsquo;infini, de m&ecirc;me que rien dans un jardin de quelques arpents ne r&eacute;v&egrave;le la sph&eacute;ricit&eacute; de la terre. Pourtant certains insignes nous enseignent qu&rsquo;il y a des clefs pour l&rsquo;&eacute;ternit&eacute;&nbsp;: l&rsquo;almanach, par exemple, dont les saisons sont un &eacute;ternel retour &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle humaine, et m&ecirc;me la modeste ronde des heures.<br />Pour moi d&eacute;sormais, le cercle s&rsquo;est r&eacute;tr&eacute;ci au point qu&rsquo;il se confond avec l&rsquo;instant. Le mouvement circulaire est devenu si rapide qu&rsquo;il ne se distingue plus de l&rsquo;immobilit&eacute;. On dirait, par suite, que mes journ&eacute;es se sont redress&eacute;es. Elles ne basculent plus les unes sur les autres. Elles se tiennent debout, verticales, et s&rsquo;affirment fi&egrave;rement dans leur valeur intrins&egrave;que. Et comme elles ne sont plus diff&eacute;renci&eacute;es par les &eacute;tapes successives d&rsquo;un plan en voie d&rsquo;ex&eacute;cution, elles se ressemblent au point qu&rsquo;elles se superposent exactement dans ma m&eacute;moire et qu&rsquo;il me semble revivre sans cesse la m&ecirc;me journ&eacute;e.&nbsp;&raquo;<br /><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>Michel Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifique, 1967 (Folio 2008, 218-219)</em></span><br /><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Lutte contre la terreur</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les disparus</category><dc:date>2011-09-12T17:55:50+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2ba26024e2581bb92d1cdbbd0f031a3e-1414.html#unique-entry-id-1414</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2ba26024e2581bb92d1cdbbd0f031a3e-1414.html#unique-entry-id-1414</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/150-8.png" width="50" height="50"/><br /><br />C&rsquo;&eacute;tait un samedi soir, un soir de f&ecirc;te et de comm&eacute;morations. Ils mangeaient et buvaient sous la tonnelle, gris&eacute;s par une brise de septembre. <br />On leur annon&ccedil;a pourtant vers minuit que des hommes ivres et violents r&ocirc;daient dans la r&eacute;gion et s&rsquo;approchaient dangereusement des lieux de leurs festivit&eacute;s. Ils d&eacute;cid&egrave;rent alors, par pr&eacute;caution, de se retirer &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur et de fermer toutes les issues, les portes, les fen&ecirc;tres, les stores, les volets, pour maintenir la violence de ces individus &agrave; bonne distance. <br />Par prudence ils avaient renonc&eacute; &agrave; faire la lumi&egrave;re sur quoi que ce soit de crainte d&rsquo;&ecirc;tre vus, de parler par crainte d&rsquo;&ecirc;tre entendus. Ils avaient entam&eacute; une guerre &agrave; dur&eacute;e ind&eacute;termin&eacute;e contre un ennemi inconnu, personne n&rsquo;ouvrait lorsqu&rsquo;on frappait &agrave; la porte. Le temps passa et les suspects s&rsquo;&eacute;loign&egrave;rent, ils l&rsquo;ignor&egrave;rent.<br />En fermant leurs vies &agrave; double tour, les pauvres avaient ouvert une br&egrave;che &agrave; une autre violence, brute, sans fond. Dans la petite propri&eacute;t&eacute;, seul un poirier japonais avait fait bande &agrave; part dans un clos en ruines.<br /><br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1020873" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020873-2.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1020878" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020878.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1020874" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020874.jpg" width="153" height="153"/><br /><img class="imageStyle" alt="IMG_3864" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3864.jpg" width="470" height="353"/><br /><img class="imageStyle" alt="IMG_3872" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3872.jpg" width="470" height="145"/><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Une paire qui faisait la paire</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Pra Massin</category><dc:date>2011-10-27T00:53:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/344e325736f3c2e2cc5a04df8dcc736f-1412.html#unique-entry-id-1412</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/344e325736f3c2e2cc5a04df8dcc736f-1412.html#unique-entry-id-1412</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/156-1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y avait un sacr&eacute; bout de temps qu&rsquo;on ne les avait pas revus au village. Faut dire que c&rsquo;&eacute;tait une paire qui faisait bien la paire. Alors personne ne s&rsquo;en est inqui&eacute;t&eacute; outre mesure. Pas m&ecirc;me l&rsquo;Emile qui s&rsquo;en explique &agrave; l&rsquo;auberge.<br />-  Faut bien comprendre qu&rsquo;ils &eacute;taient bien incapables de demander de l&rsquo;aide. Pensez, l&agrave;-haut c&rsquo;est l&agrave;-haut, et lui, l&rsquo;Armand, il avait la jambe qui tra&icirc;nait trop s&eacute;rieusement la jambe pour oser par ce froid s&rsquo;embarquer en-bas la d&eacute;rupe et laisser la Capucine toute seule aux Ch&ecirc;nes, surtout qu&rsquo;elle avait la t&ecirc;te qui avait compl&egrave;tement perdu la t&ecirc;te. Cessez donc de pleurnicher, &ccedil;a sert &agrave; rien que notre sang se fasse du mauvais sang, c&rsquo;est ainsi, faut pas croire qu&rsquo;on peut faire changer &agrave; l&rsquo;avenir son fusil d&rsquo;&eacute;paule.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Edouard Monot &#x7c; Opus incertum</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Choses vues</category><category>Extractions</category><dc:date>2011-09-23T00:53:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/74a19750b8a5399c58a364e5fdd52e07-1411.html#unique-entry-id-1411</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/74a19750b8a5399c58a364e5fdd52e07-1411.html#unique-entry-id-1411</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/151-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Lorsque nous nous sommes acquitt&eacute;s de nos dettes et de l&rsquo;in&eacute;vitable, lorsque nous en avons fini avec la pile des affaires courantes, les peines, les &eacute;t&eacute; pourris et l&rsquo;hiver qui se prolonge, les longs couloirs, les sales affaires, la file des obligations, les salons, les successions, les petits plaisirs et les jours les plus longs, bref, lorsqu&rsquo;on en a fini avec ce qui assure l&rsquo;&eacute;quilibre de nos vies pr&eacute;caires et de leurs saisons, n&rsquo;est-il pas heureux de disposer d&rsquo;un peu de temps, hors tout, pour retourner au monde qui nous &eacute;tait promis &ndash; ou dont on avait r&ecirc;v&eacute; &ndash; et dont nous nous sommes tenus &eacute;loign&eacute;s, silencieux, en pliant l&rsquo;&eacute;chine parfois&nbsp;?<br />Il est de ceux qui ont su am&eacute;nager le recoin d&rsquo;une cuisine pour mettre bout &agrave; bout les morceaux d&rsquo;une aventure esth&eacute;tique singuli&egrave;re, aux contours ind&eacute;termin&eacute;s, une de ces aventures qu&rsquo;on poursuit sans trop savoir pourquoi, avec le souci de la mener &agrave; bien, la conviction qu&rsquo;on n&rsquo;y parviendra qu&rsquo;imparfaitement et l&rsquo;assurance qu&rsquo;elle nous laissera au mieux les mains vides. <br />Pas besoin d&rsquo;un palais pour cela, ni ann&eacute;e sabbatique ni r&eacute;sidence d&rsquo;artiste, une antichambre, l&rsquo;ombre d&rsquo;une arri&egrave;re-boutique, un atelier d&rsquo;occasion et un peu de temps arrach&eacute; chaque jour lui ont suffi pour rassembler au moment voulu une trentaine d&rsquo;objets qui tiennent circonscrit l&rsquo;incertain, saisi &agrave; peine entre ombre et lumi&egrave;re, offert &agrave; ceux des passants qui veulent bien renouer un bref instant avec la construction de ces ch&acirc;teaux de sable qui, l&rsquo;&eacute;t&eacute;, irriguaient leur enfance et retrouver le s&eacute;rieux qui les habitait, l&rsquo;hiver, devant des puzzles g&eacute;ants.<span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><br /></span><p style="text-align:justify;"><br /></p><p><img class="imageStyle" alt="lignevertesep-3" src="http://www.lesmarges.net/files/lignevertesep-3.png"/><br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1030282" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030282.jpg" width="191" height="250"/><br /><br />Des petites fen&ecirc;tres, rien d&rsquo;autre que des petites fen&ecirc;tres en trompe-l&rsquo;oeil, et dedans une dur&eacute;e, une dur&eacute;e qui dure, un temps qui ne file pas droit, c&rsquo;est-&agrave;-dire du temps roul&eacute; comme de la p&acirc;te, avec dedans la possibilit&eacute; que quelque chose survienne.<br />Mais nous avions beau faire, notre reflet se m&ecirc;lait &agrave; ce que nous croyions voir. O&ugrave; que nous soyons, nous apercevions le reflet d&rsquo;un visage captif et le milieu dans lequel il se complaisait, la silhouette d&rsquo;un inconnu qui nous tenait &eacute;loign&eacute;s de ce que nous &eacute;tions venus chercher. Tout se passait &agrave; notre insu, dans un dialogue organis&eacute; hors de nous par la lumi&egrave;re, entre le monde qui va pour son compte dans les pi&egrave;ges d&rsquo;un miroir sans tain et l&rsquo;immobilit&eacute; absorbante de ce qui reste de la repr&eacute;sentation derri&egrave;re les battants d&rsquo;une fen&ecirc;tre. <br />Il y avait pourtant dans ce mariage quelque chose &agrave; saisir, les ailes de feu d&rsquo;un papillon expos&eacute; dans une vitrine, derri&egrave;re ou devant un visage &eacute;gar&eacute;. Mais qui du papillon ou du visage &eacute;tait le suaire, et pour quelle histoire&nbsp;? <br /><br /><img class="imageStyle" alt="lignevertesep-3" src="http://www.lesmarges.net/files/lignevertesep-3-2.png"/><br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1030279" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030279.jpg" width="191" height="309"/><br /><br /><br /><em>Le soleil d&eacute;clinait lentement vers l&rsquo;horizon. Au ras de l&rsquo;amoncellement rocheux couronnant l&rsquo;&icirc;le, la grotte ouvrait sa gueule noire qui s&rsquo;arrondissait comme un gros oeil &eacute;tonn&eacute;, braqu&eacute; sur le large. Dans peu de temps la trajectoire du soleil le placerait dans l&rsquo;axe exact du tunnel. le fond de la grotte se trouverait-il &eacute;clair&eacute;&nbsp;? Pour combien de temps&nbsp;? Robinson ne tarderait pas &agrave; le savoir, et sans pouvoir se donner aucune raison il attachait une grande importance &agrave; cette rencontre.<br />L&rsquo;&eacute;v&eacute;nement fut si rapide qu&rsquo;il se demanda s&rsquo;il n&rsquo;avait pas &eacute;t&eacute; victime d&rsquo;une illusion d&rsquo;optique. Un simple phosph&egrave;ne avait peut-&ecirc;tre fulgur&eacute; derri&egrave;re ses paupi&egrave;res, ou bien &eacute;tait-ce vraiment un &eacute;clair qui avait travers&eacute; l&rsquo;obscurit&eacute; sans la blesser ? Il avait attendu  le lever d&rsquo;un rideau, une aurore triomphante. cela n&rsquo;avait &eacute;t&eacute; qu&rsquo;un coup d&rsquo;&eacute;pingle de lumi&egrave;re dans la masse t&eacute;n&eacute;breuse o&ugrave; il baignait. le tunnel devait &ecirc;tre plus long ou moins rectiligne qu&rsquo;il n&rsquo;avait cru. Mais qu&rsquo;importait&nbsp;? Les deux regards s&rsquo;&eacute;taient heurt&eacute;s, le regard lumineux et le regard t&eacute;n&eacute;breux. Une fl&egrave;che solaire avait perc&eacute; l&rsquo;&acirc;me tellurique de Speranza.<br /></em><em>Le lendemain le m&ecirc;me &eacute;clair se produisit, puis douze heures pass&egrave;rent de nouveau. L&rsquo;obscurit&eacute; tenait toujours, bien qu&rsquo;elle e&ucirc;t tout &agrave; fait cess&eacute; de cr&eacute;er autour de lui ce l&eacute;ger vertige qui fait chanceler le marcheur priv&eacute; de points de rep&egrave;res visuels</em><em><br /></em><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanchetournier.png" width="32" height="1"/><span style="font-size:11px; "><em>Michel Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifique, 1967 (Folio 2008, 104)<br /></em></span><br /><br /><img class="imageStyle" alt="lignevertesep-3" src="http://www.lesmarges.net/files/lignevertesep-3-3.png"/><br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanchetournier3.png" width="32" height="1"/><img class="imageStyle" alt="P1030299" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030299.jpg" width="150" height="150"/> <img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanchetournier3-2.png" width="32" height="1"/><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanchetournier3-3.png" width="32" height="1"/><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanchetournier3-3-2.png" width="32" height="1"/> <img class="imageStyle" alt="P1030296" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030296.jpg" width="150" height="150"/><br /><br />On ouvrit donc les fen&ecirc;tres et on mit l&rsquo;&icirc;le autrefois sous cloche au vent. La Verzasca d&eacute;boulait sous nos pieds, elle avait mis en pi&egrave;ces la montagne, creusait son lit dans un bruit assourdissant. L&rsquo;eau insaisissable chantournait les &eacute;boulis et polissait les fragments d&rsquo;un puzzle aux motifs inconnus. Elle &eacute;crivait de haut en bas un r&eacute;cit immobile qui se poursuivait et que rien ne pouvait arr&ecirc;ter. Les pierres s&rsquo;arrondissaient, l&rsquo;eau multipliait ses passages, modelait des r&eacute;duits, creusait des poches, dessinait des avenues, d&eacute;valait la pente entre les cimes et le lac, am&eacute;nageait les ruines de la montagne en d&rsquo;innombrables petits chaos irrigu&eacute;s dessus dessous par l&rsquo;eau qui tenait ensemble l&rsquo;ensemble qu&rsquo;elle faisait briller et chanter.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanchetournier3-4.png" width="32" height="1"/><img class="imageStyle" alt="P1030297" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030297.jpg" width="150" height="150"/> <img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanchetournier3-4-2.png" width="32" height="1"/><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanchetournier3-5.png" width="32" height="1"/><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanchetournier3-3-3.png" width="32" height="1"/> <img class="imageStyle" alt="P1030293" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030293.jpg" width="150" height="150"/> <br /><br />Qu&rsquo;avions-nous donc &agrave; faire&nbsp;de notre c&ocirc;t&eacute;&nbsp;? Reprendre une &agrave; une les choses mises en pi&egrave;ces en prenant &agrave; son compte la part laiss&eacute;e au hasard, reprendre une pr&eacute;histoire dont on ne sait rien, dessus dessous, la recommencer comme un tavillonneur sous un ciel bleu, refaire ce dont le hasard n&rsquo;aura &eacute;t&eacute; que la r&eacute;ponse paresseuse et imm&eacute;diate &agrave; ce qu&rsquo;on ne sait voir, reprendre pierre &agrave; pierre depuis le dedans, de proche en proche, diff&eacute;rant le nom de ce qui commande l&rsquo;aventure. Aucune appellation ne viendra donc boucler l&rsquo;ouvrage, ou <em>sans titre</em>, une expression qui n&rsquo;assure de rien. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanchetournier3-6.png" width="32" height="1"/><img class="imageStyle" alt="P1030295" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030295.jpg" width="150" height="150"/> <img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanchetournier3-6-2.png" width="32" height="1"/><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanchetournier3-7.png" width="32" height="1"/><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanchetournier3-3-3-2.png" width="32" height="1"/> <img class="imageStyle" alt="P1030298" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030298.jpg" width="150" height="150"/><br /><br /><em>Opus incertum</em>, une mani&egrave;re de sonder lat&eacute;ralement l&rsquo;insaisissable, de reconstruire solidement le pr&eacute;caire en lui offrant un fond, une coque pour autre chose. Ici pour rien ou pour elle-m&ecirc;me, un ouvrage d&eacute;tach&eacute; de sa fin. <br />Les petits accidents jouent des coudes, la main &eacute;carte deux pi&egrave;ces pour rectifier l&rsquo;&eacute;quilibre, demi-tour, reculer ou avancer d&rsquo;un plan, fort, da, les doigts reprennent des pi&egrave;ces, les refa&ccedil;onnent, dessus dessous, &eacute;tablissent des ponts, creusent des galeries, collent et recollent, tout recommencer parfois. <br />&Ccedil;a va tenir, &ccedil;a va tenir <em>sans titre</em>, et si &ccedil;a ne tient pas, on recommencera la partie. Mais sans laisser la main &agrave; celui qui n&rsquo;en a nul besoin et qui fait vivre le monde comme un marionnettiste connaissant le fin mot de l&rsquo;histoire, mais en prenant cette fois l&rsquo;affaire sur soi et d&rsquo;en-bas, comme un insomniaque qui guetterait le lever du jour, avec les mains qui retrouvent leurs fonctions ouvri&egrave;res, &agrave; hauteur des pierres. <br />Les doigts se m&eacute;fient des figures et des d&eacute;signations qu&rsquo;il tiennent prudemment &agrave; distance, ils exigent le silence et se taisent aussit&ocirc;t que la repr&eacute;sentation guigne avant de fondre sur leur attention et les d&eacute;tourner de ce qui est pour les enr&ocirc;ler dans ce qu&rsquo;ils pourraient dire. &Ccedil;a va tenir, &ccedil;a va tenir donc en-de&ccedil;a de la repr&eacute;sentation. &Ccedil;a va tenir en &eacute;quilibre, par la gr&acirc;ce d&rsquo;une syntaxe &eacute;l&eacute;mentaire de formes rudimentaires, de formes concr&egrave;tes tenues en un &eacute;quilibre dont il faudrait faire le r&eacute;cit &eacute;pique, du d&eacute;s&eacute;quilibre initial qui lui donne la chance unique d&rsquo;aller au-del&agrave; de la nature morte au d&eacute;s&eacute;quilibre final qui en fait un tableau vivant, tir&eacute; &agrave; quatre &eacute;pingles, debout et fragile, sans pierre d&rsquo;angle ni clef de vo&ucirc;te.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanchetournier3-8.png" width="32" height="1"/><img class="imageStyle" alt="P1030294" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030294.jpg" width="150" height="150"/> <img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanchetournier3-8-2.png" width="32" height="1"/><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanchetournier3-9.png" width="32" height="1"/><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblanchetournier3-3-4.png" width="32" height="1"/> <img class="imageStyle" alt="P1030300" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030300.jpg" width="150" height="150"/> <br /><br />Mais on a beau dire <em>au diable les ma&icirc;tres signifiants</em>, ils demeurent sur le qui vive. C&rsquo;est l&rsquo;eau qui sourd du chaos des rives de la Verzasca qui rend notre monde vivable, si bien que toute nature morte bien comprise n&rsquo;a de sens que si elle reste vivante. La vie, je dis bien la vie, se fraie un passage dans le chaos auquel elle donne vie, l&rsquo;aventure des coquelicots et de la camomille se pr&eacute;pare dans les interstices des pav&eacute;s. C&rsquo;est dire qu&rsquo;une nature morte &ndash; et toute l&rsquo;histoire de l&rsquo;art n&rsquo;est peut-&ecirc;tre que l&rsquo;histoire mouvement&eacute;es de la nature morte &ndash; si elle ne raconte rien, n&rsquo;en est pas moins le lieu m&ecirc;me o&ugrave; se raconte la possibilit&eacute; que quelque chose peut advenir. <br />L&rsquo;un dira <em>le berger</em>, l&rsquo;autre <em>l&rsquo;orage</em>, un troisi&egrave;me <em>la maison</em>, bien-s&ucirc;r personne n&rsquo;y croit vraiment, mais chacun est assur&eacute; que quelque chose va se lever dans ce rien en &eacute;quilibre pr&eacute;caire, quand bien m&ecirc;me ce rien ne se l&egrave;vera pas, demeurera en retrait sur le mode de ce qui n&rsquo;est pas encore. <br />Car au-del&agrave; du blanc sur fond blanc &ndash; ou en-de&ccedil;a &ndash; on est embarqu&eacute;, avec le sens qui nous pousse de l&rsquo;arri&egrave;re et les choses qui nous attendent au contour. Papillons, coquelicots, mues de serpents ramass&eacute;s au bord des routes, rouge sang, rouge pourpre, &eacute;criture enfin. Voici une mac&eacute;doine, voici un banc de melons et de past&egrave;ques, voil&agrave; un jaune d&rsquo;oeuf et une ribambelle de tessons us&eacute;s par la mer. Malaxe, malaxe.<br /><br /><a href="http://www.nellyleplattenier.ch/lausanne.htm" rel="self"><img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/gallerieleplatterier.png" width="262" height="24"/></a><span style="font-size:11px; color:#4C0034;"><em><br />Travaux actuels d&rsquo;Edouard Monot<br /></em></span><span style="font-size:11px; color:#4C0034;"><em>Exposition du 6 septembre au 5 octobre 2011<br />Horaires d'ouverture<br />Mardi au vendredi de 14h &agrave; 18h30&nbsp;&nbsp; <br />Samedi de 10h &agrave; 17h</em></span><br /></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Arasement</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2011-09-16T15:53:26+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/68fe53f5284a6c59ca6eb7d4fb9d18b6-1410.html#unique-entry-id-1410</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/68fe53f5284a6c59ca6eb7d4fb9d18b6-1410.html#unique-entry-id-1410</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/150-4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Les &eacute;v&eacute;nements &eacute;taient bien trop rares pour que les notables d&eacute;signent un fonctionnaire pr&eacute;pos&eacute; &agrave; leur collecte et &agrave; l&rsquo;organisation de leur succession, bien trop rares pour qu&rsquo;on imagine la poursuite d&rsquo;une histoire qui se d&eacute;sagr&eacute;geait aux abords de la ville, si bien que les employ&eacute;s communaux, &agrave; la tomb&eacute;e du jour, n&rsquo;en faisaient que des petits tas gris qu&rsquo;on escamotait dans des containers au cours de la nuit. <br />Des m&egrave;ches de cheveux jonchaient les devantures des barbiers et les bordels n&rsquo;avaient plus ouvert leurs portes depuis que les derniers clients avaient trouv&eacute; la porte close, mais les &eacute;chelles demeuraient appuy&eacute;es aux ruines &ndash; il faut dire que les pachons tenaient encore bon. <br />Conserv&eacute;es au centre de la place les cendres autour desquelles s&rsquo;&eacute;tait tenu il y a longtemps le dernier conseil des guerriers. On avait plac&eacute; sous les chenaux rudimentaires de l&rsquo;h&ocirc;tel de ville de vieux casques rong&eacute;s par le vert-de-gris pour r&eacute;cup&eacute;rer l&rsquo;eau des averses destin&eacute;e &agrave; nourrir les anciens faits d&rsquo;arme enterr&eacute;s dans le jardinet jouxtant le cimeti&egrave;re d&eacute;saffect&eacute;, mais personne n&rsquo;avait eu le courage de tenir cet engagement. Rien ne poussait plus sur les rebords des fen&ecirc;tres des petites maisons de la place, ni coton brod&eacute; ni clochettes domestiques. <br />Plus rien &agrave; distribuer et aucun ennemi &agrave; houspiller. On parlait pourtant, mais la peine ouverte et &agrave; voix si basse que les intentions anciennes, encalmin&eacute;es dans les bo&icirc;tes cr&acirc;niennes, n&rsquo;ensemen&ccedil;aient plus que des terre-pleins sur lesquels on marchait avec la crainte de se faire remarquer. Parfois pourtant, un vent de folie soufflait, et l&rsquo;on assistait craintif au spectacle de l&rsquo;un d&rsquo;entre nous traversant les vieilles dalles de la place de l&rsquo;&eacute;glise sans toucher ni aux joints ni au l&eacute;zardes. C&rsquo;&eacute;tait le seul plaisir qu&rsquo;on s&rsquo;octroyait, &agrave; tour de r&ocirc;le. Car plus personne ne se rendait plus jusqu&rsquo;au front de mer pour noyer son d&eacute;sarroi dans le fracas et l&rsquo;&eacute;cume des vagues, trop risqu&eacute;.<br />On avait renonc&eacute; depuis longtemps &agrave; devenir l&rsquo;&eacute;gal des dieux qui d&eacute;sert&egrave;rent un beau matin l&rsquo;&icirc;le qu&rsquo;ils avaient honor&eacute;es, un peu par ennui. Qui se souvient des aigles et des tigres &nbsp;? On fait dispara&icirc;tre aujourd&rsquo;hui &agrave; grands frais les plumes des grands oiseaux voiliers apport&eacute;es par le vent dont on garnissait autrefois les coiffes de nos enfants. Oubli&eacute;s les pagnes, oubli&eacute;s les glaives. Nos ruminations bavent sur les saisons et les colonnes bris&eacute;es ont perdu de vue leur chapiteau. La descente aux enfers des collectivit&eacute;s est aussi longue que leur &eacute;closion.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 11 septembre 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-09-14T15:53:25+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/bfc914988fb0f345e834ed3d248df86e-1409.html#unique-entry-id-1409</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/bfc914988fb0f345e834ed3d248df86e-1409.html#unique-entry-id-1409</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/150-6.png" width="50" height="50"/><br /><br />Muet, immense et vide, le ciel &eacute;ponge chacun des douze coups de midi. Puis plus rien ou pas grand chose, la journ&eacute;e va s&rsquo;&eacute;taler ainsi tout le jour. Pourtant on entend sur le gravier de la terrasse du restaurant des pas h&eacute;sitants qui se rapprochent. C&rsquo;est une vieille que son fils suit &agrave; contre coeur. Il a quitt&eacute; son appartement cossu du centre-ville, a bu l&rsquo;ap&eacute;ro avec des amis, a r&eacute;veill&eacute; sa langue p&acirc;teuse et fielleuse avant de frapper &agrave; la porte de l&rsquo;&eacute;tablissement m&eacute;dico-social situ&eacute; &agrave; la lisi&egrave;re du bois d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;on voit le clocher de l&rsquo;&eacute;glise. Il y a plac&eacute; sa m&egrave;re avec son consentement, comme il dit &agrave; chaque coup d&rsquo;un air entendu. Ils se rendent comme chaque dimanche dans la grande salle de l&rsquo;unique restaurant de la r&eacute;gion, ou dehors si le temps le permet. Plus de deux ans qu&rsquo;il se livre &agrave; ce man&egrave;ge, il aimerait tant s&rsquo;en d&eacute;barrasser une bonne fois, il &eacute;touffe mais elle respire. <br />Ils ne se sont encore adress&eacute; aucun mot. Elle lui demande pourtant &agrave; voix basse un coup de main pour s&rsquo;asseoir, mais il n&rsquo;entend pas. Elle ne peut rien faire sans lui, il se d&eacute;cide enfin &agrave; la d&eacute;barrasser de ses cannes, il d&eacute;place m&ecirc;me la chaise d&rsquo;osier. Bien s&ucirc;r il voudrait s&rsquo;en d&eacute;barrasser mais pas comme &ccedil;a, &ccedil;a ferait mauvaise fa&ccedil;on. Tant qu&rsquo;il y aura du monde il ne le fera pas. Et il y a toujours du monde, il a peur seul avec sa m&egrave;re.<br />Elle, elle le comprend, le fils, mais elle s&rsquo;en fout, tellement il est loin d&rsquo;elle. D&rsquo;&ecirc;tre trait&eacute;e comme du b&eacute;tail ne l&rsquo;offusque pas, elle ne lui en veut m&ecirc;me pas, mais comprendra-t-il un jour, l&rsquo;idiot. Elle pr&eacute;f&egrave;re la belle brise et le soleil de septembre lorsqu&rsquo;ils font la pair. Il y a tant de place sous le soleil.<br />Il n&rsquo;a plus besoin d&rsquo;elle, &ccedil;a elle le sait, et il le v&eacute;rifie chaque dimanche, ces dimanches il en a besoin pour le v&eacute;rifier. Que fera-t-il de ses dimanches lorsqu&rsquo;elle sera morte&nbsp;? &Ccedil;a, il ne le se demande pas, il n&rsquo;ose pas le penser. Elle, quoi qu&rsquo;il en soit, vivante ou morte elle l&rsquo;aime comme un fils. Et s&rsquo;il mourait, elle serait un peu triste, c&rsquo;est s&ucirc;r, mais elle n&rsquo;y pense m&ecirc;me pas.<br />Le fils a une quarantaine d&rsquo;ann&eacute;es et une petite entreprise, il ne fait l&rsquo;impasse sur aucune des odieuses remarques qui lui viennent &agrave; l&rsquo;esprit, pour qu&rsquo;elle se rende compte qu&rsquo;elle est cette charge qu&rsquo;elle pourrait lui &eacute;viter. Il voudrait sinc&egrave;rement qu&rsquo;elle comprenne qu&rsquo;elle est de trop. Elle, elle entend bien mais ne veut rien savoir. Il y a quelque chose entre eux qui les s&eacute;pare, quelque chose qui n&rsquo;est pas la m&ecirc;me chose, si bien qu&rsquo;aucun d&rsquo;eux ne comprend ce que l&rsquo;autre dit, ils parlent une autre langue, chacun sur son &icirc;le.<br />Il pense aux t&acirc;ches qui l&rsquo;attendent, elle est d&eacute;j&agrave; un peu dans l&rsquo;&eacute;ternit&eacute;, c&rsquo;est comme si elle s&rsquo;en foutait de tout, elle le laisse dire, ne l&rsquo;&eacute;coute pas vraiment, ou d&rsquo;une oreille, lui pose de temps en temps une question venue de nulle part, que satisfait n&rsquo;importe quelle r&eacute;ponse, des questions et des r&eacute;ponses blanches pour l&rsquo;apaiser parce qu&rsquo;il ne supporte pas leur silence. Quant &agrave; elle, ce qui est s&ucirc;r et &ccedil;a lui suffit, c&rsquo;est qu&rsquo;il paiera l&rsquo;addition du menu qu&rsquo;elle a choisi, sa retraite est si maigre. <br />Regardez-les sur sur la terrasse, ils ont tous les deux les mains vides, mais &eacute;coutez, ce n&rsquo;est pas le m&ecirc;me vide. Que se passera-t-il lorsqu&rsquo;il s&rsquo;apercevra, l&rsquo;&acirc;ne, qu&rsquo;il n&rsquo;aura pas &eacute;t&eacute; de n&rsquo;&ecirc;tre pas encore et qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais connu sa m&egrave;re&nbsp;? Il ne sait rien de la suite. Elle, elle est d&rsquo;apr&egrave;s la fin, c&rsquo;est une revenante, il y a longtemps qu&rsquo;elle a accept&eacute; de voir filer le train, mais elle revient chaque dimanche sur le quai, gr&acirc;ce &agrave; son fils, go&ucirc;ter un peu de l&rsquo;&eacute;ternit&eacute;.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les poign&#xe9;es de main</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-09-13T15:53:24+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/369fa2c05f1c6fb78b4e1f6908185d51-1408.html#unique-entry-id-1408</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/369fa2c05f1c6fb78b4e1f6908185d51-1408.html#unique-entry-id-1408</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/150-1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les poign&eacute;es de main<br />l&rsquo;orage quand il s&rsquo;&eacute;loigne<br />les l&eacute;zards<br />il y a les r&eacute;colteuses de tabac autochargeuses<br />le bleu du ciel<br />les fagots<br />tes rondeurs<br />il y la sobri&eacute;t&eacute; des armoires vaudoises<br />les tas de briques<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>A.12</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><dc:date>2011-09-09T16:38:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d2c17e5cbe7d14f9035b98feed29d4c8-1407.html#unique-entry-id-1407</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d2c17e5cbe7d14f9035b98feed29d4c8-1407.html#unique-entry-id-1407</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/149-6.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a peu, les services juridiques des officines de gardiennage de la biens&eacute;ance publique ont demand&eacute; aux commissaires d&rsquo;une exposition consacr&eacute;e &agrave; Jacques Tati d&rsquo;effacer la pipe de Monsieur Hulot de leurs affiches promotionnelles au motif qu&rsquo;elles contrevenaient aux dispositions d&rsquo;une loi sur l&rsquo;incitation au tabagisme. <br />Faut-il s&rsquo;attendre d&eacute;sormais &agrave; ce que les conservateurs de nos mus&eacute;es se d&eacute;barrassent des toiles de Matisse et de Bonnard qui pr&eacute;sentent, plein f&eacute;vrier, des battants de fen&ecirc;tres largement ouverts sur la campagne ou l&rsquo;oc&eacute;an sans personne alentour pour les fermer, au motif qu&rsquo;elles contreviennent au principe d&rsquo;&eacute;conomie&nbsp;? Car enfin, s&rsquo;il est opportun, pour des raisons d&rsquo;hygi&egrave;ne et de sant&eacute; d&rsquo;a&eacute;rer r&eacute;guli&egrave;rement nos locaux, il est contraire au principe de pr&eacute;caution, largement partag&eacute; aujourd&rsquo;hui, de laisser &agrave; journ&eacute;e faite les fen&ecirc;tres de nos maisons grandes ouvertes.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a la fronde des innocents</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-09-08T16:37:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/3c3c4acec287a4104bfa02938643ada7-1406.html#unique-entry-id-1406</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/3c3c4acec287a4104bfa02938643ada7-1406.html#unique-entry-id-1406</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/149-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a la fronde des innocents<br />le formica<br />les boutons d&rsquo;or<br />il y a la vigne qui pleure<br />la m&eacute;tamorphose des sentiments<br />les longues balades d&rsquo;arri&egrave;re-saison<br />il y a les mots-sentinelles<br />le pain et le chocolat<br />le grincement des portails la nuit<br />il y a ce qu&rsquo;on ne saurait oublier trac&eacute; dans la poussi&egrave;re des &eacute;tablis<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>XCIV</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-09-07T16:37:16+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/58764a1e98c3470a00bb024682752cdc-1405.html#unique-entry-id-1405</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/58764a1e98c3470a00bb024682752cdc-1405.html#unique-entry-id-1405</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/149-1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Ils sont une ribambelle, Eliott, J&eacute;r&ocirc;me, Louise et les autres, affair&eacute;s au centre de la place sur laquelle s&rsquo;arr&ecirc;tent les bus scolaires. Accroupis, ils grattent consciencieusement le terre-plein, ils ne m&rsquo;ont pas vu. Mais lorsque je m&rsquo;approche pour les embarquer &agrave; la maison, ils se rel&egrave;vent pr&eacute;cipitamment, un silex tranchant &agrave; la main. Quel mauvais coup pr&eacute;parent-il&nbsp;?<br />- Que faites-vous Louise&nbsp;?<br />- Papa, on lib&egrave;re les cailloux.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 4 septembre 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-09-06T15:37:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/456408c0158a0c0f9289e903dacf8f23-1404.html#unique-entry-id-1404</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/456408c0158a0c0f9289e903dacf8f23-1404.html#unique-entry-id-1404</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/149-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Ils ont l&rsquo;un et l&rsquo;autre le teint des Burgondes et l&rsquo;embonpoint des laiss&eacute;s pour compte, gros et gras, une crevette rose &agrave; leurs pieds. Ils ne sont presque rien et le savent, ni ne le crient ni ne s&rsquo;en plaignent, &agrave; peine surpris d&rsquo;&ecirc;tre l&agrave; comme la plupart d&rsquo;entre nous. Coudes crois&eacute;s on babille maigre, filet d&rsquo;eau et rouge de banquet, avec la certitude qu&rsquo;elle et lui seront bient&ocirc;t chez eux. Plus t&ocirc;t que pr&eacute;vu car, de fil en aiguille, ils ont pass&eacute; en revue les reliefs de leur coin de pays, un fond de vall&eacute;e o&ugrave; il n&rsquo;y a rien et d&rsquo;o&ugrave; on ne sort pas. Pour aller o&ugrave;&nbsp;? Des lentes ont recouvert leur enfance, l&rsquo;histoire s&rsquo;affiche sur les lambris des &eacute;curies.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3746" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3746.jpg" width="470" height="353"/><br /><br />J&rsquo;imagine la carcasse de leurs r&ecirc;ves, les sillons n&eacute;s de leurs caresses, leurs amours copieuses. Pas une fleur sur la table, leurs mains qui froissent la nappe rugueuse, un imperceptible empressement pour tout et pour rien. <br />Les deux m&eacute;nagent dans le tableau qu&rsquo;ils me destinent de grands vides, si bien que je distingue le froissement des feuilles des aulnes, le tremblement de celles des bouleaux, vois les tourbi&egrave;res et les deux ponts sur le ruisseau. La rondeur de leur vie ne conna&icirc;t pas la presse, ce sont des fid&egrave;les, h&eacute;ros qui s&rsquo;ignorent, des presque rien au mot bref. Ils ont endigu&eacute; les vagues mena&ccedil;antes de leur r&ecirc;ves d&rsquo;enfant, ils croquent aujourd&rsquo;hui &agrave; pleines dents une p&acirc;tisserie qui &eacute;touffe leurs envies. Pas de recette pour un telle vie, ils la tiennent de qui la tient de qui l&rsquo;avait.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3749" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3749.jpg" width="470" height="353"/><br /><br />N&eacute;s l&agrave; ils ont commenc&eacute; &agrave; s&eacute;cr&eacute;ter d&egrave;s le berceau l&rsquo;histoire simple qu&rsquo;ils emm&egrave;nent o&ugrave; qu&rsquo;ils aillent sur la terre inond&eacute;e. Au mur de la chambre une biblioth&egrave;que avec les m&eacute;moires d&rsquo;un octog&eacute;naire, un recueil de po&egrave;mes, un ouvrage sur la faune et la flore, de la place encore pour un livre de sermons et un mot sur la tombe. Le temps ne passe plus dans ces villages, on y vit dans des maisons cossues d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;on voit les roues immobiles des vieux moulins, les &eacute;talons courent dans les p&acirc;turages, les fous de la r&eacute;gion tentent de revenir sur leurs pas dans les clo&icirc;tres des anciens couvents. Plus personne n&rsquo;a droit au chapitre, le colporteur qui devient notaire n&rsquo;est plus qu&rsquo;un r&ecirc;ve. <br />
Les rivi&egrave;res filent &agrave; ciel ouvert dans les village, sans s&rsquo;arr&ecirc;ter, avant de s&rsquo;abandonner dans les pr&eacute;s, avec des m&eacute;andres et de petites cascades qui r&eacute;jouissent, les dimanches apr&egrave;s-midi, ceux qui vivent et vont mourir dans les montagnes du Jura.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>L&#x27;autre &#xee;le</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Extractions</category><dc:date>2011-09-02T08:16:53+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7c207d62992eb336c3997bce5f993f9b-1402.html#unique-entry-id-1402</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7c207d62992eb336c3997bce5f993f9b-1402.html#unique-entry-id-1402</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/147image-5.png" width="50" height="50"/><br /><br />&laquo;&nbsp;... quand il comprit soudain la cause de son &eacute;veil tardif&nbsp;: il avait oubli&eacute; de regarnir la clepsydre la veille, et elle venait de s&rsquo;arr&ecirc;ter. A vrai dire le silence insolite qui r&eacute;gnait dans la pi&egrave;ce venait de lui &ecirc;tre r&eacute;v&eacute;l&eacute; par le bruit de la derni&egrave;re goutte tombant dans le bassin de cuivre. En tournant la t&ecirc;te, il constata que la goutte suivante, apparaissait timidement sous la bonbonne vide, s&rsquo;&eacute;tirait, adoptait un profil piriforme, h&eacute;sitait puis, comme d&eacute;courag&eacute;e, reprenait sa forme sph&eacute;rique, remontait m&ecirc;me vers sa source, renon&ccedil;ant d&eacute;cid&eacute;ment &agrave; tomber, et m&ecirc;me amor&ccedil;ant une inversion du cours du temps.<br /><p style="text-align:justify;">Robinson s&rsquo;&eacute;tendit voluptueusement sur sa couche. C&rsquo;&eacute;tait la premi&egrave;re fois depuis des mois que le rythme obs&eacute;dant des gouttes s&rsquo;&eacute;crasant une &agrave; une dans le bac cessait de commander ses moindres gestes avec une rigueur de m&eacute;tronome. Le temps &eacute;tait suspendu. Robinson &eacute;tait en vacances. Il s&rsquo;assit au bord de sa couche. Tenn vint poser amoureusement son museau sur son genou. Ainsi donc la toute-puissance de Robinson sur l&rsquo;ile &ndash; fille de son absolue solitude &ndash; allait jusqu&rsquo;&agrave; une ma&icirc;trise du temps&nbsp;! Il supputait avec ravissement qu&rsquo;il ne tenait qu&rsquo;&agrave; lui d&eacute;sormais de boucher la clepsydre, et ainsi de suspendre le vol des heures...<br />Il se leva et alla s&rsquo;encadrer dans la porte. L&rsquo;&eacute;blouissement heureux qui l&rsquo;enveloppa le fit chanceler et l&rsquo;obligea &agrave; s&rsquo;appuyer de l&rsquo;&eacute;paule au chambranle. Plus tard, r&eacute;fl&eacute;chissant sur cette sorte d&rsquo;extase qui l&rsquo;avait saisi et cherchant &agrave; lui donner un nom, il l&rsquo;appela <em>moment d&rsquo;innocence. </em>Il avait d&rsquo;abord cru que l&rsquo;arr&ecirc;t de la clepsydre n&rsquo;avait fait que desserrer les mailles de son emploi du temps et suspendre l&rsquo;urgence de ses travaux. Or il s&rsquo;apercevait que cette pause &eacute;tait moins son fait que celui de l&rsquo;&icirc;le tout enti&egrave;re. On aurait dit que cessant soudain de s&rsquo;incliner les unes vers les autres dans le sens de leur usage &ndash; ou de leur usure &ndash; les choses &eacute;taient retomb&eacute;es chacune de son essence, &eacute;panouissaient tous leurs attributs, existaient pour elles-m&ecirc;mes, na&iuml;vement, sans chercher d&rsquo;autre justification que leur propre perfection.. Une grande douceur tombait du ciel, comme si Dieu s&rsquo;&eacute;tait avis&eacute; dans un soudain &eacute;lan de tendresse de b&eacute;nir toutes ses cr&eacute;atures. Il y avait quelque chose d&rsquo;heureux suspendu dans l&rsquo;air, et, pendant un bref instant d&rsquo;indicible all&eacute;gresse, Robinson crut d&eacute;couvrir une <em>autre &icirc;le</em> derri&egrave;re celle o&ugrave; il peinait solitairement depuis si longtemps, plus fra&icirc;che, plus chaude, plus fraternelle, et que lui masquait ordinairement la m&eacute;diocrit&eacute; de ses pr&eacute;occupations.<br />D&eacute;couverte merveilleuse&nbsp;: il &eacute;tait donc possible d&rsquo;&eacute;chapper &agrave; l&rsquo;implacable discipline de l&rsquo;emploi du temps et des c&eacute;r&eacute;monies sans pour autant retomber dans la souille&nbsp;! Il &eacute;tait possible de <em>changer</em> sans d&eacute;choir. Il pouvait rompre l&rsquo;&eacute;quilibre si laborieusement acquis, et s&rsquo;&eacute;lever, au lieu de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rer &agrave; nouveau. Indiscutablement il venait de gravir un degr&eacute; dans la m&eacute;tamorphose qui travaillait le plus secret de lui-m&ecirc;me. Mais ce n&rsquo;&eacute;tait qu&rsquo;un &eacute;clair passager. la larve avait pressenti dans une br&egrave;ve extase qu&rsquo;elle volerait un jour. Enivrante, mais passag&egrave;re vision.&nbsp;&raquo;<br /></p><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>Michel Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifique, 1967 (Folio 2008, 93-94)</em></span><br /><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a la retenue</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-08-30T08:12:46+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/805c88bdb53e33ce81f4368fafd0a81c-1401.html#unique-entry-id-1401</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/805c88bdb53e33ce81f4368fafd0a81c-1401.html#unique-entry-id-1401</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/147image-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a la retenue<br />les coups du sort<br />le lent &eacute;panouissement des combes alpines<br />les nuits &eacute;clair&eacute;es par nos lampes de chevet<br />les choses qui vont par deux<br />il y a les galets<br />il y a les clo&icirc;tres<br />il y a les cols<br />il y a le corset des conventions lorsque son la&ccedil;age mollit <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il para&#xee;t qu&#x2019;il faut rentrer</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><dc:date>2011-08-31T08:12:34+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/3b021b6e230f53e356376223fed4a094-1400.html#unique-entry-id-1400</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/3b021b6e230f53e356376223fed4a094-1400.html#unique-entry-id-1400</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/147image-4.png" width="50" height="50"/><br /><br /><a href="http://melico.org/fr/philippe_annocque_5_il_parait_qu_il_faut_rentrer" rel="self">Il para&icirc;t qu&rsquo;il faut rentrer</a>, mais rentrer o&ugrave;&nbsp;? Rest&eacute;s dedans aupr&egrave;s des n&ocirc;tres le temps des vacances, il est plut&ocirc;t temps, grand temps de sortir, sortir au grand air de l&rsquo;autre temps, celui qui dure, o&ugrave; se d&eacute;roule ce &agrave; quoi on ne songeait pas et avec lequel on va avec soi hors de soi <br />De l&rsquo;air, de l&rsquo;air, de la l&eacute;g&egrave;ret&eacute;. Mais comment sortir o&ugrave; que ce soit avec sur le dos de tels fardeaux&nbsp;? Combien de livres inutiles, lourds &agrave; crever et qui durent, des livres pour sauver l&rsquo;apparence ou f&eacute;d&eacute;rer nos appartenances, des livres-mus&eacute;es sur lesquels on &eacute;mousse ses dents, des livres-signes. Personne n&rsquo;y est jamais entr&eacute;, rien n&rsquo;en est sorti. O&ugrave; &ecirc;tes-vous puissants r&eacute;cits &eacute;crits sur les ailes du papillon&nbsp;?<br /> <br /><img class="imageStyle" alt="P1030034" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030034-2.jpg" width="470" height="353"/><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 28 ao&#xfb;t 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-09-01T08:12:29+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/42414608b53997b1a2e38236f8bcd2b4-1399.html#unique-entry-id-1399</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/42414608b53997b1a2e38236f8bcd2b4-1399.html#unique-entry-id-1399</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/147image-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />C&rsquo;est &agrave; Biasca que le Brenno cesse de sautiller sur le granite qu&rsquo;il a chantourn&eacute; pour dispara&icirc;tre dans les vieilles eaux du Ticino. Fini son travail de creuse commenc&eacute; au Lukmanier. C&rsquo;est &agrave; Biasca que les chansons du val Blenio prolongent un peu leur vie, c&rsquo;est &agrave; Biasca que Vittorio R&egrave;, Ezio Rossetti, Guido Pellanda, Esmeralda Guidotti, Giuseppina Delmu&egrave;, Enrica Zanga, Laura Jradi, Pietro Monighetti, Olindo Rodono, Lorenzo Carobbio les ont remises, avant qu&rsquo;elles ne disparaissent, &agrave; Remo Gandolfi, Luisa Poggi, Aurelio Beretta, Gianni Guidicelli et Francesco Toschini. Dans l&rsquo;ancien cimeti&egrave;re les visages bient&ocirc;t effac&eacute;s des ouvriers du Gothard et de leur veuve fondent dans la pierre comme des osties. Plus personne sur les chemins des Grisons, le silence y p&acirc;ture, on n&rsquo;y m&acirc;che plus gu&egrave;re les vieux noms au go&ucirc;t &acirc;pre.<br /><br /><object type="application/x-shockwave-flash" data="dewplayer.swf?son=ilprigionero.mp3" width="180" height="20"> <param name="movie" value="dewplayer.swf?son=ilprigionero.mp3" /> </object><br /><span style="font-size:11px; "><em>Vox Blenii, Il prigionero, A dieci ore, 1994</em></span><span style="font-size:11px; "><br /></span><br /><img class="imageStyle" alt="P1020937" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020937.jpg" width="470" height="202"/><br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1020931" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020931.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1020929" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020929.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1020933" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020933.jpg" width="153" height="153"/><br /><br />Les enfants allaient autrefois se baigner au Ri della Froda qui descend de la Cima di Biasca, dans une baignoire qu&rsquo;on peut rejoindre en longeant les 14 stations du chemin de croix. Je m&rsquo;y rends aujourd&rsquo;hui, caracolant sur un sentier qu&rsquo;&eacute;clairent les ch&acirc;taigniers, un peu au-dessous de l&rsquo;ancien aqueduc trac&eacute; dans la pierre.<br />Les pieds dans l&rsquo;eau, la t&ecirc;te dans les mains, les odeurs confondues de la transparence et du fer, les tourbillons assourdissants, le vent dans le dos, j&rsquo;imagine absent le ciel &agrave; l&rsquo;envers.<br /><br /><object type="application/x-shockwave-flash" data="dewplayer.swf?son=sondecisodimontare.mp3" width="180" height="20"> <param name="movie" value="dewplayer.swf?son=sondecisodimontare.mp3" /> </object><br /><span style="font-size:11px; "><em>Vox Blenii, Son deciso di montare, Polenta gialda, 1997</em></span><span style="font-size:11px; "><br /></span><br /><img class="imageStyle" alt="P1020982" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020982.jpg" width="470" height="202"/><br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1020996" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020996.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1020998" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020998.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1020978" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020978.jpg" width="153" height="153"/><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>XCIII</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-08-29T06:24:32+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ad6ba3b165d3c703bd7cc6872921e08b-1398.html#unique-entry-id-1398</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ad6ba3b165d3c703bd7cc6872921e08b-1398.html#unique-entry-id-1398</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/147image-1.png" width="50" height="50"/><br /><br />- Maman&nbsp;! c&rsquo;est vraiment &eacute;nervant, c&rsquo;est comme si j&rsquo;avais du caca de nez dans les oreilles. <br />- Mais non&nbsp;Lili&nbsp;! c&rsquo;est l&agrave; pression, &ccedil;a va passer. Essaie de b&acirc;iller, &ccedil;a ira mieux.<br />- J&rsquo;arrive pas.<br />- Alors fais bouger ta m&acirc;choire inf&eacute;rieure horizontalement.<br />- Horizontalement&nbsp;? Comprends pas ! Et &ccedil;a devient vraiment &eacute;nervant, tr&egrave;s &eacute;nervant, de plus en plus &eacute;nervant&nbsp;! tu n&rsquo;aurais pas des cure-dents pour les oreilles ?<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Quitter le giron</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><dc:date>2011-08-26T14:35:13+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2dfdd76578a659cb70bc9f840178e3a0-1397.html#unique-entry-id-1397</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2dfdd76578a659cb70bc9f840178e3a0-1397.html#unique-entry-id-1397</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/146.image-8.png" width="50" height="50"/> <br /><br /><em>Pour Marine H</em><br /><br />Il &eacute;tait midi sous un soleil de plomb. On grimpait &agrave; flanc de coteau au sommet du Kahlenberg, pas loin du Leopoldsberg d&rsquo;o&ugrave; Charles V de Lorraine, le roi de Pologne &ndash; Jean Sobieski &ndash; et leurs 20 000 cavaliers &eacute;taient descendus au galop pour mettre fin, en 1683, &agrave; la seconde occupation de Vienne par les Turcs. Ce n&rsquo;est pas sans mal que nous avions quitt&eacute; le centre ville o&ugrave; nous logions pour la semaine. Il avait fallu s&rsquo;orienter dans la complexit&eacute; du centre historique sur lequel la rose des vents ne r&egrave;gne plus, choisir celui des nombreux bus qui passaient au pied de notre h&ocirc;tel, enfiler le Ring dans le bon sens, ne pas se tromper dans les correspondances successives, monter dans le tram dans le sens qui convenait, pour atteindre enfin le pied du Kahlenberg. <br />Les difficult&eacute;s qu&rsquo;on &eacute;prouva pour nous arracher du centre de la ville imp&eacute;riale sans nous &eacute;garer fut d&rsquo;un autre type que celles qu&rsquo;on endura pour parvenir au sommet de la m&eacute;morable colline. Je songeai, chemin faisant, &agrave; l&rsquo;aisance avec laquelle Charles de Lorraine et Jean Sobieski avaient fondu sur leurs ennemis, empruntant les premi&egrave;res sentes &agrave; peine visibles, tout en haut, qui conduisaient &agrave; des chemins plus bas un peu plus larges, &agrave; double orni&egrave;re bient&ocirc;t, route puis boulevard menant au camp des Ottomans. <br />Tous les chemins en effet m&egrave;nent &agrave; Rome. Mais comment quitter Rome&nbsp;? Et o&ugrave; aller&nbsp;? S&rsquo;il y a identit&eacute; formelle entre les trajets qui quittent le centre ville et ceux qui y ram&egrave;nent, il n&rsquo;en va pas de m&ecirc;me pour nous les vivants. Si les centres villes attirent ceux qui orbitent &agrave; leur p&eacute;riph&eacute;rie, il est bien difficile de s&rsquo;en &eacute;loigner et de vivre loin de leurs s&eacute;ductions.<br />Je pris un certain retard et me retrouvai en queue de peloton, rejoint bient&ocirc;t par une demi-douzaine de filles qui ralentissaient le pas et acc&eacute;l&eacute;raient leurs rires pour r&eacute;duire leur peine. J&rsquo;y allai de ma contribution.<br />- Est-il plus ais&eacute; de rejoindre le centre-ville depuis un point quelconque de sa p&eacute;riph&eacute;rie, ou de le quitter pour atteindre un point d&eacute;fini de ses faubourgs&nbsp;?<br />Elles sourirent, &eacute;tait-ce pour me faire plaisir&nbsp;? Le silence s&rsquo;installa et on marcha quelques minutes. L&rsquo;une d&rsquo;elles s&rsquo;immobilisa enfin et, les mains sur les hanches, r&eacute;pondit. <br />- Il est &eacute;videmment bien plus facile de r&eacute;joindre le centre que de le quitter.<br />Ses camarades partag&egrave;rent unanimement son avis. Je leur demandai pourquoi. L&rsquo;une d&rsquo;elle me r&eacute;pondit par une formule oubli&eacute;e mais cousine de l&rsquo;id&eacute;e selon laquelle il est plus simple d&rsquo;aller du simple au complexe, du rare au dense que l&rsquo;inverse. Je n&rsquo;osai pas le mot d&rsquo;anisotropique, mais il me semblait en effet que les propri&eacute;t&eacute;s du r&eacute;seau des chemins dessin&eacute;s par le pied des pi&eacute;tons changeaient selon la direction du flux.<br />On se r&eacute;jouit de cette &eacute;trange trouvaille et des corolaires qui fleurissaient. Je leur demandai alors ce qu&rsquo;une telle r&eacute;flexion &eacute;clairait de leur vie aujourd&rsquo;hui, elles avaient 15 ans et tout l&rsquo;avenir devant. L&rsquo;une d&rsquo;elles me r&eacute;pondit.<br />- C&rsquo;est plus facile de rentrer &agrave; la maison que de quitter sa famille. <br />Je m&eacute;ditai jusqu&rsquo;au sommet du Kahlenberg, devenu soudain tout proche.<br /><br />P.S.<br /><a href="http://www.lesmarges.net/files/d3abe43bcc49b41432974c886fa2e5ec-1285.html" rel="self">Avertissement</a><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a l&#x2019;&#xe9;crin de nos amours enfantines</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-08-25T18:43:07+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/bd91fba481b17daafb12192a9d216352-1396.html#unique-entry-id-1396</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/bd91fba481b17daafb12192a9d216352-1396.html#unique-entry-id-1396</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/146.image-6.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a l&rsquo;&eacute;crin de nos amours enfantines<br />les faubourgs<br />l&rsquo;oscillation ample du fil &agrave; plomb<br />il y a les poup&eacute;es de porcelaine<br />la p&eacute;nombre des arri&egrave;re-boutiques<br />la cueillette des petits fruits<br />le torchis<br />il y a les fissures de notre volont&eacute;<br />la cr&eacute;ation continu&eacute;e<br />les vieux &eacute;tablis recouverts de poussi&egrave;re<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 21 ao&#xfb;t 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-08-24T17:25:43+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/8e7bca1c38477ad2199a6e81e2e448e2-1395.html#unique-entry-id-1395</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/8e7bca1c38477ad2199a6e81e2e448e2-1395.html#unique-entry-id-1395</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/146.image-4.png" width="50" height="50"/><br /><br />M&eacute;gots riv&eacute;s dans les interstices des pav&eacute;s, confettis d&eacute;color&eacute;s, ketchup coagul&eacute;, le poisseux qui colonise la pagaille, bouteilles vides, couverts enmoutard&eacute;s, traces de doigt, verres bris&eacute;s, des r&ecirc;ves en morceaux d&eacute;bordant des sacs &agrave; ordures, des odeurs de chair &agrave; saucisse.  Pourtant le soleil se glisse dans ce saint d&eacute;sordre et &eacute;claire les restes de pain. C&rsquo;est toujours ainsi que se pr&eacute;sentent les lendemains des jeudis saints, lorsque les convives abandonnent tard dans la nuit, dans l&rsquo;oubli d&rsquo;eux-m&ecirc;mes et de l&rsquo;avenir, la table du festin. Souvenez-vous&nbsp;! On a beau chercher, on se ne souvient de rien. <br />De quoi ce matin prendre les jambes &agrave; son cou, se saisir de la clef des champs et rejoindre le vallon de la Carrouge ou de la Bressonnaz qui se sont lev&eacute;es sur un autre pied.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1020829" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020829.jpg" width="470" height="352"/><br /><br />On reste pourtant, avec ceux qui sont arriv&eacute;s il y a peu, silencieux, un peu hagards de ne pas savoir par o&ugrave; commencer dans la moiteur estivale. &Ccedil;a d&eacute;marre curieusement, par rien ou presque rien, on d&eacute;place une ou deux choses, on empile deux chaises, cherche de l&rsquo;aide, personne, aucune voix pour diriger le chantier. On reprend, il faut s&rsquo;y faire et commencer par rien, tiens un gobelet fendu, un autre &agrave; demi-plein, l&agrave;-bas un autre encore. Ensemble ils font une petite pile, avec les autres une grande. Il aura fallu prendre par un petit bout pour sortir du fond et faire une saign&eacute;e dans la d&eacute;b&acirc;cle, les assiettes en carton puis les couverts, les sets de table. Luc recueille les bouteilles vides dans des caisses, un balai &eacute;merge, c&rsquo;est Marc qui s&rsquo;en empare. Tiens les tables sont libres, Line porte un seau d&rsquo;eau chaude qu&rsquo;elle ne l&acirc;che pas et frotte les tables de bois. Justine se baisse avec une balayette et une ramassoire. A la cuisine, on fait des sandwiches et la vaisselle. <br />On a l&rsquo;impression soudain d&rsquo;avoir la t&ecirc;te hors de l&rsquo;eau et la place a bonne fa&ccedil;on lorsque les premiers campeurs s&rsquo;approchent du bar, un caf&eacute; et un croissant, ils soul&egrave;vent une paupi&egrave;re, trois th&eacute;s et deux limonades, tout le monde l&egrave;ve son verre&nbsp;: Donnez-nous, Seigneur, encore de ce pain-l&agrave;&nbsp;! <br />La f&ecirc;te peut recommencer, benevolente.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1020823" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020823.jpg" width="466" height="349"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1020815" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020815.jpg" width="153" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="P1020819" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020819.jpg" width="153" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="P1020820" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020820.jpg" width="153" height="115"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1020835" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020835.jpg" width="153" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="P1020836" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020836.jpg" width="153" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="P1020827" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020827.jpg" width="153" height="115"/><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>De l&#x27;obscur &#xe0; l&#x27;obscur</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-08-23T16:26:13+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/94052ee5a8f97c56e8e92bedf51929f6-1394.html#unique-entry-id-1394</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/94052ee5a8f97c56e8e92bedf51929f6-1394.html#unique-entry-id-1394</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/146.image-7-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Ce que nous enseignent la lecture jointe &agrave; l&rsquo;&eacute;criture, c&rsquo;est l&rsquo;usage modeste de nos deux mains sans lequel personne n&rsquo;aurait la possibilit&eacute; d&rsquo;avancer, bancal et d&eacute;sorient&eacute;, et de passer, gauche et droit, de l&rsquo;obscur &agrave; l&rsquo;obscur. Le courage aussi de ne pas nous reposer sur l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;une voix autoris&eacute;e viendra nous livrer un jour le fin mot de ce quelque chose sans nom qui &eacute;largit son empire, s&rsquo;ouvre comme une fleur en se fragmentant dans un silence assourdissant, rythmant l&rsquo;&eacute;tendue de son insubordination en la communiquant &agrave; l&rsquo;innocence du monde qui nous happe et nous enjoint de le servir.<br />Nous ne pourrons naturellement exclure que nous avons &eacute;t&eacute; victimes d&rsquo;un quiproquo ou le jouet d&rsquo;un plan divin compatible avec notre folie, et que tout s&rsquo;effondre. Mais qui nous le dira&nbsp;? Et cette parole nous d&eacute;livrera-t-elle du d&eacute;sastre&nbsp;? Soyons donc assur&eacute;s que l&rsquo;entreprise n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; vaine, et que nous avons, les bras au large, fr&ocirc;l&eacute; et long&eacute; plus d&rsquo;une fois ce qui aurait pu &ecirc;tre s&rsquo;il en avait &eacute;t&eacute; comme nous avons tent&eacute; de le dire.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Lire d&#xe9;sorient&#xe9;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-08-22T21:08:31+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/9c3ecc75032d3b6f65c2c55b6b798205-1393.html#unique-entry-id-1393</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/9c3ecc75032d3b6f65c2c55b6b798205-1393.html#unique-entry-id-1393</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/146.image-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Le temps passe mais, apr&egrave;s avoir lu les trente premi&egrave;res pages d&rsquo;<em>Un peu plus loin sur la droite</em> de Fred Vargas, je me souviens ce soir d&rsquo;une conf&eacute;rence d&rsquo;Antoine Compagnon qui d&eacute;veloppait l'id&eacute;e, somme toute assez classique, qu'on entre dans un roman d&eacute;sorient&eacute;, comme dans un espace jusque-l&agrave; inconnu. Le lecteur avance, h&eacute;sitant, dans un monde dont les r&egrave;gles qui pr&eacute;sident &agrave; son organisation et &agrave; sa compr&eacute;hension demeurent obscures d'abord, s'&eacute;claircissent le plus souvent ensuite. La coh&eacute;rence du roman &ndash; l'ensemble des actions qui s'y succ&egrave;dent et l'espace dans lequel celles-ci s'inscrivent &ndash; n'est pas donn&eacute;e au lecteur d&egrave;s le commencement; celui-ci y acc&egrave;de au fil des pages, apr&egrave;s quelques lignes souvent, parfois jamais. Antoine Compagnon dit le bonheur de cette d&eacute;sorientation initiale et l&rsquo;avanc&eacute;e stup&eacute;faite du lecteur, s'il y consent, dans un monde sans ordre apparent. <br />Lire n'est donc peut-&ecirc;tre que l'histoire mouvement&eacute;e d'une conqu&ecirc;te, celle d'une coh&eacute;rence qui n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute;, que postule celui qui &eacute;crit ou qu&rsquo;il diff&egrave;re sans fin. Il en irait de m&ecirc;me de nos vies &eacute;clair&eacute;es par la litt&eacute;rature&nbsp;: prot&eacute;g&eacute;es contre vents et mar&eacute;es par une coh&eacute;rence suppos&eacute;e, ou interminablement expos&eacute;es &agrave; la d&eacute;sorientation, en tous les cas jusqu&rsquo;&agrave; la fin, comme Kehlweiler, entre m&eacute;thode et cafouillis.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>En danger critique d&#x27;extinction</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2011-08-19T10:39:35+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e6f83740458b0c862f90630a35b0e9cc-1392.html#unique-entry-id-1392</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e6f83740458b0c862f90630a35b0e9cc-1392.html#unique-entry-id-1392</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/145.3-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:13px Georgia, serif; color:#343434;"><br /></span><br />L&rsquo;UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) lance un cri d&rsquo;alarme&nbsp;: la BO7 sauvage est en voie d&rsquo;extinction. On n&rsquo;en d&eacute;nombrait plus que quelques-unes sur l&rsquo;ensemble du territoire vaudois en 2010. On tente le tout pour le tout avec les derniers sp&eacute;cimens n&eacute;s en captivit&eacute;.<br /><span style="font:13px Georgia, serif; color:#343434;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="prodhom5-B07-mini" src="http://www.lesmarges.net/files/prodhom5-b07-mini.jpg" width="458" height="344"/><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">8 juillet 2011</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Open space</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Choses vues</category><dc:date>2011-08-18T23:00:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a24b26401d37d83046da635be3c7993b-1391.html#unique-entry-id-1391</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a24b26401d37d83046da635be3c7993b-1391.html#unique-entry-id-1391</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/145.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Dix heures ce matin, vent d&rsquo;ouest et ciel d&eacute;gag&eacute;, c&rsquo;est un temps &agrave; faire le tour du lac de Sauvabelin&nbsp;: pas un chat, ses poissons rouges et ses &acirc;nes, ses biches, ses ch&egrave;vres, sa barque et sa terrasse. Mais il y a, &agrave; deux pas, une maison de ma&icirc;tre qui accueille jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;automne quelques-unes des peintures acquises par Arthur et Hedy Hahnloser pour leur villa Flora &agrave; Winterthur. Je renonce au menu fretin du lac pour le gros poisson de <a href="http://www.fondation-hermitage.ch/run?iset=1307&refpage=26763&sansframe=tr" rel="self">l&rsquo;Hermitage</a>.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="capture-d2019e0301cran-2011-08-17-a0300-14.52.10" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-08-17-a0300-14.52.10-2.jpg" width="470" height="379"/><br /><span style="font-size:11px; "><em>Henri Matisse, Nice cahier noir, 1918, huile sur toile, 33 x 40,7</em></span><br /><br />Le linge pend aux balcons et les peintures des grands ma&icirc;tres s&egrave;chent, il ne faut pas les toucher. Toutes les fen&ecirc;tres sont ouvertes&nbsp;; les cadres imposants, souvenirs d&rsquo;une autre &eacute;poque, obligent le regard &agrave; se porter dedans, emp&ecirc;chent de d&eacute;border sur les c&ocirc;t&eacute;s. On est soudain dehors, les rideaux fr&eacute;missent&nbsp;; dans le parc un ou deux visiteurs ont c&eacute;d&eacute; au charmes d&rsquo;ao&ucirc;t, les essences rares m&ecirc;lent leur frondaison au bleu du ciel&nbsp;; au-del&agrave; le haut de la cath&eacute;drale qui surplombe la ville, derri&egrave;re le pigeonnier et l'orangerie, la ferme, la pelouse pour les ma&icirc;tres de maison et dans leurs souvenirs une plage, c&rsquo;est un matin frais d'ao&ucirc;t ou les premi&egrave;res chaleurs de f&eacute;vrier, la porte en bas qu'on laisse ouverte, et le bleu qui vire au turquoise. Je m&rsquo;assieds sur l&rsquo;un de ces bancs qu&rsquo;on met &agrave; la disposition du visiteur, si inconfortable qu&rsquo;il n&rsquo;y reste que le temps de noter dans son carnet ce qui ne cesse de s&rsquo;&eacute;chapper.<br />Pour le reste des merveilles, les int&eacute;rieurs de Bonnard qui m'ont rappel&eacute; l'univers disparu de mes grandes-tantes, Lucie et Augusta&nbsp;:  les tapis sur le plancher encaustiqu&eacute;, les passementeries, le velours des fauteuils, leurs regard sur les choses et le mien, les nappes &agrave; carreaux, les fruits et les fleurs, la lumi&egrave;re, les tapisseries, la lumi&egrave;re surtout. Elles vivaient elles aussi dans un cadre dor&eacute;, &agrave; Villarzel, en un lieu o&ugrave; le temps ne passe pas, avec leur n&eacute;cessaire de couture, un tub et de l&rsquo;osier, un fourneau &agrave; pierres ollaires et des livres &agrave; dessus de cuir.  Mais en voyant les jarreti&egrave;res rouges dune femme qui s&rsquo;&eacute;veille dans une chambre en d&eacute;sordre, je me prends &agrave; penser que derri&egrave;re leurs allures de vieilles filles accomplies se cachaient de vives envies. <br />Rien ne bouge dans ce sous-marin, les tableaux et les fen&ecirc;tres herm&eacute;tiquement closes se succ&egrave;dent, le temps reste pris dans le filet des natures mortes, &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur, &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur, sur le seuil et derri&egrave;re les visages. Pour les voir il faut sortir.<br />Accoud&eacute; sur le muret qui borde le lac j&rsquo;aper&ccedil;ois des iris d&rsquo;eau, personne.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il a la 807</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-08-17T22:13:11+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/6e150374931841b9f2bc75323133b1f9-1390.html#unique-entry-id-1390</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/6e150374931841b9f2bc75323133b1f9-1390.html#unique-entry-id-1390</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/145.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il a la 807 <br />les filets de p&ecirc;che qui s&egrave;chent au soleil<br />la sant&eacute; des finances publiques<br />il y a la parabole du fils prodigue<br />la boussole<br />il y a le poing dans dans ta poche<br />le ciel qui laisse passer l&rsquo;orage<br />la d&eacute;b&acirc;cle<br />il y a les balivernes de mon pote<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 14 ao&#xfb;t 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-08-16T18:39:32+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e63e7e38c0efa60f551493d0b9108da5-1389.html#unique-entry-id-1389</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e63e7e38c0efa60f551493d0b9108da5-1389.html#unique-entry-id-1389</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/145.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il est temps de reprendre les quelques notes prises il y a deux semaines dans l'atelier de Florence, d&eacute;pos&eacute;es &agrave; la va-vite dans un carnet de moleskine noire et de les verser, avant qu'elles ne prennent la consistance du cuir, sur la page blanche d'un traitement de texte, comme des morceaux de glaise humide sur un ch&acirc;ssis, d'en modifier l'ordre si une n&eacute;cessit&eacute; de premier ordre s'en fait sentir et de les fixer avec le pouce en deux ensembles distincts de part et d'autre d'un point de tangence &eacute;nigmatique qui doit piloter l'entreprise de l'arri&egrave;re. Un point que je devine, charg&eacute; de promesses, mais qui ne les aura tenues que lorsqu'il aura fix&eacute;, &agrave; la fin, le sens de l'entreprise et son allure. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1020663" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020663.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />S'&eacute;bauche alors une forme compacte &agrave; double foyer, sans porte ni fen&ecirc;tre, deux sph&egrave;res pos&eacute;es c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;te, &eacute;trang&egrave;res l'une &agrave; l'autre. Cette forme devrait &agrave; la fin s'approcher d'une ellipso&iuml;de de r&eacute;volution parcourue, sans que le lecteur ne s'en avise vraiment, d'un r&eacute;seau de relations liquides qui assureront l'&eacute;quilibre et le clapotement de la signification.<br />Enlever, ajouter, battre, p&eacute;trir, creuser, vider, associer, lisser, intercaler, d&eacute;tailler, &eacute;liminer, retourner, couper, rassembler, permuter, affiner, r&eacute;p&eacute;ter, pousser, enrouler, soulever, glisser, embo&icirc;ter, consolider, entailler, &eacute;loigner, rapprocher, d&eacute;tacher, pincer. guillocher, modeler, rapatrier, affermir, &eacute;liminer, griffer, inciser, souder, m&ecirc;ler, appr&ecirc;ter, mesurer, compter et toujours &eacute;viter la casse.<br />R&eacute;diger donc, &agrave; cheval sur midi, la vingtaine de lignes demand&eacute;es qui pr&eacute;senteront les travaux d'une poti&egrave;re de la r&eacute;gion expos&eacute;s &agrave; M&eacute;zi&egrave;res &agrave; la fin du mois. &Ccedil;a en fera une quarantaine, impossible de faire mieux, c'est &agrave; prendre ou &agrave; laisser.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Combe de l&#x27;A</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Autres lieux</category><dc:date>2011-08-15T00:21:15+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b2362f804a603de80e0fb28dcfac37a1-1388.html#unique-entry-id-1388</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b2362f804a603de80e0fb28dcfac37a1-1388.html#unique-entry-id-1388</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/145.5.png" width="50" height="50"/><br /><p style="text-align:right;"><br />Un courant d&rsquo;air<br />&eacute;carte les hauts de pierres <br />c&rsquo;est un aigle <br />qui remonte &agrave; grand coups d&rsquo;ailes<br />la combe de l&rsquo;A<br />il te fr&ocirc;le<br />immense et discret<br />&agrave; la verticale du disparate<br />
<img class="imageStyle" alt="p1020580" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020f5cc80.jpg" width="235" height="59"/><br /><br />adoss&eacute; au mur de pierres s&egrave;ches <br />du refuge au toit de lauzes<br />tu existes un peu<br />comme lui &agrave; peine<br /> <br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Le To&#xfb;no</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Autres lieux</category><dc:date>2011-08-12T11:50:32+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/95450a5f6033f80bc46bad16c7fcb385-1387.html#unique-entry-id-1387</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/95450a5f6033f80bc46bad16c7fcb385-1387.html#unique-entry-id-1387</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/144.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Dans le val d&rsquo;Anniviers, les m&eacute;l&egrave;zes renoncent &agrave; leur ascension au-del&agrave; de 2400 m&egrave;tres. Ne survit alors qu&rsquo;un immense chantier au-dessus duquel tra&icirc;nent parfois des lambeaux de nuages qui s&rsquo;&eacute;vanouissent sit&ocirc;t qu&rsquo;ils touchent la poussi&egrave;re de la terre maigre que de rares sentiers griffent, d&eacute;chirent, et que taconnent des lacs solitaires et pensifs, c&rsquo;est un chantier de vieilles moraines que noircissent des torrents plus durs et noirs que l&rsquo;ivoire.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1020124" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020124-2.jpg" width="480" height="360"/><br /><br />Pourtant l&agrave;-haut on vient de loin. Deux bonnes heures s&eacute;parent l&rsquo;H&ocirc;tel du Weisshorn du lac To&ucirc;no, bonnes et belles heures qui, remontant le torrent des Moulins, vous rapprochent du bas du ciel. Sous les collets rong&eacute;s des Pointes de Nava, le vert maigrit et colle &agrave; l&rsquo;ocre, je marche soudain dans les mousses, sur un tapis lunaire tendre comme un pubis. Les fleurs ont la t&ecirc;te en l&rsquo;air, les joubarbes, les raiponces et les linaigrettes, les roches la t&ecirc;te dure, gros d&eacute;s de granit, restes d&rsquo;un repas c&eacute;leste. <br />On arrive l&agrave; aux marches de ce qui s&rsquo;habite, lichens, coraux, couronnes, bris et miettes, chardons inhospitaliers, monde illisible en marge de ce qui se raconte, pas m&ecirc;me un puzzle, mais un saint d&eacute;sordre de pierres s&egrave;ches que fait tenir ensemble un silence sans attache.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1020138" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020138-2.jpg" width="480" height="360"/><br /><br />Il faut compter une heure encore avant d&rsquo;atteindre le sommet du To&ucirc;no. Et l&agrave;, &agrave; 3000 m&egrave;tres, tout en haut de l&rsquo;&eacute;chine de l&rsquo;endormie une pointe &eacute;mouss&eacute;e, la roche &agrave; vif, il n&rsquo;y a plus rien, &agrave; peine une place pour se reposer et un cairn qui vous rappelle que d&rsquo;autres ont pass&eacute; avant vous. Un peu plus loin on aper&ccedil;oit le blanc sale de la langue des glaciers, plus haut encore les ab&icirc;mes et le bleu chirurgical des crocs des s&eacute;racs.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/bandeautouno.png" width="480" height="93"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1010970" src="http://www.lesmarges.net/files/p1010970.jpg" width="480" height="360"/><br /><br />On verra au retour des papillons, un faucon cr&eacute;cerelle et une marmotte. Tout en bas dans l&rsquo;&eacute;troite vall&eacute;e l&rsquo;autre chantier, le petit, en sursis.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les nuages quand ils s&#x2019;emportent</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-08-11T11:47:36+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/1bcc0e900ed2cb8bc08d59a4869f947d-1386.html#unique-entry-id-1386</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/1bcc0e900ed2cb8bc08d59a4869f947d-1386.html#unique-entry-id-1386</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/144.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les nuages quand ils s&rsquo;emportent<br />les linaigrettes<br />les roues de charrette abandonn&eacute;es<br />il y a la couleur des fruits du sorbier<br />les conversations de part et d&rsquo;autre des cl&ocirc;tures<br />l&rsquo;aust&egrave;re vie des marmottes<br />il y a la mutit&eacute; des chats<br />les ch&egrave;vres de partage<br />le temps qu&rsquo;il fait<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Un bouquet de coquelicots</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Choses vues</category><dc:date>2011-08-10T23:15:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ad0be26c3f8fd952f8472641e554dee7-1385.html#unique-entry-id-1385</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ad0be26c3f8fd952f8472641e554dee7-1385.html#unique-entry-id-1385</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/144.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Si Claude Monet a beaucoup voyag&eacute; &ndash; l&rsquo;Alg&eacute;rie, l&rsquo;Italie, la Hollande, la Norv&egrave;ge...&nbsp;&ndash;, les peintures que Pierre Gianadda propose &agrave; Martigny  du 17 juin au 20 novembre 2011 ne nous font gu&egrave;re aller au-del&agrave; du clos&nbsp;: V&eacute;theuil, Argenteuil, Londres &agrave; peine et un peu de Provence... Elles font voir la maison du peintre, l&rsquo;all&eacute;e, une gare, une barque. Et dans le jardin les images premi&egrave;res de mon ab&eacute;c&eacute;daire&nbsp;: l&rsquo;&eacute;tang, les n&eacute;nuphars, le peuplier et le saule, l&rsquo;olivier et le palmier, la rose et l&rsquo;iris, le chrysanth&egrave;me, le pont et l&rsquo;all&eacute;e. Le peintre les explore matin et soir, &eacute;t&eacute; comme hiver, sans fin. Les choses bougent, l&rsquo;ombre voisine avec le scintillement, les miroitements et l&rsquo;irisation, et puis il y a la d&eacute;b&acirc;cle et l&rsquo;inondation qui recouvrent tout. Impossible de mettre la main sur rien, alors Claude Monet recommence, que peut-il bien faire d&rsquo;autre&nbsp;?<br /><br /><img class="imageStyle" alt="36_0004" src="http://www.lesmarges.net/files/36_0004.jpg" width="480" height="371"/><br /><br />Le <em>Champ de coquelicots pr&egrave;s de V&eacute;theuil</em>, peint en 1879 et figurant sur la premi&egrave;re page du catalogue et les innombrables affiches de l&rsquo;exposition nous offre une belle le&ccedil;on d&rsquo;histoire&nbsp;: cette peinture, vol&eacute;e au printemps 2008 et retrouv&eacute;e quelques jours plus tard sur le si&egrave;ge arri&egrave;re d'une voiture stationn&eacute;e dans le parking de la clinique psychiatrique de Burgh&ouml;lzli, est invendable, aussi invendable que les improbables bouquets de coquelicots que pr&eacute;parent les quatre femmes pr&egrave;s de V&eacute;theuil, fan&eacute;s sit&ocirc;t faits. N&rsquo;en tireront fortune que les fabricants de puzzles et les empailleurs d&rsquo;&eacute;ph&eacute;m&egrave;res, les vendeurs de sandwichs, les assureurs, les bouchers. La campagne publicitaire bat son plein &agrave; Martigny, tous les commer&ccedil;ants se sont donn&eacute; la main.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="monetmacdo" src="http://www.lesmarges.net/files/monetmacdo.jpg" width="470" height="345"/><br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1020229" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020229.jpg" width="470" height="145"/><br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1020237" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020237.jpg" width="234" height="234"/> <img class="imageStyle" alt="P1020236" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020236.jpg" width="234" height="234"/><br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1020232" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020232.jpg" width="115" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="P1020238" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020238.jpg" width="115" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="P1020234" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020234.jpg" width="115" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="P1020235" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020235.jpg" width="115" height="115"/> <br /><img class="imageStyle" alt="P1020228" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020228.jpg" width="115" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="P1020230" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020230.jpg" width="115" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="P1020231" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020231.jpg" width="115" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="P1020227" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020227.jpg" width="115" height="115"/><br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 7 ao&#xfb;t 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-08-09T00:17:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/79c14d9398434dd16101794094bd917d-1384.html#unique-entry-id-1384</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/79c14d9398434dd16101794094bd917d-1384.html#unique-entry-id-1384</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/144.1-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il se confectionne des chewing-gums avec des grains de bl&eacute;, de la salive et un peu d&rsquo;ivraie. Il sait qu&rsquo;on ne sait jamais exactement o&ugrave; l&rsquo;on est, mais ne s&rsquo;en inqui&egrave;te pas outre mesure, ou juste ce qu&rsquo;il faut. Arthur ne connaissait pas Etagni&egrave;res mais a rep&eacute;r&eacute; le ch&acirc;teau-d&rsquo;eau de Goumoens d&rsquo;o&ugrave; rayonnent bien des choses du canton, n&rsquo;est pas m&eacute;content qu&rsquo;on ne fasse pas un d&eacute;tour pour jeter un coup d&rsquo;oeil <a href="http://www.lesmarges.net/files/5207ecd41dde4fba21e9977a11325517-1301.html" rel="self">au retable de l&rsquo;&eacute;glise d&rsquo;Assens</a><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">,</span> n&rsquo;h&eacute;site pas &agrave; couper &agrave; travers les champs moissonn&eacute;s ou les pr&eacute;s fauch&eacute;s. Arthur &eacute;value curieusement les distances et le temps, go&ucirc;te aux &eacute;quilibres pr&eacute;caires, d&eacute;busque les grenouilles au bord de l&rsquo;&eacute;tang. Il aime jouer &agrave; l&rsquo;aveugle, d&eacute;m&ecirc;ler les pas des chevaux pour conna&icirc;tre leur nombre et imaginer le visage de leur cavali&egrave;re. S&rsquo;en fout cordialement du tumulus celte du bois des Allemands, imagine les &eacute;glises bien plus grandes qu&rsquo;elles ne le sont, va nus-pieds sur le bitume. Il se demande jusqu&rsquo;o&ugrave; se prolonge la mine &agrave; Nichet creus&eacute;e dans la molasse pr&egrave;s de Malapalud, planifie son retour dans le coin, avec une lampe de poche, le plus t&ocirc;t possible lorsque je lui apprends que Nichet a creus&eacute; cette grotte pour r&eacute;cup&eacute;rer le tr&eacute;sor de l&rsquo;ancien ch&acirc;teau de Bottens. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1020312" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020312.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1020314" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020314.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1020316" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020316.jpg" width="153" height="153"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1020317" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020317-2.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1020318" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020318.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1020311" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020311.jpg" width="153" height="153"/><br /><br />Arthur se prend d&rsquo;amiti&eacute; pour un cheval &agrave; la sortie de Bottens, qui la lui rend bien, n&rsquo;est jamais effray&eacute; par l&rsquo;id&eacute;e de quatre heures de marche, regrette comme moi les bistrots ferm&eacute;s le dimanche, les terrasses d&eacute;sertes du Gros-de-Vaud au mois d&rsquo;ao&ucirc;t, aime les chemins de terre, &agrave; l&rsquo;ombre lorsque le soleil tape, d&eacute;sesp&egrave;re autant du silence des fontaines que de la qualit&eacute; douteuse de leur eau quand elle coule. Saute de pierre en pierre dans le Talent en esp&eacute;rant un faux pas, et son ombre qui s&rsquo;amuse le tire vers le haut.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Erhard&#x2c; Georges et moi</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les disparus</category><dc:date>2011-11-11T13:39:51+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/49b23d78dd51c4ab734b1053e6271a1f-1383.html#unique-entry-id-1383</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/49b23d78dd51c4ab734b1053e6271a1f-1383.html#unique-entry-id-1383</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/158-7.png-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />On &eacute;tait finalement arriv&eacute;s entre ciel et terre, Erhard, Georges et moi. On n'aurait jamais cru pouvoir y arriver. <br />C'&eacute;tait dingue, on avait grimp&eacute; sur des s&eacute;racs en habits de carnaval, crois&eacute; d&egrave;s l'aube des longs-courriers et les derniers oiseaux migrateurs pour finir l&agrave;, sans y croire, frigorifi&eacute;s. Au sommet, on est rest&eacute;s quelques minutes &agrave; peine &agrave; nous demander chacun pour soi comment bon dieu fallait faire pour qu'il nous reste quelque chose de tout &ccedil;a. Le temps passait et rendait notre d&eacute;part urgent et improbable. On a fini par redescendre, je ne sais pas comment, on n'a rien ramen&eacute;.<br />On est l&agrave; aujourd'hui sans Erhard, mais on est rest&eacute;s lucides tous les trois.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1040509" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040509.jpg" width="470" height="286"/><br /><br />On disait qu'on pourrait toujours revenir et qu'on ne faisait que passer, seule l'&eacute;tendue nous comblait, on manoeuvrait pour rester vivants, vraiment vivants. Erhard est rentr&eacute; plus t&ocirc;t. Comment avons-nous fait pour nous s&eacute;parer&nbsp;? <br />Ce n'est pas le sommet qu'on visait, qu'y fait-on sinon y laisser sa peau. Non, on voulait rentrer sans d&eacute;passer les bornes, et s'il y avait un sommet, c'&eacute;tait tant mieux, mais un col souvent suffisait. Pourquoi je dis &ccedil;a, je ne sais pas, c'est quoi la question&nbsp;? <br />Ce qui nous aurait arrang&eacute;s, c'&eacute;tait de ne pas avoir &agrave; repartir, mais on n'avait pas d'excuse, fallait y aller, et puis on se serait mordu les doigts. Faut savoir qu'on marche pour soi, c'est-&agrave;-dire pour rester vivant et pour revenir, ou ne jamais revenir, c'est la m&ecirc;me chose. C'est pour &ccedil;a que des fois tu n'as pas envie de redescendre, t&rsquo;es ailleurs. Et tu sais que bient&ocirc;t tu donneras cher pour revivre cet instant, alors tu restes au sommet, parce que tu n'es pas loin d'&ecirc;tre un autre homme, c'est difficile &agrave; dire, un autre homme dans un autre monde. T&rsquo;as le pied dans l&rsquo;au-del&agrave;, &agrave; la merci de tant de choses, t&rsquo;es mort, t'es aux anges. Les sages disent qu'il faut continuer &agrave; grimper quand t'es au sommet. Foutaises, descendre suffit bien.<br />Quand tu rentres t'as pas l'air d'un survivant, mais tu l'es, &ccedil;a tu le sais, non, un revenant, nettoy&eacute; comme un galet roul&eacute; dans un torrent. Erhard, tu le disais, de tout &ccedil;a vaut mieux en rire. <br />Toute les souffrances, les &eacute;garements, les doutes valent pour cette minute-l&agrave;, tout est fini, t'as la peau du visage tendue comme une baudruche, t'as la pupille qui &eacute;claire comme un spot la muraille des questions, tu n'as plus qu'une seconde sur l'arr&ecirc;te, insignifiant, pas le temps de prier, rouler suffit jusqu'au camp de base. Marcher ne sert &agrave; rien, tais-toi, t'occupe, il est inutile de parler ou d'&eacute;crire, il est temps de faire autre chose qu&rsquo;&eacute;crire avec l&rsquo;&eacute;criture, endosse ce qui est sans remise.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>S&#xe9;bastien Chabal et moi on se ressemble</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Au Riau</category><dc:date>2011-08-08T00:36:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b280b83efed01a4829d1b9f06a8640f3-1382.html#unique-entry-id-1382</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b280b83efed01a4829d1b9f06a8640f3-1382.html#unique-entry-id-1382</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/144.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />C&rsquo;&eacute;tait samedi soir la fin du stage de pr&eacute;paration du <em>Racing Metro 92</em>, une &eacute;quipe dont j&rsquo;ignorais tout jusque-l&agrave;, comme du rugby dont ces grands gaillards passionn&eacute;s ont fait leur gagne-pain. Non, je ne connaissais pas S&eacute;bastien Chabal, sportif pr&eacute;f&eacute;r&eacute; des Fran&ccedil;ais que les journaux locaux nous ont fait conna&icirc;tre les jours pass&eacute;s. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1020299" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020299.jpg" width="329" height="247"/><br /><br />L&rsquo;&eacute;quipe s&rsquo;est en effet arr&ecirc;t&eacute;e dans la r&eacute;gion pendant une semaine et, pour la soir&eacute;e d&rsquo;au-revoir, &agrave; Ropraz chez <a href="http://www.lesmarges.net/files/2cd4cd427d0aadc55a45bc1128438ed6-1311.html" rel="self">Jean-Daniel</a>. A cette occasion, Arthur et Yann avaient &eacute;t&eacute; invit&eacute;s &agrave; faire une d&eacute;monstration de trial. Mais les sportifs, qui avaient d&eacute;j&agrave; commenc&eacute; &agrave; f&ecirc;ter la fin de leur s&eacute;jour dans la grande salle de Corcelles-le-Jorat, n&rsquo;avaient pas fini leur bi&egrave;re si bien qu&rsquo;ils sont arriv&eacute;s avec du retard, beaucoup de retard, alors que la nuit tombait d&eacute;j&agrave;. Il a fallu s&rsquo;y faire et comprendre encore une fois qu&rsquo;on n&rsquo;est pas le centre du monde. Arthur et Yann ont finalement fait leur d&eacute;monstration dans la p&eacute;nombre, &eacute;clair&eacute;e par les encouragements, les rires et les rengaines. Tout le monde &eacute;tait je crois aux anges, ils &eacute;taient une bonne soixantaine, joueurs et membres de l&rsquo;encadrement. Je suis s&ucirc;r qu&rsquo;Arthur se souviendra de cette soir&eacute;e, de ces grands gaillards insouciants, rigolant comme des enfants. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1020297" src="http://www.lesmarges.net/files/p1020297.jpg" width="329" height="247"/><br /><br />Et puis S&eacute;bastien Chabal et moi, je crois qu&rsquo;on se ressemble. C&rsquo;est un passionn&eacute;, moi aussi&nbsp;; il a une fille qui s&rsquo;appelle Lily Rose, moi aussi... enfin Lili tout court. On a tous les deux des carri&egrave;res professionnelles qui s&rsquo;ach&egrave;vent, S&eacute;bastien Chabal n&rsquo;a pas de regret, il a un compte twitter et une page facebook. Je ne vois qu&rsquo;une seule grosse diff&eacute;rence, il a accept&eacute; de figurer au mus&eacute;e Gr&eacute;vin&nbsp;; vous allez me dire que les choses peuvent encore changer, c&rsquo;est vrai. J&rsquo;ai dit &agrave; Louise que j&rsquo;&eacute;tais content de l&rsquo;avoir rencontr&eacute;, alors on a fait une photo. Quand on les a tous quitt&eacute;s tout &agrave; l&rsquo;heure, ils chantaient &agrave; tue-t&ecirc;te, s&rsquo;amusaient et buvaient. La f&ecirc;te risque d&rsquo;&ecirc;tre longue. Pourvu qu&rsquo;ils ne cassent rien, le monde est si fragile.<br /><br />En rentrant j&rsquo;ai lu les twitts de S&eacute;bastien Chabal pour savoir comment il voyait le coin. &Ccedil;a fait un joli texte je trouve.<br /><br /><em>Direction Lausanne, stage d'avant saison avec le Racing<br />Lausanne aussi c'est valonn&eacute;<br />Et ne venez pas me dire que je ne suis pas aff&ucirc;t&eacute;<br />La montagne &ccedil;a nous gagne<br />Apr&egrave;s un bivouac d'une journee en montagne<br />Apr&egrave;s les sprints en c&ocirc;te dans les bois, la r&eacute;compense<br /></em><em><br /></em>J&rsquo;aime bien S&eacute;bastien Chabal, il me donne envie, ce soir, de lire quelques pages de Robert Walser.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Faire voir l&#x2019;&#xee;le derri&#xe8;re l&#x2019;&#xee;le</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-09-05T09:23:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f054d5e77be2e988daab022448adc95b-1381.html#unique-entry-id-1381</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f054d5e77be2e988daab022448adc95b-1381.html#unique-entry-id-1381</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/149-4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Le po&egrave;me maintient hors de lui ce qu&rsquo;il a en vue, le repousse au large lorsqu&rsquo;il croit le toucher, c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il l&rsquo;accueille. Il a, on le devine, des affinit&eacute;s secr&egrave;tes avec la th&eacute;ologie n&eacute;gative, mais son trac&eacute; s&rsquo;interdit toute n&eacute;gation quand bien m&ecirc;me il en use parfois. Il s&rsquo;&eacute;crit dans la nuit qu&rsquo;il grave les yeux grand ouverts. <br />Sa t&acirc;che se r&eacute;v&egrave;le impossible, c&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il se satisfait si souvent de la bri&egrave;vet&eacute; qui abandonne l&rsquo;&eacute;vidence, trop &agrave; l&rsquo;&eacute;troit, sur son chemin d&rsquo;erre. C&rsquo;est dire que le po&egrave;me ne touche &agrave; rien&nbsp;: il a les mailles si larges qu&rsquo;il laisse tout passer, et s&rsquo;il faut recommencer, il recommence parce qu&rsquo;il lui appartient de faire voir l&rsquo;&icirc;le derri&egrave;re l&rsquo;&icirc;le.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>L&#xe9;viathan</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2011-08-05T20:59:53+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f43058b1d10ddc3935ab10a48563baa4-1379.html#unique-entry-id-1379</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f43058b1d10ddc3935ab10a48563baa4-1379.html#unique-entry-id-1379</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/143.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />&laquo;&nbsp;Attends&nbsp;!&nbsp;&raquo; chuchota Louise en se dirigeant vers le salon dont elle ferma d&eacute;licatement la porte. La ch&egrave;re enfant avait-elle devin&eacute; les sombres pens&eacute;es qui m&rsquo;agitaient ce soir-l&agrave;&nbsp;? D&eacute;laiss&eacute; sans raison par l&rsquo;inspiration, je souffrais en effet depuis quelques jours mille maux. Et, tandis que j&rsquo;entendis grincer les tiroirs du meuble de typographe dans lequel je conserve d&rsquo;inutiles tr&eacute;sors, je songeai &agrave; la mort. Je m&rsquo;&eacute;tais approch&eacute; tout pr&egrave;s de la nuit qui ne finit pas lorsque Louise r&eacute;apparut. M&rsquo;&eacute;tais-je assoupi&nbsp;?<br />&ndash;&nbsp;C&rsquo;est pour toi papa, et pour Franck, Jo&euml;l, H&eacute;l&egrave;ne, Joachim, Myriam, Estelle, Michel, Camille et les autres.<br />&ndash;&nbsp;Mais qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est ?<br />&ndash;&nbsp;La b&ecirc;te qui vous d&eacute;vore.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="prodhom4-mosaique" src="http://www.lesmarges.net/files/prodhom4-mosaique.jpg" width="470" height="290"/><br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">11 juin 2011<br /></span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Laurence Probst &#x7c; C&#xe9;ramique</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Choses vues</category><category>Peuplement</category><dc:date>2011-09-30T21:56:02+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b3889124f6ceaa5addc9f6ca612f5f10-1376.html#unique-entry-id-1376</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b3889124f6ceaa5addc9f6ca612f5f10-1376.html#unique-entry-id-1376</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/152.8.png" width="50" height="50"/><br /><br />Elle participe enfant aux ateliers de poterie que Simone Mayor offre aux &eacute;l&egrave;ves de Moudon lorsque l&rsquo;&eacute;cole est finie. Cette rencontre avec la terre sera d&eacute;cisive et ses effets ne la l&acirc;cheront pas. Mais c&rsquo;est en marge de son activit&eacute; professionnelle que Laurence Probst se formera, dans la vertu du compagnonnage et des ateliers o&ugrave; la transmission se fait de main &agrave; main, hors l&rsquo;institution o&ugrave; la norme se raidit, dans ces marges que nos soci&eacute;t&eacute;s ont laiss&eacute;es en friche pour que le passionn&eacute; ind&eacute;pendant puisse aller de son pas, loin des pressions, et trouver cette confiance qui cro&icirc;t de l&rsquo;int&eacute;rieur.<br />Laurence Probst rendra ce qu&rsquo;elle a re&ccedil;u aux enfants, &agrave; ceux de Lucens et de Moudon d&rsquo;abord, &agrave; ceux des alentours de Vulliens ensuite o&ugrave; elle vit avec sa famille. C&rsquo;est au geste libre et au regard appliqu&eacute; des enfants que va tout particuli&egrave;rement son attention, et c&rsquo;est pour eux qu&rsquo;elle a suivi en 1991 l&rsquo;enseignement d&rsquo;Arno Stern. Il lui a permis de mieux d&eacute;finir sa place, non plus &eacute;valuer l&rsquo;ad&eacute;quation des productions des enfants &agrave; des mod&egrave;les, mais les accompagner autant que faire se peut dans l&rsquo;exploration de ce qu&rsquo;ils sont, sans que jamais leurs r&eacute;alisations ne constituent la fin derni&egrave;re de leur aventure. Un vent d&rsquo;est souffle &agrave; Vulliens o&ugrave; sont mises &agrave; l&rsquo;honneur des techniques qui ne tournent pas rond&nbsp; : modelage, colombins, plaques.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1030414" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030414.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1030416" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030416.jpg" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1030415" src="http://www.lesmarges.net/files/p1030415.jpg" width="153" height="153"/><br /><br />&Ecirc;tre au service de l&rsquo;enfant soit, puisqu&rsquo;il en a besoin, mais &ecirc;tre &agrave; soi-m&ecirc;me son propre servant, explorer l&rsquo;histoire, les techniques et d&eacute;couvrir les variations des formes primitives, bol, assiette ou plat, pr&eacute;parer m&eacute;ticuleusement la rencontre de la terre et du feu, partager avec d&rsquo;autres son savoir-faire, n&rsquo;est-ce pas essentiel aussi&nbsp; ? A cet &eacute;gard le stage auquel participe Laurence Probst en 2009 &agrave; Saint-Quentin-la-Poterie est crucial. Elle s&rsquo;y familiarise avec les techniques des cuissons primitives, celle du raku et de l&rsquo;enfumage qui vont infl&eacute;chir ses r&eacute;alisations. Elle en revient pleine d&rsquo;id&eacute;es.<br />Demandez&nbsp; ! Elle vous racontera la chamotte et son grain, le galet pour polir avant la premi&egrave;re cuisson, les petites inventions qui font sourire, la vieille lessiveuse, le biscuit, le lit de sciure de sapin ou de ch&ecirc;ne m&ecirc;l&eacute;e &agrave; la paille et le foin, la cire d&rsquo;abeille et le bas de laine avec lesquels elle lustre les pi&egrave;ces enfum&eacute;es, la fabrication des &eacute;maux, les &eacute;tonnements lorsqu&rsquo;on d&eacute;fourne.&nbsp;&nbsp;Voyez les rejetons de cette myst&eacute;rieuse cuisine con&ccedil;ue dans l&rsquo;atelier, r&eacute;p&eacute;t&eacute;e, hautement technique, jointe au savoir-faire des anciens&nbsp;! C&rsquo;est l&rsquo;&eacute;cho d&rsquo;un &eacute;v&eacute;nement soigneusement pr&eacute;par&eacute; que le feu dans le four prend soudain en main, un bref instant, livrant aux circonstances et aux hasards les mauvais plis de la terre, r&eacute;cipients aux bords ronds, ind&eacute;cis, peau lisse ou craquel&eacute;e, enfum&eacute;s ou &eacute;maill&eacute;s, grands signes de fum&eacute;e noire, dentelles de l&rsquo;&eacute;mail qui se r&eacute;tracte.&nbsp;&nbsp;&nbsp;On n&rsquo;y est pour rien, ni les dieux ni les anciens ne sont jamais entr&eacute;s dans le four, pas plus qu&rsquo;ils ne sont entr&eacute;s dans la t&ecirc;te des enfants.
Pas besoin d&rsquo;aller bien loin pour voyager, une roulotte prise dans les hautes herbes suffit.<br /><br /><a href="http://www.galerie-du-jorat.ch/jorat/programme.asp" rel="self"><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/galeriedujorat.png" width="261" height="53"/></a><br /><span style="font-size:11px; color:#4C0034;"><em><br /></em></span><span style="font-size:11px; color:#4C0034;"><em>Travaux actuels de Laurence Probst<br /></em></span><span style="font-size:11px; color:#4C0034;"><em>Exposition du 1 octobre au 13 novembre 2011<br />Horaires d'ouverture<br /></em></span><span style="font-size:11px; color:#4C0034;"><em>Du mercredi au dimanche de 14h &agrave; 18h00&nbsp;&nbsp; </em></span><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a la demi-lune</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-08-04T21:43:25+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a16cdf7e47db91717f5471ec3bf6f6c5-1375.html#unique-entry-id-1375</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a16cdf7e47db91717f5471ec3bf6f6c5-1375.html#unique-entry-id-1375</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/143.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a la demi-lune<br />les chambres d&rsquo;h&ocirc;tel<br />la respiration des gros actionnaires<br />il y a le thym<br />la neige qui &eacute;paissit le silence<br />les vieux qui tiennent inexplicablement debout<br />il y a les fourr&eacute;s <br />la nuit la nuit<br />le jour le jour<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>XCII</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2011-08-02T21:52:35+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a6df64eb8855d3e33e39573779b49623-1374.html#unique-entry-id-1374</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a6df64eb8855d3e33e39573779b49623-1374.html#unique-entry-id-1374</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/143.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />L&rsquo;affaire eut lieu, dit-on, le premier ao&ucirc;t 1291 sur les rives du Lac des Quatre-Cantons et, comme chaque ann&eacute;e, on s&rsquo;est tous retrouv&eacute;s hier soir autour d'un feu de joie pour comm&eacute;morer les miracles de cette vieille alliance. On a chant&eacute; &agrave; tue-t&ecirc;te l'<em>Hymne national</em>, je me suis enflamm&eacute;, &agrave; mes c&ocirc;t&eacute; Jean-R&eacute;my chantait en playback. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1010839" src="http://www.lesmarges.net/files/p1010839.jpg" width="153" height="153"/><br /><br /><em>Sur nos monts, quand le soleil<br />Annonce un brillant r&eacute;veil,<br />Et pr&eacute;dit d'un plus beau jour le retour,<br />Les beaut&eacute;s de la patrie<br />Parlent &agrave; l'&acirc;me attendrie;<br />Au ciel montent plus joyeux<br />Les accents d'un coeur pieux,<br />Les accents &eacute;mus d'un coeur pieux...<br /></em><em><br /></em>C&rsquo;est &agrave; cet instant pr&eacute;cis que j&rsquo;ai eu la malencontreuse id&eacute;e de marcher sur le lacet de la chaussure de Jean-R&eacute;my qui m&rsquo;a lanc&eacute; un regard noir en serrant les dents. &Ccedil;a y est, j&rsquo;&eacute;tais fait, j&rsquo;allais devoir r&eacute;pondre de cette incivilit&eacute;. Par bonheur je dispose d'une excellente assurance juridique. Ainsi ici, ainsi ce pays..<em>.<br /><br /></em><img class="imageStyle" alt="P1010887" src="http://www.lesmarges.net/files/p1010887.jpg" width="153" height="153"/><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Lundi 1 ao&#xfb;t 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-08-03T18:19:59+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/41b2fcc69d467f1cb611468b3cbdaf85-1373.html#unique-entry-id-1373</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/41b2fcc69d467f1cb611468b3cbdaf85-1373.html#unique-entry-id-1373</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/143.5-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />En revenant cette nuit de la f&ecirc;te du premier ao&ucirc;t organis&eacute;e &agrave; la Moille-aux-Fr&ecirc;nes, on voyait les &eacute;toiles et &ccedil;a sentait le foin. Mais parce que la f&ecirc;te nationale tombe cette ann&eacute;e un lundi et en raison de d&eacute;cisions administratives, j&rsquo;ai v&eacute;cu dimanche comme un samedi et pris lundi pour un dimanche.  <br />Je suis &agrave; la Mussilly lorsque le soleil se glisse dans les all&eacute;es creus&eacute;es par les chemins, et de fines poussi&egrave;res d&rsquo;or piquent de gros grains le vert encore sombre des bois. J&rsquo;avance comme un grand, fier m&ecirc;me, heureux d&rsquo;&ecirc;tre accueilli par les oiseaux tandis que le gros de l&rsquo;esp&egrave;ce fermente dans son clos. Vanit&eacute; des vanit&eacute;s, un peu trop fier si bien que les choses se retournent et que je me sens soudain incapable de me glisser dans le lit du jour, inquiet de ne pas &ecirc;tre &agrave; la hauteur et mis en demeure de r&eacute;pondre de ma pr&eacute;sence. Devenu d&rsquo;un coup petit parmi les grands, fautif et pr&eacute;somptueux, je r&eacute;plique, balbutie. Que dire &agrave; celui qui m&rsquo;interroge et qui avance dos au mur des origines, sans avance et sans retard, sans lassitude, au tempo de l&rsquo;eau et du vent&nbsp;? Pourquoi ai-je donc hier soir tourn&eacute; le dos &agrave; la nuit&nbsp;? Puis-je saisir quoi que ce soit du jour en gardant les yeux ouverts et de la nuit en dormant&nbsp;? Serais-je donc de ceux que la nuit lasse&nbsp;? <br />Cette voix n&rsquo;avait pas tout &agrave; fait tort de m&rsquo;interroger de la sorte mais je ne la suivis pas et pris un chemin de traverse qui suffit &agrave; me mettre &agrave; bonne distance d&rsquo;une discussion juste mais sans fin.  <br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1010742" src="http://www.lesmarges.net/files/p1010742.jpg" width="470" height="352"/><br /><br />Pendant ce temps le jour s&rsquo;&eacute;tait install&eacute;, j&rsquo;ai long&eacute; l&rsquo;all&eacute;e qui conduit au cimeti&egrave;re o&ugrave; l&rsquo;on avait pr&eacute;par&eacute; une nouvelle fosse, poursuivi ma promenade en me r&eacute;jouissant de ces paysages d&rsquo;un seul tenant dont on fait, pour passer le temps, des puzzles de 1000 pi&egrave;ces. En remontant du Torel, la pirouette et l&rsquo;and&eacute;neuse avaient pr&eacute;par&eacute; les lignes d&rsquo;une page sur laquelle, comme d&rsquo;habitude, rien ne serait &eacute;crit.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>De ma lucarne</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Au Riau</category><dc:date>2011-08-01T13:09:41+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/3e646a7d24709b6a96d95bc9d173dcf9-1372.html#unique-entry-id-1372</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/3e646a7d24709b6a96d95bc9d173dcf9-1372.html#unique-entry-id-1372</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="P1010819" src="http://www.lesmarges.net/files/p1010819.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />Laisse d&eacute;river les lambris verniss&eacute;s, les rouleaux de bande &agrave; masquer, les plinthes et les baguettes d&rsquo;angle, laisse les choses se d&eacute;faire, cale le safran et tourne l&rsquo;espagnolette vers le large. Car ce matin on se baigne dans les plis d&rsquo;ao&ucirc;t que d&eacute;noue la brise, nus dans le jour bleu qu&rsquo;accueillent les &eacute;brasures de la fen&ecirc;tre taill&eacute;es dans l&rsquo;&eacute;pais. Ecoute en-bas le claquement des sabots du cheval sans son ma&icirc;tre, ce matin le jour est &agrave; mar&eacute;e basse.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>O&#xf9; poser la t&#xea;te</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-07-29T13:24:54+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/3171d6d632a5594ab20f30163236a7e2-1371.html#unique-entry-id-1371</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/3171d6d632a5594ab20f30163236a7e2-1371.html#unique-entry-id-1371</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelle3.4.jpg" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Le temps le plus propice pour na&icirc;tre<br />n&rsquo;&eacute;tait plus<br />n&rsquo;est pas aujourd&rsquo;hui<br /><br />La Tour de la Mort s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve<br />se voit d&eacute;j&agrave; de partout<br />n&rsquo;aura pas sa pareille<br /><br />En un cercle, un cercle immens&eacute;ment large<br />des cycles s&rsquo;ach&egrave;vent<br />Des victimes sans tarder, seront l&agrave;, pr&eacute;sentes.<br />Simultan&eacute;it&eacute; toujours si remarquable<br />des sacrifi&eacute;s et des arm&eacute;s<br /></em><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/blancdeblanc.png" width="143" height="17"/><span style="font-size:11px; "><em>Henri Michaux, D&eacute;placements D&eacute;gagements</em></span><em><br /></em><br /><img class="imageStyle" alt="P1010493" src="http://www.lesmarges.net/files/p1010493.jpg" width="470" height="470"/><br /><span style="font-size:11px; "><em>Namur, Place de l&rsquo;Ange 50</em></span><br /><br />Qu&rsquo;inventer demain pour s&rsquo;excentrer avec l&rsquo;&eacute;l&eacute;gance qui sied, l&rsquo;oeil fix&eacute; sur la paix vivace qui attend celui qui aura &eacute;puis&eacute; toutes les directions, tous les cantons, tous les r&ecirc;ves, ceux du dedans comme ceux du dehors, lorsqu&rsquo;il sera revenu enfin dans l&rsquo;improbable prairie o&ugrave; s&rsquo;efface l&rsquo;empreinte du pas suivant, d&rsquo;o&ugrave; il est parti et o&ugrave; les sensations se rassemblent, large, toujours plus large d&rsquo;allonge en allonge. <br />Plus besoin de te d&eacute;placer, de te d&eacute;gager, parce que le secret ne se referme pas avec la nuit, je suis voyage en tous sens dans un espace exhaustif. Tu as &eacute;crit, travers&eacute; <em>le pays des porte-&agrave;-faux</em>. Et revenu l&agrave; o&ugrave; tu ne laisseras pas de trace, dans ce chantier de l&rsquo;incertain et du contradictoire que survole ton ombre immense, en-de&ccedil;&agrave; des fausses-pistes et des chausse-trappes d&rsquo;un langage que tu as tordu comme un torchon, tu nous livres aujourd&rsquo;hui l&rsquo;autre pays. <em>L&agrave;, d&rsquo;innombrables canaux et maisons si diff&eacute;rentes comme aussi l&rsquo;habillement et l&rsquo;allure des habitants, appelant l&rsquo;attention vers d&rsquo;autres dehors, se structur&egrave;rent pour composer un peuple, un pays... se substituant de la sorte &agrave; la grande ville borgne d&rsquo;hier</em>.<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Tout recommencer</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><category>A la mine</category><dc:date>2011-07-28T20:39:27+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/cd71f40e56a2e83d8d261de15b6f47c8-1370.html#unique-entry-id-1370</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/cd71f40e56a2e83d8d261de15b6f47c8-1370.html#unique-entry-id-1370</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelle3.5.jpg" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Apr&egrave;s des ans<br />des ans comme des jours<br />l&rsquo;examen d&rsquo;admission reprend<br /><br />Le Gouverneur apr&egrave;s ce temps<br />nouvelle c&eacute;r&eacute;monie est &eacute;lu commis,<br />valet ensuite<br />&agrave; pr&eacute;sent re&ccedil;u balayeur<br /><br />Ainsi de rang en rang abaiss&eacute;<br />un jour sera retrouv&eacute; aux &eacute;tables, &agrave; la porcherie<br /><br />Descendra-t-il plus bas&nbsp;?<br />On l&rsquo;y portera...<br /></em><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/blancdeblanc.png" width="143" height="17"/><span style="font-size:11px; "><em>Henri Michaux, D&eacute;placements D&eacute;gagements</em></span><em><br /></em><br /><img class="imageStyle" alt="P1010443" src="http://www.lesmarges.net/files/p1010443.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Second d&rsquo;une liste de passage qui comprend &eacute;galement ceux &agrave; qui j&rsquo;ai remis il y a un mois &agrave; peine une attestation de fin de scolarit&eacute; obligatoire, j&rsquo;attends agit&eacute;. Nous sommes quelques-uns &agrave; battre le pav&eacute; de la cour qui longe le b&acirc;timent d&rsquo;en-haut, long et vitr&eacute;, au pied de la classe du rez-de-chauss&eacute;e que nous avons occup&eacute;e trois ans durant, moi comme enseignant et eux comme &eacute;l&egrave;ves, vide encore &agrave; cette heure, et ferm&eacute;e &agrave; cl&eacute;. Aucune indication sur la porte, personne &agrave; l&rsquo;horizon, ni l&rsquo;expert ni Monsieur D. &ndash; prof de latin au gymnase &ndash; qui doivent &eacute;valuer notre travail.<br />Agit&eacute;, agit&eacute; plus que les autres, je n&rsquo;ai en effet pas relu les livres sur lesquels portera l&rsquo;&eacute;preuve, par insouciance ou inconscience, m&rsquo;en souviens peu ou pas et m&rsquo;inqui&egrave;te Et puis ces livres, je ne les ai pas emport&eacute;s, ignorant o&ugrave; ils se trouvent, diss&eacute;min&eacute;s dans la classe ou &agrave; la maison. Panique. Je demande &agrave; A. de me pr&ecirc;ter les siens lorsqu&rsquo;il aura pass&eacute; l&rsquo;&eacute;preuve. Cet &eacute;l&egrave;ve brillant sur lequel j&rsquo;ai pu autrefois compter fronce les sourcils, froiss&eacute;, g&ecirc;n&eacute;, mais il ne peut rien pour moi, il doit rentrer &agrave; la maison sit&ocirc;t l&rsquo;examen termin&eacute; et remettre ses livres &agrave; sa m&egrave;re. Je d&eacute;sesp&egrave;re de trouver une bonne &acirc;me. Plant&eacute; au milieu de la cour, je mets au point une strat&eacute;gie pour franchir l&rsquo;obstacle&nbsp;: choisir une page au hasard et entreprendre consciencieusement le commentaire suivi de ce qui y est &eacute;crit, objectivement, l&rsquo;honneur sera sauf. Une phrase de Michaux cit&eacute;e par Maulpoix me revient &agrave; l&rsquo;esprit&nbsp;: <em>Je ne comprends rien de ce que disent les gens, les auteurs. Il faut que je refasse tout dans la t&ecirc;te. C&rsquo;est p&eacute;nible mais c&rsquo;est peut-&ecirc;tre cela l&rsquo;invention et l&rsquo;originalit&eacute;. <br /></em>Lorsque je rel&egrave;ve la t&ecirc;te, plus personne dans le pr&eacute;au, mais des &eacute;l&egrave;ves inconnus qui rient aux &eacute;clats derri&egrave;re les fen&ecirc;tres du rez. Aurais-je dormi tout ce temps&nbsp;?  L&rsquo;examen se passe ailleurs, Monsieur D. nous avait pr&eacute;venus, mais j&rsquo;ai &eacute;cout&eacute; de travers, je n&rsquo;en souviens maintenant, l&rsquo;examen a lieu &agrave; l&rsquo;Ancienne Acad&eacute;mie, dans le bureau de Monsieur C. dont j&rsquo;ai suivi les cours de philosophie. Sera-t-il l&agrave; lui aussi&nbsp;? Il me faut m&rsquo;y rendre au plus vite. Je parque mon karting au bas du Valentin, une petite place suffit, la maniabilit&eacute; de l&rsquo;engin est extraordinaire, je m&rsquo;en r&eacute;jouis, c&rsquo;est tout &ccedil;a de gagn&eacute;. Mais le temps a pass&eacute;, c&rsquo;est &eacute;videmment trop tard, tant pis, je laisse tout tomber. Il vaut mieux renoncer que de faire pi&egrave;tre figure. Alors tout s&rsquo;&eacute;claire et s&rsquo;all&egrave;ge, les nuages s&rsquo;&eacute;loignent, je sors vivant de ce cul-de sac.<br />Pourtant il me faut du temps pour sortir de cette vilaine nuit et m&rsquo;assurer que ces examens qui n&rsquo;auront jamais lieu sont derri&egrave;re moi. Quelque chose de p&eacute;nible, d&rsquo;incompr&eacute;hensible, de lourd, d&rsquo;incontournable me poursuit. Et si je constate que ce r&ecirc;ve s&rsquo;est bel et bien &eacute;loign&eacute;, il n&rsquo;en va pas de m&ecirc;me de la peur panique qui me suit au-del&agrave; du r&eacute;veil et me pousse dans le voisinage des deux passes qui bornent nos vies, celle que nous noyons dans les cris et les larmes, celle qui nous attend &agrave; l&rsquo;autre bout et dont nous sortirons, je l&rsquo;esp&egrave;re, moins que rien et silencieux.<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Br&#xe8;ve apparition</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Riant-Mont</category><dc:date>2011-07-27T21:24:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d532ce06a2024c72e1f8625daa24d760-1369.html#unique-entry-id-1369</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d532ce06a2024c72e1f8625daa24d760-1369.html#unique-entry-id-1369</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelle3.2-2.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />La sc&egrave;ne a lieu dans un pr&eacute;au au centre duquel je donne des consignes &agrave; une vingtaines d&rsquo;&eacute;l&egrave;ves, lorsque survient ma m&egrave;re, morte le 18 juillet 2003, les yeux fix&eacute;s sur moi, pas revue de la sorte depuis plus de 10 ans. Elle sait, avant m&ecirc;me de m&rsquo;apercevoir, que ce n&rsquo;est pas exactement le bon moment. Elle en semble pourtant affect&eacute;e. Son visage muet ajoute qu&rsquo;elle n&rsquo;a rien de particulier &agrave; me dire et qu&rsquo;il n&rsquo;est pas urgent que je la rejoigne, plus tard, lorsque j&rsquo;aurai un peu de temps et si je le veux bien. Elle s&rsquo;&eacute;clipse discr&egrave;tement, le dos vo&ucirc;t&eacute;, baisse la t&ecirc;te pour dispara&icirc;tre dans le tunnel menant au sous-sol de ce qui doit &ecirc;tre un stade vide.<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Rue Marie vierge</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Autres lieux</category><dc:date>2011-07-22T22:28:22+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/fc5f64ec57591d3424c373aa531afa1d-1368.html#unique-entry-id-1368</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/fc5f64ec57591d3424c373aa531afa1d-1368.html#unique-entry-id-1368</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelle2.4.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />Nos existences se sont singuli&egrave;rement all&eacute;g&eacute;es depuis qu'on arrache les unes apr&egrave;s les autres chacune des pages de l'histoire broch&eacute;e de nos villes. On d&eacute;couvre au d&eacute;tour de nos p&eacute;r&eacute;grinations des sc&eacute;nographies inou&iuml;es &agrave; l'image des vies minuscles de leurs locataires, des blessures b&eacute;antes cousues main, forcloses jusque-l&agrave;. <br />Des restes adh&egrave;rent encore comme des chairs molles au recto de vieilles bo&icirc;tes vides, ce sont celles des fant&ocirc;mes avec lesquels on vivait. Il faut pourtant tourner la page, sans esp&eacute;rer quoi que ce soit de nos anciennes habitudes, ni feuille ni crayon, ni gomme. Plus de r&eacute;paration mais des marges d'erreur prises en consid&eacute;ration avant m&ecirc;me de commencer, une succession d'&eacute;ditions princeps. <br />A chaque fois il faudra donc tout reprendre sans pagination fixe, condamn&eacute;s que nous sommes &agrave; ne plus pouvoir en sortir et &agrave; devoir lire en tous sens. Mon imaginaire oscille, au-del&agrave; des images, comme sur un tape-cul.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1000872_2" src="http://www.lesmarges.net/files/ruemarievierge" width="470" height="336"/><br /><p style="text-align:right;"> <span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a f&#xea;tes votives</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-07-21T22:28:17+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7138ca0d806a1c34fc734ab695896db4-1367.html#unique-entry-id-1367</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7138ca0d806a1c34fc734ab695896db4-1367.html#unique-entry-id-1367</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 11" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelle2.1.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a f&ecirc;tes votives<br />les trains &agrave; cr&eacute;maill&egrave;re<br />l'assiduit&eacute;<br />il y a les ciels bretons<br />les &eacute;changes bilat&eacute;raux<br />il y a C&eacute;lestin Freinet<br />les vers &agrave; soie<br />les magasins Leclerc<br />les vide-greniers<br /><p style="text-align:right;"> <span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Terres d&#x27;&#xe9;critures</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><category>Choses vues</category><dc:date>2011-07-20T22:28:12+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e5f489139ff56414dc2629d630c00420-1366.html#unique-entry-id-1366</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e5f489139ff56414dc2629d630c00420-1366.html#unique-entry-id-1366</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelle2.3.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />D&eacute;poser un peu de pigment noir sur le blanc mat et &acirc;pre de la porcelaine nue si mal arm&eacute;e, mettre du noir sur du blanc, c'est d&eacute;j&agrave; &eacute;crire, n'est-ce pas&nbsp;? Mais quoi&nbsp;? Des lettres ou l'alphabet primitif qui les constituent, un mot ou une phrase, quelques-un des noms des anges que mentionne Umberto Eco dans son <em>Vertige de la liste</em>, initiale rouge coquelicot, ou ceux des d&eacute;mons, ceux des &eacute;toiles les plus brillantes, une poign&eacute;e de titres organisant les chapitres des <em>Notes de chevet</em> de Sei Shonagon, ou les bienheureux qui &eacute;chappent &agrave; l'app&eacute;tit de l'Eisthenes du <em>Quart livre&nbsp;? </em><br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1000676" src="http://www.lesmarges.net/files/terresdecritures1" width="200" height="200"/><img class="imageStyle" alt="Image 12" src="http://www.lesmarges.net/files/blancinterstice.png" width="64" height="15"/><img class="imageStyle" alt="P1000699" src="http://www.lesmarges.net/files/terresdecritures2" width="200" height="200"/> <br /><br /> <img class="imageStyle" alt="P1000691" src="http://www.lesmarges.net/files/terresdecritures3" width="200" height="200"/><img class="imageStyle" alt="Image 12" src="http://www.lesmarges.net/files/blancinterstice-2.png" width="64" height="15"/><img class="imageStyle" alt="P1000697" src="http://www.lesmarges.net/files/terresdecritures4" width="200" height="200"/> <br /><br />C'est selon, peu importe, car la calligraphie met &agrave; l'&eacute;preuve la relation premi&egrave;re du trac&eacute; avec son support, de la l&eacute;zarde avec le blanc cassant de la page blanche&nbsp;: enfance de l'&eacute;criture dans son ind&eacute;cise &eacute;closion d'avant la lettre. Car la v&eacute;rit&eacute; est en amont, lorsque l'&eacute;criture, avant de faire syst&egrave;me, n'&eacute;tait que f&ecirc;lure, &agrave; la fois ruine et anticipation de la ruine, condamn&eacute;e &agrave; briser la belle unit&eacute; du monde pour la recomposer ensuite. La rencontre de la calligraphie et de la terre cuite &eacute;tait in&eacute;luctable. <br />Ils campent bien avant la lettre, tout pr&ecirc;ts de l'origine mais un peu apr&egrave;s le bing bang. Le r&eacute;el et l'&eacute;criture sont contemporains et nos constructions tremblent. Pas l'ombre d'un d&eacute;cor, mais la v&eacute;rit&eacute; d'un s&eacute;isme qu'un vase ou une coupe au bord ourl&eacute; et &acirc;pre contient un instant avant de se briser.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1000755" src="http://www.lesmarges.net/files/terresdecritures5" width="154" height="154"/> <img class="imageStyle" alt="P1000756" src="http://www.lesmarges.net/files/terresdecritures6" width="154" height="154"/> <img class="imageStyle" alt="P1000759" src="http://www.lesmarges.net/files/terresdecritures7" width="154" height="154"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1000700" src="http://www.lesmarges.net/files/terresdecritures8" width="470" height="470"/><br /><br /><a href="http://www.terres-ecritures.asso.fr/" rel="self"><img class="imageStyle" alt="temini" src="http://www.lesmarges.net/files/terresdecritures9" width="118" height="20"/></a><br /><em>Graphic porcelaine et c&eacute;ramique contemporaine<br /></em><span style="font-size:11px; "><em>Du 7 juillet au 28 ao&ucirc;t 2011 <br />Grignan<br /><br />Christine Mac&eacute;  <br />et les calligraphes<br /></em></span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; ">&bull;</span><span style="font-size:11px; "><em>Christine Dabadie-Fabreguettes <br /></em></span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; ">&bull;</span><span style="font-size:11px; "><em>Denise Lach<br /></em></span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; ">&bull;</span><span style="font-size:11px; "><em>Anne Gros-Balthazard<br /></em></span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; ">&bull;</span><span style="font-size:11px; "><em>Kitty Sabatier</em></span><br /><p style="text-align:right;"> <span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 17 juillet 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-07-19T22:28:07+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/59b90aa3b7466069a8087efaddc6804f-1365.html#unique-entry-id-1365</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/59b90aa3b7466069a8087efaddc6804f-1365.html#unique-entry-id-1365</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelle2.5.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />Deux belles et longues heures sous un parasol aux allures de liseron blanc devant un th&eacute; sur la terrasse du S&eacute;vign&eacute;, une fin de matin&eacute;e sous une pluie fine, rare dans cette petite ville qui peine &agrave; se r&eacute;veiller; elle disposera apr&egrave;s la sieste d'une seconde chance pour se lancer en plein jour, mais sans conviction. Deux coups de tonnerre et les cris d'un enfant &agrave; la table voisine &ndash; j'ai vu Michel Drucker en vrai &ndash; n'y changeront rien.  <br />Voir en vrai&nbsp;? Je ne les verrai pas, ni ne souhaite au fond les voir ceux que j'imagine d&eacute;soeuvr&eacute;s dans un salon plong&eacute; dans l'ombre, &agrave; deux pas de cette terrasse, le peintre et l'&eacute;crivain. <br />Ils se retrouvent comme chaque dimanche dans la maison du premier, &agrave; 11 heures pour un repas maigre et une apr&egrave;s-midi qui se prolonge jusqu'au soir, car il ne peint pas plus que lui n'&eacute;crit, ou presque plus, ni l'envie ni la force. Leurs compagnes ne sont pas bien loin mais on ne les entend pas, elles n'ont jamais imagin&eacute; que les choses puissent s'arr&ecirc;ter, il faut arroser les fleurs et nourrir l'app&eacute;tit d'oiseau de ceux qu'elles ont servis tout au long de leur vie. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1000626" src="http://www.lesmarges.net/files/peintreecrivain1" width="470" height="202"/><br /><br />Ils sont seuls dans la fra&icirc;cheur d'un salon un peu sous terre qui est comme un centre du monde. Ils ont enfin la vie devant eux, devant eux les jours et les nuits cousus comme un seul jour. Dehors il pleut, ils ne sortent plus, surtout pas le dimanche, ou &agrave; contre-temps lorsque le village se ressaisit &agrave; l'aube ou au cr&eacute;puscule des entre-saisons. Ils sont maintenant assis et occupent chacun l'un des c&ocirc;t&eacute;s d'une longue table sur laquelle tra&icirc;nent les traces d'un repas frugal, les couverts, quelques fruits, deux verres de vin, une carafe d'eau. Ils parlent, sortent de leurs poches profondes des morceaux de souvenir qu'ils d&eacute;posent sur la table &agrave; c&ocirc;t&eacute; de la corbeille de pain, vieux arbres sans fruits qui ne demandent rien. De la suite il n'y en a que dans le silence, il s'&eacute;broue et les rafra&icirc;chit, faufile bout &agrave; bout leurs propos qui tombent du ciel comme des samares et les font sourire.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN2747" src="http://www.lesmarges.net/files/peintreecrivain2" width="470" height="202"/><br /><br />Ils ont l'app&eacute;tit des oiseaux mais ce sont des g&eacute;ants, modestes et sans crainte dans les long rouleaux du silence, ils d&eacute;testent par-dessus tout les cris des enfants qui entament leur corps ch&eacute;tif. Ils se ressemblent, se ressemblent tellement qu'on aurait peine &agrave; dire qui a &eacute;crit et qui a peint, car ils sont d'apr&egrave;s, n&eacute;s de la derni&egrave;re pluie. Ils vont se coucher les mains vides, un mot parfois, mais vite oubli&eacute;, ou une id&eacute;e qui reste sur le seuil. <br />Ils &eacute;num&egrave;rent ce qui fut, mais n'&eacute;voquent ni la peinture ni l'&eacute;criture, ils ne regrettent rien, noctambules du jour c'est ensemble qu'ils se sentent bien, confondus dans l'ombre du salon comme l'inconnu dans la foule. Le reste du temps ils le passent &agrave; surveiller ce qui demeure et empilent leurs affaires qui tra&icirc;nent sur les commodes, ils d&eacute;cantent leur vie. <br />Ils sont comme tous les autres, mais eux sont arriv&eacute;s &agrave; leur fin, ils ont fait un pas de retrait et laiss&eacute; toute la place au silence qui les a port&eacute;s, eux et leur folle entreprise, ils sont devenus ce qu'ils ont &eacute;crit et ce &agrave; quoi ils ont renonc&eacute;. Ils le r&eacute;digent &agrave; leur insu derri&egrave;re la porte, dans le clair-obscur, et je n'en saurai rien.<br /><p style="text-align:right;"> <span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>B&#xe9;dar&#xe8;s</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Autres lieux</category><category>Choses vues</category><dc:date>2011-07-18T22:28:03+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c363ed5602c78f520e11e812edd659f4-1364.html#unique-entry-id-1364</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c363ed5602c78f520e11e812edd659f4-1364.html#unique-entry-id-1364</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelle2.2.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />Un petit ma&icirc;tre toscan du temps des Lorenzetti con&ccedil;ut une peinture de petit format oubli&eacute;e dans la r&eacute;serve d'un mus&eacute;e de la province siennoise que j'eus la chance de d&eacute;couvrir il y a une trentaine d'ann&eacute;es. Or un d&eacute;tail de cette peinture m'est apparu distinctement l'autre matin au fond d'un bassin abandonn&eacute; sur les bords d'un sentier longeant le Lez pr&egrave;s de B&eacute;dar&egrave;s. Ne m'est revenu en m&eacute;moire que ce d&eacute;tail &ndash; l'angle inf&eacute;rieur droit &ndash; qu'il m'a suffi de d&eacute;border pour retrouver le bateau couch&eacute; sur le flanc, le vert et l'ocre et, de proche en proche, les restes du vent, l'odeur du goudron, la filasse, le bonheur de peindre, l'arrachement, les jointures et le rivage. Personne dans cette repr&eacute;sentation, pas m&ecirc;me un nom &agrave; l'angle du tableau, mais une main divine.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1000630" src="http://www.lesmarges.net/files/bedares" width="470" height="627"/><br /><p style="text-align:right;"> <span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Nos d&#xe9;sirs s&#x27;&#xe9;tendent au-del&#xe0; de nous </title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2011-07-15T22:26:40+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/74bab556156e610bcba7a5f423d57b84-1363.html#unique-entry-id-1363</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/74bab556156e610bcba7a5f423d57b84-1363.html#unique-entry-id-1363</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 10" src="http://www.lesmarges.net/files/colon11.1.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />&Ecirc;tre ici et en m&ecirc;me temps ailleurs, c'est ce &agrave; quoi nous obligent nos vies habit&eacute;es par le souci de l'avenir, cet &eacute;tat en a rendu plus d'un malheureux. Montaigne dit juste : <em>Nous ne sommes jamais chez nous, nous sommes au-del&agrave;</em>. Mais nous devons conc&eacute;der pourtant que cet inconfort, auquel chacun de nous est tragiquement confront&eacute; et qui d&eacute;roge au sacro-saint principe d'identit&eacute; sans lequel notre raison ne serait pas, installe d'embl&eacute;e la possibilit&eacute; m&ecirc;me du temps &ndash; l'inqui&eacute;tude &ndash;, et la promesse ind&eacute;finiment reconduite d'une r&eacute;solution, celle de l'irr&eacute;conciliable &ndash; l'histoire. L'&eacute;criture, quelle qu'elle soit, n'est  rien d'autre en d&eacute;finitive que le proc&egrave;s-verbal des avatars de cette contradiction, le compte-rendu des variations d'une promesse dont l'&eacute;ch&eacute;ance est constamment diff&eacute;r&eacute;e, C'est pour cette raison qu'on entend sourdre de tout texte une plainte, comme le bruit de la mer du creux du coquillage. <br />Hormis dans un usage improbable de l'&eacute;criture qui, par un retournement dont je ne saisis encore ni la gen&egrave;se ni la mesure, devient le lieu m&ecirc;me o&ugrave; l'au-del&agrave; est rapatri&eacute; dans l'ici, et la plainte &ndash; l'ici rejet&eacute; dans l'au-del&agrave; &ndash; un chant ou le murmure de la mer, et ma vie une averse.<br /><p style="text-align:right;"> <span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>D&#x27;une traite</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2011-07-14T22:25:49+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/92ef9b22ace6a2d0621cdbecd29ee97f-1362.html#unique-entry-id-1362</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/92ef9b22ace6a2d0621cdbecd29ee97f-1362.html#unique-entry-id-1362</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/colon11.2.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />Frapper &agrave; la porte en esp&eacute;rant non pas qu'elle s'ouvre mais que ferm&eacute;e sur le silence qu'elle a pr&eacute;serv&eacute; du d&eacute;sastre elle vous rappelle que le chemin est encore long et qu'il vous faudra toutes vos forces et du courage pour aller l&agrave; o&ugrave; l'on ne croise personne et o&ugrave; il n'y a rien sinon d'autres portes ferm&eacute;es chaque jour plus rares qui comm&eacute;morent ce peu qui fut dans nos maisons et hors d'elles et dont notre &acirc;me aura &agrave; se satisfaire lorsqu'il n'y aura plus rien.  <br /><p style="text-align:right;"> <span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 10 juillet 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-07-13T22:24:07+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/cb5072294ff27edbd8feedce502f266e-1361.html#unique-entry-id-1361</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/cb5072294ff27edbd8feedce502f266e-1361.html#unique-entry-id-1361</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/colon11.3.jpg" width="50" height="50"/><br /><br /><br />On quitte la grand-m&egrave;re et Chazelles sous la pluie pour un double transfert, de la rive droite du Rh&ocirc;ne &agrave; la rive gauche aux abords de Vienne, d'en-dessus Valence &agrave; en-dessous peu apr&egrave;s Loriol. On abandonne le pis&eacute; pour les pierres s&egrave;ches, les pommes de terre pour l'olive, une id&eacute;e de l'existence pour une autre. Demeurent les stations d'essence, la gr&eacute;garit&eacute;, les p&eacute;ages, la grogne et l'euro, les aires de repos, l'ivresse et la vigne, et le lierre qui sont partout. Le soleil a fait le m&eacute;nage sur la terre comme au ciel et commence &agrave; dess&eacute;cher les ardeurs : on en fera bien moins que ce qu'on s'&eacute;tait promis et on profitera du temps restant pour revisiter un instant l'id&eacute;e saugrenue et assassine d'en demander autant aux Grecs et aux Portugais, aux Italiens et aux Espagnols qu'aux Su&eacute;dois.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1000495.JPG" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelledimanche1" width="470" height="202"/><br /><br />Les fleurs rouges du laurier battent la porte, la maison est ferm&eacute;e depuis l'Ascension, on en diff&egrave;re jusqu'au soir l'ouverture compl&egrave;te pour garder dedans cette odeur de puits et le silence qui s'est install&eacute; sit&ocirc;t les volets clos, ob&eacute;issant en cela &agrave; la m&ecirc;me loi que la poign&eacute;e de sable jet&eacute; &agrave; la mer. Dehors les grappes de raisin pendent lourdes et primitives, les abeilles vrombissent dans la glycine, les cigales et les grillons assurent le contrepoint.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1000500" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelledimanche2" width="470" height="202"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1000509.JPG" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelledimanche3" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1000510.JPG" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelledimanche4" width="153" height="153"/> <img class="imageStyle" alt="P1000508.JPG" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelledimanche5" width="153" height="153"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1000497.JPG" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelledimanche6" width="470" height="202"/><br /><br />L'ombre est cher, il y a foule au Lez. Mais Lili a rep&eacute;r&eacute; dans ses eaux basses et troubles un banc de gros, des gros tr&egrave;s gros. Ses cris et l'exp&eacute;dition qu'imaginent alors Louise et Arthur inqui&egrave;tent les &eacute;quipages concurrents qui s'&eacute;clipsent. Il est temps pour moi d'occuper la place abandonn&eacute;e par ces p&ecirc;cheurs de fortune et de l&eacute;zarder au pied de la pile du pont. Les enfants qui n'en demandaient pas tant m'abandonnent sur la rive de l'autre monde, j'y consens avec l'assurance que la modeste &eacute;puisette de chez Leclerc tiendra &eacute;loign&eacute;s le silure et le brochet longtemps encore. <br />Une sieste, un peu de lecture les yeux mi-clos... mais un peu seulement car il y a du grabuge sur le rafiot. Lili, qui n'a pas bien saisi l'esprit des manoeuvres exig&eacute;es par le patron de l'&eacute;quipage et transmises par son second, a &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute;e &agrave; terre. Il me faut la r&eacute;cup&eacute;rer et rejoindre les deux autres sur le pont, au plus vite, avant que l'&eacute;quip&eacute;e ne prenne le large avec &agrave; son bord le scorbut, et r&eacute;tablir la paix sans recourir &agrave; l'injuste courte paille. <br />C'est fait mais le mal aussi. Je prends donc les commandes de l'embarcation et ram&egrave;ne tout ce petit monde au port o&ugrave; les attend leur m&egrave;re, elle n'aura pas &agrave; les consoler, ils ont d&eacute;j&agrave; oubli&eacute; leur p&ecirc;che miraculeuse, ils r&ecirc;vent &agrave; d'autres achats chez Leclerc.<br /><p style="text-align:right;"> <span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les murs de pis&#xe9;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-07-12T22:21:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a5a85844089deea48ec82751947e010a-1360.html#unique-entry-id-1360</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a5a85844089deea48ec82751947e010a-1360.html#unique-entry-id-1360</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/colon11.5.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les murs de pis&eacute;<br />le brie<br />la gr&acirc;ce qu'on fr&ocirc;le parfois<br />il y a les vessies natatoires<br />la fra&icirc;cheur pi&eacute;g&eacute;e au plus fort de l'&eacute;t&eacute;<br />la le&ccedil;on des gens qui ne nous portent aucune attention<br />l'abondance<br />la truite qui mord<br />les interminables vaisselles<br /><p style="text-align:right;"> <span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Deux fois l&#x27;an</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Autres lieux</category><category>Peuplement</category><dc:date>2011-07-11T22:21:01+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/0f15120797a2fa0edc545b5d06e38fe7-1359.html#unique-entry-id-1359</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/0f15120797a2fa0edc545b5d06e38fe7-1359.html#unique-entry-id-1359</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/colon11.4.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />La vieille s'est lev&eacute;e avant tous les autres et les attend de pied ferme dans la fra&icirc;cheur d'une cuisine d'un autre temps. Elle a d&egrave;s sept heures fait le gros dos pour endurer les mille maux qui l'assaillent et parasitent le marbre de son corps us&eacute;. Lorsque je la vois, elle a d&eacute;j&agrave; fait le gros de la journ&eacute;e&nbsp;: sa toilette d'abord, le point sur l'actualit&eacute; ensuite. Elle est mont&eacute;e en ville acheter une baguette, a termin&eacute;, au pas encore, la lecture du <em>Dauphin&eacute;</em>  qu'elle partage avec son voisin. Lui reste l'impr&eacute;vu auquel elle adresse derri&egrave;re ses volets clos un salut ironique.<br />Ce matin la vieille attend. Elle attend, car aujourd'hui c'est jour de f&ecirc;te. Sa petite-fille &ndash; la fille de son fils &ndash; et ses trois petits-enfants dorment &agrave; l'&eacute;tage. Il sont venus la veille, comme chaque ann&eacute;e, la saluer de l'&eacute;tranger. ils dorment bien l&agrave;-haut, dans les monts du Lyonnais, c'est ce qu'elle se dit et s'en r&eacute;jouit, car c'est un peu elle, chez elle. Elle est assise &agrave; l'extr&eacute;mit&eacute; d'une chaise, sur un petit qui vive, guette les bruits, pr&ecirc;te &agrave; les accueillir et &agrave; leur sourire. Elle languit, mais sans pr&eacute;cipitation, de les voir autour de la table. Lorsqu'ils d&eacute;jeuneront, elles regardera les enfants, un peu d&eacute;pit&eacute;e qu'ils mangent si peu, elle s'en faisait une f&ecirc;te. Mais elle oubliera bien vite car l'humeur de ces vieux-l&agrave; se refait deri&egrave;re eux comme la mer apr&egrave;s le passage d'un bateau. Ils passeront la journ&eacute;e ensemble, puis une seconde nuit avant de se quitter le matin suivant jusqu'&agrave; l'automne. Tout est r&eacute;gl&eacute;, de la salade de haricots au jambon, &agrave; l'os pour l'occasion, le t&eacute;l&eacute;journal avec le fromage blanc, les filles qu'on met au lit et l'a&icirc;n&eacute; qui regarde Fort Boyard. Demain on ira &agrave; Courchau chez sa fille, la soeur du p&egrave;re de la m&egrave;re des trois petits. <br />Je fais un saut en ville, quelques lignes de Montaigne sur une terrasse, tout le monde dort quand je reviens. Il y a eu un gros orage, la pluie n'a pas l&acirc;ch&eacute; la maisonn&eacute;e, la terre est grasse. On repart avec quelques pommes de terre, courgettes et carottes du potager.<br />On se reverra &agrave; l'automne, au jour de la f&ecirc;te des morts, lorsque la vieille ira fleurir la tombe de son fils au bord du lac L&eacute;man. Elle dormira chez nous deux nuits. Et comme chaque fois qu'on se quitte, elle pleure &agrave; l'id&eacute;e que c'est la derni&egrave;re. Les choses iront ainsi jusqu'&agrave; ce qu'elles n'aillent plus. Dans la voiture, pr&egrave;s de Feurs, les enfants l'ont oubli&eacute;e, mais je sais pourtant qu'elle est entr&eacute;e dans ces lieux qu'ils ignorent encore, depuis dix ans, par petites doses, deux fois l'an, l&agrave; o&ugrave; on est chez les autres apr&egrave;s notre mort, l&agrave; <em>o&ugrave; sont les &ecirc;tres qui ne sont pas encore n&eacute;s,</em> jusqu'&agrave; ce que, disparue de chez les disparus, elle n'ait de place que diffuse, t&eacute;nue, dans la m&eacute;moire infiniment compl&egrave;te du dernier homme.<br /><p style="text-align:right;"> <span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>40</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2011-07-25T21:04:48+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/34a5f85ba1d275f239506a9510a2bd7d-1358.html#unique-entry-id-1358</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/34a5f85ba1d275f239506a9510a2bd7d-1358.html#unique-entry-id-1358</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/colonzelle3.1.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />Aller de l&rsquo;avant, c&rsquo;est le prix &agrave; payer, mais y parvenir au plus vite pour rejoindre au plus t&ocirc;t le reste qui est presque tout et que rien ne saurait mettre au pas.<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 24 juillet 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-07-26T21:57:38+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/5f4f4e6a4528d2ce6c3210a74c7313cd-1356.html#unique-entry-id-1356</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/5f4f4e6a4528d2ce6c3210a74c7313cd-1356.html#unique-entry-id-1356</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/monsbefffroi.png" width="50" height="50"/> <em><br /></em><br />Jusqu&rsquo;&agrave; Namur sous la pluie et sans carte, mais avec le soleil au couchant et la Meuse &agrave; l&rsquo;arriv&eacute;e, avec la voix du <em>syst&egrave;me de positionnement global</em> qui a d&eacute;roul&eacute; ses calculs tout au long du voyage, sans s&rsquo;interrompre, c&rsquo;&eacute;tait la premi&egrave;re fois. Etrange comme cette voix aplatit le paysage, l&rsquo;&eacute;tend en tous sens, p&acirc;te fine urbi et orbi. Tu ne roules plus d&eacute;sormais sur du papier, mais du num&eacute;rique sans pagination, plus besoin de plier les cartes, rien ne d&eacute;passe, aucun faux pli, ni amertume ni regrets. Tu empruntes des chemins trac&eacute;s par Euclide dans un brouillard de pixels, tu y es, mais o&ugrave; es-tu, dans quel imaginaire&nbsp;? <br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1010664" src="http://www.lesmarges.net/files/murcharleroi" width="470" height="378"/><br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1010670" src="http://www.lesmarges.net/files/orange1charleroi.jpg" width="233" height="233"/> <img class="imageStyle" alt="P1010672" src="http://www.lesmarges.net/files/orange2charleroi.jpg" width="233" height="233"/><br /><br />Il te faut r&eacute;apprendre &agrave; marcher comme il te faut r&eacute;apprendre &agrave; lire, longer la Meuse &agrave; pied jusqu&rsquo;&agrave; Namur, retourner &agrave; Jambes. Suivre un bout du chemin de halage qui court jusqu&rsquo;&agrave; Charleroi au coeur du Pays Noir que traverse la Sambre. T'imaginais pas, n&rsquo;est-ce pas&nbsp;? Il aura fallu que la voix du <em>syst&egrave;me de positionnement global</em> te jette l&agrave;, au coeur de la ville basse de Charleroi, pour que tu comprennes enfin qu&rsquo;on ne compte pour rien, que tu ne comptes pour rien, nous tous en voie de disparition. Il y a bien la gare &agrave; laquelle tu as song&eacute;, immobile au-del&agrave; du pont qui enjambe la Sambre &agrave; l&rsquo;extr&eacute;mit&eacute; de la place Emile Buisset. Mais pour aller o&ugrave;&nbsp;? La voix du <em>syst&egrave;me de positionnement global</em> t&rsquo;a somm&eacute; de faire demi-tour.  <br /><br />Pas d&rsquo;avenir, on leur en a trop fait bouffer, plus de listes de commissions jet&eacute;es devant les magasin, plus de magasins. L&rsquo;infime espoir pourtant que les choses demeurent en l&rsquo;&eacute;tat quelque temps encore, mis&eacute;rables et vivantes, un pas de porte sur lequel s&rsquo;asseoir, un mur contre lequel s&rsquo;appuyer, penser que ce qu&rsquo;on pense est pens&eacute;e, et passer sans qu&rsquo;on ait &agrave; d&eacute;cider, mais sans perdre de vue non plus qu&rsquo;on a gard&eacute; en &eacute;tat le poste fronti&egrave;re de Zoufftgen au cas o&ugrave; on serait amen&eacute;s &agrave; de nouvelles d&eacute;portations. Les cloches se sont tues, plus une brique de vent, un jeune entrepreneur, vue haute, a repeint une roue de pierre sur la fa&ccedil;ade d&rsquo;un vieux moulin.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1010614" src="http://www.lesmarges.net/files/p1010614.jpg" width="234" height="234"/> <img class="imageStyle" alt="P1010593" src="http://www.lesmarges.net/files/p1010593.jpg" width="234" height="234"/><br /><br />Pas de plaque comm&eacute;morative pour cette nouvelle d&eacute;b&acirc;cle sinon le sourire extatique des &eacute;puis&eacute;s et les murs &eacute;ventr&eacute;s des immeubles &eacute;chang&eacute;s, c&rsquo;est promis, contre une autre mis&egrave;re, c&rsquo;est jur&eacute;, celle des centres commerciaux. Il n&rsquo;y a pas de ligne de front pour la mis&egrave;re, fid&egrave;le &agrave; l&rsquo;esp&egrave;ce, qui accro&icirc;t dedans et dehors son empire. Il est 19 heures, ne crains rien, mais ne repasse pas &agrave; 23 heures.<br /><br />Tu auras appris &agrave; Charleroi que le G&eacute;n&eacute;ral Comte Letort, l&rsquo;aide de camp de Napol&eacute;on, est mort le 16 juin 1815, deux jours avant la bataille de Waterloo. Tu auras aper&ccedil;u derri&egrave;re le suaire du <em>syst&egrave;me de positionnement global</em> quelque chose que celui-ci n&rsquo;a pas entam&eacute;, le beffroi de la maison espagnole de Mons et la tour Saint-Jacques de Namur qui sortent le cou, jettent leur t&ecirc;te dans le ciel, les oies qui raient les eaux noires du fleuve, les yeux du mourant sur le seuil de la boucherie de Charleroi, cheveux blanc et sourire d'ange, le silence d&eacute;sabus&eacute; de la Meuse et de son affluent la Sambre, le soleil qui revient comme pour la derni&egrave;re fois.<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Entre le Riau et le Torel</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Au Riau</category><dc:date>2011-07-08T14:45:47+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/4c73c19132bd2a07450de0835844846a-1355.html#unique-entry-id-1355</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/4c73c19132bd2a07450de0835844846a-1355.html#unique-entry-id-1355</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/139.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Plus d&rsquo;un sage a lou&eacute; son allure, sa l&eacute;g&egrave;ret&eacute;, sa vivacit&eacute;, sa fid&eacute;lit&eacute; aussi. Elle constitue peut-&ecirc;tre ce qu&rsquo;on peut faire de mieux au cours de notre existence, mais celle qui nous accompagne ne nous appartient qu&rsquo;&agrave; moiti&eacute;. Appendice d&rsquo;une autre nature, elle est comme un rebord de nous dans le monde, ce qui nous y tient, ce qui coule de nous en lui et qui remonte pour nous y attacher par un bout. Elle est peut-&ecirc;tre, s&rsquo;il en faut, la plus haute des preuves de notre existence et de nos relations.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1000236" src="http://www.lesmarges.net/files/p1000236.jpg" width="470" height="352"/><br /><br />Elle fait un peu peur, te regarde tandis que tu gesticules, ou te tourne r&eacute;solument le dos quand elle enfonce son nez dans le bitume.<br /><br />J&rsquo;aime les grandes ombres, d&eacute;mesur&eacute;es, et les ombres joueuses qui font de nous des pantins au mouvement impr&eacute;visible, anges noirs lib&eacute;r&eacute;s de la gravitation. J&rsquo;aime aussi les ombres la nuit, les innombrables petites ombres n&eacute;es de soleils de fortune, p&acirc;les copies, fant&ocirc;mes tremblants, ombres sans amarres, flottantes, ind&eacute;cises, qui rappellent lorsqu&rsquo;on ferme les yeux la fragilit&eacute; de nos existences. <br /> <br /><img class="imageStyle" alt="P1000233" src="http://www.lesmarges.net/files/p1000233-2.jpg" width="154" height="154"/><span style="font-size:13px; "> </span><img class="imageStyle" alt="P1000234" src="http://www.lesmarges.net/files/p1000234-2.jpg" width="154" height="154"/><span style="font-size:13px; "> </span><img class="imageStyle" alt="P1000235" src="http://www.lesmarges.net/files/p1000235.jpg" width="154" height="154"/><br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>39</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-07-07T14:53:34+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/3d178c114df90b62c2a58f28f195e0ce-1353.html#unique-entry-id-1353</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/3d178c114df90b62c2a58f28f195e0ce-1353.html#unique-entry-id-1353</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/139.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />On reviendra demain, et on remontera la Corcelette, &agrave; l&rsquo;ombre, jusqu&rsquo;&agrave; la grande cascade. Et plus tard, juste avant d&rsquo;avoir froid, pendant que tu joueras sur la place de jeux devant le coll&egrave;ge avec Roxane et Louise, sous le soleil, j&rsquo;irai chercher la voiture qu&rsquo;on aura laiss&eacute;e pr&egrave;s du pont sous le cimeti&egrave;re.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1000140" src="http://www.lesmarges.net/files/p1000140.jpg" width="470" height="353"/><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br />Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 3 juillet 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-07-06T12:50:21+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/9090de8c34e271b6ad2a20d08f9f9ea1-1352.html#unique-entry-id-1352</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/9090de8c34e271b6ad2a20d08f9f9ea1-1352.html#unique-entry-id-1352</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/139.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Quelques rires encore puis plus rien, sinon le bruit de l&rsquo;eau et l&rsquo;ombre, et la fra&icirc;cheur qui peinent &agrave; se faire entendre ou qu&rsquo;on devine &agrave; peine. Tous trois se sont &eacute;loign&eacute;s et, de fil en aiguille, ont disparu en amont derri&egrave;re les branchages qui encombrent le lit de la rivi&egrave;re. Arthur est grand, pas d&rsquo;inqui&eacute;tude. Et puis il suffit de laisser faire la rivi&egrave;re qui les tient en laisse. <br /><br />Me marre en lisant adoss&eacute; &agrave; un h&ecirc;tre quelques pages du texte que Cendrars consacre dans la premi&egrave;re partie du<em> Lotissement du ciel</em> &agrave; Joseph de Cupertino, patron des aviateurs. Les choses, c&rsquo;est-&agrave;-dire les faits historiques, biographiques, litt&eacute;raires, les souvenirs &ndash; les vrais et les faux &ndash; les canulars, les proc&eacute;d&eacute;s litt&eacute;raires, les citations, les r&eacute;flexions sont si bien huil&eacute;s ensemble qu&rsquo;on peut marcher l&eacute;ger dessus et qu&rsquo;on finit par &eacute;prouver un plaisir comparable &agrave; celui qu&rsquo;on &eacute;prouve lorsqu&rsquo;on marche sur l&rsquo;eau. <br />M&rsquo;&eacute;gare pourtant &agrave; vouloir suivre l&rsquo;esprit de Cendrars qui s&rsquo;&eacute;gare &agrave; vouloir <em>suivre, situer, identifier, localiser la survie d&rsquo;une main coup&eacute;e qui se fait douloureusement sentir, non pas au bout du moignon ni dans l&rsquo;axe radial ni dans le centre de la conscience, mais en aura, quelques part en dehors du corps, une main, des mains qui se multiplient et qui se d&eacute;veloppent et s&rsquo;ouvrent en &eacute;ventail, le rachis des doigts plus ou moins &eacute;cras&eacute;, les nerfs ultasensibles qui finissent par imprimer &agrave; l&rsquo;esprit l&rsquo;image de &Ccedil;iva dansant qui roulerait sous une scie circulaire pour &ecirc;tre amput&eacute; successivement de tous ses bras, que l&rsquo;on est &Ccedil;iva, lui-m&ecirc;me, l&rsquo;homme divinis&eacute;. </em>M&rsquo;arr&ecirc;te l&agrave;, renonce &agrave; le suivre vers la fin et reviens &agrave; <em>la survie d&rsquo;une main coup&eacute;e qui se fait douloureusement sentir</em>,...,<em> en aura, quelques part en dehors du corps</em>, en &eacute;ventail. Je m&rsquo;en souviendrai ce soir.<br /><br />J&rsquo;ai beau appeler, les enfants ont disparu quelque part en dehors de moi, les voici coup&eacute;s de ma sph&egrave;re d&rsquo;influence. Et l&rsquo;angoisse monte comme la mar&eacute;e, il faut faire vite. Trop tard, serait-il trop tard&nbsp;? Lili s&rsquo;est noy&eacute;e dans le go sous la cascade, Arthur ne l&rsquo;a pas aid&eacute;e, qu&rsquo;elle se d&eacute;brouille, elle l&rsquo;a assez enquiquin&eacute; les jours pass&eacute;s. Pauvre Lili, pauvre Arthur, pauvre Louise qui ne sait pas trop bien quoi faire, pauvre de moi. Que vais-je dire &agrave; leur m&egrave;re&nbsp;? Peut-on vivre apr&egrave;s une telle trag&eacute;die&nbsp;? C&rsquo;en est fait de moi, amput&eacute; d&rsquo;un coup de mes trois enfants et de ma femme, il faudrait... Miracle&nbsp;! les voici, la moyenne en &eacute;claireuse, la petite dans les bras du grand, tous trois revenus de nulle part. Quel bonheur&nbsp;! Quelle belle apr&egrave;s-midi&nbsp;!<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1000129" src="http://www.lesmarges.net/files/p1000129.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />On se retrouve plus tard sous le cerisier, les fruits sont bien visibles, rouges et immobiles, c&rsquo;est tout simple de les pincer et de les croquer, on ne dit pas assez cette facilit&eacute;. Et quoi qu&rsquo;il se passe dans l&rsquo;avenir, de la forme que prendra l&rsquo;&eacute;tau administratif et policier, tu te rappelleras qu&rsquo;il avait &eacute;t&eacute; facile un jour de manger des cerises &agrave; m&ecirc;me l&rsquo;arbre, de regarder se former un essaim d&rsquo;abeilles ou de tremper tes pieds dans la rivi&egrave;re. N&rsquo;est-ce pas&nbsp;?<br /> <br /><img class="imageStyle" alt="P1000173" src="http://www.lesmarges.net/files/p1000173.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />On rentre &agrave; pied de Froideville, avec les ombres qui s&rsquo;allongent, on tra&icirc;ne le pas parce qu&rsquo;on discute et qu&rsquo;on discute de la mort. Arthur pense qu&rsquo;il reste quelque chose apr&egrave;s notre disparition, moi aussi, mais on ne sait pas exactement quoi, ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre. Je lui rappelle alors une <a href="http://www.lesmarges.net/files/2f1380c71a60b1b256576327164c522b-336.html" rel="self">conversation</a> que nous avions eue il y a bien des ann&eacute;es d&eacute;j&agrave;. Il semble aujourd&rsquo;hui comprendre ce que je voulais dire, je lui parle alors du texte de Cendrars lu ce matin. J&rsquo;&eacute;prouve un certain bonheur &agrave; marcher ainsi en parlant de la mort. En revanche le gaillard est un peu moqueur avec les croyants, moi pas. Je le lui dis, je trouve m&ecirc;me qu&rsquo;ils ont une certaine chance, une telle confiance donne un sacr&eacute; courage, quand bien m&ecirc;me ils ne sont &agrave; l&rsquo;abri de rien. Sans compter que ce dont ils sont d&eacute;positaires en arri&egrave;re de ce qu&rsquo;ils disent, avec les m&eacute;cr&eacute;ants, les ath&eacute;es ou les agnostiques qui se taisent n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que le peu dont nous disposons pour penser notre condition et le monde qui nous entoure. <br />Des circonstances divines ont voulu que nous interrompions soudain cette sainte conversation.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1000211" src="http://www.lesmarges.net/files/p1000211-2.jpg" width="470" height="202"/> <br /><img class="imageStyle" alt="P1000211" src="http://www.lesmarges.net/files/p1000211.jpg" width="154" height="154"/> <img class="imageStyle" alt="P1000214" src="http://www.lesmarges.net/files/p1000214.jpg" width="154" height="154"/> <img class="imageStyle" alt="P1000216" src="http://www.lesmarges.net/files/p1000216.jpg" width="154" height="154"/><br /><img class="imageStyle" alt="P1000220" src="http://www.lesmarges.net/files/p1000220-2.jpg" width="470" height="202"/><br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a la rose des chantiers</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-07-05T11:44:25+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f4cbc75584e1de7abbcd3156d4d21f05-1351.html#unique-entry-id-1351</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f4cbc75584e1de7abbcd3156d4d21f05-1351.html#unique-entry-id-1351</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/139.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a la rose des chantiers <br />la chair de l&rsquo;abricot<br />le vol du pic &eacute;peiche<br />il y a la chambre du fond<br />le matin du premier jour<br />il y a l&rsquo;inconnu du vendredi qui d&eacute;barrasse la table du jeudi saint <br />les col&egrave;res enfantines<br />le vol instantan&eacute; des abeilles<br />il y a les comptes-&agrave;-rebours<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br />Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>38</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-07-04T10:47:26+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/3a1cb0ef5b559f6d28c99f2a118a1d52-1350.html#unique-entry-id-1350</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/3a1cb0ef5b559f6d28c99f2a118a1d52-1350.html#unique-entry-id-1350</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/139.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Pas de livre<br />ce matin <br />branle-bas devant la maison<br />les enfants mangent <br />des cerises &agrave; pleines mains<br /><br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1000184" src="http://www.lesmarges.net/files/p1000184.jpg" width="470" height="353"/><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  <br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br />Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Combat de reines en Lacanie</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2011-06-30T22:00:34+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b3bbc811e6f829773649dc55f275712d-1349.html#unique-entry-id-1349</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b3bbc811e6f829773649dc55f275712d-1349.html#unique-entry-id-1349</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-06-25 à 08.03.18" src="http://www.lesmarges.net/files/138-d2019e0301cran-2011-06-25-a0300-08.03.18.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />Elles s&rsquo;appellent Pam&eacute;la, Pivoine, Tundra, Katchina ou Pigeon, Baticha ou Palma, Choupette ou Eden, Vend&eacute;e, Sir&egrave;ne, Violine, Java, Muscade ou Coucou, Lara, Violette, Flora, Baya ou Pakita, mais elle s&rsquo;appellent aussi Bagherra, Comanche, Cheyenne, Pagaille, Bulldozer ou Dynamite. Ne nous y trompons pas, c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on comm&eacute;more au printemps le combat de titans que se livrent l&agrave;-haut sur la montagne l&rsquo;imaginaire et le symbolique dans l&rsquo;ar&egrave;ne du r&eacute;el.  <span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><br /><img class="imageStyle" alt="inconnu" src="http://www.lesmarges.net/files/combatenlacanie.jpg" width="480" height="319"/><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">29 mai 2011<br /></span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Initiation &#xe0; l&#x27;art du porte-&#xe0;-faux</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><dc:date>2011-07-01T20:44:52+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f24c2f6a389bdd99e5b6aa9b97d73d8e-1348.html#unique-entry-id-1348</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f24c2f6a389bdd99e5b6aa9b97d73d8e-1348.html#unique-entry-id-1348</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-06-25 à 08.02.08" src="http://www.lesmarges.net/files/138-d2019e0301cran-2011-06-25-a0300-08.02.08-2.jpg" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Pour Anouck</em><br /><br />L&rsquo;une des missions essentielles de l&rsquo;&eacute;cole est d&rsquo;initier ceux dont elle a la charge &agrave; l&rsquo;art du porte-&agrave;-faux, en les obligeant &agrave; r&eacute;pondre simultan&eacute;ment et contin&ucirc;ment &agrave; deux exigences que tout oppose<span style="font-size:8px; ">&nbsp;</span>: prendre la mesure des connaissances fix&eacute;es par la soci&eacute;t&eacute; des savants dans les domaines bien circonscrits d&rsquo;une encyclop&eacute;die partag&eacute;e mais toujours d&eacute;j&agrave; d&eacute;su&egrave;te et &eacute;veiller leurs conciences en y instillant un doute radical dont l&rsquo;application r&eacute;solue les conduira au seuil d&rsquo;un territoire sans cadastre, aux propri&eacute;t&eacute;s inconnues, d&rsquo;o&ugrave; ils auront, jeunes encore, &agrave; dessiner de nouveaux horizons et &agrave; la table duquel ils auront &agrave; &eacute;crire les r&eacute;cits et les mythologies de demain.<br /><br />Aider les g&eacute;niteurs &agrave; faire de larves aphasiques, en moins de dix ans, des adultes polyglottes, telle est sa t&acirc;che. En leur donnant assez de confiance pour que, assist&eacute;s de leurs petits courages et de savoirs-faire confinant souvent au d&eacute;raisonnable, ils soient en mesure de s&rsquo;&eacute;carter des normes de la cohorte, abandonner le paradigme dont plus rien ne sort, s&rsquo;avancer en des lieux que ne rend familiers aucun jeu de questions et de r&eacute;ponses. Pour que ces femmes et ces hommes nouveaux soient pr&ecirc;ts &agrave; retrousser les impasses, &agrave; penser l&rsquo;inconcevable en nouant ses mailles et donner une chance au r&eacute;el et &agrave; ce qu&rsquo;on n&rsquo;imaginait m&ecirc;me pas. <br /><br />Vaste programme pour un impossible m&eacute;tier, d&rsquo;autres l&rsquo;ont dit. L&rsquo;&eacute;cole n&rsquo;a en effet jamais &eacute;t&eacute; &agrave; m&ecirc;me de r&eacute;pondre &agrave; cette double t&acirc;che, pas plus que l&rsquo;histoire n&rsquo;a su &eacute;radiquer le mal ou assurer le progr&egrave;s promis. Id&eacute;e r&eacute;gulatrice cependant qui anime l&rsquo;enseignant qui enseigne. Personne n&rsquo;a donc rencontr&eacute; les demi-dieux de cette mythologie. Parfois pourtant la chance est l&agrave; et le p&eacute;dagogue en rencontre une incarnation, assez solide pour accepter les dures exigences qui nous viennent de l&rsquo;ancien et suffisamment fragile et l&eacute;g&egrave;re pour s&rsquo;&eacute;lever dans le ciel et tenir sous ses ailes le nouveau paysage.<br /><br />J&rsquo;en ai rencontr&eacute; une. Elle &eacute;clairait tout ce qu&rsquo;elle touchait, s&rsquo;affairait avec un soin qui nous ramenait aux grands travaux des temps anciens&nbsp;: respect des r&egrave;gles, des traditions, respect des personnes, des textes, respect du temps, des lieux,... non pas que cet asservissement assouv&icirc;t ses d&eacute;sirs, mais parce qu&rsquo;il constituait comme une asc&egrave;ce pr&eacute;paratoire, une prop&eacute;deutique &agrave; la grande aventure de la pens&eacute;e dans laquelle elle s&rsquo;engageait naturellement, avec la discr&eacute;tion de ceux qui volent haut et qui voient grand angle. On la voyait l&agrave; pr&eacute;parer l&rsquo;avenir, s&rsquo;assurer de la nature de chacune de ses parties, de leurs relations, qu&ecirc;ter d&rsquo;autres ordres, reprendre s&rsquo;il le fallait ces travaux de l&rsquo;esprit qui vont &agrave; la vitesse de l&rsquo;&eacute;clair, un &eacute;clair qu&rsquo;on apercevait briller dans ses yeux rieurs. Ne s&rsquo;agissant pas de puzzle, il n&rsquo;y avait ni pi&egrave;ce manquante ni cl&eacute; de vo&ucirc;te, mais elle savait que ce qui vaut la peine d&rsquo;&ecirc;tre fait est ce qui ne l&rsquo;a pas &eacute;t&eacute;. Elle allait vent arri&egrave;re dans le silence, en &eacute;quilibre sur deux pieds de sa chaise ou la t&ecirc;te plong&eacute;e dans son ombre, toute &agrave; elle-m&ecirc;me au service de quelque image qu&rsquo;on peine &agrave; dire. Alors on devinait que la gr&acirc;ce devenait une propri&eacute;t&eacute; de la pens&eacute;e et, sur le visage de cette jeune fille fragile et d&eacute;termin&eacute;e, le porte-&agrave;-faux donnait lieu &agrave; une danse r&eacute;gl&eacute;e et aventureuse.<br /><br />P.S.<br /><a href="http://www.lesmarges.net/files/d3abe43bcc49b41432974c886fa2e5ec-1285.html" rel="self">Avertissement</a><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Virevoltant au-dessus des orni&#xe8;res</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><dc:date>2011-06-29T09:18:45+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c5ff397e3df18e650a3add667243792f-1347.html#unique-entry-id-1347</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c5ff397e3df18e650a3add667243792f-1347.html#unique-entry-id-1347</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-06-25 à 08.01.27" src="http://www.lesmarges.net/files/138-d2019e0301cran-2011-06-25-a0300-08.01.27.jpg" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Pour Lea</em><br /><br />On pourrait ne pas prendre acte de leur existence, car elles d&eacute;laissent au cours de leurs premi&egrave;res ann&eacute;es le centre, o&ugrave; qu&rsquo;elles soient, &agrave; ceux et &agrave; celles qui ne peuvent pas vivre loin des projecteurs. Et tandis que, un peu maladroites, elles butent contre les plinthes en caressant de l&rsquo;&eacute;paule les murs blancs, elles regardent intrigu&eacute;es et na&iuml;ves les ambitieux monter &agrave; l&rsquo;assaut de la citadelle. Sans bien comprendre. <br /><br />Elles n&rsquo;en veulent pas &agrave; la bande de sauvages qui s&rsquo;approprient le langage et le monde qui va avec, elles leur lancent m&ecirc;me parfois un sourire qui les apaisent un instant. Qu&rsquo;on les laisse tranquilles. Pourtant ne croyez pas qu&rsquo;elles sommeillent, elles butinent sans effrayer personne, discr&egrave;tement. Tout est si fragile, alors n&rsquo;en rajoutons pas. Et tandis qu&rsquo;elles vont sur la pointe des pieds, leur esprit vif pince le tout-venant qu&rsquo;elles remontent &agrave; tire-d&rsquo;aile, de quoi faire un nid dans lequel elles accueilleront plus tard ceux qui viendront. Elles vont assur&eacute;es, assur&eacute;es de ce qu&rsquo;elles peuvent mais incertaines de ceux qui les entourent, reines, reines, reines sans couronne. <br /><br />Et soudain, sans avertir, voici qu&rsquo;elles se mettent &agrave; parler, &agrave; dire ce qu&rsquo;il &eacute;tait temps de dire. Ce sont ces voix que tout le monde attendait, pr&eacute;sentes lorsqu&rsquo;on en a besoin, lorsque le mauvais temps s&rsquo;installe, voix longtemps tues, h&eacute;sitantes autrefois fermes aujourd&rsquo;hui, pleines de cette sagesse qui ralentit le carrousel de nos existences, voix apais&eacute;es vers lesquelles les visages marqu&eacute;s par le d&eacute;sarroi se tournent, patientes, in&eacute;branlables.<br /><br />C&rsquo;est d&egrave;s le d&eacute;but, lorsque je l&rsquo;ai vue il y a longtemps d&eacute;j&agrave;, se confondant avec l&rsquo;air qu&rsquo;elle touchait &agrave; peine que je compris qu&rsquo;elle &eacute;tait de cette race-l&agrave;. Tout dans son &ecirc;tre &eacute;tait retenue, de son poignet fin qui virevoltait comme une hirondelle pr&egrave;s de son &eacute;paule, &agrave; ses paupi&egrave;res qu&rsquo;elle fermait lentement pour ne pas froisser l&rsquo;air qui l&rsquo;entourait. Elle &eacute;tait comme ces feuilles solitaires que le vent porte et qui tombent sans bruit sur le miroir de l&rsquo;&eacute;tang.<br /><br />Je la soup&ccedil;onnais parfois de ne pas &ecirc;tre parmi nous, feignant de nous &eacute;couter pour ne pas blesser notre amour-propre, berc&eacute;e par le vent du large, attachant bout &agrave; bout des bouts de pens&eacute;e lointaine qui plus tard constitueraient non pas un conte de f&eacute;es mais ce foyer qui m&eacute;nage une place &agrave; ceux qui auront &agrave; reprendre ce qu&rsquo;on leur a laiss&eacute;.<br /><br />Elle n&rsquo;&eacute;tait jamais l&agrave; o&ugrave; l&rsquo;on croit, c&rsquo;est-&agrave;-dire l&agrave; o&ugrave; elle &eacute;tait, ne s&rsquo;offusquait pas du tour que prenaient les &eacute;v&eacute;nements si bien que, quand bien m&ecirc;me elle ne le voul&ucirc;t pas, elle rendait idiots ceux qui croyaient qu&rsquo;elle p&ucirc;t &ecirc;tre ailleurs ou qu&rsquo;il p&ucirc;t en &ecirc;tre autrement. <br /><br />Elle fut certainement dans une des vies qui pr&eacute;c&eacute;da la sienne un de ces papillons blancs qui accompagnent l&rsquo;&eacute;t&eacute; le promeneur sur les chemins forestiers, insaisissable, le pr&eacute;c&eacute;dant sans le laisser s&rsquo;approcher, fragile et obstin&eacute;, virevoltant &agrave; midi au-dessus des orni&egrave;res, &agrave; deux pas du promeneur qui sourit.<br /><br />P.S.<br /><a href="http://www.lesmarges.net/files/d3abe43bcc49b41432974c886fa2e5ec-1285.html" rel="self">Avertissement</a><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 26 juin 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-06-28T20:33:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/764d2d005fd1c4369150202d952fb3bb-1346.html#unique-entry-id-1346</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/764d2d005fd1c4369150202d952fb3bb-1346.html#unique-entry-id-1346</guid><content:encoded><![CDATA[.<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-06-25 à 08.02.29" src="http://www.lesmarges.net/files/138-d2019e0301cran-2011-06-25-a0300-08.02.29.jpg" width="50" height="50"/><br /><br /><object type="application/x-shockwave-flash" data="dewplayer.swf?son=sandrindoucememoire.mp3" width="180" height="20"> <param name="movie" value="dewplayer.swf?son=sandrindoucememoire.mp3" /> </object><br /><br /><em>Doulce m&eacute;moire en plaisir consomm&eacute;e <br />O si&egrave;cle heureulx que cause tel scavoir.<br />La fermet&eacute; de nous deux tant aym&eacute;e,<br />Qui &agrave; nos maulx a sceut si bien pourvoir,<br />Or maintenant a perdu son pouvoir<br />Rompant le but de ma seure esperance<br />Servant d&rsquo;exemple &agrave; tous piteux &agrave; veoir.<br />Fini le bien le mal soudain commence.<br /></em><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/blancblanc.png" width="58" height="11"/><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/blancblanc-2.png" width="58" height="11"/><span style="font-size:10px; "><em>Pierre Sandrin (1490-1561)</em></span><span style="font-size:11px; "><em><br /></em></span><em><br /></em>Pierre Sandrin a mis en musique <em>Doulce m&eacute;moire</em>, un huitain attribu&eacute; &agrave; Fran&ccedil;ois Ier, auquel Hugues Salel r&eacute;pond peu apr&egrave;s en composant une jonglerie musicale, un<em> rebours </em>dont la principale caract&eacute;ristique est de faire appara&icirc;tre le premier vers &agrave; la fin et le dernier au commencement. <br /><em><br />Finy le bien, le mal soudain commance;<br />O cueur heureux, qui mect &agrave; nonchaloir<br />La cruaut&eacute;, malice et inconstance,<br />Qu&rsquo;on voit souvent au f&eacute;minin vouloir<br />La m&eacute;prisant ne se pourra douloir:<br />Car la vertu croistra sa renomm&eacute;e,<br />Luy despartant pour si loyal devoir<br />Doulce memoire en plaisir consomm&eacute;e<br /></em><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/blancblanc-3.png" width="58" height="11"/><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/blancblanc-3-2.png" width="58" height="11"/><span style="font-size:10px; "><em>Hugues Salel (1504-1533)<br /></em></span><br />On a beau retourner les choses en tous sens, le dernier vers du <em>huitain</em> ne dit rien d&rsquo;autre que ce qui est toujours d&eacute;j&agrave; en route. Devenu premier vers du <em>rebours</em> il rappelle ce dont il est la fin, avec entre deux ce que la m&eacute;moire retient des plaisirs aux extr&ecirc;mes de la lucidit&eacute;. La fin est au commencement, on peut le regretter mais la vie n&rsquo;est pas un palindrome, condamn&eacute;s &agrave; s&rsquo;y faire au plus extr&ecirc;me de la joie comme au plus profond de la peine.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="IMG_3809" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3809.jpg" width="470" height="352"/><br /><br />Allons! ma belle commencer &agrave; ramasser l&rsquo;herbe, le jour tombe, la nuit commence, on finira demain lorsque se l&egrave;vera l&rsquo;aube. Ainsi passent nos jours.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Tendret&#xe9; de la pierre</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><category>Choses vues</category><dc:date>2011-06-27T20:58:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7a00c3c8b8c0fa3aefef22bdbe5c1519-1344.html#unique-entry-id-1344</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7a00c3c8b8c0fa3aefef22bdbe5c1519-1344.html#unique-entry-id-1344</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-06-25 à 08.01.58" src="http://www.lesmarges.net/files/138-d2019e0301cran-2011-06-25-a0300-08.01.58.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />Il est, &eacute;crit Ovide dans sa douzi&egrave;me m&eacute;tamorphose, <em>au milieu de l&rsquo;univers, entre l&rsquo;oc&eacute;an, la terre et les plaines c&eacute;lestes, sur les confins des trois mondes, un lieu d&rsquo;o&ugrave; se voit tout ce qui se passe en tous lieux</em>. C&rsquo;est la demeure de la <em>Renomm&eacute;e</em>, mille issues, mille ouvertures nuit et jour, jamais de silence, jamais de repos. Elle r&eacute;pand le bruit que des vaisseaux grecs arrivent, raconte le sanglant pr&eacute;lude des combats, ce que peuvent les Troyens, le sang sur les rivages du Sig&eacute;e, les exploits de Cycnus qu&rsquo;aucun javelot ne transperce, le bouclier d&rsquo;Achille fait d&rsquo;airain et de dix cuirs, la cuirasse et la poitrine de M&eacute;n&aelig;t&egrave;s.<br />La <em>Renomm&eacute;e</em> raconte encore le repos d&rsquo;apr&egrave;s les premiers combats, le long entretien des chefs des Grecs et les r&eacute;cits que leur fait Nestor : les noces de Piritho&uuml;s et d&rsquo;Hippodamie, l&rsquo;ivresse des Centaures qui, enflamm&eacute;s par le vin, abusent des invit&eacute;e, la r&eacute;sistance de Th&eacute;s&eacute;e &ndash; l&rsquo;ami de Piritho&uuml;s &ndash; qui arrache Hippodamie des mains du centaure Eurytus, lui fait vomir sa cervelle broy&eacute;e au milieu du sang et du vin, les combats qui suivirent, les os fracass&eacute;s du visage de C&eacute;ladon, le menton fracass&eacute; d&rsquo;Amycus qui vomit ses dents bris&eacute;es, les yeux de Gryn&eacute;e perc&eacute;s par les bois d&rsquo;un cerf, la tempe de Charaxus frapp&eacute;e par un tison, l&rsquo;&eacute;pieu qui p&eacute;n&egrave;tre Rhoetus &agrave; l&rsquo;endroit o&ugrave; le cou se joint &agrave; l&rsquo;&eacute;paule, le glaive de Dryas atteignant Cr&eacute;n&eacute;us entre les deux yeux, &agrave; l&rsquo;endroit o&ugrave; le nez se joint au front, le fer qui s&rsquo;enfonce dans le cou d&rsquo;Aphidas, la lance de Piritho&uuml;s clouant la poitrine de P&eacute;treus &agrave; l&rsquo;arbre qu&rsquo;il &eacute;treignait, cette m&ecirc;me lance ressortant par l&rsquo;oreille gauche d&rsquo;H&eacute;lops, l&rsquo;immense Bianor que Th&eacute;s&eacute;e saisit par les cheveux et dont il brise les durs os du cr&acirc;ne.<br />C&rsquo;est cela qu&rsquo;Ovide, la <em>Renomm&eacute;e</em> et le vieillard de Pylos racontent, les durs combats des Grecs et des Troyens, ceux des Centaures et des Lapithes<br /><span style="font-size:13px; "><br /></span><img class="imageStyle" alt="IMG_3605" src="http://www.lesmarges.net/files/kunsthistorisches1.jpg" width="470" height="145"/><br /><span style="font-size:10px; "><em>Antonio Canova, Th&eacute;s&eacute;e luttant contre le centaure Bi&eacute;nor, Kunsthistorisches Museum</em></span><br /><br />Mais dans le creux de chacun de ces r&eacute;cits, ils nous font entendre la tendret&eacute; de la pierre, le robuste genou d&rsquo;Achille qui presse la poitrine de Cycnus, Th&eacute;s&eacute;e qui presse du sien les flancs de Bianor et le creux de tes reins.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Vienne au cr&#xe9;puscule</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Autres lieux</category><dc:date>2011-06-24T19:06:13+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/1a8a44a2b1a30b54e5eb4a71ca103313-1343.html#unique-entry-id-1343</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/1a8a44a2b1a30b54e5eb4a71ca103313-1343.html#unique-entry-id-1343</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/137.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a audience ce matin &agrave; Sch&ouml;nbrunn, comme chaque jour tout le jour : dans le bureau de Fran&ccedil;ois-Joseph, la salle de bains de Marie-Th&eacute;r&egrave;se, mais aussi dans la chambre des enfants de l&rsquo;archiduchesse, le cabinet d&rsquo;aisance de Sissi, la chambre &agrave; coucher des souverains. Pourtant le ch&acirc;teau est vide, on a beau chercher, personne, personne &agrave; qui demander ce qui est &agrave; qui. On avance par wagons, ignorant silencieusement ce qui est en train de se passer, comme des d&eacute;port&eacute;s, on comprendra dans trente ans ce qu&rsquo;on imagine mal. On se faufile comme des hommes qui vont &agrave; l&rsquo;abattoir, rien &agrave; se mettre sous la dent sinon quelques extraits de r&eacute;cits futiles, personne pour nous accueillir, impossible d&rsquo;entendre quoi que ce soi, pas m&ecirc;me ce qu&rsquo;on ne dit pas, le centre est vide. M&ecirc;me chose au zoo, mais l&agrave; les rhinc&eacute;ros et les gu&eacute;pards ont les yeux empaill&eacute;s de tristesse. Ce soir on fera le Ring avec le tramway num&eacute;ro 1, puis nos coeurs danseront &agrave; reculons en &eacute;coutant une valse de Strauss &agrave; la Hofburg, un grand tour sur la Riesenrad pour faire bon poids. Oh! vertige vertige, je tourne en rond, il est temps que je prenne la tangente : Linz, Salzburg, Innsbruck, Feldkirch, Buochs, Zurich, Berne, le Riau.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="IMG_3757" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3757.jpg" width="470" height="352"/><br /><br />Les juifs du <em>vieux cimeti&egrave;re</em> de Friedhofcentral ressuscitent : le lierre et les herbes folles caressent les pierres, s&rsquo;y accrochent, saint d&eacute;sordre, les fendent, elles penchent, n&rsquo;en finissent pas de s&rsquo;affaisser, comme une seconde vie.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Maria-Theresien-Platz</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Autres lieux</category><dc:date>2011-06-23T22:44:12+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/74b2dc3fcdd85d2c5477b32e49098771-1342.html#unique-entry-id-1342</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/74b2dc3fcdd85d2c5477b32e49098771-1342.html#unique-entry-id-1342</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="IMG_3675" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3675-2.jpg" width="470" height="162"/><br /><br />La Boh&egrave;me et la Hongrie n&rsquo;ont jamais suffi, pas plus &agrave; elle qu&rsquo;aux Habsbourg qui l&rsquo;ont pr&eacute;c&eacute;d&eacute;e sur le tr&ocirc;ne imp&eacute;rial, la mer Noire &agrave; l&rsquo;est les a &eacute;loign&eacute;s depuis le commencement du concert des nations, il n&rsquo;y a rien &agrave; faire de cet inconnu-l&agrave; et l&rsquo;Anglais cadastre le couchant. Alors Marie-Th&eacute;r&egrave;se regarde vers le nord, aura-t-elle gain de cause? Pour qui la prend-on? Pour la bonne &agrave; tout faire, celle qui exploite les mines de Sil&eacute;sie et maintient &agrave; bonne distance l&rsquo;Ottoman? Il n&rsquo;en ira pas ainsi, Marie-Th&eacute;r&egrave;se ne se satisfera pas des marches, veut la peau de ceux qui l&rsquo;ont trahie et la place qui lui revient, au centre. Alors, regardant une fois encore vers le nord, sa convoitise croise le cours lourd et obstin&eacute; du grand fleuve. Et, sans qu&rsquo;elle le veuille, ses pens&eacute;es glissent d&rsquo;ouest  en est, le long des plaines de ce qu&rsquo;on imagine &agrave; peine, se m&ecirc;lent aux eaux troubles du grand fleuve, celui qui &eacute;puise les r&ecirc;ves et sombre au levant.<br /><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/137.4.png" width="50" height="50"/> <br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Revenants</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les disparus</category><category>Choses vues</category><dc:date>2011-06-21T21:54:40+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b79b6f0426d1805ef52c0d07279ea494-1340.html#unique-entry-id-1340</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b79b6f0426d1805ef52c0d07279ea494-1340.html#unique-entry-id-1340</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="IMG_3534" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3534.jpg" width="470" height="353"/><br /><em>Friedensreich Hundertwasser sur la L&ouml;wengasse.</em><br /><br /><br /><img class="imageStyle" alt="IMG_3569" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3569.jpg" width="470" height="353"/><br /><em>Le duc Maximilien de Bavi&egrave;re et sa belle-soeur Sophie, archiduchesse d&rsquo;Autriche, de retour au Prater.<br /></em><em><br /></em><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/137.2.png" width="50" height="50"/><em><br /></em><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><em><br /></em></p>]]></content:encoded></item><item><title>La fin de l&#x27;histoire</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Autres lieux</category><dc:date>2011-06-20T23:19:25+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/617f6d8e4e89c853bff66b704b8008f0-1339.html#unique-entry-id-1339</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/617f6d8e4e89c853bff66b704b8008f0-1339.html#unique-entry-id-1339</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="schönbrunn" src="http://www.lesmarges.net/files/scho0308nbrunn.jpg" width="470" height="353"/><br /><br />Au XVIII&egrave;me si&egrave;cle, Sch&ouml;nbrunn s&rsquo;impose avec l&rsquo;archiduchesse Marie-Th&eacute;r&egrave;se et Etienne de Lorraine comme la r&eacute;sidence d&rsquo;&eacute;t&eacute; de la famille imp&eacute;riale. De 1814 &agrave; 1815 les participants au Congr&egrave;s de Vienne y danseront. Fran&ccedil;ois-Joseph y verra le jour en 1830. Cette m&ecirc;me ann&eacute;e l&rsquo;Aiglon y mourra. Kennedy et Kroutchev s&rsquo;y rencontreront pendant la Guerre froide. Et puis plus rien.<br /><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/137.3.png" width="50" height="50"/><br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 19 juin 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-06-22T19:46:25+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/19ae9e4c001ddd740dc370bebfc7a552-1338.html#unique-entry-id-1338</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/19ae9e4c001ddd740dc370bebfc7a552-1338.html#unique-entry-id-1338</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/137.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Perdu la b&eacute;quille de ma m&eacute;moire et un peu de ma raison, gorge serr&eacute;e de par les circonstances, oubli&eacute;e &agrave; mes pieds, que sais-je.<br /><br />Au milieu du passage du Puisoir j&rsquo;entends des voix d&rsquo;outre-tombe, celle d&rsquo;un jeune loup d&eacute;bordant de fatuit&eacute;, clinquante, acide, qui ass&egrave;ne une enfilade de v&eacute;rit&eacute;s pleines de sinc&eacute;rit&eacute;s. Il aurait tellement mieux valu qu&rsquo;il garde tout cela pour lui et qu&rsquo;il consomme ses petites sottises en apart&eacute;, l&agrave; surtout. Il entend &agrave; peine les mots &eacute;touff&eacute;s du vieux et de sa vieille qui ne demandent rien, bougent &agrave; peine leur t&ecirc;te qu&rsquo;ils tiennent surbaiss&eacute;e dans l&rsquo;obscurit&eacute; d&rsquo;un laboratoire. Ils ont serviles et sages perdu la partie. Il croit les consoler le diable. Je ne les vois pas, j&rsquo;ai beau me pencher, leurs voix seulement, incapables de faire taire le coq, leurs voix dans cette boutique &agrave; l&rsquo;abandon, nature morte creus&eacute;e dans le n&eacute;ant de l&rsquo;esp&eacute;rance. Faites le taire, r&eacute;veillez-vous, plumez-le, faites le taire. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="herisson" src="http://www.lesmarges.net/files/herisson.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Et ce soir un h&eacute;risson aux piques luisantes attend immobile<strong> </strong>que je m&rsquo;en aille. Sa patience viendra sans effort &agrave; bout de la mienne.  Apr&egrave;s vous. Je pars demain pour Vienne, inquiet de ce que je laisse derri&egrave;re moi, ils feront bien sans moi, et mon &eacute;loignement fait cro&icirc;tre l&rsquo;&eacute;tendue de ma peine. Je n&rsquo;ose imaginer qu&rsquo;un jour je n&rsquo;entendrai plus ces voix.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Juste capable de m&#x2019;en r&#xe9;jouir</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Riant-Mont</category><category>Vases communicants</category><dc:date>2011-06-17T13:11:12+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/11dac983d82598ed5d80a579bf960b88-1337.html#unique-entry-id-1337</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/11dac983d82598ed5d80a579bf960b88-1337.html#unique-entry-id-1337</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="DSCN3505" src="http://www.lesmarges.net/files/justecapabledemenrejouir.jpg" width="480" height="360"/><br /><br /><br /><em>J&rsquo;trouve toujours difficile de dire &laquo; oui &raquo; sans ajouter un &laquo; mais &raquo; apr&egrave;s.<br /></em><img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-06-16 à 13.18.10" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-06-16-a0300-13.18.10.png" width="147" height="8"/><img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-06-16 à 13.18.10" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-06-16-a0300-13.18.10-2.png" width="147" height="8"/><span style="font-size:11px; "><em>Naomi Fontaine, 4 janvier 2011 </em></span><br /><br /><br />Le mercredi apr&egrave;s-midi on faisait la guerre au gros Georges et &agrave; tous ceux d&rsquo;en-haut. C&rsquo;&eacute;tait une vraie guerre, grandes manoeuvres et longues trottes du fond du jardin au petit parc. On rameutait la fine fleur d&rsquo;en-bas en trompettant dans le tube amer des pissenlits, on se ravitaillait au goulot des fontaines, assaisonnait nos r&ecirc;ves de conqu&ecirc;te du sucre extrait des fleurs de tr&egrave;fle, on aff&ucirc;tait nos sens en passant le nez sous le volet de la bo&icirc;te aux lettres de la biscuiterie. Mais le gros du temps, on le passait sur un bout de pr&eacute; ou au flanc d&rsquo;un talus pour une guerre de position immense et silencieuse. Au coeur de l&rsquo;&eacute;t&eacute;, on creusait des cuvettes qu&rsquo;on remplissait d&rsquo;eau et dans lesquelles on regardait d&eacute;sarm&eacute;s passer les nuages, vautr&eacute;s dans nos silences jamais emprunt&eacute;s. C&rsquo;&eacute;tait une guerre d&rsquo;un autre temps, sans haine et sans fin, qui n&rsquo;a cess&eacute; que lorsque nous avons quitt&eacute; le quartier, si noble et si pure que nos ennemis avaient oubli&eacute; depuis longtemps qu&rsquo;on &eacute;tait en campagne. On avait &eacute;radiqu&eacute; toute forme de violence, ne connaissait ni morts ni bless&eacute;s, au bilan quelques &eacute;gratignures dues aux ronces qui bordaient le pr&eacute; descendant en pente douce le long des escaliers tournants. On nageait sans fausse note la t&ecirc;te &agrave; l&rsquo;envers dans le ciel. On ne comprenait rien &agrave; rien mais on avait l&acirc;ch&eacute; les &eacute;coutes, pas le temps d&rsquo;enterrer ceux qui nous quittaient, on allait de l'avant, on &eacute;tait de la race des chasseurs-cueilleurs, faisant jurer le coq et l&rsquo;&acirc;ne, le turquoise et l&rsquo;incarnat. On chassait le froid avec les mains, mangeait les fraises &agrave; pleines poign&eacute;es. Puis l&rsquo;un d&rsquo;entre nous lan&ccedil;ait une id&eacute;e qu&rsquo;on essayait de rattraper avant la tomb&eacute;e de la nuit, la petite troupe se rendait dans le lit du Flon ramasser les cadavres qu&rsquo;avaient abandonn&eacute;s les f&ecirc;tards du samedi soir, 50 centimes pour chaque bouteille, 2 francs 50 d&eacute;pens&eacute;s en brisures en haut le Valentin qu'on mangeait en descendant Riant-Mont.<br /><br />Edith avait la peau brune qui me rappelait le grain du ventre chaud de Chouchane, on cambait par-dessus les nuits, on enfilait bout &agrave; bout ce qui nous passait par la t&ecirc;te. Jamais on n&rsquo;a pris une seule d&eacute;cision, pas besoin, parce qu'on faisait les choses au diapason, sans craindre de maltraiter les harmonies et de faire jurer les croassements de la corneille avec le sifflement des merles. Pendant une douzaine d&rsquo;ann&eacute;es on n&rsquo;a pas grandi, l&rsquo;autre c&rsquo;&eacute;tait nous, d&eacute;vorant tout ce qui se pr&eacute;sentait, suivant un programme qu&rsquo;on sortait d&rsquo;un sac de billes. On faisait avec ce que les autres ne voulaient pas, reliefs, ombres sans doute, de doutes qui ne nous encombraient pas. Personne n&rsquo;en savait rien, ni nous non plus, pas le temps pour &ccedil;a. Notre &acirc;me n&rsquo;habitait pas notre corps, je nous &eacute;tions sans question.<br /><br />&laquo; Oui mais &raquo;, dit un jour Michel &agrave; Jean-Pierre. J&rsquo;avais douze ans, on jouait les trois dans le jardinet qui jouxtait le rez de Riant-Mont 1. Ils se sont mis &agrave; rire &agrave; mes d&eacute;pens. J&rsquo;ai eu l&rsquo;impression non seulement qu&rsquo;ils me tournaient le dos mais qu&rsquo;ils avaient quitt&eacute; le paradis depuis longtemps d&eacute;j&agrave;. Pour faire bonne figure je suis mont&eacute; &agrave; la Colline, on tirait les &eacute;quipes, Lometti et Fincat les meilleurs, je suis rest&eacute; en carafe.<br /><br />Il y a entre les jeux de mon enfance et l&rsquo;&eacute;criture de ses exploits de longues ann&eacute;es et un &laquo; oui mais &raquo; qui me reste au travers de la gorge. Je suis rest&eacute; l&agrave;, dans ce jardinet, accoud&eacute; &agrave; la table de ping-pong, songeur, incapable de faire quoi que ce soit, incapable de renoncer tout &agrave; fait aux heures glorieuses de l&rsquo;enfance, incapable de les oublier comme Jean-Pierre, incapable d&rsquo;en mourir comme Michel le d&eacute;cida un jour, tout juste capable, parfois, de m&rsquo;en r&eacute;jouir.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/136.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Publi&eacute; le 3 juin 2011 dans le cadre du projet de <a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=104893605886" rel="self">vases communicants</a>&nbsp;chez Kouki Rossi (<a href="http://koukistories.blogspot.com" rel="self">Koukistories</a>) .<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a la justice distributive</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-06-16T22:14:31+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d91e79c28c5fc42869cd52335561edd6-1336.html#unique-entry-id-1336</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d91e79c28c5fc42869cd52335561edd6-1336.html#unique-entry-id-1336</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/136.3.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Il y a la justice distributive<br />le trot assis <br />la chaire de Giovanni Pisano &agrave; Pistoja <br />le papier de verre<br />il y a la r&egrave;gle de trois<br />le tramway interurbain<br />les longues dur&eacute;es <br />il y a les friches<br />il y a  le cri de l'archer<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>XCI</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2011-06-15T18:58:41+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7f2714df05861685efb15ecfceaa7961-1335.html#unique-entry-id-1335</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7f2714df05861685efb15ecfceaa7961-1335.html#unique-entry-id-1335</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/136.4.png" width="50" height="50"/> <br /><br />La vieille comtesse toscane rencontr&eacute;e &agrave; l&rsquo;entracte d&rsquo;un spectacle de clowns propos&eacute; par le Th&eacute;&acirc;tre de M&eacute;zi&egrave;res s&rsquo;offusque &agrave; l&rsquo;id&eacute;e de devoir payer l&rsquo;imp&ocirc;t eccl&eacute;siastique.   <br />- Je ne paie plus! Quoi qu&rsquo;il en soit je rentrerai &agrave; Orvieto et j&rsquo;irai dans le caveau familial, &agrave; vie et sans d&eacute;bourser un sou.<br />Souhaitons lui de trouver quelques indulgences en solde? Ou qu&rsquo;on lui en vende &agrave; cr&eacute;dit, cr&eacute;dit credo. Ah! Rome!<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 12 juin 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-06-14T12:29:16+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/8a5bc9ef1c9e07e93b0622d1ec28790f-1334.html#unique-entry-id-1334</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/8a5bc9ef1c9e07e93b0622d1ec28790f-1334.html#unique-entry-id-1334</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/136.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Lorsque je remonte ce matin de la laiterie pour rejoindre le chemin des Tailles, le ciel est large et le bleu est libre, et je pourrais comme si souvent m&rsquo;en r&eacute;jouir : le soleil le z&egrave;bre d&rsquo;or en tous sens et essore les pr&eacute;s, le vent baigne les corps et les flaques dans lesquelles les moineaux font leur toilette lancent des feux.  <br />Mais sans que je n&rsquo;en connaisse les raisons, tout cela ne m&rsquo;atteint pas et je fais la moue, la nuit ne m&rsquo;a pas l&acirc;ch&eacute; et je reste &agrave; c&ocirc;t&eacute; de ce dans quoi on s&rsquo;abreuve pour surmonter les imperfections de notre condition : le premier est vide, le second chauffe &agrave; blanc et le troisi&egrave;me souffle sur des restes moribonds. Je suis condamn&eacute; &agrave; attendre, et &agrave; croire, &agrave; esp&eacute;rer que quelqu&rsquo;un ou quelque chose m&rsquo;invite &agrave; entrer dans la danse, m&rsquo;y oblige en douceur, sachant pourtant que, quoi qu&rsquo;il advienne, il nous est interdit de nous y livrer enti&egrave;rement sous peine de perdre la raison.<br />Et c&rsquo;est un livre que j&rsquo;avais pris la pr&eacute;caution de glisser dans une poche de mon gilet qui me tire hors du d&eacute;sert o&ugrave; je suis retenu par des forces noires et me d&eacute;pose sur le chemin des Tailles. Un texte sombre, sans appel, d&rsquo;un homme condamn&eacute; qui &eacute;crit jusqu&rsquo;&agrave; la fin les pas qui l&rsquo;y conduisent, dans des souffrances dont il ne cache pas les effets mais dont il ne tire aucune gloire, dans une &eacute;criture qui chatoie encore un peu et offre une <em>jouissance paisible</em> &agrave; celui qui veut bien le suivre, &agrave; d&eacute;faut d&rsquo;autre chose, en des voies impr&eacute;vues et souterraines qu&rsquo;une syntaxe au rasoir endigue, jusqu&rsquo;aux prochains remous ou au large delta qui ne manquent pas de se pr&eacute;senter &agrave; celui qui a choisi de <em>poursuivre son chemin sans se laisser arr&ecirc;ter par rien jusqu&rsquo;au terme du parcours sur terre qu&rsquo;on appelle une existence</em>.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3894" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3894.jpg" width="470" height="352"/><br /><br /><em>C&rsquo;est &agrave; peine s&rsquo;il se consid&egrave;re comme un habitant de cette terre, quoique, en raison de son in&eacute;puisable beaut&eacute;, nullement impatient de la quitter, mais tortur&eacute; par le d&eacute;sir impossible &agrave; satisfaire de s&rsquo;y rendre invisible, d&rsquo;en &ecirc;tre un spectateur clandestin, tour &agrave; tour &eacute;merveill&eacute; et horrifi&eacute;, jamais indiff&eacute;rent en tout cas, sinon autant se vouloir atteint de c&eacute;cit&eacute; &ndash; la facult&eacute; de percevoir &eacute;tant pour ainsi dire la seule &agrave; le maintenir en vie, une vie qui, &agrave; force d&rsquo;avoir &agrave; la d&eacute;fendre sur tous les fronts est devenue bien plus rarement source de jouissance paisible que de tension nerveuse, en d&eacute;pit de quoi elle n&rsquo;a rien perdu de son pouvoir d&rsquo;attrait, et m&ecirc;me il s&rsquo;en est accru avec l&rsquo;affaiblissement g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;&ecirc;tre, les infirmit&eacute;s de la vieillesse.<br /></em><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>Louis-Ren&eacute; des For&ecirc;ts, Pas &agrave; pas jusqu&rsquo;au dernier</em></span><br /><br /></p><p style="text-align:left;"><img class="imageStyle" alt="DSCN3971" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3971-2.jpg" width="470" height="352"/><br /><br />R&eacute;ussi &agrave; quitter la nuit, mais &agrave; demi, car pas tout seul. Mais pourrait-il en &ecirc;tre autrement? Je songe &agrave; tous ces vieux qui se satisfont de presque rien depuis qu&rsquo;ils savent qu&rsquo;ils ont perdu la partie, &agrave; la vieille de Pra Massin. Et soudain les oiseaux qui piaillaient se mettent &agrave; chanter.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3907" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3907.jpg" width="115" height="86"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3908" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3908.jpg" width="115" height="86"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3909" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3909.jpg" width="115" height="86"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3910" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3910.jpg" width="115" height="86"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3911" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3911.jpg" width="115" height="86"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3912" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3912.jpg" width="115" height="86"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3913" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3913.jpg" width="115" height="86"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3914" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3914.jpg" width="115" height="86"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3915" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3915.jpg" width="115" height="86"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3916" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3916.jpg" width="115" height="86"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3917" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3917.jpg" width="115" height="86"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3918" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3918.jpg" width="115" height="86"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3919" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3919.jpg" width="115" height="86"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3920" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3920.jpg" width="115" height="86"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3921" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3921.jpg" width="115" height="86"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3922" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3922.jpg" width="115" height="86"/><br /></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>XC</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2011-06-13T13:31:04+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d6c9a6cefae0e1dfb44c697aed0364ff-1333.html#unique-entry-id-1333</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d6c9a6cefae0e1dfb44c697aed0364ff-1333.html#unique-entry-id-1333</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/136.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Jean-R&eacute;my a &eacute;t&eacute; une plaie si profonde dans ma vie qu&rsquo;il va me laisser &agrave; sa mort, je le crains, un souvenir imp&eacute;rissable. Tant et si bien que je me suis mis &agrave; lui souhaiter une tr&egrave;s longue vie, afin que je puisse continuer &agrave; r&ecirc;ver et esp&eacute;rer, tout au long de la mienne, sa compl&egrave;te disparition.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>XCVIII</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2011-11-02T06:29:01+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/82abf01274cab0b1e438d5a977f6ca88-1332.html#unique-entry-id-1332</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/82abf01274cab0b1e438d5a977f6ca88-1332.html#unique-entry-id-1332</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/157-1.png" width="50" height="50"/><br /><br />La locataire du duplex que les autorit&eacute;s ont mis en location dans la villa communale au centre du village est une vieille amie de Jean-R&eacute;my qui a quitt&eacute; il y a peu la ville pour la campagne. Mais c'est dans la banlieue voisine qu'elle enseigne pour quelques ann&eacute;es encore. Elle apprend aux plus petits des choses auxquelles personne ne croit plus mais qui ne font pas de vagues. Elle dit aujourd'hui qu'elle souhaite quitter la vie avant que celle-ci ne la quitte. Les mauvaises langues corrigent en disant qu'elle l'aurait souhait&eacute;. Trop tard, Patricia est sur la voie du d&eacute;clin.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Plus personne pour nous dire de rentrer</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-06-10T11:24:42+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/abd5557e6f665d2b2f303f22e4314977-1331.html#unique-entry-id-1331</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/abd5557e6f665d2b2f303f22e4314977-1331.html#unique-entry-id-1331</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/135.3.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Tandis que les gouvernements rassemblent dans le ciel europ&eacute;en le stock d&rsquo;enclumes qu'ils vont faire pleuvoir &agrave; deux reprises pendant le si&egrave;cle sur les civils et les appel&eacute;s (qui, soit dit en passant, seraient rest&eacute;s sourds aux appels si on leur avait appris &agrave; &eacute;couter ce qui ne se dit pas), Arthur Schnitzler &eacute;crit en 1908 <em>Der Weg ins Freie</em> &ndash; qu'on a traduit maladroitement par <em>Vienne au cr&eacute;puscule</em>. C&rsquo;est l&rsquo;histoire de quelques &eacute;gar&eacute;s qui vont et viennent dans le pot au noir. Et ce qui se pr&eacute;pare l&agrave;, avec eux, c&rsquo;est un autre orage, un orage d&rsquo;interrogations fant&ocirc;matiques que les salons feutr&eacute;s de l'aristocratie et de la bourgeoisie du Ring ont cadenass&eacute;es depuis plusieurs si&egrave;cles dedans la bo&icirc;te aux convenances d'un monde bariol&eacute; et rythm&eacute; par des rituels et des postures toujours plus irrespirables et inconfortables. Ou forclos, c&rsquo;est selon, dans le glacis qui s&rsquo;&eacute;tend au pied des fortifications d&rsquo;une conscience qui c&egrave;de de ne plus y croire, dans les mar&eacute;cages qu&rsquo;alimentent le fleuve bleu en crue.  Il faut r&eacute;silier le bail. Schnitzler a ouvert la bo&icirc;te de Pandore, scandale, la d&eacute;raison d&eacute;borde sous le couvercle de la raison imp&eacute;riale.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-06-10 à 10.55.15" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-06-10-a0300-10.55.15.jpg" width="235" height="147"/> <img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-06-10 à 10.53.46" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-06-10-a0300-10.53.46.jpg" width="235" height="147"/><br /><span style="font-size:10px; "><em>Copies-&eacute;cran du "Troisi&egrave;me Homme", Carol Reed, 1949<br /></em></span><span style="font-size:11px; "><em><br /></em></span>Les personnages de <em>Vienne au cr&eacute;puscule</em> n'en finissent pas de sortir, d&egrave;s le matin, sur les all&eacute;es du Ring, dans les bois, au Prater, &agrave; la campagne. Parce qu'il n'est nul besoin d'aller bien loin pour sortir la t&ecirc;te hors de l'eau. Parfois en Italie, dans le Midi, en Allemagne ou en Suisse, mais quelques jours seulement, car ils  pr&eacute;f&egrave;rent rester &agrave; Vienne, le temps y est suspendu, la t&ecirc;te pleine de questions, satur&eacute;e de d&eacute;sirs contradictoires. Georges von Wergenthin le musicien et Henri Bermann l&rsquo;&eacute;crivain en commencent l'analyse, au caf&eacute;, en train, couch&eacute;s sur un divan ou assis sur un banc du Prater. Les pens&eacute;es lointaines refont surface, elles ne les effraient pas, ce sont toujours les n&ocirc;tres. Ils regardent par la fen&ecirc;tre chacun pour soi le monde qui les entoure, les visages qui s&rsquo;animent et un sentiment de paix les saisit, ils ne sont li&eacute;s &agrave; personne. Ils font toutes sortes de choses, jouent au tennis, peignent leurs &eacute;tats d&rsquo;&acirc;me ou &eacute;crivent, perdent leur temps ou composent avec l&rsquo;ennui. Ils sortent en plein air et poursuivent un chemin dont ils ne connaissent pas la destination, avec une sensation de qui&eacute;tude qu'un un art du d&eacute;s&eacute;quilibre leur permet d&rsquo;atteindre. Ils vont &agrave; bicyclette, ne s&rsquo;&eacute;tonnent pas que l&rsquo;on puisse jouer des fortunes &agrave; une table de jeu, ou qu&rsquo;un de leurs amis p&eacute;risse dans un duel. <em>Parfois, le regard aimable d&rsquo;une femme rencontrait le sien et semblait vouloir le consoler de d&eacute;ambuler par ce bel apr&egrave;s-midi de f&ecirc;te, seul, portant les marques ext&eacute;rieures d&rsquo;un deuil</em>.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-06-10 à 11.03.59" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-06-10-a0300-11.03.59.jpg" width="235" height="147"/> <img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-06-10 à 11.02.33" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-06-10-a0300-11.02.33.jpg" width="235" height="147"/><br /><br /><br /><em>- Vous aimez la solitude<br />- Il est difficile de r&eacute;pondre &agrave; une question aussi g&eacute;n&eacute;rale.</em><br /><br />On a su canaliser les berges du Danube et celles de la Wien, Th&eacute;odor Herzl lance le projet d&rsquo;endiguement du peuple juif en lui proposant la terre de Sion, mais aucune barri&egrave;re ne retient ce qui craque de toutes parts. On a beau tenter de remettre de l'ordre. Sans succ&egrave;s. On r&eacute;alise le m&eacute;tro, on r&ecirc;ve aussi d&rsquo;explorer les sous-sols des consciences o&ugrave; tout se m&eacute;lange de fa&ccedil;on contradictoire, on place le portrait de Fran&ccedil;ois-Joseph dans le vestibule de la Caisse d'&eacute;pargne postale, un b&acirc;timent con&ccedil;u et r&eacute;alis&eacute; par Otto Wagner, guide de la S&eacute;cession, qui s'&eacute;loigne des mod&egrave;les de la pierre de taille, lourde et imp&eacute;riale de ses ma&icirc;tres August Sicard von Sicardsburg et Eduard van der N&uuml;ll, les ma&icirc;tres d&rsquo;oeuvre de l&rsquo;<em>Op&eacute;ra</em>. Mais tout est faux-semblant, plaques de marbres coll&eacute;es sur un petit appareil de briques rivet&eacute;es par des faux clous d&rsquo;aluminium. Loos et Kraus partent en guerre contre l&rsquo;ornement, la d&eacute;construction a commenc&eacute;. On tente ailleurs de tout garder, ensemble Makart et Klimt, secr&egrave;tes la recette de la <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">Sachertorte</span> et la fa&ccedil;on de plier les serviettes au temps de Marie-Th&eacute;r&egrave;se. On a plac&eacute; le coeur des empereurs habsbourgeois dans des bonbonni&egrave;res et l'or dans des coffres, bient&ocirc;t les robes de Sissi. Comment s&rsquo;y retrouver dans ce grand fatras, ce parc d&rsquo;attractions fait de tout et de rien qu&rsquo;est devenue la Vienne du tournant, une ville soudain nue.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-06-10 à 10.54.55" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-06-10-a0300-10.54.55.jpg" width="235" height="147"/> <img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-06-10 à 11.00.03" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-06-10-a0300-11.00.03.jpg" width="235" height="147"/><br /><br />Georges von Wergenthin le musicien et Henri Bermann l&rsquo;&eacute;crivain se prom&egrave;nent encore un peu dans le Prater.<br /><em>Tous &eacute;taient d&rsquo;accord qu&rsquo;on ne pouvait quitter le Prater sans &ecirc;tre mont&eacute; sur le Grand Huit.<br />Dans l&rsquo;obscurit&eacute; avec un vacarme assourdissant, leur wagon d&eacute;valait la pente, puis remontait sous les cimes noires des arbres; et dans ce bruit sourd, rythm&eacute;, Georges d&eacute;couvrait peu &agrave; peu un motif musical burlesque &agrave; trois temps. Redescendant l&rsquo;escalier avec les autres, il savait d&eacute;j&agrave; que cette m&eacute;lodie devait &ecirc;tre expos&eacute;e par le hautbois et la clarinette accompagn&eacute;e par du violoncelle et de la contrebasse. C&rsquo;&eacute;tait de toute &eacute;vidence un scherzo, peut-&ecirc;tre pour une symphonie.<br />&laquo;&nbsp;Si j&rsquo;&eacute;tais entrepreneur, d&eacute;clara Henri r&eacute;solument, je ferais construire une telle piste sur des milles de distance, &agrave; travers prairies, collines, for&ecirc;ts, &agrave; travers des salles de bal, sans oublier des surprises en cours de route.&nbsp;&raquo; En tout cas, il poursuivait son id&eacute;e, le temps &eacute;tait venu d&rsquo;exploiter en grand au Prater l&rsquo;&eacute;l&eacute;ment fantastique. Il avait lui-m&ecirc;me song&eacute; &agrave; un man&egrave;ge qui gr&acirc;ce &agrave; un m&eacute;canisme sp&eacute;cial s&rsquo;&eacute;l&egrave;verait, tournant en spirale pour atteindre le sommet d&rsquo;une tour. Il lui manquait malheureusement les bases techniques n&eacute;cessaires pour pr&eacute;ciser le projet. Tout en marchant, il imaginait des mannequins et des groupes grotesques pour le stand de tir, et il finit par proclamer la n&eacute;cessit&eacute; urgente d&rsquo;un grand th&eacute;&acirc;tre de marionnettes pour lequel des po&egrave;tes originaux &eacute;criraient des pi&egrave;ces &agrave; la fois gaies et profondes.<br /></em>Il commence &agrave; faire frais, ils parviennent &agrave; la sortie o&ugrave; une voiture les attend.<br /><em>- Cet &eacute;t&eacute; factice ne peut faire illusion jusque dans la nuit. &laquo;&nbsp;Tout cela sera bient&ocirc;t d&eacute;finitivement pass&eacute;&nbsp;&raquo; dit Henri dans un acc&egrave;s de m&eacute;lancolie disproportionn&eacute;, puis il ajouta comme pour se consoler : &laquo;&nbsp;Eh bien, on travaillera.&nbsp;&raquo;<br /></em><br /><img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-06-10 à 11.00.29" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-06-10-a0300-11.00.29.jpg" width="235" height="147"/> <img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-06-10 à 11.02.05" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-06-10-a0300-11.02.05.jpg" width="235" height="147"/><br /><br />Et ils se sont mis au travail pour &eacute;clairer les marges et les dessous de la conscience, le d&eacute;soeuvrement, le r&ecirc;ve et la rivalit&eacute; des pulsions. J'entends encore cette cacophonie dont la litt&eacute;rature d'aujourd'hui tente d'esquisser la partition, <em>cacophanie</em> : ghetto, r&eacute;serve ou mar&eacute;cage, c'est selon, mais on est enfin &agrave; l'air libre, d&eacute;cid&eacute;ment dehors, plus personne pour nous dire de rentrer.<br /><br /><br /><img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-06-10 à 10.58.04" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-06-10-a0300-10.58.04.jpg" width="235" height="147"/><em> </em><img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-06-10 à 11.02.58" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-06-10-a0300-11.02.58.jpg" width="235" height="147"/><em> <br /></em><span style="color:#4C4C4C;"><br /></span><blockquote><p>Le Prater fut d&rsquo;abord une for&ecirc;t mar&eacute;cageuse travers&eacute;e par le Danube, puis la r&eacute;serve de chasse de l'empire, cl&ocirc;tur&eacute;e, un ghetto cr&eacute;&eacute; par Ferdinand II au d&eacute;but du XVII&egrave;me si&egrave;cle pour d&eacute;barrasser les Juifs du centre ville. L'empereur L&eacute;opold Ier tenta en vain de les d&eacute;loger (quelques ann&eacute;es avant qu'il ne fasse &eacute;lever sur le Graben la colonne de la Peste qui rappelle les ravages dont celle-ci fut responsable en 1679). C'est &agrave; la fin du XVIII&egrave;me si&egrave;cle que l'empereur Joseph II ouvrit cet espace au public, pas tout l'espace, mais celui o&ugrave; l'on mange des saucisses, le Wurstelprater, 43 baraques en 1780 pour boire du vin et de la bi&egrave;re, feux d'artifice. D&eacute;riv&eacute;e de la L&auml;ndler, une danse paysanne, la valse exerce sa magie, car c'est au Prater, nous rappelle Christine Mondon, qu'est apparue la c&eacute;l&egrave;bre danse viennoise lors de v&eacute;ritables joutes musicales entre Joseph Lanner et Johann Strauss p&egrave;re... La valse, constate un Viennois, "enflamme la t&ecirc;te, brouille l'esprit, excite les app&eacute;tits charnels et &eacute;loigne toute id&eacute;e de r&eacute;volution". Pas s&ucirc;r! Les Viennois cessent de valser en 1848 et Johann Strauss le fils &eacute;crit la Marche de la r&eacute;volution, s'opposant ainsi de front &agrave; Johann Strauss le p&egrave;re qui demeure fid&egrave;le &agrave; la monarchie. Sous la valse couve une guerre, En 1866 la d&eacute;faite de Sadowa sonne le glas des esp&eacute;rances de l'empire autrichien. L'exposition universelle de 1873 organis&eacute;e au Prater consolera un bref instant le coeur des Viennois. Neuf jours apr&egrave;s l'ouverture de la bastringue, la Bourse s'effondre, il n'y a plus de digue.</p></blockquote><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 5 juin 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-06-07T15:33:23+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/8340c2b14a7d20817f806f1bf98af275-1329.html#unique-entry-id-1329</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/8340c2b14a7d20817f806f1bf98af275-1329.html#unique-entry-id-1329</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="DSCN3744" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3744.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Le p&egrave;re et le fils traversent le pont qui franchit la Birse peu avant que la Sorne ne s&rsquo;y jette. Ils s&rsquo;appuient tous deux &agrave; la rambarde, inutile de trop parler ou de remonter l&rsquo;affluent, il a plu &agrave; verse du c&ocirc;t&eacute; de Bellelay et Undervelier, &ccedil;a a ravin&eacute;, les truites  ne vont pas mordre. Ils d&eacute;cident &agrave; haute voix de remonter la Birse jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;entr&eacute;e de Courroux, regardez, il n&rsquo;a pas plu du c&ocirc;t&eacute; de Moutier et de Tavannes, l&rsquo;eau est toute claire, vous venez d&rsquo;o&ugrave;? Quel beau dimanche matin, n&rsquo;est-ce pas? Nous on est de Court&eacute;telle.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3746" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3746.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Il n&rsquo;y a plus trace de l&rsquo;exploitation du fer qui occupa les hommes de la vall&eacute;e tout au long du XIX&egrave;me si&egrave;cle, j&rsquo;ai beau chercher. Des quelques d&eacute;pressions qu&rsquo;on m&rsquo;a signal&eacute;es et qui indiquent l&rsquo;entr&eacute;e d&rsquo;anciens puits, je n&rsquo;en vois aucune. Le fer jurassien n&rsquo;a pas su rivaliser avec l&rsquo;anglais et on a tout rebouch&eacute;. Si, un vestige, un seul, les restes d&rsquo;un pont de chemin de fer qui franchit la Birse en amont de la passerelle et qui ne m&egrave;ne plus nulle part, et pas grand monde.<br />Les hommes n&rsquo;ont gu&egrave;re modifi&eacute; leurs habitudes depuis le Moyen &Acirc;ge, ils balaient la cour de leur ferme avant de se rendre &agrave; la messe, Mais aujourd&rsquo;hui les cloches de l&rsquo;&eacute;glise ne parviennent pas &agrave; secouer le paysage qui somnole, sur les flanc du Colliard un promeneur s&rsquo;&eacute;loigne, il va voir les choses d&rsquo;un peu plus haut, j&rsquo;aper&ccedil;ois l&rsquo;heure au clocher de l&rsquo;&eacute;glise, il est bient&ocirc;t 9 heures 30, deux hommes assombris par les exc&egrave;s de la veille boivent sous le soleil une bi&egrave;re sur la terrasse du caf&eacute; de l&rsquo;Ours, les cloches se sont tues. Et bien moi j&rsquo;irai. Plus de 200 personnes &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de l&rsquo;&eacute;glise et un choeur de paroisse qui chante &agrave; tue-t&ecirc;te. Je feuillette le recueil des <em>Chants not&eacute;s de l&rsquo;assembl&eacute;e, </em>publi&eacute;s par la Commision internationale francophone pour les traductions et la liturgie, et d&eacute;couvre &agrave; la page 740 le 807, <em>Joyeuse lumi&egrave;re</em>, &eacute;crit et compos&eacute; par Lucien Deiss. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3751" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3751.jpg" width="290" height="470"/><br /><br />Je lis et relis mais n&rsquo;y comprends rien, passe &agrave; c&ocirc;t&eacute; de ce qui comble certains. En sortant discr&egrave;tement avant l&rsquo;eucharistie, mais apr&egrave;s avoir vers&eacute; ma modeste obole aux oeuvre du jour, j&rsquo;aper&ccedil;ois pour mon &eacute;dification un d&eacute;pliant sur lequel sont &eacute;crits parmi d&rsquo;autres quelques mots accompagn&eacute;s d&rsquo;un lien internet : <a href="http://www.dominicains.fr/fre/content/view/full/6197" rel="self">Epiphanie, le podcast de la Parole de Dieu</a>. Me dis que les progr&egrave;s de nos &eacute;glises sont pr&eacute;cis&eacute;ment ceux qu&rsquo;on s&rsquo;imaginait, voil&agrave; qu&rsquo;on pourra aller &agrave; la messe en tout temps et en tout lieu. Pas s&ucirc;r que ce soit une bonne op&eacute;ration pour l&rsquo;avenir de l&rsquo;&eacute;glise catholique romaine et ne comprends pas pourquoi Beno&icirc;t XVI ne met pas le hol&agrave; &agrave; cette tendance d&eacute;l&eacute;t&egrave;re.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3763" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3763-2.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Je continue en direction de Courrendlin dans un paysage d&eacute;chir&eacute; par un quartier de villas et les travaux de la Transjurane. Me trouve comme un idiot perdu dans un r&eacute;seau de culs de sacs, de barri&egrave;res de s&eacute;curit&eacute;, contournant des bretelles, cambant des regards, des r&eacute;hausses, des couvercles, des piliers, blocs de coffrage, bordures, canniveaux, gabions et ballast. Peine &agrave; m&rsquo;en sortir. Plus loin une villa a surv&eacute;cu, entour&eacute;e par une belle pelouse qu&rsquo;un robot tond, il a perdu la t&ecirc;te mais, apparemment satisfait de son sort, il ne tente pas de s&rsquo;enfuir. <br />Si, en se retournant, on choisit l&rsquo;angle qui convient, on peut voir ce qu&rsquo;on ne voit pas, les choses telles qu&rsquo;elles &eacute;taient avant de devenir ce qu&rsquo;elles sont, mais il faut cligner les yeux et ne pas trop &eacute;couter le silence gris et d&eacute;fait de ce quelque chose qui ne s&rsquo;en remettra pas. Et puis se h&acirc;ter, se h&acirc;ter parce que le sol et le courage pourraient venir &agrave; manquer.<br /><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/135.4-2.png" width="50" height="50"/><br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>J&#x27;aime le caf&#xe9;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-06-08T15:33:22+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7b7644e561c899a65f1dd6e040afa171-1328.html#unique-entry-id-1328</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7b7644e561c899a65f1dd6e040afa171-1328.html#unique-entry-id-1328</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/135.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Peter Altenberg a &eacute;crit les <em>Esquisses et nouvelles esquisses viennoises </em>dans les derni&egrave;res ann&eacute;es du XIX&egrave;me si&egrave;cle, je les ai command&eacute;es ce matin. Les premi&egrave;res ont paru &agrave; Vienne en 1896, les anciennes et les nouvelles ont &eacute;t&eacute; traduites et publi&eacute;es par <em>Actes Sud</em> en 1993. Je ne sais rien du bonhomme, mais devine que c'&eacute;tait un solide allum&eacute; qui hantait les bistrots du premier arrondissement, ami des quelques com&egrave;tes de la S&eacute;cession qui ont &eacute;clair&eacute; le ciel de Vienne au tournant du si&egrave;cle, ami de Schnitzler et de Klimt, de Kraus et de Loos. Je n&rsquo;en sais rien d&rsquo;autre, sinon ce qu&rsquo;en dit ce billet sign&eacute; <em>Elsa</em> datant de 1908 paru <a href="http://leschimeresdelsa.blogspot.com/2008/09/peter-altenberg.html" rel="self">ici</a>. Et puis il y a ce petit po&egrave;me lu en 1995 par Erica Tunner &agrave; l'occasion des <em>Chemins de la connaissance</em>.<br /><br /><object type="application/x-shockwave-flash" data="dewplayer.swf?son= viennecafe.mp3" width="180" height="20"> <param name="movie" value="dewplayer.swf?son= viennecafe.mp3" /> </object><br /><br /><img class="imageStyle" alt="17alt" src="http://www.lesmarges.net/files/17alt.jpg" width="164" height="300"/> <img class="imageStyle" alt="220px-Peter_Altenberg" src="http://www.lesmarges.net/files/220px-peter_altenberg.jpg" width="220" height="300"/><br /><br />Ils se retrouvaient tous au caf&eacute; <em>Griensteidl</em>, jusqu'&agrave; sa d&eacute;molition en 1897. Karl Kraus en profita pour discr&eacute;diter avec le sourire la <em>Jung Wien</em> en r&eacute;digeant <em>La litt&eacute;rature d&eacute;molie</em>. <br /><br /><em>Vienne est en train d'&ecirc;tre d&eacute;molie en une m&eacute;tropole moderne. Avec ses vieilles maisons s&rsquo;effondrent les piliers de nos souvenirs et bient&ocirc;t une pioche irrespectueuse aura fait table rase de l&rsquo;honorable caf&eacute; Griensteidl. Admirable d&eacute;cision du propri&eacute;taire dont les cons&eacute;quences sont impr&eacute;visibles. Notre litt&eacute;rature n&rsquo;aura plus de toit et les fils de la production po&eacute;tique seront coup&eacute;s. C&rsquo;est &agrave; domicile que nos hommes de lettres devront poursuivre leur joyeux c&eacute;nacle; la vie professionnelle, le travail avec ses emportements et ses &eacute;nervements vari&eacute;s se d&eacute;roulaient dans ce caf&eacute; qui n&rsquo;avait pas son pareil comme centre d&rsquo;&eacute;changes litt&eacute;raires. Cet &eacute;tablissement aura m&eacute;rit&eacute; par plus d&rsquo;une qualit&eacute; sa place d&rsquo;honneur dans l&rsquo;histoire de la litt&eacute;rature... Nos plus jeunes po&egrave;tes, surtout, regretteront am&egrave;rement la chaude intimit&eacute; de cet int&eacute;rieur viennois qui est toujours parvenu &agrave; pallier, par son ambiance, le confort qui lui faisait d&eacute;faut. Seul le courant d&rsquo;air qui traversait de part en part ce caf&eacute; idyllique pouvait appara&icirc;tre aux h&ocirc;tes sensibles comme un manquement au style; d&rsquo;ailleurs, ces derniers temps de jeunes &eacute;crivains pay&egrave;rent souvent leur productivit&eacute; de rhumatismes. Il allait de soi que dans un caf&eacute; aussi exceptionnel la nature des serveurs pr&eacute;sent&acirc;t un trait litt&eacute;raire. Car ici les gar&ccedil;ons de caf&eacute; se sont lentement adapt&eacute;s au milieu. D&eacute;j&agrave; leur physionomie exprimait une certaine connivence avec les aspirations artistiques de leurs clients, oui, la fi&egrave;re conscience de participer &agrave; leur mani&egrave;re &agrave; un mouvement litt&eacute;raire. Cette facult&eacute; de se projeter dans la personnalit&eacute; de chaque client en ne renon&ccedil;ant pas &agrave; la sienne propre a consacr&eacute; la sup&eacute;riorit&eacute; de ces serveurs sur tous leurs coll&egrave;gues; on peut difficilement croire que c&rsquo;est un syndicat de cafetiers qui leur a procur&eacute; ces emplois et non la Soci&eacute;t&eacute; des gens de Lettres. Une lign&eacute;e de gar&ccedil;ons de caf&eacute;s importants a exerc&eacute; dans cet &eacute;tablissement, illustrant le d&eacute;veloppement de la vie de l&rsquo;esprit dans ce pays.<br /></em><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/literaturedemolie.png" width="178" height="4"/><span style="font-size:11px; "><em>Karl Kraus, La Litt&eacute;rature d&eacute;molie (trad. Yves Kobry | Editions Rivages Poche)</em></span><br /><br />Mais rien ne ralentit leur ardeur. Ils prirent leurs cliques et leurs claques et d&eacute;m&eacute;nag&egrave;rent au caf&eacute; <em>Central</em>, un palais n&eacute;o-v&eacute;nitien o&ugrave; Peter Altenberg se faisait envoyer son courrier. Karl Kraus, d&eacute;rang&eacute; par le bruit, n&rsquo;y passait gu&egrave;re, il &eacute;tablit son campement au caf&eacute; de l'h&ocirc;tel <em>Imp&eacute;rial</em> o&ugrave; il discutait le coup avec Rilke, Freud et Mahler. Altenberg s&rsquo;y arr&ecirc;tait parfois, ou rejoignait Loos au caf&eacute; <em>Museum</em> &ndash; un &eacute;tablissement dont celui-ci avait dress&eacute; les plans &ndash;,  faisait des projets avec Alban Berg qui mettra en musique quelques-uns de ses textes, ou &eacute;coutait les peintres Oscar Kokoschka et Egon Schiele qui tiraient &agrave; boulets rouges sur l&rsquo;oeuvre de Makart.<br /><br />Le temps a pass&eacute;. Mais Peter Altenberg n&rsquo;a pas quitt&eacute; le devant de la sc&egrave;ne, dans quelques jours je me rends &agrave; Vienne, j'irai au Central, le caf&eacute; o&ugrave; se dresse une statue en papier m&acirc;ch&eacute; de l&rsquo;&eacute;crivain assis, et le cimeti&egrave;re<em> (</em><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><em>Zentralfriedhof)</em></span><em> </em>o&ugrave; il repose couch&eacute;. J'aime bien les &eacute;crivains de caf&eacute; aux noms bien serr&eacute;s : Schnitzler, Klimt, Kraus et Loos. Mais j&rsquo;en bois trop.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /><br /></p><p style="text-align:left;"><span style="font-size:15px; "><em>Kaffeehaus<br /></em></span><em><br />Du hast Sorgen, sei es diese, sei es jene &ndash; ins Kaffeehaus!<br />Sie kann, aus irgend einem, wenn auch noch so plausiblen Grunde, nicht zu dir kommen &ndash; ins Kaffeehaus!<br />Du hast zerrissene Stiefel &ndash; Kaffeehaus!<br />Du hast 400 Kronen Gehalt und gibst 500 aus &ndash; Kaffeehaus!<br />Du bist korrekt sparsam und g&ouml;nnst Dir nichts &ndash; Kaffeehaus!<br />Du bist Beamter und w&auml;rest gern Arzt geworden &ndash; Kaffeehaus!<br />Du findest Keine, die Dir passt &ndash; Kaffeehaus!<br />Du stehst innerlich vor dem Selbstmord &ndash; Kaffeehaus!<br />Du hasst und verachtest die Menschen und kannst sie dennoch nicht missen &ndash; Kaffeehaus!<br />Man kreditiert Dir nirgends mehr &ndash; Kaffeehaus!<br /></em></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXXXIX</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2011-06-06T15:33:22+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2c266bfda1bc58040728b1210cdf8d90-1327.html#unique-entry-id-1327</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2c266bfda1bc58040728b1210cdf8d90-1327.html#unique-entry-id-1327</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/135.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Gros coup de blues ce matin, mais il a bien fallu finalement qu&rsquo;elle renonce &agrave; se battre contre ce qu&rsquo;elle esp&eacute;rait changer et qui ne changera pas, elle le sait d&eacute;sormais, c&rsquo;est au-dessus de ses forces. Elle monte alors au grenier, ouvre la vieille armoire &agrave; l&rsquo;odeur de naphtaline et se saisit d&rsquo;un ensemble d&rsquo;un autre temps qu&rsquo;elle emporte dans la chambre &agrave; coucher pour l&rsquo;enfiler loin des regards, la fen&ecirc;tre est ouverte. Elle se regarde dans la glace, il faut bien reprendre ce que sa m&egrave;re n&rsquo;a pas termin&eacute;, c'est son tour. Elle descend &agrave; la cuisine et branche le petit poste de radio pendu &agrave; la corniche du bahut, elle se met courageusement &agrave; la t&acirc;che, l&rsquo;eau coule dans l'&eacute;vier, imitant les faits et gestes de celle qui l'a devanc&eacute;e, calmement, pos&eacute;ment, comme elle l'a toujours fait, mais elle le fait librement ce matin. Elle tisonne le feu, fait la vaisselle laiss&eacute;e sur la table, p&egrave;le des pommes-de-terre, rien n'a chang&eacute; &agrave; Pra Massin. <br />C'est un exemple d&rsquo;abn&eacute;gation qu&rsquo;une petite fille observe depuis le seuil de la cuisine, ce sera peut-&ecirc;tre un jour son tour, mais personne n'en sait rien.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les nombres imaginaires</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-06-09T15:33:21+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/bc8196c1d00e9cd1e5ce38be28b21f1d-1326.html#unique-entry-id-1326</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/bc8196c1d00e9cd1e5ce38be28b21f1d-1326.html#unique-entry-id-1326</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/135.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les nombres imaginaires<br />les coiffes bigoud&egrave;nes<br />les leviers de vitesse au volant des 403<br />il y a les embellies<br />les s&eacute;cessions<br />le trousseau de cl&eacute;s qu&rsquo;on ne comptait plus retrouver<br />il y a 1848<br />les contre-pieds<br />le glacis au pied des remparts<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>L&#x2019;embellie &#x7c; Kouki Rossi</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Vases communicants</category><dc:date>2011-06-03T00:00:49+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e77d3fbb6571f7aa056a17aac9e25848-1325.html#unique-entry-id-1325</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e77d3fbb6571f7aa056a17aac9e25848-1325.html#unique-entry-id-1325</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-05-28 à 09.29.31" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-05-28-a0300-09.29.31.png" width="50" height="50"/><br /><br />la jeunesse va emporte <br />ses promesses<br />nous laisse<br />&oelig;uvrant<br />aveugles<br />o&ugrave; nous r&ecirc;vions de joie<br />&nbsp;<br />il y a le pot chinois<br />rutilant sur la table<br />le fruit du mur muet<br />o&ugrave; vont frayer les &acirc;mes<br />il y a l&rsquo;aube appliqu&eacute;e<br />&agrave; couvrir le rocher<br />de vieux ors<br />ceux des peintres<br />les th&eacute;&acirc;tres grandioses<br />o&ugrave; promener nos corps<br />vaillants<br />un peu nerveux<br />par besoin d&rsquo;importance<br />&nbsp;<br />puis il y a ceux-l&agrave;<br />qui trouvent le courage<br />l&rsquo;amour fou inventer<br />m&ecirc;me si<br />rien jamais<br />ne vient taire le manque<br />ils rendent au jour neuf<br />l&rsquo;&eacute;claircie <br />de sa gr&acirc;ce<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Kouki Rossi</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p><p style="text-align:left;"><br /><em>&eacute;crit par Kouki Rossi qui m&rsquo;accueille </em><em><a href="http://koukistories.blogspot.com/2011/06/vases-communicants-texte-de-jean.html" rel="self">chez elle</a></em><em> sur son site </em><em><a href="http://koukistories.blogspot.com/" rel="self">Koukistories</a></em><em> dans le cadre du projet de </em><em><a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=104893605886" rel="self">vases communicants</a></em><em>&nbsp;: le premier vendredi du mois, chacun &eacute;crit sur le blog d&rsquo;un autre, &agrave; charge &agrave; chacun de pr&eacute;parer les mariages, les &eacute;changes, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement&hellip; Ne pas &eacute;crire pour, mais &eacute;crire chez l&rsquo;autre.<br />Et d&rsquo;autres vases communicants ce mois.<br /></em><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://nicolasbleusher.wordpress.com/">Nicolas Bleusher</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://christopherselac.livreaucentre.fr/">Christopher Selac</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-2.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.martinesonnet.fr/">Martine Sonnet</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/">Urbain trop urbain</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-3.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://sauvageana.blogspot.com/">Anita Navarrete-Berbel</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://brigetoun.blogspot.com/">Brigitte C&eacute;l&eacute;rier</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-4.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://lafilledesastres.wordpress.com/">C&eacute;line Renoux</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.fut-il.net/">Christophe Sanchez</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-5.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.frth.fr/">Franck Thomas</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.fuirestunepulsion.net/">Guillaume Vissac</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-6.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://petiteracine.net/wordpress">C&eacute;cile Portier</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.liminaire.fr/">Pierre M&eacute;nard</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-7.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://flaneriequotidienne.wordpress.com/">Franck Queyraud</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://noteseparses.wordpress.com/">Loran Bart</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-8.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.fenetresopenspace.blogspot.com/">Anne Savelli</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.tierslivre.net/">Fran&ccedil;ois Bon</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-9.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://globallitterature.wordpress.com/">Carine Perals-Pujol</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.joachimsene.fr/txt/">Joachim - S&eacute;n&eacute;</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-10.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://yzabel2046.blogspot.com/">Isabelle Parriente-Berbel</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://louiseimagine.me/#fd0/wordpress">Louise Imagine</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-11.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.semenoir.typepad.fr/">Maryse Hache</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.laurenceskivee.be/">Laurence Skiv&eacute;e</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-12.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://babelibellus.free.fr/">Chez Jeanne</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://xavierfisselier.wordpress.com/">Xavier Fisselier</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> </span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.oeuvresouvertes.net/">le roi des &eacute;diteurs</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://ancion.hautetfort.com/">Nicolas Ancion</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-14.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.xn--chatperch-p1a2i.net/">Michel Brosseau</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://cafcom.free.fr/">Jacques Bon</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-15.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://tentatives.eklablog.fr/">Christine Jeanney</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://kwakizbak.over-blog.com/">Christophe Grossi</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-16.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://cousumain.wordpress.com/">Caroline G&eacute;rard</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://juliette.mezenc.over-blog.com/ext/http://motmaquis.net/">Juliette Mezenc</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-17.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://presquevoix.canalblog.com/">Ghislaine Balland</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://dh68.wordpress.com/">Dominique Hasselmann</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-18.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.pendantleweekend.net/">Piero Cohen-Hadria</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://valetudinaire.net/">Conte de Suzanne</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-13.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://koukistories.blogspot.com/">Kouki Rossi</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.lesmarges.net/files/e77d3fbb6571f7aa056a17aac9e25848-1325.html" rel="self">Jean Prod&rsquo;hom</a></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; "> </span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Fin de journ&#xe9;e</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Peuplement</category><dc:date>2011-05-30T09:35:46+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ed7db34cea93adbe9c451255c2ff3894-1324.html#unique-entry-id-1324</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ed7db34cea93adbe9c451255c2ff3894-1324.html#unique-entry-id-1324</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-05-28 à 09.29.51" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-05-28-a0300-09.29.51.png" width="50" height="50"/><br /><br />Je suis couturi&egrave;re, po&egrave;te, coiffeuse et peintre, il n&rsquo;y a que ressemeler mes chaussures que je ne sais pas faire. Regardez s'il vous pla&icirc;t, la lune se couchait, c&rsquo;&eacute;tait en 1975. J'ai fait ce soir-l&agrave; un beau dessin ? L'automne, vous aimez ? Mon mari faisait le traducteur pour la Conf&eacute;d&eacute;ration : fran&ccedil;ais, allemand et russe, il &eacute;tait bien &agrave; l&rsquo;aise aussi avec l'italien et l'espagnol, il fumait comme un Turc et travaillait la nuit. Moi je l'attendais, il n&rsquo;a pas mis six semaines pour mourir. J&rsquo;habite en face du ch&acirc;teau, je trouvais ce dessin un peu perdu sur cette feuille, alors j&rsquo;ai &eacute;crit cette nuit ce petit po&egrave;me, &agrave; l'encre, un peu triste, n'est-ce pas ? Mais je suis quand m&ecirc;me venue boire un caf&eacute;.  <br />La vieille surfe un peu folle sur la mare de larmes, de doutes et de d&eacute;sillusions gaies qu'elle a laiss&eacute;e derri&egrave;re elle. Un ami &agrave; elle est &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital. Elle n'y croit plus tout &agrave; fait, elle rit en mettant bout &agrave; bout quelques-uns des morceaux intacts de ses jours. Elle rit, elle rit poliment, d&rsquo;elle-m&ecirc;me et de ce qui l'entoure avant de quitter pr&eacute;cipitamment le caf&eacute; du Poids. C'est la fin, mais elle, elle le sait quelque part, une fin qui n'en finit pas et qui la r&eacute;jouit comme le jour qui se l&egrave;ve. Elle traverse la place et s'&eacute;loigne, un lourd cabas la fait se dandiner, comme un canard &eacute;gar&eacute;, dans cette petite ville de la vall&eacute;e de la Broye. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Ton ambition cro&#xee;t et ma volont&#xe9; plie</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-05-31T09:32:39+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/961cdbed4403a5f4a6cf4d3aa4019157-1323.html#unique-entry-id-1323</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/961cdbed4403a5f4a6cf4d3aa4019157-1323.html#unique-entry-id-1323</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-05-28 à 09.29.37" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-05-28-a0300-09.29.37.png" width="50" height="50"/> <br /><br />La phrase avance, rampe, serpente, le mot s&rsquo;appuie sur celui qui le pr&eacute;c&egrave;de, pour jeter loin devant celui qu&rsquo;il tient en laisse et qu&rsquo;il suit, comme si la phrase &eacute;tait pilot&eacute;e &agrave; la fois de l&rsquo;avant et de l'arri&egrave;re et qu&rsquo;en tout lieu le dernier mot avait l&rsquo;allure d&rsquo;un premier de cord&eacute;e. La phrase s&rsquo;allonge alors, comme un serpent qui ondule, et le sens sort de sa gaine, de sa double gaine, gonfle aussi longtemps que le mot de t&ecirc;te danse en cadence avec le mot de queue. <br />Derri&egrave;re son apparence corpusculaire, le langage est bel et bien de nature ondulatoire, si bien que tu &eacute;cris ce que je lis autant depuis la fin que depuis le commencement, et que je lis ce que tu &eacute;cris en tous sens avec la conviction que tu as fait tout ce qui &eacute;tait en ton pouvoir pour retenir le sens &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de sa mue qui te d&eacute;borde &agrave; mesure que ton ambition cro&icirc;t et que ma volont&eacute; plie.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Refrain</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-12-01T09:32:37+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7d703f5c9ce92f99d9e5a2f12ee39cfa-1322.html#unique-entry-id-1322</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7d703f5c9ce92f99d9e5a2f12ee39cfa-1322.html#unique-entry-id-1322</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 13" src="http://www.lesmarges.net/files/161-13.png" width="50" height="50"/><br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span>Au bout des jours <br />encore des jours<br />il pleut enfin<br />mais pourquoi est-ce si long ?<br /><br />solitude l&eacute;g&egrave;re<br />&agrave; l'aube blanche<br />qui nous tient ?<br />qui nous guette et s'accroche ?<br /><br />rien au bout<br />une image<br />le grain d'une consolation<br />et la poussi&egrave;re d'une voix<br /><br /><object type="application/x-shockwave-flash" data="dewplayer.swf?son=lalignedroite.mp3" width="180" height="20"> <param name="movie" value="dewplayer.swf?son=lalignedroite.mp3" /> </object><br /><span style="font-size:8px; "><em>La Ligne droite | Georges Moustaki / Barbara</em></span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 29 mai 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-06-02T09:32:34+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/38c7baa174c4cc5258f62bad23ea1a71-1321.html#unique-entry-id-1321</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/38c7baa174c4cc5258f62bad23ea1a71-1321.html#unique-entry-id-1321</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-05-28 à 09.30.14" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-05-28-a0300-09.30.14.png" width="50" height="50"/><br /><br />On a failli l&rsquo;&eacute;craser ce matin dans une longe courbe entre M&eacute;zi&egrave;res et Corcelles, o&ugrave; il est soudain apparu, cach&eacute; jusque-l&agrave; par les herbes hautes et les rames de colza. On roulait au pas, c'&eacute;tait un homme que personne n'avait vu encore dans le coin, il semblait traqu&eacute;, pieds nus et torse tatou&eacute;, press&eacute;, les traits tir&eacute;s, inquiet d&rsquo;avance de ne pas trouver l&agrave; de quoi s&rsquo;arr&ecirc;ter, incapable de mettre &agrave; respectable distance l&rsquo;enfer vers lequel il se h&acirc;te. On ne le reverra plus.<br />Est-il seulement possible aujourd&rsquo;hui de vivre vagabond, de rien et &agrave; d&eacute;couvert? Les chemins vicinaux trop co&ucirc;teux &agrave; exploiter disparaissent, l&rsquo;inconnu est d&rsquo;entr&eacute;e le malvenu, les inspecteurs du travail ont mis le hol&agrave; aux coups de main des employeurs de fortune, les &eacute;glises ferment leurs portes avant la tomb&eacute;e de la nuit, on cadenasse les refuges. Les vagabonds sont condamn&eacute;s &agrave; acc&eacute;l&eacute;rer leur marche, plus nus que jamais, r&eacute;pondre d&rsquo;une mis&egrave;re dont beaucoup r&eacute;ussissaient autrefois &agrave; tirer parti. Il ne fait pas bon &ecirc;tre vagabond aujourd'hui, les chiens errants ont une vie bien meilleure. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="sousboiscrepuscule" src="http://www.lesmarges.net/files/sousboiscrepuscule.jpg" width="466" height="466"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3631.JPG" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3631.jpg-2.jpg" width="152" height="152"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3626.JPG" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3626.jpg.jpg" width="152" height="152"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3628.JPG" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3628.jpg.jpg" width="152" height="152"/><br /><br />Ce soir la nuit monte des corps du bois, en continu, souffle sur les longues herbes inclin&eacute;es de l&rsquo;&eacute;tang, le vert et le bleu sombrent, le renard revient sur ses pas avant de s&rsquo;enfuir, j&rsquo;ai beau me croire chez moi, il se sait chez lui. L&rsquo;obscurit&eacute; lisse les jointures des choses, &ccedil;a tient ensemble, la terre et le bois, le ciel et mes doigts.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les zones pi&#xe9;tonnes</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-06-01T09:32:30+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/fe4efe24573d7d9a00f45d8f9cb21974-1320.html#unique-entry-id-1320</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/fe4efe24573d7d9a00f45d8f9cb21974-1320.html#unique-entry-id-1320</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-05-28 à 09.29.43" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-05-28-a0300-09.29.43.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les zones pi&eacute;tonnes <br />la voix de Jean Starobinski<br />les panneaux de fin de limitation de vitesse<br />il y a les moraines<br />les secrets de la main gauche des droitiers<br />les enfants qui dorment dans les bras de leur m&egrave;re<br />il y a l'obscurit&eacute; du fond de l&rsquo;oc&eacute;an<br />les vieux atlas<br />la vaine r&eacute;sistance des bories <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>L&#x27;enfant qui a la t&#xea;te en l&#x27;air</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><dc:date>2011-05-25T18:45:56+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c447f0480cd035f3b9c173eb2b0b3fb3-1318.html#unique-entry-id-1318</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c447f0480cd035f3b9c173eb2b0b3fb3-1318.html#unique-entry-id-1318</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/133.5.png" width="50" height="50"/> <br /><br /><em>Pour Nathan<br /><br />L'enfant qui a la t&ecirc;te en l'air<br /></em><em>Si on se d&eacute;tourne, il s'envole.<br />Il faudrait une main de fer<br />pour le retenir &agrave; l'&eacute;cole.<br />L'enfant qui a la t&ecirc;te en l'air<br />ne le quittez jamais des yeux:<br />car d&egrave;s qu'il n'a plus rien &agrave; faire<br />il caracole dans les cieux.<br />Il donne beaucoup de soucis<br />&agrave; ses parents et &agrave; ses ma&icirc;tres:<br />on le croit l&agrave;, il est ici,<br />n'appara&icirc;t que pour dispara&icirc;tre.<br />Comme on a des presse-papiers<br />il nous faudrait un presse-enfant<br />pour retenir par les deux pieds<br />l'enfant si l&eacute;ger que volant.<br /></em><br />Ce po&egrave;me de Claude Roy que l&rsquo;institutrice a demand&eacute; &agrave; Louise d&rsquo;apprendre pour jeudi m&rsquo;a conduit ce soir &agrave; faire d&eacute;filer quelques-unes  des t&ecirc;tes en l&rsquo;air que j&rsquo;ai crois&eacute;es depuis le temps sans &ecirc;tre en mesure de les accueillir comme il le fallait. Mais le peut-on lorsqu&rsquo;on sait qu&rsquo;elles ne songent qu&rsquo;&agrave; caracoler dans les cieux ? C&rsquo;est lorsqu&rsquo;elles s&rsquo;envolent pour de bon qu&rsquo;on se prend &agrave; les regretter, regretter notre main de fer qui n&rsquo;a saisi que du vide.<br /><br />Ils sont l&eacute;gions les enfants des talus, ils hantent les livres que l&rsquo;&eacute;cole fait lire aux enfants sages. Qu&rsquo;on songe &agrave; Bosco, &agrave; Dh&ocirc;tel, &agrave; Rimbaud et &agrave; tous les autres. L&rsquo;&eacute;cole buissonni&egrave;re a nourri l&rsquo;&eacute;cole obligatoire depuis Jules Ferry. Sauf que parfois ils s&rsquo;en vont pour de bon.<br /><br /><em>Seul, au milieu de cette agitation, je me tais. Assis au bout d&rsquo;une des tables de la division des plus jeunes, pr&egrave;s des grandes vitres, je n&rsquo;ai qu&rsquo;&agrave; me redresser un peu pour apercevoir le jardin, le ruisseau dans le bas, puis les champs. <br />De temps &agrave; autre, je me soul&egrave;ve sur la pointe des pieds et je regarde anxieusement du c&ocirc;t&eacute; de la ferme de la Belle-Etoile. D&egrave;s le d&eacute;but de la classe, je me suis aper&ccedil;u que Meaulnes n&rsquo;&eacute;tait pas rentr&eacute; apr&egrave;s la r&eacute;cr&eacute;ation de midi. Son voisin de table a bien d&ucirc; s&rsquo;en apercevoir aussi. Mais, d&egrave;s qu&rsquo;il aura lev&eacute; la t&ecirc;te, la nouvelle courra par toute la classe, et quelqu&rsquo;un, comme c&rsquo;est l&rsquo;usage, ne manquera pas de crier &agrave; haute voix les premiers mots de la phrase&nbsp;: <br />&laquo;&nbsp;Monsieur&nbsp;! Meaulnes...&nbsp;&raquo; <br />Je sais que Meaulnes est parti. Plus exactement, je le soup&ccedil;onne de s&rsquo;&ecirc;tre &eacute;chapp&eacute;.<br /></em><br />Il &eacute;tait un peu de cette trempe, rien ne retient l&rsquo;enfant qui a la t&ecirc;te en l&rsquo;air, aucun r&eacute;cit, aucune promesse. On le croyait ici, il &eacute;tait d&eacute;j&agrave; bien loin. Cach&eacute; derri&egrave;re la frange buissonnante de ses cheveux, il clignait des yeux pour que jaillissent des gerbes d&rsquo;&eacute;toiles, <em>un pied sur le devant, dress&eacute; comme un conducteur de char romain, secouant &agrave; deux mains les guides, il lance sa b&ecirc;te &agrave; fond de train et dispara&icirc;t en un instant</em>. <br /><br />P.S.<br /><a href="http://www.lesmarges.net/files/d3abe43bcc49b41432974c886fa2e5ec-1285.html" rel="self">Avertissement</a><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>37</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2011-05-23T18:45:06+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b406276082a6f7f67b804cb0a6da7b7f-1317.html#unique-entry-id-1317</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b406276082a6f7f67b804cb0a6da7b7f-1317.html#unique-entry-id-1317</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/133.1.png" width="50" height="50"/>  <br /><br />Dispara&icirc;tre &agrave; tout instant pour ne jamais avoir &agrave; rejoindre la foule des revenants.<br /><br />- Mais que reste-t-il lorsqu&rsquo;il n&rsquo;y a plus rien?<br />- Ce qu&rsquo;il y avait.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les bisses</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-05-26T18:45:05+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/372cdc06d13341b5f03cbfea868b81bf-1316.html#unique-entry-id-1316</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/372cdc06d13341b5f03cbfea868b81bf-1316.html#unique-entry-id-1316</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/133.4.png" width="50" height="50"/>  <br /><br />Il y a les bisses<br />les secrets qu&rsquo;il convient de garder<br />les mains des nourrissons<br />il y a la boucherie artisanale<br />les fronts populaires<br />les pommiers en espalier<br />les chemins de d&eacute;vestiture<br />il y a les grandes mar&eacute;es<br />il y a la doucette<br />il y a les iris d&rsquo;eau<br /><br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 22 mai 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-05-24T18:45:04+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/1173f5a696f8a57745101b22a41e187b-1314.html#unique-entry-id-1314</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/1173f5a696f8a57745101b22a41e187b-1314.html#unique-entry-id-1314</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/133.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />C&rsquo;&eacute;tait aujourd&rsquo;hui la f&ecirc;te &agrave; la ferme des M&eacute;l&egrave;zes, le club Passepartout de Moudon organisait la seconde manche de la Swiss Cup Trial. <br />Les coureurs se sont m&ecirc;l&eacute;s tout au long du jour aux spectateurs, c&rsquo;&eacute;tait bon enfant, et moi dedans jusqu&rsquo;au cou. Les applaudissements se sont m&ecirc;l&eacute;s aux odeurs de cuisine, les rires des enfants aux plaisanteries des piliers de la buvette et de la cantine. On a cherch&eacute; &agrave; isoler les mauvais signes du ciel pour les conjurer et se donner les moyens de passer en &eacute;quilibre &agrave; c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;orage. C&rsquo;est fait, on l&rsquo;a d&eacute;tourn&eacute; au-dessus de Savigny et, en &eacute;cho &agrave; ce miracle, le budget a bascul&eacute; du bon c&ocirc;t&eacute;.<br />En fin d&rsquo;apr&egrave;s-midi les spectateurs se dispersent, les juges boivent une bi&egrave;re tandis que les organisateurs d&eacute;montent en une paire d&rsquo;heures l&rsquo;infrastructure d&rsquo;une f&ecirc;te &agrave; laquelle plus de soixante b&eacute;n&eacute;voles ont particip&eacute; depuis plusieurs semaines. On a remis les prix, rentr&eacute; les cochons et le poulain, les ch&egrave;vres, le lapin et les moutons. Les tracteurs avec leur lourde remorque s&rsquo;&eacute;loignent. Les tables, les tonneaux, les bancs et les palettes sont empil&eacute;s, les collecteurs de b&eacute;ton s&rsquo;embo&icirc;tent comme des poup&eacute;es russes, on aligne les traverses de chemin de fer. Demeurent sur le pr&eacute; les restes d&rsquo;un mikado g&eacute;ant. <br />En remontant au Riau j&rsquo;aper&ccedil;ois les oubli&eacute;s du jour qui respirent &agrave; nouveau. Ce n&rsquo;est plus le r&egrave;gne du tous, de l&rsquo;aucun ou de l&rsquo;un, mais celui du quelques-uns, quelques sifflements, quelques gouttes, quelques pas.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3443" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3443.jpg" width="470" height="202"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3436" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3436.jpg" width="470" height="202"/><img class="imageStyle" alt="DSCN3418" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3418.jpg" width="470" height="202"/><br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les glaciers qui craquent la nuit</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-05-20T00:03:17+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7593d048f5fe451ca5262f9b4b751e52-1312.html#unique-entry-id-1312</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7593d048f5fe451ca5262f9b4b751e52-1312.html#unique-entry-id-1312</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/132.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les glaciers qui craquent la nuit<br />le tronc fr&ecirc;le des noyers<br />l&rsquo;&eacute;toupe<br />il y a ceux qui font ripaille<br />les fleurs de l&rsquo;acacia<br />les canaux de d&eacute;rivation<br />il y a les mines de sel<br />les abeilles qui essaiment<br />les arrangements &agrave; l&rsquo;amiable  <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 15 mai 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-05-17T00:03:17+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2cd4cd427d0aadc55a45bc1128438ed6-1311.html#unique-entry-id-1311</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2cd4cd427d0aadc55a45bc1128438ed6-1311.html#unique-entry-id-1311</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/132.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />C&rsquo;&eacute;tait le <a href="http://www.lesmarges.net/files/201b42ca3a7a333633192dc552cb951f-1050.html" rel="self">dimanche 12 septembre</a> de l&rsquo;ann&eacute;e pass&eacute;e, nous avions pique-niqu&eacute; la veille au bord du Doubs, avec le soleil, mang&eacute; une truite et dormi &agrave; l&rsquo;h&ocirc;tel de l&rsquo;Union de Tramelan. Mais je suis seul ce matin, Sandra et les filles sont rest&eacute;es au Riau et Arthur est all&eacute; rejoindre Jean-Daniel pour la reconnaissance du parcours de la course &agrave; laquelle il va participer aujourd&rsquo;hui.<br />Celle qui assurait le service du petit d&eacute;jeuner dans cet h&ocirc;tel ferm&eacute; le dimanche est &agrave; nouveau l&agrave;. J&rsquo;aurais bien voulu savoir ce que cette native de Tirana et son mari devenaient, ses enfants aussi. Il y a huit mois, elle s&rsquo;&eacute;tait assise &agrave; notre table et avait racont&eacute; un bout de sa vie.<br />Rien &agrave; faire cette ann&eacute;e pour conna&icirc;tre la suite, je n&rsquo;ose pas la d&eacute;ranger, elle semble triste et fatigu&eacute;e, les yeux enfonc&eacute;s dans le sommeil. Elle a servi les quelques clients de l&rsquo;h&ocirc;tel, parmi ceux-ci deux malcommodes que je me suis empress&eacute; de d&eacute;tester. Puis elle s&rsquo;est assise, deux morceaux de pain et un caf&eacute; serr&eacute;, pas tout &agrave; fait l&agrave;, les yeux dans le vide, bien au-del&agrave; la petite place d&eacute;serte. Pourtant il m&rsquo;a sembl&eacute; que son rire &eacute;tait au bord de ses l&egrave;vres, je n&rsquo;ai pas insist&eacute;, me suis rappel&eacute; sa voix rugueuse avant de me pencher sur un livre qui m&rsquo;a paru bien idiot.  <br /><br />Jean-Daniel est arriv&eacute; sur le site de la premi&egrave;re manche de la Swiss Cup, petit carnet &agrave; la main : il passe en revue avec les coureurs les difficult&eacute;s des diff&eacute;rentes zones. Arthur est le seul coureur du club &agrave; rouler dans la cat&eacute;gorie des <em>Benjamins</em>, il dispose ainsi pour lui seul des conseils avis&eacute;s de l&rsquo;entra&icirc;neur. Ils s&rsquo;&eacute;loignent en t&ecirc;te &agrave; t&ecirc;te, je les aper&ccedil;ois de loin, me fais discret. Je ne saurai rien en d&eacute;finitive de ce qu&rsquo;ils se sont dit, je n&rsquo;y comprends d&rsquo;ailleurs pas grand chose, m&rsquo;efforce m&ecirc;me de me maintenir dans cette docte ignorance. N&rsquo;est-ce pas une des fa&ccedil;ons de laisser aller de leur c&ocirc;t&eacute;, sans les encombrer, ceux qu&rsquo;on a faits? quitter son r&ocirc;le de p&egrave;re dans un monde qui n&rsquo;est plus seulement aux yeux du fils le monde de la famille.<br /><br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3139" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3139.jpg" width="461" height="345"/><br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3127" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3127.jpg" width="150" height="112"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3130" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3130.jpg" width="150" height="112"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3131" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3131.jpg" width="150" height="112"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3132" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3132.jpg" width="150" height="113"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3133" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3133.jpg" width="150" height="112"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3134" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3134.jpg" width="150" height="112"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3138" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3138.jpg" width="150" height="113"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3141" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3141.jpg" width="150" height="112"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3142" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3142.jpg" width="150" height="112"/><br /><br />Je les laisse &agrave; leur plan et vais faire un tour. La gravi&egrave;re qu&rsquo;exploitent les Huguelet n&rsquo;a gu&egrave;re chang&eacute;, les coureurs, les parents et leurs accompagnants errent. On se croirait un matin de f&ecirc;te foraine, quelques courageux sortent de leur caravane et baguenaudent les mains dans les poches, les responsables de la course apparaissent au compte-gouttes et se r&eacute;chauffent les mains autour d&rsquo;un verre de caf&eacute;, quelques voitures arrivent, les langues se m&eacute;langent, italien, suisse-allemand, fran&ccedil;ais, les enfants sautent comme des cabris sur les obstacles. On regarde inquiet le ciel qui ne donne pas toutes les assurances, les buvettes s&rsquo;ouvrent, la journ&eacute;e prendra longtemps avant de d&eacute;marrer. <br />La mienne n&rsquo;aura pas commenc&eacute;, j&rsquo;aurai v&eacute;cu dans le sillage et l&rsquo;ombre de mon fils, porteur d&rsquo;eau et oreille bienveillante, fournisseur de sandwichs et consolateur, content de voir &agrave; la fin de la journ&eacute;e cet enfant grandir d&rsquo;un coup, prendre conscience qu&rsquo;il peut vivre dans la peau d&rsquo;un vainqueur, soulag&eacute;, mais aussi un peu seul, l&agrave;-haut, sur le podium.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3172" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3172.jpg" width="461" height="345"/><br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3168" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3168-2.jpg" width="150" height="150"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3173" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3173-2.jpg" width="150" height="150"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3171" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3171-2.jpg" width="150" height="150"/>  <br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3177" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3177.jpg" width="87" height="87"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3178" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3178.jpg" width="87" height="87"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3179" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3179.jpg" width="87" height="87"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3180" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3180.jpg" width="87" height="87"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3181" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3181.jpg" width="87" height="87"/><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Jean-Daniel&#x2c; Javier ou Elisabeth</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Au Riau</category><dc:date>2011-05-18T00:03:17+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/23c71c0cd9aa836d34b7d868d9398771-1310.html#unique-entry-id-1310</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/23c71c0cd9aa836d34b7d868d9398771-1310.html#unique-entry-id-1310</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/132.5.png" width="50" height="50"/><br /><br /><object type="application/x-shockwave-flash" data="dewplayer.swf?son=guitarelouise.mp3" width="180" height="20"> <param name="movie" value="dewplayer.swf?son=guitarelouise.mp3" /> </object><br />C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui une affaire heureuse et s&eacute;rieuse, heureuse parce que &ccedil;a marche, s&eacute;rieuse parce que Louise a rencontr&eacute; quelqu&rsquo;un &agrave; sa taille, d&rsquo;accord et capable de l&rsquo;accompagner sur des chemins qui ne sont pas les n&ocirc;tres. On s&rsquo;est rendu lundi soir en famille &agrave; Maracon pour une audition. Lui c&rsquo;est Javier, elle c&rsquo;est Louise, il lui accorde sa guitare avant de l&rsquo;accompagner, c&rsquo;est son professeur et elle l&rsquo;admire. Il lui laisse ensuite la place et elle joue seule. Elle voudrait des le&ccedil;ons plus longues, une demi-heure c&rsquo;est court. Il est d&rsquo;accord. Il lui parle, elle le regarde. Il parle peu et elle joue beaucoup, ils jouent ensemble parfois, elle joue seule le matin au r&eacute;veil, &agrave; midi, &agrave; 4 heures, le soir avant de se coucher. A la fin, c&rsquo;est une affaire entre elle et sa guitare qui lui fait aujourd&rsquo;hui des promesses. <br />Nos enfants auront grandi d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; avec des autres l&agrave; o&ugrave; nous ne sommes pas, chacun son tour, hier c&rsquo;&eacute;tait <a href="http://www.lesmarges.net/files/2cd4cd427d0aadc55a45bc1128438ed6-1311.html" rel="self">Arthur</a>, aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est Louise, demain ce sera Lili. Et si on laisse nos enfants entre les mains de ces gens-l&agrave;, c&rsquo;est pour qu&rsquo;ils puissent mener &agrave; bien ce qu&rsquo;on est bien incapables de faire, les conduire plus loin que nous ne le pouvons, ou ailleurs, ou ici, mais moyennant ce d&eacute;tour qui les lib&eacute;rera de notre emprise. La soci&eacute;t&eacute; serait bien mal prise sans ces passeurs, <a href="http://www.lesmarges.net/files/2cd4cd427d0aadc55a45bc1128438ed6-1311.html" rel="self">Jean-Daniel</a>, Javier ou Elisabeth, qui d&eacute;nouent avec soin les fils qui ont li&eacute; nos enfants &agrave; notre amour immense, aveugle et n&eacute;cessaire.<br /><br /><p style="text-align:center;"><img class="imageStyle" alt="DSCN3194" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3194.jpg" width="456" height="343"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3202" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3202.jpg" width="150" height="150"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3203" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3203.jpg" width="150" height="150"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3207" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3207.jpg" width="150" height="150"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3206" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3206.jpg" width="87" height="87"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3195" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3195.jpg" width="87" height="87"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3197" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3197.jpg" width="87" height="87"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3196" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3196.jpg" width="87" height="87"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3210" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3210.jpg" width="87" height="87"/><br /><br /></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>A.11</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><dc:date>2011-05-16T00:03:16+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c9f53b5cb4dafdd703a1db9a19334e16-1309.html#unique-entry-id-1309</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c9f53b5cb4dafdd703a1db9a19334e16-1309.html#unique-entry-id-1309</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/132.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />J&rsquo;apprends dans l&rsquo;ouvrage de Jean-Paul Bled sur l&rsquo;histoire de Vienne que <em>le bal &agrave; la Cour</em> avait lieu quelques jours apr&egrave;s <em>le bal de la Cour. </em>Il rassemblait moins solennellement pr&egrave;s de sept cents personnes. Fran&ccedil;ois-Joseph portait l&rsquo;humble habit du colonel, les invit&eacute;s une petite tenue de gala. Le menu se composait<em> invariablement des cinq m&ecirc;mes plats : cr&egrave;me d&rsquo;oie en tasse, poisson mayonnaise, p&acirc;t&eacute;, r&ocirc;ti et glace, le tout arros&eacute; de champagne</em>. C&rsquo;est exactement ce qu&rsquo;on voit dans le troisi&egrave;me film de l&rsquo;inoubliable s&eacute;rie des <em>Sissi</em>. <br />J&rsquo;ai l&rsquo;intime conviction que Fran&ccedil;ois-Joseph a un peu trop regard&eacute; cette s&eacute;rie, sa femme aussi du reste qui, le temps passant, devint une p&acirc;le copie de Romy Schneider. Si on ajoute que Fran&ccedil;ois-Joseph, le vrai, celui du film, s&rsquo;est inspir&eacute; de la d&eacute;gaine de David Bowie, on peut sans h&eacute;siter affirmer que la politique spectacle est n&eacute;e &agrave; Vienne dans la seconde moiti&eacute; du XIX&egrave;me si&egrave;cle.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Le couloir &#xe9;tait &#xe9;clair&#xe9; par des sourires</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><dc:date>2011-05-19T00:02:43+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2e52a598149aa22f58b71df83326addd-1308.html#unique-entry-id-1308</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2e52a598149aa22f58b71df83326addd-1308.html#unique-entry-id-1308</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/132.3.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Pour Jill</em><br /><br />Tu es all&eacute; de la cuisine au salon, le couloir &eacute;tait &eacute;clair&eacute; par des sourires, de la salle de bains &agrave; la chambre du fond pour ton compte. Tu as entrepris sur ton &eacute;dredon des voyages autour de ta chambre, &eacute;lev&eacute; des ch&acirc;teaux de sable qui se sont effondr&eacute;s sous ton regard ravi, tu as fait des parties de cartes avec des amis n&eacute;s de ton imagination, jou&eacute; avec des ombres. Et sans l&rsquo;avoir d&eacute;cid&eacute; tu as appris &agrave; marcher, &agrave; construire, explorer, raconter et jouer. Tu as m&ecirc;me fini hors toute obligation par distinguer la lumi&egrave;re de l&rsquo;ombre sans lesquelles tu n&rsquo;aurais rien su de tout cela.<br /><br />On t&rsquo;a fait croire ensuite, d&egrave;s ton entr&eacute;e &agrave; l&rsquo;&eacute;cole, &agrave; toi et &agrave; tes camarades que la connaissance c&rsquo;&eacute;tait autre chose, qu&rsquo;elle s&rsquo;obtenait m&eacute;thodiquement, par alignements et entassements. On vous a demand&eacute; instamment de m&eacute;moriser des lettres et des mots, des op&eacute;rations et des dates, des syntagmes de glace et des coques vides, de suivre les lignes, r&eacute;p&eacute;ter les refrains, faire vite les comptes qui assureront votre promotion. L&rsquo;institution scolaire et la soci&eacute;t&eacute; civile se sont aper&ccedil;us &agrave; la fin de l&rsquo;efficacit&eacute; discutable de l&rsquo;entreprise, nos &eacute;l&egrave;ves ne savent pas lire, vos enfants ne savent pas compter, c&rsquo;est la faute aux parents, aux enseignants, &agrave; la soci&eacute;t&eacute;, aux &eacute;l&egrave;ves. Nous allons changer de manuels, nous allons user d&rsquo;autres m&eacute;thodes pour trois petits tours et puis s&rsquo;en vont. C&rsquo;est ainsi, pas m&ecirc;me le mont de Pi&eacute;t&eacute;, c&rsquo;est du pareil au m&ecirc;me, je n&rsquo;y puis rien. <br /><br />Que faire aujourd&rsquo;hui sinon, chaque fois que l&rsquo;occasion nous en est donn&eacute;e, montrer que les connaissances ne sortent pas d&rsquo;un chapeau, ne tiennent pas align&eacute;es sur un b&acirc;ton. Pas de truc, ou des trucs issus de patientes mise en sc&egrave;ne.<br /><br />C&rsquo;est en octobre 2012 que notre Etablissement scolaire disposera de b&acirc;timents scolaires tout neufs. Ils accueilleront les enfants des nouveaux arrivants. Pourtant, si on regarde par la fen&ecirc;tre, il n&rsquo;y a rien, un gros trou seulement, des ouvriers qui vont et viennent, des machines qui ne fonctionnent pas et des camionnettes vides, un chantier qui semble s&rsquo;&eacute;terniser et ne d&eacute;boucher sur rien. Qu&rsquo;on ne s&rsquo;y m&eacute;prenne pas, les travaux ont commenc&eacute; il y a plusieurs ann&eacute;es d&eacute;j&agrave;... <br /><br />Je ne suis pas un sp&eacute;cialiste mais je sais en effet qu&rsquo;il a fallu discuter de la n&eacute;cessit&eacute; de construire de tels b&acirc;timents, co&ucirc;teux, il a fallu prendre en compte l&rsquo;&eacute;volution d&eacute;mographique de notre r&eacute;gion, d&eacute;terminer l&rsquo;emplacement de ces nouvelles constructions, garantir leur accord avec les r&egrave;glements cantonaux, leur compatibilit&eacute; avec l&rsquo;environnement imm&eacute;diat, s&rsquo;assurer de la facilit&eacute; des acc&egrave;s. D&eacute;terminer leur forme et les &eacute;l&eacute;ments qui les constitueront, pr&eacute;senter les choses de telle fa&ccedil;on qu&rsquo;elles ne d&eacute;clenchent pas un cort&egrave;ge d&rsquo;oppositions, convaincre les payeurs. Il a fallu appeler une entreprise pour liquider l&rsquo;ancien et d&eacute;molir la villa de Mottier, verser une larme, abattre des arbres, assurer la s&eacute;curit&eacute;, amener la petite grue pour dresser la grande, creuser enfin, renforcer, prot&eacute;ger, isoler... pour que la construction de la nouvelle &eacute;cole puisse enfin d&eacute;buter.<br /><br />Les choses s&eacute;rieuses ont commenc&eacute; bien avant avant qu&rsquo;elles ne commencent, c&rsquo;&eacute;tait il y a des ann&eacute;es d&eacute;j&agrave;. Reste aujourd&rsquo;hui un trou, tout est jou&eacute;, ce ne sera qu&rsquo;un jeu d&rsquo;enfants d&rsquo;aligner et d&rsquo;entasser bient&ocirc;t les briques. Notre nouvelle &eacute;cole a &eacute;t&eacute; termin&eacute;e bien avant que les travaux ne commencent.<br /><br />Il est temps de comprendre que la construction des connaissances ressemble sous cet angle &eacute;trangement &agrave; la construction d&rsquo;un b&acirc;timent. Pour qu&rsquo;une connaissance tienne debout, je dois en comprendre la n&eacute;cessit&eacute;, en accepter les d&eacute;sagr&eacute;ments momentan&eacute;s, en anticiper les gains. Je dois vaincre les oppositions tant internes qu&rsquo;externes, d&eacute;faire les connaissances qui occupaient les lieux, garder ce qu&rsquo;on est bien incapable de modifier, pr&eacute;parer les outils indispensables dont on aura besoin, &eacute;tablir l&rsquo;ancrage des notions principales, anticiper les liens qui feront de ces connaissances des &eacute;l&eacute;ments dans un r&eacute;seau plus vaste, m&eacute;nager des ponts, des liens. Et enfin, ne pas fermer la possibilit&eacute; de s&rsquo;en d&eacute;faire, car les connaissances, comme les ch&acirc;teaux de sable se font renverser un jour par les vagues. <br /><br />P.S.<br /><a href="http://www.lesmarges.net/files/d3abe43bcc49b41432974c886fa2e5ec-1285.html" rel="self">Avertissement</a><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>On l&#x2019;ignore avant de le savoir</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2011-05-13T14:32:18+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ac2864d1462192f41c09e574099762c4-1307.html#unique-entry-id-1307</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ac2864d1462192f41c09e574099762c4-1307.html#unique-entry-id-1307</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/131.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />On y est depuis toujours mais on l&rsquo;ignore avant de le savoir, et on ne le sait que si on se laisse prendre et qu&rsquo;on s&rsquo;y enfonce encore. Alors le dehors vient dedans et le dedans va dehors. La rumeur prend la main sur la raison qui la rejoint en se m&ecirc;lant &agrave; l&rsquo;inarticul&eacute;, s&rsquo;y d&eacute;fait au ralenti, se m&ecirc;le aux poussi&egrave;res, &agrave; la terre, aux nappes de lumi&egrave;re en suspension et aux pr&eacute;s fauch&eacute;s. Rien n&rsquo;a chang&eacute; pourtant. Ou tout du tout au tout. La t&ecirc;te ne d&eacute;passe plus, c&rsquo;est dire qu&rsquo;on ne l&rsquo;a pas sur les &eacute;paules, ou plut&ocirc;t, ce qu&rsquo;on attend d&rsquo;elle ne r&eacute;pond plus : on est dehors avec les oiseaux. Nul besoin de retenir son souffle, il suffit de respirer, sans m&eacute;lange, quelques visages muets qu&rsquo;on n&rsquo;imagine &agrave; peine. &Ccedil;a dure, une dur&eacute;e &eacute;gale &agrave; celle de ces r&ecirc;ves qui restent en arri&egrave;re et qu&rsquo;on tente de retenir au r&eacute;veil, inutile de vouloir colmater les br&egrave;ches, il n&rsquo;y en a pas. Impensable de prendre peur, rien &agrave; craindre, rien &agrave; perdre non plus sinon un peu du peu de raison qui reste, guettant le leurre auquel on veut mordre pour remonter un morceau de tout &ccedil;a. <br />Tu es suspendu au hame&ccedil;on de celui qui t&rsquo;a ferr&eacute; et qui t&rsquo;attend plume &agrave; la main. C&rsquo;est d&eacute;licat, ce qu&rsquo;il retire c&rsquo;est bien toi mais tu n&rsquo;as pas de bord et ses mots sont bien trop rod&eacute;s. Il faudra que tu leur donnes d&rsquo;autres noms et du vent pour dire la route qui va d&rsquo;ici &agrave; l&agrave;-bas et retour, les visages inconnus aper&ccedil;us au volant de leur voiture, lointains, tournant sans fin sur les giratoires. Pas trace de danse, ce n&rsquo;est pas un ballet, r&eacute;veille-toi sans pr&eacute;cipitation, parce que le monde accroch&eacute; au leurre que tu retires n&rsquo;est pas indiff&eacute;rent &agrave; celui que tu habites. <br />Mais l&agrave;-bas tu &eacute;tais dedans avec le dehors et tout d&eacute;bordait sans toucher &agrave; rien. Ce n&rsquo;&eacute;tait pas loin de ce qui ne se peut pas, aussi l&eacute;ger qu&rsquo;un souvenir. Il n&rsquo;y avait pas de vent et je n&rsquo;&eacute;tais ni Pierre, Jacques ou Jean. On ne voulait rien b&acirc;tir, il avait suffi qu&rsquo;on nage avec les autres, &ccedil;a valait le coup. Plus que jamais hors jeu dans le jeu, dedans dehors sans jamais que &ccedil;a s&rsquo;effiloche. On avait tous un oeil sur le miracle. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les proc&#xe9;d&#xe9;s de distillation</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-05-12T06:15:48+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/3a004ce4b7cade36921829ba5e5d3258-1306.html#unique-entry-id-1306</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/3a004ce4b7cade36921829ba5e5d3258-1306.html#unique-entry-id-1306</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/131.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les proc&eacute;d&eacute;s de distillation<br />la poudre d&rsquo;escampette<br />il y a l&rsquo;architecture gothique et la pens&eacute;e scolastique<br />il y a la police de proximit&eacute;<br />l&rsquo;eau au goulot des fontaines<br />la p&ecirc;che &agrave; pied <br />il y a la salade &agrave; tondre<br />la n&eacute;cessit&eacute;<br />la lev&eacute;e de l&rsquo;immunit&eacute;<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>36</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2011-05-09T17:32:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2d5a2000bc0bcbb36ce5ec086673998b-1305.html#unique-entry-id-1305</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2d5a2000bc0bcbb36ce5ec086673998b-1305.html#unique-entry-id-1305</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/131.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />C&rsquo;est souvent beaucoup plus tard qu&rsquo;on ressent les effets du poison des paroles bues &agrave; grands traits. Seul antidote alors, d'autres paroles. Ou le silence, car la gu&eacute;rison est ailleurs, il est encore temps de tailler la pierre.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>La gymnastique intellectuelle entame leur s&#xe9;r&#xe9;nit&#xe9;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><dc:date>2011-05-27T01:18:25+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/36c0393a28b2188b167d3a6366ea34b3-1304.html#unique-entry-id-1304</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/36c0393a28b2188b167d3a6366ea34b3-1304.html#unique-entry-id-1304</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/133.3.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Pour Lucas</em><br /><br />La gymnastique intellectuelle entame leur s&eacute;r&eacute;nit&eacute;, les exercices les d&eacute;go&ucirc;tent, les m&eacute;thodes lorsqu'elles ont livr&eacute; leur secret les rebutent. Un profond ennui les paralyse aussit&ocirc;t qu&rsquo;ils comprennent que l&rsquo;institution scolaire, et ils le comprennent finalement assez vite, leur demande avant tout d'&ecirc;tre en mesure de r&eacute;p&eacute;ter aveugl&eacute;ment ce qu&rsquo;on leur a fait d&eacute;couvrir, extraire des connaissances qui n'ont plus cours, m&eacute;moriser ce qu'ils auraient pu m&eacute;moriser ailleurs et plus rapidement, entonner des hymnes &agrave; la gloire de ce qui va de soi. <br /><br />Je veux dire ici de leur esprit ce que Claude Levi-Strauss dit du sien : ... <em>mon esprit pr&eacute;sente cette particularit&eacute;, qui est sans doute une infirmit&eacute;, qu&rsquo;il m&rsquo;est difficile de le fixer deux fois sur le m&ecirc;me objet</em>. Au diable les proc&egrave;s verbaux, les rapports, les listes, les rep&eacute;rages, les corrections, les transcriptions, &agrave; d'autres ces activit&eacute;s qui nous emp&ecirc;chent d'aller plus loin, de vivre, de d&eacute;fricher de nouvelles terres et de construire des ponts. Ils sont de la race des conquistadores. <br />L&eacute;vi-Strauss &eacute;crit plus loin : <em>Les aptitudes me manquent pour garder sagement en culture un domaine dont, ann&eacute;e apr&egrave;s ann&eacute;e, je recueillerais les moissons : j&rsquo;ai l&rsquo;intelligence n&eacute;olithique. Pareille aux feux de brousse indig&egrave;nes, elle embrase des sols parfois inexplor&eacute;s; elle les f&eacute;conde peut-&ecirc;tre pour en tirer h&acirc;tivement quelques r&eacute;coltes, et laisse derri&egrave;re elle un territoire d&eacute;vast&eacute;</em>. Je n'ose imaginer la d&eacute;tresse de l&rsquo;ethnologue lors de la r&eacute;daction des <em>Structures &eacute;l&eacute;mentaires de la parent&eacute;</em> ou des <em>Mythologiques</em>. Je n'ose imaginer parfois la leur.<br /><br />Celui auquel je pense aujourd&rsquo;hui &eacute;tait de la m&ecirc;me tribu, fr&egrave;re d'un autre, ils avaient tous deux l'intelligence n&eacute;olithique, n'aimaient ni lire ni &eacute;crire. Ce n&rsquo;est pas que le langage ne les s&eacute;duisait pas, au contraire ils y &eacute;taient sensibles comme des musiciens. Qu&rsquo;il soit correct ou incorrect, ils s&rsquo;en battaient l&rsquo;oeil, comme Cendrars, pourvu que &ccedil;a soit bien vivant. Ils aimaient r&ecirc;vasser autour d&rsquo;une chose ou d&rsquo;une id&eacute;e. Mais l&rsquo;ennui, l&rsquo;ennui, l&rsquo;ennui quand on &eacute;crit, l&rsquo;ennui &ndash; Cendrars revient souvent l&agrave;-dessus, tellement &ccedil;a le d&eacute;go&ucirc;te, tellement c&rsquo;est contraire &agrave; sa nature et &agrave; son temp&eacute;rament &ndash; ... Imaginer une histoire, des personnages, un sujet, les faire &eacute;voluer et les m&ecirc;ler &agrave; une aventure d&rsquo;accord, tout &ccedil;a c&rsquo;est amusant. Mais le jour o&ugrave; on doit mettre en forme tout cela sur du papier, comprenez-vous, c&rsquo;est un m&eacute;tier tellement ingrat, et r&eacute;ellement, r&eacute;ellement, Cendrars le disait en toute sinc&eacute;rit&eacute;, j'ai peu eu de satisfaction devant une page, c&rsquo;est exceptionnel. Me dire <em>&ccedil;a mon petit Blaise, c&rsquo;est pas mal torch&eacute; et c&rsquo;est m&ecirc;me tr&egrave;s bien</em>, ce satisfecit-l&agrave;, on se l&rsquo;accorde bien, bien rarement, parce qu&rsquo;on pense surtout, quand on &eacute;crit quelque chose, &agrave; tout ce qu&rsquo;on n&rsquo;a pas mis dedans, ce qu&rsquo;on avait envie d&rsquo;y mettre, mais c&rsquo;est tellement difficile de cerner les choses avec l&rsquo;&eacute;criture et avec des mots qu&rsquo;on reste d&eacute;&ccedil;u. <br /><br />Cendrars et les deux fr&egrave;res avaient besoin de faire autre chose, d&rsquo;abord parce qu&rsquo;&eacute;crire c&rsquo;est une grosse fatigue, et puis &eacute;crire ce n&rsquo;est pas r&eacute;ellement vivre, ce n&rsquo;est pas la vie de l&rsquo;esprit, la vie de l&rsquo;esprit c&rsquo;est la contemplation. Ils n&rsquo;aimaient pas &eacute;crire et se justifiaient par le fait qu&rsquo;ils n'&eacute;taient pas les seuls. Ils ont raison, j'en suis. Jamais Cendrars n'a &eacute;t&eacute; un monsieur qui &eacute;crivait tant d&rsquo;heures par jour dans un cabinet, c&rsquo;est lui qui le dit, au bout d&rsquo;un certain moment il en avait marre et il ne souhaitait qu&rsquo;une seule chose, s&rsquo;arr&ecirc;ter et foutre le camp. Eux c'&eacute;tait la m&ecirc;me chose, l&rsquo;&eacute;cole n'&eacute;tait pas &agrave; leur dimension. S&rsquo;ils aimaient les calembours et les jeux de mots, ils ne se trompaient pas sur leur fonction et ne les confondaient pas avec la r&eacute;flexion. <br /><br />Ils n'ont jamais perdu de vue la v&eacute;rit&eacute; imm&eacute;diate, c'est dire qu' ils excellaient dans les activit&eacute;s orales qui laissent une place &agrave; l&rsquo;improvisation et &agrave; l&rsquo;intrusion imm&eacute;diate du monde dans lequel on est, l&rsquo;&eacute;crit les d&eacute;solait. Ils se tourn&egrave;rent alors vers la musique et les arts graphiques, croyant jouir l&agrave; de la libert&eacute; qui leur manquait. Plus tard ils se remirent &agrave; &eacute;crire, sans qu'ils s'en rendent tout &agrave; fait compte, avec leur sang, des paysages et des fugues, des rhapsodies et des cath&eacute;drales. Ces aventuriers avaient-ils le choix ? <br /><br />P.S.<br /><a href="http://www.lesmarges.net/files/d3abe43bcc49b41432974c886fa2e5ec-1285.html" rel="self">Avertissement</a><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 8 mai 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-05-10T01:18:23+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/5207ecd41dde4fba21e9977a11325517-1301.html#unique-entry-id-1301</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/5207ecd41dde4fba21e9977a11325517-1301.html#unique-entry-id-1301</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/131.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Je ne l&rsquo;entends pas s&rsquo;approcher, il est &agrave; v&eacute;lo, me d&eacute;passe au bout du plat avant que je le rejoigne au milieu du raidillon qui m&egrave;ne &agrave; la Mussilly. Il est descendu de sa b&eacute;cane, avec un peu de bave au bas du menton, bonjour. Il essaie de parler mais n&rsquo;y arrive pas, il hoche la t&ecirc;te, sourit, je lui parle, ne me r&eacute;pond pas, essaie encore, essaie, hoche la t&ecirc;te, oui il a eu une attaque, il y a quelques ann&eacute;es, oh oui. Il vient de l&agrave;-bas, au bout de son doigt, non, pas de Corcelles, Pully peut-&ecirc;tre. Il sourit encore, moi ausi je crois. C&rsquo;est bon de p&eacute;daler, de marcher, oui c&rsquo;est bon. Il essaie encore une fois, &agrave; peine trois mots au total, inachev&eacute;s, avant de parvenir au chemin qui entre dans le bois. Il me salue, monte sur sa b&eacute;cane, se lance, s&rsquo;il tombe. Je l&rsquo;aper&ccedil;ois au bout du chemin pr&egrave;s du refuge, il p&eacute;dale encore, c&rsquo;est le vent qui le soutient. On dit du sourire de Bouddha qu&rsquo;il est imp&eacute;n&eacute;trable, le sien aussi, il tient ensemble son bonheur d&rsquo;en &ecirc;tre et l&rsquo;impuissance qui l&rsquo;habite, l&rsquo;irr&eacute;vocable qui nous pr&eacute;c&egrave;de et l&rsquo;irr&eacute;m&eacute;diable qui nous attend. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN2977" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2977.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Les choses on bien chang&eacute; depuis ce <a href="abeilles s&rsquo;affairent mois de" rel="self">dimanche de janvier</a> o&ugrave; je passais par-l&agrave;. Les abeilles ont lanc&eacute; les grands travaux, s&rsquo;affairent autour du colza et butinent les derniers pissenlits. Encore quelques jours avant l&rsquo;effacement des jaunes et l&rsquo;&eacute;tablissement sans limite des verts. Je lis en marchant la seconde moiti&eacute; de <em>Kosaburo, 1845</em> (Nicole Roland), avec le sentiment idiot &ndash; qui ne me quittera pas &ndash; qu&rsquo;il rec&egrave;le une clef. Je la trouve &agrave; la fin, la serrure aussi, mais elles ne sont pas appari&eacute;es. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN2994" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2994.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Je connais au moins une issue, une r&eacute;ponse &agrave; l&rsquo;amonc&egrave;lement des soucis dont s&rsquo;alourdissent chaque jour nos vie : sortir, sortir l&agrave; o&ugrave; il n&rsquo;y a rien, ou presque rien, ici, l&agrave;, l&agrave; o&ugrave; l&rsquo;interrogation n&rsquo;appelle aucune r&eacute;ponse, mais se m&ecirc;le &agrave; la rumeur qui la porte. pour devenir la soeur des eaux dormantes. Assis sur une souche, je regarde passer ce qui ne passait pas, l&rsquo;enfer que je m&rsquo;&eacute;tais construit, qui se d&eacute;fait comme parfois les nuages et rejoint en morceaux le d&eacute;risoire. Dans la pente des talus, les fraisiers sauvages ont fleuri. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN2997" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2997.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Le paysage tourne autour du r&eacute;servoir de Goumens-la-Ville. Je bifurque avant Malapalud dans le lit du Talent pour le remonter rive droite jusqu&rsquo;au Moulin, rive gauche jusqu&rsquo;au chemin qui conduit &agrave; Assens par les &eacute;tangs artificiels des Bois aux Allemands, il y a foule. Il y a eu foule aussi &agrave; l&rsquo;Espace culturel o&ugrave; je babille un instant avec Catherine. Il est 18 heures 30 lorsque je m&rsquo;assieds sur les escaliers devant l&rsquo;&eacute;glise : le retable aux couleurs d&rsquo;Arlequin, sculpt&eacute; en fanfare dans les ateliers de Jean-Fran&ccedil;ois Reyff autour de 1680 est inaccessible, une porte ferm&eacute;e &agrave; cl&eacute; en barre l&rsquo;acc&egrave;s, elle est cach&eacute;e derri&egrave;re une fen&ecirc;tre &agrave; double vitrage qu&rsquo;une artiste, Renate Buser, a install&eacute;e l&agrave;. Pour qu&rsquo;on r&eacute;fl&eacute;chisse peut-&ecirc;tre. Alors je r&eacute;fl&eacute;chis.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3020" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3020.jpg" width="470" height="202"/><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dans un monde que ni eux ni nous n&#x2019;imaginions</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><dc:date>2011-05-11T01:18:22+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/0f4dbbde05e185faa862ab263041d6d2-1300.html#unique-entry-id-1300</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/0f4dbbde05e185faa862ab263041d6d2-1300.html#unique-entry-id-1300</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/131.3.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Pour Rick<br /></em><br />On ne le dit pas assez, mais une des t&acirc;ches de l'&eacute;cole &ndash; la principale peut-&ecirc;tre et un peu &agrave; son insu &ndash; vise &agrave; d&eacute;coller l&rsquo;enfant du giron m&eacute;nag&eacute; par ceux qui l'ont accompagn&eacute; jusque-l&agrave;, au sein d'un milieu doux et &eacute;troit, m&egrave;re et p&egrave;re. dans leurs bras d&rsquo;abord, attach&eacute; &agrave; leurs basques ensuite sous la bienveillante protection des lares familiaux, et de le conduire &ndash; sans qu&rsquo;il s&rsquo;attache trop aux passeurs que l&rsquo;institution a mis sur son chemin (parce que tout serait &agrave; recommencer) &ndash; &agrave; la rencontre de nouveaux horizons, au-del&agrave; desquels s'&eacute;tendent des plaines sans fin et d'autres mers, vivent des dieux inconnus, o&ugrave; se succ&egrave;dent les guerres et fr&eacute;mit cette libert&eacute; &agrave; l&rsquo;acceptation de laquelle le nid douillet dans lequel il a pass&eacute; les premi&egrave;res ann&eacute;es de sa vie ne le pr&eacute;pare pas.<br /><br />En ce sens les r&eacute;cits lus &agrave; l&rsquo;&eacute;cole jouent un r&ocirc;le majeur. On y est invit&eacute; &agrave; tourner les premi&egrave;res pages de livres dont on se serait dessaisi peut-&ecirc;tre sur le champ, maintenus ouverts par obligation parfois, mais qui ont eu l&rsquo;inestimable vertu de nous &eacute;garer loin des p&eacute;nates. <br /><br />Je me souviens bien de cette ann&eacute;e-l&agrave;, nous avions lu Thomas Platter (Ma vie), Jules Verne (Le Tour du monde en quatre-vingts jours), Blaise Cendrars (L&rsquo;Or), Alain-Fournier (Le Grand Meaulnes), Georges Simenon (Maigret s&rsquo;amuse), Charles-Ferdinand Ramuz (Si le soleil ne revenait pas) et Philippe Claudel (Les &Acirc;mes grises). Et lui, qui ne demandait rien hors les jeux et le plein air qui le comblaient, se mit &agrave; lire avec curiosit&eacute; la merveilleuse histoire du g&eacute;n&eacute;ral Johann August Suter. Il s&rsquo;int&eacute;ressa sans pr&eacute;venir au contexte g&eacute;o-historique de la d&eacute;couverte de l&rsquo;or en 1848, &agrave; la figure conqu&eacute;rante de Suter d&eacute;barquant sur la c&ocirc;te californienne, au petit air de jazz qui accompagne la lecture des textes de Cendrars. Un hasard? Je me suis souvenu alors que le gar&ccedil;on avait, par sa m&egrave;re, la moiti&eacute; de sa parent&egrave;le du c&ocirc;t&eacute; de B&acirc;le et qu&rsquo;il parlait la langue rugueuse de Johann August Suter de R&uuml;nenberg. Tout vient de l&agrave;. <br /><br />Je me souviens d&rsquo;un autre moment encore. Le gar&ccedil;on connaissait Saint-Martin, il s'y &eacute;tait rendu enfant avec ses parents, un s&eacute;jour dont pourtant il ne lui restait rien sinon l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;une forte pente, il y &eacute;tait retourn&eacute; &agrave; deux reprises il y a peu avec un ami. On lisait donc <em>Si le Soleil ne revenait pas</em>, et le gar&ccedil;on, un peu remu&eacute;, s&rsquo;interrogea sur le fait pour lui impensable que le Saint-Martin o&ugrave; se d&eacute;roule le r&eacute;cit de Ramuz n&rsquo;&eacute;pousait pas exactement le village cadastr&eacute; du Saint-Martin d'aujourd'hui. Il avait en outre ouvert par curiosit&eacute; l&rsquo;annuaire t&eacute;l&eacute;phonique de la r&eacute;gion dans lequel il avait d&eacute;couvert que les patronymes des personnages du r&eacute;cit du Ramuz en avait &eacute;t&eacute; tir&eacute;s, pas un ne manquait. Il prit conscience alors que le Saint-Martin de son enfance n'&eacute;tait pas le Saint-Martin de Ramuz, que le Saint-Martin de Ramuz lui donnait acc&egrave;s &agrave; un autre monde que le sien, une g&eacute;ographie diff&eacute;rente de celle de l&rsquo;administration, que seule la litt&eacute;rature est en mesure de figurer : il y a le haut et le bas, des lignes de partage et des lignes de fracture sur lesquelles s'&eacute;chelonnent des valeurs et des temps diff&eacute;rents. Il d&eacute;couvrait alors que le r&eacute;el, comme les r&eacute;cits qui en l&egrave;vent partiellement le voile en multipliant les mondes d&rsquo;au-del&agrave; de l&rsquo;horizon, peut &ecirc;tre lu comme une mythologie sans laquelle les autres ne seraient pas.<br /><br />Comme si, pour qu'il y trouv&acirc;t son compte, un point devait le relier &agrave; son pass&eacute; d'enfant, qui lui donnerait l&rsquo;impulsion mais aussi le courage d'aller de l'avant. N&rsquo;en va-t-il pas de m&ecirc;me pour nous autres? C&rsquo;est, au fond, ce qui nous retient, ce qui nous ram&egrave;ne en arri&egrave;re, les souvenirs, les sensations qui nous propulsent en avant. La matrice d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;on sort et le nid familial qui nous abritent ensuite ne s'opposent pas aux milieux ouverts et complexes qu&rsquo;on est amen&eacute; &agrave; investir. Ils ne vont pas les uns sans les autres, ils se rencontrent en un point qui porte le nom de d&eacute;sir.<br /><br />On ne s'&eacute;loigne ni de ses proches ni de ses anc&ecirc;tres, on s'en d&eacute;colle. Ils demeurent si proches qu&rsquo;on les retrouve &agrave; la fin transfigur&eacute;s dans un monde que ni eux ni nous n&rsquo;imaginions.<br /><br />P.S.<br /><a href="http://www.lesmarges.net/files/d3abe43bcc49b41432974c886fa2e5ec-1285.html" rel="self">Avertissement</a><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Rolex Learning Center</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Choses vues</category><dc:date>2011-11-04T14:25:17+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7382497e11c15327973051473b59a51c-1298.html#unique-entry-id-1298</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7382497e11c15327973051473b59a51c-1298.html#unique-entry-id-1298</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="P1040469" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040469.jpg" width="153" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="P1040470" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040470.jpg" width="153" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="P1040477" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040477.jpg" width="153" height="115"/> <br /><img class="imageStyle" alt="P1040475" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040475.jpg" width="153" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="P1040479" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040479.jpg" width="153" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="P1040481" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040481.jpg" width="153" height="115"/><br /><br />Vous p&eacute;n&eacute;trez dans <a href="http://www.rolexlearningcenter.ch/the_building/" rel="self">ces lieux</a> avec l'&eacute;trange sentiment que, sit&ocirc;t arriv&eacute;, il sera d&eacute;j&agrave; temps de les quitter. Alors vous ne vous y installez pas, vous faites quelques pas qui ne vous rapprochent et ne vous &eacute;loignent de rien. Vous avez beau chercher, personne ne se dresse nulle part dans ce b&acirc;timent &agrave; l'ancre. Les  pr&eacute;pos&eacute;s au nettoyage sont vraisemblablement sur le qui vive, mais ils se font invisibles en attendant leur heure. Vous &ecirc;tes bel et bien en transit, dans un espace sans loi apparente o&ugrave; l'on entend bruire la rumeur d'une autorit&eacute;, en transit entre rien et rien, c'est ce qui fait le charme des lieux. Les individus que vous croisez sont l&agrave; depuis toujours, comme des statues de sel dans un d&eacute;cor de papier m&acirc;ch&eacute;. <br />Le d&eacute;sordre et les accidents ont &eacute;t&eacute; &eacute;radiqu&eacute;s, il ne peut rien arriver, il n'est jamais rien arriv&eacute; dans ces lieux hormis quelques d&eacute;pressions, des accidents c&eacute;r&eacute;braux, des r&eacute;volutions intellectuelles, des conversions id&eacute;ologiques, bref rien de bien visible.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1040466" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040466.jpg" width="153" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="P1040467" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040467.jpg" width="153" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="P1040468" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040468.jpg" width="153" height="115"/><br /><br />Aucune plaque comm&eacute;morative, on les installera plus tard, lorsqu'on en aura termin&eacute; avec ce qui n'a pas commenc&eacute;. Entre temps on vient prendre un rendez-vous ou un verre, faire une sieste entre deux trains, parcourir un livre. Avec le souci bien compris que tout soit comme au premier jour pour que demain se prolonge comme hier, pour de bon, &agrave; moins qu&rsquo;on ne continue ainsi. Personne n'est surpris de ne pas s'&eacute;tonner de l'&eacute;tat des choses, on s&rsquo;habitue vite, sans compter qu'il n&rsquo;est pas d&eacute;sagr&eacute;able qu&rsquo;on vous ignore comme si vous n'&eacute;tiez pas, qu'on ne vous demande rien. Vous ne savez pas vous-m&ecirc;mes ce que vous pourriez bien demander, et &agrave; qui. Vous vous asseyez pourtant, le temps se glisse &agrave; vos c&ocirc;t&eacute;s et tout s'&eacute;carte d'un bon m&egrave;tre&nbsp;: l'air libre circule au pas. <br />Les flux pourtant sont si tendus qu&rsquo;il est d&eacute;j&agrave; trop tard. Vous vous levez, minuit est l&agrave;, ou midi. Vous constatez qu'on a ferm&eacute; le b&acirc;timent avant qu&rsquo;il n&rsquo;ouvre, avant m&ecirc;me qu&rsquo;il ne ferme, vous ne saisissez plus exactement le sens de ces expressions. Mais vous comprenez soudain que, si les chaises ne sont pas d&eacute;j&agrave; sur les tables, c'est parce que les tables sont sens dessus dessous. Alors vous d&eacute;cidez de rester encore un moment, un moment dont vous n'imaginez pas la fin, mais vous y restez adoss&eacute; &agrave; l'archa&iuml;que conviction qu'il vous a toujours suffi de faire un pas pour en sortir.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1040464" src="http://www.lesmarges.net/files/p1040464-2.jpg" width="470" height="275"/><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p><p style="text-align:left;"><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>35</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2011-05-05T13:02:05+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/482b91e30619a1d3cffdca5baa99bb9a-1297.html#unique-entry-id-1297</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/482b91e30619a1d3cffdca5baa99bb9a-1297.html#unique-entry-id-1297</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/130.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />La vie sociale est un songe si t&eacute;nu, si fragile &ndash; mais si bien confondu au sommeil de nos consciences  &ndash; qu&rsquo;il pourrait tourner au cauchemar sans que, du fond de notre nuit, on n&rsquo;&eacute;prouve un seul instant le besoin de s&rsquo;en aviser. On peut se consoler en se persuadant qu&rsquo;en ces circonstances le cauchemar peut &eacute;galement devenir un songe. &Ccedil;a c&rsquo;est l&rsquo;autre r&ecirc;ve.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>L&#x27;inconnue du jour de la rentr&#xe9;e</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><dc:date>2011-05-06T13:01:57+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a46b558a80e746ce130686aab983dfb7-1296.html#unique-entry-id-1296</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a46b558a80e746ce130686aab983dfb7-1296.html#unique-entry-id-1296</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 11" src="http://www.lesmarges.net/files/130.4.png" width="50" height="50"/> <br /><br /><em>Pour Julia</em><br /><br />C&rsquo;est lundi jour de rentr&eacute;e, ils s&rsquo;approchent avec des souvenirs plein derri&egrave;re la t&ecirc;te, somnambules et na&iuml;fs. Ils ont men&eacute; la belle vie, en t&eacute;moignent leur visage de bronze et les sourires qui strient leurs visages jusqu&rsquo;aux oreilles, que de choses &agrave; raconter, corps repos&eacute;s et d&eacute;li&eacute;s, heureux de revoir ceux qu&rsquo;ils ont quitt&eacute;s sans m&ecirc;me se dire au revoir, c&rsquo;&eacute;tait la veille, ce matin &agrave; peine bonjour, pas la peine. Ils rayonnent assur&eacute;s d&rsquo;avoir fait le plus beau des p&eacute;riples, press&eacute;s de tout dire. Chacun &agrave; son tour en fait le r&eacute;cit assourdissant. <br /><br />C&rsquo;est un lundi d&rsquo;ao&ucirc;t, dernier jour heureux, les inconscients d&eacute;bordent d&rsquo;id&eacute;es neuves, on reprendra tout depuis z&eacute;ro, cahiers neufs, notre agenda sera le compagnon de l&rsquo;intime, &eacute;criture de gala et bestiaire aux couleurs des poissons de la Mer Rouge, je serai &agrave; leur image. Ils se regardent comme des fr&egrave;res et soeurs, leurs sourires se croisent, oh! comme tu as chang&eacute;, tu reviens d&rsquo;o&ugrave;, des quatre coins du monde, d&rsquo;Acapulco ou de Loz&egrave;re, de Brazzaville ou de la Gruy&egrave;re. Il y a celui qui parle &agrave; tort et &agrave; travers et celui qui l&rsquo;&eacute;coute, il y a  ce qu&rsquo;on ne dit pas ou qu&rsquo;on murmure en baissant les yeux, on hoche la t&ecirc;te, il y a ceux qui &eacute;coutent un peu en retrait, ceux qui s&rsquo;&eacute;vitent, la belle &eacute;l&eacute;gance de celle &agrave; la jupe aux coquelicots et celui qui l&rsquo;admire. <br /><br />Parmi eux, cette ann&eacute;e-l&agrave;, une inconnue, il faisait beau, t&rsquo;en souviens-tu? Elle semblait se demander ce qu&rsquo;elle venait faire dans cette gal&egrave;re. Elle s&rsquo;est assise la premi&egrave;re, &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re, dans le troisi&egrave;me cercle, celui d&rsquo;o&ugrave; on regarde les choses venir, elle a d&eacute;pos&eacute; son sac &agrave; main sur la chaise voisine, vide.<br /><br />Ils discutent, choisissent un compagnon ou une amie, n&eacute;gocient les places, mettent la main sur l&rsquo;espace qu&rsquo;ils se partagent, rappellent des promesses, prennent des r&eacute;solutions, Le travail? personne n&rsquo;y croit encore, que fait-on l&agrave;? Ils glissent alors leurs souvenirs avec les papiers-brouillons sous la table, c&rsquo;est pour tout &agrave; l&rsquo;heure, le silence s&rsquo;insinue finalement le long des rang&eacute;es, l&rsquo;une apr&egrave;s l&rsquo;autre, ils se mettent tous &agrave; la cape.<br /><br />La nouvelle se tiendra toute la journ&eacute;e hors la m&ecirc;l&eacute;e. Elle m&rsquo;apprendra plus tard dans la classe vide qu&rsquo;elle revient de Floride, o&ugrave; elle a v&eacute;cu avec sa famille. Combien d&rsquo;ann&eacute;es sont-ils rest&eacute;s dans le Nouveau Monde, je l&rsquo;ignore. Me l&rsquo;a-t-elle dit, le lui ai-je demand&eacute; ou ai-je oubli&eacute;?  Ce doute que je n&rsquo;ai jamais voulu ou pu &eacute;clairer, qu&rsquo;elle ne m&rsquo;a peut-&ecirc;tre jamais invit&eacute; &agrave; dissiper, je l&rsquo;ai peut-&ecirc;tre soigneusement entretenu, si bien que la nouvelle n&rsquo;a jamais cess&eacute; d&rsquo;appara&icirc;tre &agrave; mon esprit comme la nouvelle, tout au long des jours qui ont suivi et bien au-del&agrave;. J&rsquo;avais l&rsquo;impression qu&rsquo;elle avait laiss&eacute; en arri&egrave;re des malles qui resteraient ferm&eacute;es, n&rsquo;emportant dans son sac &agrave; main que le strict n&eacute;cessaire. Qu&rsquo;allaient lui r&eacute;server ce nouveau pays et les amis qu&rsquo;elle y retrouvait? J&rsquo;avais le sentiment qu&rsquo;elle &eacute;tait &agrave; tout instant sur le point de repartir, pr&ecirc;te &agrave; rejoindre avec les siens sa vraie maison.<br /><br />En attendant il fallait lui m&eacute;nager une place de fortune et lui laisser du temps pour s&rsquo;acclimater et apprivoiser ce nouveau nouveau monde, panser les blessures de l&rsquo;exil. Je n&rsquo;y puis rien, la premi&egrave;re image s&rsquo;incruste, on le sait. Sans que je le veuille, sans qu&rsquo;elle m&rsquo;en dissuade, la nouvelle est rest&eacute;e &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re du petit th&eacute;&acirc;tre qu&rsquo;est la salle de classe, occupant les lieux les plus &eacute;loign&eacute;s, pr&egrave;s de la porte ou des fen&ecirc;tres qui donnent sur l&rsquo;oc&eacute;an, disparaissant m&ecirc;me parfois derri&egrave;re ceux qui prennent le gros de la place. Mais la m&eacute;moire me trompe-t-elle?<br /><br />Lorsque je me suis rendu compte de l&rsquo;empire que cette premi&egrave;re image avait exerc&eacute;e sur moi, je me suis avis&eacute; qu&rsquo;elle avait tout au long de ces ann&eacute;es appris mille et une choses, compris, &eacute;cout&eacute;, progress&eacute;, qu&rsquo;elle avait bien &eacute;t&eacute; l&agrave;, parmi nous. Mais cette remise au pas, par la raison, n&rsquo;est pas parvenue &agrave; effacer l&rsquo;id&eacute;e que la nouvelle n&rsquo;allait pas rester, qu&rsquo;elle allait tout et tous vite nous oublier. On va venir la chercher en fin d&rsquo;apr&egrave;s-midi, elle n&rsquo;est que de passage, elle va reprendre l&rsquo;avion qui l&rsquo;a d&eacute;pos&eacute;e la veille, &agrave; tel point que j&rsquo;entends parfois dans le fran&ccedil;ais qu&rsquo;elle parle l&rsquo;anglais qui l&rsquo;habite. Oui, je l&rsquo;imagine am&eacute;ricaine encore. <br /><br />C&rsquo;est au bord d&rsquo;un champ de colza, assis sur une de ces pierres que les paysans retirent des labours, sous le ciel bleu et les tra&icirc;n&eacute;es d&rsquo;un long-courrier, que j&rsquo;&eacute;cris ces lignes qui m&rsquo;aident &agrave; comprendre le peuple de ceux qui, en raison des circonstances, vont et viennent par-dessus les oc&eacute;ans. La nouvelle &eacute;l&egrave;ve a fait voir, au cul-terreux que je suis rest&eacute;, la possibilit&eacute; m&ecirc;me d&rsquo;une vie de transit, dans un espace multiple o&ugrave; l&rsquo;on ne sait jamais avec certitude si l&rsquo;on se rend quelque part ou si l&rsquo;on en revient, si les pas que nous faisons nous rapprochent ou nous &eacute;loignent de notre vraie maison. J&rsquo;ai souri, il faisait beau et chaud, je l&rsquo;imaginais dans ce long-courrier, voyageant pour affaires, parlant deux langues. Il y a des gens dont on ne sait jamais s&rsquo;ils partent ou s&rsquo;ils reviennent, alors on oublie un peu qu&rsquo;ils sont bien l&agrave;. Mon Dieu que le temps passe vite.<br /><br />P.S.<br /><a href="http://www.lesmarges.net/files/d3abe43bcc49b41432974c886fa2e5ec-1285.html" rel="self">Avertissement</a><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 1 mai 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Lire Ecrire</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-05-04T13:01:45+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/527457932975007845053c1377b53456-1295.html#unique-entry-id-1295</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/527457932975007845053c1377b53456-1295.html#unique-entry-id-1295</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 10" src="http://www.lesmarges.net/files/130.3.png" width="50" height="50"/> <br /><br /><em>La vertu de la pri&egrave;re, c&rsquo;est d&rsquo;&eacute;num&eacute;rer les choses de la cr&eacute;ation et de les appeler par leur nom dans une effusion. C&rsquo;est une action de gr&acirc;ces. (Blaise Cendrars)</em><br /><br />Je remonte plein soleil sur Vuibroye en longeant le Grenet bient&ocirc;t sec, en &eacute;coutant Miriam Cendrars &eacute;voquer la participation de son p&egrave;re au <em>J&rsquo;accuse</em> d&rsquo;Abel Gance. Nous sommes en 1919, le cin&eacute;aste fran&ccedil;ais &agrave; besoin de gueules cass&eacute;es pour d&eacute;noncer les horreurs de la guerre. Elles ne manquent pas dans la capitale. Blaise Cendrars fera l&rsquo;affaire, une trentaine d&rsquo;ann&eacute;es, le bras droit laiss&eacute; dans les tranch&eacute;es et du temps &agrave; revendre.  <br />Andr&eacute; Dh&ocirc;tel n&rsquo;appara&icirc;t pas dans le film d&rsquo;Abel Gance, pourtant l&rsquo;Ardennais en avait une belle de gueule cass&eacute;e, surtout &agrave; la fin. N&eacute; en 1900, il a 14 ans lorsque la guerre commence, fait de la philosophie &agrave; Paris alors que la guerre s&rsquo;&eacute;ternise dans le nord. Il retourne &agrave; Attigny en 1919 quand la paix est sign&eacute;e. Il n&rsquo;y bougera presque plus. <br />J&rsquo;ai toujours associ&eacute; les deux &eacute;crivains que pourtant rien ne semble rapprocher. L&rsquo;un bourlingue et &eacute;crit au fer, l&rsquo;autre paresse le long de la Meuse et file des textes improbables. Tout les oppose quoi que... <br />En 1957, Dh&ocirc;tel publie en effet un r&eacute;cit qu&rsquo;il intitule <em>Saint Beno&icirc;t Joseph Labre</em> dans lequel il raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;un vagabond du XIX&egrave;me si&egrave;cle que L&eacute;on XIII canonisera et qui deviendra le saint patron des mendiants et des sans domicile fixe, un oeil bienveillant sur les inadapt&eacute;s, les r&ecirc;veurs, les p&egrave;lerins, <em>les naufrag&eacute;s, les malheureux, les m&eacute;contents. les hommes libres, les insoumis. Ceux qui ont eu des revers de fortune; ceux qui ont tout risqu&eacute; sur une seule carte; ceux qu&rsquo;une passion romantique a boulevers&eacute;s..</em>. <br /><br /><em>Saint Benoit Labre &eacute;tait un jeune homme extr&ecirc;mement pieux, tellement vou&eacute; &agrave; la religion que son entourage lui reprochait d&rsquo;&ecirc;tre un peu trop confit en religion. Il d&eacute;sirait aller dans un couvent. Or il a fait trois essais et chaque fois ce fut un &eacute;chec complet. Ce n&rsquo;est pas que la vie du couvent ne lui plaisait pas, c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;en obtenait qu&rsquo;une angoisse &eacute;pouvantable. C&rsquo;est donc un &eacute;chec. Apr&egrave;s le troisi&egrave;me couvent, il part sur la route... Que s&rsquo;est-il pass&eacute;? Je crois d&rsquo;abord qu&rsquo;il avait voulu saisir le bonheur dans l&rsquo;amour de Dieu et le fait m&ecirc;me de vouloir saisir ce bonheur l&rsquo;a men&eacute; &agrave; une catastrophe. Vous vous souvenez de cette parole de Rimbaud : </em>le bonheur a &eacute;t&eacute; mon remords, mon ver... <em>Benoit s&rsquo;est trouv&eacute; tr&egrave;s indigne, au dernier degr&eacute; de l&rsquo;indignit&eacute;, mais l&rsquo;aventure est celle-ci: cette indignit&eacute; n&rsquo;a pas entam&eacute; sa foi, elle n&rsquo;a fait que la rendre plus vive car il a compris qu&rsquo;il &eacute;tait en pr&eacute;sence de l&rsquo;inacessible et il s&rsquo;est aper&ccedil;u que si on ne peut pas atteindre l&rsquo;inaccessible, on peut </em>aller vers...<em> Alors o&ugrave; va-t-il? N&rsquo;ayant pu rester dans un couvent, il va visiter tous les couvents possibles et imaginables. Quelquefois il entre, quelquefois il se pr&eacute;sente &agrave; la porte, esp&eacute;rant &ecirc;tre appel&eacute; un jour... eh bien on peu dire qu&rsquo;un po&egrave;te se pr&eacute;sente &agrave; la porte et attend, non qu&rsquo;il y ait un appel, mais une sorte de parole qu&rsquo;il n&rsquo;attendait pas. Benoit, ne pouvant rien faire d&rsquo;autre, marchait. Le po&egrave;te, ne pouvant rien faire d&rsquo;autre, cause. Il se met &agrave; causer un peu &agrave; tort et &agrave; travers. (Andr&eacute; Dh&ocirc;tel)</em><br /><br /><img class="imageStyle" alt="images" src="http://www.lesmarges.net/files/images.jpg" width="86" height="115"/> <img class="imageStyle" alt="images" src="http://www.lesmarges.net/files/images-3.jpeg" width="116" height="115"/><br /><br />J&rsquo;apprends aujourd&rsquo;hui que Blaise Cendrars, dans le creux de Montpreveyres, entre Servion et la Goille, peu avant sa mort, manifestant jusqu&rsquo;au bout le besoin d&rsquo;&eacute;crire la sainte alliance de l&rsquo;horreur et de la beaut&eacute;, &eacute;crivait les pages d&rsquo;un livre qu&rsquo;il aurait intitul&eacute; <em>Les L&eacute;preux</em> et dans lequel il aurait racont&eacute; la vie de saint Benoit Joseph Labre. Nous sommes en 1961, Andr&eacute; Dh&ocirc;tel avait fait para&icirc;tre son <em>Saint Benoit</em> 4 ans auparavant. Moi j&rsquo;avais 6 ans et je ne savais pas lire.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Elle avait envie de disposer un peu plus d&#x2019;elle-m&#xea;me</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><dc:date>2011-05-03T13:01:37+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/9d8deedd90711e4a09d71770d13086a5-1294.html#unique-entry-id-1294</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/9d8deedd90711e4a09d71770d13086a5-1294.html#unique-entry-id-1294</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/130.2.png" width="50" height="50"/> <br /><br /><em>Pour Gabriella</em><br /><br />Elle se savait un peu plus &acirc;g&eacute;e que les autres, avait  l&rsquo;envie de disposer un peu plus d&rsquo;elle-m&ecirc;me, oh seulement un peu, &agrave; peine, mais &agrave; cet &acirc;ge &ccedil;a compte, &agrave; cause de l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;on s&rsquo;en fait. Et puis nos institutions taillent dans le temps de mani&egrave;re si arbitraire qu'il suffit que vous soyez n&eacute; en mai pour que vous deveniez un petit parmi les petits, en ao&ucirc;t pour que vous int&eacute;griez le groupe des grands. Supposez encore un instant que vous soyez pour des raisons qui ne vous appartiennent pas un pr&eacute;matur&eacute;, ou un tard venu, et vous serez convaincu que l&rsquo;institution qui devait assurer l&rsquo;&eacute;galit&eacute; des chances devient, par un manque de souplesse cong&eacute;nital, une immense loterie.<br /><br />Grande, un peu plus grande, elle avait l&rsquo;envie d&rsquo;un peu plus de libert&eacute;, pour garder, parmi les plus petits, au moins symboliquement, l&rsquo;avance qu&rsquo;elle avait prise au commencement. Mais la demande qui lui fut faite de placer ses vell&eacute;it&eacute;s d'ind&eacute;pendance sous l&rsquo;&eacute;touffoir au pr&eacute;texte qu'elle se trouvait d&eacute;sormais avec des plus petits la condamna au grand &eacute;cart : &ecirc;tre loyale avec ceux qu&rsquo;elle avait d&ucirc; quitter et qui continuaient leur chemin un peu en avant d'elle et ralentir son allure pour se glisser dans les traces de ceux qui venaient de l'arri&egrave;re, des traces presque &agrave; sa taille pour autant qu&rsquo;elle les accept&acirc;t. Partag&eacute;e donc entre ceux qui n&rsquo;&eacute;taient plus l&agrave;, ceux parmi lesquels elle avait commenc&eacute; &agrave; devenir et qui lui avaient assur&eacute; cette premi&egrave;re reconnaissance essentielle et ceux qui n'&eacute;taient pas encore l&agrave;, les plus petits, parmi lesquels elle dut recommencer &agrave; devenir, pour la seconde fois.<br /><br />Il fallut du temps pour que le grand &eacute;cart se r&eacute;duise et qu'elle se fasse &agrave; sa nouvelle condition sans baisser la t&ecirc;te. Et c'est dans cet espace laiss&eacute; pour compte par les uns et par les autres qu'elle grandit, leva la t&ecirc;te et acc&eacute;da, je crois, au monde qui l'entourait, C'est dans cet espace qu'elle calibra ses ambitions, &eacute;tablit ce qui lui restait &agrave; faire pour &ecirc;tre aupr&egrave;s d'elle-m&ecirc;me. C'est dans cet espace que les parties dont nous sommes tous faits trouv&egrave;rent petit &agrave; petit leur coh&eacute;sion et leur centre de gravit&eacute;. On est tous pareils, m&ecirc;me si les chemins qui conduisent au fragile &eacute;quilibre sont vari&eacute;s, c&rsquo;est dans la diff&eacute;rence qu&rsquo;on s&rsquo;approche de ce qu&rsquo;on sera &agrave; la fin, sans qu&rsquo;on sache exactement si on y parviendra. C&rsquo;est le travail de chacun, nouer ce d&rsquo;o&ugrave; on vient avec ce vers quoi on va pour &ecirc;tre l&agrave; o&ugrave; on est, sans que ce qui nous entoure ne nous d&eacute;vore en nous faisant croire que la v&eacute;rit&eacute; est celle de l'alliance du nombre et de la pression, c&rsquo;est-&agrave;-dire de l&rsquo;appartenance.<br /><br />Tout ne va pourtant pas sans heurt, nos cicatrices en t&eacute;moignent, plus d&rsquo;une fois on est las, pr&ecirc;t &agrave; laisser de c&ocirc;t&eacute; le travail obstin&eacute;, tent&eacute; que nous sommes d&rsquo;aller au plus court pour rejoindre au plus vite ces lieux qui exhibent les signes de notre temps, o&ugrave; l'on croit les choses si vraies et si belles qu&rsquo;on est sur le point d&rsquo;y attacher nos existences. Plus d&rsquo;une fois il m&rsquo;aura fallu du courage et me reprendre, surmonter la tentation des images. Mais qu'ont-ils devant eux ceux qui sont devant moi ? Qui m'appelle? Que ceux dont je suis sur les pas et que ceux qui me suivent ne deviennent pas ceux qui m'emp&ecirc;chent de me pencher sur ce qui se pr&eacute;sente sur les c&ocirc;t&eacute;s du chemin. <br /><br />Il est temps de r&eacute;former mon entendement, car les choses ne vont pas comme on le veut, et c'est bien &ccedil;a la question. La rage n'est pas un gage, et il ne sert &agrave; rien que nous chargions de nos manques celui qui n&rsquo;en peut rien. Faudrait-il que le monde se comporte autrement ? Puis-je infl&eacute;chir ma condition, cesser enfin de recourir &agrave; mon bon droit qui ne ferait que diff&eacute;rer d'un tour le courage qu&rsquo;il faut pour se consacrer &agrave; ce qu&rsquo;on ignore ? Convient-il de tirer au plus court ? par d&eacute;sir d'&eacute;conomie ou &eacute;conomie du d&eacute;sir ?<br /><br />Aujourd&rsquo;hui je l&rsquo;aper&ccedil;ois sur une terrasse du bord du lac, avec une amie d&rsquo;hier et une de demain, elle &eacute;voque ses projets. Mais est-ce bien elle ? Elle a un petit geste qui montre le sud, un pays et le soleil au-del&agrave; des Alpes, apr&egrave;s que le Rh&ocirc;ne s&rsquo;est couch&eacute; dans la mer. Oeil brun et vif derri&egrave;re des lunettes &agrave; soleil, l'oeil de quelqu&rsquo;un qui veut ce qu&rsquo;il veut et qui sait ce qu'il peut, elle dit, on n&rsquo;a rien sans rien, elle dit aussi, on ne r&eacute;duit jamais compl&egrave;tement le grand &eacute;cart qui nous a fait. Et puis ce rien qu'on met dans le pot pour &ecirc;tre enfin quelque chose qui ressemble &agrave; quelqu&rsquo;un, c&rsquo;est un sacr&eacute; travail d&rsquo;en &eacute;tendre la port&eacute;e.<br /><br />P.S.<br /><a href="http://www.lesmarges.net/files/d3abe43bcc49b41432974c886fa2e5ec-1285.html" rel="self">Avertissement</a><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a le taudis de devant la forge</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-05-02T13:01:28+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/aca21c037df8589c480f6ab15f0b15f1-1293.html#unique-entry-id-1293</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/aca21c037df8589c480f6ab15f0b15f1-1293.html#unique-entry-id-1293</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/130.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a le taudis de devant la forge<br />l&rsquo;inopportun<br />il y a ceux qui vivent sur la pointe des pieds<br />les premi&egrave;res fraises<br />le brie<br />les tourbi&egrave;res<br />il y a les deux pies du pin<br />la pauvret&eacute; de la vie monacale<br />les monosyllabes<br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les heures creuses&#xa;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-04-27T15:29:05+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/5b68b47df6782a69e9ea472254021ca9-1291.html#unique-entry-id-1291</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/5b68b47df6782a69e9ea472254021ca9-1291.html#unique-entry-id-1291</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/1299.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les heures creuses<br />la pur&eacute;e de ch&acirc;taigne<br />le retour discret des hirondelles<br />il y a les pentes douces<br />les arcs surbaiss&eacute;s<br />la place des Clercs &agrave; Mont&eacute;limar les jours de march&eacute;<br />il y a l&rsquo;aust&eacute;rit&eacute;<br />les habitations troglodytes<br />il y a les greffes et les porte-greffe<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>C&#x2019;&#xe9;tait au d&#xe9;but&#x2c; elle riait avec ses yeux en amande</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><dc:date>2011-04-29T15:28:36+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/14009d083e67de3c1dcbfb9f6f43811f-1289.html#unique-entry-id-1289</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/14009d083e67de3c1dcbfb9f6f43811f-1289.html#unique-entry-id-1289</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/1299.5.png" width="50" height="50"/><br /><br /><br /><em>Pour Anne-Sophie<br /></em><br />C&rsquo;&eacute;tait au d&eacute;but, elle riait avec ses yeux en amande qui disparaissaient dans l&rsquo;&eacute;clat sonore de sa voix, &eacute;loignant les questions qui lui &eacute;taient pos&eacute;es, n&rsquo;y r&eacute;pondant pas, peu ou &agrave; c&ocirc;t&eacute;. Que voulez-vous ? elle &eacute;tait comme ses camarades, &agrave; mille lieues du terroir qui les avait vu na&icirc;tre et du foyer qui alimentait leur sens. Ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;elle ne voulait pas jouer le jeu, mais elle en comprenait mal les r&egrave;gles et au fond n&rsquo;y croyait pas. J&rsquo;avoue qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas tout tort et son honn&ecirc;tet&eacute; souriante lui a permis de franchir des &eacute;tapes que tous ses contemporains n&rsquo;ont pas surmont&eacute;es avec la m&ecirc;me s&eacute;r&eacute;nit&eacute;. Pensez donc!<br /><br />En les soumettant d&egrave;s leurs premiers pas &agrave; l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;elle d&eacute;tenait fermement un ensemble fini de questions auquel correspondait un ensemble fini de r&eacute;ponses n&eacute;cessitant les unes et les autres une formulation stricte, l&rsquo;&eacute;cole obligeait ses bleus &agrave; une premi&egrave;re &eacute;preuve qui devait les conduire d&rsquo;embl&eacute;e &agrave; une conversion &eacute;pist&eacute;mologique majeure. Si formellement l&rsquo;affaire ne semblait pas hors de leur port&eacute;e, elle l&rsquo;&eacute;tait pourtant dans sa r&eacute;alisation et allait les conduire, de d&eacute;ception en d&eacute;ception, de chicane en chicane, &agrave; un carrefour o&ugrave; il leur faudrait prendre une difficile d&eacute;cision.<br /><br />Accepter les pr&eacute;suppos&eacute;s de l&rsquo;entreprise, pactiser avec l&rsquo;inconcevable, prendre plaisir aux parcours de dressage et tirer quelques avantages mondains de l&rsquo;application mim&eacute;tique de singeries scolastiques ? Ou renoncer &agrave; ces pr&eacute;suppos&eacute;s et, partant, refuser la r&eacute;compense promise &agrave; ceux qui s&rsquo;approchaient du but et qu&rsquo;on encourageait en les invitant, pour qu&rsquo;ils patientent, &agrave; rev&ecirc;tir l&rsquo;uniforme des seconds couteaux ou &agrave; endosser le r&ocirc;le du muet dans une pi&egrave;ce &agrave; laquelle plus personne ne croyait vraiment ?<br /><br />La d&eacute;ception fut grande, autant pour les sages qui avaient &eacute;labor&eacute; le plan et le programme que pour ceux qui en respectaient scrupuleusement les parties ou qui en avaient perdu de vue le sens. Il fallait s&rsquo;y r&eacute;soudre, de telles ann&eacute;es de formation ne m&egrave;neraient nulle part, sinon &agrave; la ma&icirc;trise abstraite d&rsquo;un ensemble de coques vides et de formulaires dont la ma&icirc;trise ne permettrait rien d&rsquo;autre que de parasiter et pasticher ce que l&rsquo;homme a &agrave; compendre. Chacun avait &agrave; composer au plus vite avec ce douloureux constat.<br /><br />Car une seconde &eacute;preuve les attendait, autrement plus radicale: les r&eacute;ponses n&rsquo;ont aucun int&eacute;r&ecirc;t parce qu&rsquo;elles sont toutes contenues dans les questions qui v&eacute;rifient leur pertinence. Pire, il y a bien plus dans les questions que dans les r&eacute;ponses, qui emm&egrave;nent dans leur sillage ce qu&rsquo;elles ont laiss&eacute; de c&ocirc;t&eacute; pour circonscrire leur champ. Il faut donc reprendre les choses depuis le d&eacute;but, commencer enfin les observations si souvent diff&eacute;r&eacute;es et les r&eacute;flexions auxquelles les r&eacute;ponses attendues d&rsquo;autrefois barraient l&rsquo;acc&egrave;s. Il faut se r&eacute;signer &agrave; se mettre enfin au travail, et plut&ocirc;t que de r&eacute;diger des r&eacute;ponses &agrave; des questions qui ne se sont jamais pos&eacute;es hors les traditions, chacun doit se mettre &agrave; l&rsquo;&eacute;tude du monde qui l&rsquo;entoure et de la tradition &agrave; laquelle le premier est suspendu, chacun doit prendre le risque de s&rsquo;en approcher en lisant les r&eacute;cits qui en donnent le corps v&eacute;ritable et en fournit la l&eacute;gende. Car ce sont les contes et l&eacute;gendes qui &eacute;duquent nos enfants, c&rsquo;est-&agrave;-dire les conduit hors de l&rsquo;&eacute;cole, les dissuade d&rsquo;y rester pour rejoindre au plus vite ce dont elle les a &eacute;loign&eacute;s et qu&rsquo;elle avait la charge de leur pr&eacute;senter. Pour retrouver le r&eacute;el dont il a fallu r&eacute;duire un instant la voilure, histoire de d&eacute;chiffrer le b.a.-ba des langages qui seront leurs alli&eacute;s lorsque ils auront &agrave; rejoindre la jungle du d&eacute;but, quand ils auront &agrave; y instituer ce qui n&rsquo;est pas, dans des r&eacute;gions qui ne sont pas encore.<br /><br />Elle &eacute;tait comme ceux de son &acirc;ge, croyait qu&rsquo;il existait un lot de questions et de r&eacute;ponses d&eacute;finitives, qui attendaient sagement dans un r&eacute;duit qu&rsquo;on s&rsquo;y int&eacute;resse et auxquelles on aurait acc&egrave;s lorsqu&rsquo;on serait adulte. Je me souviens de ses doutes, au d&eacute;but. Elle &eacute;tait jeune et, comme ils se doit, ne voulait saisir du monde que ce qu&rsquo;elle en voulait, dans l&rsquo;insouciance du temps. Et puis, de fil en aiguille, sans heurt ni bousculade, elle a accept&eacute; qu&rsquo;il en allait autrement, que le monde n&rsquo;est pas &agrave; son image, et qu&rsquo;il m&eacute;ritait les &eacute;gards de son attention. On l&rsquo;a vue alors &agrave; la fin s&rsquo;approcher du monde et s&rsquo;y int&eacute;resser, dans ce qu&rsquo;il a de beau mais aussi dans ce qu&rsquo;il a de difficile, de s&rsquo;y inscrire et de s&rsquo;y montrer efficace.<br /><br />Je l&rsquo;imagine aujourd&rsquo;hui sur une terrasse de caf&eacute;, c&rsquo;est l&rsquo;&eacute;t&eacute;, elle n&rsquo;est pas press&eacute;e, bien mise dans des habits Abercrombie & Fitch qu&rsquo;elle a achet&eacute;s &agrave; Copenhague, elle lit le journal, int&eacute;ress&eacute;e aux affaires du monde. L&rsquo;obligatoire et les jeux d&rsquo;enfants sont derri&egrave;re elle. Elle attend une amie qui a un peu de retard, mais ne lui en veut pas, elle sait profiter du temps qui passe. Elle sourit d&rsquo;aise derri&egrave;re ses lunettes &agrave; soleil. Elle se souvient de ses r&ecirc;ves d&rsquo;autrefois et de la mer. Elle sait ce qu&rsquo;elle va entreprendre dans les ann&eacute;es qui viennent, sans ignorer que la route est encore longue. Elle aime l&rsquo;ann&eacute;e des quatre saisons. C&rsquo;&eacute;tait &agrave; la fin, elle riait avec deux yeux en amande qui disparaissaient dans l&rsquo;&eacute;clat sonore de sa voix. Elle riait des questions qu&rsquo;elle se posait et qui ouvraient les portes coch&egrave;res du monde, un monde immense aux dimensions de nos existences.<br /><br />P.S.<br /><a href="http://www.lesmarges.net/files/d3abe43bcc49b41432974c886fa2e5ec-1285.html" rel="self">Avertissement</a><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 24 avril 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-04-25T15:28:30+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/87a3fa14a13dddb9d87de65eacf6c589-1288.html#unique-entry-id-1288</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/87a3fa14a13dddb9d87de65eacf6c589-1288.html#unique-entry-id-1288</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/1299.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />L&rsquo;insouciance tra&icirc;ne les pieds et &eacute;crit dans la poussi&egrave;re et le thym les principes d&rsquo;un bonheur sans queue ni t&ecirc;te. Tu te laisses glisser &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re, le long du lit du Lez. Les coquelicots battent des mains, je devine le vent passer sous ta jupe, pr&egrave;s des piles d	u vieux pont, entre Grignan et Colonzelle par le Lez. Les enfants font de longs d&eacute;tours, d&eacute;bordent du chemin, leurs jeux font d&rsquo;interminables m&eacute;andres, prennent &agrave; t&eacute;moin les roseaux qui hochent du chef. Ils con&ccedil;oivent des gris-gris un sac &agrave; main ou des boucles d&rsquo;argent, puis passent le gu&eacute; pieds nus, les rires en grappe et, tandis qu&rsquo;ils s&rsquo;&eacute;loignent dans le vieux village, j&rsquo;entends au loin, du c&ocirc;t&eacute; de Chamaret, les aboiements &eacute;touff&eacute;s d&rsquo;un cabot oubli&eacute; dans un vide-poche.<br /><br /><p style="text-align:center;"><img class="imageStyle" alt="DSCN2679" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2679.jpg" width="480" height="932"/><br /></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Elle &#xe9;tait du premier et du troisi&#xe8;me cercle</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><dc:date>2011-04-26T15:27:22+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c9f10de0a7a4d75fbbf54224d90f5539-1287.html#unique-entry-id-1287</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c9f10de0a7a4d75fbbf54224d90f5539-1287.html#unique-entry-id-1287</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/1299.1.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Pour Lucy<br /></em><br />Elle &eacute;tait du premier et du troisi&egrave;me cercle, mais pour le comprendre il faut retourner au commencement...<br /> <br />C&rsquo;&eacute;tait un espace qui r&eacute;pondait &agrave; des r&egrave;gles strictes, h&eacute;micycle entourant une place vide que venaient occuper &agrave; tour de r&ocirc;le ceux qui avaient pour mission de transmettre aux nouveaux-venus les savoirs-faire que l&rsquo;humanit&eacute; avait d&eacute;velopp&eacute;s durant plusieurs millions d&rsquo;ann&eacute;es. Les vicaires avaient &agrave; leur disposition neuf ans pour mener &agrave; bien leur t&acirc;che. Tout le monde saisissait l&rsquo;importance de l&rsquo;affaire, sans toutefois &ecirc;tre en mesure d&rsquo;&eacute;valuer correctement la dimension de l&rsquo;entreprise qui s&rsquo;av&eacute;ra, comme vous le devinez, impossible. Avec le temps la sc&egrave;ne se stabilisa et les acteurs trouv&egrave;rent leurs marques. On peut aujourd&rsquo;hui, avec un peu de recul, sch&eacute;matiser la situation de la mani&egrave;re suivante. <br /><br />Les nouveaux-venus se r&eacute;partissaient chaque d&eacute;but d&rsquo;ann&eacute;e en trois demi-cercles concentriques. Devant, une couronne dense mais r&eacute;duite, celle des individus &eacute;veill&eacute;s &agrave; toute heure du jour et de la nuit, actifs et volontaires, avides de connaissances, pr&ecirc;ts m&ecirc;me &agrave; donner une ou deux heures de leurs loisirs quotidiens pour r&eacute;duire d&rsquo;une ou deux ann&eacute;es le temps de leur formation et en finir au plus vite. Ils devenaient avec le temps un peu songeurs, r&eacute;sign&eacute;s de constater que leurs initiatives n&rsquo;acc&eacute;l&eacute;raient pas les choses, r&eacute;volt&eacute;s m&ecirc;me lorsqu&rsquo;ils se rendaient compte qu&rsquo;ils devraient malgr&eacute; tout aller jusqu&rsquo;au bout.<br /><br />Derri&egrave;re ce premier cercle, la couronne plus dense de ceux qui avaient devin&eacute; que les places du milieu leur permettraient de r&eacute;pondre &agrave; leur double nature : dresser l&rsquo;oreille lorsque c&rsquo;&eacute;tait n&eacute;cessaire, pour saisir l&rsquo;information dont ont leur demanderait de se souvenir plus tard et dont ils auraient &agrave; rendre compte, mettre de c&ocirc;t&eacute; les pierres d&rsquo;angle et les cl&eacute;s de vo&ucirc;te des &eacute;difices qu&rsquo;il leur suffirait de reconstruire lorsqu&rsquo;ils en auraient besoin. C&rsquo;&eacute;tait affaire de quelques minutes au cours de la journ&eacute;es, ils vaquaient le reste du temps &agrave; leurs petites affaires, publiques ou priv&eacute;es, avec la discr&eacute;tion de ceux qui ont saisi les r&egrave;gles du jeu et qui ne demandent rien &agrave; personne.<br /><br />Et puis &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re, dans le troisi&egrave;me cercle, ceux qui ne voulaient rien savoir, rien voir, rien entendre et &eacute;taient l&agrave;, bien au chaud, fermement d&eacute;cid&eacute;s &agrave; terminer le r&ecirc;ve qu&rsquo;un r&eacute;veil trop brusque avait interrompu et organiser le temps qui leur reviendrait lorsque l&rsquo;institution voudrait bien les laisser partir. Ils souhaitaient en outre pouvoir s&rsquo;entretenir sans &ecirc;tre d&eacute;rang&eacute;s et sans d&eacute;ranger non plus leur voisinage des affaires du monde, all&eacute;geant ainsi l&rsquo;atmosph&egrave;re, il faut le convenir, des milles futilit&eacute;s qu&rsquo;ils y jetaient sans lesquelles les espaces clos deviennent aussi mortels que des prisons. Et puis, m&eacute;lang&eacute;s &agrave; eux, le public des curieux, ceux qui ne voulaient pas trop s&rsquo;impliquer mais souhaitaient, tant qu&rsquo;&agrave; faire, consid&eacute;rer avec le recul n&eacute;cessaire la sc&egrave;ne qu&rsquo;ils avaient &agrave; jouer et qu&rsquo;ils &eacute;taient bien r&eacute;solus &agrave; ne pas jouer trop t&ocirc;t.<br /><br />Elle &eacute;tait du premier cercle, &eacute;veill&eacute;e, toujours pimpante, alerte, pr&ecirc;te &agrave; se mettre &agrave; l&rsquo;ouvrage, mais il lui fallait un certain temps avant de r&eacute;ellement s&rsquo;y engager. Il lui fallait en effet consid&eacute;rer la situation, observer attentivement ses caract&eacute;ristiques toujours changeantes, h&eacute;sitant m&ecirc;me parfois &agrave; faire le pas, non pas qu&rsquo;elle dout&acirc;t de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t des t&acirc;ches qui lui &eacute;taient propos&eacute;es, mais parce qu&rsquo;elle aurait voulu en savoir plus sur le sens de l&rsquo;entreprise. On savait bien que finalement elle s&rsquo;y ferait, elle se mettait alors au travail sans qu&rsquo;on le remarqu&acirc;t, un peu r&eacute;sign&eacute;e vraisemblablement, mais toujours avec le sourire. C&rsquo;est ainsi que, locataire du premier cercle, elle mettait un zeste de l&rsquo;atmosph&egrave;re qui r&eacute;gnait &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re, all&eacute;geant d&rsquo;un certain poids le s&eacute;rieux qui pouvait habiter ceux du devant. Je crois bien qu&rsquo;elle s&rsquo;y sentait bien, toute proche du centre de gravit&eacute; apparent de la sc&egrave;ne, et pourtant, profond&eacute;ment distante. Avec elle c&rsquo;&eacute;tait le troisi&egrave;me cercle qui se pla&ccedil;ait devant. C&rsquo;&eacute;tait peut-&ecirc;tre la meilleure place pour mettre toutes les chances de son c&ocirc;t&eacute;, ne pas &ecirc;tre d&eacute;rang&eacute;e en manifestant une pr&eacute;sence forte et vivifiante, mais garder une distance suffisante pour ne pas s&rsquo;engager t&ecirc;te baiss&eacute;e dans une entreprise dont l&rsquo;institution se gardait bien d&rsquo;expliquer comment et quand on en sortirait.<br /><br />Je savais qu&rsquo;elle aurait aim&eacute; &ecirc;tre ailleurs, souvent, sur une autre sc&egrave;ne, sous un tilleul ou une treille, avec un livre et du soleil. C&rsquo;&eacute;tait une infatigable lectrice peu d&eacute;cid&eacute;e &agrave; se lancer t&ecirc;te baiss&eacute;e dans les t&acirc;ches qu&rsquo;on lui pr&eacute;sentait bien peu romanesquement, mais assoiff&eacute;e de lecture, refusant de l&acirc;cher cette na&iuml;vet&eacute; sur laquelle l&rsquo;enfant lit, vit et construit son avenir, en maintenant &agrave; distance le monde qu&rsquo;il serait toujours assez t&ocirc;t de rejoindre.<br /><br />Je l&rsquo;imagine aujourd&rsquo;hui heureuse dans la caf&eacute;t&eacute;ria d&rsquo;une biblioth&egrave;que &ndash; biblioth&eacute;caire, &eacute;tudiante, enseignante ou responsable de la caf&eacute;t&eacute;ria &ndash; avec les amies auxquelles elle est toujours rest&eacute;e fid&egrave;le, quand bien m&ecirc;me chacune d&rsquo;elle a pris une autre trajectoire que la sienne. Elle n&rsquo;en d&eacute;daigne aucune, c&rsquo;&eacute;tait une infatigable lectrice, j&rsquo;imagine qu&rsquo;elle l&rsquo;est aujourd&rsquo;hui encore, gardant pr&egrave;s d&rsquo;elle ces r&eacute;cits qui nous permettent d&rsquo;apprivoiser le monde brutal dans lequel on vit, ces r&eacute;cits qui ont remplac&eacute; un jour, avantageusement, l&rsquo;&eacute;cole qu&rsquo;il a bien fallu que nous acceptions.<br /><br />P.S.<br /><a href="http://www.lesmarges.net/files/d3abe43bcc49b41432974c886fa2e5ec-1285.html" rel="self">Avertissement</a><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Aurait-il pu en &#xea;tre autrement ?</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Vases communicants</category><dc:date>2011-04-22T21:06:18+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f67971bf48b05d46357b251ccf2ba01c-1286.html#unique-entry-id-1286</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f67971bf48b05d46357b251ccf2ba01c-1286.html#unique-entry-id-1286</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="pontaise8" src="http://www.lesmarges.net/files/pontaise8.jpg" width="468" height="341"/> <br /><br />C&rsquo;est en descendant la route des <em>Plaines-du-Loup</em>, <a href="http://www.lesmarges.net/files/4b561c97981466878e7361b2597b902b-862.html" rel="self">un samedi soir de printemps</a>, perdu dans la foule des supporters du Lausanne-Sport que je pris conscience des maigres moyens dont je disposais pour changer le cours des choses. &nbsp;<br /><br />La rencontre &eacute;tait &agrave; peine termin&eacute;e que la fureur des supporters retombait en morceaux au pied de l&rsquo;ar&egrave;ne. La foule s&rsquo;agitait<span style="font-size:13px; "> d'un mouvement continuel et divers, on se heurtait, rebondissait dans un silence de mort, les uns &agrave; de grandes distances, les autres faiblement. </span>Les flux tardaient &agrave; trouver leur lit et on dut, papa et moi, hors toute discipline, nous glisser en marge de l&rsquo;affluence pour remonter &agrave; contre-courant au lieu m&ecirc;me o&ugrave; nous attendait le n&ocirc;tre. On y parvint sans peine. Malgr&eacute; mon jeune &acirc;ge, j'aidai au passage certains de mes semblables &agrave; trouver leur direction, je trouvai la mienne. Il nous suffit alors, accompagn&eacute;s d&rsquo;innombrables ombres, de suivre la pente qui allait nous conduire de la rue de la <em>Pontaise</em> &agrave; celle du <em>Valentin</em>, silhouettes toujours moins nombreuses dans la nuit, puis de celle-ci jusqu&rsquo;au num&eacute;ro 4 de <em>Riant-Mont,</em> avec pour seules ombres les deux n&ocirc;tres.<br /><br />Dans un silence de mort? Pas tout &agrave; fait, car on entendait en chaque lieu des mal&eacute;dictions, murmurer des impr&eacute;cations. Les &acirc;mes rong&eacute;es par le ressentiment s&rsquo;affairaient autour de l&rsquo;irr&eacute;parable, pr&ecirc;ts &agrave; voiler la roue de la fortune, lynchaient les pauvres bougres qui s'&eacute;taient battus jusqu'&agrave; la fin, inventaient les causes de la terrifiante d&eacute;faite des <em>Seigneurs de la nuit</em>, ordonnaient les rem&egrave;des dont l&rsquo;administration e&ucirc;t conduit &agrave; l'autre version du monde. Il fallait trouver des coupables, en appeler &agrave; des h&eacute;ros neufs, exiger la d&eacute;mission du coach et engager un mage, corriger les principes, multiplier les travaux, bref, faire en sorte qu'il e&ucirc;t pu en aller autrement. Ce revers de la fortune &eacute;tait inacceptable, en effet, et nous chagrinait tous, il aurait d&ucirc; ne pas &ecirc;tre. Moi j'allais <a href="http://www.lesmarges.net/files/eda4d3cd0848b0a4cf5b9c76e747ebb2-1219.html" rel="self">la main dans celle de mon p&egrave;re</a> qui tentait, comme nos voisins, de m'emmener sur les voies de l'aigreur, je ne l&rsquo;&eacute;coutais pas et demeurai silencieux.<br /><br />Car moi aussi je cherchais une raison &agrave; cette humiliante d&eacute;faite, mais ne supportais pas d&rsquo;en charger quiconque, car enfin, ma pr&eacute;sence sur les gradins du stade n'avait pas suffi &agrave; faire basculer le r&eacute;sultat. Tandis que j'essayais de saisir les conditions qu'ils e&ucirc;t fallu remplir pour qu'un tel malheur n'advienne pas, je sentais au fond de moi la vraie cause de ce d&eacute;sastre : moi. Le coupable c'&eacute;tait moi, de n'avoir su lancer ce mouvement qui, de cause et cause, e&ucirc;t abouti &agrave; l'inversion de la tendance. Aurais-je d&ucirc; hurler avec les loups, lancer des cris et applaudir? Cela n&rsquo;aurait pas suffi, je le savais, il fallait bien plus, un don, le don de toute ma personne. Ma pr&eacute;sence n&rsquo;&eacute;tait-elle pas en d&eacute;finitive la raison derni&egrave;re de cette mortifiante d&eacute;faite. C'est un sacrifice qu'exigeaient les <em>Seigneurs de la nuit</em>, seule mon absence au stade e&ucirc;t pu changer l'issue de la rencontre, c&rsquo;e&ucirc;t &eacute;t&eacute; le prix &agrave; payer pour la victoire de mes dieux.<br /><br />Je me trouvai d&egrave;s lors dans une situation inconfortable. Ou je montais au stade et l'&eacute;quipe de mon coeur risquait de perdre pour me signifier que je doutais d&rsquo;elle. Ou je me sacrifiais en renon&ccedil;ant &agrave; mon plaisir et assurais sa victoire. C&rsquo;est ce que je fis deux semaines apr&egrave;s. Mais les <em>Seigneurs de la nuit</em> perdirent encore. Je compris pourtant imm&eacute;diatement ce qui s&rsquo;&eacute;tait pass&eacute; et leur en fus profond&eacute;ment reconnaissant. Si mes h&eacute;ros avaient en effet laiss&eacute; &eacute;chapper la victoire, c&rsquo;&eacute;tait tout &agrave; fait volontairement, pour me communiquer qu&rsquo;ils avaient &eacute;t&eacute; touch&eacute;s par l'&eacute;normit&eacute; de mon geste, la dimension de mon sacrifice. Ma d&eacute;cision les avait plong&eacute;s dans un ab&icirc;me de reconnaissance : incapables de f&ecirc;ter une victoire dont mon sacrifice e&ucirc;t &eacute;t&eacute; la cause, les <em>Seigneurs de la nuit </em>avaient pr&eacute;f&eacute;r&eacute; laisser filer la victoire. Personne n&rsquo;en sut jamais rien parmi les supporters. Je me couchai sit&ocirc;t arriv&eacute; &agrave; la maison, le lendemain matin c&rsquo;&eacute;tait jour de <a href="http://www.lesmarges.net/files/ff9f45cc5389cc55cd0d4d22fc42bf05-843.html" rel="self">culte</a>.<br /><br />Je ne suis pas gu&eacute;ri. Je me surprends parfois &agrave; calculer les effets du sacrifice sur le r&eacute;el, j&rsquo;aurais pu si souvent infl&eacute;chir le cours des choses.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/128.3-2.png" width="50" height="50"/><br />Publi&eacute; le 1 avril 2011 dans le cadre du projet de <a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=104893605886" rel="self">vases communicants</a>&nbsp;chez Isabelle Pariente-Butterlin (<a href="http://yzabel2046.blogspot.com/" rel="self">&AElig;dificavit</a>).<br /><p style="text-align:right;"><br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Avertissement</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><dc:date>2011-04-17T09:35:11+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d3abe43bcc49b41432974c886fa2e5ec-1285.html#unique-entry-id-1285</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d3abe43bcc49b41432974c886fa2e5ec-1285.html#unique-entry-id-1285</guid><content:encoded><![CDATA[<em>Si l&rsquo;&eacute;cole est une concasseuse qui rabote les particularit&eacute;s de chacun afin que ceux dont elle a la charge ma&icirc;trisent au plus vite une langue et la raison qui en d&eacute;pend, sans lesquelles notre esp&egrave;ce ne serait plus qu&rsquo;un mauvais souvenir, c&rsquo;est &agrave; l&rsquo;&eacute;cole peut-&ecirc;tre, ou &agrave; l&rsquo;un de ses repr&eacute;sentants de remettre &agrave; celui qui en sort, symboliquement, ce qu&rsquo;il pourrait par m&eacute;garde avoir &eacute;gar&eacute; dans l&rsquo;aventure. <br />C&rsquo;est &agrave; cet exercice proche de la fiction que je me suis livr&eacute;, non pas pour esquisser les lignes d&rsquo;un destin dont je ne sais ma foi trop rien, mais pour rendre &agrave; chacun une existence propre, imaginaire, construite &agrave; partir de presque rien, dont on ne retiendra pas l&rsquo;ad&eacute;quation avec ce qui a &eacute;t&eacute;, est ou sera, mais l&rsquo;intention, celle de redonner une consistance au corps et &agrave; l&rsquo;&acirc;me que l&rsquo;institution a pris en otage pour exercer au mieux sa t&acirc;che, avec le risque de les user jusqu&rsquo;&agrave; la corde. Il &eacute;tait temps de me mettre sur la pointe des pieds et d&rsquo;imaginer des personnes et des &eacute;v&eacute;nements qui sont devenus avec le temps la possibilit&eacute; m&ecirc;me de l&rsquo;avenir. <br /><br /></em><span style="color:#008080;"><em>Pour Rapha&euml;l :</em></span><em><a href="http://www.lesmarges.net/files/45d89cd37d84aed6e95714f5a72feb8a-1280.html" rel="self">Enfant on le disait bagarreur</a></em><em><br /></em><span style="color:#008080;"><em>Pour Marine E : </em></span><em><a href="http://www.lesmarges.net/files/8069f42e474ec03687e04b11cc2f5374-1281.html" rel="self">Cette passion de conna&icirc;tre les choses</a></em><em><br /></em><span style="color:#008080;"><em>Pour Lucy : </em></span><em><a href="http://www.lesmarges.net/files/c9f10de0a7a4d75fbbf54224d90f5539-1287.html" rel="self">Elle &eacute;tait du premier et du troisi&egrave;me cercle</a></em><em> <br /></em><span style="color:#008080;"><em>Pour Anne-Sophie : </em></span><em><a href="http://www.lesmarges.net/files/14009d083e67de3c1dcbfb9f6f43811f-1289.html" rel="self">C&rsquo;&eacute;tait au d&eacute;but, elle riait avec ses yeux en amande</a></em><em><br /></em><span style="color:#008080;"><em>Pour Gabriella : </em></span><em><a href="http://www.lesmarges.net/files/9d8deedd90711e4a09d71770d13086a5-1294.html" rel="self">Elle avait envie de disposer un peu plus d&rsquo;elle-m&ecirc;me</a></em><em><br /></em><span style="color:#008080;"><em>Pour Julia : </em></span><em><a href="http://www.lesmarges.net/files/a46b558a80e746ce130686aab983dfb7-1296.html" rel="self">L&rsquo;inconnue du jour de la rentr&eacute;e</a></em><em><br /></em><span style="color:#008080;"><em>Pour Rick : </em></span><em><a href="http://www.lesmarges.net/files/0f4dbbde05e185faa862ab263041d6d2-1300.html" rel="self">Dans un monde que ni eux ni nous n&rsquo;imaginions</a></em><em><br /></em><span style="color:#008080;"><em>Pour Jill : </em></span><em><a href="http://www.lesmarges.net/files/2e52a598149aa22f58b71df83326addd-1308.html" rel="self">Le couloir &eacute;tait &eacute;clair&eacute; par des sourires</a></em><em><br /></em><span style="color:#008080;"><em>Pour Nathan : </em></span><em><a href="http://www.lesmarges.net/files/c447f0480cd035f3b9c173eb2b0b3fb3-1318.html" rel="self">L&rsquo;enfant qui a la t&ecirc;te en l&rsquo;air</a></em><em><br /></em><span style="color:#008080;"><em>Pour Lucas : </em></span><em><a href="http://www.lesmarges.net/files/36c0393a28b2188b167d3a6366ea34b3-1304.html" rel="self">La gymnastique intellectuelle entame leur s&eacute;r&eacute;nit&eacute;<br /></a></em><span style="color:#008080;"><em>Pour Lea : </em></span><em><a href="http://www.lesmarges.net/files/c5ff397e3df18e650a3add667243792f-1347.html" rel="self">Virevoltant au-dessus des orni&egrave;res</a></em><em> <br /></em><span style="color:#008080;"><em>Pour Anouck : </em></span><em><a href="http://www.lesmarges.net/files/f24c2f6a389bdd99e5b6aa9b97d73d8e-1348.html" rel="self">Initiation &agrave; l'art du porte-&agrave;-faux</a></em><em><br /></em><span style="color:#008080;"><em>Pour Marine H : </em></span><em><a href="http://www.lesmarges.net/files/2dfdd76578a659cb70bc9f840178e3a0-1397.html" rel="self">Quitter son giron</a></em><em><br /></em><span style="color:#008080;"><em>Pour Floriane : </em></span><em><a href="http://www.lesmarges.net/files/af8375dd73806661d640f7a4ad3d9ad5-1454.html" rel="self">Le fil t&eacute;nu qui me fait tenir debout</a></em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a le triomphe de la lumi&#xe8;re</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-04-19T19:26:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/761da60410da4dcf70ed2633672322fd-1283.html#unique-entry-id-1283</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/761da60410da4dcf70ed2633672322fd-1283.html#unique-entry-id-1283</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/128.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a le triomphe de la lumi&egrave;re<br />la face immerg&eacute;e des icebergs<br />le monde des abeilles<br />il y a la mort annonc&eacute;e du dollar<br />la camomille<br />les concours d'&eacute;t&eacute;<br />Vienne en 1900<br />il y a les cl&eacute;s qu'on croyait perdues et qu'on retrouve<br />la fragilit&eacute; des barrages<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 17 avril 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Choses vues</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-04-20T08:26:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/db6d7054b3be981855c2c78d0d254009-1282.html#unique-entry-id-1282</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/db6d7054b3be981855c2c78d0d254009-1282.html#unique-entry-id-1282</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="DSCN2514" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2514.jpg" width="470" height="470"/><span style="font-size:9px; "><em><br /></em></span><br />La haute pression m&eacute;lang&eacute;e &agrave; l'inertie des dimanches soul&egrave;ve le ciel. Le soleil chasse les locataires des maisons encore froides et nous voil&agrave;, fen&ecirc;tres ouvertes, la bride sur le cou. Balade du c&ocirc;t&eacute; de l'&eacute;tang dont j'aurai vu le cycle tout au long de l'ann&eacute;e. Son &eacute;tendue &ndash; son identit&eacute; &ndash; perceptible pendant l'hiver ne l'est plus. Les aulnes et les bouleaux ont colonis&eacute; la tourbe et la bruy&egrave;re ne s'y retrouve pas. Il y a quelques ann&eacute;es, quel que soit le temps, on pouvait en faire le tour, je crains qu'il ne disparaisse et redevienne un refuge pour les li&egrave;vres et les chevreuils repoussant plus loin les canards et les grenouilles. Mais o&ugrave;?<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN2530" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2530-2.jpg" width="470" height="470"/><br /><span style="font-size:9px; "><em>Hans Steiner</em></span><br /><br />Lorsque je rentre, Louise joue de la guitare, Lili se raconte des histoires, Arthur lit. Sandra dort, victime d&rsquo;un virus qui a profit&eacute; de sa fatigue. On la laisse tranquille et on descend au <a href="http://www.elysee.ch/index.php?id=3918" rel="self">Mus&eacute;e de l'Elys&eacute;e</a> qui pr&eacute;sente un ensemble de photographies r&eacute;alis&eacute;es par <a href="http://www.elysee.ch/fr/no_cache/expositions/detail/article/hans-steiner-chronique-de-la-vie-moderne/" rel="self">Hans Steiner</a>. <br />Des photos de l'ancien temps? demande Lili. C'est exactement cela Lili, des photos de l'ancien temps. Hans Steiner est en effet n&eacute; tandis que le XX&egrave;me si&egrave;cle venait de commencer et il est d&eacute;c&eacute;d&eacute; alors que je n'avais que sept ans. C'est en cela que ces photographies fascinent, elles font voir ce que je n'ai pas pu voir, ou &agrave; peine, parce qu&rsquo;elles nous font voir les choses comme on n'avait pas l'habitude de les voir, entre reportage et mise en sc&egrave;ne, publicit&eacute; et engagement, des images qui sont encore d'aujourd'hui mais r&eacute;alis&eacute;es avec les moyens d&rsquo;hier, ou l&rsquo;inverse, sur la cr&ecirc;te, &agrave; bonne distance de ce qui est sous nos yeux et de ce qui a bascul&eacute; dans les fosses inodores de l&rsquo;histoire. <br />Je sens encore une fois combien le pass&eacute;, qu'il soit proche ou lointain, demeure vivant &agrave; deux pas de nos existences et ne constitue en d&eacute;finitive qu'un des modes un peu pass&eacute;s du pr&eacute;sent. Me demande au passage si Hans Steiner n'a pas &eacute;t&eacute; l'auteur d'une photographie que j'ai retrouv&eacute;e dans un carton et qui m'a ramen&eacute; <a href="http://www.lesmarges.net/files/10efa53f76937238d19f192675d83c13-887.html" rel="self">bien loin en arri&egrave;re</a>, un peu avant que je cesse d&rsquo;&ecirc;tre un enfant.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="29122_550_p" src="http://www.lesmarges.net/files/29122_550_p.jpg" width="150" height="155"/>  <img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-04-19 à 16.45.17" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-04-19-a0300-16.45.17.png" width="101" height="11"/><img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-04-19 à 16.45.17" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-04-19-a0300-16.45.17-2.png" width="58" height="6"/><img class="imageStyle" alt="inconnu-1" src="http://www.lesmarges.net/files/inconnu-1.jpg" width="157" height="157"/><br /><span style="font-size:9px; "><em>Hans Steiner </em></span><img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-04-19 à 16.45.17" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-04-19-a0300-16.45.17-3.png" width="101" height="11"/><img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-04-19 à 16.45.17" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-04-19-a0300-16.45.17-3-2.png" width="101" height="11"/><br /><br />Arthur, Louise et Lili se sont comport&eacute;s comme des grands et, pour f&ecirc;ter &ccedil;a, on mange la premi&egrave;re glace de l'ann&eacute;e. Ils s'y sont retrouv&eacute;s m&ecirc;me, je crois, parce que ces photographies de Hans Steiner constituent un bon relais, susceptible de les conduire sans heurts d'ici &agrave; l&agrave;-bas, &agrave; cet ancien temps que l'on distingue sans peine et qui fait sourire, parce que ce sont d&rsquo;abord des images capables de faire voir ce qu'elles ne contiennent pas en propre, ou mieux, ce qu'elles ne contiennent pas du tout mais indiquent seulement, comme ces maisons &eacute;clair&eacute;es, aper&ccedil;ues depuis le train, qui nous rappellent au cr&eacute;puscule la possibilit&eacute; <a href="http://www.lesmarges.net/files/0594082781c6496563037f36ef365040-365.html" rel="self">d&rsquo;un autre pays</a> o&ugrave; nous aurions pu vivre.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN2527" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2527.jpg" width="150" height="150"/><img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-04-19 à 16.45.17" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-04-19-a0300-16.45.17-4.png" width="6" height="1"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN2528" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2528.jpg" width="150" height="150"/> <img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-04-19 à 16.45.17" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-04-19-a0300-16.45.17-4-2.png" width="6" height="1"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN2529" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2529.jpg" width="150" height="150"/><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> </span><img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/128.4.png" width="50" height="50"/><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br />Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Cette passion de conna&#xee;tre les choses</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><dc:date>2011-04-21T20:26:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/8069f42e474ec03687e04b11cc2f5374-1281.html#unique-entry-id-1281</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/8069f42e474ec03687e04b11cc2f5374-1281.html#unique-entry-id-1281</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/128.2.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Pour Marine E<br /></em><br />Cette passion de conna&icirc;tre les choses, par l&rsquo;allure d&rsquo;abord, les racines ensuite ne devrait pas l&rsquo;avoir quitt&eacute;e. Mais ce dont elle cherche aujourd&rsquo;hui &agrave; d&eacute;gager la v&eacute;rit&eacute; n&rsquo;a vraisemblablement plus la m&ecirc;me origine. Lorsque je l&rsquo;ai connue elle avait soif depuis longtemps d&eacute;j&agrave; et visait la perfection dans tout ce qu&rsquo;on lui proposait d&rsquo;entreprendre. Elle r&eacute;pondait avec un soin extr&ecirc;me aux t&acirc;ches qu&rsquo;on lui enjoignait d&rsquo;accomplir et aux objectifs qu&rsquo;on lui demandait d&rsquo;atteindre. Elle le faisait non seulement avec une volont&eacute; qui ne faiblissait pas, mais avec une m&eacute;thode et une intelligence telles qu&rsquo;elle conduisit imperceptiblement les responsables de l&rsquo;institution &agrave; se bonifier, clarifier leurs propos, pr&eacute;ciser leurs buts, affiner le sens des devoirs qu&rsquo;ils soumettaient &agrave; ceux dont ils avaient la charge. La donzelle, en voulant bien faire et en honorant l&rsquo;institution en tout obligea celle-ci &agrave; devenir meilleure, toujours meilleure, c&rsquo;est-&agrave;-dire &agrave; devenir enfin ce qu&rsquo;elle pr&eacute;tendait &ecirc;tre.<br /><br />Mais lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;aper&ccedil;ut que l&rsquo;institution n&rsquo;y parviendrait pas et ne serait pas en mesure de la satisfaire comme elle le souhaitait sa vie durant, elle prit le parti de choisir elle-m&ecirc;me les domaines o&ugrave; elle pourrait &eacute;tancher sa soif. J&rsquo;ignore le moment o&ugrave; elle prit cette d&eacute;cision et si m&ecirc;me elle la prit, j&rsquo;en doute, les choses ne se passent pas ainsi, mais je sais que cette prise de conscience fut accompagn&eacute;e d&rsquo;un sourire dont elle ne se d&eacute;partit jamais plus, comme si elle avait compris qu&rsquo;elle avait &eacute;t&eacute; bien folle de croire en l&rsquo;institution avec une telle ferveur, de placer une telle confiance en ceux qui l&rsquo;avaient accompagn&eacute;e jusque-l&agrave;. Elle ne leur en a jamais voulu, mais elle s&rsquo;aper&ccedil;ut par l&agrave;-m&ecirc;me que si l&rsquo;institution n&rsquo;&eacute;tait pas sans faiblesse, elle non plus n&rsquo;en manquait pas. Elle prit conscience simultan&eacute;ment de ses limites, elle ne pourrait pas en tous les domaines viser la perfection. Mais elle ne manqua jamais &agrave; l&rsquo;id&eacute;e que ce qu&rsquo;elle entreprendrait, elle le r&eacute;ussirait. <br /><br />L&rsquo;inqui&eacute;tude qui l&rsquo;habitait de ne pas &ecirc;tre &agrave; m&ecirc;me d&rsquo;honorer les commandes s&rsquo;est dissip&eacute;e &agrave; mesure que croissait la conscience qu&rsquo;elle pouvait &ecirc;tre &agrave; elle-m&ecirc;me sa propre commanditaire et se pencher librement sur les domaines circonscrits par ses envies. On ne s&rsquo;approprie pas le monde dans le langage de ceux qui nous le donne, mais dans celui qui finit par &ecirc;tre le n&ocirc;tre, un peu b&egrave;gue et h&eacute;sitant. Mais la volont&eacute; obstin&eacute;e de comprendre ceux qui nous pr&eacute;c&egrave;dent, dans leur langage, la confiance qu&rsquo;on leur voue lorsqu&rsquo;on est enfant, la difficult&eacute; ult&eacute;rieure de s&rsquo;en d&eacute;faire ne sont pas inutiles. <em>Plus l&rsquo;univers de celui qui l&rsquo;assujettissait &eacute;tait riche, plus il enrichira son propre univers en le d&eacute;barrassant de l&rsquo;autre (Elias Canetti). <br /><br /></em>Je l&rsquo;imagine toujours aussi passionn&eacute;e, sans rien avoir perdu des exigences qui la portaient autrefois. Je l&rsquo;imagine affair&eacute;e, n&rsquo;h&eacute;sitant pas &agrave; poser des questions &agrave; ceux qui l&rsquo;entourent, pour embellir leur vie, la simplifier ou les aider, sans &ecirc;tre rong&eacute;e par le sentiment de ne pas y parvenir, mais en souriant d&rsquo;aise de pouvoir s&rsquo;en approcher et y pr&ecirc;ter son concours.<em> </em>Je l&rsquo;imagine aujourd&rsquo;hui &agrave; la t&ecirc;te d&rsquo;une entreprise ou &agrave; la maison, dans les bureaux d&rsquo;une ONG ou sur les bancs d&rsquo;un groupe parlementaire, honn&ecirc;te et l&rsquo;oeil brillant de cette ironie apparue dans ces ann&eacute;es-l&agrave;. Elle sait que ce qu&rsquo;on a r&eacute;alis&eacute; et r&eacute;ussi dans la peine n&rsquo;est presque rien. Je l&rsquo;imagine o&ugrave; qu&rsquo;elle soit parmi les autres, phare discret, exemplaire de ce qu&rsquo;il est possible : passer outre les injonctions et l&rsquo;attente d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e, conjuguer le s&eacute;rieux de l&rsquo;existence, son cort&egrave;ge de soucis avec la l&eacute;g&egrave;ret&eacute;, l&rsquo;ironie et l&rsquo;apparition souriante de l&rsquo;aube.<br /><br />P.S.<br /><a href="http://www.lesmarges.net/files/d3abe43bcc49b41432974c886fa2e5ec-1285.html" rel="self">Avertissement</a><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Enfant on le disait bagarreur</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><dc:date>2011-04-18T21:40:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/45d89cd37d84aed6e95714f5a72feb8a-1280.html#unique-entry-id-1280</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/45d89cd37d84aed6e95714f5a72feb8a-1280.html#unique-entry-id-1280</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/128.1.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Pour Rapha&euml;l<br /></em><br />Enfant on le disait bagarreur, mais personne n&rsquo;y pr&ecirc;tait foi parce qu&rsquo;il &eacute;tait les &eacute;gards m&ecirc;mes. Le temps a pass&eacute;, seul lui s&rsquo;en souvient et peut-&ecirc;tre en rit. Pourtant, &agrave; la r&eacute;flexion, alors qu&rsquo;on a perdu de vue cette id&eacute;e ou parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas lieu qu&rsquo;on s&rsquo;en pr&eacute;occupe, le souvenir des kilojoules qui animaient sa forte t&ecirc;te, lorsque on y songe aujourd&rsquo;hui, se d&eacute;ployant dans toutes les directions pour embrasser ce qui se pr&eacute;sentait &agrave; lui et qu&rsquo;il n&rsquo;e&ucirc;t pas &eacute;t&eacute; possible d&rsquo;embrasser sans eux pourrait nous amener &agrave; rectifier l&rsquo;id&eacute;e pr&eacute;con&ccedil;ue. Car sans les circonstances dont il sut tirer profit, le bambin n&rsquo;aurait-il pas renou&eacute; avec les mani&egrave;res belliqueuses de ses premi&egrave;res ann&eacute;es, pr&ecirc;t&eacute;es peut-&ecirc;tre &agrave; tort, qui font du plus bel esprit un bagarreur? Pour chacun d&rsquo;entre nous, la distance est faible entre deux destins.<br /><br />Tout &eacute;tait bon pour son app&eacute;tit d&rsquo;ogre. Depuis qu&rsquo;il avait accept&eacute; que les circonstances attisent son intelligence, il en redemandait. D&rsquo;un esprit vif, il dormait bien, en &eacute;veil continuel et dot&eacute; d&rsquo;un physique dur &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve, n&rsquo;h&eacute;sitant pas d&egrave;s l&rsquo;aube &agrave; p&eacute;n&eacute;trer les secrets de nos habitudes et d&eacute;jouer les pi&egrave;ges sem&eacute;s sous les pas des nouveaux-venus pour les assagir. Mais il ne perdait pas de vue les refuges que sa prudence lui avaient conseill&eacute; de m&eacute;nager pour garder intacte la fra&icirc;cheur de ceux qui s&rsquo;&eacute;veillent. Le m&eacute;lange a r&eacute;ussi, je m&rsquo;en souviens, int&eacute;ress&eacute; au monde dans ce qu&rsquo;il a de normatif, acceptant m&ecirc;me pour mieux les d&eacute;passer les r&egrave;gles qu&rsquo;on rencontre dans les officines de dressage, les saisissant m&ecirc;me jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;extr&eacute;mit&eacute; de leur fonction. Il a su, quand il le fallait, se mettre &agrave; leurs services lorsqu&rsquo;il s&rsquo;av&eacute;rait que leur partage &eacute;tait, morale provisoire, essentiel au bon fonctionnement du jeu d&eacute;mocratique au b&eacute;n&eacute;fice duquel il n&rsquo;a pourtant jamais mis sa libert&eacute; en dot.<br /><br />J&rsquo;imagine aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;il a r&eacute;ussi le plus difficile, ce qui chez la plupart d&rsquo;entre nous demeure inatteignable, &eacute;cartel&eacute;s que nous sommes par le d&eacute;sir de la r&eacute;ussite sociale et l&rsquo;ivresse de la libert&eacute;, j&rsquo;imagine que lui appartiennent non seulement les grandes avenues des capitales mais aussi les chemins buissonniers qu&rsquo;aper&ccedil;oivent d&egrave;s la premi&egrave;re heure ceux qui ont bon pied, dans le pr&eacute;au et dans les livres, derri&egrave;re les talus qui bordent les autoroutes et parmi les camomilles qui soul&egrave;vent les pav&eacute;s, curieux de ce qu&rsquo;on voit du seuil, &agrave; mesure qu&rsquo;on prend go&ucirc;t au plein air et au vent du large, au-del&agrave; de la raison qui tient ensemble les convenances. N&rsquo;est-on pas toujours d&eacute;j&agrave; bien loin des murs qu&rsquo;il nous a fallu habiter, de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;Atlantique ou en Patagonie? Intrigu&eacute;s par des conjugaisons inou&iuml;es, par les bizarreries de nos habitudes, les h&eacute;sitations de l&rsquo;histoire qui nous font voir les n&ocirc;tres?<br /><br />Il est aujourd&rsquo;hui vraisemblablement de ceux qui ont su garder les pieds sur terre et la t&ecirc;te au ciel, je ne l&rsquo;ai pas revu depuis des ann&eacute;es. Je l&rsquo;imagine assidu, aux prises avec une lecture ardue dans une biblioth&egrave;que de quartier ou au c&ocirc;t&eacute; d&rsquo;un criminel dans le pr&eacute;toire d&rsquo;une grande ville, dans une banque dont il tiendrait avec soin les cordons de la bourse, l&rsquo;oeil ouvert sur la libert&eacute; et l&rsquo;horizon de notre esp&egrave;ce, sans lequel la premi&egrave;re se vide de son contenu et la seconde va au mur. Je l&rsquo;imagine en fin d&rsquo;apr&egrave;s-midi, le visage assombri par le s&eacute;rieux, en taxi par exemple, consultant un dossier dont j&rsquo;ignore la teneur, et m&ecirc;me le domaine, s&rsquo;assurant qu&rsquo;il en va comme il l&rsquo;a voulu. Je l&rsquo;imagine le soir, souriant avec le soleil qui se couche, baskets et baladeur, il court sur les quais de l&rsquo;Arno ou du Tibre, pour tenir en &eacute;quilibre ce qu&rsquo;il a choisi, car tout est plus facile lorsque le corps entra&icirc;n&eacute; se tient droit. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il g&egrave;re ses troupes en gardant les marges sans lesquelles les autres n&rsquo;ont aucune chance d&rsquo;&ecirc;tre avec vous, et vous avec eux. Il vit, somme tout, une vie analogue &agrave; celle de n&rsquo;importe qui.<br /><br />P.S.<br /><a href="http://www.lesmarges.net/files/d3abe43bcc49b41432974c886fa2e5ec-1285.html" rel="self">Avertissement</a><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 10 avril 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-04-14T10:02:57+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c6c477ef4ac275a8a1cfa2d6de1d6ad6-1275.html#unique-entry-id-1275</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c6c477ef4ac275a8a1cfa2d6de1d6ad6-1275.html#unique-entry-id-1275</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/127.2.png" width="50" height="50"/><br /><br /><span style="font-size:11px; "><em>Il viendra un temps o&ugrave; l&rsquo;enti&egrave;re m&eacute;moire de cette &eacute;poque maudite reposera entre les mains d&rsquo;&eacute;crivains, de peintres, de cin&eacute;astes, de musiciens. A chacun de trouver sa forme, l&rsquo;essentiel &eacute;tant de r&eacute;sister aux forces de l&rsquo;oubli.<br /></em></span><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>Mich&egrave;le Kahn, </em></span><span style="font-size:11px; "><em><a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504011/le-shnorrer-de-la-rue-des-rosiers" rel="self">Le Shnorrer de la rue des Rosiers</a></em></span><span style="font-size:11px; "><br /></span></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/blancdekahn.png" width="8" height="20"/><br />Me souviens aujourd'hui des quelques trottes qui m'ont fait voir du pays, celle qui m&rsquo;a conduit d&rsquo;ici &agrave; Sils-Maria par le glacier d'Aletsch, cette autre du lac d'Aiguebelette &agrave; Saint-Hippolyte-du-Fort, Cucuron par le Gran Paradiso, de Sainte-Croix &agrave; Porrentruy, Constance par Planfayon et H&eacute;risau, les Vosges par Lure, Florac  par le Puy, Mende et les Causses... et toutes les autres, j'en oublie. Et cette derni&egrave;re il y a quelques jours qui me fit passer de twitter, o&ugrave; j&rsquo;ai fait la connaissance de Mich&egrave;le Kahn, &agrave; la rue des Rosiers o&ugrave;, peut-&ecirc;tre, Stasiek lui confia ce que transmit &agrave; Stanislaw le Shnorrer Stanislaw Marynarz de la rue du Roi-dor&eacute;, l&rsquo;histoire de sa d&eacute;portation de Lodz &agrave; Dachau, de Radom &agrave; la rue Taitbout par Constance, pas loin de Feldkirch o&ugrave; Stefan Zweig croise en 1919 l'empereur d&eacute;chu &ndash; et Zita son &eacute;pouse en v&ecirc;tements noirs &ndash; quittant l&rsquo;empire autrichien, alors que l&rsquo;&eacute;crivain retourne &agrave; Vienne qu&rsquo;il a quitt&eacute;e pendant la guerre, monde d&rsquo;hier dont il se souvient, sa rencontre avec Theodor Herzl dans les bureaux de la <em>Neue Freie Presse</em>, &agrave; deux pas des constructions du Ring, n&eacute;o-classiques, n&eacute;o-baroques ou n&eacute;o-gothiques &eacute;lev&eacute;es par les architectes &agrave; la solde de Fran&ccedil;ois-Joseph, de celles fleuries d'Otto Wagner et des architectes de la S&eacute;cession, de la b&acirc;tisse sans sourcils d'Adolf Loos auquel on doit tant, o&ugrave; nous sommes n&eacute;s pour la plupart d&rsquo;entre nous, du caf&eacute; o&ugrave; Arthur Schnitzler installa un peu avant 1909 le baron Georges et Henri, &eacute;voquant au cr&eacute;puscule et sans y croire l'oeuvre qu'ils n'&eacute;criront pas.<br /><br /><a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504011/le-shnorrer-de-la-rue-des-rosiers" rel="self"><img class="imageStyle" alt="9782814504011.thumb" src="http://www.lesmarges.net/files/9782814504011.thumb.jpg" width="100" height="133"/></a><br /><br />C&rsquo;est la folie du voyage, entre romans et r&eacute;alit&eacute;, &agrave; pied et sans heurts, avec les nuits pour &eacute;tapes. Il n'y a pas d'autres mani&egrave;res de voyager et s'asseoir sur l&rsquo;un des bancs du Prater ou l&rsquo;unique du chemin des Tailles. La litt&eacute;rature tient ensemble le temps des hommes comme seule la marche rassemble les paysages, toutes deux tendues par les transmissions lentes. On passe d&rsquo;ici &agrave; son voisin, de celui-ci au caf&eacute; du coin et ainsi de suite, de fil en aiguille, de proche en proche jusqu&rsquo;&agrave; Rome ou, plus vieux, jusqu&rsquo;&agrave; la Mussilly.<br /><br /><br /></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Celui qui nous pr&#xe9;c&#xe8;de</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-04-11T16:40:57+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/145135bfc8a247192d7782b56ba5b733-1274.html#unique-entry-id-1274</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/145135bfc8a247192d7782b56ba5b733-1274.html#unique-entry-id-1274</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/127.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Ne pas faire long, raccourcir m&ecirc;me, pour ne laisser &agrave; la fin qu'une phrase, un souvenir, celui de cette figure qui nous conduit parfois jusqu'&agrave; l'ombre silencieuse des impasses noires, l'avenir, que nous croyons dompter d'abord, dans les r&ecirc;ts duquel nous nous d&eacute;battons ensuite avant de tenter, ultime recours, d'indignes n&eacute;gociations, en d&eacute;sespoir de cause on se retourne, poches vides et mains nues, &agrave; deux pas de l'&eacute;puisement, on sort la t&ecirc;te &agrave; l'air libre, ciel bleu, all&eacute;g&eacute;, on suit respectueusement le chemin qui s'&eacute;loigne un instant dans le bois, on d&eacute;bouche dans la lumi&egrave;re au-dessus des Tailles, avec les montagnes nues et la terre qui respire &agrave; peine, sachant que tout cela ne nous a rien apport&eacute;, sinon un bref r&eacute;pit qui nous aura d&eacute;livr&eacute; un court instant des vains combats, aux bord des pleurs qui baignent la margelle du monde, mais aussi des livres et des incessants bavardages, juste un moment, dans le monde immobile, l&agrave; devant et la fin de la journ&eacute;e toute &agrave; nous qui penche vers la nuit.  <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Persistance d&#x27;une forme</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><category>Hors jeu</category><dc:date>2011-04-13T10:02:57+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/06539e70fc8f70fdb8152e4843703f84-1273.html#unique-entry-id-1273</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/06539e70fc8f70fdb8152e4843703f84-1273.html#unique-entry-id-1273</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/127.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Retour depuis quelques jours &agrave; Louis-Ren&eacute; des For&ecirc;ts, celui de <em>Face &agrave; l'imm&eacute;morable</em>, retour fid&egrave;le, avec l&rsquo;assurance que ses mots, une fois encore, dans leur teneur brutale et la figure &ndash; le motif, le trait &ndash; qu&rsquo;ils savent lui opposer, se pr&eacute;senteront &agrave; nouveau comme ceux de celui qui n'en finit pas de nous pr&eacute;c&eacute;der sur la voie sans issue de nos vies, qu&rsquo;il a su tout &agrave; la fois vivre et dire par un tour de gr&acirc;ce qui redonne go&ucirc;t &agrave; l&rsquo;intelligence et &agrave; la lucidit&eacute;, en opposant &agrave; leur poison mortel quelque chose comme une m&eacute;lodie, une &eacute;pure de consolation.<br />En soufflant sans lyrisme sur le d&eacute;risoire qui baigne nos vies, en honorant de son attention les impasses triviales de nos plans, sans s&rsquo;appesantir nulle part, Louis-Ren&eacute; des For&ecirc;ts parvient &agrave; nous relever de l&rsquo;abattement auquel nos esprits sont naturellement conduits, par une courbure de la phrase ou un balancement miraculeux qui redirige nos pas vers d&rsquo;autres destinations &ndash; fragments &agrave; l&rsquo;armature de plomb, patiemment faufil&eacute;s &ndash; jusqu&rsquo;&agrave; la planche d&rsquo;un envol qui nous m&egrave;ne au ciel, d&rsquo;un coup, en une seule respiration, une respiration qui &agrave; la fois soutient l&rsquo;entreprise et en est le terme tant d&eacute;sir&eacute;, &agrave; l'extr&ecirc;me pointe des tourments, non pas en restituant dans leur v&eacute;rit&eacute; les pierres lisses cousues main de nos exp&eacute;riences revisit&eacute;es, mais en enla&ccedil;ant dans son collet la v&eacute;rit&eacute; d'un myst&egrave;re qui lui &eacute;chappe.<br />Les fragments de <em>Face &agrave; l'imm&eacute;morable</em> sont les &eacute;gaux de ces nuits qui remettent debout, disent l&rsquo;impossible sans qu&rsquo;on en meure. J&rsquo;entends le bruit de la pierre lanc&eacute;e qui ricoche dans la m&eacute;moire bien apr&egrave;s qu&rsquo;elle repose dans la vase de l&rsquo;&eacute;tang, c&rsquo;est le silence de <em>Face &agrave; l'imm&eacute;morable, </em>mince ouvrage aux larges mailles d&rsquo;o&ugrave; s&rsquo;&eacute;chappent goutte &agrave; goutte de petites r&eacute;demptions, brefs &eacute;clairs qui ram&egrave;nent &agrave; l&rsquo;essentiel, un peu de paix et le sourire du silence lorsqu&rsquo;il se fait bienveillant, avant d&rsquo;autres &eacute;preuves.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>34</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-04-15T10:02:56+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ca047cccb551f46873bf229898086d40-1272.html#unique-entry-id-1272</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ca047cccb551f46873bf229898086d40-1272.html#unique-entry-id-1272</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/127.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Une des solides vertus de l&rsquo;&eacute;criture fragmentaire quand elle se fait r&eacute;solument br&egrave;ve, plus br&egrave;ve encore qu'elle ne le devrait, lorsqu'elle a soulev&eacute; le couvercle du ciel et qu'&agrave; la fin elle se tait, c&rsquo;est de ne pas tenir en laisse son lecteur. A la condition toutefois de n&rsquo;emprisonner en son sein ni &eacute;nigme ni secret &ndash; ou pire qu'elle le feigne &ndash; et qu'elle n'use d&rsquo;aucune de ces boucles qui font revenir le lecteur bienveillant au commencement par un da capo de convenance. C&rsquo;est la force discr&egrave;te de le chasser loin d'elle, comme quand le ma&icirc;tre, assur&eacute; enfin que seule son absence lib&egrave;re l&rsquo;&eacute;l&egrave;ve, peint le vol d&rsquo;une hirondelle dont la disparition accapare un instant celui qui dans son dos attend, avant de l&rsquo;abandonner &agrave; un silence qui le condamne &agrave; prendre l&rsquo;air et &agrave; pousser sa vie plus avant. Loin de moi pourtant la condamnation de l&rsquo;autre sc&egrave;ne, celle du mirage qui tient captif le lecteur, l&rsquo;autre &eacute;criture sans laquelle nous serions tous occup&eacute;s &agrave; tenter d&rsquo;attraper l'inconnu qui se cache derri&egrave;re le miroir.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Les tourments d&#x27;Eric Chevillard</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2011-04-12T10:02:54+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/1d497818c34677f840d44520ac693c4d-1271.html#unique-entry-id-1271</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/1d497818c34677f840d44520ac693c4d-1271.html#unique-entry-id-1271</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="DSCN2108" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2108.jpg" width="480" height="360"/><br /><br />Lev&eacute; &agrave; l&rsquo;aube, j&rsquo;ai d&eacute;marr&eacute; ce matin l&rsquo;entreprise si souvent diff&eacute;r&eacute;e qui devait compl&eacute;ter l&rsquo;enqu&ecirc;te que je m&egrave;ne depuis un certain temps d&eacute;j&agrave; sur un large pan de l&rsquo;oeuvre d&rsquo;Eric Chevillard et, plus sp&eacute;cifiquement, me permettre de saisir la raison pour laquelle il s&rsquo;&eacute;tait arr&ecirc;t&eacute; l&agrave; de son d&eacute;compte, 807, un mardi de janvier, dans ce qui devait &ecirc;tre &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence un jardin sous cloche; pourquoi l&rsquo;homme a reconduit une telle entreprise un jeudi de septembre &ndash; de la m&ecirc;me ann&eacute;e &ndash; au pr&eacute;texte qu&rsquo;il souhaitait conna&icirc;tre le monde &ndash; dans une pelouse cette fois-ci; pourquoi il a demand&eacute; un jour de novembre &ndash; alors que les pr&eacute;s sont maigres &ndash; sa r&eacute;admission dans le pavillon des ali&eacute;n&eacute;s qu&rsquo;il n&rsquo;aurait jamais d&ucirc;, dit-il, quitter; pourquoi enfin cette oeuvre qui l&rsquo;effraie tant, son oeuvre l&rsquo;a conduit tout naturellement &agrave; soup&ccedil;onner qu&rsquo;elle &eacute;tait celle d&rsquo;un autre.<br />Je vous passe le d&eacute;tail. L&rsquo;homme est aux abois, incertain de l&rsquo;avenir. Pourra-t-il achever cette oeuvre qu&rsquo;il d&eacute;pose brin &agrave; brin dans les rayons des biblioth&egrave;ques du monde avant que celles-ci, si t&ocirc;t d&eacute;j&agrave; et il le sait, ne soient d&eacute;sherb&eacute;es par les mains inexpertes de quelques fonctionnaires qui, tout comme lui, n&rsquo;auront su de leur vie distinguer le merle au chant humide du corbeau aux sinistres pr&eacute;sages?<br />Il ne reste &agrave; cet homme rien d&rsquo;autre que la d&eacute;rision en porte-&agrave;-faux, celle de l&rsquo;homme tard venu qui d&eacute;couvre &agrave; la fin la confusion dans laquelle il fut, dernier cri de la litt&eacute;rature de pavillon, lorsque le g&eacute;nie se r&eacute;veille et prend conscience avec effroi qu&rsquo;il aurait pu ne pas &ecirc;tre le premier serviteur des &eacute;crivains des pelouses, mais l&rsquo;Alexandre de ceux des p&acirc;tures, celui qui d&eacute;noue, se dresse avec hardiesse au milieu du pr&eacute;, deux poign&eacute;es d&rsquo;herbe port&eacute;es au ciel, ultimes offrandes adress&eacute;es &agrave; Dieu qui conna&icirc;t le secret chiffr&eacute; de ses tourments.<br /><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/127.4.png" width="50" height="50"/> <br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">29 avril 2011</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>33</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2011-04-08T17:30:03+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/4237fe51e93977c1b2d7644133ada8b3-1270.html#unique-entry-id-1270</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/4237fe51e93977c1b2d7644133ada8b3-1270.html#unique-entry-id-1270</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 12" src="http://www.lesmarges.net/files/126.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Lorsque l'esprit, pour le faire taire, r&eacute;duit le r&eacute;el au raisonnable, ne r&eacute;sistent &agrave; son emprise que quelques r&eacute;cits fumeux et leurs ombres, qui rejoignent &agrave; la fin celle que laisse sur les bas-c&ocirc;t&eacute;s du chemin notre volont&eacute; carnassi&egrave;re quand elle croit infl&eacute;chir le cours des choses. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>32</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2011-04-07T17:30:03+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/4d61f52c19d433236ee5c82331944cfb-1269.html#unique-entry-id-1269</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/4d61f52c19d433236ee5c82331944cfb-1269.html#unique-entry-id-1269</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 10" src="http://www.lesmarges.net/files/126.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Regarde la rivi&egrave;re qui creuse et mod&egrave;le le paysage. Imite-la, mais rappelle-toi que tu ne disposes pas de son temps. Utilise le tranchant du couteau.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>31</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2011-04-06T17:30:01+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/85de1a600e347006cf1b5786de722bd8-1268.html#unique-entry-id-1268</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/85de1a600e347006cf1b5786de722bd8-1268.html#unique-entry-id-1268</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/126.3.png" width="50" height="50"/><br /><br /><span style="font-size:11px; "><em>Pour Isabelle Pariente-Butterlin</em></span><br /><br />Elle se tient debout dans une cour d&rsquo;&eacute;cole pleine de soleil, immobile comme Socrate dont elle se souvient, tel une pierre lev&eacute;e, l&rsquo;oreille tendue sur le rien qui l&rsquo;entoure. Il tient dans sa main ce qui a eu, ce qui peut ou pourrait, mais aussi ce qui aurait pu avoir lieu. La journ&eacute;e passe. Elle bouge &agrave; peine, elle donne une petite chance suppl&eacute;mentaire &agrave; ce qui aura lieu, Socrate s&rsquo;incline et se retire. C&rsquo;est ainsi parfois qu&rsquo;elle va de l&rsquo;avant. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>30</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-04-05T17:30:01+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/08e53c82b7ec6841ee37de7ccb3c54a2-1267.html#unique-entry-id-1267</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/08e53c82b7ec6841ee37de7ccb3c54a2-1267.html#unique-entry-id-1267</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/126.2-2.png" width="50" height="50"/> <br /><br />On a appris que &ccedil;a ne se faisait pas, que le vert des saules jurait avec celui des m&eacute;l&egrave;zes, c&rsquo;est tout de m&ecirc;me tr&egrave;s joli, parce que les saules et les m&eacute;l&egrave;zes ne sont  tout au plus que des riverains sans intention sur les bords d&rsquo;un chemin d&eacute;sert qui leur apporte un peu de lumi&egrave;re. Je le vois bien, ils ne pr&ecirc;tent aucune attention &agrave; ce qui les entoure, ne font que durer, chacun pour soi, mais j&rsquo;ai remarqu&eacute; qu&rsquo;ils le font sans en rajouter, et c&rsquo;est pour cela qu&rsquo;ils n&rsquo;&eacute;prouvent ni le besoin de se rapprocher ni celui de se quitter.  <br />A l&rsquo;arri&egrave;re des grappes de samares tiennent solidement aux branches des fr&ecirc;nes, &agrave; la tra&icirc;ne de l&rsquo;an pass&eacute;. C&rsquo;est ici comme partout ailleurs, toujours la m&ecirc;me chose, mais on sait que &ccedil;a ne se r&eacute;p&egrave;te pas, on sait que &ccedil;a dure, &ccedil;a dure si bien qu&rsquo;on on ne se plaint pas, qu&rsquo;on soit en avance d&rsquo;un pas ou en retard d&rsquo;un an.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 3 avril 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-04-04T16:08:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/01ec4b38e0c5e2eee7756538e8a131d1-1266.html#unique-entry-id-1266</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/01ec4b38e0c5e2eee7756538e8a131d1-1266.html#unique-entry-id-1266</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/126.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Sous les draps les reins, l&rsquo;ombre des grasses matin&eacute;es, les fen&ecirc;tres ouvertes avec les moineaux qui battent l'air. Du robinet de l'&eacute;vier, en-bas, gouttent les mesures d'un temps long, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de deux pichets d'eau, vides. Dehors les vernis s'&eacute;caillent, l'esprit d'escalier sommeille avec les pioches dans les remises. <br /><br />Pas un chat sur la route qui m&egrave;ne aux Chardouilles mais une liti&egrave;re au bout du pr&eacute;. Je m'&eacute;tends hors les mots dans la solide dur&eacute;e, sous l'empire d'un rien qui &eacute;tend son empire jusqu'&agrave; la lisi&egrave;re des pens&eacute;es, me dissimule derri&egrave;re des vagues qui ondulent, se chevauchent, maintenues ensemble &ndash; ne veux pas savoir comment. <br /><br />Un groupe d'enfants attend la venue de ceux qui les ont tant attendus, riv&eacute;s les uns aux autres, &agrave; l'attente et aux promesses. Tout &agrave; l'heure les petits joueront l'air de l'apocalypse joyeuse, un canon, dix-sept langues. <br /><br />Il est si simple lorsqu'on voit clair, trop clair, trop simple de lever les forces noires de ceux qui vivent dans la suie des r&ecirc;ves. La violence est dans la bascule. Reviendront alors les jours pleins jusqu'&agrave; la gueule de canons et de sang noir, les fers rouill&eacute;s, volets ferm&eacute;s d&egrave;s le saut du lit.  On ne verra plus dans le ciel le ciel et la ouate des nuages, mais les traces d'un chat noir sur le capot de nos v&eacute;hicules en ruines. Ma foi il n'&eacute;tait pas d&eacute;sagr&eacute;able le temps d'avant, lorsqu'on ne feintait pas trop avec la mort. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXXXVIII</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2011-04-28T15:41:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/9228d2412fa09fd04ce7e12e8ca267b5-1265.html#unique-entry-id-1265</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/9228d2412fa09fd04ce7e12e8ca267b5-1265.html#unique-entry-id-1265</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/1299.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a <a href="http://www.lesmarges.net/files/1087fffa27618eb2295a9f010d7a422b-832.html" rel="self">plus d&rsquo;une ann&eacute;e</a> qu&rsquo;on ne les a pas revus au village, <a href="http://www.lesmarges.net/files/d9c3c85485b24c464ddea702872a0a83-737.html" rel="self">Michel et Marjolaine</a> m&egrave;nent leur retraite tambour-battant, sans enfants ni petits-enfants, libres comme l&rsquo;air. C&rsquo;est la fin de l&rsquo;apr&egrave;s-midi et il fait beau sur la terrasse du caf&eacute;, on n&rsquo;entend qu&rsquo;eux, ils nous racontent leurs voyages dans le Tyrol, en Croatie, &agrave; Naples, et puis dans les C&eacute;vennes. Deux nouveaut&eacute;s sautent aux yeux, la petite caravane qui les suit partout et que l&rsquo;on aper&ccedil;oit sur quantit&eacute; de photographies, et puis, plus grave, la mani&egrave;re dont ils s&rsquo;adressent la parole :<br />- C&rsquo;est dans un camping &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e d&rsquo;Anduze, la veille du 14 juillet.<br />- Mais non papy, c&rsquo;est &agrave; Sainte-Enimie, lorsque nous revenions de Florac.<br />- Mamy! je t&rsquo;en prie, tu n&rsquo;y es pas.<br />- Papy!<br />On se regarde d&rsquo;un oeil &eacute;tonn&eacute; avant de trouver l&rsquo;explication la plus vraisemblable : Michel et Marjolaine s&rsquo;appellent <em>papy</em> et <em>mamy</em> depuis qu&rsquo;ils se sont achet&eacute; une caravane, par manque de place.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">  Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Factuellement v&#xf4;tre &#x7c; Isabelle Pariente-Butterlin</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Vases communicants</category><dc:date>2011-04-01T00:08:45+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7809bfe6d3e1be92173ba7f26ee8df46-1262.html#unique-entry-id-1262</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7809bfe6d3e1be92173ba7f26ee8df46-1262.html#unique-entry-id-1262</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 10" src="http://www.lesmarges.net/files/125.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />J'aime bien les faits. Ils ponctuent le temps, la journ&eacute;e. Du lever au coucher, c'est une ponctuation, la journ&eacute;e est une phrase, il faut la dire sans se tromper, comme &agrave; l'&eacute;poque o&ugrave; je croyais que j'allais faire du th&eacute;&acirc;tre, br&ucirc;ler les planches&hellip; ! Non : les faits. Comme une pulsation sur le cours du temps. Ils permettent de v&eacute;rifier les &eacute;tapes franchies de l'avanc&eacute;e sur la ligne temporelle. Je me souviens encore de ce que disait mon vieux prof, "il ne faut jamais regarder ses pieds quand on descend un escalier, il vaut mieux qu'un roi shakespearien tombe dans l'escalier s'il ne peut pas faire autrement, mais ne regardez pas vos pieds", &ccedil;a n'a jamais pu marcher avec moi.<br /><br /><em>- Monsieur Z&hellip;, votre rendez-vous de 9 h est arriv&eacute;.<br />- Un instant, s'il vous pla&icirc;t.<br /></em><br />C'est rassurant. Je m'appelle bien Z&hellip;, &ccedil;a c'est v&eacute;rifi&eacute; pour la journ&eacute;e. C'est stable, r&eacute;gulier. Je peux mettre une croix. J'ai fait l'appel de moi-m&ecirc;me. Il y a des certitudes sur lesquelles on peut tabler pour la journ&eacute;e sans trop d'imprudence. Moi, ma qualit&eacute; premi&egrave;re n'est pas l'audace, cette histoire d'escalier a &eacute;t&eacute; le d&eacute;clic, je n'ai jamais r&eacute;ussi. Je fais les choses, au fur et &agrave; mesure, comme elles se pr&eacute;sentent, comme &ccedil;a on arrive au bout de la journ&eacute;e, il est encore possible d'acheter le journal au guichet de la gare et de rentrer pour les informations. Il est neuf heures. Neuf heures du matin. Si je prends, entre neuf heures et, mettons, neuf heures douze, un intervalle de douze minutes pendant lequel il suffit que je fasse autre chose, alors Monsieur W&hellip; en conclura que moi, Monsieur Z&hellip;, suis suffisamment 1) important pour le laisser attendre, 2) occup&eacute; pour avoir d&eacute;j&agrave;, &agrave; neuf heures du matin, douze minutes de retard sur le planning de ma journ&eacute;e, ce qui, au regard d'une journ&eacute;e de, mettons encore huit heures, si j'enl&egrave;ve le temps du d&eacute;jeuner, me permettra d'avoir huit fois douze minutes, soit&hellip; quatre-vingt-seize&hellip; &ccedil;a fait une heure trente-six tout de m&ecirc;me&hellip; de retard. Et pour ce faire, c'est du grand art, je ne suis pas oblig&eacute; de perdre mon temps. Je ne perds pas mon temps, pour faire perdre le sien &agrave; Monsieur W&hellip;, ce serait mesquin, je vais juste un instant faire autre chose. Je suis bien ins&eacute;r&eacute;, bien install&eacute; dans une trame sociale, temporelle qui fait que Monsieur W&hellip; va attendre sans rien dire, et que moi, pendant ce temps, je ferai autre chose.<br /><br />Bon, enfin, tout &ccedil;a, &ccedil;a permet de v&eacute;rifier, &agrave; intervalle r&eacute;gulier, qu'on est en vie.&nbsp;<br /><br />Et de toutes fa&ccedil;ons, j'ai toujours autre chose &agrave; faire, c'est vrai. Je suis occup&eacute;, personne ne pourra dire le contraire. Je n'ai qu'&agrave; ouvrir mon agenda.&nbsp;J'aime bien ce mot. Neutre pluriel. Litt. : les choses qui sont devant &ecirc;tre faites. J'ai fait du latin, autrefois. Pas beaucoup, mais &ccedil;a, je m'en souviens. J'ai r&eacute;ussi &agrave; parvenir &agrave; ce point de mon existence o&ugrave; mon agenda est rempli pour plusieurs semaines &agrave; l'avance. Nous sommes en mars, fin mars-d&eacute;but avril pr&eacute;cis&eacute;ment, et d&eacute;j&agrave; il se remplit pour &hellip; septembre. Dominique le remarquait hier. M&ecirc;me en novembre, j'ai d&eacute;j&agrave; des rendez-vous qui sont marqu&eacute;s, pris. Mon temps de novembre est d&eacute;j&agrave; pris.&nbsp;<br /><br />Tiens, &ccedil;a me rappelle de vieux souvenirs, tout &ccedil;a. Je me souviens du registre que tenait mon p&egrave;re, il se remplissait des r&eacute;servations au fur et &agrave; mesure de la saison, je le regardais, se noircir, se remplir, il me semblait que l'avenir prenait corps dans les registres, les agenda, les plannings, les r&eacute;servations,&nbsp;plus tard il m'a m&ecirc;me laiss&eacute; &eacute;crire les noms des clients, mais c'&eacute;tait d&eacute;j&agrave; &agrave; l'&eacute;poque o&ugrave; &ccedil;a ne m'amusait d&eacute;j&agrave; plus.&nbsp;Les gens savaient qu'ils dormiraient ici le tant, c&rsquo;&eacute;tait ferme, r&eacute;serv&eacute;, on versait des arrhes &agrave; la r&eacute;servation, sinon mon p&egrave;re effa&ccedil;ait le nom, inexorablement. Il les effa&ccedil;ait du grand registre du temps. Et c'&eacute;tait comme s&rsquo;ils n'avaient jamais appel&eacute;, jamais r&eacute;serv&eacute;, et m&ecirc;me, comme s'ils n'avaient jamais exist&eacute;. &Agrave; la limite, on aurait pu dire &ccedil;a. Mon p&egrave;re tenait le grand registre du temps, et au fur et &agrave; mesure des semaines, la grande double page se noircissait, se remplissait, des noms &eacute;taient effac&eacute;s, d&eacute;plac&eacute;s d'une chambre &agrave; une autre, certains disparaissaient, d'autres revenaient &agrave; intervalles r&eacute;guliers.&nbsp;<br /><br />Maintenant c'est mon tour. Je sais, tiens prenons un exemple au hasard, que si je voulais aller, disons, voir la mer le 28 mai, eh bien je ne pourrais pas ! C'est une certitude, et les certitudes sont des victoires sur le temps, non ? Moi, Monsieur Z&hellip;, je suis tellement occup&eacute;, que si je voulais aller voir la mer le 28 mai, entre mon d&eacute;placement &agrave; Amsterdam et celui &agrave; Besan&ccedil;on, eh bien je ne pourrais pas parce que, entre les deux, des d&eacute;placements professionnels, tous les deux, hein ?, je dois r&eacute;gler le dossier W&hellip; oui, celui-l&agrave; m&ecirc;me&hellip;. Et vu l'affaire, une journ&eacute;e ne sera pas de trop.&nbsp;<br /><br /><em>- Faites-le entrer, Dominique.<br />- Bien, Monsieur. Un instant, s'il vous pla&icirc;t. Je vais le chercher, il est sorti dehors fumer une cigarette.<br /></em><br />C'est lui, maintenant, qui me fait perdre mon temps ? Il ne manque pas de culot. Ce n'est pas si compliqu&eacute; d'ajuster son temps, ses gestes, ses mouvements. C'est la condition sine qua non &nbsp;pour que quelque chose fonctionne dans le monde. Le monde social est une petite m&eacute;canique de pr&eacute;cision, non ? Il s'imagine quoi, celui-l&agrave; ? Qu'il est un roi shakespearien ?&nbsp;<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Isabelle Pariente-Butterlin</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p><p style="text-align:left;"><em>&eacute;crit par </em><em><a href="http://yzabel2046.blogspot.com/" rel="self">Isabelle Pariente-Butterlin </a></em><em>qui m&rsquo;accueille </em><em><a href="http://lesdecouvertesdutetard.over-blog.com/" rel="self">chez elle</a></em><em> sur son site </em><a href="http://yzabel2046.blogspot.com/" rel="self">&AElig;dificavit</a> <em>dans le cadre du projet de </em><em><a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=104893605886" rel="self">vases communicants</a></em><em>&nbsp;: le premier vendredi du mois, chacun &eacute;crit sur le blog d&rsquo;un autre, &agrave; charge &agrave; chacun de pr&eacute;parer les mariages, les &eacute;changes, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement&hellip; Ne pas &eacute;crire pour, mais &eacute;crire chez l&rsquo;autre.<br /></em><em>Et d&rsquo;autres vases communicants ce mois: <br /></em><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-13.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><em>&nbsp;</em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://brigetoun.blogspot.com/">Brigitte C&eacute;l&eacute;rier</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> et </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://www.erohee.net/ail/chantier/">Beno&icirc;t Vincent</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><em><br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><em>&nbsp;</em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://ruelles.wordpress.com/">Sandra Hin&egrave;ge</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> et </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://www.liminaire.fr/">Pierre M&eacute;nard</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> <br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-2.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><em>&nbsp;</em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://www.fuirestunepulsion.net/%20">Guillaume Vissac</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> et </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://www.oeuvresouvertes.net/">Laurent Margantin</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> <br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-3.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><em>&nbsp;</em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://www.joachimsene.fr/txt/">Joachim S&eacute;n&eacute;</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> et </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://blog.marcpautrel.com/">Marc Pautrel</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> <br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-4.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><em>&nbsp;</em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://dh68.wordpress.com/">Dominique Hasselmann</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> et </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://www.tierslivre.net/">Fran&ccedil;ois Bon</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> <br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-5.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><em>&nbsp;</em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://www.%c3%a0chatperch%c3%a9.net/">Michel Brosseau</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> et </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://www.stephanebataillon.com/">St&eacute;phane Bataillon</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> <br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-6.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><em>&nbsp;</em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://flaneriequotidienne.wordpress.com/">Franck Queyraud</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> et </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://samdixneuf.wordpress.com/">Samuel Dixneuf-Mocozet</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> <br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-7.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><em>&nbsp;</em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://www.fenetresopenspace.blogspot.com/">Anne Savelli</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> et </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://www.pendantleweekend.net/">Piero Cohen-Hadria</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> <br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-8.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><em>&nbsp;</em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://tentatives.eklablog.fr/">Christine Jeanney</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> et </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://semenoir.typepad.fr/">Maryse Hache</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> <br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-8-2.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><em> </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"><em><a href="http://sauvageana.blogspot.com/" rel="self">Anita Navarrete-Berbel</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"><em> et </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"><em><a href="http://www.fut-il.net/" rel="self">Christophe Sanchez</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em><br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-9.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><em>&nbsp;</em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/">Claire Dutrait</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> et </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://cafcom.free.fr/">Jacques Bon</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> <br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-10.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><em>&nbsp;</em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://www.blogger.com/%20http://petiteracine.over-blog.com/">C&eacute;cile Portier</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> et </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://lexildesmots.hautetfort.com/">Bertrand Redonnet</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> <br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-11.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><em>&nbsp;</em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://christopherselac.livreaucentre.fr/">Christopher Selac</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> et </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://www.frth.fr/">Franck Thomas</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> <br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-12.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><em>&nbsp;</em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://cheminsbattus.wordpress.com/">Morgan Riet</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> et </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://jedelego.free.fr/%20">Vincent Motard-Avargues</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-14.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><em>&nbsp;</em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://yzabel2046.blogspot.com/2011/04/aurait-il-pu-en-etre-autrement-par-jean.html" rel="self">Isabelle Pariente-Butterlin</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> et </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#10505C;"><em><a href="http://www.lesmarges.net/files/7809bfe6d3e1be92173ba7f26ee8df46-1262.html" rel="self">Jean Prod'hom</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#666666;"><em> </em></span><br /></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Consolations</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Vases communicants</category><dc:date>2011-03-31T00:08:37+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/0926db41114293ef5d02f4970ce02e7c-1261.html#unique-entry-id-1261</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/0926db41114293ef5d02f4970ce02e7c-1261.html#unique-entry-id-1261</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/125.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Quand le ciel s&rsquo;assombrit, l&rsquo;homme pense avec tristesse aux vies qu&rsquo;il e&ucirc;t pu mener s&rsquo;il en f&ucirc;t all&eacute; autrement. Il devrait au contraire se consoler en se rappelant que ce qui a exist&eacute; un jour ressemble &eacute;trangement &agrave; ce qui n&rsquo;est rest&eacute; que possible, c&rsquo;est-&agrave;-dire &agrave; ce qui n&rsquo;existe pas. <br /><br />Lorsqu&rsquo;au terme de son existence l&rsquo;homme fait le bilan, il pense &agrave; regret qu&rsquo;il a trop souvent voulu couper au plus court.<br /><br />Avant d&rsquo;identifier et de pr&eacute;venir autant que faire se peut le talon d&rsquo;Achille qui menace sa vie, l&rsquo;homme est amen&eacute; &agrave; faire d&rsquo;innombrables exp&eacute;riences, neutraliser les pr&eacute;dictions, conjurer le hasard, user des lumi&egrave;res de la raison, &eacute;viter les chausse-trapes du langage... En vain. <br />Il e&ucirc;t suffi pourtant d&rsquo;un peu plus que l&rsquo;exacte dur&eacute;e de sa vie pour que celle-ci lui livre les secrets de sa faiblesse cong&eacute;nitale. Or c&rsquo;est &agrave; l&rsquo;instant m&ecirc;me qui pr&eacute;c&egrave;de la saisie de ces secrets que la vie le quitte tra&icirc;treusement, in&eacute;vitablement, sans d&eacute;fense.<br /><br />Publi&eacute; le 4 mars 2011 dans le cadre du projet de <a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=104893605886" rel="self">vases communicants</a>&nbsp;chez Estelle Ogier (<a href="http://lesdecouvertesdutetard.over-blog.com/article-196-68521119.html" rel="self">Espace childfree</a>).<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a le bon aloi</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-03-30T00:08:32+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/941565f52c381b480f15aed826a4ac39-1260.html#unique-entry-id-1260</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/941565f52c381b480f15aed826a4ac39-1260.html#unique-entry-id-1260</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/125.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a le bon aloi<br />l&rsquo;arbitraire du signe<br />la mer lie-de-vin<br />il y a les modes d&rsquo;emploi<br />le Front populaire<br />l&rsquo;&eacute;lectro-m&eacute;nager<br />il y a le col du Septimer<br />les associations de b&eacute;n&eacute;voles<br />les dons d&rsquo;organes<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXXXVII</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2011-03-28T00:08:26+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7fa3347a2f6a91796a8e5e7063ce90c1-1259.html#unique-entry-id-1259</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7fa3347a2f6a91796a8e5e7063ce90c1-1259.html#unique-entry-id-1259</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/125.3.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Comme chaque ann&eacute;e, fin mars, Jean-R&eacute;my assainit sa propri&eacute;t&eacute;. Il s&rsquo;attaque d&rsquo;abord aux chiens errants du quartier qui, de l&rsquo;aube au cr&eacute;puscule, conchient le pied de ses haies et de ses arbres fruitiers, pissent sur ses forsythias, ses hortensias, arrosent son paillasson et sa plate-bande. Cach&eacute; dans sa traditionnelle tenue de combat qui le confond au gris de sa maison, Jean-R&eacute;my guette et, chaque fois que l&rsquo;un d&rsquo;eux montre le bout de son nez, jaillit de la tranch&eacute;e, l&rsquo;injurie, lui lance pierres et b&acirc;tons. Le combat est in&eacute;gal, chacun d&rsquo;eux s&rsquo;enfuit. Le soir, lorsque le soleil dispara&icirc;t derri&egrave;re l&rsquo;horizon, harrass&eacute;, Jean-R&eacute;my songe aux coriaces qu&rsquo;il a su mater, il fait monter du fond de sa gorge un grondement sourd qui fait savoir alentour son bonheur d&rsquo;avoir triomph&eacute;. <br />Puis, tandis que les chiens pleurent &agrave; la lisi&egrave;re du bois, Jean-R&eacute;my s&rsquo;approche du compost au pied duquel il pisse abondamment. Tout son corps fr&eacute;mit. Il pointe son nez vers une &eacute;toile et lance au ciel, interminablement, comme un loup, des modulations qui expriment la douleur, le silence, le froid, la solitude, les t&eacute;n&egrave;bres.  Des instincts assoupis depuis longtemps se r&eacute;veillent. D&rsquo;une fa&ccedil;on vague, il se ressouvient des temps premiers de son esp&egrave;ce, des temps o&ugrave; les hommes sauvages parcouraient la for&ecirc;t primitive en bandes et for&ccedil;aient les proies qu&rsquo;ils tuaient pour se nourrir. La vie de ses anc&ecirc;tres se ranime en lui, et les vieilles ruses de sa race redeviennent les siennes. Elles lui reviennent sans effort, sans qu&rsquo;il e&ucirc;t &agrave; les red&eacute;couvrir, comme s&rsquo;il les connaisssait depuis toujours, c&rsquo;est <em>l&rsquo;appel de la for&ecirc;t</em>.  Il entonne le chant d&rsquo;un monde nouveau, qui est le chant de la bande. Demain les chiens qui lui r&eacute;pondent reviendront, et un jour, plus tard, Jean-R&eacute;my rejoindra la meute, les chiens de son esp&egrave;ce.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 27 mars 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-03-29T00:07:57+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a7567674ca6158def010bf04d7d1782b-1258.html#unique-entry-id-1258</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a7567674ca6158def010bf04d7d1782b-1258.html#unique-entry-id-1258</guid><content:encoded><![CDATA[<br /><span style="font-size:19px; "><br /></span><span style="font-size:19px; "><br /></span><img class="imageStyle" alt="DSCN2213" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2213.jpg" width="150" height="150"/><img class="imageStyle" alt="DSCN2232" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2232.jpg" width="150" height="150"/><img class="imageStyle" alt="DSCN2219" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2219.jpg" width="150" height="150"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN2224" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2224.jpg" width="150" height="150"/><img class="imageStyle" alt="DSCN2208" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2208.jpg" width="150" height="150"/><img class="imageStyle" alt="DSCN2239" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2239.jpg" width="150" height="150"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN2231" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2231.jpg" width="150" height="150"/><img class="imageStyle" alt="DSCN2236" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2236.jpg" width="150" height="150"/><img class="imageStyle" alt="DSCN2206" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2206.jpg" width="150" height="150"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN2202" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2202.jpg" width="150" height="150"/><img class="imageStyle" alt="DSCN2214" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2214.jpg" width="150" height="150"/><img class="imageStyle" alt="DSCN2234" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2234.jpg" width="150" height="150"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN2215" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2215.jpg" width="150" height="150"/><img class="imageStyle" alt="DSCN2218" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2218.jpg" width="150" height="150"/><img class="imageStyle" alt="DSCN2209" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2209.jpg" width="150" height="150"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN2237" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2237.jpg" width="150" height="150"/><img class="imageStyle" alt="DSCN2230" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2230.jpg" width="150" height="150"/><img class="imageStyle" alt="DSCN2235" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2235.jpg" width="150" height="150"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN2233" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2233.jpg" width="150" height="150"/><img class="imageStyle" alt="DSCN2217" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2217.jpg" width="150" height="150"/><img class="imageStyle" alt="DSCN2228" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2228.jpg" width="150" height="150"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN2211" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2211.jpg" width="150" height="150"/><img class="imageStyle" alt="DSCN2207" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2207.jpg" width="150" height="150"/><img class="imageStyle" alt="DSCN2220" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2220.jpg" width="150" height="150"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN2240" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2240.jpg" width="150" height="150"/><img class="imageStyle" alt="DSCN2204" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2204.jpg" width="150" height="150"/><img class="imageStyle" alt="DSCN2245" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2245.jpg" width="150" height="150"/><br /><br /><span style="font:17px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; font-weight:bold; color:#333333;font-weight:bold; "><br /></span><span style="font:17px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; font-weight:bold; color:#333333;font-weight:bold; "><br /><br /></span><span style="font:19px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; font-weight:bold; color:#333333;font-weight:bold; ">Que pense <br />le papillon <br />de l&rsquo;&eacute;ph&eacute;m&egrave;re<br /><br />et la pierre <br />du possible<br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; font-weight:bold; color:#333333;font-weight:bold; "><br /></span><strong><img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/125.1-2.png" width="50" height="50"/></strong><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br />Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Vivre au septi&#xe8;me degr&#xe9;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><category>Pra Massin</category><dc:date>2011-03-25T13:40:45+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7209458e7934ca329eb9c5ed8d9071ac-1257.html#unique-entry-id-1257</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7209458e7934ca329eb9c5ed8d9071ac-1257.html#unique-entry-id-1257</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-03-18 à 13.50.10" src="http://www.lesmarges.net/files/124.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Elle est demeur&eacute;e volontairement &agrave; la tra&icirc;ne, s&rsquo;est content&eacute;e, un peu aveugle, de l&rsquo;en-de&ccedil;a de toute chose, de tout &eacute;v&eacute;nement, de toute entreprise, nouvelle venue ou vieille locataire. Elle s&rsquo;y est tenue fermement en acceptant le retard qu&rsquo;elle n&rsquo;a jamais cru bon devoir combler, un retard bient&ocirc;t chronique, tandis que ceux qui l&rsquo;entouraient r&ecirc;vaient, flambaient, prenaient possession du monde.<br />Elle n&rsquo;a jamais fait la fine bouche devant la rumeur d&eacute;sarticul&eacute;e que les aventuriers laissaient derri&egrave;re eux, elle se contentait de ramasser l&rsquo;ombre de leurs entreprises avec une brosse et une ramassoire. La vieille a r&eacute;ussi l&agrave; o&ugrave; personne n&rsquo;a jamais rien obtenu, puisqu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien. Je l&rsquo;ai vue plus d&rsquo;une fois tirer l&rsquo;invisible filet de la bienveillance, elle aimait par-dessus tout marcher, m&ecirc;lait le bruit de ses pas au silence. La vieille vivait en marge des signes de domination et des d&eacute;cisions de bon ton, l&agrave; o&ugrave; la musique loge le septi&egrave;me degr&eacute; de ses gammes, dans les appartements de la sensible.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXXXVI</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2011-03-24T13:40:44+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/683729e0d5ed71c6188073db63d8e7a1-1256.html#unique-entry-id-1256</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/683729e0d5ed71c6188073db63d8e7a1-1256.html#unique-entry-id-1256</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-03-18 à 13.50.50" src="http://www.lesmarges.net/files/124.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Anatole a bien mauvaise mine lorsqu'il s'assied &agrave; notre table. Pas d&rsquo;app&eacute;tit, pas soif non plus. Me demande discr&egrave;tement de le suivre un instant, il veut me parler. Je quitte la tabl&eacute;e, c'est un ami. <br />On monte en direction du cimeti&egrave;re. Un peu avant le portail, Anatole me rappelle ses parents &ndash; que je connaissais bien &ndash; d&eacute;c&eacute;d&eacute;s il y a plus de 10 ans. <br />&ndash; Mais, poursuit-il la voix h&eacute;sitante, j&rsquo;ai toujours eu un doute, je ne poss&egrave;de aucune preuve tangible que mon p&egrave;re est bien mon p&egrave;re, ma m&egrave;re ma m&egrave;re. Que dois-je faire? Entamer une proc&eacute;dure judiciaire pour lever leur pierre tombale et la chape arm&eacute;e de mes doutes? <br />Je souris d'abord, Anatole est bl&ecirc;me. J&rsquo;essaie de plaisanter en lui assurant que je n&rsquo;ai aucune certitude, moi non plus, que mes parents morts aujourd&rsquo;hui ne sont peut-&ecirc;tre pas mes parents bilologiques? D&rsquo;o&ugrave; me vient en effet cette artificielle confiance, on se ressemblait si peu. Car enfin, Oedipe n&rsquo;a-t-il pas tu&eacute;, il y a longtemps d&eacute;j&agrave;, celui qu&rsquo;il cherchait? Et Arthur, Louise, Lili,... ne les a-t-on pas &eacute;chang&eacute;s par m&eacute;garde &agrave; la maternit&eacute;? Me voici d&rsquo;un coup orphelin.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 20 mars 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-03-21T13:40:44+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/116540235ad57bd0b8b42d0986e60cef-1255.html#unique-entry-id-1255</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/116540235ad57bd0b8b42d0986e60cef-1255.html#unique-entry-id-1255</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-03-18 à 13.50.04" src="http://www.lesmarges.net/files/124.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Matin&eacute;e &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital ophtalmique pour une poussi&egrave;re que j&rsquo;ai ramen&eacute;e la veille de Forel-sur-Lucens &agrave; l&rsquo;occasion des gros travaux de nettoyage du local du club de trial. Ce ne serait pas un h&ocirc;pital si on m&rsquo;y avait attendu, je m&rsquo;y pr&eacute;sente avant 9 heures, c&rsquo;est apr&egrave;s 10 heures seulement qu&rsquo;un m&eacute;decin &ndash; qui ne colle pas &agrave; l&rsquo;image que je me fais des m&eacute;decins &ndash; plonge son oeil dans le mien: pas de poussi&egrave;re, pas de bris de verre, bris de bois ou bris de fer, il rep&egrave;re pourtant un petit vaisseau qui a saut&eacute;. Il en profite pour visiter les coins et recoins de mon oeil gauche dont un collyre a dilat&eacute; la pupille et paralys&eacute; le muscle ciliaire. De mon oeil gauche je ne vois rien de particulier, sinon des &eacute;clairs multicolores; de mon oeil droit, j&rsquo;aper&ccedil;ois l&rsquo;oreille de l&rsquo;inconnu, proche, trop proche, perc&eacute;e d&rsquo;un anneau d&rsquo;or.<br />Et puis tout s&rsquo;encha&icirc;ne comme chez Lucr&egrave;ce: tiens mais c&rsquo;est une uv&eacute;ite,... l&rsquo;inflammation de l&rsquo;uv&eacute;e, cher Monsieur! c&rsquo;est souvent le signe d&rsquo;autre chose, de ceci ou de cela. Mais ne craignez rien, ce n&rsquo;est peut-&ecirc;tre qu&rsquo;une pouss&eacute;e orpheline. Elle peut &ecirc;tre aussi le signe d&rsquo;une maladie g&eacute;n&eacute;rale, style maladie de Bechterew... Je ne bouge pas, laisse passer l&rsquo;orage qui d&eacute;pose, seconde apr&egrave;s seconde, de dr&ocirc;les de d&eacute;p&ocirc;ts sur les choses qui m&rsquo;environnent. Puis retire la t&ecirc;te de l&rsquo;int&eacute;rieur d&rsquo;un dispositif complexe en forme de cloche, constitu&eacute; de divers appuis, vis et barres d&rsquo;acier... qui me fait immanquablement penser aux dispositifs de la tr&eacute;panation d&rsquo;antan.  <br />Une infirmi&egrave;re me retire ensuite 9 millilitres de sang pour qu&rsquo;on en ait le coeur net. Le m&eacute;decin signe une ordonnance pour des gouttes de cortisone que je devrai appliquer toutes les heures au cours des deux prochains jours; il me faudra, ajoute-t-il, trouver un conducteur pour me ramener &agrave; la maison; enfin, et c&rsquo;est le bouquet, il place sous mon nez un papier m&rsquo;autorisant &agrave; un arr&ecirc;t de travail d&rsquo;une semaine. C&rsquo;en est trop, me vois grabataire et aveugle. D&eacute;cide de n&eacute;gocier le tout: j&rsquo;appliquerai les gouttes, mais j&rsquo;irai travailler; quant &agrave; mon retour, j&rsquo;y vois suffisamment clair; c&rsquo;est entendu, on se retrouve dans 48 heures pour un bilan. L&rsquo;entrevue aura &eacute;t&eacute; courte, je saurai mardi dans quelle mesure ma vie a chang&eacute;.<br />Je sors de l&rsquo;asile des aveugles &ndash; c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on appelait autrefois l&rsquo;h&ocirc;pital ophtalmique de Lausanne &ndash; un peu sonn&eacute; et oublie m&ecirc;me de faire quelques photos de ce beau b&acirc;timent qui date d&rsquo;un si&egrave;cle et demi. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN2069" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2069.jpg" width="470" height="202"/><br /><span style="font-size:11px; "><em>Int&eacute;rieur d&rsquo;un &eacute;pic&eacute;a, avec la naissance des branches</em></span><br /><br />C&rsquo;est peut-&ecirc;tre ainsi que vont les choses. Un jour, un p&eacute;pin de sant&eacute; vous tombe dessus qui bouleverse votre vie. On croyait que &ccedil;a n&rsquo;arriverait jamais, en tous les cas pas un dimanche, et disons beaucoup plus tard. <br />Si tout cela n&rsquo;est que bricole, il faudra pourtant que je prenne garde de ne pas faire le cr&acirc;ne. Il aurait pu en aller autrement. Me restent deux jours &agrave; vivre dans une esp&egrave;ce de sursis au statut ontologique incertain. En attendant je rentre au Riau, vais faire un tour avec une dr&ocirc;le d&rsquo;impression, entre appr&eacute;hension et appr&eacute;hension.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les vases communicants</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-03-23T13:40:43+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/3769738194230b62758854ac941c4290-1254.html#unique-entry-id-1254</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/3769738194230b62758854ac941c4290-1254.html#unique-entry-id-1254</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-03-18 à 13.50.16" src="http://www.lesmarges.net/files/124.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les vases communicants<br />l&rsquo;&eacute;blouissement premier lorsqu&rsquo;il revient en second<br />il y a la moleskine <br />la vie apr&egrave;s la mort<br />les agrafes parisiennes<br />la respectable distance qui nous s&eacute;pare du soleil<br />il y a les pr&eacute;tentions qui s&rsquo;effritent<br />les groupes de travail dans le domaine de l&rsquo;&eacute;ducation<br />il y a la double rotation de la terre<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>A.10</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><dc:date>2011-03-22T13:40:43+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2c1b0d99dd7b85b804c194228b43cc08-1253.html#unique-entry-id-1253</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2c1b0d99dd7b85b804c194228b43cc08-1253.html#unique-entry-id-1253</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-03-18 à 13.49.49" src="http://www.lesmarges.net/files/124.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />A consid&eacute;rer la fiche signal&eacute;tique de l&rsquo;homme, on ne peut s&rsquo;emp&ecirc;cher d&rsquo;&ecirc;tre fiers. A chaque fois on a su demeurer du c&ocirc;t&eacute; des vainqueurs. Pensez! on aurait pu v&eacute;g&eacute;ter parmi les mousses, les champignons ou les algues, migrer avec les sardines ou les morues, barboter avec les canards et les oies. <br />Et bien non, on s&rsquo;est retrouv&eacute; &agrave; chaque coup &agrave; l&rsquo;avant du peloton, d&rsquo;abord en concurrence avec d&rsquo;autres primates, macaques et gibbons. On s&rsquo;est d&eacute;barrass&eacute; ensuite des australopith&egrave;ques, il y a moins de dix millions d&rsquo;ann&eacute;es, avant de laisser sur place homo erectus et les hommes de Cro-Magnon. Nous voici <em>sapientes</em> au sommet de l&rsquo;arbre de l&rsquo;&eacute;volution. <br />Nos peurs n&rsquo;ont pourtant pas disparu et ce n&rsquo;est pas sans raison. Je crains en effet qu&rsquo;on n&rsquo;ait pas toujours &eacute;t&eacute; tr&egrave;s classe &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de nos concurrents et que, par une ruse dont le darwinisme a le secret, un cousin de l&rsquo;homme de Neandertal, cach&eacute; quelque part entre D&uuml;sseldorf et Duisburg, pointe un matin son nez et nous pose-l&agrave;, pris dans les mailles du filet de l&rsquo;&eacute;volution. A moins que ce ne soit un proche de l&rsquo;orang-outan, du dindon ou de la lotte. Ou pire une mousse.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">avec le concours d&rsquo;Histoire  g&eacute;n&eacute;rale | LEP</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>En lisant Claude Favre</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-03-18T16:23:59+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/affde63b613d1f77f5698879ab1134dd-1252.html#unique-entry-id-1252</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/affde63b613d1f77f5698879ab1134dd-1252.html#unique-entry-id-1252</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/123.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Faut lire, s'y plonger, faut recommander, partager, propulser, diffuser. H&eacute;! les gars, faut parler de, crier que. Quoi mais qui? mais qui mais quoi? Et pourquoi?  Pas de r&eacute;ponse, silence radio. Pressions, petites pressions, ah quand tu nous tiens. Mais pourquoi pas. Et c'est pas long. Lire simplement, indispensable de lire simplement, n'est-ce pas? Et en toute ind&eacute;pendance. Lire donc <a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504035/interdiction-absolue-de-toucher-les-filles-m&ecirc;me-tomb&eacute;es-&agrave;-terre" rel="self">Interdiction absolue de toucher les filles m&ecirc;me tomb&eacute;es &agrave; terre</a>.<br /><br />C&rsquo;est un texte bricol&eacute; par une effront&eacute;e, ardente et cruelle qui manie l&rsquo;arme blanche. Geste pr&eacute;cis, sourire aux l&egrave;vres, le sang coule &agrave; peine, un peu de crasse en fin &agrave; peine. Et pourtant, grave que je vous dis, grave, c&rsquo;est toujours comme &ccedil;a quand on ne s&rsquo;y attend pas. Alors que tu souhaitais simplement aller au bar, les voici qui d&eacute;valent, en veux-tu en voil&agrave;, des filles de toutes les couleurs, &agrave; chaque coin de rue, par petits groupes. D&rsquo;un coup t&rsquo;es au ciel, un autre et te voil&agrave; au sol. &Ccedil;a se fait pas, d'accord avec toi. Mais quel chambard! Et &ccedil;a n&rsquo;en finit pas, d&rsquo;impasses en doux &eacute;tranglements o&ugrave; la phrase qu&rsquo;on croyait pouvoir suivre un moment peinard tr&eacute;buche, silence. Sur le bitume qui brille des restes, des mots tomb&eacute;s du ciel, des bouts de chandelle, des bris de verre &eacute;mouss&eacute;s. Tu clignes des yeux, des deux yeux avant de reprendre ta lecture, &agrave; voix haute, c&rsquo;est-&agrave;-dire que tu remontes, au pas si t&rsquo;es pas press&eacute;, pour te laisser glisser une seconde fois en-dessous de la cote d'alerte en esp&eacute;rant que tu tomberas enfin sur la bitte d'amarrage qui te permettra de mettre la main sur le m&egrave;tre-&eacute;talon que tu te jures de ne pas l&acirc;cher si tu le tiens une fois. Mais tu descends comme sur un toboggan, pas lisse pas propre. Et tu devines alors que tu vas te retrouver, quoi qu&rsquo;il en soit, niquedouill&eacute; d&rsquo;avoir cru pouvoir garder l&rsquo;&eacute;quilibre dans ces grosses masses en d&eacute;s&eacute;quilibre et aux loopings locaux malicieux qui font tant&ocirc;t un gros boucan tant&ocirc;t un silence assourdissant. Quand m&ecirc;me pas, elle osera pas, la bitte d'amarrage n&rsquo;est en d&eacute;finitive qu&rsquo;un foutu morceau de savon auquel fallait pas se fier, un savon qui racle les restes de ta r&eacute;sistance. <br />Eh si, pour un peu t&rsquo;aimerais que &ccedil;a s&rsquo;arr&ecirc;te, pour un autre peu pas, c&rsquo;est une autre version de toi, un gros s&eacute;isme, profond qui fait pas dans le d&eacute;tail. Ses petites r&eacute;pliques sont pleines d&rsquo;esprit, il y a du jeu. Il ne te faut pas esp&eacute;rer d&eacute;sormais que &ccedil;a se referme, le texte s&rsquo;&eacute;vase, t'as l'impression que les phrases vont &agrave; l'envers, qu'elles se sont donn&eacute; le mot pour aller &agrave; contre sens, vers le commencement. Tu t'&eacute;loignes de ce que tu croyais comprendre. Au bilan t'as pas boug&eacute; et t'as l'impression de tenir dans tes mains un tableau vivant.<br />Ce texte court est une bastringue de notre temps, tu te dis m&ecirc;me qu&rsquo;il est temps de changer de m&eacute;tier, rejoindre la congr&eacute;gation des d&eacute;m&eacute;nageurs ou des conducteurs de poids lourds, ou tiens, tenir un bar. Pourquoi je ne tiendrais pas un zinc?  pourrais &ecirc;tre devant, y a pas &agrave; dire, s&rsquo;en passe des choses. Quand &ccedil;a tournera en eau de boudin ou en coulis de framboise, je me retirerai &agrave; l&rsquo;&eacute;tage et regarderai les choses de loin. Je fermerai les yeux et &eacute;couterai ce qu'on ne voit pas au coeur de la m&ecirc;l&eacute;e, bruits de trottoir, voix des filles, un peu de sang, un mouchoir et une brosse &agrave; dents qui tombent d&rsquo;un sac, avec des sanglots. Tiens, &ccedil;a s&rsquo;engueule sous les r&eacute;verb&egrave;res, tu vois l&rsquo;histoire maintenant, &ccedil;&rsquo;est devant mon bar, dans le terrain vague attenant, je lis mal, mais les choses vont de travers. Attention pas toucher. Silence. Une petite partie de belote plut&ocirc;t? tarot ou poker? On remettra debout ce qu'on entendait de guingois, mais plus tard..<br />Qui parle? Dis-moi! plus personne n'est l&agrave;, je n'entends que les &eacute;chos noirs des col&egrave;res raval&eacute;es, c'est pas pour la galerie, ni pour les piafs, c'est pour te montrer le lustre du d&eacute;sastre, la d&eacute;saffection.<br />Sur la chauss&eacute;e mouill&eacute;e, il y a le temps qui s&rsquo;effeuille comme un artichaut, les parfums de l'abandon, des personnages dans des d&eacute;cors bidons et une intrigue pourrie. Il y tombe des cord&eacute;es de mots, c'est le cr&eacute;puscule avec un marteau et une pelle tandis que la montagne croule de d&eacute;pit. Comprenne qui pourra, on se tait, gros danger qu&rsquo;on en prenne plein la gueule. On passe une fois, deux fois, A c&ocirc;t&eacute; des traces toutes fra&icirc;ches, les anciennes ont disparu et laissent carte blanche &agrave; d'autres entreprises. Et on s&rsquo;en reverse une dose en cachette, ne dites rien, c'est sans fond comme la soif. Je me sens seul, il n'y a plus grand monde, pour un peu on va se croiser dans ce po&egrave;me qui charrie de si belles &eacute;paves.<br /><br /><a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504035/interdiction-absolue-de-toucher-les-filles-m&ecirc;me-tomb&eacute;es-&agrave;-terre" rel="self"><img class="imageStyle" alt="9782814504035.main" src="http://www.lesmarges.net/files/9782814504035.main-2.png" width="76" height="102"/></a><br /><em><a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504035/interdiction-absolue-de-toucher-les-filles-m&ecirc;me-tomb&eacute;es-&agrave;-terre" rel="self">Interdiction absolue de toucher les filles m&ecirc;me tomb&eacute;es &agrave; terre</a></em> de Claude Favre (Ed.Publie.net)<br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 13 mars 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Les 807</category><dc:date>2011-03-16T16:23:34+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/cb58c7b5048c7373a4251d5388b5791d-1251.html#unique-entry-id-1251</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/cb58c7b5048c7373a4251d5388b5791d-1251.html#unique-entry-id-1251</guid><content:encoded><![CDATA[<span style="font-size:11px; "><em><br />Pour Joachim S&eacute;n&eacute;</em></span><br /><br />En m&eacute;moire<br />loin tr&egrave;s loin <br />le passage des bombardiers<br />&agrave; mes pieds <br />sur le bitume<br />l&rsquo;animal &eacute;cras&eacute;<br /><br />sept cent soixante-huit grenouilles<br />encore invisibles <br />sortent de terre<br /><br />trente-neuf ont pris les devants<br />sur la glace de l&rsquo;&eacute;tang <br />rampent <br />d&eacute;sarm&eacute;es<br /><br />un peu trop t&ocirc;t <br />pas s&ucirc;r qu&rsquo;elles tiennent le coup<br /><em><br />elles &eacute;crivent dans la pr&eacute;cipitation <br />l&rsquo;alphabet des malentendants<br /></em><br /><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/grenouilles807.png" width="480" height="555"/><br /><br /><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/123.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /><br />Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">19 mai 2011</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y les livres dans les biblioth&#xe8;ques la nuit</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-03-17T17:23:26+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e8f0ac94c02a816ec56b9c640d147db5-1250.html#unique-entry-id-1250</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e8f0ac94c02a816ec56b9c640d147db5-1250.html#unique-entry-id-1250</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/123.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y les livres dans les biblioth&egrave;ques la nuit<br />le parac&eacute;tamol<br />les grenouilles en route pour l&rsquo;&eacute;tang<br />il y a la charpente des fermes vaudoises<br />tes cheveux en bataille <br />il y a les actualit&eacute;s du soir diffus&eacute;es par la radio lorsqu&rsquo;on est loin de tout<br />le retour &agrave; la normale<br />le d&eacute;gel<br />il y a la succession de nos petites conversations<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>A.9</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><dc:date>2011-03-15T13:11:47+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/3aedbe893c7f54e839749515dc4ba080-1249.html#unique-entry-id-1249</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/3aedbe893c7f54e839749515dc4ba080-1249.html#unique-entry-id-1249</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/123.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />On renonce &agrave; parler de civilisation quand un groupe humain ne manifeste pas d&rsquo;autres soucis que ceux de se nourrir, de transmettre la vie et de parer au plus press&eacute;. Certains signes montrent alors que ce groupe cesse de r&eacute;fl&eacute;chir et se d&eacute;sorganise. Les flottements dans les rites mortuaires sont les signes avant-coureurs de son extinction. <span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">avec le concours d&rsquo;Histoire  g&eacute;n&eacute;rale | LEP</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>En lisant O. Rolin</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-03-14T00:42:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/6d9a9dc7a782b1fa5522e5f66ccab103-1248.html#unique-entry-id-1248</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/6d9a9dc7a782b1fa5522e5f66ccab103-1248.html#unique-entry-id-1248</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/123.2.png" width="50" height="50"/><br /><span style="font-size:21px; ">  <br /></span><img class="imageStyle" alt="Image 12" src="http://www.lesmarges.net/files/rolinbureau.png" width="480" height="293"/><span style="font-size:21px; "><br /></span><br /><br />En lisant la semaine pass&eacute;e les conf&eacute;rences d&rsquo;Olivier Rolin publi&eacute;es sous le titre du <em><a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814500334/le-g&eacute;nie-subtil-du-roman" rel="self">G&eacute;nie subtil du roman</a></em>, j&rsquo;ai eu soudain l&rsquo;impression que ces conf&eacute;rences non seulement n&rsquo;avaient pas vieilli mais qu&rsquo;elles ne le pouvaient pas. Non pas tellement en raison de l&rsquo;actualit&eacute; de leur propos ou de leur ind&eacute;niable pertinence, mais &agrave; cause de l&rsquo;allure qu&rsquo;elles avait trouv&eacute;e sur l&rsquo;&eacute;cran de mon ordinateur, &agrave; c&ocirc;t&eacute; d&rsquo;autres fichiers ouverts sur mon bureau. C&rsquo;est comme si leur compatibilit&eacute; mat&eacute;rielle et formelle avec ce que j&rsquo;essayais en vain d&rsquo;&eacute;crire sur l&rsquo;ambigu&iuml;t&eacute; de tout propos lib&eacute;rait le texte de Rolin en en d&eacute;verrouillant l&rsquo;acc&egrave;s. Tout ce qui s&rsquo;&eacute;crit est bel et bien bricolage. On le savait, en tout cas pour soi-m&ecirc;me, il est d&eacute;sormais temps de l&rsquo;envisager pour les textes qu&rsquo;on lit. <br /><br />Faudrait-il donc avoir fait un jour l&rsquo;&eacute;conomie du livre pour que le texte se d&eacute;mat&eacute;rialise et apparaisse enfin comme la mati&egrave;re vivante de la pens&eacute;e? Quoi qu&rsquo;il en soit et pour le coup, le sens &eacute;tait soudain raffra&icirc;chi, le propos all&eacute;g&eacute;. Fragilis&eacute;s les encha&icirc;nements, lev&eacute;es les barri&egrave;res symboliques. Pour user d&rsquo;une m&eacute;taphore bient&ocirc;t incompr&eacute;hensible, l&rsquo;encre des textes de Rolin n&rsquo;avait pas fini de s&eacute;cher. <br /><br />Je reconduisais le myst&eacute;rieux sentiment de toucher ce que je voyais se d&eacute;ployer sous mes yeux, en lisant ce qui s&rsquo;&eacute;crivait pour la premi&egrave;re fois, une fois encore, dans le lieu m&ecirc;me o&ugrave; j&rsquo;&eacute;crivais, c&rsquo;est-&agrave;-dire dans l&rsquo;espace m&ecirc;me de mon &eacute;nonciation. C&rsquo;est s&ucirc;r, Rolin avait &eacute;crit pour moi et ce texte me touchait plus que de coutume. A moi d&rsquo;ouvrir d&rsquo;autres perspectives dans la langue qui nous est commune. Il suffisait d&rsquo;&eacute;crire la suite, je m&rsquo;y emploie. Lire ou &eacute;crire, c&rsquo;est chaque jour d&rsquo;avantage le m&ecirc;me. <br /><br />Est-ce que nos pratiques de lecture et d&rsquo;&eacute;criture, le r&ocirc;le du commentaire qui a si souvent verrouill&eacute; le sens suppos&eacute;, ne vont pas prendre un autre tour, bouleverser l&rsquo;enjeu accord&eacute; &agrave; la lecture, &agrave; l&rsquo;&eacute;criture, d&eacute;placer effectivement leurs fronti&egrave;res?<br /><br />Le texte est lieu de passage qui m&egrave;ne celui qui s&rsquo;y risque en ses bords. Mais d&eacute;sormais il n&rsquo;y a plus &agrave; avoir de vertige. Le texte d&eacute;borde en tous lieux sur d&rsquo;autres textes, qu&rsquo;il s&rsquo;agit de lire ou d&rsquo;&eacute;crire. Il y avait autrefois entre les livres de nos biblioth&egrave;ques des gouffres sacr&eacute;s que canonisait l&rsquo;exercice du commentaire ou du compte rendu. L&rsquo;horizon est &agrave; nouveau ouvert, comme quand est apparu le livre. On recommence, mais avec d&rsquo;autres vertiges.<br /><br />Il y a d&eacute;sormais entre les textes, en-dessous et au-dessus d&rsquo;eux, d&rsquo;autres textes qui s&rsquo;embo&icirc;tent &agrave; l&rsquo;infini, s&rsquo;appellent et se r&eacute;pondent, prennent des initiatives ou patientent. Comme si la pens&eacute;e en exercice avait trouv&eacute; un nouveau lieu, un nouvel attribut, comme les corps ont trouv&eacute; l&rsquo;&eacute;tendue. J&rsquo;ai eu le sentiment que les textes plus que jamais trouvaient leur lieu naturel dans le texte et non plus dans les biblioth&egrave;ques. S&rsquo;il ne constituent pas l&rsquo;&ecirc;tre, le texte constitue l&rsquo;un de ses attributs essentiels. <br /><br />Le livre a laiss&eacute; filer ce qu&rsquo;il retenait jusque-l&agrave; serr&eacute; entre ses m&acirc;choires, reste l&rsquo;entretien infini, la pens&eacute;e qui pousse les hommes &agrave; y voir un peu plus clair parce que ce qui est convenu n&rsquo;a jamais suffi. Le texte m&rsquo;accueille un instant, m&rsquo;h&eacute;berge le temps d&rsquo;un voyage qui me m&egrave;ne en ses bords, l&agrave; o&ugrave; j&rsquo;&eacute;cris, de guingois, pour cet autre lecteur qui passe. Ce qu&rsquo;on lit c&rsquo;est l&rsquo;inassouvi qui fait vivre le texte que l&rsquo;on &eacute;crit. <br /><br />Mais revenons &agrave; l&rsquo;essentiel, il faut lire <a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814500334/le-g&eacute;nie-subtil-du-roman" rel="self">les belles conf&eacute;rences d&rsquo;Olivier Rolin</a>.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Derborence</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la mine</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-03-11T22:25:44+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/573b7121d3c130cc43b9b038fa36477a-1247.html#unique-entry-id-1247</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/573b7121d3c130cc43b9b038fa36477a-1247.html#unique-entry-id-1247</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/122.5.png" width="50" height="50"/> <br /><br />M&rsquo;enthousiasme &agrave; cause de <em>Derborence</em>, &eacute;voque <em>Si le soleil ne revenait pas</em> et <em>La Grande Peur dans la montagne</em>. Ne le dis pas, mais c&rsquo;est <em>Derborence</em> que je pr&eacute;f&egrave;re. M&rsquo;emporte un peu lorsque j&rsquo;entends les &eacute;l&egrave;ves se r&eacute;jouir du visionnement, la semaine prochaine, du film<em> </em>r&eacute;alis&eacute; par Reusser. Leur promets les plus hautes d&eacute;ceptions auxquelles conduisent immanquablement tous les cin&eacute;astes qui ont voulu exploiter les trouvailles stylistiques d&rsquo;un &eacute;crivain. M&rsquo;emporte pour &ccedil;a jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;puisement. Me demande m&ecirc;me si je vais rester debout, mais tiens bon. Il fait beau lorsque les &eacute;l&egrave;ves s&rsquo;en vont, fais un crochet par l&rsquo;&eacute;tang pour essayer de relever la t&ecirc;te. Vomis discr&egrave;tement derri&egrave;re un gros fr&ecirc;ne. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1871" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1871.jpg" width="225" height="169"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN1872" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1872.jpg" width="225" height="169"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1873" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1873.jpg" width="225" height="169"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN1874" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1874.jpg" width="225" height="169"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1877" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1877.jpg" width="225" height="169"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN1869" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1869.jpg" width="225" height="169"/><br /><br />Toute la partie orientale de l&rsquo;&eacute;tang est transfigur&eacute;e, on entend ici puis l&agrave; des coassements sourds et profonds. Les gel&eacute;es des grenouilles se substituent lentement aux gel&eacute;es de l&rsquo;hiver, si fines d&eacute;sormais qu&rsquo;on croirait des osties. J&rsquo;aper&ccedil;ois deux grenouilles qui traversent le chemin leur donne un  coup de main. J&rsquo;ai h&acirc;te que la nuit vienne, rentre et l&rsquo;attends. Faut-il encore que je puisse en disposer. Je diff&egrave;re la r&eacute;daction d&rsquo;une note sur <em><a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814500334/le-g&eacute;nie-subtil-du-roman" rel="self">Le G&eacute;nie subtil du roman</a></em> d&rsquo;Olivier Rolin, renonce &agrave; mettre de l&rsquo;ordre sur mon bureau, br&ucirc;le d&rsquo;en finir. C&rsquo;est fait, je suis rest&eacute; debout et vais me coucher.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>A.8</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><dc:date>2011-03-07T16:00:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/3b445033197bbe9f13a4fcdd660039f9-1242.html#unique-entry-id-1242</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/3b445033197bbe9f13a4fcdd660039f9-1242.html#unique-entry-id-1242</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/122.1.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Homo sapiens</em> ignorait selon toute vraisemblance que <em>sapiens</em> il l&rsquo;&eacute;tait. Quant &agrave; ce qu&rsquo;il savait, on l&rsquo;ignore aujourd&rsquo;hui. Pour rompre le cercle vicieux et faire court, on pr&eacute;tend dans les manuels scolaires qu&rsquo;<em>homo sapiens</em> se distingue de ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs par un outillage plus perfectionn&eacute;. Personne ne voit exactement le rapport. Ce bon mot sert parfois &ndash; rarement &ndash; au bar de la rue d&rsquo;en face pour animer les conversations. Mais je n&rsquo;y vais pas au bar d&rsquo;en face.<br /> <br /><em>Homo sapiens</em> se pr&eacute;sentait ainsi: plut&ocirc;t petit, trapu et muscl&eacute;, c&rsquo;est tout lui, grosse t&ecirc;te, cr&acirc;ne aplati, front bas, sombre, obscur, obtus, c&rsquo;est pas moi, arcades sourcili&egrave;res pro&eacute;minentes, face avan&ccedil;ant en museau, peu de menton, rien de bien nouveau. Les pal&eacute;ontologues affirment que le volume de son cerveau d&eacute;passait celui des hommes actuels :1700 cm 3. C&rsquo;est beaucoup, on ne m&eacute;nageait pas le carburant, on chassait dans toutes les directions, rennes, mammouths, rhinoc&eacute;ros, laineux s&rsquo;entend, bisons, petits chevaux. Il fallait aller vite. Comme aujourd&rsquo;hui. Pourquoi? Personne ne le sait. Aujourd&rsquo;hui les hommes ont leur bar, si bien que leur cerveau ne mesure plus que 1400 cm 3. Ils ont invent&eacute; le papier tue-mouche.<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><br /><em>Homo sapiens</em>, faut y croire. C&rsquo;est d&egrave;s 10 ans qu&rsquo;on demande &agrave; nos enfants d&rsquo;apprendre par coeur qu&rsquo;on a quand m&ecirc;me un outillage plus perfectionn&eacute; que les b&ecirc;tes. Ils doivent y croire dur comme fer. On leur enseigne en outre pour leur &eacute;dification que le premier <em>homo sapiens</em> d&rsquo;Europe date d&rsquo;au moins 100 000 ans. On l&rsquo;appelle homme du Neandertal, c&rsquo;est une vall&eacute;e pr&egrave;s de D&uuml;sseldorf, on n&rsquo;y a rien trouv&eacute; d&rsquo;autre. Comment l&rsquo;homme de Neandertal passait-il ses journ&eacute;es? Il est permis d&rsquo;en r&ecirc;ver. Mais &ccedil;a on pr&eacute;f&egrave;re le cacher &agrave; nos enfants, il n&rsquo;y a pas de temps &agrave; perdre, on n&rsquo;a pas termin&eacute; le programme.<br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">avec le concours d&rsquo;Histoire  g&eacute;n&eacute;rale | LEP</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 5 mars 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-03-10T08:17:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a6f22af3d89cb0372b744b148350fc27-1241.html#unique-entry-id-1241</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a6f22af3d89cb0372b744b148350fc27-1241.html#unique-entry-id-1241</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/122.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />On sort pour la premi&egrave;re fois, m&ecirc;me si c&rsquo;est pour la seconde ou la troisi&egrave;me fois qu&rsquo;on sort pour la premi&egrave;re fois cette ann&eacute;e. Mais on le dit aujpurd&rsquo;hui plus fort au-dedans parce qu&rsquo;on y croit plus fort au-dehors, oh les beaux jours. Et si l&rsquo;on renvoie &agrave; plus tard le ramassage des branches mortes du tilleul, des foyards et des ch&ecirc;nes, c&rsquo;est parce qu&rsquo;on se sait soudain un peu immortel. Le soleil veut &ccedil;a, on dirait m&ecirc;me qu&rsquo;il y prend un certain plaisir. J&rsquo;imagine des feux, les feuilles mortes de la veille et les tailles des roses, j&rsquo;en sens l&rsquo;&acirc;cret&eacute;, aper&ccedil;ois quelques chemin&eacute;es, les fum&eacute;es bleues qui se m&eacute;langent au ciel vide.<br />On s&rsquo;y est pr&eacute;par&eacute; en s&rsquo;all&eacute;geant, trop peut-&ecirc;tre, il ne faudra pas lambiner. Les &eacute;chelles laiss&eacute;es &agrave; l&rsquo;automne dans les vergers servent &agrave; nouveau. Les vieux, cauteleux et imprudents, m&ecirc;lent leurs bras &agrave; ceux des pommier et des cerisiers. On aper&ccedil;oit qui d&eacute;passe leur main grise l&rsquo;extr&eacute;mit&eacute; de la poign&eacute;e rouge ou jaune d&rsquo;un secateur. Fleur et Edelweiss guettent le retour des taupes et des mulots dans le pr&eacute; dur d&rsquo;&agrave; c&ocirc;t&eacute;. C&rsquo;est chacun pour soi et nous du n&ocirc;tre. On ira &agrave; l&rsquo;&eacute;tang, Arthur devant. On a des mani&egrave;res si diff&eacute;rentes d&rsquo;essorer nos esprits. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1838" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1838.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />L&rsquo;enfant, confiant, laisse &agrave; ceux qui l&rsquo;accompagnent le souci du lieu, o&ugrave; il est et o&ugrave; il va. Malheur &agrave; ceux qui l&rsquo;abandonneraient dans l&rsquo;effroi des bois, malheur aussi &agrave; ceux qui ne l&rsquo;y conduiraient pas. Le Petit Poucet avait-il lu le r&eacute;cit qui conte ses exploits? Suffirait-il donc de donner des noms aux lieux de son &eacute;garement pour en &eacute;carter le souffle noir?<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1828" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1828.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Il faudra attendre encore un peu avant de voir le merle revenir aux <a href="http://www.lesmarges.net/files/cd3b3daf2bfe720ea3da18984593a262-678.html" rel="self">Censi&egrave;res</a>, d&rsquo;o&ugrave; il s&rsquo;&eacute;tait enfui il y a dix-huit mois et o&ugrave; il reviendra comme une fl&egrave;che qui ne se serait fiche nulle part, lorsque le sous-bois aura bourgeonn&eacute; et se sera remplum&eacute;. L&rsquo;eau qui s&rsquo;&eacute;coule au goulot de la fontaine donne une id&eacute;e assez exacte de l&rsquo;immobilit&eacute; qui passe.<br /><br />On rentre, le jardin donne au sud, il est comme une grande cage sans barreaux que les oiseaux quittent parfois. On entend les premiers tracteurs qui sonnent la charge, les bruits se rapprochent, c&rsquo;est une bande de moineaux qui piaillent dans la haie vive, ils ont lev&eacute; un pan du printemps, c&rsquo;&eacute;tait autrefois un temps &agrave; mettre le linge s&eacute;cher dehors. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Ce serait ainsi</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2011-03-08T08:17:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/fbae493df26acd651a1000b3e912ec5c-1240.html#unique-entry-id-1240</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/fbae493df26acd651a1000b3e912ec5c-1240.html#unique-entry-id-1240</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/122.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Dans une aile du palais en ruines, au fond d&rsquo;un local o&ugrave; se r&eacute;unissaient autrefois les membres du pouvoir sacerdotal, une douzaine d&rsquo;hommes masqu&eacute;s s&rsquo;acharnent sur une femme qu&rsquo;ils invectivent. Elle ravale ses larmes mais ne se souvient de rien. Elle a les yeux fix&eacute;s sur un tableau au centre duquel se tient immobile un pendu masqu&eacute; de noir, maintien stable. Douze hommes au visage glabre rient, ou grimacent, on les dirait en effet inquiets, inquiets que le pendu ne leur fasse soudain faux bond.<br />On frappe &agrave; la porte de ch&ecirc;ne massif, deux enfants tendent un papier noirci de signes, l&rsquo;un des douze hommes lit les ordres, ils se l&egrave;vent, soul&egrave;vent leurs masques, ce sont des inconnus qui ne d&eacute;pendent d&rsquo;aucune administration. Se saisissent chacun d&rsquo;un balai et s&rsquo;&eacute;loignent sans un regard pour celui dont les larmes se sont mises &agrave; couler. On croirait entendre un air de tango. La femme s&rsquo;approche alors du tableau, retire la corde qui serre le cou de celui dont elle retire le masque. L&rsquo;homme parle par geste. Ils quittent tous deux le local, longent le palais avant de se retrouver sur le front de mer, ils attendent debout tandis que le bruit de la mer &eacute;cope le d&eacute;sespoir qui les entoure et dans lequel ils s&rsquo;enlisent d&rsquo;abord. On les voit pourtant se d&eacute;tacher des ruines qui les entourent, il n&rsquo;y a bient&ocirc;t plus qu&rsquo;eux qui tanguent.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a ta petite jupe</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-03-09T07:41:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/1744de91d7068b3bb051d5723254ca1c-1239.html#unique-entry-id-1239</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/1744de91d7068b3bb051d5723254ca1c-1239.html#unique-entry-id-1239</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/122.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a ta petite jupe<br />les calculateurs d&rsquo;estime<br />le jour avec lequel on se l&egrave;ve<br />les noisetiers en mars<br />les draisines<br />le bruit du gravier autour des grandes propri&eacute;t&eacute;s<br />il y a les vestes en velours c&ocirc;tel&eacute;<br />les pics &eacute;peiches<br />il y a les parties de balan&ccedil;oire<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>29</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2011-02-28T00:00:16+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/087b6f9ea589e5a03af4bc7a2d001be6-1237.html#unique-entry-id-1237</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/087b6f9ea589e5a03af4bc7a2d001be6-1237.html#unique-entry-id-1237</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/121.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Quand donc les grandes surfaces proposeront-elles enfin des dispositifs capables d&rsquo;&eacute;tendre nos peaux de chagrin?<br /><br />Je patiente, dit la vieille en brassant un jeu de 52 cartes, j&rsquo;ai toujours su m&rsquo;occuper.<br /><br />Tenir &agrave; bonne distance ce qui nous tient &eacute;veill&eacute;. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Estelle Ogier</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Vases communicants</category><dc:date>2011-03-04T00:01:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ace76979afe23402d0ce57d69f1ef006-1236.html#unique-entry-id-1236</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ace76979afe23402d0ce57d69f1ef006-1236.html#unique-entry-id-1236</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/121.3.png" width="50" height="50"/><br /><br /><a href="http://www.lesmarges.net/files/f6e037fc78fc8541c1851e40a3769d09-1165.html" rel="self">Il</a> n&rsquo;avait fallu rien moins que deux chocolats chauds pour conclure la balade d&rsquo;une douzaine de kilom&egrave;tres &ndash; &agrave; travers la campagne enneig&eacute;e et vide &ndash; d&rsquo;un p&egrave;re et de son fils qui go&ucirc;t&egrave;rent le bonheur de marcher ensemble au coeur glac&eacute; d&rsquo;une nature complice. <br /><br /><a href="http://www.lesmarges.net/files/e2be33b14f0e9b9c8df90ad64938b8ea-1197.html" rel="self">Il</a> n&rsquo;avait fallu rien moins que six orteils au Polydactile - peint par Louis Rivier en 1943 &ndash; pour descendre de sa croix sous les yeux &eacute;bahis de sa m&egrave;re. Le fils rejoignit les vivants qui ne l&rsquo;attendaient pas car ils &eacute;taient en train de mener leur vie priv&eacute;e derri&egrave;re leur porte privative qu&rsquo;ils n&rsquo;ouvrirent pas au va-nu-pieds. <br /> <br />Il n&rsquo;avait fallu rien moins que 16 volumes du dictionnaire de la langue du XIXe et du XXe si&egrave;cle (1789-1960) &ndash; &laquo; Tr&eacute;sor de la langue fran&ccedil;aise &raquo;, &eacute;dit&eacute; par le Centre National de la Recherche Scientifique &ndash; pour oser inventer mon propre monde en parcourant les d&eacute;finitions des mots comme on d&eacute;couvre un paysage &agrave; bicyclette.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Estelle Ogier</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p><p style="text-align:left;"><em>&eacute;crit par </em><em><a href="http://lesdecouvertesdutetard.over-blog.com/" rel="self">Estelle Ogier</a></em><em> qui m&rsquo;accueille </em><em><a href="http://lesdecouvertesdutetard.over-blog.com/" rel="self">chez elle</a></em><em> sur son site </em><em><a href="http://lesdecouvertesdutetard.over-blog.com/article-196-68521119.html" rel="self">Espace childfree</a></em><em> dans le cadre du projet de </em><em><a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=104893605886" rel="self">vases communicants</a></em><em>&nbsp;: le premier vendredi du mois, chacun &eacute;crit sur le blog d&rsquo;un autre, &agrave; charge &agrave; chacun de pr&eacute;parer les mariages, les &eacute;changes, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement&hellip; Ne pas &eacute;crire pour, mais &eacute;crire chez l&rsquo;autre.<br /></em><em>Et d&rsquo;autres </em><em><a href="http://www.facebook.com/note.php?note_id=10150110000155854&id=756154196" rel="self">vases communicants</a></em><em> ce mois : <br /></em><span style="font:9px Trebuchet, Verdana, serif; "><br /><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.theoneshotmi.com/">Candice Nguyen</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.christinejeanney.fr/">Christine Jeanney</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-2.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://samdixneuf.wordpress.com/">Sam Dixneuf</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.stephanebataillon.com/">St&eacute;phane Bataillon</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-3.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.motmaquis.net/">Juliette Mezenc</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://kwakizbak.over-blog.com/">Christophe Grossi</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-4.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.tierslivre.net/">Fran&ccedil;ois Bon</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.fuirestunepulsion.net/">Guillaume Vissac</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-5.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.xn--chatperch-p1a2i.net/">Michel Brosseau</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://entrenoir.blogspot.com/">Jean-Marc Undriener</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-7.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://ecrivant.net/spip/">Anna Vittet</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://joachimsene.fr/txt/">Joachim S&eacute;n&eacute;</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-8.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://petiteracine.over-blog.com/">C&eacute;cile Portier</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com/">Christophe Sanchez</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-9.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://runningnewb.wordpress.com/">Clara Lamireau</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/">Urbain trop urbain</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-10.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://sauvageana.blogspot.com/">Anita Navarette-Barbel</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.arnaudmaisetti.net/">Arnaud Ma&iuml;setti</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-11.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://cheminsbattus.wordpress.com/">Morgan Riet</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://l-oeil-bande.blogspot.com/">Muri&egrave;le Mod&eacute;ly</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-12.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://nolwenn.euzen.over-blog.com/">Nolwen Euzen</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.amboilati.org/">Benoit Vincent</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-13.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.semenoir.typepad.fr/">Maryse Hache</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://abadon.fr/index.php">Mich&egrave;le Dujardin</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-14.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://mmesi.blogspot.com/">Elise</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.pendantleweekend.net/">Piero Cohen-Hadria</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-15.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://fenetresopenspace.blogspot.com/">Anne Savelli</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://flaneriequotidienne.wordpress.com/">Franck Queyraud</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-16.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://dh68.wordpress.com/">Dominique Hasselmann</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://autrou.eu/">Dominique Autrou</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-17.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://monnuage.free.fr/">Marl&egrave;ne Tissot</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://jedelego.free.fr/plus.html">Vincent Motard-Avargues</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-18.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://koukistories.blogspot.com/">Kouki Rossi</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://brigetoun.blogspot.com/">Brigitte C&eacute;l&eacute;rier</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce-32883" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32883-6.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; ">&nbsp;</span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://lesdecouvertesdutetard.over-blog.com/">Estelle Javid-Ogier</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#CD0000;"><a href="http://www.lesmarges.net/">Jean Prod&rsquo;hom</a></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; "> <br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"><br /></span><span style="font:9px Trebuchet, Verdana, serif; "><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les chemins de traverse</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-03-02T00:19:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/1197cbe2737ca887b25f522e46fc5340-1235.html#unique-entry-id-1235</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/1197cbe2737ca887b25f522e46fc5340-1235.html#unique-entry-id-1235</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/121.4.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Il y a les chemins de traverse<br />le col du Septimer<br />la valeur d&rsquo;usage<br />le d&eacute;clin des empires<br />il y a les madeleines<br />la c&eacute;l&eacute;bration des jubil&eacute;s<br />le r&eacute;chauffement climatique<br />les petites morts provisoires<br />il y a le brassage des peuples<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 27 f&#xe9;vrier 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-03-03T00:19:39+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/dc8bb2668fb9d666725762a6c56d88d4-1234.html#unique-entry-id-1234</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/dc8bb2668fb9d666725762a6c56d88d4-1234.html#unique-entry-id-1234</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/121.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Tout ce qui vient jusqu&rsquo;ici provient d&rsquo;en haut, des hauts, de l&rsquo;hospice, du col, de Bourg-Saint-Pierre et de Liddes et finit l&agrave; sous les ponts d&rsquo;Orsi&egrave;res, au pied d&rsquo;une &eacute;glise de pierres, avec d&rsquo;autres restes, ceux qui viennent des fonds de Ferret. Il faut savoir que la moiti&eacute; des choses qui s&rsquo;usent finissent de ce c&ocirc;t&eacute;-ci, l&rsquo;autre moiti&eacute; d&eacute;gringolent l&agrave;-bas, de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; du col et, bien apr&egrave;s qu&rsquo;on ne les voit plus, troublent les eaux du P&ocirc;. C&rsquo;est si difficile &agrave; penser, &agrave; imaginer, on r&eacute;sume cet autre parti des choses d&rsquo;un geste qui indique qu&rsquo;on a d&eacute;j&agrave; bien assez &agrave; faire de ce c&ocirc;t&eacute;-ci. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1675" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1675.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Les deux Dranses ne s&rsquo;attardent gu&egrave;re le long du cimeti&egrave;re, elles ont donn&eacute; rendez-vous &agrave; Sembrancher &agrave; la troisi&egrave;me, celle de Bagnes. Ensemble elles r&eacute;cup&egrave;rent toute l&rsquo;eau du massif du Grand Combin qu&rsquo;elles livrent au Rh&ocirc;ne &agrave; Martigny. L&agrave; on n&rsquo;en parle plus, elles ont fait leur travail. On r&ecirc;ve alors aux rives du fleuve, &agrave; Lyon, Avignon, Marseille et la mer. Mais Orsi&egrave;res reste &agrave; Orsi&egrave;res. &Ccedil;a fait longtemps que plus rien ne bouge ici.<br />Sur la rive droite de la Dranse d&rsquo;Entremont, Chandonne s&rsquo;accroche &agrave; la pente, sans gros efforts depuis le temps. Elle a trouv&eacute; au-dessus du Torrent d&rsquo;Aron un repli un peu plus large d&rsquo;o&ugrave; on peut voir Vich&egrave;res qu&rsquo;on ne voit pas d&rsquo;ici parce qu&rsquo;&agrave; Vich&egrave;res, on y est. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1688" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1688.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />A Chandonne on cultivait des pommes de terre et du froment, sur des terrasses pas trop en pente, il fallait bien maintenir la terre en haut. A Vich&egrave;res, on cultivait des fraises, c&rsquo;&eacute;tait avant 1956, car les fraises finissaient en bouillie lorsqu&rsquo;elles arrivaient en plaine, parce que pour les amener sur la place de Martigny on ne disposait que des chars, et les chemins &eacute;taient comme deux orni&egrave;res profondes. Il n&rsquo;y a plus de fraises &agrave; Vich&egrave;res.<br />Eux ils sont tous l&agrave; ce matin, le Velan, les Aiguilles de Valsorey, le Petit Combin, le Mont Br&ucirc;l&eacute; bien en face avec un peu &agrave; gauche le Mont Rogneux, m&ecirc;me si on ne les voit pas. Ils ont la t&ecirc;te dans les nuages. Pourtant ils sont l&agrave;, c&rsquo;est s&ucirc;r, et on les verra demain, la radio l&rsquo;a dit. Rien n&rsquo;a chang&eacute; depuis l&rsquo;orogen&egrave;se en arri&egrave;re des 12 carreaux de l&rsquo;ancienne ch&egrave;vrerie o&ugrave; je suis. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1697" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1697.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />La vall&eacute;e d&rsquo;Entremont est large comme une baignoire. Il est donc ais&eacute; lorsqu&rsquo;on vient du nord d&rsquo;atteindre le col d&rsquo;o&ugrave; s&rsquo;ouvre la voie du sud. On comprend alors d&rsquo;un coup la curiosit&eacute; des premiers hommes qui se hasard&egrave;rent l&agrave;. On devine m&ecirc;me la voix des Lombards et des Sarrasins &agrave; Mont-Joux, m&ecirc;l&eacute;e au gravier des moraines, aux &eacute;boulements, au silence des Combins, au vent. Mais j&rsquo;ai beau tendre l&rsquo;oreille, je n&rsquo;entends pas le pas cadenc&eacute; des 46 000 soldats qui ont long&eacute; la rive droite de la vall&eacute;e au printemps de l&rsquo;ann&eacute;e 1800. Napol&eacute;on Bonaparte leur avait-il demand&eacute; de se taire?<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXXXV</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-03-01T00:19:28+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7a7d7865451ce1b5a0878e156f28364b-1233.html#unique-entry-id-1233</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7a7d7865451ce1b5a0878e156f28364b-1233.html#unique-entry-id-1233</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/121.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Lili rentre de l&rsquo;&eacute;cole.<br />- Qu&rsquo;as-tu donc fait ce matin? demande sa m&egrave;re.<br />- De l&rsquo;histoire biblique.<br />- De quoi avez-vous parl&eacute;?<br />- De Yakari. <br />- De Yakari?<br />- Oui.<br />- Et puis?<br />- De Jean le bassiste et d&rsquo;Elisabeth.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Au pied du brise-lames</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Vases communicants</category><category>Au pied du brise-lames</category><dc:date>2011-02-25T00:02:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/9552e64ffea12894e67ff5e1cecc7e3a-1231.html#unique-entry-id-1231</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/9552e64ffea12894e67ff5e1cecc7e3a-1231.html#unique-entry-id-1231</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Tessons définitif" src="http://www.lesmarges.net/files/tessons-de0301finitif.jpg" width="69" height="105"/><br /><br />Un matin dʼao&ucirc;t 1988 entre K&eacute;rity et Saint-Pierre, un coup dʼoeil, un &eacute;clair peut-&ecirc;tre, &agrave; deux pas du phare dʼEckmühl une lueur danse. Les jours passent, lʼintrus se d&eacute;place &agrave; lʼabri dans lʼanse, m&ecirc;me lueur que la veille mais un peu plus loin ou un peu plus pr&egrave;s cʼest selon. H&eacute;site, tant de choses brillent, le ramasse enfin &agrave; mar&eacute;e basse, ne sais pas pourquoi, beau et bleu, avec des vagues et le ciel, lʼhorizon et la mer de sable. Il rec&egrave;le peut-&ecirc;tre quelque chose que les autres nʼont pas, personne ne le sait, tu lʼignores encore; le sentirais pourtant si tu le prenais dans la main, la douceur, le grain dense, la fra&icirc;cheur, le cintre. Tu lʼas mis dans ta poche. <br /><br />Les jours suivants, dʼautres tessons lancent leurs feux tout autour, lieux sans attrait mais b&eacute;nis des dieux: Lesconil, Saint-Gu&eacute;nol&eacute;, Loctudy. Tant quʼ&agrave; faire tu les ramasses. Pas tous, les &eacute;lus seulement, ceux qui ont su r&eacute;duire leur fracture et lustrer leur chiffre. <br /><br />Sʼensuit nʼimporte quoi, une carte du monde et du tendre, avec ses criques, ses digues, ses gr&egrave;ves, ses ports, ses m&ocirc;les, ses &eacute;paules, ses lev&eacute;es, ses jet&eacute;es, ses rivages, ses plages. Des voyages avec dedans la t&ecirc;te un seul d&eacute;sir, celui dʼune pierre dans le creux de la main, terre cuite engob&eacute;e, glac&eacute;e, &eacute;maill&eacute;e, port&eacute;e au comble de la perfection, terre de couleur sur les rivages dʼun r&ecirc;ve bien vivant, petite &eacute;ternit&eacute;. <br /><br />Sachez que le miracle se r&eacute;p&egrave;te &agrave; deux pas du repaire des marins qui savent la gourmandise de la mer, l&agrave; o&ugrave; les buveurs de lait jettent leur bol comme des amateurs de vodka. Cʼest ainsi quʼils remettent &agrave; lʼoc&eacute;an sans crier gare les tessons au bord tranchant, les restes de la cuisine du monde. <br /><br />Les fragments ballott&eacute;s par la mar&eacute;e, d&eacute;plac&eacute;s par les courants, la houle, par les temp&ecirc;tes se font oublier &agrave; lʼombre protectrice de la pierre qui les a bris&eacute;s et deviennent purs joyaux, taill&eacute;s, fa&ccedil;onn&eacute;s, polis, lim&eacute;s par lʼeau qui m&ecirc;le au sable son grain. Ils vont et viennent au gr&eacute; des circonstances secr&egrave;tes qui les embellissent, repris par la mer, laiss&eacute;s sur la gr&egrave;ve, se calent, se d&eacute;placent &agrave; peine. Certains trouvent alors une seconde vie, individuelle, particuli&egrave;re, resplendissante. Pas tous et pas pour longtemps. <br /><br />Avant dʼ&ecirc;tre r&eacute;duites au couchant, ces petites ruines racontent en acc&eacute;l&eacute;r&eacute; la beaut&eacute;, chacune &agrave; sa mani&egrave;re. Regardez-les chercher lʼunit&eacute;, non pas celle du pot dont elles ont &eacute;t&eacute; arrach&eacute;es, mais celle du peu serti de rien, &agrave; lʼimage de notre condition. Elles font voir dʼincomparables petits motifs qui se r&eacute;duisent comme peau de chagrin. <br /><br />Le sable &agrave; la lisi&egrave;re de lʼair et de la terre ronge avec la mer et le vent ces petites oeuvres inesp&eacute;r&eacute;es qui flambent un instant, petite perfection discr&egrave;te que caresse lʼeau. Tout va tr&egrave;s vite, dix ans &agrave; peine avant que le motif ne disparaisse et nʼoffre plus au chasseur des mauvais jours quʼune pierre blanche, aussi blanche que la mie du pain quʼemporte le go&eacute;land. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="image.2tiff" src="http://www.lesmarges.net/files/image.2tiff.jpg" width="470" height="166"/><br /><br />Un seul tesson aurait suffi, le premier, celui de Penmarcʼh. Mais pour quʼenfin celui-ci fasse voir son visage dans sa fragile mandorle, il aura fallu que je coure les c&ocirc;tes bretonnes, les &icirc;les grecques, les rivi&egrave;res, la c&ocirc;te turque, le L&eacute;man, les ports de la M&eacute;diterran&eacute;e, les Lofoten, la Loire, vingt ans au total pour une collecte forcen&eacute;e, avec &agrave; la fin les poches bourr&eacute;es de cailloux de Palerme et de Paimpol, de Venise et de lʼ&Icirc;le de Sein. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="image.3tiff" src="http://www.lesmarges.net/files/image.3tiff.jpg" width="470" height="350"/><br /><br />La multiplication a mis le r&ecirc;ve en miettes. Ils ont fini dans un tiroir, en tas, le tiroir dʼune table de douanier, avec des pi&egrave;ces de monnaie bulgare et un Louis dʼor, diss&eacute;min&eacute;s ensuite en tous lieux de la maison, identifi&eacute;s, localis&eacute;s, dat&eacute;s. Plac&eacute;s dans des casses dʼimprimerie comme sʼils &eacute;taient les &eacute;l&eacute;ments dʼune langue qui allait r&eacute;v&eacute;ler ses secrets. Lʼentassement sʼest poursuivi avec la certitude que la v&eacute;rit&eacute; de lʼensemble jaillirait un jour et quʼil serait temps alors de faire quelque chose de ces merveilles. Mais quoi. En garder quelques-uns parmi les centaines qui dorment dans leur niche. Les offrir &agrave; celle qui mʼaccueille, petite monnaie sans cr&eacute;dit, analogue &agrave; celle quʼutilisent les enfants sur les quais de Saint-Polde-L&eacute;on. D&eacute;cid&eacute; &agrave; laisser ces pierres prometteuses &agrave; leur sort, je ne peux toutefois mʼemp&ecirc;cher aujourdʼhui de soulever du bout du pied les innombrables tessons blancs qui jonchent les rivages. Ils dissimulent parfois au verso &ndash; ils sont rus&eacute;s, le saviez-vous? &ndash; un beau visage et son secret. Jʼen ramasse quelques-uns pour r&eacute;veiller, un instant, cette folie dʼil y a plus de vingt ans et ajouter discr&egrave;tement, lorsque la nuit vient, une croix sur ma carte du tendre. Tout cela ne d&eacute;bouche sur rien, je le sais aujourdʼhui, sinon sur lʼassurance dʼavoir &eacute;t&eacute; l&agrave; o&ugrave; ils furent un jour, &agrave; Mazara, Epesses, Patras ou Patmos. Ils ne sont que de petites m&eacute;ditations sans mobile apparent dont je me souviens &agrave; peine et peine &agrave; me s&eacute;parer, minuscules th&eacute;&acirc;tres qui tiennent le temps dʼun &eacute;clair le monde au creux de leurs mains, la b&eacute;atitude et le temps qui passe. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Penmarc&rsquo;h 1988 - Corcelles-le-Jorat 2011</span><br /></p><p style="text-align:left;"><br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/120.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Publi&eacute; le 4 f&eacute;vrier 2011 dans le cadre du projet de <a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=104893605886" rel="self">vases communicants</a>&nbsp;chez Juliette M&eacute;zenc (<a href="http://www.motmaquis.net/spip.php?article59" rel="self">mot-maquis</a>).<br /></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 20 f&#xe9;vrier 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Choses vues</category><dc:date>2011-02-24T00:05:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/da7f3d7c9771ebece681aa7d743c7a88-1230.html#unique-entry-id-1230</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/da7f3d7c9771ebece681aa7d743c7a88-1230.html#unique-entry-id-1230</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="DSCN1580" src="http://www.lesmarges.net/files/crocuscrocus2011.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />C&rsquo;est le dernier jour de la neuvi&egrave;me &eacute;dition d&rsquo;<em>Accrochage</em>, exposition annuelle que le Mus&eacute;e cantonal des Beaux-Arts de Lausanne consacre &agrave; la fine fleur de la sc&egrave;ne artistique vaudoise contemporaine, pr&eacute;sentation d&rsquo;&oelig;uvres r&eacute;centes d&rsquo;artistes de diff&eacute;rentes g&eacute;n&eacute;rations s&eacute;lectionn&eacute;es sur libre pr&eacute;sentation par un jury de professionnels. Je m&rsquo;y rends avec Arthur quelques heures avant que ne retombe le rideau et qu&rsquo;on place dans la nuit de quelque cave (ou les d&eacute;p&ocirc;ts de nos g&eacute;n&eacute;reuses banques), ce qui brilla un instant aux cimaises.<br />Je ne m&rsquo;y retrouve pas... mais avoue que, en ce domaine, je ne connais rien, ni les sauts de loup ni les chicanes qui contraignent les artistes &agrave; se d&eacute;passer bien au-del&agrave; de ce que le B&eacute;otien que je suis est capable d&rsquo;imaginer. J&rsquo;admets donc volontiers que chacun des travaux pr&eacute;sent&eacute;s ici n&rsquo;est que la pointe d&rsquo;un iceberg dont je ne vois pas le ventre immerg&eacute;. Car l&rsquo;avenir est certainement radieux et Arthur met tout plein de bonne volont&eacute;.<br />Il me faut toutefois tenir &agrave; bonne distance<em> </em>l&rsquo;<em>ex falso sequitur quodlibet</em> que me souffle un mauvais g&eacute;nie, prendre garde &agrave; ne pas rejoindre les grognons aigres des zones critiques qui ne se lassent pas de jeter le discr&eacute;dit et les moqueries les plus triviales sur les travaux de ceux qui cherchent &ndash; sans toujours trouver &ndash; des issues &agrave; la bo&icirc;te de Pandore dans laquelle ils sont enferm&eacute;s, bref, tenir &agrave; bonne distance la superbe pleine de fatuit&eacute; des professionnels de la critique et le gros d&eacute;go&ucirc;t.<br /><span style="font-size:10px; "><em><br /></em></span><img class="imageStyle" alt="DSCN1590" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1590.jpg" width="470" height="202"/><span style="font-size:10px; "><em><br /></em></span><br />Restent quelques odeurs, le bruit de vieux tram d&rsquo;un vieux carrousel &agrave; dias qui projette le pass&eacute; sur l&rsquo;&eacute;cran de l&rsquo;avenir et le souvenir d&rsquo;une ligne continue, noire, fix&eacute;e au sol &agrave; soixante centim&egrave;tres des murs sur lesquels sont expos&eacute;es les merveilles. Une ligne qu&rsquo;il ne faut pas franchir, scotch noir tir&eacute; &agrave; la va-vite. <br /><em>Interdit de photographier le travail des artistes</em>, pr&eacute;cise une employ&eacute;e du mus&eacute;e lorsqu&rsquo;elle me voit prendre mon appareil. Mais la ligne? la ligne noire? Interdit aussi, droits d&rsquo;auteur obligent. La ligne fait-elle partie des travaux pr&eacute;sent&eacute;s? La dame n&rsquo;en est pas s&ucirc;re mais ne fl&eacute;chit pas, moi non plus. Est-ce une repr&eacute;sentation de l&rsquo;infranchissable, une esth&eacute;tisation de la cl&ocirc;ture religieuse, un jub&eacute; de notre temps? Je ne peux m&rsquo;y faire, elle r&eacute;fl&eacute;chit encore, cherche avec s&eacute;rieux une issue. Elle me propose enfin de rejoindre l&rsquo;entr&eacute;e du mus&eacute;e, de prendre contact avec le responsable de l&rsquo;exposition qui est dans le vestibule. Il m&rsquo;informera et lui communiquera par t&eacute;l&eacute;phone sa r&eacute;ponse. Je pourrai alors la rejoindre et, sous sa surveillance, photographier cette ligne interdite. <br />Elle a tourn&eacute; le dos, je n&rsquo;attendrai pas. <em>Bandit!</em> souffle Arthur. On s&rsquo;enfuit.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1591" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1591.jpg" width="470" height="202"/><br /><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/bandeblanchehorizontale-2.png" width="139" height="10"/><span style="font-size:10px; "><em>Jenny Baumat, Sans titre, Pliages papier noir-blanc, 24 20 x 14 cm</em></span><br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les fromages &#xe0; p&#xe2;te molle</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-02-22T00:01:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/8cffa2cf116b48ec1ee686cecad1049a-1229.html#unique-entry-id-1229</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/8cffa2cf116b48ec1ee686cecad1049a-1229.html#unique-entry-id-1229</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/120.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les fromages &agrave; p&acirc;te molle<br />les faux-monnayeurs<br />le demi-sommeil<br />les standard nationaux de la formation professionnelle<br />les moteurs diesel au cul des barques des vieux p&ecirc;cheurs du lac<br />les phases d&rsquo;am&eacute;nagement<br />il y a les poches retourn&eacute;es<br />tous ces matins qui ressemblent au premier matin du monde<br />il y a Pors Even &agrave; mar&eacute;e basse<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Houle d&#x2019;apr&#xe8;s la bataille</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><category>Hors jeu</category><dc:date>2011-02-23T00:05:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f0a03b0c128a8b7d3de9686128cdaf55-1228.html#unique-entry-id-1228</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f0a03b0c128a8b7d3de9686128cdaf55-1228.html#unique-entry-id-1228</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/120.4.png" width="50" height="50"/> <br /><br /><em>&Ccedil;a sent la fum&eacute;e, c&rsquo;est agr&eacute;able (la fum&eacute;e de feuilles). Il y a de beaux noyers dans les champs. La terre a &eacute;t&eacute; remu&eacute;e. Il y a des saules aussi, mais pas des saules pleureurs, des saules impulsifs qui partent en l&rsquo;air. C&rsquo;est une esp&egrave;ce. Un homme passe avec une bicyclette postale &ndash; jaune. Ce doit &ecirc;tre le fr&egrave;re d&rsquo;un facteur. (Charles-Albert Cingria)<br /><br /></em>Il faudrait saisir le monde avant qu&rsquo;il ne devienne une figure de pierres, des grimaces sur ton visage, un pavage de bonnes intentions, avant que les choses qui le traversent ne s&rsquo;embourbent dans une terre dont on dira qu&rsquo;elle leur &eacute;tait due. Juxtaposition encore h&eacute;sitante, bouts d&rsquo;innocence, cort&egrave;ge de modesties mises bout &agrave; bout, sans mot de liaison. Parataxe, aucune subordination, ni relation ni ordre, nappe ou vague continue, pr&eacute;sences, pluies et glissements. <br /><br />Les phrases se mettent &agrave; pencher, regarde le lierre, il monte en spirale autour du nouvel arrivant, deux mots font saillie, le miel coule, j'aper&ccedil;ois un tunnel qui creuse sa galerie, les nuages font des bascules &ndash; politesses de voisinage. Le monde tangue, un seau perc&eacute;, une araign&eacute;e tisse tes cheveux, l&rsquo;&eacute;clair d&rsquo;un sabre illumine les bois. <br /><br />Il faudrait saisir le monde d'avant la bataille &agrave; laquelle se livreront les &eacute;l&eacute;ments &agrave; l&rsquo;&eacute;troit dans les couloirs du langage, lorsque les choses ne sont encore que pr&eacute;positions, lorsque le monde balance les bras en tous sens. Peu de choses, deux ou trois qui dansent un pas de deux.<br /><br />Faut-il croire &agrave; cette l&acirc;chet&eacute; de la premi&egrave;re heure, l&rsquo;esp&eacute;rer parce qu&rsquo;on n&rsquo;y tol&egrave;re ni arri&egrave;re-pens&eacute;es ni sous-entendus? Il y a l&agrave; comme une m&eacute;lodie qui chasse l&rsquo;implicite, courbe l'espace et nous dispense des coups d&rsquo;&eacute;clat, sans que rien ne soit mis &agrave; l&rsquo;index ou &eacute;rig&eacute; &agrave; la t&ecirc;te de l&rsquo;&eacute;tat. L'abondance nue d&eacute;barrass&eacute;e des chevilles et des mort&egrave;zes, des boucles de barbel&eacute;s qui sacralisent le langage, des effets, des figures qui jalonnent et encha&icirc;nent. <br /><br />Restent la flamme de l&rsquo;ostensoir dans l&rsquo;&eacute;glise vide et les innombrables voyages sans noise ou d&rsquo;apr&egrave;s la noise. Il ne sert &agrave; rien d&rsquo;anticiper, la rupture continue tient haut les coeurs. Les mots lib&eacute;r&eacute;s du corset des mots montrent du doigt la douce conspiration des choses qui sourient lorsque le t&eacute;moin de la bataille se r&eacute;veille d&eacute;sorient&eacute;.<br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Jacques Chessex</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les disparus</category><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-02-18T16:15:51+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/be86c2c907aeb2bf8a3151c11db0ff15-1226.html#unique-entry-id-1226</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/be86c2c907aeb2bf8a3151c11db0ff15-1226.html#unique-entry-id-1226</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-02-11 à 11.19.53" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-11-a0300-11.19.53.png" width="50" height="50"/><br /><p style="text-align:center;"><span style="font-size:11px; "><em><br /></em></span>Si l&rsquo;on vous demande<br />un jour<br />pourquoi ces vies<br /><br /><br />dites-leur s&rsquo;ils sont vivants<br />la couleur de vos passions<br />les verres vides<br /><br /><br />sur la table du jardin<br />les pinceaux en carafe<br />et bient&ocirc;t plus rien<br /><br /><br /><br /><br /><br /><span style="font-size:11px; "><em><br /></em></span><br /><img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/chessex1.png" width="132" height="83"/><span style="font-size:11px; "><br /></span><span style="font-size:11px; "><em>Ropraz, 14 novembre 2000</em></span><span style="font-size:11px; "><br /><br /></span><img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/chessex2.png" width="133" height="100"/><span style="font-size:11px; "><br /></span><span style="font-size:11px; "><em>Ropraz, 27 juin 2010</em></span><span style="font-size:11px; "><br /><br /></span><img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/chessex3.png" width="129" height="95"/><span style="font-size:10px; "><br /></span><span style="font-size:11px; "><em>Ropraz, 28 d&eacute;cembre 2010</em></span><br /></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les seaux perc&#xe9;s</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-02-17T08:39:30+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/3192c89b0307ec8d5863971682a11898-1225.html#unique-entry-id-1225</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/3192c89b0307ec8d5863971682a11898-1225.html#unique-entry-id-1225</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-02-11 à 11.20.13" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-11-a0300-11.20.13.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les seaux perc&eacute;s<br />la cour de Sainte-Agathe<br />il y a les convenances<br />les chevaux de man&egrave;ge<br />le lit de l'ignorance<br />il y a le d&eacute;risoire auquel on s'attache<br />la courte-paille<br />les braises sous les cendres<br />il y a oh! les beaux jours<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>28</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2011-02-21T00:07:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e7116065e5b5a890f42c58ae65eed071-1224.html#unique-entry-id-1224</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e7116065e5b5a890f42c58ae65eed071-1224.html#unique-entry-id-1224</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="DSCN1576" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1576.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />Sommes trop &agrave; vouloir faire le beau temps, me retire.<br /><br /><em>Il y a des nuits o&ugrave; je dors comme un livre.<br /><br /></em><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1606" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1606.jpg" width="186" height="300"/><br /><br /><br />Les ruines sont les miettes d&rsquo;un autre d&eacute;sastre.<br /><p style="text-align:right;"><br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXXXIV</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-02-15T19:16:10+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/4d9f384118800d477c283e27a2c6841e-1223.html#unique-entry-id-1223</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/4d9f384118800d477c283e27a2c6841e-1223.html#unique-entry-id-1223</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-02-11 à 11.20.21" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-11-a0300-11.20.21.png" width="50" height="50"/><br /><br />C&rsquo;est la Saint-Valentin, Arthur est all&eacute; samedi matin faire ses emplettes au march&eacute;. Il a mis 9.90 pour un collier.<br />- Et toi, papa, combien tu mettais? <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 13 f&#xe9;vrier 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-02-16T11:09:24+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/36b5f4778800ece2fdf12c47d9d7e5f8-1221.html#unique-entry-id-1221</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/36b5f4778800ece2fdf12c47d9d7e5f8-1221.html#unique-entry-id-1221</guid><content:encoded><![CDATA[<br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1537" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1537.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />On dira qu&rsquo;il y a la mer, la mer d'abord, partout la mer, la mer qui vous regarde; mais elle ne vous regarde pas la mer, elle va pour son compte, &eacute;trang&egrave;re, tout enti&egrave;re sur une voie parall&egrave;le. On pourrait dire alors qu&rsquo;il y a le jour, l'affairement des hommes et le silence la nuit. Il vaudrait mieux dire qu&rsquo;il y a la mer, la terre, les hommes, le ciel, qu&rsquo;il y a toutes ces choses, et que toutes ces choses tiennent miraculeusement ensemble. C&rsquo;est un enfant qui les tient d&rsquo;abord, du bout des doigts, un enfant sur un balcon, avec son p&egrave;re qui les nomme, un enfant qui reviendra un jour les mettre ensemble. Autant d'&icirc;les, de souvenirs nus rest&eacute;s &agrave; l&rsquo;ancre que rabat soudain le vent, coquelicots et camomilles qui aiguisent l&rsquo;app&eacute;tit de celui qui veut savoir. Tout est donn&eacute; pour la seconde fois, se tenir immobile, mettre bout &agrave; bout les choses, comme dans un tableau, mais un tableau qui serait sans bord, les laisser monter avec la vague, peindre en haut la ville qui coule dans notre dos jusqu'&agrave; la mer, avec la rivi&egrave;re qui la traverse et le sud en contrebas. Faire tenir ensemble pour la seconde fois ce qui tenait la premi&egrave;re fois sans personne: le jour, la nuit, la mer qui lui r&eacute;siste, leur &eacute;trange noblesse, seules, sans moi ni toi. Il n&rsquo;y a personne sur le balcon. <br /><br />On ne saura jamais o&ugrave; c&rsquo;&eacute;tait. Mais ce que je sais c'est que &ccedil;a monte jusqu&rsquo;ici parce que, du balcon o&ugrave; j&rsquo;&eacute;cris ces mots, j&rsquo;aper&ccedil;ois le jardin, le lac, et plus loin la mer. &Ccedil;a commence on ne sait pas tr&egrave;s bien quand ni o&ugrave;, le long de la rivi&egrave;re qui serpente, &ccedil;a va plus loin dans le nord et &ccedil;a &eacute;choit l&agrave;. Plusieurs fois on a vu &ccedil;a, et chaque fois il nous avait fallu aller vite, &ccedil;a durait un instant, le bleu du ciel avec les cloches le dimanche et quelques tra&icirc;n&eacute;es dans le ciel, le passage du renard et les cris du geai. Tout s&rsquo;envolait et il ne servait &agrave; rien de vouloir le retenir, il fallait recommencer &agrave; la ligne. On reprend, la ville et la mer tout enti&egrave;res, avec les hommes qui s&rsquo;affairent, une fresque, un pr&eacute;, un carrefour, des usines, miraculeusement ensemble. J&rsquo;ai lu avant-hier ce miracle, relu aujourd&rsquo;hui pr&egrave;s de l'&eacute;tang, &ndash; <em><a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504233/o%C3%B9-s-arr%C3%AAte-la-terre" rel="self">O&ugrave; s'arr&ecirc;te la terre</a></em>. Il passe et repasse sans faire de vague, avec des &icirc;les qui semblent bouger, des bateaux flottant sur le vide. C&rsquo;&eacute;tait bien avant que la ville ait un nom, bien avant que nous en soyons, mais on l'ignorait, et ce fut notre chance. C&rsquo;est un livre sur la terre, la mer, la ville et l&rsquo;universel.<br /><br />De tout cela on ne se souvient pas exactement, quelques mots et des parfums qui nous font lever les yeux bien au-del&agrave; de l&rsquo;horizon: l&rsquo;enfance dans la poussi&egrave;re, bouts de t&ocirc;le et fenouil, le regard qui appareille vent arri&egrave;re, avec le balcon, et les chemises qui s&egrave;chent au vent. On ne sait pas pourquoi, une date, une couleur, une seconde, tout part de l&agrave; et nous ram&egrave;ne-l&agrave; sur une marche d&rsquo;escalier, les coquillages incrust&eacute;s dans la pierre. Ils venaient de l&rsquo;&eacute;tranger, des rizi&egrave;res et de la neige. Nous voici hors du monde avec les &eacute;clats que nous a ramen&eacute;s la mer, la fra&icirc;cheur des galets, le corps l&eacute;ch&eacute; par l&rsquo;incessant travail du verbe et du silence. Il y a dans ce livre une odeur d&rsquo;apr&egrave;s-guerre, ils ne sont pas si nombreux les temps de paix, n&rsquo;est-ce pas? <br /><br />C&rsquo;est un tableau, la mer et la ville, avec le sang qui coule mais qu&rsquo;on ne voit pas vraiment, une image du monde sans subordination, ou &agrave; peine, celle de l&rsquo;attente, du d&eacute;sir, de la promesse de parler un jour de l&rsquo;aube. Que de temps il aura fallu pour remonter le temps, se baisser pour ramasser ce qui ne vaut rien mais qui fait respirer nos vies. Faut-il &ecirc;tre une enfant de la mer pour comprendre le lieu? Je suis un enfant de l&rsquo;arri&egrave;re-pays.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="safe_image.php" src="http://www.lesmarges.net/files/safe_image.php.png" width="67" height="90"/><br /><br /><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><em><a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504233/o%C3%B9-s-arr%C3%AAte-la-terre">O&ugrave; s'arr&ecirc;te la terre</a></em></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> de </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><u><a href="http://abadon.fr/">Mich&egrave;le Dujardin</a></u></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> (Ed. Publie.net)</span><br /><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-02-11 à 11.20.00" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-11-a0300-11.20.00.png" width="50" height="50"/><br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Main courante</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les disparus</category><category>Riant-Mont</category><dc:date>2011-02-11T01:08:53+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/eda4d3cd0848b0a4cf5b9c76e747ebb2-1219.html#unique-entry-id-1219</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/eda4d3cd0848b0a4cf5b9c76e747ebb2-1219.html#unique-entry-id-1219</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-02-03 à 15.00.02" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-03-a0300-15.00.02.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il m'a racont&eacute; que, tandis que nous allions chacun de notre c&ocirc;t&eacute;, il y &eacute;tait retourn&eacute;. <br /><br /><em>Tu y reviens comme si tu sortais de terre, une terre que tu remues &agrave; peine et qui re&ccedil;oit ta visite sans y avoir song&eacute;, terre aux racines muettes mais qui n'oublient rien. Tu es un revenant, te dresses au milieu de ce dont tu faisais partie sans le savoir, mais d'o&ugrave; il a bien fallu t'&eacute;loigner un jour, sans quoi tu serais rest&eacute; aveugle, le nez coll&eacute; au carreau. Tu retournes donc dans cette maison et ce jardin, le tien et le sien, laiss&eacute;s en plan un jour, sans regrets, c&rsquo;est-&agrave;-dire sans y avoir abandonn&eacute; quiconque, c'est-&agrave;-dire sans avoir averti non plus celui qui aurait pu y rester... Et tu constates que tu y es demeur&eacute;, comme un mort dans un cimeti&egrave;re. <br /></em><br />Il se prom&egrave;ne et d&eacute;couvre, tandis que j'&eacute;tais mort, les choses qui ont veill&eacute; &agrave; mon chevet, elles lui murmurent que nous en &eacute;tions, l'accueillent comme un disparu plong&eacute; dans une petite &eacute;ternit&eacute;. Il a bien chang&eacute;, alourdi de tout ce que j'ai laiss&eacute; aujourd'hui pr&egrave;s du portail.<br /><br />Lorsque il glisse sa main sur la main courante de l&rsquo;escalier qui monte &agrave; l&rsquo;appartement, ce n&rsquo;est pas seulement comme autrefois, c&rsquo;est comme demain et apr&egrave;s-demain lorsque il ne sera plus. Car ce n&rsquo;est pas moi seulement qui tiens la rampe, mais l'autre aussi, le revenant. Et tenant la rampe, je tiens la main de l&rsquo;enfant que je fus, je tiens la main de mon p&egrave;re, mais aussi celle du fils du p&egrave;re que je suis devenu. La main de son p&egrave;re dans celle de mon fils, celle de mon fils dans celle de son p&egrave;re. Et tenant celle de mon fils, je tiens celle du revenant, celle d'autrefois, celle qui tenait celle de mon p&egrave;re.<br /> <br />J&rsquo;aper&ccedil;ois les fers descell&eacute;s du balcon, la butte sous le fr&ecirc;ne, le muret des escaliers Hollard, le pigeonnier, la porte, les studios modernes. Le temps n&rsquo;a pas avanc&eacute;, il ne passe pas, il pousse comme les racines du fond du jardin, et on repasse, comme des revenants, baies rouges &eacute;ph&eacute;m&egrave;res du houx, la main coll&eacute;e &agrave; la rampe, main dans la main avec la petite &eacute;ternit&eacute;, celle qui transite parmi les hommes.<br /><br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0644" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0644.jpg" width="200" height="200"/> <img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-02-10 à 13.13.20" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-10-a0300-13.13.20.png" width="70" height="98"/><img class="imageStyle" alt="DSCN0663" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0663.jpg" width="200" height="200"/><br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0651" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0651.jpg" width="200" height="200"/> <img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-02-10 à 13.13.20" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-10-a0300-13.13.20-2.png" width="70" height="98"/><img class="imageStyle" alt="DSCN0652" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0652.jpg" width="200" height="200"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0691" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0691.jpg" width="200" height="200"/> <img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-02-10 à 13.13.20" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-10-a0300-13.13.20-3.png" width="70" height="98"/><img class="imageStyle" alt="DSCN0656" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0656.jpg" width="200" height="200"/> <br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0658" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0658.jpg" width="200" height="200"/> <img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-02-10 à 13.13.20" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-10-a0300-13.13.20-4.png" width="70" height="98"/><img class="imageStyle" alt="DSCN0661" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0661.jpg" width="200" height="200"/><br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0664" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0664.jpg" width="200" height="200"/> <img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-02-10 à 13.13.20" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-10-a0300-13.13.20-5.png" width="70" height="98"/><img class="imageStyle" alt="DSCN0665" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0665.jpg" width="200" height="200"/><br /><br /> <img class="imageStyle" alt="DSCN0668" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0668.jpg" width="200" height="200"/> <img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-02-10 à 13.13.20" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-10-a0300-13.13.20-6.png" width="70" height="98"/><img class="imageStyle" alt="DSCN0649" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0649.jpg" width="200" height="200"/><br /><br /> <img class="imageStyle" alt="DSCN0672" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0672.jpg" width="200" height="200"/><img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-02-10 à 13.13.20" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-10-a0300-13.13.20-7.png" width="70" height="98"/><img class="imageStyle" alt="DSCN0675" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0675.jpg" width="200" height="200"/> <br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN06761" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn06761.jpg" width="200" height="200"/> <img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-02-10 à 13.13.20" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-10-a0300-13.13.20-8.png" width="70" height="98"/><img class="imageStyle" alt="DSCN0682" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0682.jpg" width="200" height="200"/><br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0683" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0683.jpg" width="200" height="200"/> <img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-02-10 à 13.13.20" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-10-a0300-13.13.20-9.png" width="70" height="98"/><img class="imageStyle" alt="DSCN0690" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0690.jpg" width="200" height="200"/> <br /> <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 6 f&#xe9;vrier 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2011-02-09T01:27:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/5c4b94fa1494746d77c7605c01594f8a-1218.html#unique-entry-id-1218</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/5c4b94fa1494746d77c7605c01594f8a-1218.html#unique-entry-id-1218</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="DSCN1517" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1517.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Relu ce matin la fin du Grand Meaulnes et frapp&eacute;, plus encore qu'autrefois, par l&rsquo;&eacute;puisement acc&eacute;l&eacute;r&eacute; de la narration dans la troisi&egrave;me partie, r&eacute;duite &agrave; la juxtaposition froide et s&egrave;che des &eacute;v&eacute;nements qui se succ&egrave;dent comme celles des pi&egrave;ces d&rsquo;un dossier &agrave; instruire. Mais cette mise &agrave; plat, qui d&eacute;bouche sur une invraisemblable d&eacute;ception, relance pourtant jusqu&rsquo;&agrave; la fin le myst&egrave;re. Le secret p&eacute;n&egrave;tre la ville &ndash; Bourges et Paris &ndash;, la sid&egrave;re comme l&rsquo;arri&egrave;re d&rsquo;une com&egrave;te, avant de s&rsquo;&eacute;puiser, sans qu&rsquo;on y croie vraiment, dans un labyrinthe de lieux blancs. On ne peut croire tout &agrave; fait que les h&ocirc;tes du r&ecirc;ve de Meaulnes ne vont pas rejoindre les Sablonni&egrave;res pour de nouvelles noces, on ne peut concevoir que cette aventure &ndash; qui n&rsquo;a au fond jamais eu lieu sinon dans le r&ecirc;ve gonfl&eacute; &agrave; blanc des promesses &ndash; ne se poursuive pas. Leur amonc&egrave;lement m&ecirc;l&eacute; au silence et aux innombrables secrets qui r&egrave;gnent &agrave; Sainte-Agathe, nourrit le myst&egrave;re de la premi&egrave;re partie, lequel se fragmente dans la troisi&egrave;me, succession d&rsquo;accidents command&eacute;s par les circonstances, les rat&eacute;s de la communication et des corps trop &eacute;loign&eacute;s. Les identit&eacute;s princi&egrave;res des Sablonni&egrave;res se divisent, multipliant leur pr&eacute;sence en des lieux quelconques, faux passagers de vrais malentendus. Fran&ccedil;ois, Frantz, Augustin, Yvonne et Valentine, les rois sont p&acirc;les, d&eacute;pris, l&acirc;ch&eacute;s par le r&ecirc;ve d&rsquo;un seul. L&rsquo;aube a d&eacute;sert&eacute; les &acirc;mes, il n&rsquo;y a plus rien, oubli&eacute;e la possibilit&eacute; d&rsquo;en &ecirc;tre. Les corps disjoints sont fauch&eacute;s par une guerre d&rsquo;avant la guerre. Il aurait fallu aller vite, plus vite encore au bout de l&rsquo;aventure. <br />Le Grand Meaulnes est le r&eacute;cit d&rsquo;un jour, sid&eacute;ration du monde &agrave; l&rsquo;aube, avec le r&ecirc;ve d&rsquo;une nuit, celle qui fut la premi&egrave;re. Longue inspiration. On sait qu&rsquo;&agrave; midi il n&rsquo;y aura pas de lendemain et le soir, la cour de Sainte-Agathe est d&eacute;serte.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1515" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1515.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Balade l&rsquo;apr&egrave;s-midi sous le soleil. Par la Mussilly, la Moille au Fr&ecirc;ne, Pra Massin et le chemin des Tailles, les Ch&ecirc;nes, la Grisaude et Praz Piot. Les haies vives croisent leurs doigts sur le ciel, d&eacute;j&agrave; pr&ecirc;tes &agrave; flamber. Dans le labyrinthe de leur trame des m&eacute;sanges se sont donn&eacute; rendez-vous et jouent &agrave; cliclimouchette, dessus dessous, dessous dessus, dessus dessous,... <br /><br /><em>- Qui est-ce?<br />- Je ne sais pas.<br />- Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;ils font?<br />- Oh! c&rsquo;est que c&rsquo;est jeune, &ccedil;a s&rsquo;amuse. <br />C&rsquo;&eacute;tait en effet sur le chemin, comme quand les enfants jouent &agrave; la &laquo;&nbsp;couratte&nbsp;&raquo; (qui est le nom qu&rsquo;on donne au jeu), et c&rsquo;&eacute;taient les deux gar&ccedil;ons. L&rsquo;un courait, l&rsquo;autre courait. Dsozet allait devant, Justin allait derri&egrave;re. Quand celui qui &eacute;tait derri&egrave;re courait plus vite, celui qui &eacute;tait devant faisait de m&ecirc;me, comme pour ne pas se laisser rattraper. Car le jeu est qu&rsquo;on se rattrape, et celui qui vous rattrape a gagn&eacute;. (Derborence I, 6)</em><br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1520" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1520.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Quelques m&egrave;tres apr&egrave;s le m&eacute;morial de Pra Massin, Louise et Lili questionnent. Un peu d&rsquo;embarras. Car s&rsquo;il est &agrave; la port&eacute;e de n&rsquo;importe qui d&rsquo;&eacute;voquer la d&eacute;tresse spirituelle d&rsquo;un homme qui n&rsquo;a plus de force et se donne la mort, il est plus difficile de leur expliquer techniquement la pendaison, les pr&eacute;paratifs, la longueur de la corde, sa fixation, le noeud, la dur&eacute;e du passage vers l&rsquo;au-del&agrave;... C&rsquo;est m&ecirc;me au-del&agrave; de mes forces et je noie le poisson.<br /><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-02-03 à 14.59.50" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-03-a0300-14.59.50.png" width="50" height="50"/><br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Un tour encore</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2011-02-10T06:50:14+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/410daa34e02c13d7f521c32d7dadca94-1217.html#unique-entry-id-1217</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/410daa34e02c13d7f521c32d7dadca94-1217.html#unique-entry-id-1217</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-02-03 à 15.00.16" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-03-a0300-15.00.16.png" width="50" height="50"/> <br /><br />On dit oui et les id&eacute;es se multiplient comme si on &eacute;cartait les bras, heureux d&rsquo;avoir un pays et toute la journ&eacute;e devant soi. On fait un pas, deux pas en direction du quelque chose qui tient ensemble l&rsquo;horizon, impose sa loi sans qu&rsquo;on sache vraiment comment et pourquoi, donne chair aux ombres et aux mirages crois&eacute;s en chemin. On veut s&rsquo;approcher pour y voir clair, le temps presse, plus pr&egrave;s encore, et le temps dont on dispose fond &agrave; mesure qu&rsquo;on prend les dimensions de ce qu&rsquo;on laissera &agrave; la fin derri&egrave;re soi. Il ne reste bient&ocirc;t plus rien, il faut se h&acirc;ter et glisser quelque chose dans le seau qui fuit, n&rsquo;importe quoi, quelque chose. Mais comment faire tenir debout et solide ce qui s&rsquo;&eacute;tale et r&eacute;duire ce qui fut &agrave; quelques mots? Faudra-t-il toujours mettre un peu de la lumi&egrave;re sous le boisseau pour ne pas tout abandonner et d&eacute;taler les mains vides? <br />Arriv&eacute; au tournant du jour, la bouche est s&egrave;che, on aligne quelques mots qu&rsquo;on esp&egrave;re pourtant fid&egrave;les. Plus jamais &ccedil;a, on ne nous y reprendra pas, trop dur. Mais ce sont d&rsquo;autres mots qui parlent soudain, sous la dict&eacute;e desquels l&rsquo;impr&eacute;visible jette ses mailles, et on respire &agrave; nouveau. Deux lignes ou trois qui d&eacute;roulent leur foul&eacute;e. On sourit d&rsquo;avoir &agrave; peu pr&egrave;s r&eacute;ussi ce qu&rsquo;on ne pouvait compl&egrave;tement manquer et qu&rsquo;on a cru un instant pouvoir faire na&icirc;tre au forceps. C&rsquo;est fait, on a lac&eacute; &agrave; notre insu, une fois encore, les deux bouts de l&rsquo;horizon.<br />Le beau temps revient avec le soir, les verts et les ocres de la plaine confondent leurs impressions, la nuit d&eacute;nouera les noeud du jour et on se l&egrave;vera all&eacute;g&eacute; demain. Sisyphe aura retourn&eacute; le sablier, on aura devant soi un pays tout neuf, le viatique pour un tour de man&egrave;ge et toute la journ&eacute;e devant soi. <br />Je r&ecirc;ve ce soir &agrave; un horizon qui ne se r&eacute;duirait pas &agrave; l'empan de notre courte m&eacute;moire mais &agrave; l'envergure de nos bras &eacute;tendus, &agrave; un horizon qui aurait, un matin, l&rsquo;horizon pour horizon.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les chardonnerets</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-02-08T00:35:24+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c2d75d7beb6df5e9b01e4592124393a7-1216.html#unique-entry-id-1216</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c2d75d7beb6df5e9b01e4592124393a7-1216.html#unique-entry-id-1216</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-02-03 à 15.00.24" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-03-a0300-15.00.24.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Il y a les chardonnerets<br />les sommaires<br />les tavelures de la vieillesse<br />il y a tes paupi&egrave;res<br />la caravane abandonn&eacute;e &agrave; la lisi&egrave;re du bois<br />la fid&eacute;lit&eacute; des ombres<br />la voiture du facteur qui s'&eacute;loigne<br />il y a les nuits assez longues pour donner tout le repos qu'il faut<br />les monuments aux morts<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>27</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2011-02-07T12:44:53+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/de3307c6a39b60276553afe9c914bc24-1214.html#unique-entry-id-1214</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/de3307c6a39b60276553afe9c914bc24-1214.html#unique-entry-id-1214</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-02-03 à 15.00.09" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-03-a0300-15.00.09.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il a voulu le bien d&rsquo;autrui, y a mis tout son enthousiasme et un solide acharnement, mais il s&rsquo;avise aujourd&rsquo;hui que ne pas vouloir son malheur e&ucirc;t amplement suffi. <br />Il soup&ccedil;onne que d&rsquo;autres eurent cette m&ecirc;me id&eacute;e. Mais lui c&rsquo;est lui, et lui c&rsquo;est moi. S&rsquo;instille alors une folle ambition, celle de donner &agrave; cet &eacute;pisode de conscience une expression plus profonde, plus pr&eacute;cise et plus belle, plus l&eacute;g&egrave;re et plus &eacute;l&eacute;gante que celle qu&rsquo;en ont donn&eacute;e ceux qui l&rsquo;ont pr&eacute;c&eacute;d&eacute;. Il n&rsquo;aper&ccedil;oit pas imm&eacute;diatement le malin qui grimace derri&egrave;re lui, auquel il devra bient&ocirc;t tenir t&ecirc;te avant que ne lui tombe sur le dos la cohorte des d&eacute;mons qui guettent sur le seuil.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Juliette M&#xe9;zenc</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Vases communicants</category><category>Au pied du brise-lames</category><dc:date>2011-02-04T00:01:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d697d15116bf7e00ba9f5379de2625d9-1210.html#unique-entry-id-1210</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d697d15116bf7e00ba9f5379de2625d9-1210.html#unique-entry-id-1210</guid><content:encoded><![CDATA[<span style="font:14px ArialNarrow; "><br /></span><span style="font:16px ArialNarrow; "><br /></span><p style="text-align:justify;"><span style="font:19px Times, Georgia, Courier, serif; font-weight:bold; font-weight:bold; ">Comment pr&eacute;senter &ccedil;a&nbsp;?</span><span style="font:12px ArialNarrow; "><br /></span><span style="font:12px ArialNarrow; ">dialogue &agrave; b&acirc;tons rompus OU r&eacute;union au sommet (tout le monde n&rsquo;est pas d&rsquo;accord sur le sous-titre &agrave; donner &agrave; cet article, veuillez nous excuser pour les d&eacute;sagr&eacute;ments occasionn&eacute;s)<br /></span><span style="font:16px ArialNarrow; "><br /></span></p><p><img class="imageStyle" alt="sommetdesommet" src="http://www.lesmarges.net/files/sommetdesommet.jpg" width="461" height="346"/><img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-02-03 à 16.53.31" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-03-a0300-16.53.31.png" width="17" height="158"/><span style="font:16px ArialNarrow; "><br /></span><span style="font:16px Times, Georgia, Courier, serif; "><br /></span></p><p style="text-align:justify;"><span style="font:16px Times, Georgia, Courier, serif; ">Quincaillerie&nbsp;? <br />Fourre-zy-tout&nbsp;? <br />Vous avez vraiment mais alors </span><span style="font:18px Times, Georgia, Courier, serif; ">vraiment</span><span style="font:16px Times, Georgia, Courier, serif; "> aucun orgueil hein&nbsp;!<br />Quoi&nbsp;?<br />Laisse-les faire, c&rsquo;est pour la comm&rsquo;, on s&rsquo;en fout<br />Comment on s&rsquo;en fout&nbsp;! ils voudraient se saborder qu&rsquo;ils ne feraient pas mieux<br />On n&rsquo;a qu&rsquo;&agrave; &eacute;crire chacun un texte pour pr&eacute;senter le bidule et puis voter<br />Non non non, vous &ecirc;tes trop nombreux l&agrave;-dedans &agrave; d&eacute;lirer complet<br />Laisse-les faire, le vote &ccedil;a n&rsquo;engage &agrave; rien<br />Moi je dis que le titre suffit&nbsp;: </span><span style="font:16px Times, Georgia, Courier, serif; "><em>Le Journal du brise-lames</em></span><span style="font:16px Times, Georgia, Courier, serif; "> en </span><span style="font:16px ArialNarrow; ">arial narrow</span><span style="font:16px Times, Georgia, Courier, serif; "> blanc sur fond noir, sobre<br />Moi perso je pr&eacute;f&egrave;re le </span><span style="font-size:14px; ">lucinda sans unicode</span><span style="font:14px Times, Georgia, Courier, serif; "><br /></span><span style="font:16px Times, Georgia, Courier, serif; ">On peut choisir en fonction de<br />Voil&agrave; o&ugrave; on en est rendu, avec leur refus de faire des choix clairs, de s&rsquo;en tenir &agrave; une ligne, un style, de se choisir un bon petit parti pris<br />On t&rsquo;a d&eacute;j&agrave; expliqu&eacute;&nbsp;: le parti pris du n&rsquo;importe quoi, pas de plan, pas de ligne, pas de rigueur, faire feu de tout bois. Glaner. Et construire au petit bonheur la chance<br />Et puis t&rsquo;inqui&egrave;te, tous ces petits bouts de rien, ils s&rsquo;agglom&egrave;rent autour du grand ca&iuml;d, tu sais, le brise-lames, tu te rappelles, le truc sur lequel on bosse depuis des ann&eacute;es<br />Ouais, par intermittence<br />Justement, l&rsquo;intermittence construit l&rsquo;objet, aussi<br />On pourrait &eacute;crire&nbsp; <br /><br /></span><span style="font:16px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">Dans ce livre (est-ce&nbsp;un livre) vous trouverez&nbsp;(avec des tirets pour faire liste, organisation b&eacute;ton) :<br /></span><span style="font:16px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><br /></span></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/espaceblancjulm.png" width="20" height="9"/><span style="font:14px Times, Georgia, Courier, serif; ">-</span><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/espaceblancjulm-2.png" width="20" height="9"/><span style="font:14px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">une utopie artisanale et chaotique<br /></span><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/espaceblancjulm-3.png" width="20" height="9"/><span style="font:14px Times, Georgia, Courier, serif; ">-</span><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/espaceblancjulm-4.png" width="20" height="9"/><span style="font:14px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">de minuscules coquillages en bande organis&eacute;e  <br /></span><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/espaceblancjulm-3-2.png" width="20" height="9"/><span style="font:14px Times, Georgia, Courier, serif; ">-</span><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/espaceblancjulm-5.png" width="20" height="9"/><span style="font:14px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">un magasin de souvenirs<br /></span><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/espaceblancjulm-4-2.png" width="20" height="9"/><span style="font:14px Times, Georgia, Courier, serif; ">-</span><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/espaceblancjulm-6.png" width="20" height="9"/><span style="font:14px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">un peu d&rsquo;Histoire<br /></span><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/espaceblancjulm-5-2.png" width="20" height="9"/><span style="font:14px Times, Georgia, Courier, serif; ">-</span><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/espaceblancjulm-7.png" width="20" height="9"/><span style="font:14px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">un roman photo&nbsp;: </span><span style="font:14px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><em>le homard Omar</em></span><span style="font:14px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><br /></span><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/espaceblancjulm-6-2.png" width="20" height="9"/><span style="font:14px Times, Georgia, Courier, serif; ">-</span><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/espaceblancjulm-8.png" width="20" height="9"/><span style="font:14px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">des bulletins de m&eacute;t&eacute;o marine<br /></span><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/espaceblancjulm-7-2.png" width="20" height="9"/><span style="font:14px Times, Georgia, Courier, serif; ">-</span><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/espaceblancjulm-9.png" width="20" height="9"/><span style="font:14px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">des migrations dans tous les sens <br /></span><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/espaceblancjulm-8-2.png" width="20" height="9"/><span style="font:14px Times, Georgia, Courier, serif; ">-</span><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/espaceblancjulm-10.png" width="20" height="9"/><span style="font:14px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">des r&ecirc;ves absurdes <br /></span><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/espaceblancjulm-9-2.png" width="20" height="9"/><span style="font:14px Times, Georgia, Courier, serif; ">-</span><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/espaceblancjulm-11.png" width="20" height="9"/><span style="font:14px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">des r&ecirc;ves terrifiants<br /></span><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/espaceblancjulm-10-2.png" width="20" height="9"/><span style="font:14px Times, Georgia, Courier, serif; ">-</span><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/espaceblancjulm-12.png" width="20" height="9"/><span style="font:14px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">des anecdotes (r&eacute;habilitons l&rsquo;anecdote)<br /></span></p><p style="text-align:justify;"><span style="font:16px Times, Georgia, Courier, serif; "><br /><br />Ridicule<br />Faut bien tenter quelque chose<br />Tout &ccedil;a n&rsquo;est pas s&eacute;rieux</span><span style="font:16px ArialNarrow; "><br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font:16px ArialNarrow; ">Juliette M&eacute;zenc, collectif</span><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/117.5.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>&eacute;crit par </em><em><a href="http://www.motmaquis.net/" rel="self">Juliette M&eacute;zenc</a></em><em> qui m&rsquo;accueille </em><em><a href="http://www.motmaquis.net/spip.php?article59" rel="self">chez elle</a></em><em> sur son site </em><em><a href="http://www.motmaquis.net/" rel="self">motmaquis</a></em><em> dans le cadre du projet de </em><em><a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=104893605886" rel="self">vases communicants</a></em><em>&nbsp;: le premier vendredi du mois, chacun &eacute;crit sur le blog d&rsquo;un autre, &agrave; charge &agrave; chacun de pr&eacute;parer les mariages, les &eacute;changes, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement&hellip; Ne pas &eacute;crire pour, mais &eacute;crire chez l&rsquo;autre.<br />Et d&rsquo;autres </em><em><a href="http://www.facebook.com/note.php?note_id=10150092198400854&id=756154196" rel="self">vases communicants</a></em><em> ce mois : <br /></em><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span></p><p style="text-align:justify;"><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-2.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.oeuvresouvertes.net/">Laurent Margantin</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.face-terres.fr/">Daniel Bourrion </a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-3.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.christinejeanney.fr/">Christine Jeanney</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://sauvageana.blogspot.com/">Anita Navarrete-Berbel</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-4.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://semenoir.typepad.fr/">Maryse Hache</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.pendantleweekend.net/category/pierre-cohen-hadria/">Piero Cohen-Hadria</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-5.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://iowagirl.over-blog.com/">Joye</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://brigetoun.blogspot.com/">Brigitte C&eacute;l&eacute;rier</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-6.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://samdixneuf.wordpress.com/">Samuel Dixneuf </a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;">et </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.xn--chatperch-p1a2i.net/">Michel Brosseau</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-7.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://babelibellus.free.fr/">Chez Jeanne</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://lkm696.blogspot.com/">Leroy K. May</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-8.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://lesdecouvertesdutetard.over-blog.com/">Estelle Ogier</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://joachimsene.fr/txt/">Joachim S&eacute;n&eacute;</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-9.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.tierslivre.net/">Fran&ccedil;ois Bon</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://kwakizbak.over-blog.com/">Christophe Grossi</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-10.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://petiteracine.over-blog.com/">C&eacute;cile Portier</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://futilesetgraves.blogspot.com/">Anthony Poiraudeau</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-11.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://erohee.net/rousse/">Amande Roussin</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.erohee.net/ail/chantier">Benoit Vincent</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-12.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://mariannejaegle.over-blog.fr/">Marianne Jaegl&eacute;</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://flaneriequotidienne.wordpress.com/">Franck Queyraud</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-13.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.theoneshotmi.com/">Candice Nguyen</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.liminaire.fr/">Pierre M&eacute;nard</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-14.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com/">Christophe Sanchez</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://xavierfisselier.wordpress.com/">Xavier Fisselier</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-15.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://nolwenn.euzen.over-blog.com/">Nolwenn Euzen</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://landryjutier.wordpress.com/">Landry Jutier</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-16.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://coeurdemots.hautetfort.com/">Leila Zhour</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://autrou.eu/">Dominique Autrou</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-17.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://entrenoir.blogspot.com/">Jean-Marc Undriener </a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;">et</span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"> </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;">Claude Favre<br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-18.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://runningnewb.wordpress.com/">Clara Lamireau </a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;">et </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.volkovitch.com/">Michel Volkovitch</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-19.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://lexildesmots.hautetfort.com/">Bertrand Redonnet</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://off-shore.hautetfort.com/">Philip Nauher</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-20.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://yzabel2046.blogspot.com/">Isabelle Pariente-Butterlin</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://louiseimagine.wordpress.com/">Louise Imagine</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-21.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.motmaquis.net/">Juliette M&eacute;zenc</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.lesmarges.net/">Jean Prod'hom</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Une g&#xea;ne technique &#xe0; l&#x27;&#xe9;gard des fragments I</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Au pied du brise-lames</category><dc:date>2011-02-02T00:52:45+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/4566b83de186110b3af1087890b2b5bc-1209.html#unique-entry-id-1209</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/4566b83de186110b3af1087890b2b5bc-1209.html#unique-entry-id-1209</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/117.3.png" width="50" height="50"/> <br /><br />On con&ccedil;oit ce que laisse entendre cette manie harcelante du soin qu&rsquo;il porte &agrave; ce qu&rsquo;il laisse se d&eacute;tacher de lui par petits morceaux, cette attention au d&eacute;chet, cette polissure du lambeau ou de la miniature...<br />Il passe pour &ecirc;tre le premier &agrave; avoir compos&eacute; de fa&ccedil;on syst&eacute;matique un livre sous forme fragmentaire...<br />Cela ne s&rsquo;apparentait pas &agrave; des grappes de pens&eacute;es, ni &agrave; des mani&egrave;res de bandeaux ou de coutures de citations mises plus haut que tout, jusqu&rsquo;aux poutres, passionn&eacute;ment incrust&eacute;es et serties, ni &agrave; de v&eacute;ritables chapitres &agrave; l&rsquo;aspect plus ou moins th&eacute;matique...<br />Brillon dit que la Bruy&egrave;re consacra dix ans &agrave; &eacute;crire les quatre cent dix-huit fragments et balan&ccedil;a dix ans s&rsquo;il les produirait...<br />Il mit vingt ans &agrave; trouver un parrainage qui occult&acirc;t ce caract&egrave;re d&eacute;membr&eacute; et moderne.<br /><br />Racine et Boileau sobriquett&egrave;rent avec perfidie Jean de la Bruy&egrave;re du surnom de &laquo;&nbsp;Maximilien&nbsp;&raquo;. Il &eacute;tait l&rsquo;homme qui fait des bouts de texte, des maximes, Boileau estimait que le plus difficile de l&rsquo;art consistait dans la liaison, et dans tous les genres de transition...<br />Il semble que La Bruy&egrave;re ait pouss&eacute; cette hantise de la fragmentation jusqu&rsquo;&agrave; la manie vide ou du moins une apparence peu intelligible. A la fin de l&rsquo;oeuvre, certains discours qui &eacute;taient &eacute;crits de fa&ccedil;on suivie furent par ses soins fractionn&eacute;s sans raison apparente &agrave; coups de pieds de mouche. On pourrait voir l&agrave; le premier t&eacute;moignage d&rsquo;une sorte de compulsion au blanchiment, qui est tr&egrave;s moderne, et qui est tr&egrave;s obscure.<br /><br />D&rsquo;embl&eacute;e le fragment pose une double difficult&eacute; qu&rsquo;on ne surmonte pas commod&eacute;ment: son insistance sature l&rsquo;attention, sa multiplication &eacute;dulcore l&rsquo;effet que sa bri&egrave;vet&eacute; pr&eacute;pare.<br /><br />Les mots latins de fragmen, de fragmentum viennent de frango, briser, rompre, fracasser, mettre en pi&egrave;ces, en poudre, en miettes, an&eacute;antir. En grec le fragment, c&rsquo;est klasma, l&rsquo;apoklasma, l&rsquo;apospasma, le morceau d&eacute;tach&eacute; par fracture, l&rsquo;extrait, quelque chose d&rsquo;arrach&eacute;, de tir&eacute; violemment. Le spasmos vient de l&agrave;: convulsion, attaque nerveuse, qui tire, arrache, disloque.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>Pascal Quignard, Une g&ecirc;ne technique &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des fragments, Fata morgana,1986</em></span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>A.7</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><dc:date>2011-02-14T07:22:49+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7ac7845e92a013df3258f6392dadd67f-1208.html#unique-entry-id-1208</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7ac7845e92a013df3258f6392dadd67f-1208.html#unique-entry-id-1208</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Capture d&rsquo;écran 2011-02-11 à 11.20.07" src="http://www.lesmarges.net/files/capture-d2019e0301cran-2011-02-11-a0300-11.20.07.png" width="50" height="50"/><br /><br />Les hommes s'en aper&ccedil;urent il y a 400 000 ans : c'est au cr&eacute;puscule que les chim&egrave;res endossent l&rsquo;habit des chauves-souris, &agrave; l'aube que celles-ci redeviennent des chim&egrave;res. Pour mettre bon ordre &agrave; ce va-et-vient et &agrave; cette ind&eacute;cision de l&rsquo;&ecirc;tre, et pour que leur corps ne se confond&icirc;t pas dangereusement avec lui-m&ecirc;me, les hommes de la premi&egrave;re heure se h&acirc;t&egrave;rent de s&eacute;parer le jour et la nuit en faisant du premier l'h&ocirc;te des chauves-souris, de la seconde l'h&ocirc;te des chim&egrave;res. On appela diurnes les r&ecirc;ves qui habitent le jour, nocturnes ceux qu&rsquo;accueillent la nuit. On s'accorda &agrave; dire que le jour se levait et que la nuit se couchait. On convint encore que l'avenir et le pass&eacute; se partageraient certaines des caract&eacute;ristiques des chauves-souris et des chim&egrave;res. Mais les premiers hommes le firent avec si peu de m&eacute;thode que les chim&egrave;res n&rsquo;ont jamais cess&eacute; de coloniser le jour et les chauves-souris patientent en grappes avant d&rsquo;&ecirc;tre l&acirc;ch&eacute;es dans les endroits les plus recul&eacute;s de nos nuits. <br />Quant &agrave; l'homme, rien n'a chang&eacute;, regardez-le, il marche aujourd&rsquo;hui encore en se penchant vers l&rsquo;avant. Il faut en convenir, le chemin est long avant qu&rsquo;on y voie clair. On d&eacute;couvre avec inqui&eacute;tude le futur dans notre dos, et on prend conscience de l&rsquo;impasse dans laquelle les premiers hommes nous ont mis en tra&ccedil;ant &agrave; la va-vite les grandes orientations de l&rsquo;esp&egrave;ce. On sait lire, pr&eacute;tendent les plus optimistes qui, pour nous faire patienter, nous enjoignent de faire lire &agrave; nos enfants certaines des fables qu&rsquo;ils ont con&ccedil;ues : <br /><em><br />Une de distinctions essentielles entre l&rsquo;homme et l&rsquo;animal est la conscience du temps. L&rsquo;animal n&rsquo;a probablement aucune notion du pass&eacute; ni de l&rsquo;avenir. L&rsquo;homme, lui, sait distinguer aujourd&rsquo;hui d&rsquo;hier et de demain. Il a une m&eacute;moire. <br />Il sait aussi qu&rsquo;il mourra un jour. Cela l&rsquo;am&egrave;ne progressivement &agrave; se poser des questions sur le sens de la vie, sur sa place dans l&rsquo;univers. La conscience du temps est sans doute li&eacute;e &agrave; la croissance du cerveau.<br />Comme l&rsquo;homme poss&egrave;de la notion de l&rsquo;avenir, il est capable de faire des projets. L&rsquo;outil en est la preuve : en effet, il est fabriqu&eacute; en vue de faire telle ou telle chose.<br /><br /></em>Ces propositions, profondes et incompr&eacute;hensibles, ne feront pas la lumi&egrave;re sur ce qui s'est pass&eacute; et se passera. Elles ne nous aideront gu&egrave;re, je le crains, &agrave; placer l&rsquo;avenir devant nous. <br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">avec le concours d&rsquo;Histoire  g&eacute;n&eacute;rale | LEP</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Une g&#xea;ne technique &#xe0; l&#x27;&#xe9;gard des fragments III</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Au pied du brise-lames</category><dc:date>2011-01-31T00:46:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b0570da32290485a26b025d2b68c16c3-1206.html#unique-entry-id-1206</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b0570da32290485a26b025d2b68c16c3-1206.html#unique-entry-id-1206</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/117.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Jour apr&egrave;s jour il met en tas ses bouts de papier qui sont autant d&rsquo;extraordinaires marque-pages gliss&eacute;s dans les livres des Anciens... Telle observation de l&rsquo;un, de l&rsquo;autre, lui para&icirc;t digne d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t, il la note encore avant qu&rsquo;il se couche, l&rsquo;ajoute &agrave; son ramas. Comme ces bouts de papier vite foisonnent, tombent, s&rsquo;&eacute;garent, je ne sais, volettent, il confectionne une sorte de petit dossier pour les ranger. Il cherche en vain &agrave; lier tout cela. Une telle t&acirc;che le rebute. Et saison apr&egrave;s saison, au fur et mesure qu&rsquo;il s&rsquo;y emploie, les notes se sont accumul&eacute;es et leur entassement &eacute;l&egrave;ve la difficult&eacute; et d&eacute;courage. Il estime que le livre est peut-&ecirc;tre l&agrave;; qu&rsquo;il suffit d&rsquo;associer ces lambeaux par th&egrave;mes, de les m&ecirc;ler avec un souci d&rsquo;unit&eacute; ou de contraste. Et, qu&rsquo;ils s&rsquo;assemblent ou qu&rsquo;ils s&rsquo;entrechoquent, qu&rsquo;il suffit de placer entre eux des blancs, des pieds, de mouche. Cela ferait un livre. Ce conditionnel est atroce. Il est le noeud de la difficult&eacute;. <br /> <br />On le pr&eacute;sente capable de s&rsquo;asseoir dans un fauteuil, de se tourner vers la fen&ecirc;tre sur sa gauche, de lire, de concevoir une pens&eacute;e en lisant, d&rsquo;&ecirc;tre astreint tout &agrave; coup &agrave; la noter avec pr&eacute;cision, tout en lui donnant un tour original, et m&ecirc;me une sorte de r&eacute;traction et de soudainet&eacute;, de rudesse et de puissance. C&rsquo;est un bout de vie qui se touche comme avec le doigt, qui permet de revoir avec une sorte de lueur, et qui a une esp&egrave;ce de sang sous la peau. C&rsquo;est tr&egrave;s rare. C&rsquo;est une minuscule sc&egrave;ne de b&eacute;atitude. Ceux qui descendent des t&eacute;trapodes, qui ont l&rsquo;usage des langues, qui affectionnent les parures et qui sont omnivores, qui aiment &agrave; se tenir dress&eacute;s sur leurs pattes arri&egrave;re et qui ont de la r&eacute;pugnance &agrave; l&rsquo;endroit de la mort ne connaissent pas un nombre si illimit&eacute; de bonheurs. Il ne me semble pas qu&rsquo;il existe de d&eacute;sagr&eacute;ments, de l&eacute;gers malaises ou de solitude qui ne s&rsquo;effacent devant la communication que durant quelques instants elle permet, Je suis assis dans un fauteul qui est trop proche dans l&rsquo;espace. Je pr&ecirc;te l&rsquo;oreille &agrave; un son qui est tr&egrave;s loin dans le temps. Je lis.<span style="font-size:11px; "><em><br /></em></span><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>Pascal Quignard, Une g&ecirc;ne technique &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des fragments, Fata morgana,1986</em></span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 30 janvier 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au pied du brise-lames</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-02-03T00:44:46+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/53277b2c6a995fe2af2546f010c116ee-1205.html#unique-entry-id-1205</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/53277b2c6a995fe2af2546f010c116ee-1205.html#unique-entry-id-1205</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 10" src="http://www.lesmarges.net/files/117.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Elles se prom&egrave;nent, retrait&eacute;es bient&ocirc;t, sur les quais entre Paudex et Lutry, voix rauque des demi-distingu&eacute;es et mises en plis sous chapeaux d'apparat. Il semble que leur belle amiti&eacute; file sur des rails. De loin en tous cas, car je comprends vite qu&rsquo;il s&rsquo;agit en r&eacute;alit&eacute; d&rsquo;une petite association de malfaiteurs. <br />Elles s'arr&ecirc;tent &agrave; deux pas d'un portail ouvrant sur le lac mais ferm&eacute; &agrave; double tour. Leur foie tortur&eacute; a repeint leur visage en jaune, l'acidit&eacute; de leur estomac les oblige &agrave; tordre les l&egrave;vres, de la vapeur sort de leurs bouches s&egrave;ches, c'est de l'aigreur. Leurs jambes sont des fers cassants, leurs mains s'agrippent au vide. Enferm&eacute;es dans une bulle de haine, elles semblent respirer encore. Je tends l'oreille pour fouiller leurs secrets.<br />Elles organisent aujourd'hui le lynchage de leur ancienne meilleure amie. Le rituel est fixe: chacune &agrave; son tour lance une fl&egrave;che qu'elle justifie par le r&eacute;cit bref d'un &eacute;v&eacute;nement dont elle tire elle-m&ecirc;me une condamnation d&eacute;finitive. L&rsquo;autre ricane, confirme la sentence en ajoutant quelque chose comme une preuve, inarticul&eacute;e, avant de reformuler le jugement. C'est sans appel. A l'autre de lancer sa pierre: r&eacute;cit bref, justification, condamnation, ricanement, confirmation, petit ajout et reformulation. Et ainsi de suite.<br />Elles ont tant de raisons d&rsquo;en vouloir &agrave; leurs meilleures amies que l&rsquo;op&eacute;ration se prolonge, emprunte des chicanes, faisant voir parfois d'&eacute;tranges d&eacute;tours au cours desquels elles ne peuvent s'emp&ecirc;cher de condamner les pauvres (qui pourraient quand m&ecirc;me travailler), les malchanceux (qui l'ont bien voulu), les malheureux (qui rampent au lieu de redresser la t&ecirc;te). Elles s'arr&ecirc;tent enfin. Le lynchage est en effet si bien engag&eacute; qu'il peut continuer et se terminer sans elles. Leurs victimes agoniseront seules.<br />Elles s'&eacute;loignent en silence, deux silhouettes au long cou dress&eacute; comme celui des cormorans, elles su&ccedil;otent leur triomphe. Direction tea-room o&ugrave; je les aper&ccedil;ois plus tard, &eacute;puis&eacute;es par la bataille qu&rsquo;elles viennent de livrer. C'est la faim, elles plissent leurs l&egrave;vres de plaisir en pin&ccedil;ant un bricelet qui craque sous les dents. A leurs pieds un chien broie les restes d'une carcasse de poulet que l'une d'elle a conserv&eacute; dans un papier d'aluminium. Leurs mains lourdes des bijoux de l'avarice s'agrippent &agrave; une tasse de th&eacute; noir qui ne s'en formalise pas. Moi j'h&eacute;site, p&egrave;se le pour et le contre. Faut-il que je d&eacute;nonce &agrave; la Cour internationale de justice ces femmes qui se privent de tout pour faire la peau des absents avec des cure-dents? Je crains qu'elles ne passent encore une fois entre les gouttes, mais qu'elles prennent garde, une lutte acharn&eacute;e contre ces associations de malfaiteurs se pr&eacute;pare, des avocats ont flair&eacute; le bon coup et pr&eacute;parent des dossiers. <br />En sortant du caf&eacute;, j'aper&ccedil;ois sur le toit plat d&rsquo;un immeuble r&eacute;sidentiel une douzaine de h&eacute;rons immobiles qui guettent de l&agrave;-haut le gros poisson, fiers, hautains. Eux ne parlent pas, ils conchient les balcons de gros industriels que l&rsquo;on aper&ccedil;oit derri&egrave;re des baies vitr&eacute;es. Ils regardent la t&eacute;l&eacute;vision le dos tourn&eacute; au lac. Un rouge-gorge s'&eacute;loigne en sautillant sur le brise-lames gorg&eacute; de fer. Il s'en fout.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1352" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1352.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Je continue les yeux baiss&eacute;s. Peu de d&eacute;chets, peu de tessons, je le craignais. Faudra-t-il que je remette &agrave; l&rsquo;eau ceux que je ramasse depuis 20 ans? Suis-je le seul &agrave; avoir fait main basse sur la polychromie des rives du lac L&eacute;man? Lugrin Tourronde, Meillerie, Epesses, Nyon,... Je d&eacute;couvre enfin le tesson que j&rsquo;&eacute;tais venu chercher. Mon apr&egrave;s-midi est sauv&eacute;e, vais pouvoir terminer ma lecture de Quignard et pr&eacute;parer ma visite chez Juliette M&eacute;zenc. <br /><br />Un petit saut dans le temple de Lutry. Sur le lutrin le Psaume 82.<br /><br /><em>Rendez justice au pauvre, &agrave; l&rsquo;orphelin,<br />d&eacute;clarez juste l&rsquo;humble et le pauvre.<br />renvoyez libre le pauvre,<br />arrachez le faible aux prises de l&rsquo;impie.<br />Dieu l&egrave;ve-toi! juge la terre,<br />car tu es l&rsquo;h&eacute;ritier de toutes les nations.<br /></em><br />Je ne peux m&rsquo;emp&ecirc;cher de penser aux deux paroissiennes qui ont rendu justice tout &agrave; l'heure au bord du lac. Et continue ma visite; dans une vitrine &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e, des brochures au titre &eacute;vocateur:  <em>Au bout de la nuit </em>/ <em>Ch&acirc;le de compassion</em> / <em>N&rsquo;attendez pas d&rsquo;&ecirc;tre &eacute;puis&eacute;</em> / <em>Chaque minute dans le monde, un enfant perd la vue!</em>  Il fait un peu froid dans cette &eacute;glise. Faut filer, prendre de la hauteur, quitter le lac et sa ceinture noire, l&rsquo;oeil torve des h&eacute;rons, les gros industriels, les complots de la haine ordinaire. Je remonte &agrave; M&eacute;zi&egrave;res par Savigny et Moille-Margot avant de rejoindre le Riau par le ch&acirc;teau de Ropraz. Le jour est fade et p&acirc;le, les verts et les roux refroidis par le givre lissent le paysage que la terre noire au pied des haies vives fait bourronner. Pris dans la ronde du jour blanc les cris sont &eacute;touff&eacute;s, les ravages de la petite propri&eacute;t&eacute; sont aval&eacute;s, on pourrait presque y habiter.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1451" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1451.jpg" width="470" height="202"/><br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>26</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2011-01-27T00:19:29+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/005a69f3847585b222f1cc24f54d81c7-1203.html#unique-entry-id-1203</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/005a69f3847585b222f1cc24f54d81c7-1203.html#unique-entry-id-1203</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/116.5.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Les regrets raccomodent nos vies, le pardon les d&eacute;fait.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 23 janvier 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Choses vues</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-01-28T21:15:14+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/6bb698db0f4187952ea37aca3c38f27a-1202.html#unique-entry-id-1202</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/6bb698db0f4187952ea37aca3c38f27a-1202.html#unique-entry-id-1202</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="DSCN1188" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1188.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />L&rsquo;histoire rapatrie des charniers les laiss&eacute;s pour compte qu&rsquo;elle place d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment en avant du chantier qu&rsquo;il a bien fallu ouvrir pour chercher une raison d&rsquo;&ecirc;tre hypoth&eacute;tique &agrave; nos existences. L&rsquo;histoire ressuscite &agrave; tour de bras, moule, habille les reliques des &eacute;radiqu&eacute;s, guillotin&eacute;s, chass&eacute;s, ensevelis, br&ucirc;l&eacute;s, dresse dans les cours de nos maisons leurs images pour que nous disposions de rep&egrave;res et puissions aller droit devant &agrave; la rencontre de l&rsquo;&eacute;trange r&ecirc;ve du jardin promis. L&rsquo;histoire pilote nos vies de l&rsquo;arri&egrave;re, pieds dans les ronciers, projette &agrave; l&rsquo;avant les roses de l&rsquo;&eacute;glantier et m&ecirc;le les bourreaux de salon au chasseurs de papillons, les belles victimes aux visionnaires d&eacute;ments, le service public aux g&eacute;nocides.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1194" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1194.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />L&rsquo;homme et le caterpillar qu&rsquo;il chevauche saignent le r&eacute;el, l&rsquo;histoire en est le r&eacute;cit charmeur. Lausanne 1638, plan Buttet et sa traduction qu&rsquo;en a r&eacute;alis&eacute;e quatre maquettistes de la Direction des Travaux de la ville de Lausanne: maisons silencieuses, tours de gala, portes dor&eacute;es, moulins pour le pain, canaux de d&eacute;rivation, le Flon et la Louve &agrave; ciel ouvert, arbres en fleurs, vendanges tardives, jardinets, paix perp&eacute;tuelle. Imageries d&rsquo;un futur &agrave; c&ocirc;t&eacute; duquel on a pass&eacute;, d&eacute;tenues dans le sous-sol de nos consciences, la campagne nue, des amis, marchands, bourgeois, l&rsquo;&eacute;v&ecirc;que m&ecirc;me. On ne voit que ce qui n&rsquo;est plus et qui est sans avoir &eacute;t&eacute;. Un d&eacute;cor pour Alice, avec autour de la cath&eacute;drale le cort&egrave;ge des saints en habits d&rsquo;Arlequin. On y croit &agrave; peine, je r&ecirc;ve. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1189" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1189.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Dehors la ville se dresse, sourit, poursuit sa m&eacute;ditation, imperturbable, avec les hommes &agrave; ses pieds, comme des gueux dans l&rsquo;enceinte du Ch&acirc;teau Saint-Maire. Rien &agrave; craindre pour ces derniers venus, sinon la plus haute des craintes, celle d&rsquo;&ecirc;tre n&eacute;s l&agrave;, et hier, et accepter que tout cela ne m&egrave;ne nulle part, passer ce secret au suivant autant que faire se peut pour en &ecirc;tre enfin. <br />Tu seras Elie, le Major ou l&rsquo;&eacute;v&ecirc;que. Et sur les &icirc;lots form&eacute;s des s&eacute;diments recueillis par de belles &acirc;mes, tu r&eacute;habiliteras le monde et son ombre sans leurs ombres, comme s&rsquo;il t&rsquo;&eacute;tait toujours loisible de trouver une place, en toutes circonstances. Tu seras meunier, scieur, vicaire ou sculpteur, pr&ecirc;t &agrave; l&rsquo;idylle dans une nuit o&ugrave; le sang ne coule plus, la Louve et le Flon filaient vers la mer. Mais rappelle-toi, nous ne disposions ni de notre vie ni du pr&eacute;sent. C&rsquo;&eacute;tait le 23 janvier, jour de l&rsquo;Ind&eacute;pendance vaudoise.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1187" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1187.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />J&rsquo;ai travers&eacute; comme une fl&egrave;che la zone industrielle d&rsquo;Ussi&egrave;res, d&eacute;chir&eacute; par les lani&egrave;res du froid, incapable de r&ecirc;ver. L&rsquo;histoire ne fait pas de d&eacute;tour par l&rsquo;Ecorcheboeuf, la bise noire en soul&egrave;ve les dessous, ram&egrave;ne les supplices, les terreurs, la sensation qu&rsquo;on pourrait ne pas en revenir, sans qu&rsquo;on sache vraiment quelle forme pourrait bien prendre cette fin, sinon celle de l&rsquo;abandon.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1231" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1231.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />On ne peut s&rsquo;emp&ecirc;cher de se battre, d&rsquo;abord se taire, rejoindre les bancs de l&rsquo;&eacute;glise de Carrouge autour d&rsquo;un puits d&rsquo;o&ugrave; se font entendre des voix nues, parenth&egrave;ses de bienveillance. Et personne pour siffler cette indiscipline, cet hors jeu collectif en marge de ce qui est et de ce qui aurait pu &ecirc;tre, en marge du bruit et du silence.<br /><br /><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/116.4.png" width="50" height="50"/> <br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les enfants &#xe0; l&#x2019;&#xe9;cole</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-01-26T00:53:01+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7460f149697f4b7c728c6ce9b035660e-1201.html#unique-entry-id-1201</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7460f149697f4b7c728c6ce9b035660e-1201.html#unique-entry-id-1201</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/116.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les enfants &agrave; l&rsquo;&eacute;cole<br />les marins retrait&eacute;s sur le m&ocirc;le<br />il y a la pr&eacute;carit&eacute; de nos engagements<br />les conversions &agrave; ski<br />il y a les zeugmes<br />les promenades au petit matin<br />les chevaliers du ciel<br />il y a Bonperrier un peu apr&egrave;s le col de l&rsquo;Asclier<br />le crachin en automne<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Comme des petits livres sur un tapis vert </title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2011-01-25T00:07:56+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f2ea21dbc95c9489f8ce3d7a311799fc-1200.html#unique-entry-id-1200</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f2ea21dbc95c9489f8ce3d7a311799fc-1200.html#unique-entry-id-1200</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/116.2.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Ils allumaient le feu dans les chalets; partout en haut des chemin&eacute;es ou par les trous des portes, un joli petit plumet bleu balan&ccedil;ait doucement dans l&rsquo;absence de tout courant d&rsquo;air.<br /></em><em>Les fum&eacute;es grandissaient, elles s&rsquo;aplatissaient du bout, elles se trouvaient confondues dans leur partie sup&eacute;rieure, faisant comme un plafond transparent, comme une toile d&rsquo;araign&eacute;e, tendue &agrave; plat, &agrave; mi-hauteur des parois au-dessus de vous.<br />Et, dessous, la vie reprenait et la vie continuait, avec ces toits pos&eacute;s non loin les uns des autres comme des petits livres sur un tapis vert, tous ces toits reli&eacute;s en gris; avec deux ou trois petits ruisseaux qui brillaient par place comme quand on l&egrave;ve un sabre; avec des points ronds et des points ovales qui bougeaient un peu partout, les points ronds &eacute;taent les hommes, les points ovales &eacute;tant les vaches.<br />Quand Derborence &eacute;tait encore habit&eacute;e, c&rsquo;est-&agrave;-dire avant que la montagne f&ucirc;t tomb&eacute;e.<br /></em><em><a href="http://www.lesmarges.net/files/f4a15cbbbdef2e4ca0c66b4e1d46878c-1199.html" rel="self">Mais &agrave; pr&eacute;sent elle vient de tomber.<br /></a></em><p style="text-align:right;"><em>Charles-Ferdinand Ramuz, Derborence I, 2<br /></em><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Une autre saison du livre</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2011-01-25T00:04:54+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f4a15cbbbdef2e4ca0c66b4e1d46878c-1199.html#unique-entry-id-1199</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f4a15cbbbdef2e4ca0c66b4e1d46878c-1199.html#unique-entry-id-1199</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/116.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Ils branchaient leur liseuse &agrave; n&rsquo;importe quelle heure du jour ou de la nuit; partout derri&egrave;re les baies vitr&eacute;es ou devant, en haut et en bas, de jolies petites lumi&egrave;res jaunes vertes, rouges, bleues, dessinaient des constellations dans la p&eacute;nombre du grand loft. <br />Les lumi&egrave;res diffusaient, rejoignaient du bout des doigts ce qui restait du ciel; la clart&eacute; grandissait dans le prolongement &eacute;quivoque des plafonds de verre, faisait le dos rond pour se nicher dans le creux de la vo&ucirc;te c&eacute;leste; malmen&eacute;es lorsqu&rsquo;elles touchaient le fond, faisant comme une semaison de vers luisants en peine, un drap de lin &eacute;lim&eacute; aux motifs stellaires, tendu &agrave; plat au-dessus de ce qui restait de nous.<br />Et dessus, dessous, les &acirc;mes &eacute;changeaient par vases communicants leurs s&eacute;cr&eacute;tions s&eacute;pia, elles ondulaient dans le marbre aux mailles liquides de la grande circulation, se chevauchaient; avec des couloirs et des chicanes, des carrefours et des abysses comme un livre sans bord, un livre sans couture, un livre rong&eacute; par d&rsquo;impr&eacute;vus rendez-vous, c'est-&agrave;-dire pas un livre du tout, avec parfois venus de tr&egrave;s loin des &eacute;clairs, des secousses, des souvenirs; ceux du dehors, ceux des choses, des b&ecirc;tes, des hommes, des livres d'autrefois.<br />Quand l&rsquo;&icirc;le &eacute;tait encore habit&eacute;e, c&rsquo;est-&agrave;-dire avant que le ciel ne f&ucirc;t tomb&eacute;.<br /><a href="http://www.lesmarges.net/files/f2ea21dbc95c9489f8ce3d7a311799fc-1200.html" rel="self">Mais &agrave; pr&eacute;sent il vient de tomber.</a><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>A.6</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-01-24T00:52:06+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/1914ceb01d4e2d4285db99df8aad8ee9-1198.html#unique-entry-id-1198</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/1914ceb01d4e2d4285db99df8aad8ee9-1198.html#unique-entry-id-1198</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/116.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />On alimentait la flamme tout au long de la nuit. On recueillait &agrave; l&rsquo;aube les braises dans des caissettes portatives de fortune avant de reprendre la route, avec la crainte constante que le feu ne s&rsquo;&eacute;teigne. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on vivait il y a 500 000 ans, &agrave; la merci du moindre accident &ndash; manque de bois, pluie violente, inattention. J&rsquo;&eacute;prouve &agrave; l&rsquo;instant la m&ecirc;me sensation que ces habitants du Caucase d&rsquo;autrefois, alors que la nuit tombe et que la bise ne mollit pas, isol&eacute; du monde, incapable d&rsquo;allumer un feu par frottement rapide d&rsquo;un bois dur sur un bois tendre &ndash; ou le choc d&rsquo;un silex sur un bloc de pyrite &ndash;, incapable d&rsquo;enflammer la mousse et l&rsquo;herbe s&egrave;che, le petit bois dans le po&ecirc;le, incapable de mettre la main sur une bo&icirc;te d&rsquo;allumettes. C&rsquo;&eacute;tait ce soir, dans les montagnes noires du Jorat, la m&ecirc;me angoisse devant la m&ecirc;me nuit froide.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">avec le concours d&rsquo;Histoire  g&eacute;n&eacute;rale | LEP</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 16 janvier 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-01-21T00:03:52+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e2be33b14f0e9b9c8df90ad64938b8ea-1197.html#unique-entry-id-1197</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e2be33b14f0e9b9c8df90ad64938b8ea-1197.html#unique-entry-id-1197</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="DSCN1081" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1081.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />L&rsquo;apiculteur a d&eacute;pos&eacute; deux ruches bleue et jaune &agrave; la lisi&egrave;re du bois Faucan, leurs locataires pr&eacute;parent la saison, s&rsquo;agitent depuis midi, font des plans. Il faudra certes attendre encore un peu, qu&rsquo;elles ouvrent les yeux et lessivent la planche d&rsquo;envol, mais hier soir, en revenant de Ropraz, il faisait d&eacute;j&agrave; jour, on n&rsquo;y croyait pas Arthur et moi, souriants &agrave; l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;on allait bient&ocirc;t voir le jour avant d&rsquo;aller &agrave; la mine. Personne n&rsquo;y croyait tout &agrave; fait, mais l&rsquo;hiver a bel et bien pass&eacute;, qu&rsquo;on soit encore au mois de janvier ne change rien &agrave; l&rsquo;affaire, qu&rsquo;il revienne dans quelques jours non plus. <br />Ici, au coeur des bois, ce sont les m&eacute;l&egrave;zes qui se chargent de donner l&rsquo;avant-go&ucirc;t du printemps. Ils recueillent les feux et clairent le plan des bois. Les silhouettes de l&rsquo;hiver fondent  en bordure de chemin. Il vaut mieux d&eacute;sormais ne plus s&rsquo;asseoir sans pr&eacute;caution sur les billes de sapin qui gouttent comme de vieux tubes de colle perc&eacute;s. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1037" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1037.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Je dispose de tout l&rsquo;apr&egrave;s-midi pour ne pas revenir en arri&egrave;re et aller &agrave; pas lents par la Corbassi&egrave;re jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;or&eacute;e du bois des Orgires qui vous tire vers l&rsquo;avant. Les histoires, les livres et tout le saint-fruscin sont rest&eacute;s &agrave; la maison. Nous ne sommes que quelques points &eacute;loign&eacute;s sur les chemins vicinaux qui tiennent ensemble Bottens et les Poliez, Froideville et Villars-Tiercelin. Bonjour Monsieur Courbet, bonjour Madame Grognuz. Tenez! on aper&ccedil;oit le r&eacute;servoir de Goumoens-la-Ville, blanc comme le melon du Mont-Tendre.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1034" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1034.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Terre glaise noire remu&eacute;e, jaune or couleur moisson la bande qu&rsquo;a &eacute;pargn&eacute;e la charrue en bordure des chemins de d&eacute;vestiture. Tout autour les piquets d&rsquo;accacia un peu raides se r&eacute;veillent, s&rsquo;&eacute;tirent avant de d&eacute;rouler les colliers primitifs des cl&ocirc;tures le long des chemins aux courbes id&eacute;ologiques. Les uns et les autres se croisent par-dessus par-dessous. Sous l&rsquo;&eacute;paisseur du tapis herbeux des bonzes poussent, et on aper&ccedil;oit les rides de leur nuque &eacute;paisse. On se satisfait de la maigreur et de la p&acirc;leur des verts, faite au feu de l&rsquo;ombre qui bourronne au pied des haies. Les vagues viennent se d&eacute;salt&eacute;rer dans les creux. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1068" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1068.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Sur le plateau de Bottens ne reste de la guerre de religions qu&rsquo;un champ d&eacute;sert dans lequel se font face t&ecirc;te-b&ecirc;che les &eacute;glises catholique et protestante que les fid&egrave;les peinent &agrave; r&eacute;chauffer. Pour ne pas choir, j&rsquo;entre dans la seconde pour m&rsquo;assurer que les six orteils du Polydactile que Louis Rivier a peint en 1943 sont toujours l&agrave;. Le compte est bon. J&rsquo;ouvre tout grand la porte, m&rsquo;&eacute;tonne que la m&egrave;re et le fils ne fr&eacute;missent pas au vent de cette r&eacute;surrection-l&agrave;. Je leur en veux m&ecirc;me un peu. R&eacute;forme et Contre-r&eacute;forme n&rsquo;auront servi &agrave; rien, au village les deux caf&eacute;s sont ferm&eacute;s, le ciel est vide. Et c&rsquo;est tant mieux quand nous n&rsquo;avons rien &agrave; perdre et qu&rsquo;il fait beau.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN1055" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1055.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Je r&ocirc;de autour du ch&acirc;teau disparu avant de plonger sur Malapalud et suivre le Talent, avec en frise l&rsquo;alternace des molasses gr&eacute;seuse et marneuse des c&ocirc;tes de Rabataires. L&rsquo;eau coule froide dans l&rsquo;ombre. Personne. Mais o&ugrave; sont donc les vivants? les 7 milliards qu&rsquo;on m&rsquo;avait annonc&eacute;s ce matin? En grappes dans des maison privatives? jardin privatif et pens&eacute;e privative? Nous ne nous priverons pas aujourd&rsquo;hui du temple immense dont il se sont coup&eacute;s et qu&rsquo;ils ont laiss&eacute; aux boh&eacute;miens et aux va-nu-pieds. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/115.5.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Ces balades d&rsquo;un jour, on s&rsquo;y lance sans savoir comment on en reviendra, et on en revient sans savoir comment on y est all&eacute;. L&rsquo;&eacute;blouissement reste l&agrave;-bas quand on y retournera.</em><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXXXIII</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2011-01-20T00:57:14+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/62f700c6761910762c1fbb7beefd11e7-1196.html#unique-entry-id-1196</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/62f700c6761910762c1fbb7beefd11e7-1196.html#unique-entry-id-1196</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/115.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />L'une a laiss&eacute; ses anc&ecirc;tres sur les bords du d&eacute;troit de Messine, l'autre sur les rives de la Manche, elles m'ont souri cet apr&egrave;s-midi comme si je leur avais offert une rose.  <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les brise-lames</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-01-19T00:21:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/5e985d61b9845ee6416679b7db5c5d2d-1195.html#unique-entry-id-1195</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/5e985d61b9845ee6416679b7db5c5d2d-1195.html#unique-entry-id-1195</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/115.3.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Il y a les brise-lames <br />la libert&eacute; acad&eacute;mique<br />les brindilles de paille accroch&eacute;es &agrave; la laine de ton pull<br />la passementerie<br />il y a la contestation<br />la cl&eacute; des champs<br />les maisons &agrave; demi cach&eacute;es par les arbres<br />il y a les &acirc;mes qui trottinent<br />les s&eacute;jours impr&eacute;vus<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>La caf&#xe9;t&#xe9;ria</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Peuplement</category><dc:date>2011-01-18T00:37:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/14c8eb1efaa6ea51909638230307f634-1194.html#unique-entry-id-1194</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/14c8eb1efaa6ea51909638230307f634-1194.html#unique-entry-id-1194</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/115.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il fait entendre, dans l&rsquo;ombre des quelques mots qu&rsquo;il m&rsquo;adresse aujourd&rsquo;hui et sur lesquels il bute, la menace d&rsquo;anciens malentendus dont il ne dira rien, d&eacute;pos&eacute;s en lui comme le sable au fond de la mer. L&rsquo;homme remue sa peine. <br />Il vit aujourd&rsquo;hui de peu, engag&eacute; &agrave; 50% dans une entreprise de vente par correspondance. Vie solitaire je crois, dans un petit appartement du bas de la ville, une pi&egrave;ce et demie. On ne lui conna&icirc;t aucun amour. On devine pourtant quelque part un enfant, celui qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; ou celui dont il souhaiterait la pr&eacute;sence. Cet homme je l&rsquo;admire sans l&rsquo;envier.<br />Mais tout va mieux, semble-t-il dire, comme s&rsquo;il avait dompt&eacute; le monde qui ne l&rsquo;a gu&egrave;re &eacute;pargn&eacute; et le temps dont il suit l&rsquo;absence de cadence. Il remue &agrave; peine, ne regrette rien, s&rsquo;accroche &agrave; la lenteur. Il traverse incognito ses journ&eacute;es. Il aura v&eacute;cu deux fois plus longtemps que nous autres, avec un secret qui s&rsquo;&eacute;claircit et dont il cultive les fruits doux et amers. Il ne demande rien &agrave; personne et laisse discr&egrave;tement sur la table de la caf&eacute;t&eacute;ria les friandises que ceux qu&rsquo;il a d&ucirc; quitter lui envoient de chez lui. Je ne me souviens jamais de son nom. On apprendra sa mort qu&rsquo;on sera tous morts depuis longtemps d&eacute;j&agrave;.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Une g&#xea;ne technique &#xe0; l&#x27;&#xe9;gard des fragments II</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Au pied du brise-lames</category><dc:date>2011-02-01T02:37:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/5e8f38075634ccbbcef4dcab92129065-1189.html#unique-entry-id-1189</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/5e8f38075634ccbbcef4dcab92129065-1189.html#unique-entry-id-1189</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/117.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Quand Fr. Nietzsche &eacute;crit: &laquo;&nbsp;L&rsquo;aphorisme o&ugrave; je suis le premier des ma&icirc;tres allemands est une forme d&rsquo;&eacute;ternit&eacute;. Mon ambition est de dire en dix phrases ce que cet autre dit en un livre &ndash; de dit pas en un livre&nbsp;&raquo;, voil&agrave; une consid&eacute;ration qui pourrait en d&eacute;tourner. Le fragment est con&ccedil;u ici comme concentration, noyau de pens&eacute;e, pl&eacute;nitiude essentielle, id&eacute;ale, platonicienne, autarcique, lim&eacute;e, fourbie. On voit mal le pluriel, le mortel, le rompu et le discontinu que certains modernes affirment y d&eacute;couvrir. Fr. Nietzsche r&ecirc;ve d&rsquo;une petite boule extr&ecirc;mement dense et non d&eacute;chiqut&eacute;e. Au bout du compte un grain &eacute;ternel, circulaire, ins&eacute;parable, un atomos.<br />Rien ici de la bribe, de la loque, du copeau &ndash; des <em>charpies</em> que nous ne cessons pas d&rsquo;&eacute;crire, ni de lire.<br /><br />Ainsi emploie-t-on souvent le terme de fragment de fa&ccedil;on tr&egrave;s abusive. Sous ce jour, une large part des textes fragmentaires que nous lisons sont des &laquo;&nbsp;fragments d&rsquo;H&eacute;raclite&nbsp;&raquo;. Non pas oeuvres volontaires. Il s&rsquo;agit simplement d&rsquo;extraits de livres perdus, ou non aboutis...<br />Fragment veut dire ici&nbsp;&raquo;morceau, d&eacute;bris d&rsquo;un livre qui est perdu&nbsp;&raquo;....<br />L&rsquo;oeuvre d&rsquo;H&eacute;raclite n&rsquo;&eacute;tait pas quelques traits &eacute;pars. C&rsquo;est un visage d&eacute;figur&eacute;. C&rsquo;&eacute;tait un visage.<br /><br />En fait le fragment trahit plus de circularit&eacute;, d&rsquo;autonomie et d&rsquo;unit&eacute; que le discours suivi qui masque vainement ses ruptures &agrave; force de roueries plus ou moins manifestes, de transitions sinueuses, de maladroites cimentations, et expose finalement sans cesse &agrave; la vue ses coutures, ses ourlets, ses <em>rentraitures</em>. C&rsquo;est trop souvent le r&ecirc;ve du petit tout, du petit morceau blotti et envelopp&eacute; sur lui-m&ecirc;me...<br /><br />Le fragment fascine sans doute aussi par ce caract&egrave;re un peu ruiniforme, d&eacute;pressif. Il est ce qui s&rsquo;est effondr&eacute; et reste comme le vestige d&rsquo;un deuil. Il est la citation, le reliquat, le talisman, l&rsquo;abandon, l&rsquo;ongle, le bout de tunique, l&rsquo;os, le d&eacute;chet d&rsquo;une civilisation trop ancienne ou trop morte...<br />Il est d&eacute;tritus et singularit&eacute;...<br />Minuscule catastrophe, minuscule &eacute;pave, et minuscule solitude.<br /><br />Ils sont comparables &agrave; ces petites flaques d'eau qui sont d&eacute;pos&eacute;es sur le chemin apr&egrave;s l'averse, et que la terre n'a pas bues. Chacune d'entre elles refl&egrave;te tout le ciel, les nuages qui se sont d&eacute;chir&eacute;s et qui passent, le soleil qui luit de nouveau. Une grande mare, ou tout l'oc&eacute;an, n'auraient r&eacute;p&eacute;t&eacute; le ciel qu'une fois.<br /><br />Il y a une sorte de paradoxe insoutenable et m&ecirc;me sans aucun doute d&rsquo;imposture &agrave; frabriquer directement des d&eacute;bris, &agrave; fa&ccedil;onner la fracture pour elle-m&ecirc;me, &agrave; polir les ar&ecirc;tes, &agrave; en aiguiser le tranchant fallacieux, &agrave; feindre la violence, ou la sauvagerie, ou le g&eacute;nie, ou la folie, ou le hasard: bref &agrave; ne pas se fier au bris lui-m&ecirc;me, &agrave; faire l&rsquo;&eacute;conomie du mouvement destructeur dont la fracture ne devait &ecirc;tre qu&rsquo;une trace r&eacute;siduelle. On voit sur les march&eacute;s m&eacute;diterran&eacute;ens, dans les pays particuli&egrave;rement riches en vestiges et en fouilles, des fabricants de faux d&eacute;bris d&rsquo;antiques. Si faussaires et mercantiles qu&rsquo;ils soient, par pur souci d&rsquo;une vraisemblance plus persuasive et par la convoitise d&rsquo;un gain qui lui soit proportionn&eacute;, ce sont des vases entiers que ces boutiquiers brisent, et des statues int&egrave;gres qu&rsquo;ils mutilent.<br /><br />Tomb&eacute; du ciel. Il faut la surface continue d&rsquo;un sol lui-m&ecirc;me coutumier pour que l&rsquo;a&eacute;rolithe soit...<br />L&rsquo;ordre de la succession b&acirc;tit une architecture qui aussit&ocirc;t subjugue et, si je puis dire, tient les r&ecirc;nes. En termes de petit solf&egrave;ge: le changement de chapitre constituerait la pause, l&rsquo;alin&eacute;a le soupir, le point le demi- soupir, etc. Resterait le blanc ou le pied de mouche ou la petite &eacute;toile alors assimilable &agrave; des esp&egrave;ces de demi-pauses.<br /><br />La Bruy&egrave;re s&rsquo;efforce d&rsquo;attacher celui qui le lit &agrave; force de richesse dans les tours. Ce sont des petits probl&egrave;mes curieux pos&eacute;s tout &agrave; coup laissant la r&eacute;ponse incertaine, un emportement brusque, une remarque tendre, ou une confidence m&eacute;lancolique, un cri violent qui para&icirc;t arrach&eacute;, une maxime plus sententieuse, une d&eacute;finition s&egrave;che, une allusion r&eacute;aliste, une petite dissertation grammaticale, une h&eacute;b&eacute;tude qui se r&eacute;v&egrave;le une lourde malice, une argumentation philosophique plus scolaire, une petite sc&egrave;ne de roman, une objuration morale, une m&eacute;taphore longuement fil&eacute;e, une question d&eacute;licate, un morceau de patois, une notation p&eacute;dante ou ing&eacute;nieuse, une description fid&egrave;le, un trait qu&rsquo;inspire une m&eacute;chancet&eacute; pure, une liste d&rsquo;objections r&eacute;fut&eacute;es point par point, des petits tableaux hallucin&eacute;s de la campagne ou de la ville, une lourde construction morale, une mise &agrave; nu cinglante ou cynique, une anecdote tir&eacute;e de l&rsquo;histoire ancienne, une oraison fun&egrave;bre, un court compte rendu de voyage, un pastiche, un monologue int&eacute;rieur, une vieille inscription romaine, une harangue, des dialogues, enfin mille sortes de portraits, miniatures, en pieds, r&eacute;bus, com&eacute;die, biographie, etc.<br /><br />Une attaque intense, arrach&eacute;e au vide et que son intensit&eacute; aussit&ocirc;t broie. Sa densit&eacute; m&ecirc;me la replonge dans le n&eacute;ant tout &agrave; coup. Son interruption doit bouleverser autant que son apparition a surpris.<br /><br />L&rsquo;opposition la plus profonde est celle du li&eacute; et de l&rsquo;&eacute;pars, du syst&egrave;me et de l&rsquo;intrus. Vase soudain &eacute;gueul&eacute;. Falaise dans la mer. Adversaire que l&rsquo;&eacute;p&eacute;e &eacute;ventre. Mais d&rsquo;abord le vase intact; d&rsquo;abord la mer &eacute;tendue, anhumaine, et immense; d&rsquo;abord l&rsquo;adversaire.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>Pascal Quignard, Une g&ecirc;ne technique &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des fragments, Fata morgana,1986</em></span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>A.5</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><dc:date>2011-01-17T00:50:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/4a4630319d40e40335d7add560712001-1188.html#unique-entry-id-1188</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/4a4630319d40e40335d7add560712001-1188.html#unique-entry-id-1188</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/115.1.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Qu&rsquo;ont fait nos anc&ecirc;tres depuis qu&rsquo;ils se sont dress&eacute;s sur leurs membres arri&egrave;re et qu&rsquo;ils ont quitt&eacute;, apr&egrave;s que les circonstances et le milieu leur ont emmanch&eacute; la t&ecirc;te en &eacute;quilibre sur la colonne vert&eacute;brale, la vall&eacute;e du Rift il y a 10 millions d&rsquo;ann&eacute;es? On n&rsquo;en sait trop rien, mais assur&eacute;ment pas de grands travaux. Cueillir et chasser, r&ecirc;ver peut-&ecirc;tre, cueillir des digitales et lancer des galets en fin de journ&eacute;e sur les lacs pr&egrave;s desquels ils devaient se reposer...<br />S&rsquo;obstiner c&rsquo;est moins s&ucirc;r. Il faudra en effet attendre plus de 7 millions d&rsquo;ann&eacute;es avant que, de leurs mains, ils ne taillent les premiers &eacute;clats de quartz dans des pierres ramass&eacute;es ici ou l&agrave;, &eacute;clats dont ils firent les premiers outils et qui attestent peut-&ecirc;tre de quelque chose comme une volont&eacute;. Finis alors les ricochets, les ronds dans l&rsquo;eau, les siestes aux lisi&egrave;res, finie l&rsquo;insouciance. <br />Mais qu&rsquo;ont-ils fait? Il faudra en effet un million d&rsquo;ann&eacute;e encore pour qu&rsquo;ils s&rsquo;avisent que les galets dont ils avaient tir&eacute; des &eacute;clats tranchants offrent, eux aussi, des bords tranchants, plus maniables et pratiques &agrave; l&rsquo;usage. Les sp&eacute;cialistes appelleront <em>galets am&eacute;nag&eacute;s</em> ces galets &agrave; l&rsquo;extr&eacute;mit&eacute; desquels un ou plusieurs &eacute;clats ont &eacute;t&eacute; enlev&eacute;s. Ont-ils cherch&eacute; &agrave; r&eacute;cup&eacute;rer les pierres taill&eacute;es qu&rsquo;ils avaient laiss&eacute;es autrefois derri&egrave;re eux pour ne conserver que les &eacute;clats? On peut le penser au vu du million d&rsquo;ann&eacute;es qui aura &eacute;t&eacute; n&eacute;cessaire encore avant qu&rsquo;homo erectus ne s&rsquo;avise qu&rsquo;en enlevant des &eacute;clats sur deux c&ocirc;t&eacute;s, il cr&eacute;erait un tranchant plus aigu encore, qui pourrait servir &agrave; d&eacute;chirer la viande, &agrave; broyer un os, &agrave; couper la branche sur laquelle il est assis. Les pal&eacute;ontologues n&rsquo;ont pas tranch&eacute; la question. Ce qui n&rsquo;emp&ecirc;chera pas l&rsquo;un d&rsquo;eux de nommer pompeusement ces galets des <em>bifaces</em>. Mais ne nous voilons pas la face, quelque chose cloche dans toute cette affaire. Qui d&eacute;fendrait en effet plus d&rsquo;un jour l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;on puisse inventer le recto d&rsquo;une feuille en fermant les yeux sur son verso?<br /><img class="imageStyle" alt="DSCN3064" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3064.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Je soutiens les n&eacute;o-moralistes qui tiennent d&rsquo;abord les h&eacute;sitations et l&rsquo;aveuglement des premiers hommes  pour une chance, celle de nous offrir une le&ccedil;on, une premi&egrave;re le&ccedil;on de patience: chaque chose en son temps. Mais une le&ccedil;on de dissimulation aussi, car la vie de nos anc&ecirc;tre devient toujours davantage, &agrave; mesure que les recherches progressent, une bombe &agrave; retardement.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">avec le concours d&rsquo;Histoire  g&eacute;n&eacute;rale | LEP</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="color:#333333;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Belle Joux</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Vases communicants</category><category>Autres lieux</category><dc:date>2011-01-13T14:45:40+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c8d0fa336ae6cc6b2351d42b3f195c9c-1187.html#unique-entry-id-1187</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c8d0fa336ae6cc6b2351d42b3f195c9c-1187.html#unique-entry-id-1187</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/jouxnoire.png" width="142" height="106"/><br /><br />Les m&eacute;andres de la Tr&egrave;me avaient &eacute;t&eacute; corrig&eacute;es, on avait am&eacute;nag&eacute; ses rives, essart&eacute; les bois, accroch&eacute; des leurres aux bras des &eacute;toiles, les hommes avaient expos&eacute; leur &acirc;me vell&eacute;itaire, cherch&eacute; midi &agrave; quatorze heures, ils &eacute;taient all&eacute;s &agrave; gauche, ils &eacute;taient all&eacute;s &agrave; droite, avaient r&ecirc;v&eacute; un autre ordre du monde, le haut en bas et le bas en haut, trac&eacute; des chemins pour revenir sur leurs pas, lorsque l&rsquo;un d&rsquo;eux s&rsquo;avisa un matin que tout cela n&rsquo;allait pas.&nbsp;<br /><br />Il maudit un instant les h&eacute;sitations d&rsquo;o&ugrave; &eacute;taient n&eacute;es leurs entreprises avant de louer l&rsquo;esprit de d&eacute;cision des choses: la rivi&egrave;re ne baisse pas les bras et franchit les obstacle sans jamais revenir sur ses pas. Les nuages jouent les masques sans quitter le jeu. Il ne siffle pas aux oreilles du vent lorsqu&rsquo;il perd un peu de son souffle. Le lac ne languit pas. Le vase d&eacute;borde et le feu ne se trompe pas.&nbsp;<br /><br />Derri&egrave;re tes allures d&rsquo;aventurier quatre heures sonnent d&eacute;j&agrave; &agrave; la cloche du village, un chien aboie, un corbeau remue l&rsquo;immobile coup de pelle et une lame chasse la neige, le renard file au plus droit la t&ecirc;te renvers&eacute;e vers le ciel. Le dernier mot a donc &eacute;t&eacute; dit et tu &eacute;cris l&rsquo;&eacute;tendue blanche. Une dame et son chien te rattrapent, <em>bonjour bonjour, </em>laissent quelques miettes sur la nappe qui nous s&eacute;pare et, dans le verger, le gui fait le fanfaron sur les &eacute;paules d&rsquo;un vieux pommier qui rit sous cape. En arri&egrave;re du chemin un po&egrave;me de Robert Walser.<br /><br /><em>La neige ne monte pas en tombant</em><br /><em>mais, prenant son &eacute;lan,</em><br /><em>descend, et puis se pose.&nbsp;</em><br /><em>jamais elle ne monta.</em><br /><br /><em>Elle n&rsquo;est par essence</em><br /><em>&agrave; tous &eacute;gards, que silence,</em><br /><em>pas trace de vacarme.</em><br /><em>si seulement tu lui ressemblais.</em><br /><br /><em>Le repos et l&rsquo;attente</em><br /><em>- telle est son attachante&nbsp;</em><br /><em>et douce identit&eacute;,</em><br /><em>Vivre, pour elle, c&rsquo;est s&rsquo;incliner.</em><br /><br /><em>Jamais elle ne retournera</em><br /><em>d&rsquo;o&ugrave; elle est descendue,</em><br /><em>elle ne court pas, elle est sans but,</em><br /><em>&ecirc;tre calme est son bonheur.</em><br /><br />Il se souvient alors de la Tr&egrave;me, la con&ccedil;oit de m&eacute;moire, ses sources multiples et ses secrets dans la Joux Noire lorsqu&rsquo;elle ouvre ses bras au Ch&acirc;, au Mormotey et plus tard &agrave; l&rsquo;Albeuve, lorsqu&rsquo;elle se perd dans ceux de la Sarine.&nbsp;Il s&rsquo;attarde sur ses rives, m&ecirc;le ses pas aux empreintes des disparus pour tresser une guirlande &agrave; l&rsquo;inexorable.&nbsp;<br /><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><br /><br /></span><img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/114.5.png" width="50" height="50"/><br /><br /><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">Publi&eacute; le</span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span><span style="font:9px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#A1A5A9;">7 janvier 2011</span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">dans le cadre du</span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#003CF1;"><u><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts">projet de vases communicants</a></u></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;">&nbsp;</span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">chez Muri&egrave;le Laborde Mod&eacute;ly </span><span style="font:14px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">(</span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><a href="http://l-oeil-bande.blogspot.com/" rel="self">L&rsquo;oeil bande</a></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">).</span><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les transports gratuits</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-01-12T07:10:20+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/12dfe7707076b8e7f54735a6422b8131-1186.html#unique-entry-id-1186</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/12dfe7707076b8e7f54735a6422b8131-1186.html#unique-entry-id-1186</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/114.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les transports gratuits<br />la beaut&eacute; sur la terre<br />les salons de coiffure<br />il y a le Doubs en amont de Goumois<br />les 52 morceaux du squelette de Lucy<br />les passages pour pi&eacute;tons <br />il y a le provisoire<br />les feux d&rsquo;artifice<br />il y a la modestie &agrave; laquelle on est r&eacute;duit<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="color:#333333;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 9 janvier 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-01-14T00:49:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/989e4333b91cd540c3f3e211b79086ec-1185.html#unique-entry-id-1185</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/989e4333b91cd540c3f3e211b79086ec-1185.html#unique-entry-id-1185</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="DSCN0811" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0811.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />S&rsquo;il y a souvent place pour deux sous les grands parapluies noirs des boulevards, il n&rsquo;y a aujourd&rsquo;hui, sous ta capuche, de place que pour toi. A peine. Alors tu la rejettes dans le dos, te racontes des morceaux d&rsquo;histoire. Un berger sur la colline garde ses brebis, sous un large feutre noir, envelopp&eacute; dans une cape pliss&eacute;e comme une girolle, il va et vient sous le cr&eacute;pi du ciel. <br />- Et toi, que gardes-tu? <br />- La possibilit&eacute; de m&rsquo;abandonner &agrave; la pluie qui ne l&eacute;sine pas, la possibilit&eacute; de ne rien garder parfois, sans autre auxiliaire qu&rsquo;un coeur qui bat. Je regarde &agrave; mes pieds les orni&egrave;res qui font le plein, demain les moineaux vont se r&eacute;galer. La pluie pourrait ne pas cesser de tomber et &ccedil;a me fait du bien.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0758" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0758.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />J&rsquo;entends &agrave; peine r&eacute;veill&eacute; la pluie et me rappelle les feuilles gaufr&eacute;es des ch&acirc;taigniers derri&egrave;re le grand mas &agrave; la terrasse d&eacute;tremp&eacute;e. Le brouillard l&eacute;vitait immobile au dessus de la vall&eacute;e du Vidourle. Je me prom&egrave;ne dans le bois, et c&rsquo;est comme si je m&rsquo;en allais en direction du jour, l&rsquo;interminable jour, abrit&eacute; par la pluie qui en fait voir la trame. Je touche du bout du doigt le bout des cornes de l&rsquo;escargot qui me ram&egrave;ne &agrave; la pluie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, un instant, avant de repartir par d&rsquo;autres passes, une silhouette sur le chemin de Ricken au petit matin ti&egrave;de, des signes noirs sur la chauss&eacute;e d&eacute;lav&eacute;e, sur les tuiles de Vuadens, les ardoises de l&rsquo;enfance, les lauzes de Sauveterre, t&rsquo;en souviens-tu, les t&ocirc;les au-dessus de Feutersoey, le sapin des Charbonni&egrave;res, enfin l&agrave;, avec la pluie, celle d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, avec les odeurs de l&agrave;-bas lorsque les fum&eacute;es &acirc;cres des feux d&rsquo;automne r&eacute;veillent mes souvenirs et rassemblent de proche en proche les tessons de celui que j&rsquo;ai &eacute;t&eacute;, le vase que je suis dans un monde &agrave; l&rsquo;abandon. On a mis les arrosoirs &agrave; l&rsquo;abri sous l&rsquo;auvent de l&rsquo;ancenne laiterie.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0795" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0795.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Le redoux l&egrave;che les plaques de neige attard&eacute;es. Les fontaines tirent la langue, les ruisselets se gargarisaient. Les vieux tonneaux renvers&eacute;s ont le ventre vide, pour un peu on aurait voulu leur faire relever la t&ecirc;te. Personne ce matin n&rsquo;avait os&eacute; prendre les devants, song&eacute; &agrave; exiger une interruption imm&eacute;diate de l&rsquo;averse, on acceptait et personne ne se plaignait. Les portes de l&rsquo;&eacute;glise de Syens &eacute;taient rest&eacute;es ferm&eacute;es &agrave; double tour, le coeur au sec. Et moi enferm&eacute; dehors, je n&rsquo;avais &agrave; me plaindre de rien. J&rsquo;ai march&eacute; sur l&rsquo;eau, fait sonn&eacute; les six sous qui tra&icirc;naient au fond de mes poches. J&rsquo;&eacute;tais dedans, abrit&eacute; par la pluie, inutile de forcer la porte, pas de raison d&rsquo;en sortir. J&rsquo;ai vu une bergeronnette sautiller sur les bords de la Broye.  <br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0784" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0784.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />C&rsquo;est pas une saison pour remuer, qu&rsquo;il m&rsquo;a dit. On garde les b&ecirc;tes dedans avec ce temps. On transhume seulement deux fois l&rsquo;an, t&rsquo;entends. Moi, je suis fier de mes godasses, de mes falsards et de ma gore-tex. Je nage &eacute;tanche comme un poisson dans l&rsquo;eau. Je n&rsquo;ai rencontr&eacute; personne d&rsquo;autre cet apr&egrave;s-midi. Coup&eacute; de tout, rien ne tremble, ni la pluie d&eacute;cid&eacute;e ni le haut ni le bas. Eblouis par les mousses lessiv&eacute;es, les anges ne craignent pas de mettre les pieds dans la boue. Voici les quelques mots que je voudrais t&rsquo;offrir dans la double jach&egrave;re des dimanches de pluie. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0826" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0826.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Des Jaunins au Torel, du Champ des Dames &agrave; Vers chez les Rod, la terre meuble vous fait des pieds de plomb. Du Riau des M&eacute;leries aux Ch&ecirc;nes et &agrave; La Verne, feux de plastique, jaunes, bleus, jeux d&rsquo;enfants et restes de ch&acirc;teaux en Espagne, bleu, blanc, rouge et tuyaux verts, &eacute;tincelles de fer des machines agricoles abandonn&eacute;es dans le pr&eacute; sur lesquelles, &eacute;blouies, les maisons de l&rsquo;hiver ferment les yeux. Sous le pont de la Bressonne glaise d&rsquo;eau glisse au pied de la paroi de molasse sur laquelle s&rsquo;agrippent les mains lisses du froid.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0858" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0858.jpg" width="470" height="202"/><br /><br />Toute la journ&eacute;e il pleut, me colle &agrave; la peau cette id&eacute;e de retrouver <em>le beau visage effac&eacute;</em> de la pluie. Tremp&eacute; au pied de la vieille ville. A Moudon on m&rsquo;attendait. Je me suis gliss&eacute; &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re comme un chien mouill&eacute;, la pluie pianotait sur le capot de l&rsquo;auto. Devant Saint-Etienne, une double h&eacute;lice de luminaires a &eacute;clair&eacute; la nuit, qui tombait elle aussi, elle avait &ocirc;t&eacute; tous ses habits. Il eut &eacute;t&eacute; insens&eacute; de vouloir s&rsquo;&eacute;loigner. Mais je ne regardais plus, comme si le nom qu&rsquo;il e&ucirc;t fallu donner &agrave; la pluie f&ucirc;t plus beau encore. Ah! la belle apr&egrave;s-midi. <br /><p style="text-align:right;"><img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/114.4.png" width="50" height="50"/><br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="color:#333333;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>A.4</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><dc:date>2011-01-10T08:04:41+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a319b8362810537906d973ee9e44f450-1183.html#unique-entry-id-1183</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a319b8362810537906d973ee9e44f450-1183.html#unique-entry-id-1183</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 10" src="http://www.lesmarges.net/files/114.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Au lendemain du long s&eacute;isme qui d&eacute;chira l&rsquo;Afrique du nord au sud, il y a 10 millions d&rsquo;ann&eacute;es, les primates de l&rsquo;ouest se r&eacute;veill&egrave;rent sous la pluie, mais au coeur d&rsquo;une for&ecirc;t dense et protectrice qui les r&eacute;jouit et dont ils ne sortirent que beaucoup plus tard avec la d&eacute;marche du gorille et du chimpanz&eacute;. Les primates de l&rsquo;est, eux, se lev&egrave;rent les pieds au sec et c&rsquo;est tant mieux. Mais ils d&eacute;couvrirent assez t&ocirc;t qu&rsquo;ils &eacute;taient dans de sales draps et que cet espace adoss&eacute; &agrave; des montagnes toutes neuves, ouvert &agrave; tout vent et sans pluie, allait leur occasionner bien des soucis. Trop tard. On craignit &agrave; juste titre pour leur avenir. Sans griffes sans crocs, sans les mollets des z&egrave;bres et les cuisses des antilopes comment allaient-ils s&rsquo;en tirer? Les grands fauves de l&rsquo;est africain guettaient.<br />C&rsquo;est l&rsquo;occasion qui fait le larron, se dirent les plus avis&eacute;s d&rsquo;entre eux qui se mirent &agrave; chercher une issue &agrave; cette vilaine passe: un dispositif pour rep&eacute;rer avant qu&rsquo;il ne soit trop tard la venue de leurs p&eacute;dateurs et s&rsquo;&eacute;clipser. Cette d&eacute;cision fut grosse de cons&eacute;quences. Ils se dress&egrave;rent en effet d&rsquo;un m&ecirc;me mouvement sur leur pattes arri&egrave;re lib&eacute;rant ipso facto ce qui leur tiendra lieu de mains qu&rsquo;ils plac&egrave;rent derechef en visi&egrave;re sur leur front: rien &agrave; l&rsquo;horizon pour se mettre &agrave; l&rsquo;abri, ou si peu, et les grands fauves qui &eacute;taient sur le point de leur tomber dessus... Faut savoir que leur cerveau &eacute;tait encore de dimension r&eacute;duite, &agrave; peine la cylindr&eacute;e d&rsquo;une Fiat Topolino.&nbsp;<br />Si donc la bip&eacute;die prot&eacute;gea indirectement certains des hominid&eacute;s du soleil, ils n&rsquo;obtinrent cependant, en se redressant, que le droit de voir cro&icirc;tre leur peur en intensit&eacute; et en dur&eacute;e, d&rsquo;autant plus que la savane perdait jour apr&egrave;s jour ses derniers bosquets. Homo erectus se d&eacute;plia donc encore avec la peur qui grandit analoguement. Il n&rsquo;en fallut pas plus pour qu&rsquo;Homo erectus d&eacute;cid&acirc;t de quitter l&rsquo;Afrique qui ne lui amenait d&eacute;cid&eacute;ment rien de bon. <br />Le volume de son cerveau avait grossi et atteint d&eacute;j&agrave; celui du cylindre d&rsquo;une Peugeot 807, mais c&rsquo;est &agrave; pied qu&rsquo;il partit en direction du Caucase, de la Chine, de l&rsquo;Inde et de quelques autres contr&eacute;es o&ugrave;, par bonheur, l&rsquo;on ne parlait pas encore la mutitude de langues que l&rsquo;on conna&icirc;t aujourd&rsquo;hui. Et ses mains, me demanderez-vous? Et bien c&rsquo;est plus tard, beaucoup plus tard que l&rsquo;homme inventera la casquette qui les lib&eacute;rera d&eacute;finitivement, rep&eacute;rant alors toujours plus loin et toujours plus t&ocirc;t les grands fauves de l&rsquo;est africain. La peur de ce touche-&agrave;-tout ne cessera de grandir.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">avec le concours d&rsquo;Histoire  g&eacute;n&eacute;rale | LEP</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="color:#333333;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Reliefs 2008</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2008-12-31T08:42:09+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a75f7eb7b6ea01899da15d58db96dd3b-1182.html#unique-entry-id-1182</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a75f7eb7b6ea01899da15d58db96dd3b-1182.html#unique-entry-id-1182</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_1.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_2.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_3.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_4.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_5.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="page2_blog_entry376_summary_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry376_summary_1.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_7.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_8.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="AaAS" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_9.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 10" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_10.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_11.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_12.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_13.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_14.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/blancdeblanc-7.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_16.png" width="50" height="50"/> <br /><img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_17.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0015" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_18.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_19.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_20.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_21.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0052_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_22.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_23.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_24.png" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_25.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_26.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_27.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_28.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0060_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_29.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0199" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_30.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0201" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_31.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="qewet" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_32.jpg" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0204" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_33.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0202" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_34.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="dgd" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_35.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0147" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_36.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0159" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_37.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0042_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_38.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0176" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_39.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0033_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_40.jpg" width="50" height="50"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0027" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_41.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0046_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_42.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0142_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_43.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0093_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_44.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0940_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1182_45.jpg" width="50" height="50"/><br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Reliefs 2009</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2009-12-31T22:19:40+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e7051b3d021e78846f80d5e26f992aeb-1181.html#unique-entry-id-1181</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e7051b3d021e78846f80d5e26f992aeb-1181.html#unique-entry-id-1181</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="riauhiver" src="http://www.lesmarges.net/files/riauhiver.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="sudberne" src="http://www.lesmarges.net/files/sudberne.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="fete" src="http://www.lesmarges.net/files/fete.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="vtres" src="http://www.lesmarges.net/files/vtres.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="paves" src="http://www.lesmarges.net/files/paves.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="grisaille" src="http://www.lesmarges.net/files/grisaille.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="rucherjaune" src="http://www.lesmarges.net/files/rucherjaune.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="bol" src="http://www.lesmarges.net/files/bol.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="classe" src="http://www.lesmarges.net/files/classe.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="mottierb" src="http://www.lesmarges.net/files/mottierb.png" width="50" height="50"/><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> </span><img class="imageStyle" alt="buro" src="http://www.lesmarges.net/files/buro.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="riauneige" src="http://www.lesmarges.net/files/riauneige.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="rougetneige" src="http://www.lesmarges.net/files/rougetneige.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="reglement" src="http://www.lesmarges.net/files/reglement.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="mottier" src="http://www.lesmarges.net/files/mottier.png" width="50" height="50"/><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> </span><img class="imageStyle" alt="vernand" src="http://www.lesmarges.net/files/vernand.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="lumiereriau" src="http://www.lesmarges.net/files/lumiereriau.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="osier" src="http://www.lesmarges.net/files/osier.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="forel" src="http://www.lesmarges.net/files/forel.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="luminaire" src="http://www.lesmarges.net/files/luminaire.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="ciel17nov" src="http://www.lesmarges.net/files/ciel17nov.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="reb" src="http://www.lesmarges.net/files/reb.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="col" src="http://www.lesmarges.net/files/col.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="tristestropiques" src="http://www.lesmarges.net/files/tristestropiques.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="laurier" src="http://www.lesmarges.net/files/laurier.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="presduriau" src="http://www.lesmarges.net/files/presduriau.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="presdilan-" src="http://www.lesmarges.net/files/presdilan-.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="dans_le_bus" src="http://www.lesmarges.net/files/dans_le_bus.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="chazelles" src="http://www.lesmarges.net/files/chazelles.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="direction_jura" src="http://www.lesmarges.net/files/direction_jura.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="riant-mont" src="http://www.lesmarges.net/files/riant-mont.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="prev" src="http://www.lesmarges.net/files/prev.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="miouverte" src="http://www.lesmarges.net/files/miouverte.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="brut" src="http://www.lesmarges.net/files/brut.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="godard" src="http://www.lesmarges.net/files/godard.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="octobre" src="http://www.lesmarges.net/files/octobre.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="musiquelouise-1" src="http://www.lesmarges.net/files/musiquelouise-1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="sentinelle4" src="http://www.lesmarges.net/files/sentinelle4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="tentures" src="http://www.lesmarges.net/files/tentures.png" width="50" height="50"/><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> </span><img class="imageStyle" alt="molasse" src="http://www.lesmarges.net/files/molasse-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="fribourg_stalden" src="http://www.lesmarges.net/files/fribourg_stalden.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="sarine" src="http://www.lesmarges.net/files/sarine.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="porcelaine" src="http://www.lesmarges.net/files/porcelaine.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="escaliers-6-2" src="http://www.lesmarges.net/files/escaliers-6-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="arthur" src="http://www.lesmarges.net/files/arthur.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="broye" src="http://www.lesmarges.net/files/broye.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="lac_des_joncs" src="http://www.lesmarges.net/files/lac_des_joncs.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="enfrais-vert" src="http://www.lesmarges.net/files/enfrais-vert.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="louise-et-sandra" src="http://www.lesmarges.net/files/louise-et-sandra.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="papillon" src="http://www.lesmarges.net/files/papillon.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="image-4" src="http://www.lesmarges.net/files/image-4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="paille" src="http://www.lesmarges.net/files/paille.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="musique" src="http://www.lesmarges.net/files/musique.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="calandre" src="http://www.lesmarges.net/files/calandre.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="image-1" src="http://www.lesmarges.net/files/image-1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="portecochere" src="http://www.lesmarges.net/files/portecochere.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="image-7" src="http://www.lesmarges.net/files/image-7.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="image-10" src="http://www.lesmarges.net/files/image-10.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="pompiers" src="http://www.lesmarges.net/files/pompiers.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="feu" src="http://www.lesmarges.net/files/feu.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="veranda" src="http://www.lesmarges.net/files/veranda.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="livredesable" src="http://www.lesmarges.net/files/livredesable.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="rougejaune" src="http://www.lesmarges.net/files/rougejaune.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="image-1" src="http://www.lesmarges.net/files/image-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="ombre" src="http://www.lesmarges.net/files/ombre.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="loue-breche" src="http://www.lesmarges.net/files/loue-breche.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="auborddelaloue" src="http://www.lesmarges.net/files/auborddelaloue.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="rez" src="http://www.lesmarges.net/files/rez.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="cailloux" src="http://www.lesmarges.net/files/cailloux.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="lisiere.1" src="http://www.lesmarges.net/files/lisiere.1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="bilboquet_2" src="http://www.lesmarges.net/files/bilboquet_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="pruneaux" src="http://www.lesmarges.net/files/pruneaux.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="lili_et_louise" src="http://www.lesmarges.net/files/lili_et_louise.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="pot_au-noir" src="http://www.lesmarges.net/files/pot_au-noir.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="corcelles_le_jorat" src="http://www.lesmarges.net/files/corcelles_le_jorat.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="ouverture" src="http://www.lesmarges.net/files/ouverture.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="chien_saint_augustin" src="http://www.lesmarges.net/files/chien_saint_augustin.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="detail_lunettes" src="http://www.lesmarges.net/files/detail_lunettes.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="detail_carpaccio" src="http://www.lesmarges.net/files/detail_carpaccio.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="image-5" src="http://www.lesmarges.net/files/image-5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="image-1" src="http://www.lesmarges.net/files/image-3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="image-6" src="http://www.lesmarges.net/files/image-6.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="image-2" src="http://www.lesmarges.net/files/image-8.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="image-3" src="http://www.lesmarges.net/files/image-3-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry42_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry42_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry42_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry42_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry42_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry42_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry42_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry42_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry42_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry42_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry41_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry41_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry41_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry41_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry41_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry41_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry41_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry41_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry41_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry41_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry40_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry40_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry40_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry40_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry40_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry40_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry40_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry40_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry40_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry40_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry39_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry39_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry39_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry39_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry39_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry39_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry39_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry39_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry39_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry39_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry38_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry38_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry38_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry38_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry38_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry38_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry38_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry38_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry38_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry38_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry37_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry37_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry37_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry37_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry37_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry37_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry37_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry37_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry37_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry37_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry36_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry36_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry36_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry36_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry36_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry36_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry36_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry36_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry36_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry36_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry35_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry35_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry35_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry35_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry35_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry35_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry35_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry35_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry35_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry35_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry34_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry34_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry34_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry34_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry34_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry34_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry34_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry34_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry34_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry34_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry33_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry33_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry33_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry33_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry33_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry33_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry33_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry33_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry33_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry33_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry32_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry32_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry32_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry32_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry32_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry32_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry32_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry32_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry32_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry32_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry31_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry31_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry31_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry31_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry31_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry31_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry31_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry31_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry31_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry31_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry30_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry30_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry30_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry30_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry30_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry30_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry30_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry30_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry30_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry30_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry29_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry29_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry29_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry29_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry29_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry29_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry29_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry29_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry29_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry29_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry28_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry28_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry28_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry28_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry28_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry28_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry28_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry28_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry28_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry28_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry27_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry27_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry27_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry27_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry27_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry27_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry27_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry27_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry27_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry27_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry26_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry26_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry26_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry26_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry26_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry26_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry26_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry26_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry26_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry26_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry25_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry25_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry25_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry25_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry25_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry25_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry25_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry25_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry25_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry25_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry24_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry24_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry24_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry24_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry24_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry24_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry24_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry24_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry24_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry24_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry23_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry23_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry23_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry23_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry23_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry23_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry23_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry23_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry23_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry23_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry22_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry22_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry22_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry22_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry22_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry22_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry22_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry22_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry22_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry22_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry21_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry21_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry21_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry21_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry21_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry21_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry21_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry21_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry21_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry21_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry20_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry20_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry20_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry20_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry20_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry20_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry20_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry20_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry20_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry20_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry19_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry19_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry19_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry19_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry19_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry19_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry19_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry19_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry19_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry19_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry18_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry18_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry18_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry18_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry18_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry18_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry18_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry18_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry18_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry18_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry17_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry17_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry17_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry17_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry17_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry17_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry17_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry17_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry17_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry17_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;">,</span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry16_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry16_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry16_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry16_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry16_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry16_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry16_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry16_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry16_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry16_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry15_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry15_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry15_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry15_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry15_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry15_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry15_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry15_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry15_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry15_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry14_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry14_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry14_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry14_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry14_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry14_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry14_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry14_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry14_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry14_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry13_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry13_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry13_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry13_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry13_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry13_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry13_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry13_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry13_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry13_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry12_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry12_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry12_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry12_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry12_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry12_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry12_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry12_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry12_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry12_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry11_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry11_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry11_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry11_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry11_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry11_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry11_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry11_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry11_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry11_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry10_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry10_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry10_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry10_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry10_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry10_3.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry10_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry10_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry10_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry10_5.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry9_1" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry9_1.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry9_2" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry9_2.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry9_3" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry9_3.jpg" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry9_4" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry9_4.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><img class="imageStyle" alt="page10_blog_entry9_5" src="http://www.lesmarges.net/files/page10_blog_entry9_5.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/50x50.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/50x50-2.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/50x50-3.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/50x50-4.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/50x50-5.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/50x50-6.png" width="50" height="50"/><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="color:#333333;"><br /></span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Reliefs 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2010-12-31T21:41:06+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/258349694ccbe89ab5ee5063833c9039-1179.html#unique-entry-id-1179</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/258349694ccbe89ab5ee5063833c9039-1179.html#unique-entry-id-1179</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="112.5" src="http://www.lesmarges.net/files/112.5.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="111.1" src="http://www.lesmarges.net/files/111.1.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="111.2" src="http://www.lesmarges.net/files/111.2.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="111.3" src="http://www.lesmarges.net/files/111.3.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="111.4" src="http://www.lesmarges.net/files/111.4.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="111.5-2" src="http://www.lesmarges.net/files/111.5-2.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="110.1" src="http://www.lesmarges.net/files/110.1.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="110.12" src="http://www.lesmarges.net/files/110.12.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="110.5" src="http://www.lesmarges.net/files/110.5.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="110.3" src="http://www.lesmarges.net/files/110.3.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="110.4" src="http://www.lesmarges.net/files/110.4.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="109.1" src="http://www.lesmarges.net/files/109.1.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="109.2" src="http://www.lesmarges.net/files/109.2.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="109.3" src="http://www.lesmarges.net/files/109.3.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="109.4" src="http://www.lesmarges.net/files/109.4.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="109.5" src="http://www.lesmarges.net/files/109.5.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="108.1" src="http://www.lesmarges.net/files/108.1.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="108.5" src="http://www.lesmarges.net/files/108.5.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="108.4" src="http://www.lesmarges.net/files/108.4.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="108.2" src="http://www.lesmarges.net/files/108.2.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="108.3" src="http://www.lesmarges.net/files/108.3.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="107.1" src="http://www.lesmarges.net/files/107.1.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="107.2" src="http://www.lesmarges.net/files/107.2.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="107.3" src="http://www.lesmarges.net/files/107.3.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="107.4" src="http://www.lesmarges.net/files/107.4.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="107.5" src="http://www.lesmarges.net/files/107.5.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="106.1" src="http://www.lesmarges.net/files/106.1.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="106.2" src="http://www.lesmarges.net/files/106.2.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="106.3" src="http://www.lesmarges.net/files/106.3.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="106.4" src="http://www.lesmarges.net/files/106.4.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="106.5" src="http://www.lesmarges.net/files/106.5.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="105" src="http://www.lesmarges.net/files/105.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="105.4" src="http://www.lesmarges.net/files/105.4.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="105.5-2" src="http://www.lesmarges.net/files/105.5-2.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="105.3" src="http://www.lesmarges.net/files/105.3.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="105.2-2" src="http://www.lesmarges.net/files/105.2-2.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="104.5" src="http://www.lesmarges.net/files/104.5.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="104.1" src="http://www.lesmarges.net/files/104.1.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="104.2" 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src="http://www.lesmarges.net/files/riquet3.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="horizon2" src="http://www.lesmarges.net/files/horizon2.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="terrassecevennes" src="http://www.lesmarges.net/files/terrassecevennes.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="chapeau" src="http://www.lesmarges.net/files/chapeau.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="radiateurcalebasse" src="http://www.lesmarges.net/files/radiateurcalebasse.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="lofoten1" src="http://www.lesmarges.net/files/lofoten1.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="canard_de_froideville" src="http://www.lesmarges.net/files/canard_de_froideville.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="image-11-3" src="http://www.lesmarges.net/files/image-11-3.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="image-39" src="http://www.lesmarges.net/files/image-39.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="demeurer" src="http://www.lesmarges.net/files/demeurer.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="image-56-2" src="http://www.lesmarges.net/files/image-56-2.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="buissonmagna" src="http://www.lesmarges.net/files/buissonmagna.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="tentejaune" src="http://www.lesmarges.net/files/tentejaune.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="piedsros" src="http://www.lesmarges.net/files/piedsros.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="image-20" src="http://www.lesmarges.net/files/image-20.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="chatmontfrioud" src="http://www.lesmarges.net/files/chatmontfrioud.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="image-55" src="http://www.lesmarges.net/files/image-55.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="image-8" src="http://www.lesmarges.net/files/image-8.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="image-16-3" src="http://www.lesmarges.net/files/image-16-3.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="image-64" src="http://www.lesmarges.net/files/image-64.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="molassepremiere" src="http://www.lesmarges.net/files/molassepremiere.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="dscn5570" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn5570.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="image-39-2" src="http://www.lesmarges.net/files/image-39-2.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="vendee" src="http://www.lesmarges.net/files/vendee.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="image-48" src="http://www.lesmarges.net/files/image-48.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="pierremenard" src="http://www.lesmarges.net/files/pierremenard.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="bainsdyverdon" src="http://www.lesmarges.net/files/bainsdyverdon.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="huitre" src="http://www.lesmarges.net/files/huitre.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="image-9" src="http://www.lesmarges.net/files/image-9.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="neigerathvel" src="http://www.lesmarges.net/files/neigerathvel.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="skate_a__froideville-2" src="http://www.lesmarges.net/files/skate_a__froideville-2.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="portrait" src="http://www.lesmarges.net/files/portrait.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="grage_du_mont" src="http://www.lesmarges.net/files/grage_du_mont.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="image-7" src="http://www.lesmarges.net/files/image-7.jpg" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="liseddeneige" src="http://www.lesmarges.net/files/liseddeneige.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/50x50.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/50x50-2.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/50x50-3.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/50x50-4.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/50x50-5.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/50x50-6.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/50x50-7.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/50x50-8.png" width="50" height="50"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/50x50-9.png" width="50" height="50"/><br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="color:#333333;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les p&#xea;cheurs &#xe0; la mouche</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2011-01-05T08:29:20+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/99cd270e3497ee29ca4fbb070e151d27-1166.html#unique-entry-id-1166</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/99cd270e3497ee29ca4fbb070e151d27-1166.html#unique-entry-id-1166</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/113.3.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Il y a les p&ecirc;cheurs &agrave; la mouche<br />la ferblanterie <br />l&rsquo;accord du participe pass&eacute; des verbes pronominaux<br />les flaques d&rsquo;eau<br />il y a les augmentations de salaire<br />les terres grasses que la charrue d&eacute;colle<br />il y a Henri Calet<br />les petits viatiques<br />le discours indirect libre<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="color:#333333;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 2 janvier 2011</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2011-01-05T08:29:12+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f6e037fc78fc8541c1851e40a3769d09-1165.html#unique-entry-id-1165</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f6e037fc78fc8541c1851e40a3769d09-1165.html#unique-entry-id-1165</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 10" src="http://www.lesmarges.net/files/113.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />C&rsquo;est d&eacute;cid&eacute;, on ira au cin&eacute;ma &agrave; pied, &ccedil;a ne fait finalement qu&rsquo;une douzaine de kilom&egrave;tres du Riau jusqu&rsquo;au Zinema d&rsquo;Oron, n&rsquo;est-ce pas? Et on marche depuis que tu es tout petit. Souviens-toi des Diablerets, de la Vall&eacute;e de Joux, de Plan Francey,... il t&rsquo;en reste des morceaux et des photographies dans les albums.<br />La route de la Moille Messelly est verglac&eacute;e si bien qu&rsquo;on renonce &agrave; emprunter le chemin du remaniement, on bifurque &agrave; la patte d&rsquo;oie sur Rachigny, fond sur la Goille o&ugrave; F se remet de son op&eacute;ration. On brasse la neige avec insouciance dans le c&ocirc;teau de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;Echu. Un renard bondit d&rsquo;un bosquet et plonge dans le lit du Cerjuz. On guigne &agrave; tout hasard dans le cabanon des veaux qui surplombe la rivi&egrave;re. Le roux a fil&eacute;, rejoint par un chat qui dispara&icirc;t lui aussi. Arthur sautille, grimpe, court.<br />Pr&egrave;s d&rsquo;un hangar cach&eacute; dans le bois sous la route de Berne, on entend les chants d&eacute;sordonn&eacute;s d&rsquo;oiseaux, c&rsquo;est une voli&egrave;re en amont du pont de la Bressonne qu&rsquo;on souhaitait rejoindre par le Moulin du Creux. Aux piaillements se m&ecirc;le un tube des ann&eacute;es 90, les propri&eacute;taires s&rsquo;affairent, on remonte discr&egrave;tement. Qu&rsquo;on ne nous prenne pas pour des brigands.<br />Arthur lance des boules de neige sur tout ce qui bouge. On traverse la zone industrielle de l&rsquo;Ecorcheboeuf jusqu&rsquo;au caf&eacute; de la Croix d&rsquo;Or, ferm&eacute; malgr&eacute; les lumi&egrave;res qu&rsquo;on aper&ccedil;oit derri&egrave;re les rideaux. A cause d&rsquo;Ussi&egrave;res tout pr&egrave;s, c&rsquo;est un lieu qui me fait immanquablement penser &agrave; Dh&ocirc;tel, au Plateau de Mazagran et <span style="font-size:13px; ">&agrave; l&rsquo;Ile de la croix d&rsquo;or. <br />On fera une halte </span>&agrave; M&eacute;zi&egrave;res en face d&rsquo;un caraque, d&rsquo;un vermicelle et de deux chocolats chauds. Puis, par Chenau, on atteint le pont de la Carrouge. Il nous faut alors remonter la route du Paradis, comme en 2002, entre Tanneires et Roseires, jusqu&rsquo;au cimeti&egrave;re de Ferlens o&ugrave; S repose fauch&eacute; par un train. Je raconte cette sale histoire &agrave; Arthur tandis qu&rsquo;il caresse un chaton devant chez les B, la maison est vide, le village est vide, la campagne est vide. On rejoint Fontaine, entre Champ Jaquet et les Planches, longe la lisi&egrave;re du Bois de Fey avant de glisser dans la neige jusqu&rsquo;au pont du Parimbot. On remonte sur la Possession d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;on aper&ccedil;oit Oron &agrave; l&rsquo;avant de son ch&acirc;teau, le Niremont et les Alpettes, plus loin les Vanils. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0448" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0448.jpg" width="480" height="175"/><br /><br />On laisse au nord Auboranges et sa belle maison carr&eacute;e, traverse le Champ Paccot au-dessus de Vuibroye avant de descendre jusqu&rsquo;au pont qui franchit le Grenet &agrave; deux pas de la Broye. Arthur court devant, onze ans seulement, saute comme un cabri et allonge le pas, se retourne pour s&rsquo;assurer que je ne le perds pas de vue. Jusqu&rsquo;&agrave; Ch&acirc;tillens o&ugrave; les cloches sonnent, il est 4 heures. <br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0617" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0617.jpg" width="480" height="235"/><br /><br />On remonte ensemble en direction du centre de la petite ville qui abrite pr&egrave;s de 1500 habitants, s&rsquo;assoit sur un muret devant l&rsquo;Etablissement m&eacute;dico-social du Mont <em>o&ugrave; il fait bon vivre</em>, g&eacute;r&eacute; par la F&eacute;d&eacute;ration des Eglises adventistes du 7e Jour,  quelques boules de neige dans le lit du Flon, petit affluent de la Broye, un coup d&rsquo;oeil chez Denner, les voix de deux loubards, et un chocolat chaud. Un chocolat chaud pour conclure notre balade, au tea room, seul &eacute;tablissement public ouvert de cet ancien chef-lieu de district qui file du mauvais coton.<br />Une douzaine de kilom&egrave;tres, le bonheur de marcher avec son fils, et celui peut-&ecirc;tre de marcher avec son p&egrave;re, il n&rsquo;en faut pas plus pour qu&rsquo;on renonce au cin&eacute;ma.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0598" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0598.jpg" width="480" height="360"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0600" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0600-2.jpg" width="480" height="116"/><img class="imageStyle" alt="DSCN0601" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0601.jpg" width="480" height="103"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0613" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0613.jpg" width="480" height="98"/><img class="imageStyle" alt="DSCN0611" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0611-2.jpg" width="480" height="97"/><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Le lilas et l&#x27;aub&#xe9;pine </title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2011-01-04T07:56:36+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/0e9c2e763310b7a777ac718b6a9475cd-1164.html#unique-entry-id-1164</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/0e9c2e763310b7a777ac718b6a9475cd-1164.html#unique-entry-id-1164</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/113.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Les &eacute;lus dont le nom &eacute;tait pr&eacute;c&eacute;d&eacute; d&rsquo;une particule avaient pour missions principales de d&eacute;clencher des bourrasques par la seule force de l&rsquo;illocutoire et d&rsquo;agiter au moment voulu les consciences. Les autres s&rsquo;assuraient du silence des modestes. <br />Mais trop de chefs nuisent, qu&rsquo;ils soient &agrave; la t&ecirc;te d&rsquo;une bourgade de cinq cents ou d&rsquo;une province de cinq mille, et les caciques, vite rong&eacute;s par le doute et discr&eacute;dit&eacute;s au moindre impair qu&rsquo;ils ne manquaient pas de commettre dans l&rsquo;usage bien &eacute;tabli de la langue de bois, perdaient avec leur t&ecirc;te les grandes orientations de la raison et le contr&ocirc;le g&eacute;n&eacute;ral des intemp&eacute;ries. C&rsquo;en &eacute;tait fait de la paix du travail et, &agrave; terme, de leur particule. <br />Mis &agrave; l&rsquo;&eacute;cart on les retrouvait sillonnant les bois, soumis &agrave; la tentation puis &agrave; l&rsquo;entretien des maigres cours d&rsquo;eau de la zone orientale de l&rsquo;&icirc;le, <em>la volont&eacute; calcin&eacute;e et l&rsquo;os fleuri</em> pour user d&rsquo;une expression locale. On assistait alors dans les villes &agrave; la ruine de la domesticit&eacute; et &agrave; l&rsquo;empi&eacute;tement des consciences. On d&eacute;plorait en outre au carrefour des taches d&rsquo;huile et on signalait des heurts d&rsquo;amertume sur le p&eacute;riph&eacute;rique. <br />On retrouvait plus tard ces anciens &eacute;lus dans des camps o&ugrave; ils go&ucirc;taient &agrave; la terreur. On les identifiait &agrave; leur matricule brod&eacute; sur un serre-t&ecirc;te que certains portaient en sautoir. L&agrave; pas le temps de tergiverser ou de chantonner. On avait faufil&eacute; &agrave; l&rsquo;envers des tissus qu&rsquo;ils portaient le jugement sommaire de leur condamnation et on tablait sur l&rsquo;obstination proverbiale de vieilles incontinentes, s&ucirc;res de leur bon droit, pour emporter les souvenirs des condamn&eacute;s qui gouttaient en bon ordre de dessous leur tunique de bure. Elles &eacute;taient tenues de se rendre nuitamment derri&egrave;re les grillages, nues, pour un face &agrave; face nocturne dont l&rsquo;horeur ne s&rsquo;imagine plus. <br />En automne, pour que les serpill&egrave;res et les secrets n&rsquo;encombrent pas la cour de l&rsquo;enceinte, on les jetait avec les diff&eacute;rends et des brass&eacute;es de litiges dans des bartasses auxquelles un aveugle tir&eacute; au hasard boutait le feu. Que de cendres! que de noirceurs! Mais de jeunes arbrisseaux y plongeaient leurs racines et, avec l&rsquo;arriv&eacute;e de juin, des senteurs sup&eacute;rieures flairaient le renouvellement, faisaient le mur fuyant &agrave; tout vent dans la direction de l&lsquo;&eacute;chapp&eacute;e belle.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="color:#333333;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Muri&#xe8;le Mod&#xe9;ly</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Vases communicants</category><dc:date>2011-01-07T00:00:01+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/77616c0252362dd58ce28d6fe915b959-1163.html#unique-entry-id-1163</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/77616c0252362dd58ce28d6fe915b959-1163.html#unique-entry-id-1163</guid><content:encoded><![CDATA[Il dit <em>T&rsquo;es une fille de la ville</em><br />avec une moue l&eacute;g&egrave;re<br />qui creuse un accent grave <br />sur le bord de sa l&egrave;vre<br />	<br />je sens bien qu&rsquo;<em>&ecirc;tre une fille</em><br />de surcro&icirc;t <em>de la ville</em><br />dans sa bouche terreuse<br />br&ucirc;le comme une ortie<br /><br />je sais bien qu&rsquo;un jour<br />son regard indulgent<br />heurtera &acirc;prement<br />le pli de sa glabelle<br /><br />je sais qu&rsquo;il me perdra<br />quelque part dans la nuit<br />que je m&rsquo;&eacute;garerai <br />en chemin dans les bl&eacute;s <br /><br />dans les <br />coteaux <br />du Gers<br />o&ugrave; je vois<br /><br />une bosse<br />deux bosses<br />un troupeau <br />de chameaux <br /><br />o&ugrave; je vois<br />des poils ras<br />puis blonds<br />et leur tonte<br />l&rsquo;&eacute;t&eacute;<br /><br />o&ugrave; je ne vois <br />rien<br />que <br />feuilles<br />plantes <br />arbres <br />sans nom<br /><br />je dois<br />lancer en l&rsquo;air<br />et sur lui<br />d&rsquo;&eacute;tranges <br />petits <br />sorts<br /><br />pour voir ses cheveux, sa langue cr&eacute;piter <br />quand il m&rsquo;identifie comme une citadine<br /><br />pour voir sur sa t&ecirc;te, le ciel du jour qui sombre<br />s&rsquo;embraser dans le bref flamboiement d&rsquo;une orange<br /><br />pour voir les nuages d&eacute;gorger tout leur jus<br />asperger d&rsquo;un voile roux le bitume et ses mots<br /><br />pour l&rsquo;&eacute;cran sirupeux qui dessine sur nous<br />un nouveau paysage<br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/alaligneblanc.png" width="41" height="9"/>son visage moir&eacute;<br /><img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/alaligneblanc-2.png" width="41" height="9"/><em>la fille de la ville</em><br /><img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/alaligneblanc-3.png" width="41" height="9"/>greff&eacute;e sur un cil<br /><p style="text-align:right;"><em>Muri&egrave;le Mod&eacute;ly</em><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p><p style="text-align:left;"><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ligebleuelignebleue.png" width="475" height="3"/><br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/113.4.png" width="50" height="50"/><br /><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><br /></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">&eacute;crit par Muri&egrave;le Mod&eacute;ly qui m&rsquo;accueille chez elle sur son site </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><a href="http://l-oeil-bande.blogspot.com/" rel="self">L&rsquo;oeil bande</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> dans le cadre du projet de </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=104893605886" rel="self">vases communicants</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">&nbsp;: le premier vendredi du mois, chacun &eacute;crit sur le blog d&rsquo;un autre, &agrave; charge &agrave; chacun de pr&eacute;parer les mariages, les &eacute;changes, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement&hellip; Ne pas &eacute;crire pour, mais &eacute;crire chez l&rsquo;autre.<br /></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">Et d&rsquo;autres &eacute;changes ce mois :<br /></span><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><br /></span></p><p style="text-align:justify;"><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce.gif" width="8" height="11"/><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://juliette.mezenc.over-blog.com/ext/http://motmaquis.net/">Juliette Mezenc</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://tentatives.eklablog.fr/">Christine Jeanney</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-2.gif" width="8" height="11"/><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://kwakizbak.over-blog.com/">Christophe Grossi</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.xn--chatperch-p1a2i.net/">Michel Brosseau</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-3.gif" width="8" height="11"/><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.tierslivre.net/">Fran&ccedil;ois Bon</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.oeuvresouvertes.net/">Laurent Margantin</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-4.gif" width="8" height="11"/><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.martinesonnet.fr/blogwp/">Martine Sonnet</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://pourlemeilleuretpourlelire.hautetfort.com/">Anne-Marie Emery</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-5.gif" width="8" height="11"/><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.fenetresopenspace.blogspot.com/">Anne Savelli</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/">Urbain, trop urbain</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-7.gif" width="8" height="11"/><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://inacheve.net/">J&eacute;r&eacute;mie Szpirglas</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://flaneriequotidienne.wordpress.com/">Franck Queyraud</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-8.gif" width="8" height="11"/><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://koukistories.blogspotcom/">Kouki Rossi</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://souriredureste.blogspot.com/">Jean</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-9.gif" width="8" height="11"/><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.pendantleweekend.net/">Piero Cohen-Hadria</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://barbotages.blogspot.com/">Monsieuye Am Lepiq</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-10.gif" width="8" height="11"/><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://metachroniques.blogspot.com/">Marie-H&eacute;l&egrave;ne Voyer</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.liminaire.fr/">Pierre M&eacute;nard</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-11.gif" width="8" height="11"/><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.frederiquemartin.fr/">Fr&eacute;d&eacute;rique Martin</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://maplumesurlacommode.blogspot.com/">Francesco Pittau</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-12.gif" width="8" height="11"/><span style="font-size:11px; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://jeanyvesfick.wordpress.com/">Jean-Yves Fick</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.lignesdevie.com/">Gilles Bertin</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-13-2.gif" width="8" height="11"/><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.theoneshotmi.com/">Candice Nguyen</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.erohee.net/ail">Benoit Vincent</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-13.gif" width="8" height="11"/><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://nolwenn.euzen.over-blog.com/">Nolwenn Euzen</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.joachimsene.fr/">Joachim S&eacute;n&eacute;</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-14.gif" width="8" height="11"/><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://yzabel2046.blogspot.com/">Isabelle Pariente-Butterlin</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://xavierfisselier.wordpress.com/">Xavier Fisselier</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-15.gif" width="8" height="11"/><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://les-embrasses.blogspot.com/">Christine Leininger</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://entrenoir.blogspot.com/" rel="self">Jean-Marc Undriener</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-16.gif" width="8" height="11"/><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://samueldixneuf.wordpress.com/">Samuel Dixneuf</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://kafkatransports.net/">Philippe Rahmy-Wolff</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-17.gif" width="8" height="11"/><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://aloredelam.com/">Lambert Savigneux</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://regardorion.wordpress.com/">Lambert Savigneux</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> (ben oui) <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-18.gif" width="8" height="11"/><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com/">Christophe Sanchez</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://brigetoun.blogspot.com/">Brigitte C&eacute;l&eacute;rier</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-19.gif" width="8" height="11"/><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;">sur twitter et en 9 twits chacune, Claude Favre @angkhistrophon et Maryse Hache @marysehache (elles ont choisi de publier les deux textes chez celle qui a un blog : </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.semenoir.typepad.fr/">Maryse Hache</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;">)<br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-20.gif" width="8" height="11"/><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://desormiere.blog.lemonde.fr/">Catherine D&eacute;sormi&egrave;re</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://dh68.wordpress.com/">Dominique Hasselmann</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-6.gif" width="8" height="11"/><span style="font:10px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://l-oeil-bande.blogspot.com/">Muri&egrave;le Laborde-Mod&eacute;ly</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> et </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#1A89BB;"><a href="http://www.lesmarges.net/">Jean Prod'hom</a></span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#222222;"> </span><span style="font:11px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="color:#333333;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>A.3</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><dc:date>2011-01-03T07:55:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/52b157c12e9a4d746827c4a713d24d4e-1162.html#unique-entry-id-1162</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/52b157c12e9a4d746827c4a713d24d4e-1162.html#unique-entry-id-1162</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/113.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />A cette &eacute;poque, il n&rsquo;y avait pas seulement les temp&eacute;ratures et les continents qui bougeaient. Les hommes &ndash; qui n&rsquo;ont pas toujours fait la manche &ndash; aussi. Si bien que, pendant les p&eacute;riodes froides, alors que de gigantesques glaciers recouvraient le nord de l&rsquo;Europe, de l&rsquo;Asie et de l&rsquo;Am&eacute;rique du Nord, que les masses d&rsquo;eau emprisonn&eacute;es par le froid ne coulaient pas, que le niveau des oc&eacute;ans &eacute;tait beaucoup plus bas qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, les plus timides de nos anc&ecirc;tres ont saisi l&rsquo;occasion d&rsquo;aller &agrave; pied de Calais &agrave; Douvres sans se mouiller.<br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">avec le concours d&rsquo;Histoire  g&eacute;n&eacute;rale | LEP</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="color:#333333;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Les livres &#xe0; la benne</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les disparus</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-12-31T09:30:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/bb2ab73d75a86b2aae189039412bc0b8-1161.html#unique-entry-id-1161</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/bb2ab73d75a86b2aae189039412bc0b8-1161.html#unique-entry-id-1161</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="IMG_3324_2" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3324_2.jpg" width="480" height="360"/><br /><br /><br />Il y a dix jours exactement, un homme brun, bien mis, break ripolin&eacute;e et cinquantaine cendr&eacute;e jetait six sacs de livres dans la benne du vieux papier de la d&eacute;ch&egrave;terie locale. C&rsquo;&eacute;tait un dimanche et l&rsquo;inconnu n&rsquo;&eacute;tait pas domicili&eacute; dans notre village &ndash; on se conna&icirc;t tous par ici. Il a sembl&eacute; g&ecirc;n&eacute; de ma pr&eacute;sence, je l&rsquo;aurais &eacute;t&eacute; aussi. Que cachait-il ? Pourquoi se mettait-il dans un tel &eacute;tat ? J&rsquo;ai voulu le r&eacute;conforter en lui soufflant d&rsquo;un air entendu, ma foi,  qu&rsquo;il le fallait bien de temps &agrave; autre. Il a lev&eacute; les yeux au ciel, sombres et brillants, puis s&rsquo;est gliss&eacute; hors la d&eacute;ch&egrave;terie comme un serpent. Je n&rsquo;ai pas voulu en savoir plus, mais il y avait quelque chose de terrible dans ses yeux, et puis d&rsquo;un peu louche, comme s&rsquo;il avait voulu se d&eacute;barrasser d&rsquo;un mort, ou de son linge sale. &Ccedil;a ne se fait pas, n&rsquo;est-ce pas? L&rsquo;inconnu allait-il revenir le lendemain reprendre ce qui, comme il semblait le croire, aurait pu le trahir? J&rsquo;ai imagin&eacute; un bref instant que cet inconnu &eacute;tait un &eacute;crivain et que les livres qu&rsquo;il avait jet&eacute;s dans la benne &eacute;taient, sans le savoir, ceux qu&rsquo;il avait &eacute;crits et qu&rsquo;on allait oublier. Le camion de l&rsquo;entreprise charg&eacute;e d&rsquo;emmener le vieux papier sur le brasier a pass&eacute; hier en fin d&rsquo;apr&egrave;s-midi. L&rsquo;affaire est close.<br /><br /><br /><img class="imageStyle" alt="IMG_3339_2" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3339_2-2.jpg" width="160" height="112"/><br /><br />Au fond de la benne le visage de Gustave Courbet m&rsquo;avait pourtant fait signe et j&rsquo;ai relev&eacute; consciencieusement ce dimanche-l&agrave; les coordonn&eacute;es sommaires des ouvrages jet&eacute;s par <em>le brigand</em>. Un jour qui sait? Le livre aura disparu, trop lourd, trop encombrant, trop cher,... Il aura laiss&eacute; la place &agrave; une tablette qui contiendra tous les livres de toutes les biblioth&egrave;ques pour un prix d&eacute;risoire et illusoire. On regrettera peut-&ecirc;tre alors les &eacute;quip&eacute;es dans les d&eacute;ch&egrave;teries et les grands feux dans lesquels on jetait les livres en se mordant les l&egrave;vres de honte.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/112.5.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Jean-Pierre Richard, Etudes sur le romantisme, 1970<br />La Bible du p&ecirc;cheur, 2001-2003<br />Michel Viala, Po&eacute;sie choisie, 2009<br />Hans-Michael Koetzle, Photo icons, Petite histoire de la photo, 2007<br />G&eacute;rard Genette, Figures III, 1972<br />Jacques Scherer, La Dramaturgie classique en France, 1973<br />Jean Prod&rsquo;hom, Etudes de Lettres, La Part des hommes (tir&eacute; &agrave; part), 1985<br />Guide du routard, Italie du Sud<br />Guide du routard, Suisse<br />Val&eacute;rie Poirier, Loin du bal et autres pi&egrave;ces, 2008<br />Henri-Alexis Baatsch, Hokusa&iuml;, 2008<br />Atlas alphab&eacute;tique, Les Etats du monde<br />Ren&eacute; Benjamin, La Gal&egrave;re des Goncourt, 1948<br /></em><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><em>St&eacute;phane Gu&eacute;gan, Mich&egrave;le Haddad, </em></span><em>L&rsquo;ABCdaire de Courbet, 1996<br /></em><em>Giovanni Boccaccio, Decameron, 1968<br />Michel Chauvy, Passions et d&eacute;mesures latines, Cic&eacute;ron, Lucr&egrave;ce, Catulle, 1999<br />Robert Aron, Les Grands Dossiers de l&rsquo;histoire contemporaine, 1964<br />Michel Puech, La Philosophie en clair, 2004<br />Anne Cun&eacute;o, Les Portes du jour, Portrait de l&rsquo;auteur en forme ordinaire, 1982<br />Jean-Fran&ccedil;ois Revel, M&eacute;moires, le voleur dans la maison vide, 1997<br />Albert Thibaudet, La po&eacute;sie de St&eacute;phane Mallarm&eacute;, 1926<br />Collectif, Soci&eacute;t&eacute; Vaudoise des P&ecirc;cheurs en rivi&egrave;re, 1908-2008<br />Guides Hachette, Orthographe, 1999<br /></em><em>Nayrolles , Profil d&rsquo;une oeuvre, pour &eacute;tudier un po&egrave;me. 1996<br />E. Giddey, Histoire g&eacute;n&eacute;rale du XIVe au XVIIIe si&egrave;cle, 1957<br />Dan Brown, Da Vinci Code, 2003<br />Maurice Wilmotte, Critique litt&eacute;raire, 1921<br />Alain Jouffroy, Manifeste de la po&eacute;sie v&eacute;cue, 1994<br />Winston Churchill, R&eacute;flexions et aventures, 1932<br />Georges Pompidou, Anthologie de la po&eacute;sie fran&ccedil;aise, 1961<br />Bescherelle, La Conjugaison, 2004<br />Yasmina Khadra, Ce que le jour doit &agrave; la nuit, 2008<br />Collectif, Guide culturel de la Suisse, 1982<br />Jim Harrisson, Legends of the fall, 1979<br /></em><em>Collectif, De l&rsquo;ours &agrave; la cocarde, 1999<br />Robert Brasillach, Comme le temps passe, 1937<br />Eric Massery, Une si belle ignorance, 2009<br />Emanuelle delle Piane, Pi&egrave;ces, 2010<br />Michel Verg&egrave;res, Le Pisteur, L&rsquo;escroc finit en hiver, 2004<br />Eschyle, Agamemnon, 2001<br />Sarcey, le Si&egrave;ge de Paris, 1967<br />Brasillach, Notre avant guerre, 1941<br />Stanley, Soumission &agrave; l&rsquo;autorit&eacute;, 1994<br />Georges Cl&eacute;menceau, Grandeurs et mis&egrave;res d&rsquo;une victoire, 1973<br />J.-L. Clade et P. Perrin, Au Coeur de la Vall&eacute;e de la Loue, 2010<br />G&eacute;rard Genette, Figures I, 1965<br />Michel Butor, La Modification, 1994<br />Marielle Pinsard, Les pauvres sont tous les m&ecirc;mes et autres po&egrave;mes, 2009<br />Marcel Schneider, La Litt&eacute;rature fantastique en France, 2007<br />G&eacute;rard Genette, Figures II, 1969<br />Arnaldur Indridason, Hiver arctique, 2009<br />L&eacute;on Daudet, La vie orageuse de Cl&eacute;menceau, 1938<br />Andr&eacute; Bellessort, Sainte-Beuve et le XIXe si&egrave;cle, 1954<br />Kwong Kuen Shan, le Chat philosophe, 2008<br />Claude Bron, Orthographe, 1990<br />Georges Pillement, La Po&eacute;sie &eacute;rotique, 1970<br />Charles-Ferdinand Ramuz, Journal, 1943<br />Christine Barras, La sagesse des Romands, 2009<br />L&eacute;o Spitzer, Etudes de style, 1970<br />Georges Poulet, La Conscience critique. 1986<br />Collectif, Anniversaire du Gymnase cantonal de la Cit&eacute;, 1987<br />Collectif (Corinne Desarzens), R&eacute;cits sur assiette, Textes in&eacute;dits d&rsquo;auteurs romands sur la cuisine. 2009<br />Collectif (Pierre-Yves Lador) Plumes bigarr&eacute;es, In&eacute;dits suisses, romands sur le livre, 2009<br />Sylvie Durrer, Le dialogue dans le roman, 1999<br />Marcel Cohen, Histoire d&rsquo;une langue le fran&ccedil;ais, 1950<br />Collectif, Gymnase de la Cit&eacute;, Annales 1995-1997 <br /><br /></em>PS<br />J&rsquo;ai tir&eacute; au hasard cinq livres parmi les soixante-cinq dont l&rsquo;inconnu s&rsquo;est d&eacute;barrass&eacute;, en me jurant de les garder et de les lire. A moins que je ne change d&rsquo;avis et que je ne suive son intemporel exemple.<em><br /></em><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="color:#333333;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les grandes distances&#xa;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2010-12-30T00:06:38+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d6d9e845bbaa15c151d2967c5c51ce0e-1159.html#unique-entry-id-1159</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d6d9e845bbaa15c151d2967c5c51ce0e-1159.html#unique-entry-id-1159</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/112.4.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Il y a les grandes distances<br />la mayonnaise <br />il y a les bichons maltais<br />le silence d&rsquo;apr&egrave;s l&rsquo;abattage<br />la pluie sur les toits d&rsquo;ardoises<br />il y a les r&eacute;dactions de Fritz Kocher<br />le principe du tiers exclu<br />la sonnerie de fin des cours<br />il y a la volont&eacute; du lierre<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="color:#333333;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 26 d&#xe9;cembre 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-12-29T09:45:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/5b167444661356ea18b4e2502ea9e2d5-1157.html#unique-entry-id-1157</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/5b167444661356ea18b4e2502ea9e2d5-1157.html#unique-entry-id-1157</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/112.3.png" width="50" height="50"/> <br /><br /><em>Ses yeux, que je me repr&eacute;sente immenses et brillants, n&rsquo;auront rien vu du grand monde qu&rsquo;il d&eacute;sirait tant d&eacute;couvrir. Ils auront eu au moins le don de rester grands ouverts dans le petit qui &eacute;tait le sien... <br /></em><span style="font-size:9px; "><em>Robert Walser &agrave; propos de Fritz Kocher</em></span><span style="font-size:9px; "><br /></span><br /><br />Ce n&rsquo;est pas le vent qui m&rsquo;a pouss&eacute; au-del&agrave; du domaine de la Solitude entre Montmeillan et les Galites, ni aucun des forfaits qui meublent nos vies et les talonnent d&egrave;s l&rsquo;aube, c&rsquo;est l&rsquo;autre, un autre, le brigand d&eacute;guis&eacute; en bourgeois chapeaut&eacute;. Il n&rsquo;en voulait plus et n&rsquo;y tenait pas plus que cela, allait de l&rsquo;avant. Il avait crois&eacute; apr&egrave;s midi des promeneurs du dimanche, s&rsquo;en &eacute;tait d&eacute;tourn&eacute; sous cape, glissant par-dessus le talus dans un pr&eacute; o&ugrave; la neige s&rsquo;ammonc&egrave;le intacte, lourde. Il n&rsquo;avait pas craint de troubler sa blancheur in&eacute;dite. Je l&rsquo;ai vu s&rsquo;arr&ecirc;ter l&agrave; o&ugrave; la neige est moins profonde, o&ugrave; percent des touffes d&rsquo;engrais vert, mais les traces sont effac&eacute;es et lui, dos tourn&eacute;, est bien loin dans le d&eacute;sert. J&rsquo;ai cru comprendre un peu ce brigand et le pays qu&rsquo;il habitait. J&rsquo;ai &eacute;cout&eacute; <em>le double silence du lac acoustique.</em><br />Il ne se passe rien, il y a trop de choses &ndash; est-ce ironie pour me prot&eacute;ger et aller de l&rsquo;avant, tortur&eacute; par la lourdeur du dedans?  Entre l&rsquo;aube et le territoire d&rsquo;apr&egrave;s, il n&rsquo;y a dans la neige que d&eacute;tours, h&eacute;sitations et pas de danse, des ans qui passent pour faire bonne figure, traces de b&ecirc;tes dont on ne veut rien savoir, passants  sans visage. On a abattu de vieux arbres hier et le silence s&rsquo;est r&eacute;veill&eacute; lorsque je me suis arr&ecirc;t&eacute;. Nos vies sont d&rsquo;un seul tenant, un jour et une nuit, on titube aux alentours, l&agrave; o&ugrave; l&rsquo;on fut un instant au repos. Parti t&ocirc;t avec les autres, un moment avec eux avant d&rsquo;aller o&ugrave; personne ne va, que la neige tombe une fois encore et ce sera fini. Les chiens aboient devant la Grange aux Roud, j&rsquo;entre dans le bois comme un voleur. Tant de choses font de m&ecirc;me, refusent l&rsquo;affiliation, se croisent, laissent des traces t&ocirc;t effac&eacute;es, ne bronchent pas, ne se plaignent pas, la neige fait le reste. Joye a abandonn&eacute; sa caravane dans le bois de Ban<br />Je ne suis qu&rsquo;un locataire d&rsquo;un meubl&eacute; dans un d&eacute;cor immobile que seule la nuit surprend, &eacute;gar&eacute; cet apr&egrave;s-midi dans le bois sec, pas de bruit, un d&eacute;dale d&rsquo;avenues, de sentes et de feux de broussailles o&ugrave; la b&ecirc;te garde les siens au chaud. Comment pourrait-on partager le d&eacute;sert? Comment chevaucher les nuages qui filent vers le sud. Faut-il s&rsquo;&eacute;loigner pour n&rsquo;&ecirc;tre plus seul? Derri&egrave;re moi les traces s&rsquo;effacent, il n&rsquo;y a pas de nuit prochaine, c&rsquo;est toujours la m&ecirc;me, une nuit un jour, et entre elles la neige.<br />Attester du r&eacute;el qui passe derri&egrave;re les vitres de nos fen&ecirc;tres, on est l&agrave;, l&rsquo;autre aussi, plus aimable et correct lorqu&rsquo;on ne le d&eacute;range pas. Quelle histoire tirer de cette petite promenade, quel fil tirer sans d&eacute;ranger la belle ordonnance, pour que rien ne soit chang&eacute; avec la retenue qui sied ? Ecrire ce qui ne s&rsquo;&eacute;crit pas, mais qui m&eacute;rite d&rsquo;&ecirc;tre poursuivi avec les &eacute;gards qui lui sont dus, effacer les traces qui y conduisent comme la neige sur la neige, les lettres sur la page. <br />Qu&rsquo;on ne surestime pas cet autre qui est en nous, qui marche et qui s&rsquo;&eacute;loigne. On &eacute;crit beaucoup trop, un bon pas suffit parfois, un acte en engendre un autre, et on se d&eacute;barrasse de tout ce qui n&rsquo;est pas soi, on se d&eacute;fait pour n&rsquo;&ecirc;tre plus rien, sinon un souvenir, une pens&eacute;e qui passerait par l&agrave; ou dans la t&ecirc;te d&rsquo;un hypoth&eacute;tique lecteur. A force de distraction on parvient &agrave; s&rsquo;&eacute;loigner de son but, avec au fond du coeur une belle r&eacute;serve d&rsquo;&eacute;tonnement, c&rsquo;est que les choses s&rsquo;en vont, et nous avec. Se coucher dans la neige, par un saut effacer les traces et les tourments. Pas avant d&rsquo;avoir appris &agrave; marcher et &agrave; lire, personne pour nous aider. <br />Aucun souvenir de ce que Robert Walser a vu au-del&agrave; du p&acirc;turage qu&rsquo;on appelait <em>Am Ende der Welt</em>, mais le souvenir d&rsquo;une image, persistante, celle d&rsquo;un homme dans le soleil, le dos tourn&eacute; &agrave; tout, brassant la neige, un chapeau sur la t&ecirc;te pour qu&rsquo;on ne le poursuive pas. Les flocons tombent derri&egrave;re lui et recouvrent les traces qui auraient pu nous faire croire que le chemin est facile et qu&rsquo;il suffit de prendre la bonne direction, alors qu&rsquo;il nous faudra recommencer, marcher et puis &eacute;crire, qu&rsquo;il nous faudra recommencer sans rien regarder, ni l&rsquo;arbre &agrave; la lisi&egrave;re du bois ni le nuage qui feint de nous montrer la direction.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0453" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0453.jpg" width="480" height="360"/><br /><br /><em>J&rsquo;ai march&eacute; et je marche encore, mais pas d&rsquo;allure &eacute;gale. <br />Tant&ocirc;t j&rsquo;allais d&rsquo;un coeur serein, <br />Tant&ocirc;t - m&ecirc;me le ciel conna&icirc;t cela - <br />Je perdais toute envie soudain. <br />Dans un long jour empli de peine.<br /></em><span style="font-size:9px; "><em>Robert Walser</em></span><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="color:#333333;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Vanit&#xe9;s de la soldatesque</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-12-28T09:46:50+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/6880aa4c7de917542cebf32ad8adc2ea-1156.html#unique-entry-id-1156</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/6880aa4c7de917542cebf32ad8adc2ea-1156.html#unique-entry-id-1156</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/112.2.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Il en va des incorporations comme de la gr&acirc;ce, arm&eacute;es de rang ou cohortes d&rsquo;anges c&rsquo;est tout un. D&egrave;s l&rsquo;aube les conscrits enfilaient leur tunique aux reflets turquoise en jurant qu&rsquo;on ne les y reprendrait plus, serraient en vain la poudre d&rsquo;escampette qui tra&icirc;nait au fond de leurs poches. L&rsquo;appellation de leurs missions vives et sommaires restait sous les verrous, bel exemple qui tranche avec les anciennes mani&egrave;res. Et tandis qu&rsquo;ils attendaient que se pr&eacute;sente un coup d&rsquo;&eacute;tat ou une succession de coups fourr&eacute;s, ou un d&eacute;funt laiss&eacute; en carafe, les froides et difficiles conditions qui agitaient le monde d&rsquo;en-dessous obligeaient les conscrits &agrave; ne plus distinguer sarments et serments qu&rsquo;ils jetaient au feu. <br />Les plus habiles, bien s&ucirc;r, demeuraient &agrave; l&rsquo;abri, dans le voisinage de l&rsquo;honorable, derri&egrave;re le r&eacute;seau dense d&rsquo;une famille de questions et le labyrinthe de leur filiation. Et on sauva ainsi, c&rsquo;est vrai, quelques hommes et les traditions administratives de la philosophie naturelle, mais en r&eacute;alit&eacute; le proc&eacute;d&eacute; &eacute;tait sans effet, on ne stoppa pas l&rsquo;alternance de la vie &agrave; de la mort vers laquelle les insulaires allaient au pas de s&eacute;nateur. Les petits tas d&rsquo;&eacute;nergie primitive qu&rsquo;ils apercevaient sur le chemin les obligeaient &agrave; baisser les paupi&egrave;res et on pouvait lire alors le dessin des regrets que les larmes n&rsquo;effaceraient pas.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="color:#333333;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Inscrites au Registre de la M&#xe9;moire du monde </title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les disparus</category><category>Choses vues</category><dc:date>2010-12-24T08:47:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/291d7a6024e453f06818cd480b6dfb08-1146.html#unique-entry-id-1146</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/291d7a6024e453f06818cd480b6dfb08-1146.html#unique-entry-id-1146</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/111.5-2.jpg" width="50" height="50"/><br /><br /><em>L&rsquo;Agence internationale des prisonniers de guerre cr&eacute;&eacute;e &agrave; Gen&egrave;ve en 1914 a eu pour t&acirc;che de r&eacute;tablir les liens familiaux entre personnes que la guerre avait s&eacute;par&eacute;es. L&rsquo;Agence a &eacute;tabli le fichier des disparus ordonn&eacute; par r&eacute;giment et par compagnie. Elle a r&eacute;dig&eacute; six millions de fiches permettant de suivre le sort de deux millions de prisonniers.<br />Les indications au dos de certaines des 5119 bo&icirc;tes de fiches expos&eacute;es au sous-sol du CICR &agrave; Gen&egrave;ve et inscrites au Registre de la M&eacute;moire du monde de l&rsquo;UNESCO ont disparu.<br /><br /></em><img class="imageStyle" alt="IMG_3198" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3198.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3199" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3199.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3253" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3253.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3201" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3201.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3205" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3205.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3211" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3211.jpg" width="75" height="75"/><br /><img class="imageStyle" alt="IMG_3206" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3206.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3207" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3207.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3208" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3208.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3210" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3210.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3214" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3214.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3215" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3215.jpg" width="75" height="75"/><br /><img class="imageStyle" alt="IMG_3212" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3212.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3255" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3255.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3213" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3213.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3218" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3218.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3219" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3219.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/image-2.png" width="75" height="75"/><br /><img class="imageStyle" alt="IMG_3225" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3225.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3217" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3217.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3222" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3222.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3223" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3223.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3224" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3224.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3225" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3225-2.jpg" width="75" height="75"/> <br /><img class="imageStyle" alt="IMG_3221" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3221.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3227" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3227.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3228" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3228.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3229" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3229.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3230" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3230.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3231" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3231.jpg" width="75" height="75"/> <br /><img class="imageStyle" alt="IMG_3232" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3232.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3233" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3233.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3234" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3234.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3235" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3235.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3254" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3254.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3243" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3243.jpg" width="75" height="75"/> <br /><img class="imageStyle" alt="IMG_3236" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3236.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3238" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3238.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3241" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3241.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3242" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3242.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3202" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3202.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3209" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3209.jpg" width="75" height="75"/> <br /><img class="imageStyle" alt="IMG_3237" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3237.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3250" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3250.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3252" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3252.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/ffassfd.png" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_3220" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3220.jpg" width="75" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/image-3-2.png" width="75" height="75"/><br /><br /><em><br /></em><img class="imageStyle" alt="IMG_3251" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3251.jpg" width="470" height="470"/><br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="color:#333333;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les pois mange-tout</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2010-12-23T08:46:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/add38615ffc6ac02b20247e09991efb0-1145.html#unique-entry-id-1145</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/add38615ffc6ac02b20247e09991efb0-1145.html#unique-entry-id-1145</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="IMG_3202" src="http://www.lesmarges.net/files/111.4.jpg" width="50" height="50"/> <br /><br />Il y a les pois mange-tout<br />l&rsquo;invention de la trigonom&eacute;trie<br />le d&eacute;gel<br />les traces du renard autour du poulailler  <br />la vis d&rsquo;Archim&egrave;de<br />les pulls en cachemire<br />la voix de Val&egrave;re Novarina<br />il y a les gares de province la nuit<br />il y a les lois de l&rsquo;hospitalit&eacute;<br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="color:#333333;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 19 d&#xe9;cembre 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-12-22T07:47:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7ca8ce0fe8807337ddb1b22a6c572cfd-1144.html#unique-entry-id-1144</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7ca8ce0fe8807337ddb1b22a6c572cfd-1144.html#unique-entry-id-1144</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="IMG_3223" src="http://www.lesmarges.net/files/111.3.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />Tir&eacute; en arri&egrave;re par le poids et la lenteur de ce qu&rsquo;on emm&egrave;ne malgr&eacute; soi, il avance cahin-caha, brasse la neige haute et lourde qui tapisse le pr&eacute; derri&egrave;re le Chauderonnet, avant de d&eacute;poser le trop-plein &agrave; la lisi&egrave;re du bois et trouver l&agrave; un milieu qui ne l&rsquo;oblige &agrave; rien, sinon &agrave; suivre la cadence, oscillant entre des morceaux de langue qui s&rsquo;&eacute;chappent et, enhardi par les empreintes laiss&eacute;es par d&rsquo;autres solitudes, le chemin qu&rsquo;il trace. Il d&eacute;cale la gravit&eacute; vers l&rsquo;avant, m&ecirc;me allure, quelque chose comme une phrase creuse dans la neige un sillon qui se perd au bout du chemin, le souvenir de quelque chose plut&ocirc;t que rien. Seul, bien seul, mais avec l&rsquo;autre qu&rsquo;il h&eacute;berge, ne serait-ce que pour t&eacute;moigner un instant de son existence, marcher pour qu&rsquo;ils ne fassent qu&rsquo;un &agrave; deux pas de l&rsquo;&eacute;tang, les mains crois&eacute;es sur les genoux ou partout ailleurs. <br />J&rsquo;entends soudain un bruit de pas qui froissent la neige, ce ne sont pas les miens, viennent de l&rsquo;int&eacute;rieur et les cloches qui se pr&ecirc;tent au jeu. Un pan de lumi&egrave;re &eacute;claire tout ensemble, la grande peur qu&rsquo;il faut surmonter, la trag&eacute;die sans laquelle notre &acirc;me prise en otage par les ambitions ne se faufilerait pas jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;universel avec ses pattes d&rsquo;oie et ses habits de semaine. Les dieux veillent dans les fourr&eacute;s.<br />Mais qui se doute de ce que que l&rsquo;on est et qui s&rsquo;en pr&eacute;occupe ? Je ne suis qu&rsquo;une simple co&iuml;ncidence au milieu du jour, avec pour seule assurance les mailles du pass&eacute; et la promesse de la solitude sans laquelle l&rsquo;autre ne serait qu&rsquo;un leurre. Un peu &agrave; c&ocirc;t&eacute; pour me mettre enfin au pas, c&rsquo;est-&agrave;-dire marcher et renouveler l&rsquo;alliance du lierre et du fr&ecirc;ne, avec les cloches qui vont et viennent. Je l&egrave;ve les yeux vers le ciel sans dessus ni dessous, avec un ruisseau en contrebas, un pont et le devisement du monde, le soleil pour faire bonne figure, et tout autour la grandeur, une grandeur qui nous contient, la neige, le ciel et le meilleur. <br />Il a d&eacute;pos&eacute; les preuves passag&egrave;res de son existence sur le chemin des Censi&egrave;res avant de tourner une page, on ne revient pas sur ses pas. Il a crois&eacute; des voix, celle de Ramuz, celles de Starobinski et de Mettra, un peu de nostalgie pourquoi ne pas le dire, nostalgie du simple, du rugueux, du bienveillant. Nostalgie du simple et de l&rsquo;encore plus simple, jusqu&rsquo;&agrave; ce rien d&rsquo;o&ugrave; il conviendra de tirer un jour, peu importe, quelque chose ou bien rien.<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Membra disjuncta</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-12-21T08:40:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2bb01ae71200c7ee16d446efc2b31f49-1143.html#unique-entry-id-1143</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2bb01ae71200c7ee16d446efc2b31f49-1143.html#unique-entry-id-1143</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="IMG_3205" src="http://www.lesmarges.net/files/111.2.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />C&rsquo;est en gorillant un aveugle essartant l&rsquo;ombre pour gagner un peu de lumi&egrave;re que le po&egrave;te, bras tendus vers le ciel, devint la proie de la vermine cach&eacute;e dans les plis de ses pens&eacute;es. On se gaussa de sa maigreur et de ses &eacute;paules nues et on l&rsquo;abreuva de vin mauvais. Il &eacute;crivit alors ce vaudeville en vers, dont il ne reste que quelques &eacute;l&eacute;ments dispers&eacute;s, rimes mi&egrave;vres et rimes viles embrass&eacute;es, que l&rsquo;aveugle transcrivit en braille &agrave; m&ecirc;me les murs de soutainement de la ville du premier royaume.<br />Il y &eacute;tait question du commerce de la mis&egrave;re, du luxe et de la brouille, du quiproquo sans fin qui anima leurs relations, de leurs possessions, de leurs ambitions. Il y &eacute;tait question aussi d&rsquo;un bois &agrave; l&rsquo;or&eacute;e duquel des chiens sauvages surveillaient une vis d&rsquo;Archim&egrave;de au pied de laquelle poussaient des populages. Les pr&eacute;pos&eacute;s b&eacute;n&eacute;ficiaient de quelques avantages mais ne faisaient pas dans la gaudriole, peu de diversit&eacute; &agrave; la sortie et sans portance ma foi, les petites perceptions rejoignaient de quart de tour en quart de tour l&rsquo;ex&eacute;cr&eacute;, puis les eaux us&eacute;es. Le reste je l&rsquo;ai oubli&eacute;.<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>A.1</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><dc:date>2010-12-20T08:40:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/883667c6c88a2da823d3be799916b545-1142.html#unique-entry-id-1142</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/883667c6c88a2da823d3be799916b545-1142.html#unique-entry-id-1142</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="IMG_3253" src="http://www.lesmarges.net/files/111.1.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />Tout me semble hors d&rsquo;atteinte dans ce domaine, et pourtant un petit calcul suffit ce matin pour mettre &agrave; la port&eacute;e de mes mains l&rsquo;inconcevable dur&eacute;e qui maintient &agrave; distance la question des origines, ainsi la formation de la Terre il y a 6 millards d&rsquo;ann&eacute;es. <br /><em>Si, sur une ligne droite, un millim&egrave;tre &eacute;quivaut &agrave; une ann&eacute;e, un centim&egrave;tre &agrave; 10 ans, un m&egrave;tre repr&eacute;sente mille ans. Et ainsi de suite... Un kilom&egrave;tre, un million d&rsquo;ann&eacute;es. Un milliard d&rsquo;ann&eacute;es, c&rsquo;est mille kilom&egrave;tres, soit la distance de Lausanne &agrave; Berlin</em>. <br />Le calcul est simple, le raisonnement implacable et j&rsquo;y vois de plus en plus clair. L&rsquo;origine se rapproche, pensez donc, trois allers et retours Lausanne-Berlin en wagon-couchette et me voici d&eacute;j&agrave; dans les parages du big bang, pas si loin que &ccedil;a somme tout. Mais, me retournant, j&rsquo;aper&ccedil;ois soudain la fin du monde qui fond sur moi la gueule grand ouverte. Je tente de retrouver un semblant de r&eacute;confort en gardant &agrave; l&rsquo;esprit le fait que la prochaine glaciation n&rsquo;aura pas lieu avant plusieurs milliers d&rsquo;ann&eacute;es. Comptons large, disons cent mille ans... soit la distance de l&rsquo;Auberge communale au banc devant l&rsquo;&eacute;glise... <br />J&rsquo;ai pris ce matin la ferme r&eacute;solution d&rsquo;user de tous mes pouvoirs pour pr&eacute;server mes enfants de l&rsquo;insoutenable v&eacute;rit&eacute; des origines et des fins en les maintenant forcloses dans les chiffres de fer des nombres.<br /> <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">avec le concours d&rsquo;Histoire  g&eacute;n&eacute;rale | LEP<br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Les disparus : &#xe9;t&#xe9; 2008 - d&#xe9;cembre 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les disparus</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-12-17T08:07:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d07fa0cc39526ad359fe14f718522a2c-1141.html#unique-entry-id-1141</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d07fa0cc39526ad359fe14f718522a2c-1141.html#unique-entry-id-1141</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="IMG_2990_2" src="http://www.lesmarges.net/files/110.4.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Ecris pour ne pas seulement d&eacute;truire, pour ne pas seulement conserver, pour ne pas transmettre, &eacute;cris sous l&rsquo;attrait de l&rsquo;impossible r&eacute;el, cette part de d&eacute;sastre o&ugrave; sombre, sauve et intacte, toute r&eacute;alit&eacute; (M.B.)<br /></em><em><br /></em><br /><img class="imageStyle" alt="IMG_7062" src="http://www.lesmarges.net/files/img_7062.jpg" width="413" height="310"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0069" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0069.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0201" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0201.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0278" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0278.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0280" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0280.jpg" width="100" height="75"/> <br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0283" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0283.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0676" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0676.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0721" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0721.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0727" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0727.jpg" width="100" height="75"/> <br /><img class="imageStyle" alt="DSCN0776" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0776.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0796" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0796.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN0797" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn0797.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN1437" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1437.jpg" width="100" height="75"/> <br /><img class="imageStyle" alt="DSCN2962" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn2962.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN3333" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn3333.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN4228" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn4228.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN4369" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn4369-2.jpg" width="100" height="75"/><br /><img class="imageStyle" alt="DSCN5415" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn5415.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN5475" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn5475.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN5813" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn5813.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN6385" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn6385.jpg" width="100" height="76"/> <br /><img class="imageStyle" alt="DSCN6461" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn6461.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN6464" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn6464.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN6468" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn6468.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN6469" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn6469.jpg" width="100" height="75"/> <br /><img class="imageStyle" alt="DSCN6542" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn6542.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN6543" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn6543.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN6544" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn6544.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN6546" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn6546.jpg" width="100" height="75"/> <br /><img class="imageStyle" alt="DSCN6588" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn6588.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN6596" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn6596.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN7917" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn7917.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN8038" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn8038.jpg" width="100" height="75"/> <br /><img class="imageStyle" alt="DSCN8115" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn8115.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN8117" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn8117.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN8263" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn8263.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN8863" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn8863.jpg" width="100" height="75"/> <br /><img class="imageStyle" alt="DSCN9902" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn9902.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN9903" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn9903.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="DSCN9904" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn9904.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_0490" src="http://www.lesmarges.net/files/img_0490.jpg" width="100" height="75"/> <br /><img class="imageStyle" alt="IMG_0533" src="http://www.lesmarges.net/files/img_0533.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_1024" src="http://www.lesmarges.net/files/img_1024.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_1518" src="http://www.lesmarges.net/files/img_1518.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_1599" src="http://www.lesmarges.net/files/img_1599.jpg" width="100" height="75"/> <br /><img class="imageStyle" alt="IMG_1601" src="http://www.lesmarges.net/files/img_1601.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_1608" src="http://www.lesmarges.net/files/img_1608.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_1610" src="http://www.lesmarges.net/files/img_1610.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_1863" src="http://www.lesmarges.net/files/img_1863.jpg" width="100" height="75"/> <br /><img class="imageStyle" alt="IMG_1900" src="http://www.lesmarges.net/files/img_1900.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_2520" src="http://www.lesmarges.net/files/img_2520.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_2903" src="http://www.lesmarges.net/files/img_2903.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_7062" src="http://www.lesmarges.net/files/img_7062-2.jpg" width="100" height="75"/> <br /><img class="imageStyle" alt="IMG_7063" src="http://www.lesmarges.net/files/img_7063.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_7288_2" src="http://www.lesmarges.net/files/img_7288_2.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_7613" src="http://www.lesmarges.net/files/img_7613.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_7631" src="http://www.lesmarges.net/files/img_7631.jpg" width="100" height="75"/> <br /><img class="imageStyle" alt="IMG_7648" src="http://www.lesmarges.net/files/img_7648.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_7672" src="http://www.lesmarges.net/files/img_7672.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_8565" src="http://www.lesmarges.net/files/img_8565.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_8571" src="http://www.lesmarges.net/files/img_8571.jpg" width="100" height="75"/> <br /><img class="imageStyle" alt="IMG_8665" src="http://www.lesmarges.net/files/img_8665.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_8736" src="http://www.lesmarges.net/files/img_8736.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_8836" src="http://www.lesmarges.net/files/img_8836.jpg" width="100" height="75"/> <img class="imageStyle" alt="IMG_8838" src="http://www.lesmarges.net/files/img_8838.jpg" width="100" height="75"/><br /><img class="imageStyle" alt="IMG_2990" src="http://www.lesmarges.net/files/sentinelles64.jpg" width="413" height="310"/><br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/image-4-2.jpg" width="413" height="226"/><br /><br /><a href="http://www.lesmarges.net/files/2013265ed89c9c3fbbf1aba50039a307-1139.html" rel="self"><img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/petitesfleche.png" width="18" height="12"/></a> <em>Les disparus 1  </em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les cong&#xe9;s pay&#xe9;s</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2010-12-15T07:09:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a1b26fa5af1de7c5acdd12523ef063be-1140.html#unique-entry-id-1140</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a1b26fa5af1de7c5acdd12523ef063be-1140.html#unique-entry-id-1140</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/110.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les cong&eacute;s pay&eacute;s<br />la premi&egrave;re page de l&rsquo;Arri&egrave;re-Pays<br />les amphibologies<br />les oeufs &agrave; la coque<br />les &eacute;chelles oubli&eacute;es l&rsquo;hiver dans les vergers<br />la bataille de Castelfidardo<br />la porte ouverte des &eacute;glises quand il fait du cagnard<br />les essaims d&rsquo;abeilles<br />le m&egrave;tre-&eacute;talon<br />il y a la r&eacute;glisse<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="color:#333333;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 12 d&#xe9;cembre 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Les disparus</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-12-16T08:26:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2013265ed89c9c3fbbf1aba50039a307-1139.html#unique-entry-id-1139</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2013265ed89c9c3fbbf1aba50039a307-1139.html#unique-entry-id-1139</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/110.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Ils r&eacute;gnaient sans ostentation dans l&rsquo;embrasure de la fen&ecirc;tre, en haut un peu &agrave; droite. Leur cou maigre et leur tronc d&eacute;garni attestaient leur origine modeste, le temps qui passe, les r&eacute;sistances qu&rsquo;il faut opposer &agrave; ce qui advient pour aller de l&rsquo;avant. Ils allaient sur l&rsquo;&acirc;ge, trois devant li&eacute;s par le silence des grandes d&eacute;cisions suivis avec une confiance aveugle par un grupetto souvent d&eacute;sob&eacute;issant. Ce sont les premiers qui montraient la direction, libres au-dessus de la m&ecirc;l&eacute;e, la t&ecirc;te dans le ciel, d&rsquo;eux que s&rsquo;&eacute;coulait la lumi&egrave;re jusque dans la biblioth&egrave;que. Leur grandeur, leur raideur parfois, leur dignit&eacute; s&rsquo;offraient sans secret. Mais il &eacute;tait difficile de les imaginer les uns sans les autres. <br /><br />Comme s&rsquo;ils avaient pris le parti de la s&eacute;dentarir&eacute; la veille seulement, par une d&eacute;cision libre. Mais pour un temps seulement, pr&ecirc;ts &agrave; reprendre une aventure &agrave; laquelle ils n&rsquo;avaient pas renonc&eacute;. C&rsquo;&eacute;tait &eacute;trange de les retrouver chaque matin &agrave; leur place, parce qu&rsquo;ils semblaient la veille sur le point de vouloir continuer leur route. Je les dissuadais et le vent les faisait vaciller. Qui donc les aurait accueillis? Ils sont rest&eacute;s l&agrave;-haut, &eacute;quilibrant les jours et l&rsquo;embrasure de ma fen&ecirc;tre, donnant aux vieux arbres rabougris du verger un air enfantin, s&rsquo;effa&ccedil;aient au printemps devant l&rsquo;exub&eacute;rance miell&eacute;e du tilleul. En octobre et novembre consid&eacute;raient avec bienveillance le chant du cygne des feuillus sur les bords du Riau, leur pr&eacute;carit&eacute;. Ils gardaient la hauteur, la distinction des sauvages, se r&eacute;jouissaient en silence de tout, mais est-il bien prudent de dire tout cela ainsi?<br /><br />Ils avaient d&ucirc; comme les autres se lever hors la terre maigre, &eacute;carter les bras pour r&eacute;gner discr&egrave;tement sur ce quartier des bois. Je les imaginais pourtant &eacute;chapp&eacute;s d&rsquo;une prison bien loin &agrave; l&rsquo;ouest, rip&eacute;s-l&agrave; au terme d&rsquo;une longue &eacute;pop&eacute;e et se retournant parfois sur leur histoire. Ils &eacute;taient mont&eacute;s de la plaine &agrave; la queue leu leu, surgissant un beau matin du creux de l&rsquo;un des nombreux vallons dont se r&eacute;jouit le Jorat, surpris par la majest&eacute; des lieux, satisfaits de la discr&eacute;tion de l&rsquo;accueil. Je me suis racont&eacute; tant d&rsquo;histoires, tout est fini, les b&ucirc;cherons ont tron&ccedil;onn&eacute; la petite tribu. <em>&Ccedil;a tient de si peu, tout dispara&icirc;tre, </em>n&rsquo;est-ce pas?<em><br /></em><br />Une fois ce matin, une autre cet apr&egrave;s-midi je suis mont&eacute; &agrave; la Mussilly voir o&ugrave; ils se dressaient. Je n&rsquo;avais jamais &eacute;prouv&eacute; le d&eacute;sir d&rsquo;en savoir plus, la terre o&ugrave; ils avaient jet&eacute; l&rsquo;ancre, jamais je n&rsquo;avais fait le lien entre cette pr&eacute;sence du dedans l&rsquo;embrasure de la fen&ecirc;tre et cette existence du dehors, juste derri&egrave;re les ruches qui flamboient &agrave; la belle saison au bout du grand pr&eacute;. Je ne d&eacute;couvre que ruines et coeurs vermoulus, vivants et fumants encore, ils n&rsquo;avaient jamais fait voir la fatigue et l&rsquo;usure qui les taraudaient, courageux et dignes comme les chats qui vont mourir dans le sous-bois. Ce ne sont que des histoires, l&rsquo;horizon s&rsquo;est aplani, le dessin a d&eacute;sert&eacute; le paysage. Sans eux rien n&rsquo;aurait &eacute;t&eacute; comme avant. Je crains que les vieux arbres du verger ne se prennent trop au s&eacute;rieux. A quoi d&eacute;sormais s&rsquo;accrocher?<br /><br /><em>Les disparus 2 </em><a href="http://www.lesmarges.net/files/d07fa0cc39526ad359fe14f718522a2c-1141.html" rel="self"><img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/petitesfleche.png" width="18" height="12"/></a><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dos rond</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-12-14T07:44:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/205e1fe80e51197ee19a78913fa19289-1138.html#unique-entry-id-1138</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/205e1fe80e51197ee19a78913fa19289-1138.html#unique-entry-id-1138</guid><content:encoded><![CDATA[ <img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/110.12.png" width="50" height="50"/><br /><br />Tandis que les femmes sarclaient de maigres laitues et les ombres ch&eacute;tives de salsifis, les hommes versaient une larme sur les plantages autrefois fertiles des planches de la fin. A dix heures on m&acirc;chait une nourriture rudimentaire, noix maigres tremp&eacute;es dans un sirop d&rsquo;aubergine et on &eacute;changeait quelques vaines paroles pour faire taire les peines. Les sieurs les plus affam&eacute;s marchaient sur les mains pour quelques sous, collect&eacute;s et consacr&eacute;s aux efforts de guerre et &agrave; la restauration des cultes. Une telle exigence paritaire comblait la conscience indolente des insulaires. Ruin&eacute;es les petites &eacute;choppes du centre-ville n&eacute;es du commerce de la pauvret&eacute;, seuls les porteurs d&rsquo;eau capitalisaient certains avantages en &eacute;changeant huiles essentielles et tranches de foie rances contre g&eacute;n&eacute;rateurs d&rsquo;autorit&eacute; et secrets d&rsquo;embryons. On perdit de vue l&rsquo;endroit et on se consacra tout entier &agrave; l&rsquo;envers.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Proph&#xe9;tie</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-12-13T07:44:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/704eb605992b9774ca12aca0910efe19-1137.html#unique-entry-id-1137</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/704eb605992b9774ca12aca0910efe19-1137.html#unique-entry-id-1137</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/110.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Et le nombre sacr&eacute; appara&icirc;tra en toute chose, en tout lieu et &agrave; tout instant. <br /><br />Et le nombre 807 nous d&eacute;barrassera de l'inconscient. <br /><br />Et le monde redeviendra comme au commencement.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">11 d&eacute;cembre 2010<br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Derniers jours de la bureaucratie</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2011-01-11T18:09:02+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/6ea58f22eda510df1a016fe4b4a2fe83-1130.html#unique-entry-id-1130</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/6ea58f22eda510df1a016fe4b4a2fe83-1130.html#unique-entry-id-1130</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/114.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />On d&eacute;cidait bien peu de choses au centre du b&acirc;timent de l&rsquo;administration et de la protection sociale, au rez des mensonges en enfilade, &agrave; l&rsquo;&eacute;tage un double processus en miroir et, ici et l&agrave;, quelques impay&eacute;s punais&eacute;s. On discutait certes encore des principales conditions d&rsquo;octroi des pensions, mais par habitude, parce que de l&rsquo;argent il n&rsquo;y en avait plus. Pour la r&eacute;partition des taxes dans l&rsquo;aile orientale du palais l&rsquo;affaire &eacute;tait vite r&eacute;gl&eacute;e. On exon&eacute;rait d&rsquo;embl&eacute;e les commensaux et ceux de leur lign&eacute;e qui avaient &eacute;t&eacute; de l&rsquo;&eacute;quipe fondatrice de la conf&eacute;d&eacute;ration des certitudes et, avec l&rsquo;accord tacite mais n&eacute;cessaire des absents auxquels on octroyait le droit de vie ou de mort sur le personnel &eacute;tranger qui avait pour fonction de couvrir le scandale, on prenait les devants en pressant le solde de se taire et de retourner chez lui.  <br />Les quartiers avaient d&eacute;j&agrave; organis&eacute; le r&eacute;seau des solidarit&eacute;s et quelques b&eacute;n&eacute;voles investis de la g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; sans laquelle quiconque perdrait la face propos&egrave;rent les premi&egrave;res formes de jeux de r&ocirc;les. Quant aux plus c&eacute;r&eacute;braux, ils tent&egrave;rent de donner une d&eacute;finition ad&eacute;quate du mot <em>blasph&egrave;me</em> apr&egrave;s avoir list&eacute; les expressions qui relevaient sans aucun doute de son domaine; personne ne go&ucirc;ta &agrave; l&rsquo;usufruit de cette passionnante recherche. On veilla encore quelques ann&eacute;es &agrave; l&rsquo;ex&eacute;cution des peines, puis on renon&ccedil;a; on h&eacute;sita bien une paire d&rsquo;ans &agrave; revenir &agrave; ces anciennes f&ecirc;tes du solstice d&rsquo;hiver, color&eacute;es et efficaces, au cours desquelles on se pr&ecirc;tait d&egrave;s l&rsquo;aube &agrave; l&rsquo;examen des visc&egrave;res d&rsquo;un bon &agrave; rien, foie d&rsquo;une &eacute;gar&eacute;e ou reins d&rsquo;un vieillard trouv&eacute; &agrave; la sortie d&rsquo;un d&eacute;bit de boisson, pour combler le vide et obtenir une paix &agrave; bon march&eacute;. Les choses all&egrave;rent de ce pas avant qu&rsquo;on ne touch&acirc;t le fond lorsqu&rsquo;on oublia que personne ne consultait plus les registres qui faisaient &eacute;tat des propri&eacute;t&eacute;s et du service de chacun. <br />Cette tournure des choses n&rsquo;est pas moins vraie que nulle part ailleurs, on ne le dit pas assez, mais ce n&rsquo;est que beaucoup plus tard qu&rsquo;on sut d&eacute;miner les chausse-trappes de la double n&eacute;gation et du parenth&eacute;sage en cascade.<br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="color:#333333;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>A.2</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il &#xe9;tait une fois l&#x27;homme</category><dc:date>2010-12-27T08:45:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/0ed4e7df537c04119c38d31ae2c6c35a-1128.html#unique-entry-id-1128</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/0ed4e7df537c04119c38d31ae2c6c35a-1128.html#unique-entry-id-1128</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/112.1.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Si l&rsquo;orang-outang vit aujourd&rsquo;hui en Asie et seulement en Asie, si le gorille et le chimpanz&eacute; se rencontrent en Afrique, et uniquement en Afrique, c&rsquo;est en Am&eacute;rique du Nord que vivaient les plus anciens primates dont l&rsquo;orang-outang, le gorille, le chimpanz&eacute; et l&rsquo;homme ne sont que les lointains descendants. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">avec le concours d&rsquo;Histoire  g&eacute;n&eacute;rale | LEP</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Mise &#xe0; ban</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><category>Vases communicants</category><dc:date>2010-12-10T07:29:03+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/46798a20304fa21334b05de29a3e524f-1127.html#unique-entry-id-1127</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/46798a20304fa21334b05de29a3e524f-1127.html#unique-entry-id-1127</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 11" src="http://www.lesmarges.net/files/109.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Cʼest une poign&eacute;e de ruines qui serrent les coudes &agrave; lʼ&eacute;cart de la grandʼ route o&ugrave; fr&eacute;missent des couronnes de chardons, les oiseaux l&acirc;ch&eacute;s dans la campagne ne sʼy attardent gu&egrave;re. Le gros des souvenirs a rejoint depuis longtemps le silence des albums, le temps avance au ralenti. Un inconnu traverse la cour, les yeux fix&eacute;s sur le m&eacute;lange de terre et de gravier dont son visage a gard&eacute; lʼempreinte. Pas de grandiloquence chez lʼhomme, ni regrets ni h&acirc;te, pas de pire non plus dans des lieux livr&eacute;s autrefois au travail, &agrave; la douleur, aux plaisirs. Mais qui donc sʼen souvient&nbsp;? La fin va son bonhomme de chemin. Lʼinconnu avance d&eacute;livr&eacute; de rien, ouvert &agrave; tout, loin de la providence et des bonnes mani&egrave;res. Il a renonc&eacute; aux vaines entreprises, la sueur ne goutte plus dans la poussi&egrave;re de la cour que le silence serre aujourdʼhui de toutes parts. Au milieu des ruines sʼest &eacute;tabli lʼabandon.<br />Il y a dans ce corps qui nous l&acirc;chera un jour, &agrave; lʼ&eacute;cart, un lieu o&ugrave; patientent les images de ce qui fut. Il y a dans la t&ecirc;te, dans le coeur, ailleurs peut-&ecirc;tre, des images vivantes que rien ne menace, indemnes comme les bris de verre. Elles sʼ&eacute;loignent sans jamais dispara&icirc;tre, rien nʼen sort ni ne sʼy ajoute, elles tremblent comme la chevelure des linaigrettes. Loin de la disgr&acirc;ce.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="P1290057-2-bc43f" src="http://www.lesmarges.net/files/p1290057-2-bc43f.jpg" width="480" height="360"/><br /><span style="font-size:9px; "><em>Photo / Michel Brosseau</em></span><br /><br />Barbel&eacute;s sectionn&eacute;s, fers tordus et bancs de rouille, les barreaux se font rideaux. Les t&ocirc;les battent de lʼaile, les portes d&eacute;fonc&eacute;es b&acirc;illent, le vent fait grincer le portail par lequel entre et sort le temps gagn&eacute; et le temps perdu. Les pillards ne sont quʼun vieux souvenir, personne ne songe plus &agrave; y entrer. Le portail ferm&eacute; par un triple collier de cha&icirc;nes sʼouvre majestueusement sur rien. Ni sursis ni restauration, une pente &agrave; peine, les fruits de lʼ&eacute;glantier, des herbes s&egrave;ches, quelques simples dans des pots de terre cuite sur le rebord des fen&ecirc;tres. Tout peut encore attendre.<br />Ce nʼest quʼune image &agrave; lʼarri&egrave;re de la t&ecirc;te, yeux mis-clos, ou ailleurs peut-&ecirc;tre, nourrie par le silence qui pousse depuis dessous et les itin&eacute;raires de la m&eacute;moire. Nul besoin de gouvernail ni dʼ&eacute;trier, lʼimage va de son pas &agrave; la mani&egrave;re des disparus dans un bouquet de friches. Ce nʼest quʼune image, lʼimage dʼun temple clos ouvert &agrave; tous vents que font vivre le lierre et la mauvaise herbe, une image pour &ocirc;ter les peurs, celles du labyrinthe et du temps qui passe. Lʼusure remue lʼinusable fin des choses, bris de fa&iuml;ence, fen&ecirc;tres borgnes, chemin&eacute;es et briques muettes. Les vieux cr&eacute;pis en attestent, les morts ne se r&eacute;veillent pas.<br />Lʼhomme est n&eacute; dans lʼabandon, y retourne all&eacute;g&eacute; lorsquʼil se d&eacute;barrasse de ce quʼil croyait &ecirc;tre ses biens, sʼy retrouve comme il y fut, sans peine et sans consolation, ici o&ugrave; les feuilles dansent, ou l&agrave; o&ugrave; lʼaccidentel improvise. Tout y est en lʼ&eacute;tat, un peu pass&eacute;, &eacute;clair&eacute; par les brillants dʼune n&eacute;gligence heureuse.<br />Jʼincline d&eacute;sormais vers lʼavenir de ce qui nʼen a pas, car tout finit pas arriver, la fin aussi, bien avant que la phrase ne se termine, sʼarrondisse avant quʼelle ne sʼ&eacute;loigne et que je mʼy abandonne.<br /><br /><em>Lʼoeuvre toujours d&eacute;j&agrave; en ruine, cʼest par la r&eacute;v&eacute;rence, par ce qui la prolonge, la maintient, la consacre (lʼidol&acirc;trie propre &agrave; un nom), quʼelle se fige ou sʼajoute aux bonnes oeuvres de la culture. (Maurice Blanchot)<br /></em><br />Publi&eacute; le<span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">3 d&eacute;cembre 2010</span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span>dans le cadre du<span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#003CF1;"><u><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts">projet de vases communicants</a></u></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;">&nbsp;</span>chez Michel Brosseau (<a href="http://www.&agrave;chatperch&eacute;.net/" rel="self">&agrave; chat perch&eacute;</a>).<br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><span style="color:#333333;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les chats</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2010-12-09T06:46:09+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/71d4bdbae89acf94985896f4bbf040c2-1126.html#unique-entry-id-1126</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/71d4bdbae89acf94985896f4bbf040c2-1126.html#unique-entry-id-1126</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 10" src="http://www.lesmarges.net/files/109.4.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Il y a les chats qui boutiquent la nuit<br />la winchester 73<br />il y a les v&ecirc;pres &agrave; l&rsquo;abbaye de Hauterive <br />la d&eacute;claration des droits de l&rsquo;homme<br />il y a le corps br&ucirc;lant de l&rsquo;endormie au milieu de la nuit<br />les bandes velcro<br />il y a les monuments au mort<br />le modus tollens<br />il y a le syst&egrave;me automatique de fermeture des portes<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 5 d&#xe9;cembre 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-12-08T06:10:17+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c595ee1528195284641101e7289ff542-1125.html#unique-entry-id-1125</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c595ee1528195284641101e7289ff542-1125.html#unique-entry-id-1125</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/109.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />C&rsquo;est en 1994 que le plan d&rsquo;affectation du R&ocirc;tillon &ndash; avec ses quatre &icirc;lots homog&egrave;nes &ndash; a &eacute;t&eacute; accept&eacute; par le Conseil communal de la ville de Lausanne. Ont suivi quinze belles ann&eacute;es de controverses, de fouilles et de plans, une esp&egrave;ce de sursis, on pouvait r&ecirc;ver. Il avait &eacute;t&eacute; pr&eacute;vu qu&rsquo;on b&acirc;tisse un &laquo;miniplex&raquo; de salles de cin&eacute;ma, un centre de vie enfantine et des logements, un b&acirc;timent destin&eacute; &agrave; l&rsquo;accueil de jour et &agrave; l&rsquo;h&eacute;bergement de personnes souffrant de maladies psychiatriques. C&rsquo;est fait pour le parking mais on a renonc&eacute; aux salles de cin&eacute;ma, en &eacute;change on leur a fourni la vid&eacute;osurveillance. Il y aussi un salon de coiffure et une boutique de mode, une de ces institutions de r&eacute;habilitation psychosociale dont on a tant besoin, une cr&egrave;che, une r&eacute;gie immobili&egrave;re, des surfaces commerciales et quelques appartements, tout porte &agrave; croire qu&rsquo;on ne va pas faire la f&ecirc;te tous les soirs au R&ocirc;tillon. Ah si, on a ouvert un restaurant, le Double Z sur les bords de l&rsquo;&icirc;lot C, car ce soir le parking tout illumin&eacute; est en gloire, un tractopelle &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s, le godet &agrave; terre, pas press&eacute; de creuser le dernier &icirc;lot sur lesquel la nuit descend, pensez donc, depuis le temps.<br />On ne reverra pas le Flon couler de sit&ocirc;t, enterr&eacute; le pass&eacute; industriel, oubli&eacute;s les talus en friche, adieu les grandes tann&eacute;es, le Caf&eacute; des Artisans, les squats et les prostitu&eacute;es. <br /><br />Qui place sur les devantures de nos librairies les amers de notre irresponsabilit&eacute;? <em>Natura maxima</em>, <em>L&rsquo;Encyclop&eacute;die du chocolat</em>, <em>365 Etincelles</em>, <em>Montagnes sacr&eacute;es</em>, <em>Switzerland the World</em>, <em>Le Coeur en paix</em>, <em>Dr&ocirc;les de labradors</em>, <em>La Recherche du paradis</em>, <em>L&rsquo;Herbier essentiel</em>. Qu&rsquo;on leur fasse la peau.<br /><br />A&iuml;e, quelque chose m&rsquo;a piqu&eacute; le coeur, et une poussi&egrave;re m&rsquo;est entr&eacute;e dans l&rsquo;oeil. Les rosiers poussent de travers et les roses sont laides. C&rsquo;est comme si le diable avait fabriqu&eacute; un miroir qui ne montrait que les &acirc;mes grises. Un seul &eacute;tablissement public est ouvert, &agrave; l&rsquo;extr&eacute;mit&eacute; de la Rue de l&rsquo;Ale, en face d&rsquo;une boutique qui brade ses fonds, le restaurant du Cygne. C&rsquo;en est trop. La nuit serre ses m&acirc;choires sur une ville en liquidation. Je me h&acirc;te d&rsquo;aller r&eacute;cup&eacute;rer Sandra, Arthur, Louise et Lili &agrave; la sortie du Petit Th&eacute;&acirc;tre. La <em>Reine des Neiges</em> les a ravis. A mon tour de les emmener &agrave; la maison. Tiens, le soleil est revenu.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>C&#x27;&#xe9;tait l&#x27;&#xe9;t&#xe9; &#x7c; Michel Brosseau</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Vases communicants</category><dc:date>2010-12-03T00:02:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/0ca66bd381ff4e75b5073d37cec78c96-1121.html#unique-entry-id-1121</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/0ca66bd381ff4e75b5073d37cec78c96-1121.html#unique-entry-id-1121</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/caravanedanslefosse.png" width="480" height="353"/> <br /><span style="font-size:9px; "><em>Photo / JP<br /></em></span><br />C&rsquo;&eacute;tait l&rsquo;&eacute;t&eacute;. Deux mois de vacances &agrave; passer le long d&rsquo;une nationale. La 160, elle s&rsquo;appelait. Une avenue maintenant. Avec zone commerciale et tout un tas de ronds-points. Finie la longue ligne droite pour sortir de la ville. Maintenant c&rsquo;est par l&agrave; qu&rsquo;on y entre. &Agrave; &ccedil;a aussi, il faudra s&rsquo;y atteler. Dans quelque temps. Quand un peu plus costaud pour aller creuser paysage et m&eacute;moire. Ce qui de strates sous les parkings des magasins. De soi et des autres. Des lieux qu&rsquo;on quitte et des ciels qui vous poursuivent. C&rsquo;&eacute;tait l&rsquo;&eacute;t&eacute;. Et rien &agrave; faire sinon tourner en rond dans un jardin. C&rsquo;est terrible un jardin. M&ecirc;me immense vous tombez toujours sur la cl&ocirc;ture. Et quand celle-ci est nationale&hellip; Des paquets de voitures qui d&eacute;filaient l&agrave;. &Ccedil;a descendait de partout jusqu&rsquo;&agrave; la c&ocirc;te. Des banlieusards, des gars du Nord. Et puis de Tours, Orl&eacute;ans&hellip; De l&agrave; o&ugrave; j&rsquo;&eacute;cris ces lignes aujourd&rsquo;hui. Deux mois de vacances et une station-service pour voisine. Un oncle maternel qui la tenait. Une id&eacute;e de la grand-m&egrave;re. Au temps des premi&egrave;res bascules. Quand les bagnoles en masse et que d&eacute;j&agrave; vendre le lait des vaches ne rapportait plus grand-chose. Du temps o&ugrave; c&rsquo;&eacute;tait &laquo;&nbsp;&agrave; l&rsquo;am&eacute;ricaine&nbsp;&raquo; qu&rsquo;il fallait vivre. Commencer &agrave;. Pompistes &agrave; casquettes avec logo de la marque. Ici, aux marches de l&rsquo;Anjou et de la Vend&eacute;e comme au fin fond de l&rsquo;Arizona. Gamin, le plaisir que c&rsquo;&eacute;tait de se d&eacute;guiser avec. Taill&eacute;e comme celle de La Fureur de vivre ou &agrave; peu pr&egrave;s. Mais &ccedil;a, c&rsquo;est bien apr&egrave;s qu&rsquo;on l&rsquo;a d&eacute;couvert. Quand enfin la nationale invitait &agrave; mettre les bouts. Bien plus tard. Bien apr&egrave;s ces &eacute;t&eacute;s &agrave; jouer les grouillots sur la piste de ciment gris. Gratter les pare-brises. Faire la pression des pneus. Repeindre les bordures en blanc. Et puis des pleins et des pleins. Expliquer la route aussi. Pour Saint-Jean de Monts, c&rsquo;&eacute;tait facile. Au premier feu rouge &agrave; droite. Apr&egrave;s la casse automobile, juste sur la droite, c&rsquo;&eacute;tait la vieille route du May. Celle-l&agrave;, il fallait pas la prendre. Au feu rouge seulement, &agrave; droite&nbsp;!... Noirmoutier qu&rsquo;&eacute;tait indiqu&eacute;. Pourquoi pas Saint-Jean-de-Monts, &ccedil;a moi j&rsquo;en savais rien. De toute fa&ccedil;on, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, la mer qu&rsquo;&eacute;tait &agrave; une centaine de bornes de l&agrave;, je l&rsquo;avais vue quoi&nbsp;? Deux, trois fois&hellip; Et encore, pour le Mont-Saint-Michel, j&rsquo;avais &eacute;t&eacute; malade comme un chien. Une dr&ocirc;le de premi&egrave;re fois. Et pour la mer et pour le restau. J&rsquo;&eacute;tais rest&eacute; &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re de la D.S. pendant que les grands &eacute;taient all&eacute;s manger. &Agrave; me reposer et grignoter des &laquo;&nbsp;paillettes d&rsquo;or&nbsp;&raquo;. Des g&acirc;teaux tout l&eacute;gers qui passaient tout seuls&hellip; Dommage&nbsp;! Parce que tout &eacute;tait bon, apparemment. &Agrave; part peut-&ecirc;tre les haricots. Jamais aussi tendres que ceux du jardin. Et puis les fils&hellip; Mais tout &ccedil;a avait peu d&rsquo;importance. Ce qui comptait pour moi &agrave; ce moment-l&agrave;, c&rsquo;&eacute;tait les dos d&rsquo;&acirc;ne et puis la suspension hydraulique. Et que le tonton, il avait le pied un peu lourd. Comme presque tous les m&eacute;canos &agrave; ce qu&rsquo;on disait. Une bagnole, fallait qu&rsquo;elle montre ce qu&rsquo;elle avait dans le ventre&hellip; Qu&rsquo;elle marche ou qu&rsquo;elle dise pourquoi&hellip; C&rsquo;&eacute;tait l&rsquo;&eacute;t&eacute;, et les bagnoles d&eacute;filaient sur la piste. Coffres charg&eacute;s ras la gueule. Et accroch&eacute;es derri&egrave;re des caravanes. Elles qui me sont revenues en regardant cette caravane noy&eacute;e dans le v&eacute;g&eacute;tal. Et puis en tirant le fil. Lequel, des mots ou du souvenir, ne me demandez pas. C&rsquo;est l&agrave; et &ccedil;a suffit. Mat&eacute;riau disponible et tout ce qui s&rsquo;y rattache. Le temps de faire le plein, les femmes allaient jeter un &oelig;il dans les caravanes. Allaient y chercher une bricole, ou en ramenaient une. Les hommes, eux, tiraient sur l&rsquo;attelage. R&eacute;ajustaient le fil de la prise. Donnaient un ou deux coups de pied dans les pneus. &laquo;&nbsp;Et d&rsquo;ici, pour aller aux Sables-d&rsquo;Olonne&hellip;&nbsp;&raquo; Dans ces cas-l&agrave;, j&rsquo;appelais le tonton. &laquo;&nbsp;Ils voudraient aller aux Sables&nbsp;!...&nbsp;&raquo; Nous, on disait Saint-Jean, Les Sables&hellip; Les mots, &agrave; d&eacute;faut des lieux, nous &eacute;taient familiers. Les Sables&nbsp;!... Certes pas le bout du monde, mais c&rsquo;&eacute;tait avant qu&rsquo;il aurait fallu  tourner avant. Le boulevard p&eacute;riph&eacute;rique qu&rsquo;il aurait fallu prendre&hellip; &Agrave; une centaine de m&egrave;tres avant la station. M&ecirc;me si, pour les Sables, ils auraient aussi pu filer tout droit. Mais en th&eacute;orie seulement&nbsp;! Parce que traverser la ville avec ce qu&rsquo;ils avaient au cul&hellip; Non, le mieux c&rsquo;&eacute;tait de faire demi-tour. Une ligne blanche au milieu de la nationale, mais on avait le droit quand m&ecirc;me. Si on regardait bien, on voyait qu&rsquo;elle &eacute;tait pas tout &agrave; fait continue. Les gars de l&rsquo;&eacute;quipement ils avaient fait expr&egrave;s de peindre comme une esp&egrave;ce de pointill&eacute;s. Pas un vrai pointill&eacute;, mais pas non plus une vraie ligne continue. Comme quoi, en discutant autour d&rsquo;un godet, on obtient plus qu&rsquo;en allant remplir de la paperasse&hellip; Si &ccedil;a circulait trop, le tonton se mettait en travers de la route en &eacute;cartant les bras. Gendarme amateur. Une fois les bagnoles arr&ecirc;t&eacute;es, il faisait des grands signes pour qu&rsquo;il passe vite fait, l&rsquo;autre, avec sa caravane. &laquo;&nbsp;Allez, allez&nbsp;!...&nbsp;&raquo; Par piti&eacute; qu&rsquo;il faisait &ccedil;a. Parce que c&rsquo;&eacute;tait quand m&ecirc;me dr&ocirc;lement malheureux de voir des gars qui s&rsquo;embarquaient sur des distances comme &ccedil;a sans mieux savoir man&oelig;uvrer. Faut dire qu&rsquo;on &eacute;tait bien plac&eacute;s pour voir ce que &ccedil;a donnait tous ces gars qui conduisaient jamais autant que l&rsquo;&eacute;t&eacute;. Il &eacute;tait all&eacute; en chercher combien le tonton avec la d&eacute;panneuse&nbsp;? De ces gens de passage qu&rsquo;avaient rat&eacute; le panneau qu&rsquo;indiquait Les Sables. Faut dire aussi que c&rsquo;&eacute;tait mal foutu. La Roche, qu&rsquo;ils avaient &eacute;t&eacute; mettre sur leur panneau. Pas Les Sables, La Roche-sur-Yon. M&ecirc;me si, en principe, quand tu pars comme &ccedil;a, tu te notes toutes tes &eacute;tapes sur un bout de papier et t&rsquo;es tranquille. Mais non&nbsp;! Tellement press&eacute;s de partir, tu penses&nbsp;! Faut dire qu&rsquo;on serait p&rsquo;t&rsquo;&ecirc;tre pareils &agrave; vivre dans des appartements, machin&hellip; Toujours est-il qu&rsquo;y en a combien qui se sont emmanch&eacute;s d&rsquo;aller faire demi tour pour r&eacute;cup&eacute;rer le boulevard p&eacute;riph&eacute;rique&nbsp;? Et vas-y que je te tourne au beau moment o&ugrave; y en a un autre qui d&eacute;boule&nbsp;! Ah&nbsp;! &ccedil;a pardonne pas&hellip; Choc lat&eacute;ral, comme ils disent aux assurances. Et encore quand c&rsquo;est que de la t&ocirc;le&hellip; Mais t&rsquo;en as qu&rsquo;emmanchent dr&ocirc;lement dans la ligne droite&hellip; Alors l&agrave;, j&rsquo;te dis pas&nbsp;!... Le tonton, il remorquait les &eacute;paves jusqu&rsquo;&agrave; la station. C&rsquo;&eacute;tait pas la place qui manquait. Elles restaient l&agrave; un bout de temps, en attendant que les experts viennent faire leur boulot. Je tra&icirc;nais autour quand il y avait pas trop de clients. Je jetais un &oelig;il dans les voitures. Des jouets des fois sur la banquette arri&egrave;re. Parmi tout un tas d&rsquo;objets en vrac. Et l&rsquo;int&eacute;rieur des caravanes &eacute;ventr&eacute;es&hellip; &Ccedil;a faisait de quoi m&eacute;diter tous ces chez soi fragiles. Ces destins en suspens. Peut-&ecirc;tre &ccedil;a que j&rsquo;apprenais autour des caravanes. Que rien n&rsquo;est aussi permanent qu&rsquo;il n&rsquo;y para&icirc;t. &Ccedil;a et puis la mort. Cette fa&ccedil;on qu&rsquo;elle a d&rsquo;&ecirc;tre l&agrave; sans avoir &agrave; se montrer.   <br /><p style="text-align:right;"><em>Michel Brosseau<br /></em><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/108.3.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>&eacute;crit par </em><em><a href="http://www.&agrave;chatperch&eacute;.net/" rel="self">Michel Brosseau</a></em><em> qui m&rsquo;accueille </em><em><a href="http://www.&agrave;chatperch&eacute;.net/spip.php?article238" rel="self">chez lui</a></em><em> sur son site </em><em><a href="http://www.&agrave;chatperch&eacute;.net/spip.php?mot114" rel="self">&agrave; chat perch&eacute;</a></em><em> dans le cadre du projet de </em><em><a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=104893605886" rel="self">vases communicants</a></em><em>&nbsp;: le premier vendredi du mois, chacun &eacute;crit sur le blog d&rsquo;un autre, &agrave; charge &agrave; chacun de pr&eacute;parer les mariages, les &eacute;changes, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement&hellip; Ne pas &eacute;crire pour, mais &eacute;crire chez l&rsquo;autre.<br />Et d&rsquo;autres </em><em><a href="http://www.facebook.com/note.php?note_id=473634065853&id=756154196" rel="self">vases communicants</a></em><em> ce mois : <br /></em></p><p style="text-align:justify;"><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://www.face-terres.fr/" rel="self">Daniel Bourrion</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/" rel="self">Urbain trop urbain</a></u></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-2.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://www.tierslivre.net/" rel="self">Fran&ccedil;ois Bon</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://www.volkovitch.com/" rel="self">Michel Volkovitch</a></u></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-3.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://tentatives.eklablog.fr/ce-qu-ils-disent-c138976" rel="self">Christine Jeanney</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://koukistories.blogspot.com/" rel="self">Kouki Rossi</a></u></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-4.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="futilesetgraves.blogspot.com/" rel="self">Anthony Poiraudeau</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://runningnewb.wordpress.com/" rel="self">Clara Lamireau</a></u></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-4-2.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://samdixneuf.wordpress.com/" rel="self">Samuel Dixneuf-Mocozet</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://www.inacheve.net/" rel="self">J&eacute;r&eacute;mie Szpirzglas</a></u></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-6.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://aloredelam.com/" rel="self">Lambert Savigneux</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://flaneriequotidienne.wordpress.com/" rel="self">Silence</a></u></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-7.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://soubresauts.net/drupal/" rel="self">Olivier Gu&eacute;ry</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://joachimsene.fr/txt/" rel="self">Joachim S&eacute;n&eacute;</a></u></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-8.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://semenoir.typepad.fr/" rel="self">Maryse Hache</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://petiteracine.over-blog.com/" rel="self">C&eacute;cile Portier</a></u></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-9.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://sauvageana.blogspot.com/" rel="self">Anita Navarrete Berbel</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://landryjutier.wordpress.com/" rel="self">Landry Jutier</a></u></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-10.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://www.fenetresopenspace.blogspot.com/" rel="self">Anne Savelli</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://www.pendantleweekend.net/" rel="self">Piero Cohen-Hadria</a></u></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-11.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://feuilly.hautetfort.com/" rel="self">Feuilly</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://lexildesmots.hautetfort.com/" rel="self">Bertrand Redonnet</a></u></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-12.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://www.arnaudmaisetti.net/spip" rel="self">Arnaud Ma&iuml;setti</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://kmskma.free.fr/" rel="self">KMS</a></u></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-13.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://www.starsky.fr/" rel="self">Starsky</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://randomsongs.org/" rel="self">Random Songs</a></u></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-14.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://lauremorali.blogspot.com/" rel="self">Laure Morali</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://abadon.fr/" rel="self">Mich&egrave;le Dujardin</a></u></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-15.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://poezibao.typepad.com/" rel="self">Florence Trocm&eacute;</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://www.oeuvresouvertes.net/" rel="self">Laurent Margantin</a></u></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-16.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://yzabel2046.blogspot.com/" rel="self">Isabelle Buterlin</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://jeanyvesfick.wordpress.com/" rel="self">Jean Yves Fick</a></u></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-17.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://barbara-albeck.over-blog.com/" rel="self">Barbara Albeck</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://souriredureste.blogspot.com/" rel="self">Jean</a></u></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-18.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://www.minetteaferraille.net/" rel="self">Kathie Durand</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://nolwenn.euzen.over-blog.com/" rel="self">Nolwenn Euzen</a></u></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-19.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://www.motmaquis.net/" rel="self">Juliette Mezenc</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://noteseparses.wordpress.com/" rel="self">Loran Bart</a></u></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-20.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://www.shotbybothsides.org/" rel="self">Shot by both sides</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://www.playlistsociety.fr/" rel="self">Playlist Society</a></u></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#323232;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-21.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://www.lignesdevie.com/" rel="self">Gilles Bertin</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://brigetoun.blogspot.com/" rel="self">Brigitte C&eacute;l&eacute;rier</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><br /></u></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-5.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://www.xn--chatperch-p1a2i.net/" rel="self">Michel Brosseau</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#80090E;"><u><a href="http://www.lesmarges.net/" rel="self">Jean Prod'hom</a></u></span><br /></p><p style="text-align:right;"><br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 28 novembre 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-12-02T00:02:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/49181790926d011365d396dc989c1c38-1117.html#unique-entry-id-1117</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/49181790926d011365d396dc989c1c38-1117.html#unique-entry-id-1117</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/108.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Deux roses rouges ourl&eacute;es de papier cr&ecirc;pe et coiff&eacute;es d&rsquo;un peu de blanc baissent la t&ecirc;te, elles avaient ce matin encore les l&egrave;vres bleues. Elles vont aller ainsi jusqu&rsquo;&agrave; la fin de l&rsquo;hiver, la vieille ne descend plus dans son jardin. Au fond des poches une douzaine de cacahu&egrave;tes, une poign&eacute;e de son et quatre mandarines, c&rsquo;est comme un souvenir, une tra&icirc;n&eacute;e plut&ocirc;t, une tra&icirc;n&eacute;e rest&eacute;e en arri&egrave;re qui passerait subitement en coup de vent sur le chemin glissant. <br /><br />Personne entre le Riau et la Goille. Il faut brasser la neige qui remonte jusqu&rsquo;au ciel, on a beau avoir les yeux grand ouverts, on ne voit rien, ivresse sans vin. Les entailles dans la terre se croisent en tous sens, comme dans le ciel ou dans la neige, mais ne disparaissent pas. A l&rsquo;Ecorcheboeuf un enfant crie &agrave; cause du froid. A quelques pas de lui ses parents p&egrave;lent la neige.<br /><br />Au fond de la combe, le chemin du Creux ex&eacute;cute deux demi-boucles avant de franchir la Bressonnaz et rejoindre le Moulin. Et puis apr&egrave;s? Je reviens sur mes pas, dans les parages de Photolabo o&ugrave; tous les jours sont dimanches depuis plusieurs ann&eacute;es d&eacute;j&agrave;, l&rsquo;usine est &agrave; vendre : on y d&eacute;veloppait de la pellicule photos et on y r&eacute;alisait des tirages papiers. Et puis apr&egrave;s apr&egrave;s ?<br /><br />On a chauff&eacute; l&rsquo;&eacute;glise de M&eacute;zi&egrave;re la veille d&eacute;j&agrave;, si bien que nous ne sommes pas m&eacute;contents d&rsquo;y entrer lorsqu&rsquo;elle ouvre ses portes &agrave; 16 heures.  Elle accueille aujourd&rsquo;hui les &eacute;l&egrave;ves de l&rsquo;Atelier de Musique, les enseignants, une organiste et les parents, les amis et quelques b&eacute;n&eacute;voles. Le sacr&eacute; prend un sacr&eacute; coup de vieux et des allures enfantines : on sourit, on fait les choses &agrave; moiti&eacute;, on saute, parle sans contrition, on se trompe, on recommence, c&rsquo;est un peu carnaval : des ours jouent du violoncelle, le lait condens&eacute; s&rsquo;&eacute;coule des fl&ucirc;tes en do, les fl&ucirc;tes en la font les institutrices, quant &agrave; la pr&eacute;sidente elle a quelque chose de Jane Birkin. Derri&egrave;re le coeur le crucifi&eacute; ne voit rien, il a la t&ecirc;te dans les nuages. <br /><br />L&rsquo;organiste qui a ouvert la f&ecirc;te par la Sinfonia de J-S. Bach la cl&ocirc;t par la fugue en do mineur de Mendelssohn. J&rsquo;aurais bien voulu demeurer un instant encore au chaud dans cette grande pharmacie repeinte aux couleurs des f&ecirc;tes foraines, auxquelles me font immanquablement penser les trompette h&eacute;ro&iuml;ques des orgues. Mais la ma&icirc;tresse de c&eacute;r&eacute;monie en a d&eacute;cid&eacute; autrement, elle remercie tout le monde, tout le monde sourit et Lili rit.  <br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les ch&#xe2;teaux de sable&#xa;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2010-12-01T00:10:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/0321f12ecbe64944ce338ffe01b448da-1116.html#unique-entry-id-1116</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/0321f12ecbe64944ce338ffe01b448da-1116.html#unique-entry-id-1116</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/108.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les ch&acirc;teaux de sable<br />les &eacute;crous<br />il y a le vide dans les biblioth&egrave;ques<br />les conducteurs de scooter<br />les structures &eacute;l&eacute;mentaires de la parent&eacute;<br />il y a la restauration des cath&eacute;drales<br />les requiems<br />les bouquetins du Creux du Van lorsqu&rsquo;ils regardent la vall&eacute;e des Ponts<br />il y a l&rsquo;aub&eacute;pine<br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Vendredi 15 octobre 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-11-22T08:10:45+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/42d2829e1ebadaaed537620cfbe80973-1115.html#unique-entry-id-1115</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/42d2829e1ebadaaed537620cfbe80973-1115.html#unique-entry-id-1115</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/107.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />L&agrave;-bas, &agrave; 800 m&egrave;tres sous terre, 200 invit&eacute;s tri&eacute;s sur le volet sabrent le champagne, le dernier pan de rocher est vaincu. Aujourd'hui une merveille industrielle est n&eacute;e au coeur du Massif du Gothard&nbsp;: 57 kilom&egrave;tres d&rsquo;un tunnel nouant solidement le sud avec le nord.<br /><br />L&agrave;-haut, &agrave; la verticale du puits d'acc&egrave;s, un mineur prie les yeux tourn&eacute;s vers le ciel. Il a plac&eacute; 7 m&egrave;tres plus haut, dans la vo&ucirc;te de l&rsquo;&eacute;glise de Sedrun, 50 kilos d&rsquo;explosifs. Il veut honorer ainsi ses 9 amis morts pendant les travaux et nouer le bas avec le haut.<br /><br />Lorsque tout sera oubli&eacute; je reviendrai &agrave; Sedrun.<span style="font:13px Verdana, serif; color:#555555;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">1 novembre 2010<br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Elan bris&#xe9;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-11-23T08:10:44+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/da28ac735c8c5e8ea1a26ca873089b22-1114.html#unique-entry-id-1114</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/da28ac735c8c5e8ea1a26ca873089b22-1114.html#unique-entry-id-1114</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/107.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Une f&egrave;ve<br />en un point de l&rsquo;&eacute;tendue<br />une f&egrave;ve multipli&eacute;e dix fois<br />cent  fois mille fois<br />une f&egrave;ve jet&eacute;e loin de la tribu<br />une f&egrave;ve oubli&eacute;e<br /><br />le silence d&rsquo;Oswald Sprenger <br />&agrave; ce sujet<br />en dit long<br />qui a gliss&eacute;<br />derri&egrave;re le d&eacute;cor<br />le fait incontest&eacute;<br /><br />Oswald n&rsquo;a pas h&eacute;sit&eacute; &agrave; se taire<br />ne rien dire<br />de cette route si singuli&egrave;re<br />qui a conduit <br />l&rsquo;&icirc;le<br />de la grandeur &agrave; la d&eacute;cadence<br />il a chant&eacute;<br />dans de longs po&egrave;mes rest&eacute;s secrets<br />les fruits du sorbier et ceux de l&rsquo;&eacute;glantier<br />les pens&eacute;es raffin&eacute;es et les regards p&eacute;trifi&eacute;s<br /><br />qui jettera les gants<br />hors les poches de l&rsquo;amertume<br />pour dire un peu de v&eacute;rit&eacute;<br />pas tant que &ccedil;a<br />un peu <br />un peu seulement<br />le tarissement des sourires<br />la rupture de la ligne d&rsquo;horizon<br /><br />les prodiges de la pens&eacute;e<br />un instant<br />ont &eacute;loign&eacute;<br />la douleur <br />les doutes<br />mais la s&egrave;ve <br />d&rsquo;un peuple &eacute;puis&eacute; <br />couvert de fleurs<br />qu&rsquo;on s&egrave;che &agrave; la veill&eacute;e<br />s&egrave;che et s&rsquo;&eacute;puise<br />en peu de temps<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 21 novembre 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-11-24T08:10:44+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/39d1d0f773d0462c9437d689876a19f0-1113.html#unique-entry-id-1113</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/39d1d0f773d0462c9437d689876a19f0-1113.html#unique-entry-id-1113</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/107.3.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Le brouillard a tir&eacute; les rideaux et &eacute;teint les lumi&egrave;res bien avant qu&rsquo;on ne se l&egrave;ve. Les bonnes volont&eacute;s du dehors mises hors jeu, il a bien fallu faire avec et on a jou&eacute; le n&ocirc;tre &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur, &agrave; la lueur des r&eacute;verb&egrave;res. Les travaux de peinture allaient bon train mais on n&rsquo;en menait pas large dans le long couloir repeint aux couleurs de l&rsquo;hiver. Et lorsque le brouillard a fini par trouver les ouvertures de la vieille maison, s&rsquo;est faufil&eacute; dans ses replis jusqu&rsquo;&agrave; occuper la chambre des enfants, il a bien fallu qu&rsquo;on songe &agrave; une issue. <br />Sortir donc, retrouver la brouille et se rendre compte que l&rsquo;&acirc;me vit tr&egrave;s bien sans corps dans un monde &eacute;teint : elle entend distinctement l&rsquo;eau de la fontaine lorsqu&rsquo;elle fait le dos rond, les chats s&rsquo;affairent, derni&egrave;res emplettes avant l&rsquo;hiver, on les devine, la terre est noire, les taupes la retournent avant le gel. <br />Dans le vent on va tous les yeux ferm&eacute;s, je le sais, mais lorsque le visage prend les devants, ils y voient bien plus clair que ce qu&rsquo;on croit. A tel point que je songeai, assis sur le banc de la Mussilly, qu&rsquo;il ne serait pas si simple de me lever et continuer. J&rsquo;h&eacute;sitai plus d&rsquo;une fois, le p&acirc;turage d&eacute;passait de dedans la terre comme une baleine dont on voit l&rsquo;&eacute;chine soulever l&rsquo;oc&eacute;an, &agrave; mes pieds une bille de foyard aux flancs d&rsquo;argent.<br />Mais le souvenir des sourires des enfants en a d&eacute;cid&eacute; autrement. J&rsquo;ai laiss&eacute; derri&egrave;re moi la fra&icirc;cheur, deux bandes de vert et pouss&eacute; devant moi un petit regret, celui de ne pas avoir su prolonger mon s&eacute;jour dans la fra&icirc;cheur. C&rsquo;est elle pourtant qui a &eacute;clair&eacute; le chemin du retour, celui qui conduit &agrave; d&rsquo;autres saisons.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les allocations familiales</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2010-11-25T08:10:43+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/458b23e47beec763336a02f5c74b8f08-1112.html#unique-entry-id-1112</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/458b23e47beec763336a02f5c74b8f08-1112.html#unique-entry-id-1112</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/107.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les allocations familiales<br />les zones vertes<br />l&rsquo;infaillibilit&eacute; papale<br />il y a le chocolat chaud<br />les sentiers de moyenne montagne<br />Il y a Blaise Cendrars<br />la double cr&egrave;me<br />les sept jours de la semaine<br />il y a les fruits de l&rsquo;&eacute;glantier<br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXXXI</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-11-26T00:10:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/9fa96d53a06ce589eeed0ae8d1c203b1-1111.html#unique-entry-id-1111</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/9fa96d53a06ce589eeed0ae8d1c203b1-1111.html#unique-entry-id-1111</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/107.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Demain, dernier vendredi de la journ&eacute;e. Grosse, tr&egrave;s grosse fatigue. Avance ce soir dos au mur et reviens par les plates-bandes. Trop travaill&eacute;. Crains d&eacute;sormais de ne plus &ecirc;tre en mesure de rattraper l&rsquo;avance prise avant minuit. Mal pris.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Compl&#xe9;ment &#xe0; l&#x27;&#x153;uvre de Ren&#xe9; Girard</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-12-06T00:10:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/84456d9a6453f780acd39d2a7964a4e7-1110.html#unique-entry-id-1110</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/84456d9a6453f780acd39d2a7964a4e7-1110.html#unique-entry-id-1110</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/109.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />La petite ville de Gstaad peut passer pour l&rsquo;une des plus jolies des Pr&eacute;alpes occidentales. Il y fut pr&eacute;cepteur dans les ann&eacute;es soixante-dix. Un couple de Portugais catholiques et dociles assurait alors l&rsquo;essentiel du train de vie d&rsquo;une riche famille polonaise dans un chalet de ma&icirc;tre situ&eacute; entre la Lauenenstrasse et la Rotlistrasse&nbsp;: elle cuisinait, blanchissait le linge et tapottait les traversins&nbsp;; il faisait les courses, endossait le gilet de Nestor et ripolinait chaque matin le v&eacute;hicule qui menait la ma&icirc;tresse de maison au Palace dans les salons duquel elle s&rsquo;adonnait au bridge. Et puis il y avait l'Autrichienne, jeune nurse bien faite ma foi qui s&rsquo;ennuyait un peu, lui aussi si bien que leurs liens se resserr&egrave;rent. La premi&egrave;re semaine ne fut pas achev&eacute;e que le pr&eacute;cepteur se retrouva prisonnier du chalet &agrave; des heures qui d&eacute;passent les convenances. Il lui fallut donc sortir co&ucirc;te que co&ucirc;te avant le r&eacute;veil de la maisonn&eacute;e. L&rsquo;Autrichienne le conduisit par la main sur le balcon en lui murmurant les milles folies qui r&eacute;chauffent nos hivers. Mais pas d&rsquo;&eacute;chelle et deux &eacute;tages &agrave; vaincre, ... fermez les yeux c&rsquo;est fait. Ne voyez-vous pas l&rsquo;amoureux qui s&rsquo;&eacute;loigne dans la nuit&nbsp;?<br /><br />J&rsquo;ai lu que le X-Seed 4&nbsp;000 culminerait &agrave; 4&nbsp;000 m&egrave;tres et regarderait dans les yeux le mont Fuji. Un peu de haut puisqu&rsquo;il le d&eacute;passerait de plus de 200 m&egrave;tres. Il serait ancr&eacute; dans l'oc&eacute;an au large de Tokyo et abriterait plus d&rsquo;un million de personnes. Il compterait, dit-on, 807 &eacute;tages.<br /><br />Julien mon fr&egrave;re, que serions-nous devenus si ta Mathilde et mon Autrichienne avaient eu l&rsquo;invraisemblable id&eacute;e d'&ecirc;tre de ce si&egrave;cle&nbsp;?<br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">25 novembre 2010<br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>S&#xe9;paratif</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-12-07T00:12:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/74aec4f8ef0db2bfba80cd89582cab49-1109.html#unique-entry-id-1109</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/74aec4f8ef0db2bfba80cd89582cab49-1109.html#unique-entry-id-1109</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/109.2.png" width="50" height="50"/> <br /><br />La question des eaux us&eacute;es eut le double effet de jeter le discr&eacute;dit sur l&rsquo;hygi&egrave;ne du grand nombre et d&rsquo;instiller le doute sur les &eacute;coulements v&eacute;tustes qui avaient conduit le coeur du petit palais et la cour des grands &agrave; l&rsquo;inondation. On nota avec d&eacute;go&ucirc;t le retour massif des cris et des peines sur les chemins sans drainage. Il e&ucirc;t fallu de l&rsquo;&agrave; propos et quelque directive, et qu&rsquo;on s&rsquo;y arr&ecirc;t&acirc;t, mais trop de raison nuit. Chacun surveillait son voisin, disparues les petites intentions enterr&eacute;es &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de soi, les ordures d&eacute;vers&eacute;es dans le clos du voisin et la haine crasse d&egrave;s le lever du soleil. On d&eacute;cida donc de couper dans le vif, mais il s&rsquo;av&eacute;ra inutile d&rsquo;utiliser la force ou la main de son voisin pour laver l&rsquo;honneur, balayer les contestations et soigner les apparences. On sous-traita l&rsquo;entreprise. C&rsquo;est en face du temple que quelques scrivaillons se fendirent d&rsquo;une m&eacute;thode au go&ucirc;t douteux pour garantir la place de chacun. Ils con&ccedil;urent le premier algorithme qui permit de s&eacute;parer la gr&acirc;ce du cambouis. Au grand nombre la variole et la rage, les coups de soleil et les panaris. Aux bien n&eacute;s le bon go&ucirc;t et l&rsquo;insouciance, la chaise longue et les lieux d&rsquo;aisance. On escamota les &eacute;chafaudages de ce proc&eacute;d&eacute; litt&eacute;raire, personne ne dit rien. Cette m&eacute;thode prit plus tard le nom pompeux de dichotomie.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXXXII</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-11-29T00:10:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/90ecafe722d89a5f240ca1ed9e2d62be-1108.html#unique-entry-id-1108</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/90ecafe722d89a5f240ca1ed9e2d62be-1108.html#unique-entry-id-1108</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/108.1.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>H&eacute; h&eacute;</em> qu&rsquo;il disait. Et le soleil revenait.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>La mort en ce jardin</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-11-30T00:10:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/03bb64453d0629d94bdbc4b8af12994e-1107.html#unique-entry-id-1107</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/03bb64453d0629d94bdbc4b8af12994e-1107.html#unique-entry-id-1107</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/108.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Adoss&eacute; &agrave; un muret de pierres s&egrave;ches, le soldat au gilet vert songe aux fa&ccedil;ades du front de mer, aux mots sal&eacute;s de la femme au fardeau, il se souvient des volailles qui couvaient dans les dunes, la volont&eacute; s&egrave;che des enfants ne d&eacute;sarmait pas. A midi, pour peu qu&rsquo;une bonne &acirc;me e&ucirc;t recueilli un peu d&rsquo;ombre, les p&acirc;les fleurs des dunes baissaient les yeux; c&rsquo;est seulement plus tard, &agrave; l&rsquo;annonce de la nuit, qu&rsquo;elles relevaient la t&ecirc;te pour une courte conversation. Saviez-vous qu&rsquo;une seule courroie suffisait &agrave; faire tenir le tout ?<br />Ce soir le soldat d&eacute;sesp&egrave;re de l&rsquo;ordre f&eacute;brile. Plus d&rsquo;&eacute;clairage aux carrefours, c&rsquo;est le m&ecirc;me d&eacute;fi lugubre pour tous. Tandis que la langue du volcan fr&ocirc;le sa nuque, il s&rsquo;agenouille, r&eacute;cite quelques strophes du grand po&egrave;me de la coh&eacute;sion avant de rejoindre la t&ecirc;te d&rsquo;un cort&egrave;ge immobile, le regard tourn&eacute; vers d&rsquo;autres rivages. <br />Trop tard. On n&rsquo;entend plus les cris des enfants derri&egrave;re les dunes, on ne compte plus les fondri&egrave;res, &agrave; peine quelques reflets dans le miroir de l&rsquo;oc&eacute;an qui s&rsquo;&eacute;loigne.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXXX</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-11-18T08:08:10+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a36e4c11f181e11e20d249ccbaedf6b0-1106.html#unique-entry-id-1106</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a36e4c11f181e11e20d249ccbaedf6b0-1106.html#unique-entry-id-1106</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/106.4.png" width="50" height="50"/> <br /><br />On raconte que les charges des entreprises croissent avec l'augmentation de la production. Que dire alors de ces caf&eacute;s bond&eacute;s jusqu'&agrave; la gueule dont les propri&eacute;taires coupent le chauffage? Supprimons l&rsquo;imp&ocirc;t sur la fortune et taxons avec plus de s&eacute;rieux ces petites entreprises qui transgressent les lois de la production.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les fum&#xe9;es bleues</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2010-11-19T16:19:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ead34507c42798129903eb2f52fa674e-1105.html#unique-entry-id-1105</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ead34507c42798129903eb2f52fa674e-1105.html#unique-entry-id-1105</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/106.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les fum&eacute;es bleues<br />la parturition <br />la Grande Peur dans la montagne<br />il y a les missions franciscaines<br />il y a les structures dissipatives<br />les fraises des bois <br />les jours f&eacute;ri&eacute;s<br />le code p&eacute;nal<br />il y a les tourbi&egrave;res<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 14 novembre 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Autres lieux</category><dc:date>2010-11-17T08:08:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/091ce9a368f560398ae5700b217df407-1104.html#unique-entry-id-1104</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/091ce9a368f560398ae5700b217df407-1104.html#unique-entry-id-1104</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/106.3.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Dans les pr&eacute;s maigres de la Grand Vy, quelques bouquetins et leurs petits broutent l&rsquo;herbe de novembre. Des pancartes les ont avertis des dangers, mais l&rsquo;ancienne d&eacute;cision de faire du Creux du Van une r&eacute;serve naturelle ne les emp&ecirc;che pas aujourd&rsquo;hui de rester sur leur garde. Les bouquetins ont une bonne m&eacute;moire. C&rsquo;est en 1857 que David Robert, le propri&eacute;taire de la ferme du Creux, a liquid&eacute; le dernier ours de la r&eacute;gion.<br />Ils sont une petite dizaine, comme nous. Vont et viennent comme nous, sans mors ni longe, mais ils vivent nus et sans un sou. Un petit franchit le mur de pierres s&egrave;ches, les autres suivent, le vieux ferme la marche. Et tandis qu&rsquo;on reste plant&eacute;s-l&agrave;,  le troupeau s&rsquo;&eacute;loigne &agrave; petits pas serr&eacute;s sur la ligne d&rsquo;horizon tendue entre le Tiltlis et le Mont-Blanc. Nous sommes plus inquiets qu&rsquo;eux pour la nuit qui vient.<br />La ligne bris&eacute;e des Alpes accapare notre attention un instant &agrave; cause de sa d&eacute;mesure, &agrave; cause de tant de regards h&eacute;b&eacute;t&eacute;s qui s&rsquo;y sont align&eacute;s. C&rsquo;est de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; que r&egrave;gne le simple, sans gouffre ni sublime, &agrave; notre mesure, &eacute;crit pour l&rsquo;&eacute;tranger comme pour ceux du cr&ucirc;. Thomasset s&rsquo;assure que le monde est bien en place, c&rsquo;est dimanche, il cherche &agrave; voix basse l&rsquo;or d&eacute;pos&eacute; dont les r&eacute;cits ne parlent pas.<br />La vall&eacute;e des Ponts est un morceau du tendre haut perch&eacute; qui d&eacute;ploie ses ailes comme une chauve-souris pour virer au-dessus de la vall&eacute;e de l&rsquo;Areuse. P&acirc;turages vert p&acirc;le que tire &agrave; l&lsquo;est &ndash; et resserre &ndash; le col de Boinod. Tout autour les sapins noirs du Jura. Vall&eacute;e sans ride, &agrave; peine marqu&eacute;e par le Bied qui prend sa source dans la Combe des Quignets. Le ruisseau recueille sans faire de vagues les eaux des tourbi&egrave;res avant de se perdre dix kilom&egrave;tres plus loin dans l&rsquo;entonnoir du Voisinage pr&egrave;s des Ponts-de-Martel et m&ecirc;ler ses eaux noires, 300 m&egrave;tres plus bas, aux eaux de la Noiraigue. Hors tout, un jardin suspendu.<br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Purification</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-11-16T07:08:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c22375f1eacf83433c55e2c73171561c-1103.html#unique-entry-id-1103</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c22375f1eacf83433c55e2c73171561c-1103.html#unique-entry-id-1103</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/106.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Un affam&eacute;<br />&agrave; l&rsquo;&eacute;toffe de plongeur<br />fouillait les fontaines<br />remontait les causes perdues<br />pour quelques sous<br />petite fortune <br />habits bon march&eacute;<br />quignon de pain<br /><br />les forces de l'ordre l'accostent<br />la violence des coups lui ouvre<br />la mort dans le jardin<br />coeur scell&eacute; <br />avec quelques souvenirs<br />&agrave; c&ocirc;t&eacute; du rucher<br /><br />r&eacute;partie de l'un des pandores<br />le plus po&egrave;te des deux<br /><br />&agrave; chacun sa charge pr&eacute;caire<br /><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Sublime &#xe9;l&#xe9;gance</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-11-15T07:01:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/730797646b502747dda46963e3ab58f9-1102.html#unique-entry-id-1102</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/730797646b502747dda46963e3ab58f9-1102.html#unique-entry-id-1102</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/106.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Celui qui nous a quitt&eacute;s a invit&eacute; 806 de ses admirateurs &agrave; l'accompagner au P&egrave;re Lachaise.<br /><br />Dernier coup de g&eacute;nie du bonhomme.<br /><br />Il faut compter avec les morts.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">1 novembre 2010<br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les r&#xe9;duits au fond des couloirs</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2010-11-12T14:14:52+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c1094d7331496b0d89d570767e370ede-1100.html#unique-entry-id-1100</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c1094d7331496b0d89d570767e370ede-1100.html#unique-entry-id-1100</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 11" src="http://www.lesmarges.net/files/105.2.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Il y a les r&eacute;duits au fond des couloirs<br />le protocole<br />le tram 9 lorsqu'il franchit l'Aar<br />les enclumes<br />les pommes dans lesquelles on croque<br />il y a l&rsquo;ind&eacute;pendance d&rsquo;esprit<br />les cartes au 1: 25000<br />il y a les questions pos&eacute;es &agrave; voix basse<br />les taies d&rsquo;oreiller<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br />Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXXIX</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-11-11T14:14:51+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a4c1b235a33bca0200e6c54664ffef02-1099.html#unique-entry-id-1099</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a4c1b235a33bca0200e6c54664ffef02-1099.html#unique-entry-id-1099</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/105.3.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Le sens du mot procrastination? n'en sais fichtre rien;  je ne vois d&rsquo;ailleurs aucune raison significative de m&rsquo;en pr&eacute;occuper aujourd&rsquo;hui. Quant au sens du mot s&eacute;rendipidit&eacute;, je ne vous dis pas le nombre de fois que je l&rsquo;ai cherch&eacute; dans le dictionnaire : jamais trouv&eacute;. Mais je suis tomb&eacute; &agrave; chacune de ces occasions sur d'autre mots, d'autres choses et je m&rsquo;en r&eacute;jouis.   <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Marabouts</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-11-10T14:14:50+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/420c648db38b085141f9fedb884dae9e-1098.html#unique-entry-id-1098</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/420c648db38b085141f9fedb884dae9e-1098.html#unique-entry-id-1098</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 12" src="http://www.lesmarges.net/files/105.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Une quinte floche de magiciens d&eacute;soeuvr&eacute;s con&ccedil;urent l&rsquo;&eacute;pouvante, la firent courir un matin de novembre de main en main : quelques jours suffirent pour faire d&rsquo;une coque de noix un puits sans fond. C&rsquo;est qu&rsquo;on n&rsquo;y voyait rien dans l&rsquo;&eacute;prouvette, le soleil br&ucirc;lait plus que de raison et les nuits raccourcissaient. Quelques illumin&eacute;s sonn&egrave;rent l&rsquo;alarme, rien n&rsquo;y fit, les volont&eacute;s s&rsquo;&eacute;croul&egrave;rent, les insulaires se mirent &agrave; barboter dans les eaux troubles de la d&eacute;mence tandis que l&rsquo;envie aveugle rongeait les dunes. Le roi enragea lorsqu&rsquo;il vit ses fid&egrave;les lieutenants noyer leur peur dans le vin du d&eacute;sert, ils finirent comme il se doit &agrave; l&rsquo;extr&eacute;mit&eacute; d&rsquo;une corde, de l&rsquo;eau morte dans les poches, aucun acolyte pour les sortir de l&agrave;. N&rsquo;y allez pas, une odeur de pourriture fleure derri&egrave;re les roseaux et gagne &agrave; sa cause, jour apr&egrave;s jour, l&rsquo;iode de l&rsquo;oc&eacute;an. <br />Les insulaires f&ecirc;t&egrave;rent aigre la fin de l&rsquo;&eacute;pisode. Mains sur les genoux, instruments &agrave; terre, les musiciens tiraient de leurs arri&egrave;re-pens&eacute;es et du claquement de leurs doigts des hymnes naus&eacute;eux, rugissements de gorges, gongs f&ecirc;l&eacute;s, renvois acides. Les jours suivants, on &eacute;vita soigneusement de faire la lumi&egrave;re sur les agissements des responsables si bien que l&rsquo;&eacute;pouvante ne quitta pas l&rsquo;&icirc;le et asphyxia les jeunes pousses de l&rsquo;alt&eacute;rit&eacute;. Les &eacute;pines-vinettes envahirent la c&ocirc;te est, m&ecirc;l&eacute;es aux cirses, aux orties et &agrave; de minuscules d&eacute;sespoirs &agrave; fleurs lilas qui marcottaient les talus. Le vent d&rsquo;est inondait la c&ocirc;te ouest de vapeurs saum&acirc;tres. Impossible de prendre une autre direction, de se lever m&ecirc;me, car l&rsquo;histoire s&rsquo;affaisse lorsque les mots d&rsquo;amour sont r&eacute;duits &agrave; presque rien et qu&rsquo;on arrose le jardin noir des magiciens.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dans la collection bleue</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><category>Les 807</category><dc:date>2010-11-08T14:14:49+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a32ff6a5e15323a1be6f3ede5e2fb62e-1097.html#unique-entry-id-1097</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a32ff6a5e15323a1be6f3ede5e2fb62e-1097.html#unique-entry-id-1097</guid><content:encoded><![CDATA[<a href="http://www.thebookedition.com/franck-garot-dir-les-807-p-36071.html" rel="self"><img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/ilyalacollectionbleue.png" width="50" height="50"/></a><br /><em>A Franck Garot</em><br /><object type="application/x-shockwave-flash" data="dewplayer.swf?son=807aveclemepris.mp3" width="180" height="20"> <param name="movie" value="dewplayer.swf?son=807aveclemepris.mp3" /> </object><br /><br />Il y a le merveilleux <br />il y a l&rsquo;irr&eacute;futable<br />il y a les divagations de l&rsquo;esprit<br />les asiles psychiatriques <br />les grains de sable<br />les larmes qui ne servent &agrave; rien<br />il y a la programmation<br />l&rsquo;agitation des poissons hors de l&rsquo;eau<br />il y a l&rsquo;ironie qui blesse<br />les biotopes<br />un Airbus dans le ciel du Pakistan<br />il y a ce qu&rsquo;on ne comprend pas<br />les faveurs des puissants<br />il y a l&rsquo;apostasie<br />la haine f&eacute;roce<br />il y a quelques Peugeot<br />il y a le flou figural<br />une pelouse<br />il y a les vieillards mourants<br />l&rsquo;horlogerie fine<br />la violence des vagues<br />les portes ferm&eacute;es du ciel<br />les tueurs en s&eacute;rie<br />il y a les alcools forts<br />il y a le boulevard du Mar&eacute;chal-Leclerc<br />il y a les stages de formation continue<br />il y a les amis<br />il y a les sept nains<br />le forfait des clepsydres<br />les co&iuml;ncidences<br />il y a la m&eacute;moire qui flanche<br />les lourdes sym&eacute;tries<br />il y a les pneus d&eacute;gonfl&eacute;s<br />ta langue dans ma bouche<br />les marguerites et les p&acirc;querettes<br />il y a le fair-play<br />il y a la r&eacute;ticence<br />il y a les tard-venus<br />le temps d&rsquo;avant la disparition de l&rsquo;homme<br />il y a les cours de recyclage<br />l'ancien sigle d&rsquo;un commerce de produits alimentaires<br />il y a la bise<br />les nuits d&rsquo;amour<br />il y a l&rsquo;exp&eacute;rience<br />il y a ceux qui cherchent du travail<br />il y a le calvados<br />il y a les carrefours<br />il y a les lieux auxquels on s&rsquo;attache<br />l&rsquo;allure des nombres<br />le r&eacute;gime sans sel<br />les bas de page<br />il y a les p&eacute;pins en s&eacute;rie<br />son num&eacute;ro de t&eacute;l&eacute;phone<br />il y a l&rsquo;argent jet&eacute; par les fen&ecirc;tres<br />les mille-feuilles<br />le jaune<br />il y a les baies vitr&eacute;es<br />le jeu des chaises musicales<br />il y a ce qui n&rsquo;en finit pas de mourir<br />les urgentistes<br />il y a les restes de la vaisselle du monde<br />il y a les personnages secondaires<br />les &eacute;lans mystiques<br />il y a les d&eacute;cisions qu&rsquo;il faut prendre<br />les blagues qui tombent mal<br />les deux mots qu&rsquo;on ne dit pas<br />les fins de s&eacute;rie<br />il y a les sucettes &agrave; l&rsquo;anis<br />il y a les galets plats hors de l&rsquo;eau<br />il y a les pr&eacute;liminaires<br />il y a la face du monde qui aurait pu changer<br /><a href="http://www.lesmarges.net/files/5db897fd73923316396d39c73843cbaa-1068.html" rel="self">il y a les nuits trop courtes</a><br />les retardataires<br />les &oelig;ufs<br />les d&eacute;m&eacute;nagements<br />il y a le pain sur la planche<br />les limites &agrave; la patience<br />il y a le lascar qui louche<br />le prix Nobel<br />les ronds dans l&rsquo;eau<br />il y a le voyage autour de sa chambre<br />les ruses de la raison<br />il y a les fr&egrave;res et les s&oelig;urs<br />l&rsquo;Arc de Triomphe<br />les r&eacute;miniscences de choses idiotes<br />il y a les spectacles qui ne valent rien<br />les fuseaux horaires<br />il y a le cagnard<br />il y a l&rsquo;ombre de la victoire de Samothrace<br />les corbeaux solitaires<br />il y a des types formidables<br />les cimeti&egrave;res<br />les sottes recommandations<br />la l&eacute;gende<br />il y a Lausanne<br />il y la convoitise<br />il y a le ciment &agrave; prise &agrave; rapide<br />il y a le fruit du hasard<br />il y le visage de Samuel Beckett<br />les injections l&eacute;tales<br />le premier caf&eacute;<br />le marchand de viande<br />il y a la bienveillance<br />les listes interminables<br />il y a la double digestion<br />le sacre de Charlemagne<br />le n&eacute;ant<br />il y a les pi&egrave;ges de la concision<br />le b&eacute;ton<br />il y a les recherches sur Google<br />les yeux grand ouverts dans la nuit<br />il y a les journ&eacute;es d&rsquo;&eacute;tudes<br />il y a les points &agrave; la ligne<br />l&rsquo;assentiment<br />il y a les matches de boxe<br />les croissants frais sur le zinc<br />les pand&eacute;mies<br />les condamnations<br />il y a les t&ecirc;tes des Jivaro<br />il y a les chiens l&acirc;ch&eacute;s<br />il y a les droits qu&rsquo;on s&rsquo;attribue<br />il y a Waterloo<br />il y a les exc&egrave;s<br />les f&acirc;cheries<br />les r&eacute;f&eacute;rences authentiques<br />une machine &agrave; coudre et un parapluie<br />il y a les voyages en train<br />la magie<br />il y a la page 48<br />la doyenne de l&rsquo;humanit&eacute;<br />les t&acirc;ches auxquelles on renonce<br />il y a les femmes qu&rsquo;on n&rsquo;oublie pas<br />la suffisance des pr&eacute;tentieux<br />il y a ce qu&rsquo;on trouve bien<br />il y a les gros c&eacute;libataires<br />les hurlements de Fellini<br />il y a les &eacute;garements de la providence<br />notre stupidit&eacute;<br />le besoin d&rsquo;absolu<br />les lettres d&rsquo;excuses<br />l&rsquo;ineptie des modes<br />les passagers du train Paris-Le Havre<br />il y a un saut d&rsquo;eau sal&eacute;e<br />le sable<br />les maigres outils pour affronter la vie<br />Princesse Apocalypse<br />il y a le double visage de la r&eacute;alit&eacute;<br />il y a ce rien que nous sommes<br />le pied des murs<br />les fous rires<br />il y a une d&eacute;finition de l&rsquo;aphorisme<br />quelques &acirc;mes charitables<br />la retraite d&rsquo;un &eacute;crivain<br />la tour de Pise<br />il y a un huis-clos<br />le tr&egrave;fle<br />une tondeuse &agrave; gazon<br />un po&egrave;me de Paul Celan<br />le langage des charcuti&egrave;res<br />il y a les enfants des rues<br />les marches aux portes des palais<br />Marcel<br />les contrats &agrave; dur&eacute;e d&eacute;termin&eacute;e<br />les nouveaux riches<br />l&rsquo;exclusion<br />il y a la critique litt&eacute;raire<br />un crieur de bonnes nouvelles<br />l&rsquo;amour courtois<br />le gazon de Wimbledon<br />le remboursement des dettes<br />il y a l&rsquo;&oelig;il du coiffeur<br />il y a des bottes de paille<br />les haies<br />le d&eacute;sherbage<br />la main du Diable<br />des rediffusions<br />il y a une caisse d&rsquo;anchois<br />les origines de la crise<br />les feux de l&rsquo;enfer<br />des rustines<br />une moissonneuse-batteuse<br />il y a un compte &agrave; rebours<br />les relations contre nature<br />les lattes fatigu&eacute;es d&rsquo;un vieux lit<br />il y a m&ecirc;me une fable<br />il y a le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique<br />il y a les portes du Paradis<br />un mot de toi<br />ceux qui sont au pied du mur<br />il y a un ceinturon<br />les poches arri&egrave;re d&rsquo;un jeans<br />la mayonnaise<br />des agents sp&eacute;ciaux<br />il y a l&rsquo;id&eacute;e lumineuse d&rsquo;un sergent<br />les premiers flocons de neige<br />l&rsquo;aubier des arbres centenaires<br />il y a des pots de confiture<br />les reflets verd&acirc;tres du marais<br />les dompteurs de puces<br />les affaires pli&eacute;es<br />les c&oelig;urs &eacute;clat&eacute;s<br />les assoiff&eacute;s du d&eacute;sert<br />un &eacute;trange mille-pattes<br />les marigots<br />il y a un nombre triste<br />un bouquet final<br />l&rsquo;amour de la performance<br />la langue su&eacute;doise<br />les dimanches<br />les bayous<br />les livres qui ne se vendent pas<br />il y a la totalit&eacute; des malheurs<br />de timides essais de conceptualisation<br />il y a les chuchotements<br />les chagrins qui sont &agrave; demeure<br />quelques enfants ill&eacute;gitimes<br />de l&rsquo;all&eacute;gresse<br />des suicides manqu&eacute;s<br />il y a une &eacute;pitaphe extraordinaire<br />il y a des ascenseurs<br />il y a le sida<br />des claquements de portes<br />il y a l&rsquo;autel des incertitudes<br />des chiffres et des lettres<br />il y a l&rsquo;osier<br />les ascensions alpines<br />l&rsquo;odeur de l&rsquo;ambre solaire<br />il y a ce qu&rsquo;on ne dit pas<br />il y a les objets perdus<br />les conjectures<br />l&rsquo;arriv&eacute;e au port<br />il y a la salade pomm&eacute;e<br />une kyrielle de moineaux<br />les rousses<br />le mercurochrome<br />il y a les bonnes mani&egrave;res<br />le mauvais temps<br />les cures d&rsquo;amaigrissement<br />il y a des images de vierges<br />il y a une course d&rsquo;escargots<br />le Q.I. des traders<br />le vieillissement pr&eacute;matur&eacute;<br />les mille et une raisons d&rsquo;aimer<br />la premi&egrave;re barbe<br />l&rsquo;impatience du Chaperon Rouge<br />il y a les demandes inutiles<br />il y a ce qui a lieu mine de rien<br />les ins&eacute;parables<br />l&rsquo;ob&eacute;issance des enfants<br />les longues attentes<br />l&rsquo;abandon<br />il y a les proverbes<br />il y a des moutons &agrave; l&rsquo;&oelig;il vengeur<br />la candeur<br />l&rsquo;effet domino<br />une annexe aux trait&eacute;s de Tilsit<br />la burqa<br />il y a Madeleine Berger<br />les plages bretonnes<br />le souvenir de la bataille d&rsquo;Eylau<br />il y a Yvonne et le G&eacute;n&eacute;ral<br />les commencements de l&rsquo;Histoire<br />les 35 heures<br />le reniement de saint Pierre<br />le quart&eacute;<br />un marchand d&rsquo;&eacute;chelles<br />il y a la Mer Rouge<br />d&rsquo;&eacute;tranges royaumes<br /><br /><br />il y a les difficiles cohabitations<br />il y a les jours de pluie<br />le mouvement ouvrier<br />les &eacute;toiles<br />il y a la famille des ombres<br />le Mont-Blanc<br />les inusables chemins<br />l&rsquo;&eacute;vidence<br />il y a l&rsquo;effondrement d&rsquo;une tour<br />les rendez-vous manqu&eacute;s<br />il y a des proph&eacute;ties<br />la douce folie<br />il y a celle qu&rsquo;on voudrait cueillir au milieu de la foule<br />les diagonales<br />il y a les dimensions de nos vies<br />d&rsquo;autres saisons<br />les merveilles du monde<br />des parkings<br />il y a demain<br />Indianapolis<br />des occasions<br />la tentation d&rsquo;une vraie vie<br />il y a le mardi matin<br />les reconduites &agrave; la fronti&egrave;re<br />le temps des retraites<br />les obsessions<br />il y a l&rsquo;illettrisme<br />le paysage du livre<br />le mois de mars<br />les trains qu&rsquo;on a compt&eacute;s dans la nuit<br />il y a Combray aujourd&rsquo;hui<br />la vie d&rsquo;&eacute;tudiant<br />le fond du jardin<br />il y a l&rsquo;allumeur de r&eacute;verb&egrave;res<br />la mauvaise herbe<br />il y a un fleuve<br />le Goncourt<br />les d&eacute;s pip&eacute;s<br />les vices et les vertus<br />une ceinture brod&eacute;e<br />il y a ceux qui cherchent les poux<br />il y a une th&eacute;orie des genres litt&eacute;raires<br />la col&egrave;re des lecteurs<br />le refus<br />il y a Pompidou<br />il y a aussi la d&egrave;che<br />une m&eacute;ditation sur l&rsquo;avenir<br />les marges de l&rsquo;histoire<br />la duret&eacute; du bois<br />il y a les &eacute;crivains qui tiennent &agrave; la gloire<br />les canap&eacute;s au foie gras<br />les majorit&eacute;s relatives<br />le soutien psychologique<br />il y a les bonnes raisons<br />il y a les arnaques<br />des r&ecirc;veries<br />le chapelet des id&eacute;es re&ccedil;ues<br />les faux espoirs<br />il y a Orly le dimanche<br />l&rsquo;histoire d&rsquo;un Inuit<br />des nuits blanches<br />le tour du monde<br />il y a les lignes de fuite<br />il y a les fois prochaines<br />la plong&eacute;e sous-marine<br />l&rsquo;oubli<br />il y a Fedor Mikha&iuml;lovitch Dosto&iuml;evski<br />il y a Cyrano<br />il y a un seul taulier<br />une t&ecirc;te coup&eacute;e<br />les derni&egrave;res secondes d&rsquo;une vie<br />les files d&rsquo;attente<br />il y a ce qu&rsquo;on s&rsquo;est mis en t&ecirc;te<br />un r&ecirc;ve de Joachim<br />les nymph&eacute;as<br />il y a les brutes z&eacute;l&eacute;es<br />l&rsquo;indiscr&eacute;tion du lecteur<br />des batailles<br />l&rsquo;&icirc;le Maurice<br />une lettre d&rsquo;amour<br />le grain de la voix<br />il y a le d&eacute;sert<br />les horloges<br />les d&eacute;charges<br />il y a les d&eacute;combres<br />les regrets<br />une seconde vie<br />les &eacute;clats de rire<br />il y a celui qui n&rsquo;est pas des n&ocirc;tres<br />il y a un fringant jeune homme<br />la patience de No&eacute;<br />Pluton au p&eacute;rig&eacute;e<br />la grille derri&egrave;re laquelle attendaient les r&eacute;fugi&eacute;s<br />les trains de la mort<br />les colonies de fourmis<br />les regards terrifi&eacute;s<br />il y a les boiteries<br />la honte<br />le bob<br />il y a des mots rares<br />un gars tout seul au coin de la rue<br />la fiert&eacute;<br />les constats affligeants<br />il y a la chasse au li&egrave;vre<br />une joggeuse<br />les punitions<br />les pi&egrave;ges du miroir<br />la position des tireurs<br />les soupirs<br />les boules de cristal<br />les cruelles certitudes<br />il y a Phil&eacute;mon et Tristan<br />il y a la grammaire<br />le libre acc&egrave;s<br />les mousquetaires<br />le vote &eacute;lectronique<br />il y a des manifestants<br />des messages d&rsquo;insultes<br />le soleil qui fait gr&egrave;ve<br />un psychanalyste &agrave; la retraite<br />il y a toi et moi<br />il y a une chanson de gestes<br />des apparitions<br />il y a Dieu<br />les choses de moindre importance<br />il y a la fatigue<br />le plagiat<br />les dimensions de la b&ecirc;tise<br />la patience<br />les coups de chance<br />le bout des champs<br />il y a une pile de chemises<br />un Petit Larousse<br />des insomnies<br />le ciel au-dessus de nos t&ecirc;tes<br />le courrier du monde entier<br />la maladie qui vous cloue<br />les fumeurs et les autres<br />il y a l&rsquo;Atlantide<br />il y a des faussaires<br />un porte-monnaie vide<br />il y a la commune de Ferno&euml;l<br />une approche avort&eacute;e de l&rsquo;infini<br />le voisinage<br />des contestations<br />il y a No&euml;l<br />l&rsquo;ami Pierrot<br />la r&eacute;paration des injustices<br />il y a l&rsquo;Internet<br />les noces de l&rsquo;ennui et de la contrainte<br />il y a les paris<br />un &eacute;crivain gros et fier<br />la danse moderne et classique<br />les hommes &agrave; principes<br />les femmes de Casanova et Casanova lui-m&ecirc;me<br />il y a une bande de d&eacute;s&oelig;uvr&eacute;s<br />l&rsquo;autre calendrier<br />le r&egrave;gne de Charlemagne<br />il y a sa liaison suppos&eacute;e avec Adalinde<br />les lettres de rupture<br />celle qu&rsquo;on a retrouv&eacute; dans l&rsquo;&eacute;tang<br />des larmes<br />il y a les po&egrave;mes dont on ne se souvient pas<br />les brouillons<br />les pages blanches<br />les grains de beaut&eacute;<br />les rondeurs d&eacute;mod&eacute;es<br />le chef du casting<br />une femme de m&eacute;nage<br />l&rsquo;enfant qui r&eacute;clame une histoire<br />il y a m&ecirc;me les cuisses de Blanche-neige<br />le dernier voyage<br />il y a Jules Hetzel<br />ce qui persiste<br />deux policiers toulousains<br />les raison d&rsquo;un refus<br />l&rsquo;inhibition du pape<br />il y a les livres qu&rsquo;on ne lira pas<br />le temps perdu<br />la s&eacute;rendipit&eacute; naturellement<br />la recherche du silence<br />il y a la r&eacute;publique des livres<br />les statistiques<br />une bougie<br />les derniers jours<br />il y a la gu&eacute;rison<br />trois fois trois fois rien<br />il y a des op&eacute;rations arithm&eacute;tiques<br />il y a quelques tours de passe-passe<br />il y a le d&eacute;sespoir<br />il y a celui qu&rsquo;on a oubli&eacute; dans une prison<br />l&rsquo;ombre de Ponce Pilate<br />il y a un wagon de cingl&eacute;s<br />il y a les statuts<br />des jeux en ligne<br />il y a le temps des cerises<br />les d&eacute;faillances humaines<br />des bouteilles<br />un concours d&rsquo;orgasmes en couples<br />il y a l&rsquo;un dans l&rsquo;autre<br />il y a des p&eacute;ripat&eacute;ticiennes<br />un amateur de chiffres ronds<br />il y a des langues inconnues<br />il y a de grosses b&ecirc;tises<br />il y a la corde &agrave; laquelle chacun tire<br />un voyage sur Mars<br />il y a Don Giovanni<br />deux poussettes<br />il y a des hu&icirc;tres<br />les ann&eacute;es 30 &agrave; Chicago<br />les g&acirc;teaux &agrave; forme ridicule<br />Schr&ouml;dinger<br />un chef-d&rsquo;&oelig;uvre inconnu<br />il y a les rendez-vous<br />il y a les bien que<br />un puits au milieu des plates-bandes<br />les bourgeoises de Pont-l&rsquo;&Eacute;v&ecirc;que<br />il y a un enfant de c&oelig;ur<br />il y a le livre de trop<br />l&rsquo;art contemporain<br />il y a ceux qu&rsquo;on disqualifie<br />le tierc&eacute;<br />le poing dans la poche<br />il y a le loto<br />la haine sans raison<br />les excuses<br />il y a un huis sans serrure<br />il y a la m&eacute;t&eacute;o<br />la t&eacute;l&eacute;vision<br />il y a les r&eacute;jouissances<br />les royaumes pourris<br />il y a un h&eacute;risson<br />un centre commercial<br />les d&eacute;s pip&eacute;s<br />il y a les instruments de domination<br />il y a le besoin de se renouveler<br />la b&ecirc;tise<br />l&rsquo;arrogance<br />les caresses<br />il y a sept corps dans un puits<br />l&rsquo;ambigu&iuml;t&eacute;<br />les occasions rat&eacute;es<br />la g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; des m&egrave;res<br />il y a les journ&eacute;es qui durent<br />le bonheur des p&egrave;res<br />la petite forme<br />les anglicismes<br />la distance qu&rsquo;on prend pour y voir clair<br />les nombres sans-grade<br />il y a bien plus<br />il y a l&rsquo;infini qui guette<br />les ovations &agrave; Avignon<br />nos ignorances<br />les s&eacute;vices<br />l&rsquo;avenir qui donne tort<br />un manifeste po&eacute;tique<br />le public<br />il y a les coups de main<br />il y a les pr&eacute;f&eacute;rences<br />les raisons de continuer<br />il y a les pourquoi<br />les fraises<br />la vie apr&egrave;s toi<br />il y a la sobri&eacute;t&eacute;<br />le grand guignol<br />des grandes gueules<br />l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;<br />Tokyo<br />les pingouins du p&ocirc;le Nord<br /><br /><br />il y a les promesses non tenues<br />Leonardo Fibonacci<br />un &eacute;v&ecirc;que<br />des taupes<br />il y a les cactus<br />les mises en examen<br />les effeuilles<br />la route entre Rome et Amsterdam<br />le d&eacute;sir de partir<br />un rond-point<br />une marquise<br />il y a les grosses col&egrave;res<br />les quais de gare<br />il y a les appartenances<br />les illumin&eacute;s de Salt Lake City<br />la reconnaissance<br />les miettes de pain<br />la longueur de la page<br />il y a la rage<br />il y a ce qu&rsquo;on attendait depuis longtemps<br />les refus<br />le temps d&rsquo;avant<br />les r&eacute;incarnations<br />le harc&egrave;lement<br />un majordome<br />il y a les petites &eacute;piceries<br />les n&oelig;uds de vip&egrave;re<br />une merci&egrave;re<br />il y a les trag&eacute;dies de la route<br />l&rsquo;absence du p&egrave;re<br />il y a le ch&acirc;teau d&rsquo;Oliferne<br />la saveur de certaines proses<br />l&rsquo;aveu<br />les coups de pied qui se perdent<br />les &eacute;quations sans r&eacute;ponse<br />des licenciements<br />il y a une chute vertigineuse<br />mille raisons de refuser<br />les estuaires<br />le travail recommenc&eacute;<br />les ports<br />les noms d&rsquo;oiseaux<br />la lisi&egrave;re des bois<br />il y a l&rsquo;immortalit&eacute;<br />les ronds de fum&eacute;e<br />les changements de cap<br />les arr&ecirc;ts maladie<br />la nostalgie<br />les promesses d&rsquo;&eacute;ternit&eacute;<br />des sources et des lacs<br />il y a les grand moulinets<br />les dispenses<br />les passages &agrave; tabac<br />les polars<br />les &eacute;liminations sommaires<br />il y a ta vie<br />les cl&eacute;s de Saint-Pierre<br />la ti&eacute;deur de l&rsquo;enfer<br />les hom&eacute;lies pascales<br />il y a l&rsquo;olivier centenaire<br />les passages &agrave; blanc<br />les habits de printemps<br />les justifications<br />il y a des impr&eacute;cisions<br />il y a les retards<br />l&rsquo;autosatisfaction<br />les degr&eacute;s de l&rsquo;humour<br />les rires<br />les agences de presse<br />les imitations qui mettent mal &agrave; l&rsquo;aise<br />l&rsquo;huile oubli&eacute;e sur le feu<br />la v&eacute;rit&eacute; du Petit Poucet<br />l&rsquo;enterrement du mouvement surr&eacute;aliste<br />il y a les mouches<br />il y a la bravoure<br />le livre des records<br />il y a ceux qui passent &agrave; travers les murs<br />il y a ceux que l&rsquo;imagination n&rsquo;&eacute;touffe pas<br />les gants blancs<br />l&rsquo;amour des comptes ronds<br />le vouloir dire<br />les petits r&eacute;flexes c&acirc;lins<br />les bons c&ocirc;t&eacute;s<br />les supplications<br />un confessionnal<br />il y a les derniers cheveux<br />le bilans des gains et des pertes<br />les taches de rousseur<br />il y a des r&acirc;teaux et une pelle<br />il y a les bonbons<br />Robert Desnos<br />les mensonges<br />le z&eacute;ro<br />les examens<br />l&rsquo;encre rouge<br />il y a le clin d&rsquo;&oelig;il des &eacute;toiles<br />l&rsquo;extr&ecirc;me onction<br />les frasques de coco<br />il y a des d&eacute;positions<br />il y a les mauvaises raisons<br />l&rsquo;inutilit&eacute;<br />le vieil Armand<br />le chapelet des petits emmerds<br />les aboiements<br />la tonsure des moines<br />il y a un p&egrave;re et sa fille dans un parc<br />il y a les petites pierres blanches<br />l&rsquo;heure qui passe<br />la dur&eacute;e<br />le type qu&rsquo;on f&ecirc;te<br />le geste tranchant des g&eacute;ants<br />les confidences<br />il y a un g&acirc;teau d&rsquo;anniversaire<br />il y a des bougies<br />il y a l&rsquo;agitation<br />l&rsquo;assiduit&eacute;<br />il y a ceux qui s&rsquo;y croient<br />il y a un sonnet<br />il y a des vies minuscules<br />le r&eacute;veil<br />l&rsquo;Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise<br />les pr&eacute;textes<br />l&rsquo;ordinaire<br />l&rsquo;appel du 18 juin<br />il y a un hymne national<br />il y a les cort&egrave;ges de sottises<br />ce vers quoi porte le regard<br />les constructions de demain<br />les curiosit&eacute;s linguistiques<br />les superstitions<br />les yeux des fous<br />il y a les gadgets<br />il y a les robes de mari&eacute;e<br />la scansion<br />les pauvres espoirs<br />il y a les fiches de cuisine<br />les lamentations<br />le pressentiment<br />l&rsquo;entassement des saisons<br />les manies inaper&ccedil;ues<br />les vieilles bouteilles<br />il y a les trompettes de la renomm&eacute;e<br />il y a ceux qui ont un chien<br />le pourrissement des morts<br />un r&ecirc;ve d&rsquo;Ubu<br />l&rsquo;herbe verte au retour du d&eacute;sert<br />les sifflements du vent<br />les p&acirc;tes de fruits<br />les crevaisons<br />il y a une cahute<br />il y a les trompe-l&rsquo;&oelig;il vieillis<br />le Paic citron<br />il y a les recommencements<br />les jolies brindilles<br />les d&eacute;jeuners sur l&rsquo;herbe<br />les d&eacute;clarations<br />la correction<br />les h&eacute;rissons qui se h&acirc;tent sur le bitume<br />la crise<br />il y a les professeurs de philosophie<br />les arbres &agrave; came<br />il y a l&rsquo;immanquable<br />la pagaille<br />les inondations<br />il y a des revenants<br />il y a des cactus<br />il y a les syllabes<br />l&rsquo;&acirc;ge m&ucirc;r<br />il y a Shakespeare<br />l&rsquo;ombre du ma&icirc;tre<br />le cancer de la gorge<br />la Guilde des avocats de la ville de Dijon<br />le pr&eacute;nom oubli&eacute; d&rsquo;Alzheimer<br />les salari&eacute;s au lendemain de leur licenciement<br />il y a l&rsquo;h&ocirc;pital Sainte-Anne<br />il y a les bonus<br />il y a ce que tu vois dans la glace<br />les sondages<br />les rencontres de Chaminadour<br />les restrictions budg&eacute;taires<br />les exigences tyranniques<br />l&rsquo;oubli des proches<br />la ponte<br />les cueillettes<br />il y a le tournage d&rsquo;un film<br />il y a les gargotes<br />les m&eacute;thodes pour bien lire<br />une paire de bottes<br />les ap&ocirc;tres<br />les quelques secondes de trop<br />les exercices d&rsquo;admiration<br />la contagion<br />le confort<br />il y a des r&eacute;ussites<br />il y a les poign&eacute;es de mains<br />il y a ce qu&rsquo;on oubliera<br />il y a les employ&eacute;s des douanes<br />les victoires qui lassent<br />la d&eacute;pression<br />l&rsquo;inlassable circulation des hommes<br />les cris de la victoire<br />il y a la fin des vacances<br />la d&eacute;mission des leaders<br />le cercle de l&rsquo;horizon<br />il y a un bouclier de cuir &agrave; l&rsquo;ancienne<br />il y a les mesquineries<br />les plaintes qui n&rsquo;aboutissent pas<br />la relativit&eacute; du temps<br />la princesse de Cl&egrave;ves<br />la jalousie<br />la n&eacute;cessit&eacute;<br />les 400 coups<br />il y a la roulette russe<br />la r&eacute;p&eacute;tition des mauvais souvenirs<br />les airs fripons<br />il y a le ridicule<br />les exc&egrave;s<br />l&rsquo;histoire qui d&eacute;file<br />le d&eacute;couragement<br />la gu&eacute;rison<br />il y a le regroupement de militants fanatis&eacute;s<br />les ravissements<br />le consentement au premier baiser<br />les habitudes qui franchissent les g&eacute;n&eacute;rations<br />il y a un billet de 1&nbsp;000 dollars<br />la bouche qui te regarde<br />les s&eacute;ances chez le psy<br />il y a les tablettes d&rsquo;argile<br />la r&eacute;cursivit&eacute;<br />la r&eacute;bellion de personnages en papier<br />il y a un ange d&eacute;vast&eacute;<br />il y a cent mille milliards de po&egrave;mes<br />il y a les casse-t&ecirc;te<br />les all&eacute;es du P&egrave;re Lachaise<br />sept oranges &agrave; Alicante<br />la l&eacute;gitimit&eacute; obtenue au forceps<br />le d&eacute;barquement &agrave; Cyth&egrave;re<br />il y a l&rsquo;avenir du livre num&eacute;rique<br />il y a la preuve par l&rsquo;absurde<br />la sup&eacute;riorit&eacute; des formes br&egrave;ves<br />les beaut&eacute;s en bikinis<br />le Boudpokistan<br />il y a l&rsquo;inattention<br />les yeux dans le vague<br />les groupes des pression<br />il y a des poulets en vadrouille<br />il y a une &eacute;lection<br />il y a les coups sur la t&ecirc;te<br />les recours &agrave; ce qu&rsquo;on ne saurait disposer<br />les maux de dents<br />les bons perdants<br />le manque d&rsquo;id&eacute;es<br />l&rsquo;&eacute;vidence &agrave; laquelle on se rend<br />l&rsquo;arm&eacute;e mon&eacute;gasque<br />les combats d&rsquo;arri&egrave;re-garde<br />il y a ce que tu me dis<br />le livre des records<br />il y a les exc&egrave;s de bi&egrave;re<br />les explications confuses<br />il y a une soutenance de th&egrave;se<br />il y a les gorges chaudes<br />les pr&eacute;s fauch&eacute;s<br />il y a les charpentes<br />les r&eacute;voltes populaires<br />il y a l&rsquo;Afghanistan<br />les oui mais<br />il y a les engagements pr&eacute;cieux<br />les fabuleux destins<br />les balades en bateau<br />il y a ce qu&rsquo;il faut bien admettre<span style="font:13px Verdana, serif; color:#555555;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">26 octobre 2010</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 7 novembre 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Hors jeu</category><dc:date>2010-11-09T14:14:32+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/4bc85c5fe9b80e754de32f727e01f852-1096.html#unique-entry-id-1096</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/4bc85c5fe9b80e754de32f727e01f852-1096.html#unique-entry-id-1096</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/105.4.png" width="50" height="50"/><br /><br /><object type="application/x-shockwave-flash" data="dewplayer.swf?son=camprakyrie.mp3" width="180" height="20"> <param name="movie" value="dewplayer.swf?son=camprakyrie.mp3" /> </object><br /><br />Personne au rendez-vous, pas l&rsquo;ombre d&rsquo;une foule au coeur de laquelle il &eacute;tait si r&eacute;confortant autrefois de m&ecirc;ler sa voix, aucune t&acirc;che, des promesses oubli&eacute;es et des &eacute;chos lointains. Les hommes se sont tus, le grand r&eacute;cit qui tient ensemble nos jours est all&eacute; de son c&ocirc;t&eacute; avec la discr&eacute;tion de la chouette au cr&eacute;puscule. Lourd dans le matin gris, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de tout &agrave; c&ocirc;t&eacute; de rien, sans la hauteur de vue des galets dans le lit du ruisseau sec, l&rsquo;abandon des bris de roue du vieux moulin, la patience du d&eacute;sert.<br />Il serait d&eacute;raisonnable d&rsquo;user de la force &ndash; contre qui ? &ndash; , de se d&eacute;tourner &ndash; pour aller o&ugrave; ? &ndash;, tout au plus esp&eacute;rer un signe &ndash; mais qui y consentirait ? Alors on r&ecirc;ve, on r&ecirc;ve avec les dents : quelque chose glissera et roulera sur le chemin, on se penchera et on reviendra sur terre. <br />Soudain se l&egrave;ve un chant d&rsquo;autrefois, sacr&eacute; et familier, que nul n&rsquo;a jamais compris, venu du fond de la nuit, mots cach&eacute;s, mots ressass&eacute;s depuis une &eacute;ternit&eacute;. Le chant vient par-dessous l&rsquo;espace de plomb, le soul&egrave;ve et dans les plis de cette rengaine se fait entendre le silence, le silence qui pousse hors de lui le condamn&eacute; avant de le d&eacute;poser sur l&rsquo;autre rive.<br />L&rsquo;avenir est incertain mais l&rsquo;horizon a les bras larges. Tandis que la nuit vient, le prisonnier navigue un instant vent arri&egrave;re, dans les rebords du temps, un peu plus libre, avec &agrave; c&ocirc;t&eacute; la foule anonyme et souriante des morts et des vivants.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les p&#xe2;turages</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2010-11-05T09:30:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/4865339885ecef040ea8cae54a3c38fe-1093.html#unique-entry-id-1093</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/4865339885ecef040ea8cae54a3c38fe-1093.html#unique-entry-id-1093</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 11" src="http://www.lesmarges.net/files/104.4.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Il y a les p&acirc;turages en novembre<br />les cendres chaudes<br />il y a l&rsquo;eau lorsqu&rsquo;elle se gargarise<br />les &eacute;quilibres pr&eacute;caires<br />il y a les t&egrave;ches de bois<br />le miel<br />il y a 1848<br />les &acirc;mes discr&egrave;tes<br />il y a la r&eacute;cup<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXXVIII</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-11-03T09:30:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e7b78e6939df860b6ed8b811f520742b-1092.html#unique-entry-id-1092</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e7b78e6939df860b6ed8b811f520742b-1092.html#unique-entry-id-1092</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/104.2.png" width="50" height="50"/> <br /><br />A la lisi&egrave;re du bois Vuacoz, immobile sur un banc, une dame, petite dans son long manteau noir, serre dans le creux de sa main une id&eacute;e noire. Elle songe, comme elle semble p&acirc;le, elle parle, seule, attach&eacute;e &agrave; un maigre souvenir qui ne la quitte pas. J&rsquo;approche de la r&ecirc;veuse, aper&ccedil;ois une noirceur qui lui vrille la tempe, prends peur puis soupire. La belle t&eacute;l&eacute;phone &agrave; son coiffeur.<br /><br />Des dindons glougloutent. Non! ce sont les copines de Malou avec Jean-R&eacute;my qui bo&icirc;te comme un canard.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 31 octobre 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Hors jeu</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-11-04T09:30:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e7ad990e40eef49c3d91d41f0b5f7a23-1091.html#unique-entry-id-1091</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e7ad990e40eef49c3d91d41f0b5f7a23-1091.html#unique-entry-id-1091</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 10" src="http://www.lesmarges.net/files/104.3.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Pour la quatri&egrave;me fois cette semaine je monte &agrave; Pra Massin, quatre fois je m&rsquo;&eacute;tends sous les Ch&ecirc;nes, &agrave; l&rsquo;abri de la haie, vivace, bouleaux et fr&ecirc;nes, un peu d&rsquo;herbe verte sous la veste et l&rsquo;orient &agrave; l&rsquo;orient. Les collines font le dos rond et les lignes de fuite caressent le creux de leurs reins. La neige de la semaine pass&eacute;e coule le plomb sur les flancs de Brenleire et de Folli&eacute;ran, quelques chats se h&acirc;tent sous les Tailles, derni&egrave;res chasses aux mulots avant que la terre roussie ne durcisse. Je cherche les b&ecirc;tes qui couraient il y a peu dans les taillis, un merle brasse les samares et fait les bonnes affaires. Bien loin dans la m&eacute;moire des silhouettes s&rsquo;effacent, &acirc;mes solitaires qui raient le flanc noir des bois, vont et viennent dans les couloirs du purgatoire, raides sur des buttes, aux lisi&egrave;res  ou assises sur des bancs. Elles guettent ce qui vient et se gardent de ce qui va, mais il est trop tard, on est de trop et c&rsquo;est tant mieux, chass&eacute; de la bonne saison, &agrave; trente pas de tout et de rien, et le reste, avec autour le silence liquide, le l&eacute;ger fr&eacute;missement du chemin d&rsquo;erre, pas grand chose, la rouille des saisons, les amarres, un peu de fum&eacute;e.<br /><br />J&rsquo;ai lev&eacute; ce matin le plan de refuges dress&eacute;s &agrave; l&rsquo;insu des services de protection qui maintiennent en &eacute;quilibre au coeur du caduc ce qui ne co&ucirc;te rien. Quelques solitaires y demeurent &agrave; l&rsquo;&eacute;cart du cadastre, ils ont laiss&eacute; quelques traces, nul mot de l&rsquo;abandon, mais il est &eacute;crit dans le pr&eacute; au milieu duquel ils brillent qu&rsquo;un jour on sera invit&eacute; nous aussi au festin, on verra les contours d&rsquo;une possibilit&eacute; intacte, &ecirc;tre de dedans ce beau d&eacute;sastre. Ici c&rsquo;est chacun son tour &agrave; la condition d&rsquo;avoir su renoncer &agrave; temps, accueillir ce que personne ne veut et dont m&ecirc;me l&rsquo;aveugle se d&eacute;barrasse. Je laisse filer les choses dans les bords et reste dans le calme du milieu.<br /><br />Une grande vague soul&egrave;ve la terre, le merle a saisi une sauterelle et quelques promeneurs picorent la vie qui affleure. Pourquoi les seuls t&eacute;moins de l&rsquo;amont se sentent-ils coupables ? Une folle tout l&agrave;-haut sur le banc, noir v&ecirc;tue, un peu g&ecirc;n&eacute;e par la vie qui vient en trop. Et &agrave; nouveau les cloches sur le chemin, la vie qui avance sur la pointe des pieds emmenant &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s une cohorte de fant&ocirc;mes, le trop plein du purgatoire goutte dans le caniveau, les peurs infernales se sont tues. Il pleut, on aura demain les pieds dans la boue.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Eaux mortes</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-11-02T09:30:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/cf1f597d69f37d23cd971abcbe7368b6-1090.html#unique-entry-id-1090</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/cf1f597d69f37d23cd971abcbe7368b6-1090.html#unique-entry-id-1090</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/104.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Malgr&eacute; la pression <br />les incessantes demandes<br />on ne termina aucun des aqueducs<br />pr&eacute;vus dans le plan directeur<br /><br />on invoqua de secr&egrave;tes divergences<br />la faible ing&eacute;niosit&eacute; des ouvriers <br />juch&eacute;s sur des draisines <br />d&rsquo;un autre temps<br /><br />on am&eacute;nagea deux ou trois bisses <br />conduisant l&rsquo;eau souill&eacute;e des marais <br />dans des creux de pierres et de ciment <br />p&eacute;riodiquement curet&eacute;s <br />situ&eacute;s en p&eacute;riph&eacute;rie de la capitale<br />on y remplissait des jarres vendues en ville<br />d&rsquo;eaux saum&acirc;tres<br />lessives sommaires<br /><br />malgr&eacute; de courageux essais<br />l&rsquo;intelligence reculait <br />dans les sous-sols de la ville<br />l&rsquo;&eacute;quilibre &eacute;tait rompu<br /><br />on se fourvoya<br />en avan&ccedil;ant l&rsquo;insuffisance des moyens<br />l&rsquo;ambitions et les fins<br />on brisa tous les r&eacute;cipients en terre cuite<br /><br />quelques d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;s<br />envoy&egrave;rent des &eacute;missaires  <br />par-del&agrave; l&rsquo;oc&eacute;an<br />comme toujours certains attendent leur retour<br /><br />d&rsquo;autres guettent les pierres utiles <br />&agrave; la r&eacute;fection des chauss&eacute;es <br />qu&rsquo;ils emprunteront lorsqu&rsquo;ils estimeront<br />qu&rsquo;il est enfin temps de partir<span style="font:13px Verdana, serif; color:#555555;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 24 octobre 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-10-26T00:57:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/70819a5d5a6ffdb558dc4130dc21784c-1089.html#unique-entry-id-1089</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/70819a5d5a6ffdb558dc4130dc21784c-1089.html#unique-entry-id-1089</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/102.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />La neige tomb&eacute;e pendant la nuit a sonn&eacute; le glas des beaux jours, il faut s&rsquo;y faire ce matin. Mais avant de s&rsquo;engager plus avant dans la mauvaise saison, les Joratois ont encore &agrave; d&eacute;cider de l&rsquo;allure de celle qui a pris fin. C&rsquo;est parce que la m&eacute;moire n&rsquo;y suffit pas et qu&rsquo;aucune position ferme ne s&rsquo;impose que les paysans, depuis l&rsquo;aurore, traitent de l&rsquo;&eacute;pineuse question avec les premiers lev&eacute;s, quelques-uns du Conseil communal, les vieux et le laitier. Pas un mot ou si peu, les tractations sont secr&egrave;tes. La d&eacute;cision est politique et rel&egrave;ve tout autant du l&eacute;gislatif que de l&rsquo;avis &eacute;clair&eacute; de ceux qui chaque jour, au saut du lit, scrutent l&rsquo;orient. Les uns et les autres p&egrave;sent les &eacute;l&eacute;ments, convoquent les souvenirs, les jours perdus, la gr&ecirc;le, les semailles, le soleil, le retard, les orages, l&rsquo;humeur de la patronne, les labours, le niveau des sources, la qualit&eacute; du lait, le fils, la fille,...<br />Lorsque j&rsquo;arrive au caf&eacute;, les tractations ont bien avanc&eacute; d&eacute;j&agrave;, je le vois &agrave; la mine entendue de certains. D&rsquo;autres pourtant s&rsquo;en vont d&eacute;&ccedil;us, t&ecirc;te baiss&eacute;e, avec l&rsquo;impression d&eacute;sagr&eacute;able d&rsquo;avoir d&ucirc; se plier &agrave; ce qui s&rsquo;est d&eacute;cid&eacute; sans eux &ndash; et un peu contre eux. Mais c&rsquo;est la loi ici et aucun ne trahira la d&eacute;cision prise. <br />Au bar tra&icirc;nent encore les &eacute;missaires des villages voisins dans lesquels on a envoy&eacute; les n&ocirc;tres. Ils se croiseront sous peu au giratoire de Sottens, il faut qu&rsquo;&agrave; midi l&rsquo;affaire soit pli&eacute;e, d&rsquo;Oron &agrave; Echallens, de Corcelles &agrave; Denezy. Quelques mots encore par-ci, quelques mots par-l&agrave;, un dernier tour de table, silencieux, la sainte &eacute;quipe se regarde toute proche de l&rsquo;irr&eacute;vocable d&eacute;cision. C&rsquo;est fait ! S&rsquo;installe alors le silence puissant de ceux qui font le beau temps, le silence du pr&eacute;sident du Conseil communal, du laitier et du secr&eacute;taire de l&rsquo;Association des d&eacute;chets carn&eacute;s qui commande trois d&eacute;cis et trois verres, c&rsquo;est son tour.<br />Un peu plus tard le laitier se l&egrave;ve, il me salue, je me risque et me lance.<br />&ndash; La neige est tomb&eacute;e bien bas cette nuit.<br />&ndash; On a eu une belle saison, faut le reconna&icirc;tre. <br />Je cherche &agrave; me souvenir, je n&rsquo;ai pas de vue d&rsquo;ensemble, mais malheur &agrave; celui par lequel le scandale arrive. J&rsquo;opine avec le sentiment de l&rsquo;in&eacute;luctable, le laitier a raison, certainement raison, il sort du caf&eacute; un bonnet de laine sur la t&ecirc;te.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>D&#xe9;placement de populations</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-10-28T09:57:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/8619a3c5f54c52d7eee7006e8977b827-1088.html#unique-entry-id-1088</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/8619a3c5f54c52d7eee7006e8977b827-1088.html#unique-entry-id-1088</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/102.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Les discussions<br />touchaient &agrave; l&rsquo;occupation <br />de la vall&eacute;e centrale<br />immense cuvette dont on ne voyait pas le fond <br />on voulut combler cette lacune<br />en d&eacute;versant les bris de terre cuite<br />les morceaux de verre pil&eacute; <br />collect&eacute;s dans l&rsquo;&icirc;le<br />on appela ce chantier <br />le chantier du si&egrave;cle<br />ouvrage sec qui ne repoussa <br />ni les larmes ni la soif<br /><br />malgr&eacute; l&rsquo;humidit&eacute; <br />venue du large<br />les faibles variations <br />du meilleur comme du pire<br />on craignit que l&rsquo;eau potable <br />prenne ses distances d&eacute;finitivement<br />on craignit une fois encore<br />la disparition de la lagune<br />on but la contradiction <br />jusqu&rsquo;&agrave; la lie en subissant <br />les inconv&eacute;nients de la s&eacute;cheresse<br />les inconv&eacute;nients des inondations<br /><br />autrefois <br />la centrale suffisait largement<br />on r&eacute;pondait aux pannes<br />du tac au tac <br />on n&rsquo;eut d&rsquo;autre solution <br />cette fois<br />que d&rsquo;all&eacute;ger <br />la dimension des communaut&eacute;s<br />chefs captur&eacute;s filles &eacute;vacu&eacute;es <br />lugubre souvenir que celui <br />des chants d&rsquo;errance<br />hommes charg&eacute;s de sel<br />r&eacute;duits &agrave; l&rsquo;aggravation de leur &eacute;tat<br />arbres renomm&eacute;s <br />rochers fendus au pied desquels <br />les sources savantes <br />avaient perdu jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;id&eacute;e m&ecirc;me de pente<br /><br />au fond de l&rsquo;oeil des habitants de l&rsquo;&icirc;le<br />s&rsquo;accumulait la haine des saisons<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Parabole</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-11-01T00:57:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b840b9cbd39a0fb71b18e3392ef07865-1087.html#unique-entry-id-1087</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b840b9cbd39a0fb71b18e3392ef07865-1087.html#unique-entry-id-1087</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 13" src="http://www.lesmarges.net/files/104.5.png" width="56" height="57"/><br /><br />&laquo;Je cherche un homme&raquo; r&eacute;p&eacute;tait Diog&egrave;ne en parcourant la ville d'Ath&egrave;nes avec sa lanterne.<br /><br />&Agrave; &OElig;dipe qui se demande comment retrouver &agrave; cette heure la trace incertaine d'un crime si vieux&nbsp;? Cr&eacute;on r&eacute;pond&nbsp;: &laquo;Ce qu'on cherche, on le trouve&nbsp;; c'est ce qu'on n&eacute;glige qu'on laisse &eacute;chapper.&raquo;<br /><br />Et toi pauvre insens&eacute;, que r&eacute;ponds-tu &agrave; celui qui te demande ce que tu cherches au c&oelig;ur de ces lignes, et que tu ne trouves pas&nbsp;? Dis, que r&eacute;ponds-tu&nbsp;?<span style="font:13px Verdana, serif; color:#555555;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">17 octobre 2010<br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXXVII</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-10-27T08:57:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ef3c4787f67e9de38b93b53db77ddfd5-1086.html#unique-entry-id-1086</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ef3c4787f67e9de38b93b53db77ddfd5-1086.html#unique-entry-id-1086</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/102.3.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Jamais le travail n&rsquo;est si s&eacute;duisant que lorsqu&rsquo;on est sur le point de s&rsquo;y mettre ; on le plantait donc l&agrave; pour d&eacute;couvrir la ville. </em>Proposition s&eacute;duisante certes, mais qui, j&rsquo;en prends conscience aujourd&rsquo;hui, ne se v&eacute;rifie qu&rsquo;&agrave; certaines conditions, nombreuses, difficiles &agrave; d&eacute;m&ecirc;ler et souvent difficiles &agrave; remplir.<br /><br />A l&rsquo;&eacute;troit, sot et sourd, agit&eacute;, lourd, pr&eacute;somptueux, craintif, cr&eacute;dule et mou, Jean-R&eacute;my rayonne. Je me d&eacute;tourne sur son passage et m&rsquo;&eacute;loigne, inquiet, &agrave; petits pas serr&eacute;s.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Mathesis universalis</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-10-25T00:57:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/4a1bac59cdf81931e751c4ea40edd54e-1085.html#unique-entry-id-1085</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/4a1bac59cdf81931e751c4ea40edd54e-1085.html#unique-entry-id-1085</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/102.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />L&rsquo;imperfection de la cr&eacute;ation torture Jean-R&eacute;my, qui ne peut imaginer des s&eacute;ries que parall&egrave;les et compl&egrave;tes&nbsp;; peu importe d&rsquo;ailleurs le nombre&nbsp;: 24 ou 26, 31 ou 36, Jean-R&eacute;my est pr&ecirc;t &agrave; tout. Mais surtout, surtout mon Dieu, autant de dents dans la bouche de l&rsquo;homme que de cantons dans la Conf&eacute;d&eacute;ration helv&eacute;tique, de jours dans le mois que de lettres dans l&rsquo;alphabet.<br /><br />Si la d&eacute;couverte d&rsquo;un mille-pattes n&rsquo;en poss&eacute;dant que 807 a secou&eacute; il y a une ann&eacute;e, <a href="http://les807.blogspot.com/2009/02/54-stiriinpetdeset.html" rel="self">on s&rsquo;en souvient</a>, la communaut&eacute; des savants, celle r&eacute;cente d&rsquo;un parterre de millepertuis aux feuilles perfor&eacute;es 403 fois seulement a mis en &eacute;bullition celle des botanistes. Ne parlons pas des p&acirc;tissiers qui sont au taquet avec leurs mille-feuilles auxquels plus personne ne croit et qui n&rsquo;ont pas h&eacute;sit&eacute; &agrave; faire appel &agrave; la cr&egrave;me des avocats pour r&eacute;pondre aux plaintes qui affluent.<br /><br />Sandra m&rsquo;annonce fi&egrave;rement que Lili sait compter jusqu&rsquo;&agrave; cinq&nbsp;: Lili se pr&eacute;pare, Lili surveille sa main gauche grand ouverte, jette un coup d&rsquo;&oelig;il &agrave; sa main droite avant d&rsquo;appliquer chacun des doigts de la seconde &agrave; ceux de la premi&egrave;re. Bien vu Lili, mais comment sais-tu qu&rsquo;il y a cinq doigts dans ta seconde main&nbsp;? Lili l&egrave;ve la t&ecirc;te, me consid&egrave;re incr&eacute;dule, h&eacute;site, regarde successivement son pied gauche et son pied droit, soigneusement, Lili est prise de vertige, h&eacute;site encore, se penche, r&eacute;siste, le temps passe. Lili sourit enfin, elle ne fera pas le pas suivant&nbsp;: c&rsquo;est fait, Lili sait compter mais Lili ne sera pas contorsionniste.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">5 juillet 2010<br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Disparition</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Peuplement</category><dc:date>2010-10-19T20:48:35+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/430ae1749d278f8e5e0de8d655ae2716-1084.html#unique-entry-id-1084</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/430ae1749d278f8e5e0de8d655ae2716-1084.html#unique-entry-id-1084</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/101.4.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Le directeur de l&rsquo;entreprise Pleinfeu, Eric Jaquier, leader en Europe de l&rsquo;allumette a disparu. On se perd en conjectures, on ne lui connaissait aucun ennemi. <br />Madame Zampi&eacute;ri, boulang&egrave;re dans le quartier de la Palaz est la derni&egrave;re &agrave; l&rsquo;avoir vu. C&rsquo;&eacute;tait un nouveau client, il venait de temps en temps autour de midi acheter une demi-livre de pain. La veille de sa disparition, nous a racont&eacute; la commer&ccedil;ante, Monsieur Jaquier est entr&eacute; dans sa boutique &agrave; 16 heures 30, il a regard&eacute; attentivement les p&acirc;tisseries. Apr&egrave;s de longues h&eacute;sitations, il s&rsquo;est d&eacute;cid&eacute; pour deux tartes anglaises, il en restait une troisi&egrave;me.<br />- Je vous l&rsquo;offre, personne n&rsquo;en voudra.<br />Monsieur Jaquier a souri, l&rsquo;a remerci&eacute; avant de sortir.<br />Le lendemain, c&rsquo;est-&agrave;-dire le jour de sa disparition, le fabricant d&rsquo;allumettes est &agrave; nouveau entr&eacute; dans le magasin. Il s&rsquo;est approch&eacute; du comptoir, a regard&eacute; les p&acirc;tisseries. <br />- Je l&rsquo;ai vu alors trembler, il a prononc&eacute; de dr&ocirc;les de mots avant de s&rsquo;en aller pr&eacute;cipitamment les mains vides. Il &eacute;tait environ 16 heures 30, les client du tea-room lisaient religieusement leur quotidien, les enfants criaient dans le parc, un chien aboyait. M&ecirc;me  qu&rsquo;il me restait comme la veille trois tartes anglaises.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les lacs d&#x2019;altitude</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2010-10-21T20:48:34+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/42310c88dac9a794c751c2dc933df4da-1083.html#unique-entry-id-1083</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/42310c88dac9a794c751c2dc933df4da-1083.html#unique-entry-id-1083</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/101.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les lacs d&rsquo;altitude<br />le paysage qui s&rsquo;&eacute;loigne dans le r&eacute;troviseur<br />il y a les poires &agrave; botsi<br />il y a le jour qui ne vient pas<br />le recto et le verso<br />il y a les voyages d&rsquo;avant la cartographie<br />les r&eacute;missions<br />le b&eacute;gaiement<br />il y a le grincement des portes<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 17 octobre 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2010-10-22T00:48:34+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c9188cb397a74c4250a6a5c20240136b-1082.html#unique-entry-id-1082</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c9188cb397a74c4250a6a5c20240136b-1082.html#unique-entry-id-1082</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/101.3.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Il est revenu de Gstaad pour un court week-end. Lui c&rsquo;est les parquets, les planchers et la moquette. Deux mois d&eacute;j&agrave; qu&rsquo;il y est avec les autres, une bonne cinquantaine &agrave; travailler &agrave; la r&eacute;fection d&rsquo;un h&ocirc;tel de luxe, douze millions c&rsquo;est le prix, ou quinze c&rsquo;est selon. Des menuisiers et des peintres, des appareilleurs et des &eacute;lectriciens, artisans sans lesquels les riches seraient des bons &agrave; rien. Ils conjuguent leurs forces, embo&icirc;tent leur temps, il faut tenir les d&eacute;lais, les p&eacute;nalit&eacute;s sont ch&egrave;res. Une &eacute;quipe soud&eacute;e mais chacun pour soi, t&rsquo;es pas dans les temps tant pis pour toi. Douze heures de travail pour gagner quelques tunes suppl&eacute;mentaires, on trouve un endroit pour dormir, un autre pour manger, pour une bouch&eacute;e de pain sinon &agrave; quoi bon s&rsquo;exiler. Une ou deux bi&egrave;res le soir pour aller jusqu&rsquo;&agrave; minuit. Tu me dis qu&rsquo;il te faudra deux mois encore avant de terminer les travaux.<br /><br />Je rejoins Gstaad et mes employeurs qui occupent un chalet de ma&icirc;tre entre la Lauenenstrasse et la Rotlistrasse, un couple de milliardaires parisiens en instance de divorce, une fillette et un gar&ccedil;on de dix et douze ans auxquels je vais enseigner le fran&ccedil;ais, le latin et les math&eacute;matiques durant l&rsquo;hiver 1974. Ecole le matin et cours de ski l&rsquo;apr&egrave;s-midi, rien &agrave; en dire, des enfants caract&eacute;riels, un p&egrave;re absent, une m&egrave;re qui monte au Palace en fin d&rsquo;apr&egrave;s midi pour y jouer au bridge et en redescendre au petit matin. Madame se l&egrave;ve un peu apr&egrave;s midi et donne ses ordres depuis la t&ecirc;te de son lit, les traits tir&eacute;s, pas beau &agrave; voir. On m&rsquo;a trouv&eacute; une chambre dans un chalet tout proche.<br />Je travaille de concert avec un couple de Portugais qui dorment au sous-sol : elle cuisine, fait les lessives et s&rsquo;occupe des chambres; il est chauffeur, fait les courses et endosse le gilet &agrave; raies jaunes et noires de Nestor &agrave; midi et le soir, ils sont au service de leur ma&icirc;tresse depuis plusieurs ann&eacute;es d&eacute;j&agrave;, dociles.<br />Et puis, au coeur du dispositif, il y une Autrichienne de Salzburg, jeune nurse bien faite ma foi qui s&rsquo;ennuie un peu, moi aussi. L&rsquo;entreprise roule si bien que les liens du pr&eacute;cepteur et de la nurse se resserrent. La premi&egrave;re semaine n&rsquo;est pas achev&eacute;e qu&rsquo;il se retrouve enferm&eacute; dans le chalet &agrave; des heures qui d&eacute;passent les convenances. C&rsquo;est certainement un pi&egrave;ge tendu par les Portugais.  <br />Qui n&rsquo;a pas pris la poudre d&rsquo;escampette par les airs n&rsquo;a pas fait le grand tour de l&rsquo;amour, qui n&rsquo;en est pas revenu mourra idiot. Il lui faut donc sortir co&ucirc;te que co&ucirc;te avant le r&eacute;veil de la maisonn&eacute;e. L&rsquo;Autrichienne qui n&rsquo;a pas froid aux yeux lui promet qu&rsquo;ils prendront d&eacute;sormais d&rsquo;autres pr&eacute;cautions pour neutraliser les ennemis de leur passion et r&eacute;chauffer leur hiver. Pour l&rsquo;instant il faut traverser sur la pointe des pieds la chambre des enfants au sommeil tourment&eacute; et rejoindre le balcon. Pas d&rsquo;&eacute;chelle mais deux &eacute;tages &agrave; vaincre pour devenir un homme accompli. Fermez les yeux, c&rsquo;est fait. Ne voyez-vous pas le h&eacute;ros qui s&rsquo;&eacute;loigne dans la nuit?<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>R&#xe9;trocession</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-10-20T20:48:33+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f9bb9dda6a8e693de1fc2b1c1e06e2af-1081.html#unique-entry-id-1081</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f9bb9dda6a8e693de1fc2b1c1e06e2af-1081.html#unique-entry-id-1081</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/101.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />A deux pas<br />des galeries &agrave; claire-voie <br />des administrations <br />autrefois prosp&egrave;res<br />trois pr&eacute;pos&eacute;s au livre<br />vendaient leurs allures<br /><br />ils montaient et descendaient <br />les all&eacute;es de la biblioth&egrave;que<br />jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;puisement<br />se livraient<br />&agrave; de farouches discussions <br />sur le pass&eacute; et l&rsquo;avenir du livre<br /><br />le soir ils d&eacute;sesp&eacute;raient<br />plus aucun animal de trait<br />pour transporter<br />les vieux livres<br />du magasin &agrave; la salle de lecture<br /><br />les trois employ&eacute;s<br />rejoignaient alors<br />les pr&eacute;pos&eacute;s aux amendes<br />sur les rives du fleuve<br />aucun d&rsquo;eux ne se plaignait<br />ni des fraudes <br />ni de leur maigre salaire<br /><br />ils &eacute;coutaient accroupis<br />les dires de l&rsquo;eau<br />le secret des impassibles contr&eacute;es<br />l&rsquo;&eacute;clat des disputes qui r&ocirc;dent<br />les cris lointains de la foule<br />ils regardaient aussi<br />la ronde des fourmis <br />au pied de la haute tour<br />oh &ccedil;a<br />ils ne s&rsquo;en privaient pas<br /><br />oubli&eacute;s un instant<br />la litanie des regrets<br />l&rsquo;abondance<br />les jours meilleurs<br />qui auraient d&ucirc; converger un jour<br />sur les rives de l&rsquo;&icirc;le<br /><br />de ce fleuve et de ce petit cercle de po&egrave;tes<br />n&rsquo;attendez pas d&rsquo;autres pr&eacute;cisions <br />ni le chiffre de sa destination<br />ni le moment de leurs d&eacute;sillusions<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>ORL</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-10-18T20:48:33+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/4b079a923cc3b716762ecd42c6367c8e-1080.html#unique-entry-id-1080</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/4b079a923cc3b716762ecd42c6367c8e-1080.html#unique-entry-id-1080</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/101.1.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Oto-rhino-laryngologie, une sp&eacute;cialit&eacute; &agrave; laquelle la profession de son grand-p&egrave;re d&rsquo;abord, de son p&egrave;re ensuite le destinait. Mais cette appellation lui est rest&eacute;e tant de fois au travers de la gorge, l&rsquo;a fait &eacute;ternuer si souvent, lui a tant bless&eacute; l&rsquo;oreille qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; oblig&eacute; de consulter. <br /><br />Jean-R&eacute;my renifle par petits coups brefs et r&eacute;guliers, il essaie de ne rien perdre. <br />&ndash;&nbsp;807&nbsp;! soupire-t-il satisfait avant de s'endormir.<br /><br />Hier soir, la vieille a oubli&eacute; de verser dans la coupelle de porcelaine la goutte d&rsquo;essence de marjolaine qui, depuis cinquante ans, tient en respect les ronflements du vieux. On les a retrouv&eacute;s morts ce matin, dans les combles, &eacute;cras&eacute;s par la charpente de leur maison.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br />Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">27 juin 2010<br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Paternit&#xe9; architecturale&#xa;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-10-11T20:29:47+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/1b59376a855eb07c0c082dd4c92845b3-1076.html#unique-entry-id-1076</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/1b59376a855eb07c0c082dd4c92845b3-1076.html#unique-entry-id-1076</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/100.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il existait une controverse sur le nom de l&rsquo;architecte responsable de la construction de la c&eacute;l&egrave;bre tour pench&eacute;e &agrave; Pise&nbsp;: Bonanno Pisano&nbsp;? Giovanni di Simone&nbsp;? Fabio Lante&nbsp;? Alberto Rigoletto&nbsp;?<br /><br />Le proc&egrave;s-verbal d&rsquo;une r&eacute;union de chantier, qui eut lieu en 1178 sur le Campo dei Miracoli, trouv&eacute; il y a peu dans les sous-sols du Campo Santo, redresse la v&eacute;rit&eacute;. On a en effet la preuve &eacute;crite que l&rsquo;architecte responsable &ndash;&nbsp;dont le nom a &eacute;t&eacute; consciencieusement gomm&eacute;&nbsp;&ndash;, aurait confi&eacute; &agrave; son contrema&icirc;tre les mots suivants.<br />&ndash;&nbsp;Je t&rsquo;avais dit 708, pas 807,... mais on continue, &ccedil;a devrait tenir.<br /><br />Aucun architecte n&rsquo;a revendiqu&eacute;, au cours des ann&eacute;es qui suivirent, la construction du campanile devenu simultan&eacute;ment boiteux et orphelin. Ceci explique cela.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">17 juin 2010</span><span style="font-size:13px; "><em><br /></em></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXXVI</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-10-14T00:07:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/cd1188ca4b85ea945460e52d4abfa482-1075.html#unique-entry-id-1075</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/cd1188ca4b85ea945460e52d4abfa482-1075.html#unique-entry-id-1075</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/100.4.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Le mercredi soir Jean-R&eacute;my entrait au Paradou en marche arri&egrave;re crachant et jurant qu'on ne l&rsquo;y reprendrait plus.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><span style="font-size:13px; "><em><br /></em></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 10 octobre 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2010-10-13T00:06:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/be86dd8a926d5a22823b3d168698bc48-1074.html#unique-entry-id-1074</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/be86dd8a926d5a22823b3d168698bc48-1074.html#unique-entry-id-1074</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/100.3.png" width="50" height="50"/> <br /><br /><em><a href="http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article356" rel="self">A Laurent Margantin</a></em><br /><br />Au-dessus de la Moille Cherry les armatures d&rsquo;acier des g&eacute;ants de la ligne Galmiz-Verbois perdent la t&ecirc;te dans la brouille qui s&rsquo;est install&eacute;e depuis deux jours sur le Jorat. J&rsquo;avance sans consistance &agrave; travers pr&eacute;s, sans l&rsquo;ombre qui accompagne nos &eacute;t&eacute;s. Le jour est &eacute;mouss&eacute;. Deux boutons d&rsquo;or rest&eacute;s en arri&egrave;re s&rsquo;&eacute;tirent dans l&rsquo;herbe grasse, au-dessus quelques feuilles d&rsquo;&eacute;rable souffl&eacute;es par le vent ont franchi la barre d&rsquo;&eacute;toupe, un peu de vert sur leurs ailes &eacute;corn&eacute;es, elles tournoient avant d&rsquo;atterrir la t&ecirc;te en l&rsquo;air un peu ivres sur le sol d&eacute;tremp&eacute; de ros&eacute;e. Elles fr&eacute;missent, s&rsquo;essaient &agrave; quelques saut de cabris, s&rsquo;immobilisent enfin les &eacute;paules prises entre deux brins d&rsquo;herbe. Il faudra &eacute;ponger, gomm&eacute; l&rsquo;horizon, d&rsquo;autres odeurs, celle de la terre, celle du feu qu&rsquo;il faudra allumer. La t&ecirc;te me tourne, j&rsquo;ai beau chercher l&rsquo;ombre qui attesterait de la pr&eacute;sence d&rsquo;un corps, de mon corps, rien. Un vertige seulement, celui de s&rsquo;&ecirc;tre approch&eacute; trop pr&egrave;s de soi, de ne faire plus qu&rsquo;un, spoli&eacute; du lointain et des r&eacute;ponses que promettent les &eacute;chos, une bo&icirc;te sans paroi, ni porte ni fen&ecirc;tre. J&rsquo;avance le nez sur de lourdes pens&eacute;es, elles ne d&eacute;collent pas, ni ne me reviennent, elles s&rsquo;enlisent &agrave; mes pieds. Je pense &agrave; ceux qui vivent en altitude et au soleil qui va pour son compte sous leurs yeux.<br />Dans les sous-bois pourtant la vie continue, le bruit court, les secrets s&rsquo;enfuient et chaque chose guette sa voisine. Je go&ucirc;te au miel d&rsquo;une poign&eacute;e de chanterelles d&rsquo;automne. On se r&eacute;veille tard, les enfants font une cabane &agrave; l&rsquo;&eacute;tage, il ne sert &agrave; rien de prendre de l&rsquo;avance.<br /><br />Anne-Lise Grob&eacute;ty est d&eacute;c&eacute;d&eacute;e, une photographie dans le journal local, le visage un peu triste de celle qui savait &ndash; c&rsquo;est toujours ainsi qu&rsquo;appara&icirc;t le visage de ceux dont la vie s&rsquo;est arr&ecirc;t&eacute;e et dont le regard s&rsquo;&eacute;loigne. Le journaliste tourne la page, c&rsquo;est son travail, le silence tout autour. D&rsquo;un coup tout a bascul&eacute;.<br />Je songe alors &agrave; Sarah Kofman qui a v&eacute;cu pendant plus de 15 ans encore alors qu&rsquo;elle reposait avec des fant&ocirc;mes &agrave; quelque pas de Marguerite Duras au cimeti&egrave;re Montparnasse. Celle que je n&rsquo;ai  jamais vue, dont je ne sais rien, mais dont l&rsquo;ouvrage lu en 1980 &ndash; <em>Nietzsche et la m&eacute;taphore</em> &ndash; m&rsquo;a tant aid&eacute; &agrave; y voir plus clair, &agrave; renouveler la question du langage, la place de celui-ci dans la possibilit&eacute; m&ecirc;me d&rsquo;une g&eacute;n&eacute;alogie de la morale. J&rsquo;ai appris son suicide dans un billet de<a href="http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article356" rel="self"> Laurent Margantin</a> qu&rsquo;&eacute;voquait l&rsquo;infatigable<a href="http://brigetoun.blogspot.com/2010/05/aux-quelques-rares-moment-un-peu-clairs.html" rel="self"> Brigitte Celerier</a> dans sa note du 9 mai 2010.<br /><em>J&rsquo;apprends</em>, &eacute;crit Laurent Margantin en 1996, 97, 98 ou 99, <em>le d&eacute;c&egrave;s de Sarah Kofman, qui s&rsquo;est suicid&eacute;e. Je me souviens d&rsquo;une petite femme ch&eacute;tive et nerveuse, et d&rsquo;heures pass&eacute;s &agrave; la Sorbonne &agrave; l&rsquo;&eacute;couter parler de Nietzsche. Elle &eacute;tait si petite qu&rsquo;il fallait lui poser un annuaire sur la chaise de bureau que nous allions lui chercher chaque semaine au secr&eacute;tariat du d&eacute;partement de philosophie. Pendant l&acute;heure de cours magistral, elle se tenait assise derri&egrave;re la table, devant une centaine d&rsquo;&eacute;tudiants, les deux poings serr&eacute;s sous le menton, parlant d&acute;une voix grave, terrible avec les &eacute;tudiants qui lui posaient des questions ineptes, ce qui arrivait fr&eacute;quemment (je m&rsquo;&eacute;tonnais d&acute;ailleurs du peu de capacit&eacute; critique des &eacute;tudiants fran&ccedil;ais compar&eacute;s &agrave; leurs coll&egrave;gues allemands). Elle analysait Ecce homo d&acute;une mani&egrave;re simple et fluide, sans apparente difficult&eacute;, parfaitement pr&eacute;par&eacute;e. Je me souviens que le jour o&ugrave; l&rsquo;on m&rsquo;avait pr&eacute;sent&eacute; &agrave; elle, elle m&acute;avait serr&eacute; la main et regard&eacute; d&acute;un air myst&eacute;rieux en affirmant que nous nous connaissions d&eacute;j&agrave;. A la suite de cette rencontre, je suis parti vivre quelques temps dans l&rsquo;Aveyron, puis en Allemagne, et je ne l&acute;ai plus jamais revue.<br /></em>Lire ensemble cet automne <em>Pour mourir en f&eacute;vrier, </em>le premier livre d&rsquo;Anne-Lise Grob&eacute;ty, et <em>Rue Ordener, rue Labat, </em>le dernier livre de Sara Kofman.<em><br /></em><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><span style="font-size:13px; "><em><br /></em></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Indigence</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-10-12T00:07:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c924e7c20434356f5e16938d4d66dbcd-1073.html#unique-entry-id-1073</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c924e7c20434356f5e16938d4d66dbcd-1073.html#unique-entry-id-1073</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/100.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Vies &eacute;corch&eacute;es<br />sans le cramoisi de la cochenille <br />et l&rsquo;indigo de la gu&egrave;de<br /><br />on se priva<br />des ol&eacute;agineux<br />des galettes-vapeur<br />de la venaison et des chiens gras<br /><br />les coeurs durcirent<br />aussi durs et froids <br />que le coeur de l&rsquo;obsidienne<br />on br&ucirc;la les plateaux en bois<br />la marqueterie avec<br />les poutres des anciennes charpentes<br /><br />boues bues jusqu&rsquo;&agrave; la lie<br />corps d&rsquo;empl&acirc;tres errant sur la gr&egrave;ve<br />l&rsquo;&eacute;corce obstruait les pharynx<br />plus de friandises ni pipes d&rsquo;&eacute;cume<br />torches jet&eacute;es dans les cendres<br /><br />la m&eacute;moire vomissait sa bile<br />la vie gouttait aigre dans la nuit<br />dans le jour<br />un entassement inou&iuml; d&rsquo;excr&eacute;ments <br />et de canots de peaux &eacute;ventr&eacute;s<br /><br />non loin de l&agrave; <br />le rire de la mis&egrave;re tourn&eacute;e vers le large<br />appelait l&rsquo;assaillant <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><span style="font-size:13px; "><em><br /></em></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les corps us&#xe9;s</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2010-10-29T00:35:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/1435903db42ea8f80318c9fe02762282-1072.html#unique-entry-id-1072</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/1435903db42ea8f80318c9fe02762282-1072.html#unique-entry-id-1072</guid><content:encoded><![CDATA[ <img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/102.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les corps us&eacute;s<br />la soupe aux lentilles<br />les bo&icirc;tes &agrave; musique<br />il y a le trait qui unit J&eacute;sus au Christ<br />il y a les cam&eacute;ras de surveillance<br />la mort sans bruit<br />il y a l&rsquo;eau de mer <br />les d&eacute;sillusions salutaires<br />le m&eacute;lange des genres<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Friedrich Heinze de Rendsburg</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Vases communicants</category><dc:date>2010-10-08T00:04:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/03ad5ca26777022067cb75b96c2daf75-1071.html#unique-entry-id-1071</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/03ad5ca26777022067cb75b96c2daf75-1071.html#unique-entry-id-1071</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/99.4.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Je r&ecirc;vais en 1983 d&rsquo;une s&eacute;rie de r&eacute;cits coperniciens. Il n&rsquo;y en eut qu&rsquo;</em><em><a href="http://www.lesmarges.net/files/bfda9b47596dda08059606f9e0353ba6-721.html" rel="self">un</a></em><em>. Voici &agrave; quoi aurait ressembl&eacute; le second si j&rsquo;avais tenu parole.<br /></em><em><a href="http://landkarten-ausstellung.de/zStadtansichten.html" rel="self"><br /></a></em><img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/rendsburg.png" width="480" height="407"/><br /><span style="font-size:9px; "><em><a href="http://landkarten-ausstellung.de/zStadtansichten.html" rel="self">Rendsburg</a></em></span><br /><br />Friedrich Heinze de Rendsburg r&ecirc;vait enfant des merveilles du monde. Plus tard il lut assid&ucirc;ment les r&eacute;cits qu&rsquo;en avait faits Marco Polo et rencontra quelques-uns des aventuriers de son temps. Il se mit en chemin le 8 mai 1650, &agrave; la conqu&ecirc;te des pays du levant, avec l&rsquo;espoir d&eacute;mesur&eacute; de rejoindre l&rsquo;horizon et saisir en leur langue les l&eacute;gendes de la terre. <br />Il fit une premi&egrave;re longue halte sur la rive droite de l&rsquo;Oder, surpris par le sabir que parlaient les autochtones, une langue en quinconce qui avait bien un lointain air de famille avec la sienne, mais qu&rsquo;il comprenait &agrave; peine et de travers. Il passa tout l&rsquo;hiver &agrave; en faire fa&ccedil;on, c&rsquo;est-&agrave;-dire &agrave; s&rsquo;y glisser et &agrave; la faire sienne. Il y parvint au printemps de l&rsquo;ann&eacute;e suivante et s&rsquo;y trouva si bien qu&rsquo;il demeura sur les rives du fleuve une ann&eacute;e encore &agrave; deviser avec ceux qui s&rsquo;y &eacute;taient &eacute;tablis. Il nota quelques-uns des nombreux r&eacute;cits qu&rsquo;on lui fit. Il ne leva le camp et ne continua son chemin que lorsque les cigognes blanches install&egrave;rent leur nid sur les hauts clochers des villages de Sil&eacute;sie. <br />C&rsquo;est &agrave; la fin du mois de mai que Friedrich reprit donc son havresac et marcha sans compter en direction de la mer Noire, jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;hiver qui engourdit les innombrables bras du delta du Grand Fleuve o&ugrave; il fit halte. Les moeurs avaient chang&eacute;, les yeux des femmes lan&ccedil;aient d&rsquo;autres feux et les brumes paressaient certains jours jusqu&rsquo;au soir. La langue aussi, un sabir encore, mais un sabir de sabir qui &eacute;tablissait sa grammaire en d&rsquo;autres lits, faisait entendre des chants inou&iuml;s et creusaient des paysages &eacute;blouissants qui n&rsquo;avaient rien &agrave; voir &ndash; ou si peu &ndash; avec ceux du Schleswig qu&rsquo;il avait laiss&eacute;s derri&egrave;re lui. Il s&rsquo;arr&ecirc;ta l&agrave; une paire d&rsquo;ann&eacute;es, s&rsquo;y acclimata. Il apprit la langue, &eacute;couta les histoires tandis que la neige tombait comme jamais sur le delta. <br />Il reprit la route un printemps en laissant derri&egrave;re lui les terres qu&rsquo;il avait apprivois&eacute;es, une langue et des gens qu&rsquo;il avait aim&eacute;s.<br />Pour disposer de l&rsquo;inconnu et des mots obscurs qui l&rsquo;accueillaient au d&eacute;tour des r&eacute;gions o&ugrave; il fit halte, il lui fallut chaque fois d&eacute;ployer une attention nouvelle : nouvelle grammaire, nouveau lexique pour nommer les choses, &eacute;couter les &eacute;pop&eacute;es, demander un morceau de pain et go&ucirc;ter aux chants de la terre. Il suivit saison apr&egrave;s saison la pente des langues, leur thalweg ou leur relief, s&rsquo;&eacute;loignant ainsi toujours plus de la sienne dans le berceau de laquelle il &eacute;tait n&eacute;, tant et si bien qu&rsquo;il la perdit de vue et en fut comme dess&eacute;ch&eacute;. Il voyagea ainsi en direction du levant, par terre et par mer trente ans durant avant de se retrouver aux portes de Rendsburg o&ugrave; demeuraient ceux qu&rsquo;il avait quitt&eacute;s. <br />Ne restait ceint autour des reins du vagabond qu&rsquo;un peu de maigreur avec un havresac vide et des lambeaux de souvenirs, quelques mots et un rien de bonheur, une b&eacute;ate ignorance en contrepartie de l&rsquo;&eacute;nigme qui ceinture la terre.<br />Les hivers et les printemps qui suivirent son retour ne lui suffirent pas pour apprivoiser la langue dont il s&rsquo;&eacute;tait &eacute;loign&eacute;. Il demeura le restant de ses jours dans son pays pour y voir clair, faire fa&ccedil;on de la langue la plus &eacute;trange, la plus extraordinaire, la plus inconcevable qui, &agrave; mesure qu&rsquo;il en d&eacute;chiffrait des pans, enfouissait plus profond&eacute;ment ses secrets. <br /><br />On raconte que l&rsquo;homme de Rendsburg aima comme au premier jour la femme qu&rsquo;il avait quitt&eacute;e autrefois, cette femme qu&rsquo;il ne reconnut pas et qui l&rsquo;aima elle aussi, une seconde fois pour la premi&egrave;re fois. <br /><br />Publi&eacute; le<span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">1 octobre 2010</span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span>dans le cadre du<span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#003CF1;"><u><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts">projet de vases communicants</a></u></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;">&nbsp;</span>chez Marianne Jaegl&eacute;<span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span>(<a href="http://mariannejaegle.over-blog.fr/" rel="self">D&eacute;cablog</a>)<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Jours de f&#xea;te</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-10-06T00:05:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2ef7e8503ed63e26938c079e70af9e24-1070.html#unique-entry-id-1070</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2ef7e8503ed63e26938c079e70af9e24-1070.html#unique-entry-id-1070</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/99.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Les esclaves<br />servaient &agrave; leurs ma&icirc;tres<br />des quartiers de viande <br />gros comme deux fois ton visage<br /><br />ils tra&icirc;naient leurs cha&icirc;nes <br />sur le sable chaud <br />y tra&ccedil;aient des signes referm&eacute;s sur eux-m&ecirc;mes<br />images abr&eacute;g&eacute;es de l&rsquo;interminable<br /><br />pas de r&eacute;signation sur leur visage de cire<br />des fibres d&rsquo;aloes roui sur le torse <br />une corde de peau<br />autour du cou<br /><br />les brutes &eacute;paisses d&eacute;robaient au retour<br />des &eacute;pis de ma&iuml;s<br />qu&rsquo;ils rongeaient la nuit<br />yeux grand ouverts<br />dans l&rsquo;obscurit&eacute; d&rsquo;un ancien bo&icirc;ton<br /><br />c&rsquo;est tout <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les Roms</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2010-10-07T00:03:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f553e84b99206b17d03da1a369bb2395-1069.html#unique-entry-id-1069</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f553e84b99206b17d03da1a369bb2395-1069.html#unique-entry-id-1069</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/99.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les Roms<br />les pens&eacute;es arrondies<br />le roulement du train dans la nuit<br />il y a ce qui se passe quand on n&rsquo;est pas l&agrave;<br /><em>le petit m&eacute;nage des pigeons</em><br />les roses dans l&rsquo;&eacute;clat de novembre<br />il y a le lit d&eacute;fait<br />les plans directeurs<br />il y a les gamins qui font bande &agrave; part<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 3 octobre 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Autres lieux</category><dc:date>2010-10-05T00:02:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/5db897fd73923316396d39c73843cbaa-1068.html#unique-entry-id-1068</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/5db897fd73923316396d39c73843cbaa-1068.html#unique-entry-id-1068</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/99.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />N&rsquo;en peux plus &agrave; minuit du marteau-piqueur qui menace ma carcasse. Il a d&eacute;j&agrave; mis &agrave; mal les fondations du refuge d&eacute;suet dans lequel je me trouve. Avec Arthur &agrave; 900 m&egrave;tres, au-dessus de la station de d&eacute;part d&rsquo;une installation de ski incompl&egrave;te. Avant de devoir affronter le pire je me l&egrave;ve, h&eacute;sitant et d&eacute;pit&eacute;, descends &agrave; l&rsquo;&eacute;tage o&ugrave; la f&ecirc;te bat son plein, celle des jeunes du Cornet, ivres ou morts c&rsquo;est selon. Ils sont de Cr&eacute;mines, de Grandval ou de Moutier et f&ecirc;tent la f&ecirc;te. Ils sont chez eux sans rien n&rsquo;en dire ni m&ecirc;me le savoir, chez eux depuis 1500 ans, dernier rempart burgonde au-del&agrave; de Pierre-Pertuis surveillant &agrave; l&rsquo;est les Al&eacute;manes de Balsthal. Chemin faisant ils se sont &eacute;loign&eacute;s des chanoines de Moutier-Grandval pour partager aujourd&rsquo;hui avec d&rsquo;autres p&eacute;nitents d&rsquo;autres croyances et d&rsquo;autres supplices, buvant sans compter jusqu&rsquo;au matin, jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;extinction des feux qui clignotent un peu encore dans leurs yeux. Ils f&ecirc;tent la f&ecirc;te et la fin de la guerre froide en avalant sans broncher de la vodka m&eacute;lang&eacute;e &agrave; du coca-cola.  <br />Je retourne sur ma couchette en craignant le pire, me tourne et me retourne, &eacute;coute la voix de Cendrars &ndash; Qui &ecirc;tes-vous Monsieur Cendrars ? &ndash; interrog&eacute; par Emmanuel Berl, Maurice Clavel, le docteur Martin et Jean-Pierre Morph&eacute; qui ne m&rsquo;apportent ni les soins ni le sommeil esp&eacute;r&eacute;s. Je crains &agrave; nouveau pour mon coeur, me tourne et me retourne. Tombe un peu par hasard sur la piste d&rsquo;un ou deux 807 qui auraient pu m&rsquo;apporter un r&eacute;confort. Mais je dois batailler encore, me d&eacute;barrasser d&rsquo;une fallacieuse id&eacute;e :  trouver une arme pour en finir avec eux ou avec moi. <br />Puis, alors que je n&rsquo;esp&eacute;rais plus rien, le bruit des marteaux-piqueurs et les cris des supplici&eacute;s du Cornet ont cess&eacute;, le jour s&rsquo;est lev&eacute;, le soleil ensuite. Et mes voisins du refuge qui n&rsquo;avaient pas dormi se sont &eacute;veill&eacute;s &agrave; la queue leu leu, le menton sur le manche de leur pioche, une demi-paupi&egrave;re battant de l&rsquo;aile et souriant du pire. Une nuit sans neige ni r&ecirc;ve qu&rsquo;il e&ucirc;t mieux valu mettre au compte du samedi pour garder intact ce premier dimanche d&rsquo;octobre dans les p&acirc;turages de Cr&eacute;mines qui dominent le Grand Val o&ugrave; coule la Rauss. <br />Et tandis que je remettais mon coeur &agrave; sa place, Arthur est apparu et le soleil s&rsquo;est mis &agrave; faire flamber la toison des feuillus pour pr&eacute;parer leurs bras &agrave; accueillir l&rsquo;hiver.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les gares</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2010-09-30T00:00:31+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/1c8e77a55a458d252b729301b67fd8b6-1066.html#unique-entry-id-1066</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/1c8e77a55a458d252b729301b67fd8b6-1066.html#unique-entry-id-1066</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/98.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les gares<br />les bus &agrave; deux &eacute;tages<br />l&rsquo;odeur de la r&eacute;sine<br />il y a les plans d&rsquo;affectation du territoire<br />la peau des coquelicots<br />les portes coch&egrave;res<br />la baguette du sourcier pendue dans le couloir<br />la blancheur laiteuse de l&rsquo;aube<br />Il y a le lac d&eacute;mont&eacute;<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Copie double &#x7c; Marianne Jaegl&#xe9;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Vases communicants</category><dc:date>2010-10-01T00:00:03+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/bc85decdd7221af002b0cf5f229cff05-1065.html#unique-entry-id-1065</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/bc85decdd7221af002b0cf5f229cff05-1065.html#unique-entry-id-1065</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/jacquesbreljacques.png" width="140" height="144"/><br /><br />Sophie et moi avons &eacute;t&eacute; amies. Apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; ins&eacute;parables, deux ann&eacute;es durant, apr&egrave;s avoir &eacute;crit des po&egrave;mes ensemble, fait du th&eacute;&acirc;tre ensemble dans la troupe du lyc&eacute;e, et aim&eacute; le m&ecirc;me gar&ccedil;on (qui a opt&eacute; pour elle, ce que je comprenais parfaitement et dont je n&rsquo;ai nullement pris ombrage) nous avons v&eacute;cu un premier clash. La troupe de th&eacute;&acirc;tre amateur dont nous faisions partie m&rsquo;a d&eacute;sign&eacute;e pour tenir le premier r&ocirc;le f&eacute;minin dans <em>Caligula</em> et Sophie, qui se destinait alors au th&eacute;&acirc;tre, s&rsquo;est inscrite dans une troupe concurrente et a rompu toute relation avec moi. De cette rupture, qui m&rsquo;a laiss&eacute;e tr&egrave;s d&eacute;sempar&eacute;e, j&rsquo;ai beaucoup souffert.<br /><br />Deux ans apr&egrave;s cette f&acirc;cherie, nous nous retrouvons en hypokh&acirc;gne, loin de nos familles respectives, dans un &eacute;tablissement inconnu, parmi des &eacute;l&egrave;ves dont aucun ne nous est &nbsp;familier&nbsp;; un rapprochement strat&eacute;gique a alors lieu. Cette ann&eacute;e-l&agrave;, je ne peux plus rivaliser. Sophie est de loin la meilleure de la classe, titre que j&rsquo;ai remport&eacute; sans effort tout au long de ma scolarit&eacute; mais auquel je ne peux plus pr&eacute;tendre. A l&rsquo;&acirc;ge de 15 ans, j&rsquo;ai sombr&eacute; dans une l&eacute;thargie qui semblait devoir durer toujours. Je n&rsquo;ai plus de force pour rien, pas m&ecirc;me pour lire. M&rsquo;extirper du lit chaque matin r&eacute;clame d&eacute;j&agrave; un effort d&eacute;mesur&eacute;, alors les cours&hellip; J&rsquo;ai pourtant &eacute;t&eacute; admise en classe pr&eacute;paratoire en raison de notes flatteuses obtenues au bac de fran&ccedil;ais&nbsp;; je vis sur mon pass&eacute; de bonne &eacute;l&egrave;ve.<br /><br />Sophie elle, a de l&rsquo;&eacute;nergie et de l&rsquo;ambition &agrave; revendre. Elle excelle dans toutes les mati&egrave;res et les profs chantent ses louanges. Ses copies remportent de loin les meilleures notes dans toutes les mati&egrave;res. Je les lis pour comprendre ce qu&rsquo;il aurait fallu faire, ce que j&rsquo;aurais d&ucirc; &eacute;crire, moi qui n&rsquo;y arrive plus. Je me souviens ainsi d&rsquo;un de ses devoirs de philosophie (il s&rsquo;agissait d&rsquo;une dissertation consacr&eacute;e &agrave; la nostalgie, litt&eacute;ralement la &laquo;&nbsp;douleur de ce qui n&rsquo;est plus&nbsp;&raquo;)&nbsp;; parmi les remarques flatteuses de l&rsquo;enseignante justifiant l&rsquo;excellente note qu&rsquo;elle lui avait attribu&eacute;e, quelque chose me br&ucirc;le au fer rouge de l&rsquo;envie. Je ne me souviens que vaguement des annotations consacr&eacute;es &agrave; la rigueur du raisonnement, &agrave; la finesse de la d&eacute;monstration et &agrave; l&rsquo;&eacute;rudition des r&eacute;f&eacute;rences, remarques auxquelles, pour ses copies, je suis d&eacute;sormais habitu&eacute;e, mais quelque chose me fait tressaillir de jalousie, et vingt ans plus tard, je n&rsquo;ai pas oubli&eacute; cette sensation. <em>&laquo;&nbsp;Le passage concernant le vieux meuble m&rsquo;a donn&eacute; &agrave; penser que vous devriez peut-&ecirc;tre &eacute;crire&nbsp;&raquo;</em> avait marqu&eacute; madame Jeandot parmi ses commentaires. Apr&egrave;s avoir lu cela, je parcours en h&acirc;te la copie de Sophie, cherchant le signe de l&rsquo;&eacute;lection que notre professeur a su rep&eacute;rer dans cette copie et qu&rsquo;elle n&rsquo;a h&eacute;las pas vu dans les miennes. En d&eacute;pit de la d&eacute;pression dans laquelle je&nbsp; m&rsquo;enfonce, je n&rsquo;ai pas cess&eacute; de penser &agrave; l&rsquo;&eacute;criture comme &agrave; une planche de salut, de r&ecirc;ver &agrave; elle. &nbsp;<br />Le passage en question, accompagn&eacute; d&rsquo;un trait rouge dans la marge, est un paragraphe comparant la m&eacute;moire &agrave; un meuble d&rsquo;autrefois, encombr&eacute; de bibelots et de t&eacute;moignages du temps pass&eacute;. Je le lis &agrave; plusieurs reprises, non sans perplexit&eacute;. Qu&rsquo;est-ce que madame Jeandot y voit&nbsp;? Il ne m&rsquo;&eacute;voque rien d&rsquo;autre que <em>J&rsquo;ai plus de souvenirs que si j&rsquo;avais mille ans</em>. Je n&rsquo;y vois rien de sp&eacute;cial, sinon des r&eacute;miniscences de Baudelaire, que madame Jeandot ne peut pas ignorer. Je finis par me rendre &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence&nbsp;: il y a l&agrave; quelque chose que je ne sais pas voir, ce qui est une preuve de plus de mon insuffisance. Une fois encore, j&rsquo;admets que je ne serai pas &agrave; la hauteur de ce &agrave; quoi j&rsquo;ai aspir&eacute;. Une fois encore, je renonce &agrave; l&rsquo;&eacute;criture.<br /><br />Et ce souvenir cuisant en appelle un autre avec lui, o&ugrave; Sophie appara&icirc;t, encore elle, la m&ecirc;me ann&eacute;e. Nous sommes toujours amies, d&rsquo;une amiti&eacute; de surface, travaill&eacute;e en profondeur par une faille b&eacute;ante, toujours agit&eacute;e de secousses. Notre attachement est une glace fragile.<br /><br />Nous sommes assises toutes deux au dernier rang de la classe, au fond &agrave; droite, mais pas c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;te. Il y a deux places libres entre nous. Je suis assise du c&ocirc;t&eacute; salle tandis qu&rsquo;elle est du c&ocirc;t&eacute; mur. L&rsquo;ann&eacute;e scolaire est d&eacute;j&agrave; bien avanc&eacute;e et les r&ocirc;les de chacun bien d&eacute;finis. L&rsquo;an prochain, Sophie ira &agrave; Paris, dans une kh&acirc;gne prestigieuse, &agrave; la conqu&ecirc;te de l&rsquo;avenir brillant qui l&rsquo;attend. Elle int&egrave;grera ensuite Normale sup, cela ne fait de doute pour personne. Pendant ce temps-l&agrave;, j&rsquo;irai grossir les rangs des dilettantes et des gens au futur ind&eacute;cis &agrave; la fac de Lyon.<br /><br />Ce jour-l&agrave;, le prof de fran&ccedil;ais rend les copies&nbsp;; nous savons que, comme &agrave; son habitude, il les a class&eacute;es et les distribue sadiquement par ordre d&eacute;croissant&nbsp;: les premi&egrave;res vont aux bons &eacute;l&egrave;ves, puis, au fil des copies, les notes baissent. &nbsp;Ainsi, chacun sait o&ugrave; les autres et lui-m&ecirc;me se situent dans la hi&eacute;rarchie de la classe. Il s&rsquo;approche de notre rang&eacute;e dans l&rsquo;all&eacute;e centrale et, sans rien dire, pose la premi&egrave;re copie devant moi. Je la saisis et m&rsquo;appr&ecirc;te &agrave; la faire glisser jusqu&rsquo;&agrave; Sophie, quand quelque chose retient mon attention. L&rsquo;&eacute;criture sur la copie n&rsquo;est pas celle, ronde et r&eacute;guli&egrave;re, qui figure d&rsquo;ordinaire sur ses devoirs. C&rsquo;est une &eacute;criture heurt&eacute;e et anguleuse, qui m&rsquo;est famili&egrave;re. Je ram&egrave;ne le devoir devant moi, et commence &agrave; lire avec int&eacute;r&ecirc;t ce que le prof y a inscrit.<br /><br />Monsieur Cara s&rsquo;est &eacute;loign&eacute;, continuant &agrave; distribuer les dissertations. A ma droite, une voix sifflante, furieuse retentit&nbsp;: &laquo;&nbsp;Je peux avoir ma copie, s&rsquo;il-te-pla&icirc;t&nbsp;?&nbsp;&raquo; Et les derni&egrave;res apparences de notre amiti&eacute; &eacute;clatent en mille morceaux dans ce sifflement de col&egrave;re. Je l&egrave;ve la t&ecirc;te vers Sophie, je lui montre la feuille. &laquo;&nbsp;C&rsquo;est la mienne&nbsp;&raquo; dis-je, tandis qu&rsquo;elle se confond en excuses.<br /><br />Aucun prof, &agrave; aucun moment de ma vie, n&rsquo;a jamais &eacute;crit en marge de mes copies que je devrais &eacute;crire. A dire vrai, personne, jamais, ne m&rsquo;a encourag&eacute;e dans cette voie. Mais mon envie de l&rsquo;&eacute;criture &eacute;tait si profond&eacute;ment ancr&eacute;e en moi qu&rsquo;elle a fini, comme ces plantes minuscules qu&rsquo;on voit parfois en montagne pousser dans l&rsquo;anfractuosit&eacute; de la roche, &agrave; force d&rsquo;obstination, par surmonter les obstacles les plus durs, par cro&icirc;tre, vivre et fleurir au grand jour.<br /><br />Bien des ann&eacute;es plus tard, j&rsquo;ai appris ce que Brel pensait du talent. &laquo;&nbsp;Le talent, disait-il, &ccedil;a n&rsquo;existe pas. Le talent, c&rsquo;est l&rsquo;envie qu&rsquo;on a de faire les choses.&nbsp;&raquo;<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Marianne Jaegl&eacute;</span><span style="font-size:13px; "><em><br /></em></span></p><p style="text-align:left;"><br /><img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/98.5.png" width="50" height="50"/><br /><span style="font:12px Trebuchet, Verdana, serif; "><br /></span><span style="font:12px Verdana-Italic; "><em>&eacute;crit par </em></span><span style="font:12px Verdana-Italic; "><em><a href="http://mariannejaegle.over-blog.fr/" rel="self"> Marianne Jaegl&eacute; </a></em></span><span style="font:12px Verdana-Italic; "><em>qui m&rsquo;accueille </em></span><span style="font:12px Verdana-Italic; "><em><a href="http://mariannejaegle.over-blog.fr/" rel="self">chez elle</a></em></span><span style="font:12px Verdana-Italic; "><em> dans le cadre du </em></span><span style="font:12px Verdana-Italic; "><em><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts" rel="self">projet de vases</a></em></span><span style="font:12px Verdana-Italic; "><em><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts" rel="self"> communicants</a></em></span><span style="font:12px Verdana-Italic; "><em>&nbsp;: le premier vendredi du mois, chacun &eacute;crit sur le blog d&rsquo;un autre, &agrave; charge &agrave; chacun de pr&eacute;parer les mariages, les &eacute;changes, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement&hellip; Ne pas &eacute;crire pour, mais &eacute;crire chez l&rsquo;autre.<br /><br /></em></span></p><p style="text-align:justify;"><span style="font:12px Verdana-Italic; color:#111111;"><em>Et d&rsquo;autres </em></span><span style="font:12px Verdana-Italic; color:#333333;"><em><a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=104893605886&ref=ts" rel="self">vases communicants ce mois</a></em></span><span style="font:12px Verdana-Italic; color:#111111;"><em>  <br /><br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-34.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Brigitte C&eacute;l&eacute;rier </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://brigetoun.blogspot.com/">http://brigetoun.blogspot.com/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">&nbsp;</span><span style="font:12px Verdana-Italic; color:#111111;"><em><br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-33.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Lambert Savigneux </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://aloredelam.com/">http://aloredelam.com/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><br /></span><span style="font:12px Verdana-Italic; color:#111111;"><em><br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Fran&ccedil;ois Bon </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://www.tierslivre.net/">http://www.tierslivre.net/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-2.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Daniel Bourrion </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://www.face-terres.fr/">http://www.face-terres.fr</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;">/<br /><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-3.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; ">  </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Michel Brosseau </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"><a href="http://www.xn--chatperch-p1a2i.net/">http://&agrave;chat perch&eacute;.net</a></span><span style="font:10px Verdana, serif; color:#0050AE;"><u><br /></u></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-4.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Joachim S&eacute;n&eacute; </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://www.joachimsene.fr/txt/">http://www.joachimsene.fr/txt/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><br /></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-5.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Christophe Grossi </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://kwakizbak.over-blog.com/">http://kwakizbak.over-blog.com/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-6.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Christophe Sanchez </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com/">http://fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"> <br /><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-7.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Christine Jeanney </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://tentatives.eklablog.fr/">http://tentatives.eklablog.fr/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-8.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Piero Cohen-Hadria </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://www.pendantleweekend.net/">http://www.pendantleweekend.net/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><br /></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-9.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">C&eacute;cile Portier </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://petiteracine.over-blog.com/">http://petiteracine.over-blog.com/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-10.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Anne Savelli </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://fenetresopenspace.blogspot.com/">http://fenetresopenspace.blogspot.com/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-11.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Juliette Mezenc </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://juliette.mezenc.over-blog.com/">http://juliette.mezenc.over-blog.com/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-12.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Louis Imbert </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://samecigarettes.wordpress.com/">http://samecigarettes.wordpress.com/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><br /></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-13.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Mich&egrave;le Dujardin </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://abadon.fr/">http://abadon.fr/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-14.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> J</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">ean-Yves Fick </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://jeanyvesfick.wordpress.com/">http://jeanyvesfick.wordpress.com/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">&nbsp;<br /><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-15.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Guillaume Vissac </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://www.omega-blue.net/">http://www.omega-blue.net/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-16.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Pierre M&eacute;nard </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://www.liminaire.fr/">http://www.liminaire.fr/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><br /></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-17.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Marianne Jaegl&eacute; </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://mariannejaegle.overblog.fr/">http://mariannejaegle.overblog.fr/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-18.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Jean Prod'hom </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://www.lesmarges.net/">http://www.lesmarges.net/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><br /><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-19.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">David Pontille de Scriptopolis </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://www.scriptopolis.fr/">http://www.scriptopolis.fr/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-20.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Running Newbie </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://runningnewb.wordpress.com/">http://runningnewb.wordpress.com/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">&nbsp;<br /><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-21.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Anita Navarrete-Berbel </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://sauvageana.blogspot.com/">http://sauvageana.blogspot.com/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-22.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Gilda </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://gilda.typepad.com/traces_et_trajets/">http://gilda.typepad.com/traces_et_trajets/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">&nbsp;<br /><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-23.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Matthieu Duperrex d'Urbain trop urbain </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/">http://www.urbain-trop-urbain.fr/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-24.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Loran Bart </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://leslignesdumonde.wordpress.com/">http://leslignesdumonde.wordpress.com/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">&nbsp;<br /><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-25.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Genevi&egrave;ve Dufour </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://lemondecrit.blogspot.com/">http://lemondecrit.blogspot.com/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-26.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Arnaud Maisetti </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique1">http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique1</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">&nbsp;<br /><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-27.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">J&eacute;r&eacute;mie Szpirglas </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://www.inacheve.net/">http://www.inacheve.net/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-28.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Jacques Bon </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://cafcom.free.fr/">http://cafcom.free.fr/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">&nbsp;<br /><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-29.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Maryse Hache </span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#385A98;"><a href="http://semenoir.typepad.fr/">http://semenoir.typepad.fr/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-30.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Candice Nguyen </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://www.theoneshotmi.com/">http://www.theoneshotmi.com/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">&nbsp;<br /><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-31.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Nolwenn Euzen </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://nolwenn.euzen.over-blog.com/">http://nolwenn.euzen.over-blog.com/</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-32.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#333333;">Olivier Beaunay </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#3B5997;"><a href="http://oliverbe.blogspirit.com/">http://oliverbe.blogspirit.com/</a></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><strong><em><br /></em></strong></p><p style="text-align:justify;"><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 26 septembre 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-09-29T00:20:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7cb2af4cdf636fbed0873c5b28b0bb3a-1063.html#unique-entry-id-1063</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7cb2af4cdf636fbed0873c5b28b0bb3a-1063.html#unique-entry-id-1063</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/98.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Louise et Lili grignotent un petit pain au lait sans pr&ecirc;ter la moindre attention &agrave; la Venoge qui serpente dans un fouillis de fr&ecirc;nes, de peupliers, de saules et d&rsquo;aulnes entre Vufflens-la-Ville et Cossonay. Le train de 10 heures 45 est presque vide.<br />Dans le compartiment qui jouxte le n&ocirc;tre une dame, vieille, &eacute;crit dans un petit carnet &agrave; anneau. Je la surveille d&rsquo;un oeil avant qu&rsquo;elle ne se l&egrave;ve et s&rsquo;assoie dans le compartiment suivant. Je guigne par-dessus mon &eacute;paule, elle se penche &agrave; nouveau sur son carnet, &eacute;crit soudain quelques mots. Le man&egrave;ge se poursuit une seconde puis une troisi&egrave;me fois, elle se l&egrave;ve, se penche, &eacute;crit, r&eacute;crit, se repenche avant de s&rsquo;enfoncer &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re du wagon. <br />La vieille dame r&eacute;appara&icirc;t sur le quai 1 de la gare d&rsquo;Yverdon, on dirait Alice Rivaz. Elle arrache immobile la feuille de son carnet &agrave; anneau qu&rsquo;elle jette rageusement sur la voie. Je la ramasse discr&egrave;tement et, tandis que Lili et Louise courent et crient sur la place de jeux, lis les mots suivants :<br /><em><br />Se conna&icirc;t-on vraiment mieux &agrave; partir de ce qu'on &eacute;crit, puisque en &eacute;crivant il arrive qu'on s'invente? J'aurais voulu na&icirc;tre pr&egrave;s d'un oc&eacute;an plut&ocirc;t que dans un pays aux paupi&egrave;res lentes. Un insucc&egrave;s prolong&eacute; fait parfois craindre le succ&egrave;s comme on craint, l'&acirc;ge venu, un trop grand changement dans ses habitudes. Seuls comptent ces moments de paix int&eacute;rieure qu'apparemment rien n'explique, ni ne pr&eacute;pare. Pourquoi, Seigneur, permettre, et pire encore, vouloir que soient effac&eacute;es une &agrave; une, inexorablement, toutes vos effigies? Le plus &eacute;tonnant : nos deux yeux promenant leur regard &agrave; partir de leurs petites niches, selon des angles de vue limit&eacute;s, mais uniques.<br /><br /></em>Au retour Louise et Lili su&ccedil;otent des bonbons en comptant soigneusement les voitures vertes et les camions jaunes. Elles se d&eacute;sint&eacute;ressent de l&rsquo;homme qui soliloque dans une langue qu&rsquo;elles ne comprennent pas. Quant aux passagers du train de 16 heures 54 &agrave; destination de Lausanne, ils feignent de ne pas &eacute;couter. A l&rsquo;inverse je tends l&rsquo;oreille et entends distinctement :  <em>Ich probiere Geschichten an wie Kleider</em>. Peu apr&egrave;s le tunnel d&rsquo;Entreroches, alors que d&eacute;filent les b&acirc;timents du tri de la poste, j&rsquo;entends : <em>Empfinden Sie die Erde &uuml;berhaupt als heimatlich</em> ? J&rsquo;opine. Sur le quai de la gare CFF de Lausanne l&rsquo;homme aux lunettes cercl&eacute;es d&rsquo;&eacute;caille, une allure de Max Frisch, dispara&icirc;t dans la foule. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Consolations</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-09-28T00:20:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c7070d985d11791c0e46126386f1342b-1062.html#unique-entry-id-1062</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c7070d985d11791c0e46126386f1342b-1062.html#unique-entry-id-1062</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/98.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Ecoute<br />le cri de l'archer<br />lorsque la fl&egrave;che est sur le point d'atteindre son but<br />&eacute;coute sa d&eacute;tresse<br />car ce qu&rsquo;il y a l&agrave;-bas entre saules et aulnes<br />n'appartient &agrave; personne<br />pas plus que les &eacute;toiles<br />lorsque la seconde fl&egrave;che dispara&icirc;t dans la nuit<br /><br />les vers des po&egrave;tes <br />venus sur le tard<br />ont rong&eacute; les racines du petit matin<br />si bien que la lune ne se confie plus aux mar&eacute;cages <br />pas plus que l&rsquo;eau aux sourciers<br />ils ont abandonn&eacute; la partie<br />mangent d&eacute;sormais des cactus<br />et chantent sur la cime<br />le refrain des consolations<br /><br /><em>va ton chemin sans plus t&rsquo;inqui&eacute;ter<br />la route est droite et tu n&rsquo;as qu&rsquo;&agrave; monter<br />portant d&rsquo;ailleurs le seul tr&eacute;sor qui vaille<br />et l&rsquo;arme unique au cas d&rsquo;une bataille<br />la pauvret&eacute; d&rsquo;esprit</em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Effet collat&#xe9;ral</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-10-04T00:00:04+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b1dbc237d95c77aedbaa23d13713dd2a-1061.html#unique-entry-id-1061</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b1dbc237d95c77aedbaa23d13713dd2a-1061.html#unique-entry-id-1061</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/99.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Grande f&ecirc;te samedi pass&eacute; au coeur du Jardin Pixel, sur la d&eacute;licate pelouse qui ceint la fosse &agrave; bitume, organis&eacute;e par les <a href="http://pagespro-orange.fr/editionsdutransat/" rel="self">&Eacute;ditions du Transat</a> &agrave; l&rsquo;occasion de la parution des <a href="http://www.thebookedition.com/franck-garot-dir-les-807-p-36071.html" rel="self">807</a> dans sa collection bleue.<br /><br />Agathe, Cornaline, Lili, Lou et les autres, les gar&ccedil;ons aussi, les papas, les mamans, les amis, les amis des amis, tous &eacute;taient pr&eacute;sents, 807 au total &agrave; l&rsquo;ombre des tilleuls.<br /><br />Quant &agrave; moi, en apercevant le nombre 807 trac&eacute; &agrave; l&rsquo;encre bleue sur la face externe de la cuisse de l&rsquo;un des agneaux que les amis Franck et Joachim pr&eacute;paraient, je pris conscience que toute entreprise litt&eacute;raire avait ses limites et que plus rien ne serait jamais tout &agrave; fait comme avant.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">8 juin 2010</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Les chemins de la cr&#xe9;ation</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-09-27T00:27:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/97af93b7ef1ddf73100d9fadc74e7ba7-1059.html#unique-entry-id-1059</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/97af93b7ef1ddf73100d9fadc74e7ba7-1059.html#unique-entry-id-1059</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/98.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Alors que je me promenais dans un quartier de l'ouest de la Roche-sur-Yon, j'aper&ccedil;us derri&egrave;re un treillis un homme qui faisait les cent pas. Je le reconnus d&rsquo;embl&eacute;e, c'&eacute;tait une des &eacute;toiles montantes de notre litt&eacute;rature. La propri&eacute;t&eacute; &eacute;tait charmante, tuyas et mimosas chatouillaient le muret de cl&ocirc;ture. Plus loin sous une tonnelle un groupe d'amis faisaient bombance. &Eacute;tait-ce sa propri&eacute;t&eacute;&nbsp;? je ne le crois pas, qu'importe d'ailleurs. Heureux de l'aubaine je me cachai derri&egrave;re un vieux hangar et observai discr&egrave;tement les faits et gestes de celui qui, &agrave; coup s&ucirc;r, sera demain l'&eacute;gal des immortels.<br /><br />Soudain il s&rsquo;allongea, posa un coude &agrave; m&ecirc;me la pelouse grasse &ndash;&nbsp;elle aurait m&eacute;rit&eacute;, je dois le dire, d'une s&eacute;rieuse tonte&nbsp;&ndash; qu'il scruta avec une profonde attention, comme saisi par une inspiration divine. Le po&egrave;te avait visiblement p&ecirc;ch&eacute; un gros. Je le vis alors de mes yeux s'avancer sur le sentier de la cr&eacute;ation, avec un soin et &agrave; un rythme qu'il semblait dicter aux brins d&rsquo;herbe eux-m&ecirc;mes qu'il &eacute;cartait un &agrave; un. Trop &eacute;loign&eacute; pourtant, je ne pus acc&eacute;der &agrave; la vraie source de la cr&eacute;ation, &agrave; son allure, &agrave; sa couleur, &agrave; son chiffre qu'il semblait murmurer du bout des l&egrave;vres. Malheureux je dus me satisfaire du compte des brins d'herbe qu'il pin&ccedil;ait d&eacute;licatement. En v&eacute;rit&eacute; il en compta 807 exactement avant de se relever comme effray&eacute; par un ab&icirc;me. Il commit un petit hennissement avant de s&rsquo;&eacute;loigner et rejoindre les amis qui l&rsquo;attendaient.<br /><br />J&rsquo;aurais donn&eacute; cher, tr&egrave;s cher pour conna&icirc;tre le d&eacute;tail d'une aventure spirituelle qui avait certainement men&eacute; ce demi-dieu &agrave; partager le repas des dieux.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">31 mai 2010</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les regrets</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2010-09-24T00:00:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d1a214104bbf67d1f507a716a2003a66-1058.html#unique-entry-id-1058</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d1a214104bbf67d1f507a716a2003a66-1058.html#unique-entry-id-1058</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/97.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les regrets<br />la somnolence des chemins creux<br />il y a l&rsquo;Orcia au pied de Bagno Vignoni<br />le dernier ours blanc de la banquise<br />les images qui rodent autour de l&rsquo;absinthe<br />le futur ant&eacute;rieur <br />les jeux qui sont rest&eacute;s dans l&rsquo;armoire<br />les poches trou&eacute;es de la raison<br />Il y a disais-tu plus de deux ans d&eacute;j&agrave;<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXXV</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-09-23T00:00:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/08e48cbab4a7191ea2cf305ae3a5ff94-1057.html#unique-entry-id-1057</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/08e48cbab4a7191ea2cf305ae3a5ff94-1057.html#unique-entry-id-1057</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/97.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Jean-R&eacute;my a con&ccedil;u un syst&egrave;me infaillible pour &eacute;loigner les merles, les corneilles et les moineaux de ses cerisiers : cr&eacute;celles, lambourdes, rubans d&rsquo;argent, &eacute;pouvantails, cliquetis, drapeaux tib&eacute;tains,... Il a si bien r&eacute;ussi qu'il n&rsquo;ose plus sortir de chez lui.<u><br /></u><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Bouvetages</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-09-21T00:00:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/29516d9a927e1e6205f66b322b5a9dfa-1056.html#unique-entry-id-1056</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/29516d9a927e1e6205f66b322b5a9dfa-1056.html#unique-entry-id-1056</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/97.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Des plumes sur l&rsquo;eau<br />impossible de s&rsquo;en aller<br />image profane au pouvoir accru<br />&agrave; la lisi&egrave;re du bois<br />le chant d&rsquo;un oiseau<br /><br />dans une cage les d&eacute;pouilles d&rsquo;un tigre<br />captur&eacute; puis oubli&eacute;<br />des sonnailles pendent <br />aux poutres du cabanon<br />ce sont les restes d&rsquo;un d&eacute;cor grandiose<br /><br />les bienfaits se d&eacute;ployaient en nombre<br />les outils d&rsquo;artisans adroits<br />ciselaient les pi&egrave;ces uniques<br />que des doigts d&eacute;licats ajustaient<br />sur la nuque des fortes t&ecirc;tes<br /><br />on venait de toutes les &icirc;les <br />pour go&ucirc;ter aux herbes de confidence<br />et malgr&eacute; la confusion de leur approche<br />on aimait la na&iuml;vet&eacute; des peuples de l&rsquo;ouest<br />qui ne rataient pas une occasion<br />de faire main basse sur nos secrets<br /><br />tel &eacute;tait le cadre des repr&eacute;sentations<br />il aurait suffi d&rsquo;une autre mise en sc&egrave;ne<br />mais c&rsquo;e&ucirc;t &eacute;t&eacute; celle de la suffisance<br /><br />c&rsquo;est aussi et &agrave; son insu <br />le tableau g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;imaginaire <br />d&rsquo;un provincial terrass&eacute;<br />par les dimensions de son entreprise<br />les quelques jalons<br />d&rsquo;une aventure improbable <u><br /></u><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les vendanges tardives</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2010-09-17T00:07:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/01a9353dd75bf9aa1377e1937ec02060-1053.html#unique-entry-id-1053</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/01a9353dd75bf9aa1377e1937ec02060-1053.html#unique-entry-id-1053</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/96.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les vendanges tardives<br />les p&acirc;turages bois&eacute;s derri&egrave;re Peuchapatte<br />il y a l&rsquo;obstination<br />il y a les noces des voies ferr&eacute;es et de la camomille <br />les mots immenses qui nous maintiennent en semi-libert&eacute;<br />l&rsquo;odeur de la poussi&egrave;re apr&egrave;s la pluie <br />les chemins de halage <br /><em>le simple qui pr&eacute;serve l&rsquo;&eacute;nigme</em><br />il y a dans les bois des filets d&rsquo;eau auxquels on n&rsquo;a pas donn&eacute; de nom<u><br /></u><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXXIII</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-09-16T00:06:18+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/81cd438ea91d1083cd13431d051b869f-1052.html#unique-entry-id-1052</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/81cd438ea91d1083cd13431d051b869f-1052.html#unique-entry-id-1052</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/96.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Le philosophe glissait palier par palier le long des abruptes parois de la connaissance, ponctuant sa descente aux enfers<em> </em>d&rsquo;<em>au fond</em>... <em>au fond</em> qui donnaient le vertige. Il allait toucher le fond quand, levant la t&ecirc;te, il s'avisa qu&rsquo;on barbotait &agrave; la surface en attendant le moment des petits fours. On s&rsquo;inqui&eacute;ta, il p&acirc;lit. Il se h&acirc;ta sans consulter ses tables de d&eacute;compression, on dut appeler le SAMU.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Hospices g&#xe9;n&#xe9;raux</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-09-15T00:02:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/0480e097c658a0c43a53972ce8ebda26-1051.html#unique-entry-id-1051</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/0480e097c658a0c43a53972ce8ebda26-1051.html#unique-entry-id-1051</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/96.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Dans la plaine<br />nue<br />ni &eacute;rable <br />ni verne <br />melons cultiv&eacute;s en vain<br /><br />dans la plaine nue pel&eacute;e par les vents <br />dans la plaine nue rong&eacute;e par le sel <br />on planta<br />des abricotiers<br /><br />bien au-del&agrave; des dunes<br />on am&eacute;nagea<br />des mines d&eacute;saffect&eacute;es<br />soustraites au regard<br />au fond desquelles<br />l&rsquo;ombre retrouva sa vigueur<br /><br />on ajouta sur le perron<br />des devantures de soie<br />et des grappes de monardes<br /><br />il suffisait d&rsquo;une retraite l&agrave; <br />disait-on<br />d&rsquo;une robe de bure <br />au charme d&eacute;suet<br />de quelques sous<br />pour soigner ses reins <br />son mal &agrave; l&rsquo;&acirc;me <br />ses tics adult&egrave;res<br /><br />les notables retrouvaient le go&ucirc;t du luxe<br />les anciens la paix <br />les d&eacute;prim&eacute;s une solide stupeur <br />les financiers leurs dettes<br /><br />et tandis que dedans <br />on chantait grave <br />on apercevait certains soirs<br />le culs de deux jars s&rsquo;&eacute;loigner<br />de l&rsquo;auge vernie <br /><br />au-dessus tournoyait un geais <br />pr&ecirc;t &agrave; payer son tribut <br />pour quitter ce quart du soir <br />aux faux rouages <br />et aux &eacute;tais de fortune<br /><br />plus de doute ici <br />on aura beau affiner <br />ajouter des outres au jour <br />endosser un tricot d&rsquo;immortalit&eacute; <br />il ne faudra compter <br />sur aucune aide <br />sinon peut-&ecirc;tre <br />sur celle de ce char abandonn&eacute; <br />de hauts &eacute;pis luisants avec  <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 12 septembre 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Autres lieux</category><category>Peuplement</category><dc:date>2010-09-14T00:01:17+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/201b42ca3a7a333633192dc552cb951f-1050.html#unique-entry-id-1050</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/201b42ca3a7a333633192dc552cb951f-1050.html#unique-entry-id-1050</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/96.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Tu serais n&eacute;e dans les quartiers nord de Tirana et tu serais arriv&eacute;e il y a 15 ans en Suisse: la Chaux-de-Fonds d&rsquo;abord, Tramelan-dessous ensuite. Tu aurais trouv&eacute; l&agrave; une chambre et un emploi tout pr&egrave;s de la gare, &agrave; l&rsquo;H&ocirc;tel de l&rsquo;Union, pour faire la plonge, t&rsquo;occuper des chambres et assurer le service du petit d&eacute;jeuner le dimanche matin lorsque l&rsquo;h&ocirc;tel est ferm&eacute;. Tu n&rsquo;aurais pas rencontr&eacute; tout de suite parmi les 4500 habitants que compte cette ville du Jura bernois l&rsquo;homme de ton pays, n&eacute; &agrave; Lezh&euml; au fond de la baie de Drin. Il serait arriv&eacute; l&agrave; pourtant peu apr&egrave;s toi, &agrave; Tramelan-dessus plus exactement, &agrave; la suite de br&egrave;ves haltes &agrave; B&acirc;le et &agrave; Tavannes. Il aurait &eacute;t&eacute; engag&eacute; pour des travaux de pelle et de pioche dans la carri&egrave;re Huguelet. Vous ne vous seriez rencontr&eacute;s que l&rsquo;&eacute;t&eacute; suivant &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;une f&ecirc;te de la musique et vous vous seriez mari&eacute;s peu apr&egrave;s. Plus tard les Huguelet  auraient encourag&eacute; ton mari &agrave; passer un permis poids-lourds et l&rsquo;auraient bien aid&eacute; en cela. Tu l&rsquo;aurais toi aussi encourag&eacute;. Vous auriez eu ainsi les moyens de louer un petit appartement dans l&rsquo;une des barres qui blanchissent l&rsquo;herbe au-dessus de Tramelan-dessous, pos&eacute;es &agrave; m&ecirc;me les p&acirc;turages. Et ce matin, parce que cela fait exactement 15 ans que tu es l&agrave;, tu te serais souvenue de la truite et des pommes de terre en neige go&ucirc;t&eacute;es un soir d&rsquo;hiver &agrave; l&rsquo;auberge de la Theurre, de ces instants sur la terrasse de l&rsquo;Union le matin avant l&rsquo;ouverture de l&rsquo;h&ocirc;tel, des pierres tombales entass&eacute;es rue Jeanbrenin, de l&rsquo;or de la carri&egrave;re les samedis soir de soleil, de l&rsquo;&eacute;tang de Gru&egrave;re avec tes deux enfants le dimanche apr&egrave;s-midi. Tu aurais dit ne jamais t&rsquo;&ecirc;tre int&eacute;ress&eacute;e &agrave; la question jurassienne, &agrave; mille milles des d&eacute;mocrates chr&eacute;tiens des Franches-Montagnes et des socialistes bernois. Tu aurais ri en &eacute;voquant les noms des hameaux de la Large-Journ&eacute;e et de la Chaux-d&rsquo;Abel. Nous aussi.<br />On t&rsquo;a vu dimanche matin, tu t&rsquo;es assise &agrave; notre table, et tu nous as parl&eacute; dans un fran&ccedil;ais rudimentaire de la vie qui t&rsquo;a men&eacute;e l&agrave;, une vie suspendue comme celle de chacun d&rsquo;entre nous entre Tramelan-dessus et Tramelan-dessous, comme si personne n&rsquo;&eacute;tait encore arriv&eacute; &agrave; bout de l&rsquo;hiver qui revient avant m&ecirc;me qu&rsquo;il ne soit termin&eacute;.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Derniers instants</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-09-13T00:06:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/6a011e59e3ab9d3f17aab74bc1ba2588-1049.html#unique-entry-id-1049</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/6a011e59e3ab9d3f17aab74bc1ba2588-1049.html#unique-entry-id-1049</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/96.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Hier soir, il avait d&ucirc; compter 807 moutons avant de s&rsquo;endormir. Ce matin il a beau chercher, dans tous les coins des verts p&acirc;turages et pr&egrave;s des eaux paisibles. Il en manque un. Il appelle, appelle, appelle, appelle... <br /><br />Quand tu seras mort, je serai o&ugrave;&nbsp;? demande Lili.<br /><br />Tout se joue en d&eacute;finitive &agrave; un rien&nbsp;: tu meurs de bonne humeur, en prenant le temps, sous un beau soleil de printemps, et l&rsquo;&eacute;ternit&eacute; devient un enchantement&nbsp;; tu meurs dans la pr&eacute;cipitation, un soir d&rsquo;arri&egrave;re-automne pluvieux, alors que tu ne te souviens pas si tu as ferm&eacute; la porte du poulailler, et l&rsquo;&eacute;ternit&eacute; devient un v&eacute;ritable cauchemar.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">23 mai 2010</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Revenir l&#xe0; o&#xf9; on n&#x2019;en a pas &#xfb01;ni d&#x2019;aller</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><category>Vases communicants</category><category>Riant-Mont</category><dc:date>2010-09-10T00:09:04+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/751675b65eda4f72957c50bf5ce90f3f-1048.html#unique-entry-id-1048</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/751675b65eda4f72957c50bf5ce90f3f-1048.html#unique-entry-id-1048</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/95.5.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Cette image forte m&rsquo;est rest&eacute;e, tout ce que j&rsquo;ai ensuite appris de ce jour-l&agrave; s&rsquo;est accroch&eacute; sur elle.<br /></em><span style="font-size:11px; "><em>Jean-Loup Trassard, La D&eacute;m&eacute;nagerie, 2004</em></span><br /><br /><br />Poivrons, pommes, courgettes et aubergines au croisement du Valentin et de Riant-Mont, abricots, oignons et cerises, fraises et melons au gr&eacute; des saisons, c&rsquo;&eacute;tait notre Sicile &agrave; nous, celle de Zappelli, un mod&egrave;le r&eacute;duit de Borgo Vecchio, une &icirc;le exotique au pied de locatifs en cale s&egrave;che et de studios modernes vieillis pr&eacute;matur&eacute;ment. L&rsquo;homme ouvrait son &eacute;picerie d&egrave;s l&rsquo;aube, elle ﬂeurait le sud bien au-del&agrave; du quartier, c&rsquo;&eacute;tait Palerme alentour &agrave; toutes les saisons.<br />La m&egrave;re charg&eacute;e comme une mule remonte du centre-ville, elle tire d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; sa poussette de march&eacute;, de l&rsquo;autre un enfant qui s&rsquo;attarde devant les merveilles, il faut se h&acirc;ter, bient&ocirc;t midi. Le petit tend la main et saisit une paire de grosses cerises, belles, rouges et craquantes, croque et boit le soleil retenu dedans, il est aux anges. La m&egrave;re s&rsquo;est retourn&eacute;e, elle a surpris l&rsquo;enfant mais ne dit rien. Ils continuent, passent devant la boulangerie, montent les marches qui conduisent &agrave; l&rsquo;appartement. Et tandis que l&rsquo;enfant croque le c&oelig;ur de la seconde cerise, sur le pas de la porte, la m&egrave;re range les courses au fond des placards de la cuisine. Et puis elle se penche vers son enfant et lui explique ce dont ses demains seront faits, il ne comprend pas. Elle s&rsquo;&eacute;tend sur les r&egrave;gles du monde, la loi des &eacute;changes, il ne comprend toujours pas, mais il voit quelque chose qui s&rsquo;&eacute;loigne, ce n&rsquo;est pas grave, lui dit-elle, ce n&rsquo;est pas un crime mais quand m&ecirc;me. Elle lui souffle alors le texte qu&rsquo;il devra servir tout &agrave; l&rsquo;heure &agrave; l&rsquo;&eacute;picier, dans lequel il est question d&rsquo;excuses et de pardon. Il commence &agrave; comprendre et semble deviner qu&rsquo;on le conduit dans l&rsquo;antichambre d&rsquo;une histoire sans ﬁn, elle ferme la porte des placards, celle du frigo et de la d&eacute;pense. Les fers du grand portail claquent. L&rsquo;enfant sent qu&rsquo;il a bascul&eacute; dans l&rsquo;autre monde.<br />Monsieur Zappelli, les mains dans les poches de son tablier bleu, &eacute;coute avec bienveillance l&rsquo;enfant qui lui dit ce que chacun d&rsquo;entre nous dit depuis qu&rsquo;il est sorti du jardin. L&rsquo;enfant n&rsquo;est pas triste, il fait son devoir. La m&egrave;re surveille soulag&eacute;e que tout se passe finalement si bien. Ils sont tous les trois sur le trottoir, ils sourient presque, avec tout pr&egrave;s les aubergines, les abricots et les cerises qui n&rsquo;ont pas cess&eacute; de lancer leurs &eacute;clats. L&rsquo;enfant est heureux d&rsquo;&ecirc;tre parmi eux, il ignore encore ce qu&rsquo;il a perdu. Eux s&rsquo;en rappellent, et sur les visages immobiles de l&rsquo;&eacute;picier et de la m&egrave;re appara&icirc;t un sourire qui exprime un sentiment inconnu. Ce n&rsquo;est pas un sourire, &agrave; peine une trace, la trace de ce qui coule au-dessous des souvenirs et qu&rsquo;il leur a bien fallu tenir &agrave; distance. Une porte se ferme encore, et voici l&rsquo;enfant, l&rsquo;&eacute;picier et la m&egrave;re &agrave; la rue.<br />Car on n&rsquo;&eacute;changeait rien au jardin, en tous les cas rien de main &agrave; main, les bruits du vent peut-&ecirc;tre et un peu des poussi&egrave;res du ciel qu&rsquo;on remuait sans qu&rsquo;on le sache. On ne touchait &agrave; rien, ou on prenait tout, on se touchait &agrave; peine, ou on ne faisait qu&rsquo;un. On demeurait toujours &agrave; respectable distance les uns des autres et on arpentait l&rsquo;&icirc;le sans se lasser. Qui &eacute;tait-on&nbsp;? A peine des coques de noix chahut&eacute;es sur une mer qu&rsquo;on ne partage pas. On ne se parlait pas, on su&ccedil;otait le tr&egrave;fle, on faisait fuir l&rsquo;hiver, on disait ce qui &eacute;tait. C&rsquo;est l&rsquo;&eacute;cho de nos prof&eacute;rations que renvoyaient les fa&ccedil;ades des immeubles qui d&eacute;ﬁnissait les limites de notre royaume, abrit&eacute; par les hautes frondaisons de deux acacias et d&rsquo;un tilleul, par des sureaux, par les ronces qui s&rsquo;enroulaient autour de fers ac&eacute;r&eacute;s, invisible limite au-del&agrave; de laquelle nos mots ne revenaient pas. Aucun mur ne nous a jamais retenus, c&rsquo;&eacute;tait curieux comme on avait tout dans les mains et qu&rsquo;on ne s&rsquo;y trompait pas. On est tous partis lorsqu&rsquo;on nous a fait comprendre qu&rsquo;il &eacute;tait temps d&rsquo;aller de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute;. Le grand portail que surveillait la m&egrave;re Niquille a claqu&eacute; une fois encore derri&egrave;re Michel, Fran&ccedil;ois, Claude-Louis, Edith, Lilas et les autres. On a tout perdu. Et le royaume qu&rsquo;on avait sous la main, on a essay&eacute; de l&rsquo;obtenir, chacun pour soi, morceau par morceau, en suivant le parcellaire lev&eacute; par d&rsquo;anciens propri&eacute;taires et la dure loi des &eacute;changes, en vain.<br />Chaque fois qu&rsquo;une porte s&rsquo;ouvre d&eacute;sormais, je guigne pour savoir si l&rsquo;enfant que j&rsquo;&eacute;tais n&rsquo;a pas r&eacute;int&eacute;gr&eacute; le jardin qu&rsquo;il a quitt&eacute;, celui d&rsquo;avant les &eacute;changes sans lesquels il ne serait pas devenu celui qu&rsquo;on attendait. J&rsquo;aper&ccedil;ois toujours la m&ecirc;me ombre et les ﬂeurs d&rsquo;un cerisier, je serre alors, conserv&eacute;s au fond de mes poches, les tessons qui m&rsquo;ouvrent les portes de ce qui n&rsquo;aurait jamais eu lieu autrefois si je n&rsquo;y retournais pas.<br /><img class="imageStyle" alt="vaseco_jean_prod_hom_tessons-bd837" src="http://www.lesmarges.net/files/vaseco_jean_prod_hom_tessons-bd837.jpg" width="432" height="251"/><br /><br />Publi&eacute; le<span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">3 septembre 2010</span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span>dans le cadre du<span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#003CF1;"><u><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts">projet de vases communicants</a></u></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;">&nbsp;</span>chez Joachim S&eacute;n&eacute;<span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span>(<a href="http://www.joachimsene.fr/txt/" rel="self">Fragments, chutes et cons&eacute;quences</a>)<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 19 septembre 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Autres lieux</category><dc:date>2010-09-22T00:00:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e25b94e33f50c0b6bfccaf107c219685-1046.html#unique-entry-id-1046</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e25b94e33f50c0b6bfccaf107c219685-1046.html#unique-entry-id-1046</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/97.2.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Ce ne sont pas tellement les bras nus de Rachel Kolly d&rsquo;Alba sur la sc&egrave;ne de la place de l&rsquo;Europe rejoignant les premi&egrave;res mesures du concerto pour violon de Tcha&iuml;kovski avec devant le soleil et derri&egrave;re les ombres de la foule  frigorifi&eacute;e, ni non plus l&rsquo;insouciance des jours f&eacute;ri&eacute;s flottant tout autour des tables dress&eacute;es devant le refuge des Fontaines &agrave; midi, ni l&rsquo;or des vignes entre l&rsquo;Avan&ccedil;on et la Gryonne un peu avant qu&rsquo;elles ne se jettent sans se retourner dans le Rh&ocirc;ne, sous Antagnes, &agrave; deux pas de Saint-Triphon, ni le lac qui &eacute;cartait les bras cette apr&egrave;s-midi-l&agrave; comme jamais, au large de Treytorrens avec en face Meillerie, ni la pr&eacute;sence de Ramuz ni les g&eacute;raniums sur le ponton sous la voie ferr&eacute;e, mais d&rsquo;&ecirc;tre l&agrave; dedans avec les autres, un peu perdu sans projets ni regrets, les pieds attach&eacute;s et la t&ecirc;te perdue &agrave; &eacute;gale distance de la terre et du ciel, flottant, confondu aux forces d&rsquo;en haut et &agrave; celles d&rsquo;en bas, d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; invit&eacute; le m&ecirc;me jour et &agrave; plusieurs reprises &agrave; la table de ce qui se suffit, sans rien souhaiter retenir sinon la possibilit&eacute; m&ecirc;me de tenir debout, soutenu par rien, avec pour voisins des inconnus auxquels on sourit et des noms de lieux qu&rsquo;on murmure pour gagner par le d&eacute;tour des cols et des montagnes &agrave; petits pas l&rsquo;invisible lieu, y demeurer sans fin avec le soleil et le ciel violet dont on dira plus tard que, s&rsquo;ils avaient bel et bien facilit&eacute; l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; la sagesse r&eacute;demptrice de celui qui n&rsquo;a rien, n&rsquo;interdisaient pas qu&rsquo;on songe en contrepoint &agrave; la pluie et aux bourrasques qui reviendraient, qu&rsquo;il serait toujours temps de se rappeler qu&rsquo;on s&rsquo;&eacute;tait dit alors avec la voix du dedans que le temps qu&rsquo;il fait, ce qu&rsquo;on est et le lieu qu&rsquo;on occupe n&rsquo;y sont pour rien, et que cela il ne fallait si possible pas l&rsquo;oublier.<u><br /></u><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Jeux</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-09-07T00:01:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c47bb060517ac792073629f3560e1197-1044.html#unique-entry-id-1044</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c47bb060517ac792073629f3560e1197-1044.html#unique-entry-id-1044</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/95.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />L&rsquo;intendant pr&eacute;pare <br />dans l&rsquo;arri&egrave;re-boutique<br />des couronnes de laurier<br />qu&rsquo;il glisse dans une corbeille<br />salix viminalis<br />il dresse au fond d&rsquo;une niche<br />les javelines <br />dont les pointes s&egrave;ches <br />sont fich&eacute;es<br />au coeur de lourdes past&egrave;ques<br /><br />derri&egrave;re les parois des huttes<br />et les ourlets de la g&ecirc;ne<br />des m&eacute;t&egrave;ques frictionnent <br />le dos des combattants<br />h&eacute;ros encens&eacute;s puis ni&eacute;s<br />plus tard occis<br />ils se mirent dans de larges bracelets d&rsquo;or<br />on chante c&rsquo;est un m&eacute;lange de liesse<br />de labours et de musc<br /><br />jours de f&ecirc;te <br />&eacute;trangl&eacute;s par la pince <br />des princes et du temps<br />vil hochet<br />plac&eacute; entre les mains<br />d&rsquo;hommes peu scrupuleux<br />il n&rsquo;y eut pas de r&eacute;pit pour les condamn&eacute;s<br />je h&egrave;le, ils d&eacute;raillent et tu brodes<br />avant que les mailles ne s&rsquo;emm&ecirc;lent <br />et rendent l&rsquo;insurrection impossible<br /><br />on servait &agrave; la cantine<br />de la gn&ocirc;le et du lait <br />on avait vir&eacute; l&rsquo;honneur <br />qui se vautrait au fond de niches empaill&eacute;es<br />fallait pas se fier au nombre de box <br />les juments et les pouliches <br />depuis longtemps d&eacute;j&agrave;<br />avaient abandonn&eacute; la partie<br /><br />assis et seul<br />pr&egrave;s de la haie<br />l&rsquo;enfant de l&rsquo;un des colosses<br />pleure <br />il voit les larmes de son p&egrave;re<br />goutter sur l&rsquo;ar&egrave;ne<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 5 septembre 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-09-06T09:40:45+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c758d333b25ab26e116e4dcde31f5d9b-1043.html#unique-entry-id-1043</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c758d333b25ab26e116e4dcde31f5d9b-1043.html#unique-entry-id-1043</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/94.1.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Au clocher d&rsquo;Hermenches l&rsquo;horloge n&rsquo;avait qu&rsquo;une aiguille &ndash; qu&rsquo;une main.</em> <em>Pas de minutes, de belles heures toutes rondes, jamais mordues.<br /></em><p style="text-align:right;"><em>Gustave Roud</em> <br /></p><p style="text-align:left;"><img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/ligneblancheligne.png" width="27" height="9"/><br />Le vent officiait tr&egrave;s haut &agrave; l&rsquo;heure du culte et le ciel &eacute;tait nu. Daniel avait labour&eacute; le champ de bl&eacute; rentr&eacute; il y a une semaine et l&rsquo;horizon s&rsquo;&eacute;tait abaiss&eacute; d&rsquo;un bon m&egrave;tre. Il avait pass&eacute; la herse la veille si bien que la terre &eacute;tait mont&eacute;e &ndash; avec des cr&ecirc;tes de chaume &ndash; jusqu&rsquo;au pied du potager, elle l&eacute;chait m&ecirc;me ceux du banc sur lequel j&rsquo;&eacute;tais assis. Une faible bise, orient&eacute;e est-nord-est, a fait monter soudain le tintement sourd des cloches des villages en contrebas. Un tintement lointain, &agrave; peine perceptible, assez toutefois pour r&eacute;veiller ceux qui ne dorment pas et les d&eacute;barrasser des petits soucis qui guettent ceux qui n&rsquo;ont rien &agrave; faire.<em><br /></em>Des aiguilles, les horloges n&rsquo;en avaient plus aucune ce matin, et le temps s&rsquo;est mis &agrave; &eacute;carter les bras, et tous ceux qui tendaient l&rsquo;oreille se sont mis &agrave; esp&eacute;rer que les cloches, lorsqu&rsquo;elles faisaient mine de se taire, rajoutent une mesure &agrave; Carrouge ou &agrave; M&eacute;zi&egrave;res, pour creuser un peu plus encore la campagne, jusqu&rsquo;au silence qui r&egrave;gnerait cet apr&egrave;s-midi dans les d&eacute;serts, les beaux et pr&eacute;cieux d&eacute;serts de nos dimanches.<br /></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les fleurs des ch&#xe2;taigniers</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2010-09-08T00:00:02+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b5a72802eb227137010dae7714cc0c82-1042.html#unique-entry-id-1042</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b5a72802eb227137010dae7714cc0c82-1042.html#unique-entry-id-1042</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/95.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les fleurs des ch&acirc;taigniers<br />les beaux jours de l&rsquo;arri&egrave;re-&eacute;t&eacute;<br />les reins de la terre soulev&eacute;s par les fers de la charrue<br />l'insouciance des idiots<br />il y a Vaduz<br />il y a ce qui s&rsquo;est pass&eacute; l&agrave;-haut et dont on ne sait rien<br />les seigneurs de la nuit <br />les histoires auxquelles on croit encore un peu<br />il y a la foi des petits artisans<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Ligatures</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-08-30T12:23:31+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c9807ba67417d404ce86b8997a6df604-1041.html#unique-entry-id-1041</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c9807ba67417d404ce86b8997a6df604-1041.html#unique-entry-id-1041</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/94.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Un &ecirc;tre humain sans ombilic, c&rsquo;est &eacute;videmment inconcevable&nbsp;! Mais j&rsquo;avoue qu&rsquo;il m&rsquo;est plus difficile encore d&rsquo;imaginer que ma m&egrave;re ait pu en poss&eacute;der un avant ma naissance. Pensez donc. &Agrave; moins d&rsquo;admettre, &eacute;videmment, qu&rsquo;elle ait donn&eacute; naissance &agrave; un autre moi avant moi.<br /><br />Quatre girafons et un lama, des tigres et des tigrons, deux pandas et leurs petits, une coccinelle et un y&eacute;ti, oursons, loups, chiens et chats,... 807 peluches. Trop c&rsquo;est trop. Mais qui les nourrira petite Lili&nbsp;? Viens vite, prends avec toi Jeannot Lapin et Antilopa. Assieds-toi l&agrave;, pr&egrave;s de moi. Il est temps, je crois, de t&rsquo;enseigner comment castrer un lapin papillon et ligaturer les trompes d&rsquo;une gazelle de la reine de Saba.<br /><br />Jean-R&eacute;my en avait r&ecirc;v&eacute; depuis toujours, &ecirc;tre chez lui, vraiment chez lui et ne rien devoir &agrave; personne. Sit&ocirc;t qu&rsquo;il le put, il acheta une petite maison dont il condamna aussit&ocirc;t les ouvertures, il fit dresser des palissades tout autour du jardin, il renon&ccedil;a enfin au t&eacute;l&eacute;phone, &agrave; l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;, &agrave; l&rsquo;eau, bien trop intrusifs. <br />Mais ce matin Jean-R&eacute;my souffre, un couteau sur le ventre. Lui reste la plus d&eacute;licate op&eacute;ration&nbsp;: se d&eacute;barrasser de ce que sa m&egrave;re lui a laiss&eacute;, un petit morceau de chair, cet ombilic qui ne lui appartient pas.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">13 avril 2010</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Etoile filante</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-08-27T00:38:57+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/51a25af08c6553ea8ac097eb31cd12dc-1039.html#unique-entry-id-1039</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/51a25af08c6553ea8ac097eb31cd12dc-1039.html#unique-entry-id-1039</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/93.5.png" width="50" height="50"/><br /><span style="font:13px Georgia, serif; font-weight:bold; color:#555555;font-weight:bold; "><br /></span>Une triplette habit&eacute;e par le nombre d'or, sur laquelle le po&egrave;te s&rsquo;&eacute;tait pench&eacute; des ann&eacute;es durant, une triplette du tonnerre de dieu, &eacute;lanc&eacute;e, 807 au garrot, une triplette sans tenon ni mortaise, inimitable bijou, de jade et d'or, une triplette solide comme le M&ouml;nch, l'Eiger et la Jungfrau, liquide comme les Trois-Lacs, a&eacute;rienne comme un long courrier.<br /><br />Le po&egrave;te la confia au ma&icirc;tre d'oeuvre, qui la refusa. Pas dans la ligne, disait-il, pas dans la ligne. Mais dans la ligne de quoi, la ligne de quoi, pour qui se prenait-il cet aiguilleur du ciel, pour qui se prenait-il, pour qui&nbsp;?<br /><br />Gilooly retrouva le divin objet au milieu d&rsquo;une poign&eacute;e d&rsquo;autres triplettes refus&eacute;es, m&ecirc;l&eacute;es &agrave; des feuillets du Cantique des Cantiques et du livre de Job, dans la carlingue d&rsquo;un long-courrier qui avait piqu&eacute; du nez dans le sable de Choir. On conna&icirc;t la suite.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">16 mai 2010</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXXIV</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Peuplement</category><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-09-20T00:00:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/da45e9ae0240f3ffb28b396e4b8a16f4-1037.html#unique-entry-id-1037</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/da45e9ae0240f3ffb28b396e4b8a16f4-1037.html#unique-entry-id-1037</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/97.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />C&rsquo;&eacute;tait un homme des maquis, un aventurier du temps des colonels, un enfant, r&eacute;sistant, poursuivi, tortur&eacute;, r&eacute;fugi&eacute;. <br />Vo&ucirc;t&eacute; en raison d&rsquo;une vilaine sciatique qui le taquine, il est aujourd&rsquo;hui contrema&icirc;tre d&rsquo;une petite entreprise de services. Il a gravi les deux marches qui l&rsquo;ont conduit aux portes du commandement mais il n&rsquo;a pas franchi le pas, le pouvoir il n&rsquo;aime pas, il ne peut pas, pensez donc! mais qu&rsquo;on ne lui en veuille pas, l&rsquo;hidalgo cherche la paix, qu&rsquo;on ne l&rsquo;ennuie pas, d&eacute;brouillez-vous et pourquoi pas. <br />Mais le rescap&eacute; sourit d&rsquo;aise, il croit dur comme fer que son rang lui est d&ucirc;, courage et m&eacute;rite. Il ignore qu&rsquo;on s&rsquo;est tous cotis&eacute;s pour faire taire son silence, l&rsquo;aider &agrave; oublier ses frasques et qu&rsquo;on n&rsquo;en parle plus.<br />Regardez-le manoeuvrer en silence, l&rsquo;homme ne fait couler aucune encre. Il est devenu &agrave; tout petits pas le lieutenant qu&rsquo;il a combattu autrefois, on est tous d&eacute;sarm&eacute;s. Il empoisonne doucereusement la vie de chacun en distribuant satisfecit et somnif&egrave;res. Derri&egrave;re ses paupi&egrave;res une ind&eacute;fectible pr&eacute;somption fait la roue, il n&rsquo;&eacute;coute pas mais dort. <br />Chaque &eacute;t&eacute; il change d&rsquo;univers, plonge dans les eaux de la mer Rouge pour y laver sa nonchalance. L&rsquo;homme n&rsquo;est plus tout &agrave; fait vivant, englouti dans une nu&eacute;e de poissons multicolores et les souvenirs de ce qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute;.<u><br /></u><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>25</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2010-09-09T00:05:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/65d64f532583f32d51724e49e89f34ce-1036.html#unique-entry-id-1036</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/65d64f532583f32d51724e49e89f34ce-1036.html#unique-entry-id-1036</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/95.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />S'extraire du fleuve qui nous emporte, tirer derri&egrave;re soi une ou deux choses qui sont rest&eacute;es dans le filet du langage et, comme H&eacute;raclite, bricoler une image en usant des moyens mis &agrave; notre disposition par la tradition, avec des &eacute;ch&eacute;ances, comme un artisan.<br />&Ccedil;a y est. C&rsquo;est fait. &Ccedil;a y ressemble un peu.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a le chant du coq &#xe0; midi</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2010-09-02T04:27:23+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/db9c308402a475df96d7d10ea993643c-1035.html#unique-entry-id-1035</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/db9c308402a475df96d7d10ea993643c-1035.html#unique-entry-id-1035</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/94.5.png" width="50" height="50"/><br /><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span>Il y a le chant du coq &agrave; midi<br />les vieux qui font la sieste<br />les couleurs des cr&eacute;pis pass&eacute;s<br />la derni&egrave;re marche de l&rsquo;escalier monumental qui monte au Congr&egrave;s<br />il y a les bons comptes <br />il y a la pile de chemises de celle qui ne reviendra pas<br />les hanches larges des lourdes p&eacute;niches <br />la pierre ollaire les soirs d&rsquo;automne<br />il y a les galets de Lambi<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 29 ao&#xfb;t 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-08-31T04:26:18+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/53537aa41e0636411e9e06f3670019ff-1034.html#unique-entry-id-1034</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/53537aa41e0636411e9e06f3670019ff-1034.html#unique-entry-id-1034</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/94.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />- Dis, toi tu connais vraiment beaucoup de monde &eacute;tanche ?<br />- Non ! quelques-uns seulement, et quelques-uns qui le sont qu&rsquo;un peu. Quant &agrave; dire compl&egrave;tement &eacute;tanches, &ccedil;a non, je peux pas le dire, c&rsquo;est rare. Disons deux ou trois, j&rsquo;entends de vraiment &eacute;tanches, Michel est &eacute;tanche.<br />- Ouais, Michel c&rsquo;est s&ucirc;r. Roby est &eacute;tanche aussi, et toi je crois que t&rsquo;es aussi &eacute;tanche.<br />- Ouais pour Roby, mais son fr&egrave;re, &ccedil;a jamais. La Raymonde non plus n&rsquo;est pas &eacute;tanche. Sur beaucoup j&rsquo;ai chang&eacute; d&rsquo;avis, t&rsquo;as trop de gens que tu crois &eacute;tanche, et puis ce que tu as dit un jour, tu l&rsquo;entends dans la bouche d&rsquo;un autre, d&eacute;form&eacute;. &Ccedil;a c&rsquo;est dur. Pierre-Georges n&rsquo;est pas &eacute;tanche, Armand n&rsquo;est pas &eacute;tanche, Mais sais-tu ce qu&rsquo;il m&rsquo;a dit l&rsquo;autre jour &agrave; Vulliens ? Tu devines ?<br />- Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il a dit l&rsquo;Armand ?<br />- Il a dit que t&rsquo;&eacute;tais pas &eacute;tanche. Tu te rends compte un peu le salaud. Apr&egrave;s ce qu&rsquo;il t&rsquo;a fait.<br />- Ah tu le savais?<br />- Tout le monde le savait. <br />- Ah bon ? <br />- C&rsquo;est l&agrave; o&ugrave; le b&acirc;t blesse. Si seulement celui qui n&rsquo;est pas &eacute;tanche parlait &agrave; un type &eacute;tanche. Mais c&rsquo;est jamais le cas. Trop de gens qui sont pas &eacute;tanches. Bryan n&rsquo;est pas &eacute;tanche, Lo&iuml;c pas &eacute;tanche. Et ta femme ?<br />Ma femme est presque &eacute;tanche. Mais pas assez, je m&rsquo;en suis rendu compte, pas parce qu&rsquo;elle redzip&egrave;te ce que je lui ai dit, mais parce qu&rsquo;elle transforme ce que je ne lui ai pas dit. Non ma femme n&rsquo;est pas &eacute;tanche, je ne lui dis plus tout ce que je sais et ce que je pense, ma femme c&rsquo;est un peu comme la tienne.<br />- Exact coll&egrave;gue ! Moi aussi j&rsquo;aime les gens &eacute;tanches. Mais disons qu&rsquo;il faut pas &ecirc;tre &eacute;tanche comme Roger qui ne dit rien.<br />- Ecoute, ils auraient mieux fait d&rsquo;&eacute;teindre la sono. <br /><br /><em>Des vrombissements montent de devant leur ventre bedonnant, des grondements de caverne, nocturnes, humides. Ils sont trois c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;te derri&egrave;re l'&eacute;cole de Vulliens, chemise blanche, cheveux gris, la rondeur des sages. Ils ont laiss&eacute; au repos leur bras droit, une main morte au bout; ils tiennent de l&rsquo;autre, par le collet, un cor des Alpes descendu de Villangeaux, qu&rsquo;ils vissent et d&eacute;vissent pour approcher le fragile &eacute;quilibre des harmoniques. Ils soufflent avec soin, retiennent le tonnerre, tendent l'oreille &agrave; gauche et &agrave; droite pour tenir ensemble les r&ecirc;nes de voix qui ne veulent en faire qu'&agrave; leur t&ecirc;te. Ils y parviennent un peu et c'est encore plus beau ainsi. <br />A la fin ils demandent un peu d&rsquo;emploi &agrave; leur bras droit pour &eacute;ponger leur visage. Il s&rsquo;en vont le cor sur l&rsquo;&eacute;paule, la main gauche dans la poche de leur pantalon, lentement, comme des cow-boys. <br /></em><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Plus jamais &#xe7;a</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-09-01T01:25:43+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/5f1d2751814c96d1a41264f452ad3b66-1033.html#unique-entry-id-1033</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/5f1d2751814c96d1a41264f452ad3b66-1033.html#unique-entry-id-1033</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/94.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Dans un r&eacute;cipient d&rsquo;&eacute;pines<br />deux vautours tisonnent<br />un feu d&rsquo;id&eacute;es faisand&eacute;es qu&rsquo;ils jettent <br />dans le coeur des po&egrave;tes<br />m&eacute;lang&eacute;es &agrave; de la p&eacute;nitence<br />avec du sacrifice<br />tandis qu&rsquo;au confluent des ruisseaux<br />et des eaux us&eacute;es<br />aux yeux laids<br />des poissons an&eacute;miques<br />r&eacute;pondent <br />ceux de la belle inconnue<br /><br />le nombre harass&eacute;<br />a la corde au cou<br />exit les cl&eacute;s du r&ecirc;ve<br />de la derni&egrave;re combattante de l&rsquo;&eacute;t&eacute;<br />nous saurons bient&ocirc;t<br />les &eacute;clairs litigieux<br />aper&ccedil;us au fond des apories<br />de l&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; n&eacute;e l&agrave;<br />de la combinaison de six d&eacute;s ivres et noirs<br /><br />vivre avec eux soit <br />mais plus jamais<br />&agrave; l&rsquo;ombre <br />des divinit&eacute;s vertueuses<br />loin de la vaillance des orties<br />et des lampes au rais douteux<br /><br />c&rsquo;est c&rsquo;est l&agrave; c&rsquo;est l&agrave;<br />ramez c&rsquo;est par l&agrave;<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Guide de l&#x27;Imrie I Joachim S&#xe9;n&#xe9;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Vases communicants</category><dc:date>2010-09-03T00:04:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/1a7358d1bb0d4c5073f2712ccae7e7d6-1032.html#unique-entry-id-1032</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/1a7358d1bb0d4c5073f2712ccae7e7d6-1032.html#unique-entry-id-1032</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/ruinesruines.png" width="50" height="50"/><br /><br /><span style="font-size:25px; font-weight:bold; ">PSTOPH</span><span style="font-size:1px; "><br /></span><br /><a href="http://www.joachimsene.fr/txt/spip.php?rubrique14" rel="self">Imrie</a>, Province du Pnou<br />32 000 habitants (Pstophiens)<br /><strong>Ville &agrave; &eacute;viter + + +</strong><br /><br />Ils n&rsquo;ont ni plus ni moins de col&egrave;re que nous, ni plus ni moins de bonheur que nous et pourtant les Pstophiens crient sans cesse. Leur ville est situ&eacute;e dans l&rsquo;Enclave de C&ocirc;ne, petite cit&eacute; dans la montagne au sud du Pnou, tout au fond d&rsquo;un cirque impraticable. D&rsquo;apr&egrave;s l&rsquo;ethnologue Roba Silmour, le volume sonore de leur voix est le r&eacute;sultat d&rsquo;une longue s&eacute;lection sociale. Les puissants organes des Fanors, lign&eacute;e de chefs, furent chass&eacute;s du pouvoir comme ils y &eacute;taient venus&nbsp;: au cri. Ce jour l&agrave;, vers 500, le peuple dans la rue cria, et parmi les crieurs les plus puissants furent envoy&eacute;s devant. Aussit&ocirc;t que les Fanors eurent abdiqu&eacute;s ceux de devant prirent leur place. Leur facilit&eacute; &agrave; parler fort leur permit de s&rsquo;imposer et de durer tout en faisant taire les oppositions, de plus faible volume. Apr&egrave;s quelques ann&eacute;es de tyrannie la population compris son erreur et on proc&eacute;da de nouveau au cri vocif&eacute;rant et insurg&eacute; qui propulsa sur le tr&ocirc;ne de nouveaux crieurs qui surent et remplacer le pouvoir en place et faire comprendre au peuple son int&eacute;r&ecirc;t &agrave; les laisser l&agrave;. Etc. La pratique du cri devint la pratique politique, puis la pratique sociale. Sans cri, pas de pouvoir. Sans cri, pas de place au th&eacute;&acirc;tre. Sans cri, pas de place &agrave; l&rsquo;&eacute;cole. Sans cri, pas viande fra&icirc;che au march&eacute;. Sans cri, pas de bon salaire. Sans cri, pas de place dans le bus, pas d&rsquo;allocations familiales, pas de cadeau d&rsquo;anniversaire, pas d&rsquo;essence, pas d&rsquo;eau, pas de caf&eacute;, rien&nbsp;; sans cri pas d&rsquo;existence vraiment. <br /><br />Cela dure encore. Aujourd&rsquo;hui, le volume sonore moyen d&rsquo;un seul Pstophien est plus fort qu&rsquo;un ch&oelig;ur de quatre de nos t&eacute;nors.&nbsp;C&rsquo;est &agrave; dire qu&rsquo;ils parlent ainsi, naturellement, comme nous ne pouvons m&ecirc;me pas hurler &agrave; mort. Sans s&rsquo;en rendre compte, ils tendent les muscles de leur cou, ouvre la bouche en faisant descendre la m&acirc;choire jusqu&rsquo;au bas du cou, ont le visage rouge, les yeux exorbit&eacute;s, et cela pour vous indiquer seulement l&rsquo;heure ou vous demander de leur passer le sel. On remarque aussi les larges &eacute;paules, les cages thoraciques d&eacute;velopp&eacute;es, les ventres ronds et les nez pro&eacute;minents o&ugrave; r&eacute;sonne la parole. <br /><br />Roba Silmour n&rsquo;a pu visiter longtemps cette ville, victime d&rsquo;une extinction de voix chronique et ayant perdu plus de la moiti&eacute; de ses capacit&eacute;s auditives en quelques semaines. <br />Il arrive qu&rsquo;un Imrien sourd parte s&rsquo;exiler l&agrave;-bas. Aucun n&rsquo;est jamais revenu, ils pr&eacute;f&egrave;rent y rester. Parfois c&rsquo;est un Pstophien muet qui s&rsquo;en va, chass&eacute; par la force des choses, ignor&eacute;, exclu, banni de fait. Il ne nous raconte rien, incapable de r&eacute;pondre &agrave; des questions qui ne sont pour lui que vagues murmures. <br /><br />Lors d&rsquo;une randonn&eacute;e le long du C&ocirc;ne, sans m&ecirc;me aller vers la cime de la cha&icirc;ne circulaire qui enserre l&rsquo;enclave, vous entendrez une rumeur incessante qui d&eacute;boule le long du versant et descend mourir en roulant dans la vall&eacute;e&nbsp;: ce sont les conversations de la ville qui &eacute;mergent contin&ucirc;ment, comme les fumerolles suivent l&rsquo;&eacute;ruption. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Joachim S&eacute;n&eacute;<br /></span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span></p><p style="text-align:left;"><img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/tessonstessons.png" width="50" height="50"/><em><br /><br />&eacute;crit par </em><em><a href="http://www.joachimsene.fr/txt" rel="self">Joachim S&eacute;n&eacute;</a></em><em><a href="http://www.joachimsene.fr/txt" rel="self"> </a></em><em>qui m&rsquo;accueille </em><em><a href="http://www.joachimsene.fr/txt/spip.php?article182" rel="self">chez lui</a></em><em> dans le cadre du </em><em><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts" rel="self">projet de vases</a></em><em><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts" rel="self"> communicants</a></em><em>&nbsp;: le premier vendredi du mois, chacun &eacute;crit sur le blog d&rsquo;un autre, &agrave; charge &agrave; chacun de pr&eacute;parer les mariages, les &eacute;changes, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement&hellip; Ne pas &eacute;crire pour, mais &eacute;crire chez l&rsquo;autre.<br /><br /></em></p><p style="text-align:justify;"><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;"><em>Et d&rsquo;autres </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"><em><a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=104893605886&ref=ts">vases communicants ce mois</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;"><em>  <br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#003CF1;"><u><a href="http://tentatives.eklablog.fr/">Christine Jeanney</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#646699;"> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#003CF1;"><u><a href="http://www.liminaire.fr/">Pierre M&eacute;nard</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#646699;"> </span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-2.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:11px Verdana, serif; color:#003CF1;"><u><a href="http://www.joachimsene.fr/txt/">Joachim S&eacute;n&eacute;</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#646699;"> et</span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#003CF1;"><u><a href="http://www.lesmarges.net/">Jean Prod'hom</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#646699;"> </span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-3.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:11px Verdana, serif; color:#003CF1;"><u><a href="http://www.xn--chatperch-p1a2i.net/">Michel Brosseau</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#646699;"> et</span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#003CF1;"><u><a href="http://fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com/">Christophe Sanchez</a></u></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#646699;"> </span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-4.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#003CF1;"><u><a href="http://www.koukistories.blogspot.com/">Kouki Rossi</a></u></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"> et</span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#003CF1;"><u><a href="http://pantarei.hautetfort.com/ " rel="self">Florence No&euml;l</a></u></span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-5.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><a href="http://sauvageana.blogspot.com/" rel="self">Anita Navarrete Berbel</a></span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> et </span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><a href="http://www.pendantleweekend.net/" rel="self">Piero Cohen Hadria</a></span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-6.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><a href="http://semenoir.typepad.fr/semenoir/" rel="self">Maryse Hache</a></span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> et </span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><a href="http://poezibao.typepad.com/flotoir" rel="self">Florence Trocm&eacute;</a></span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-7.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><a href="http://fenetresopenspace.blogspot.com/" rel="self">Anne Savelli</a></span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> et </span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><a href="http://leslignesdumonde.wordpress.com/" rel="self">Loran Bart</a></span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-8.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><a href="http://www.face-terres.fr/" rel="self">Daniel Bourrion</a></span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> et </span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><a href="http://brigetoun.blogspot.com/" rel="self">Brigitte C&eacute;l&eacute;rier</a></span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-8-2.gif" width="8" height="11"/> <span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><a href="http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique55" rel="self">Arnaud Ma&iuml;setti</a></span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> et </span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><a href="http://stephelakh.tumblr.com/" rel="self">St&eacute;phanie K</a></span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"> </span></p>]]></content:encoded></item><item><title>24</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2010-08-26T00:10:28+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b21b5ae91490498daa64f9fa61b72387-1031.html#unique-entry-id-1031</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b21b5ae91490498daa64f9fa61b72387-1031.html#unique-entry-id-1031</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/93.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />D&eacute;biter le r&eacute;el, d&eacute;grossir le complexe, trancher le prot&eacute;iforme, d&eacute;rouler l'insaisissable, mettre en ligne l&rsquo;ensemble des fragments de gauche &agrave; droite et de haut en bas sur une port&eacute;e aux innombrables lignes de fuite. Puis abouter les chutes, les dyslexier hors toute hi&eacute;rarchie, quitte &agrave; les bredouiller, les b&eacute;gayer; accueillir les sosies, lib&eacute;rer la page de la page, creuser des galeries, inviter les taupes, gauchir. Faire voir les cons&eacute;quences, c&rsquo;est-&agrave;-dire les feux d'artifice, c&rsquo;est-&agrave;-dire les paysages insens&eacute;s devant lesquels la page s'est embras&eacute;e.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Migration des hirondelles</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-08-24T14:10:27+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/05c6b8a4f3b53e60cd01f7c2ef9e7898-1030.html#unique-entry-id-1030</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/05c6b8a4f3b53e60cd01f7c2ef9e7898-1030.html#unique-entry-id-1030</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/93.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Pendant plusieurs d&eacute;cennies<br />les sages tent&egrave;rent en vain<br />de fixer de l&rsquo;int&eacute;rieur<br />les traits des diverses cat&eacute;gories<br />ils d&eacute;bouch&egrave;rent<br />malgr&eacute; les pr&eacute;cautions<br />sur les enfers du <em>car</em> et du <em>mais</em><br /><br />les savants d&eacute;chus<br />grandes gueules <br />aux crocs &eacute;mouss&eacute;s<br />affal&eacute;s au creux du chemin <br />qui serpentait alors<br />dans l&rsquo;axe de la contrainte<br />se nourrirent des d&eacute;pouilles des damn&eacute;s<br />et des restes de la jeunesse<br />qui courbait l'&eacute;chine<br />devant les h&eacute;ros<br />et leurs imp&eacute;rieuses manies<br />malheur aux guerriers mous<br />qui se contemplent <br />dans le tain d&eacute;formant de la nuit<br /><br />fatigu&eacute;es des maigres rondeurs <br />sur lesquelles <br />les flots avaient baiss&eacute; les yeux<br />les hirondelles<br />au <em>corselet blanc</em><br /><em>cotte haut-pliss&eacute;e</em><br />s&rsquo;enfuirent dos au vent<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a le pardon</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2010-08-25T00:00:27+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/8cf30169389b17c9f009fa14c27d8cdc-1029.html#unique-entry-id-1029</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/8cf30169389b17c9f009fa14c27d8cdc-1029.html#unique-entry-id-1029</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/93.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a le pardon<br />la courbe des chemins &agrave; double orni&egrave;re<br />les hirondelles <br />les chiens qui ont d&eacute;sert&eacute; leur niche<br />il y a les lieux-dits qui tiennent parole<br />il y a les engagements qui all&egrave;gent <br />la main courante de Riant-Mont<br />les groseilles des sorbiers <br />il y a les ombres avec lesquelles on devise<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 22 ao&#xfb;t 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-08-23T14:10:26+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/439086a180f8ab0d6f0e1f6c2b875575-1028.html#unique-entry-id-1028</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/439086a180f8ab0d6f0e1f6c2b875575-1028.html#unique-entry-id-1028</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/93.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Aujourd&rsquo;hui comme il y a quelques jours j&rsquo;ai maintenu un bref instant, en &eacute;quilibre et dans la fra&icirc;cheur, l&rsquo;humeur gagn&eacute;e sur le cort&egrave;ge des contrari&eacute;t&eacute;s qui me guettaient d&egrave;s l&rsquo;aube. J&rsquo;ai avanc&eacute; r&eacute;concili&eacute; sur le chemin qui monte &agrave; la Mussilly en longeant celui qui traverse l&rsquo;extr&eacute;mit&eacute; du bois Vuacoz et celle du bois Faucan jusqu&rsquo;&agrave; la Moille-au-Blanc, avec le sentiment qu&rsquo;aucun &eacute;v&eacute;nement n&rsquo;aurait raison de mes nouvelles dispositions dont je savais pourtant par exp&eacute;rience que le temps &eacute;tait compt&eacute;. Chacun de notre c&ocirc;t&eacute; mais faits du m&ecirc;me bois. L&rsquo;aboiement de chiens en semi-captivit&eacute; et de leurs ma&icirc;tres aux abois, la menace des petites taches sombres de l&rsquo;avenir qu&rsquo;on s&rsquo;invente, les impolitesses de nouveaux riches pr&eacute;somptueux que suivaient deux demoiselles au sourire servile n&rsquo;ont pas entam&eacute; la tranche de belle insouciance, simple et fragile, dans laquelle je m&rsquo;&eacute;tais retrouv&eacute;. Tout cela ne tenait &agrave; rien, mais tenait, se poursuivait m&ecirc;me, en partie peut-&ecirc;tre par la r&eacute;solution prise en cours de route de partager ce qui ne m&rsquo;appartenait pas en tenant &agrave; bonne distance ceux qui n&rsquo;avaient que l&rsquo;allure des rois. Equanimit&eacute; d&rsquo;un seul instant mais qui laissait quelque part dans le paysage l&rsquo;assurance qu&rsquo;il pouvait en &ecirc;tre ainsi si je gardais &agrave; l&rsquo;esprit &ndash; comme on le fait avec une pri&egrave;re &ndash; l&rsquo;assurance que le r&egrave;gne d&rsquo;un horizon gu&eacute;ri du prurit de l&rsquo;avenir, sur lequel le dedans et le dehors avancent en &eacute;quilibre, n&rsquo;est pas le r&egrave;gne des fins. <br />Dans tout cela l&rsquo;&eacute;criture n&rsquo;y est pour rien. Elle n&rsquo;est qu&rsquo;une autre ligne d&rsquo;horizon, sans importance r&eacute;elle, dans laquelle l&rsquo;horizon vrai se mire parfois et trouve une image r&eacute;confortante de l&rsquo;avenir, elle est alors comme l&rsquo;au-del&agrave; r&eacute;duit de l&rsquo;horizon vrai nettoy&eacute; des scories de l&rsquo;histoire.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>C&#x27;&#xe9;tait comme une &#xee;le en terre ferme</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2010-08-20T12:19:11+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/fec517bbe367c1c6abfb91a4e3fb1b3f-1027.html#unique-entry-id-1027</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/fec517bbe367c1c6abfb91a4e3fb1b3f-1027.html#unique-entry-id-1027</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/92.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Mais souviens-toi, personne ne t&rsquo;a oblig&eacute; &ndash; lorsque cette place occup&eacute;e depuis toujours te fut octroy&eacute;e &ndash; de chercher, et trouver peut-&ecirc;tre, une issue aux trop &eacute;vidents &eacute;garements de ceux qui nous ont pr&eacute;c&eacute;d&eacute;s. Chacun a tent&eacute; de son plein gr&eacute; l'impossible, a bataill&eacute; les moulins, tendu des pi&egrave;ges aux fant&ocirc;mes. Tu as d&eacute;min&eacute; les ritournelles et les mauvaises habitudes des souvenirs, tu as &eacute;cart&eacute; les nuages et les paradis artificiels jusqu&rsquo;&agrave; te satisfaire du petit lait. Je n&rsquo;ai pas h&eacute;sit&eacute; de mon c&ocirc;t&eacute; &agrave; concevoir d&rsquo;autres conditions initiales et des plans impr&eacute;vus, tu as &eacute;cart&eacute; mes vaines croyances. Bref on a tout donn&eacute; en esp&eacute;rant que nous serions en mesure sinon de r&eacute;gler la folie du vaisseau sur lequel nous &eacute;tions embarqu&eacute;s, tout au moins de le d&eacute;tourner de l'impasse vers laquelle il se dirigeait ou de ralentir sa course. Sans succ&egrave;s. On a ajout&eacute; de la brouille &agrave; la brouille. Comment aurait-il pu en &ecirc;tre autrement ? Il le fallait toi et moi.<br />Et puis d'&eacute;chec en &eacute;chec, las des d&eacute;faites, on s&rsquo;est pris &agrave; croire que nous &eacute;tions des incapables tout juste bons &agrave; laisser derri&egrave;re nous cette agitation, &agrave; la glisser sous le tapis et &agrave; rejoindre les idiots. On a pris un peu d'avance, on s&rsquo;est extrait du cort&egrave;ge et on a propos&eacute; &agrave; notre corps et &agrave; notre esprit en d&eacute;route l'espoir qu'on pourrait se d&eacute;barrasser de leurs arri&eacute;r&eacute;s. Et &agrave; la fin, &agrave; la fin seulement, on a commenc&eacute; ce qu'on avait toujours diff&eacute;r&eacute;. Tu as sorti le cou, je me suis d&eacute;battu, on n&rsquo;a pas vu le bout mais on a respir&eacute; enfin. Tu as &eacute;cart&eacute; les brouillards comme le poisson le fait avec la mer et je suis all&eacute; en haut, plus haut que les hauts p&acirc;turages, ces p&acirc;turages dont le berger avait interdit l'acc&egrave;s &agrave; ces moutons, l&agrave; o&ugrave; il n&rsquo;y a de place pour personne, plate-forme derni&egrave;re qui ne m&egrave;ne nulle part. Je me suis trouv&eacute; seul sous le ciel qu'on devine derri&egrave;re le ciel, avec pour seul compagnon le sourire flottant des linaigrettes. Il n'y avait rien sur cette &icirc;le inconnue de tous, mentionn&eacute;e nulle part. J&rsquo;y suis rest&eacute; un bref instant. Je me suis rappel&eacute; soudain tout ce que j&rsquo;avais laiss&eacute; en arri&egrave;re et les mots par lesquels tu m&rsquo;avais averti que je ne ferai rien sans eux.<br />Et nous sommes redescendus, et on a construit au milieu du continent une &icirc;le au fil de l'eau, et on s&rsquo;est tus, on n&rsquo;a pas boug&eacute; pour ne rien embrouiller. On savait que ce qui n'avait pas encore commenc&eacute;, ou qui avait commenc&eacute; sans nous, referait surface et commencerait enfin. Et on a laiss&eacute; aller en avant ceux qui reviendraient l&agrave; o&ugrave; s'enlise le secret de soi seul, le retour du m&ecirc;me. Tu ne voulais pas plus, moi non plus. L'&eacute;ternel du m&ecirc;me est d&rsquo;un temps, tu as raison, il n&rsquo;y plus rien apr&egrave;s.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>23</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2010-08-19T12:19:11+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f597bab9059d57989ba3d7b8a454527d-1026.html#unique-entry-id-1026</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f597bab9059d57989ba3d7b8a454527d-1026.html#unique-entry-id-1026</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/92.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Sache que lorsque tu t'enrichis, quelqu'un s'appauvrit l&agrave;-bas. C'est tant pis pour toi.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a les &#xee;les &#xa;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2010-08-18T12:19:11+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e142d7dbb955b52a185b9ddb9ba93b37-1025.html#unique-entry-id-1025</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e142d7dbb955b52a185b9ddb9ba93b37-1025.html#unique-entry-id-1025</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/92.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a les &icirc;les <br />le ruisseau qui se gargarise<br />les derni&egrave;res heures du capitaine Nemo <br />les fen&ecirc;tres ouvertes des maisons vides<br />il y a le bus de la poste qu&rsquo;on avait cru d&eacute;j&agrave; pass&eacute;<br />il y a les dettes sans contour <br />l&rsquo;empreinte de la main du p&egrave;re <br />les fraises des bois ti&eacute;dies par le soleil d&rsquo;ao&ucirc;t<br />il y a le banc du chemin des Tailles<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Giratoire</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-08-17T12:19:10+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f70bab7fc90654c01e04d154af47c42c-1024.html#unique-entry-id-1024</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f70bab7fc90654c01e04d154af47c42c-1024.html#unique-entry-id-1024</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/92.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Au centre du premier cercle<br />clos humide envahi par les ronces<br />se dresse une pile colossale <br />entour&eacute;e de v&eacute;n&eacute;ration<br />de pierres pr&eacute;cieuses<br />de gazon<br />de bijoux<br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/renfoncement.png" width="24" height="11"/>confusion l&eacute;g&egrave;re<br /><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/renfoncement-2.png" width="24" height="11"/>autour du ciment prompt<br /><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/renfoncement-3.png" width="24" height="11"/>acc&egrave;s interdit &agrave; la serpe<br /><br />voici le second cercle<br />celui de l&rsquo;&agrave;-peu-pr&egrave;s<br />y serpentent jusqu&rsquo;au canal<br />une nu&eacute;e de laiss&eacute;s-pour-compte<br />qui suivent le trac&eacute; de la pi&eacute;t&eacute;<br />fortifi&eacute;e <br />par l&rsquo;usage des armes<br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/renfoncement-4.png" width="24" height="11"/>au recto le religieux<br /><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/renfoncement-5.png" width="24" height="11"/>au verso les terreurs<br /><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/renfoncement-6.png" width="24" height="11"/>h&eacute;riss&eacute;es de tessons de verre<br /><br />voyez &agrave; la fin le pr&eacute;pos&eacute; <br />qui &eacute;ponge<br />le trop plein <br />de cat&eacute;gories<br />qui s&rsquo;&eacute;coulent<br />dans le troisi&egrave;me cercle<br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/renfoncement-4-2.png" width="24" height="11"/>au-del&agrave;<br /><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/renfoncement-4-3.png" width="24" height="11"/>bien accroch&eacute;es<br /><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/renfoncement-4-3-2.png" width="24" height="11"/>&agrave; nos basques<br /><img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/renfoncement-4-3-3.png" width="24" height="11"/>les r&eacute;gions de l&rsquo;au-del&agrave;<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 15 ao&#xfb;t 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Autres lieux</category><dc:date>2010-08-16T12:19:10+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/78b6adf13c02519ab64572f65a0f1896-1023.html#unique-entry-id-1023</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/78b6adf13c02519ab64572f65a0f1896-1023.html#unique-entry-id-1023</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/92.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />De la brouille monte des fonds de la vall&eacute;e de l&rsquo;Eau Froide et plonge dans la grisaille les collets du Tarent et du Para, jusqu&rsquo;&agrave; leur t&ecirc;te, la mienne aussi. Inutile de chercher le refuge des Grenerets sous le col du Seron, on n&rsquo;y voit rien. Un peu plus loin pourtant, du c&ocirc;t&eacute; du levant, on distingue des mouvements au-dessous de la nappe grise qui s&rsquo;effiloche, ce sont les moutons de Valentin descendus des Arpillettes qui paissent entre deux torrents, une coul&eacute;e de points blancs s&rsquo;&eacute;goutte entre la Cape au Moine et la Chaux, elle rejoint le gros du troupeau. Ils resteront l&agrave; suspendus dans la pente tendue, sous le sentier qui monte &agrave; flanc de coteau d&rsquo;Isenau et se perd dans des plis lointains. Ils remonteront tous ce soir talonn&eacute;s par les chiens jusqu&rsquo;au plateau des Arpillettes, avec son refuge tout neuf financ&eacute; par la commune des Ormonts, &agrave; cause des deux ch&egrave;vres tu&eacute;es il y a une ann&eacute;e par le loup sous Derborence, &agrave; cause de ce m&ecirc;me loup, ou un autre, qui r&ocirc;dait &agrave; P&acirc;quier Mottier au fond de l&rsquo;Etivaz.<br />Je resterai donc aujourd&rsquo;hui dans la brouille, en bordure de ce qui est, dans mon giron, comme Valentin et ses moutons, comme nous tous en d&eacute;finitive : le gros du r&eacute;el ne nous appartient pas et on passe immanquablement &agrave; c&ocirc;t&eacute;. Je m&rsquo;enfoncerai pourtant plus encore dans le puits sans fond, en grimpant les 400 m&egrave;tres qui me s&eacute;parent du ciel, plus haut, en haut la Palette, avec l&rsquo;insens&eacute; espoir d&rsquo;y trouver le soleil, le lac d&rsquo;Arnon par une trou&eacute;e, la flaque du Chalet Vieux et le premier anneau des alpes bernoises. Mais toujours rien, aussi haut et loin que je l&egrave;ve la t&ecirc;te, pas m&ecirc;me les restes d&rsquo;Isenau et de sa mi-&eacute;t&eacute;, pas un bruit. Ou &agrave; peine quelque chose, quelque chose comme un vertige engendr&eacute; par la brouille et la fatigue, un miroir qui ne renvoie rien. Dans l&rsquo;herbe pourtant, lourde et humide, une ribambelle de linaigrettes, tignasses soyeuses au vent, sourient l&eacute;g&egrave;res &agrave; leurs voisines, s&eacute;rieuses et immobiles.<br />Et moi, poss&eacute;d&eacute; par l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;un possible retour du soleil, sans crainte jusque-l&agrave; des repr&eacute;sailles, fatigu&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre mont&eacute; si haut, je roule en bas les Lu&eacute;s qui plongent sur le lac Retaud, inquiet soudain d&rsquo;avoir fait le loup, d&rsquo;avoir quitt&eacute; le groupe un instant &ndash; mais il le faut bien si l&rsquo;on veut retrouver le gros de l&rsquo;affaire, et go&ucirc;ter &agrave; l&rsquo;autre festin, l&rsquo;autre jour, l&rsquo;autre nuit, avec les linaigrettes qui clignotent dans la pente raide.<br />Une verveine sur la terrasse vide en attendant les remontrances de ceux qui ne me veulent que du bien, la pluie mitraille l&rsquo;avant-toit, le lac se creuse. Je suis en retard, j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; &agrave; c&ocirc;t&eacute;, je suis un mauvais p&egrave;re. Un convoi passe et m&rsquo;emm&egrave;ne sous le d&eacute;luge. La journ&eacute;e se refermera sur l&rsquo;autre nuit, celle qui accueille ensemble les enfants et leurs parents.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>22</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2010-08-13T22:42:38+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7a39063de7ffb60aa3857aa21640ce82-1022.html#unique-entry-id-1022</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7a39063de7ffb60aa3857aa21640ce82-1022.html#unique-entry-id-1022</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/91.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Des moineaux d&eacute;roulent dans la haie quelques mesures du chant du monde. Le papillon applaudit au-dessus du tr&egrave;fle.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXXII</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-08-12T20:42:29+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/34a7fef9f595a3339a77d8afc3fe71fc-1021.html#unique-entry-id-1021</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/34a7fef9f595a3339a77d8afc3fe71fc-1021.html#unique-entry-id-1021</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/91.4.png" width="50" height="50"/> <br /><br /><em>Aimer les autres c&rsquo;est, je crois, la clef de l&rsquo;existence</em>, nous explique l&rsquo;auteur du best-seller de l&rsquo;&eacute;t&eacute;. Le sage ajoute pour &eacute;viter tout malentendu et s&rsquo;assurer qu&rsquo;on a tous bien compris... <em>mais pour aimer les autres il faut naturellement s&rsquo;aimer soi-m&ecirc;me, et c&rsquo;est comme une seconde clef, car s&lsquo;aimer soi-m&ecirc;me n&rsquo;est possible que si on aime les autres</em>. <br />Pas s&ucirc;r que cette affaire nous d&eacute;livre le s&eacute;same du bonheur. Je crains que chacune des clefs propos&eacute;es n&rsquo;ouvre qu&rsquo;une seule et m&ecirc;me porte ouvrant sur le vide.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Application des couleurs</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-08-11T20:42:23+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/638d5ec5f279ae15fc8eec28bf046f48-1020.html#unique-entry-id-1020</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/638d5ec5f279ae15fc8eec28bf046f48-1020.html#unique-entry-id-1020</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/91.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />L&rsquo;axe est-ouest de l&rsquo;&icirc;le<br />se composait <br />de quatre sections<br />puis cinq &agrave; cause des pluies<br />limit&eacute;e chacune par un ruisselet<br />et une pile de gr&egrave;s<br />une t&ecirc;te peinte<br />sur chacune de ses faces<br />bleue <br />d&rsquo;un bleu tr&egrave;s ancien<br />couleur de l&rsquo;oc&eacute;an<br /><br />au large de la derni&egrave;re section<br />les habitants de l&rsquo;&icirc;le<br />avaient &eacute;tabli<br />une huitrerie<br />&agrave; la charpente flottante<br />peinture rouge<br />dans laquelle l&rsquo;eau cr&eacute;nel&eacute;e<br />des mar&eacute;es<br />allait et venait <br /><br />on craignait que cet endroit <br />au coeur des tropiques <br />hiss&eacute; jusqu&rsquo;au tr&egrave;s haut<br />ne r&eacute;siste pas &agrave; la lourde charge <br />des mat&eacute;riaux <br />choisis pour durer mille ans<br /><br />les papillons<br />disait-on pour rire<br />avaient l&rsquo;affaire bien en main <br />mais on devinait mal <br />comment ils allaient s&rsquo;y prendre<br />on ignorait surtout<br />qui les avait peints<br />avec tant de couleurs<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 8 ao&#xfb;t 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Autres lieux</category><dc:date>2010-08-10T14:41:18+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/579d76ae2a3e8d07ab8550628be14541-1019.html#unique-entry-id-1019</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/579d76ae2a3e8d07ab8550628be14541-1019.html#unique-entry-id-1019</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/91.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Deux ou trois choses qu&rsquo;il est impossible d&rsquo;embrasser d&rsquo;une seule fois, mais qui mises ensemble permettent peut-&ecirc;tre &agrave; celui qui en &eacute;tait comme &agrave; celui qui n&rsquo;en &eacute;tait pas de comprendre ce qui se superpose dans la m&eacute;moire d&rsquo;un seul &agrave; la mi-&eacute;t&eacute; et de lever le secret de certaines des parties qui nous font, en approchant l&rsquo;infatigable tout dans lequel nous sommeillons.<br /><br />Des renou&eacute;es rose p&acirc;le bordent le miroir d&rsquo;un lac de montagne. Non, pas le lac Noir, ni le lac des Chavonnes, mais l&rsquo;autre, si pr&egrave;s des commodit&eacute;s qu&rsquo;on n&rsquo;y croit pas tout &agrave; fait. On aurait m&ecirc;me pr&eacute;f&eacute;r&eacute; des n&eacute;nuphars et ce ne sont que des renou&eacute;es, une nu&eacute;e de renou&eacute;es. Je les croyais jusque-l&agrave; bistortes et des pr&eacute;s, je les d&eacute;couvre amphibies, accroch&eacute;es derri&egrave;re le tain de boues du lac de Bretaye. Elles longent en rangs serr&eacute;s le rivage, mais comme si cela ne leur suffisait pas, elles colonisent de polygone en polygone la rive sud du lac. Un rang de pr&ecirc;les couleur bouteille les suit, avec derri&egrave;re les maigres p&acirc;turages d&rsquo;ao&ucirc;t dans lesquels se dressent quelques gentianes t&ecirc;te basse et des rumex boud&eacute;s par le b&eacute;tail. Plus haut, par une trou&eacute;e entre les Chaux et le Col de la Croix, au pied du Mont Culan, j&rsquo;aper&ccedil;ois Taveyanne, ou plut&ocirc;t le souvenir de Taveyanne, une quarantaine de chalets mourant les jours d&rsquo;&eacute;t&eacute;, petites taches noires qui ont roul&eacute; des Rochers du Vent. C&rsquo;est l&agrave;-bas que j&rsquo;aurais voulu &ecirc;tre tout &agrave; l&rsquo;heure, dans l&rsquo;ombre longue de son nom, lorsque les Muverans, la Dent Favre, la petite et la grande Dents de Morcles cisailleront le ciel dans mon dos, lorsque le soleil se couchera de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; et que se r&eacute;veilleront de ce c&ocirc;t&eacute;-ci les bruits des b&ecirc;tes livr&eacute;es pour une nuit &agrave; leurs affaires.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>A quoi bon reprendre le train en marche</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-08-06T10:54:59+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/23240cae01aa7a9061ac6695f26139ff-1017.html#unique-entry-id-1017</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/23240cae01aa7a9061ac6695f26139ff-1017.html#unique-entry-id-1017</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/90.5.png" width="50" height="50"/><br /><br /><span style="font-size:11px; "><em>&agrave; Juliette Zara (</em></span><span style="font-size:11px; "><em><a href="http://enfantissages.free.fr/" rel="self">Enfantissages</a></em></span><span style="font-size:11px; "><em>)<br /></em></span><span style="font-size:11px; "><em><br /></em></span>Se m&eacute;fier comme de la peste du d&eacute;fil&eacute; ordonn&eacute; de ce qui est &agrave; faire et lever la t&ecirc;te. Tant qu&rsquo;&agrave; faire regarder la lune, le train qui passe, les enfants qui jouent, applaudir les fourmis qui ne l&acirc;chent rien. Sais-tu que les m&ecirc;mes nuages reviennent ? Remets &agrave; plus tard la t&acirc;che pour laquelle le premier venu fera l&rsquo;affaire et rejoins un instant la r&eacute;alit&eacute; suspendue comme un beau jardin. Les gens vont, affair&eacute;s ou d&eacute;soeuvr&eacute;s. Ce soir je ne mettrai rien en avant, personne ne sait demain, supposer l&rsquo;inverse encanaille nos vies.<br />J&rsquo;assure l&rsquo;immobilit&eacute;, celle des idiots de la terre ou des pierrots de la lune, je ralentis les rotations et console des vertiges. Rien n&rsquo;est fait sur terre pour ceux qui n&rsquo;y sont pour rien.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Noir et blanc</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Autres lieux</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-08-05T10:54:43+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/3c48bf4980f9f003fbb4eaf55d64cdd9-1016.html#unique-entry-id-1016</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/3c48bf4980f9f003fbb4eaf55d64cdd9-1016.html#unique-entry-id-1016</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/90.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Une ombre sautille ce matin dans les gravats, entre pr&eacute; et bitume, avec une bergeronnette attach&eacute;e &agrave; ses basques. Je revois la mari&eacute;e au loup d&rsquo;encre sous le soleil de midi, pas troubl&eacute;e le moins du monde par son reflet dans la flaque, encha&icirc;nant les g&eacute;nuflexions pour se d&eacute;salt&eacute;rer. Plus tard un leurre lanc&eacute; par un milan noir tissera sa toile dans le tr&egrave;fle; ne manqueront au cr&eacute;puscule ni les corneilles ni la pie du pin.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Se s&#xe9;parer</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Autres lieux</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-08-04T10:54:30+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/5331a286b9494a09b7f73e26f3353b97-1015.html#unique-entry-id-1015</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/5331a286b9494a09b7f73e26f3353b97-1015.html#unique-entry-id-1015</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/90.3-2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Assise &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re, elle me confie en rentrant de sa semaine &agrave; Orges que loin de nous &ccedil;a n&rsquo;a pas toujours &eacute;t&eacute; facile, avec cette tristesse qui revenait, surtout le mercredi lorsqu&rsquo;elle nous a t&eacute;l&eacute;phon&eacute;. Et le soir. <br />- Le soir surtout, lorsque la nuit tombait, juste avant de m&rsquo;endormir. Alors je pleurais, mais je ne pleurais pas comme les autres, je pleurais en silence. Tout au fond de mon sac de couchage, en cachette.<br />- Moi aussi, sais-tu, rien que d&rsquo;y penser, &agrave; t&rsquo;entendre &agrave; l&rsquo;instant, &ccedil;a me fait pleurer. T&rsquo;imaginer l&agrave;-bas dans la nuit, &eacute;tendue sur un lit de paille, avec des inconnues pour voisines. Te savoir seule, pour la premi&egrave;re fois loin de nous, huit ans seulement, &agrave; peine huit ans et condamn&eacute;e &agrave; grandir, toi si...<br />- Papa, j&rsquo;ai jamais mis mes pantoufles.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Superstitions</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-08-03T10:54:07+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/504afad8bab40dd73f283783977ad45b-1014.html#unique-entry-id-1014</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/504afad8bab40dd73f283783977ad45b-1014.html#unique-entry-id-1014</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/90.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Boire d&rsquo;un trait<br />les bols de feu<br /><br />&eacute;viter<br />les naissances par le si&egrave;ge<br /><br />sous le lit<br />glisser l&rsquo;oeuf<br />et puis le duvet du canard<br /><br />tout  laisser<br />mais se donner <br />l&rsquo;occasion de revenir<br /><br />au diable les vieux<br />va pour la guerre<br /><br />orner les origines <br />de plumes<br />au-dessous et autour<br /><br />confondre les genres<br /><br />user de figures flottantes<br />pour obtenir des volumes <br />au centre de gravit&eacute; incertain<br /><br />traduire les ensembles<br />par double signes<br />et broderies fines<br /><br />et recommencer<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 1 ao&#xfb;t 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-08-02T07:50:05+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/4402c35e0cf9b76571ecf799c2e156cb-1013.html#unique-entry-id-1013</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/4402c35e0cf9b76571ecf799c2e156cb-1013.html#unique-entry-id-1013</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/90.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />C&rsquo;est accomplir une action honorable et profitable au bien public que de pr&eacute;dire selon les formes consacr&eacute;es le retour des beaux jours au commencement du mois d&rsquo;ao&ucirc;t. Mais la pluie a tout bouscul&eacute; et rien ne parle plus &agrave; l&rsquo;&acirc;me attendrie. La f&ecirc;te nationale hoquette dans le bois noir et les discours s&rsquo;enlisent dans les vains bruits de la plaine. La libert&eacute; est un r&ecirc;ve, importun souvenir, les droits des hommes vaincus. Lorsque les deux jumelles rappellent le serment, personne ne les &eacute;coute et la foudre &eacute;clate avec bruit, le pasteur a quitt&eacute; les lieux depuis longtemps sous pr&eacute;texte d&rsquo;officier dans le village d&rsquo;en-bas. <br />Que des gens bien, de bonne volont&eacute;, d&eacute;cid&eacute;s &agrave; d&eacute;fendre et maintenir dans leur int&eacute;grit&eacute; leurs vies et leurs biens, mais d&eacute;pass&eacute;s par la malice du temps, par des histoires commenc&eacute;es il y a bien longtemps. avec des espoirs &agrave; la peine, si bien qu&rsquo;ils sortent de la route &agrave; tout bout de champ. Ce soir pourtant on ne m&eacute;nagera ni nos vies ni nos biens, mais on le fera aux frais du voisin en d&eacute;pit des serments pris en toute bonne foi. Levons notre verre, c&rsquo;est le geste consacr&eacute;, loyaut&eacute; envers nos employeurs, honneur &agrave; ceux qui ont os&eacute; payer leur charge de quelque mani&egrave;re, soit en argent soit &agrave; quelque autre prix. La suite, vous voulez la suite, vous n&rsquo;en saurez rien, plus personne n&rsquo;&eacute;coute les deux enfants charg&eacute;es de lire le pacte, elles disparaissent derri&egrave;re la tribune au fond de la bo&icirc;te &agrave; musique. Tout le monde se tait une nouvelle fois, la fanfare fait le reste avec le canon et l&rsquo;&eacute;cho de nos montagnes.<br />A l&rsquo;ouest les deux Toitoi portatifs pour plus de confort, plus de fonctionnalit&eacute; boudent, on se serre les coudes &agrave; la lisi&egrave;re du bois, les artificiers interdits de s&eacute;jour se regardent par-dessus la bossette pleine &agrave; craquer pour &eacute;craser le feu qui rayonne.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Les chemins de la connaissance</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Riant-Mont</category><dc:date>2010-07-30T12:45:57+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f2b392844bd9e8778b67f5aa9a93676e-1012.html#unique-entry-id-1012</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f2b392844bd9e8778b67f5aa9a93676e-1012.html#unique-entry-id-1012</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="semaine89.4" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine89.4.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />La fen&ecirc;tre &eacute;tait ouverte et on entendait le froissement des feuilles des hauts arbres du fond du jardin battus par le vent. Nous &eacute;tions ma soeur et moi agenouill&eacute;s sur le double lit matrimonial et notre d&eacute;cision &eacute;tait prise, rien ne nous arr&ecirc;terait, nous voulions en avoir le coeur net. Le soleil &eacute;tait de la partie, c&rsquo;&eacute;tait je crois le printemps. Elle tenait le b&eacute;b&eacute; des deux mains, elle le secoua une derni&egrave;re fois pour s&rsquo;assurer qu&rsquo;il y avait bien quelque chose &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur, il fit le cliquetis habituel. Je me saisis alors de la paire de ciseaux que l&rsquo;on avait discr&egrave;tement prise dans le tiroir de la table de la cuisine. Nous devions avoir 5 ou 6 ans. J&rsquo;ai enfonc&eacute; ses pointes dans le bas ventre de l&rsquo;enfant qui ne bougeait pas. J&rsquo;ai sectionn&eacute; non sans peine sa poitrine de bas en haut, jusqu&rsquo;&agrave; son menton, je dus m&rsquo;y reprendre &agrave; plusieurs fois, on se taisait. Nous avons plong&eacute; alors chacun notre tour la main dans son ventre, une seule fois aurait suffi. J&rsquo;ai essay&eacute; pourtant de le retrousser, comme un gant, Elisabeth aussi. Il fallait bel et bien s&rsquo;y faire, il n&rsquo;y avait rien &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur.<br />On a jet&eacute; le b&eacute;b&eacute; mouilleur dans la poubelle de la cuisine, cach&eacute; sous des restes de nourriture et des pots de youghourts vides avant de s&rsquo;enfuir au fond du jardin. C&rsquo;en &eacute;tait fait de nos na&iuml;vet&eacute;s, il nous faudrait user d&rsquo;autres armes pour savoir la v&eacute;rit&eacute;. Quant &agrave; nos recherches elles prirent des directions diff&eacute;rentes.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>21</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><dc:date>2010-07-29T12:45:57+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/182296cc787170cf0c14c234d09d3ef8-1011.html#unique-entry-id-1011</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/182296cc787170cf0c14c234d09d3ef8-1011.html#unique-entry-id-1011</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="semaine89.3" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine89.3.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />L&rsquo;emprise des lieux qu&rsquo;on aime sur les choses qui les entourent est telle qu&rsquo;elle les emp&ecirc;che de fuir.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXXI</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-07-28T12:45:56+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a86591f8f2fb272d459d8e6317aa97ae-1010.html#unique-entry-id-1010</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a86591f8f2fb272d459d8e6317aa97ae-1010.html#unique-entry-id-1010</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Photos-3" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine89.2.jpeg" width="50" height="50"/><br /><br />Ils se font face mais un ab&icirc;me s&eacute;pare l&rsquo;homme qui hurle et la femme qui n&rsquo;entend pas. Alors ils se tournent le dos, et chacun voit distinctement &agrave; l&rsquo;horizon la distance qui les s&eacute;pare et l&rsquo;interminable voyage qu&rsquo;ils devront entreprendre pour se parler peut-&ecirc;tre &agrave; nouveau.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Fin des travaux</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-07-27T13:14:35+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d48c34139b5547276a154879f46b3a7d-1009.html#unique-entry-id-1009</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d48c34139b5547276a154879f46b3a7d-1009.html#unique-entry-id-1009</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Photos-2" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine89.1.jpeg" width="50" height="50"/><br /><br />On r&eacute;alisa par la suite<br />quelques am&eacute;nagements<br />des pierres<br />amen&eacute;es &agrave; l&rsquo;aide de cordes<br />reli&eacute;es par un trait au ciel<br /><br />des escaliers <br />descendant d&rsquo;une plate forme <br />mais n&rsquo;y montant pas<br /><br />le dessin sur le sable<br />d&rsquo;un carnage<br />quatre corps<br />deux h&eacute;ros soumis<br />qui se dressent<br />deux enfant r&eacute;volt&eacute;s<br />qui s&rsquo;effondrent<br /><br />on adossa la chronologie<br />aux nuages<br />qu&rsquo;on relia au sommet du toit <br /><br />on fixa sur l&rsquo;horizon <br />quelques amers<br />des bateaux en feu<br />des flammes et des souvenirs<br /><br />plus haut <br />on peignit en bleu<br />le vol des hirondelles<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 25 juillet 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2010-07-26T10:38:21+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/bea7f8f52b7a71d3d104b8174d558b57-1008.html#unique-entry-id-1008</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/bea7f8f52b7a71d3d104b8174d558b57-1008.html#unique-entry-id-1008</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Photos-1" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine89" width="50" height="50"/><br /><br />Les cloches entendues ce matin des quatre coins du Jorat, lointaines, ont creus&eacute; des poches dans lesquelles la campagne s&rsquo;est gliss&eacute;e pour prolonger un bref instant ses r&ecirc;ves.<br /><br />Les gitans l&egrave;vent le camp &agrave; Mauvernay, &agrave; la queue leu leu, lunettes de soleil sur le nez. Quelques femmes rameutent &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re leur prog&eacute;niture, cris color&eacute;s des enfants qui jouent dans le pr&eacute;, ils ne veulent pas d&eacute;camper.  <br /><br />Les grands sont partis, Arthur pour Gryon et Louise pour Orges. Pourtant dans la maison retentissent encore leurs cris, ils rient des jeux na&iuml;fs de Lili avec la voisine. Et puis je les vois dans le compartiment du train avec des inconnus qui sourient. Cette histoire est &agrave; eux, et les mots adress&eacute;s derri&egrave;re la vitre &agrave; ces nouveaux amis avant le d&eacute;part du train les projettent dans l&rsquo;avenir et laissent derri&egrave;re eux un silence qui fait de nous de nouveaux orphelins.<br /><br />Plut&ocirc;t &agrave; la tra&icirc;ne qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;avant-garde. Pas de raison de me plaindre.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Comme un vieux tricot</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2010-07-23T21:22:09+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/3b47cd4a14dc92794779e72dc1cb211e-1007.html#unique-entry-id-1007</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/3b47cd4a14dc92794779e72dc1cb211e-1007.html#unique-entry-id-1007</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1007_1.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />Aller, chercher, observer, s&rsquo;obstiner, parier, d&eacute;fendre, penser, s&eacute;duire, provoquer, &eacute;valuer, foncer, raisonner, comparer, ruser, s&rsquo;&eacute;garer, revenir enfin et, le moment venu, rapatrier sa vie. Car tout peut encore arriver ou se prolonger, mais combien de temps ? Il convient d&rsquo;&eacute;crire alors ce qu&rsquo;on comprend de travers et qui d&eacute;passe nos facult&eacute;s, pour lire enfin autre chose que ce que nous voulons entendre, cette chose sur laquelle chacun est invit&eacute; &agrave; se pencher un jour d&rsquo;une mani&egrave;re ou d&rsquo;une autre : ce qui aurait pu &ecirc;tre mais qui n&rsquo;est pas, mais l&rsquo;&eacute;crire d&rsquo;une traite et sans regret, parce c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on s&rsquo;approche au plus pr&egrave;s de ce qui se trouve &agrave; notre port&eacute;e : ce qui aurait pu &ecirc;tre.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Il y a le vent</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Il y a</category><dc:date>2010-08-09T14:23:28+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/1f41a961c9b5aa1917c4207b16ebf487-1006.html#unique-entry-id-1006</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/1f41a961c9b5aa1917c4207b16ebf487-1006.html#unique-entry-id-1006</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/91.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il y a le vent <br />les alentours qui sommeillent<br />il y a les r&ecirc;veries<br />l&rsquo;insouciance des man&egrave;ges<br />les souvenirs sur lesquels se penchent les morts et les absents<br />il y a les silences qui sont comme des mines<br />les plombs qui dessinent la nuit sur la peau du sanglier<br />les images rest&eacute;es accroch&eacute;es aux mains de l&rsquo;enfant<br />il y a le tronc de l&rsquo;arbre autour duquel s&rsquo;enroule le lierre<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Les hommes et les dieux</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><category>Les 807</category><dc:date>2010-07-22T22:14:09+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/37dc5e0847dbf7403598190f7b8c995f-1005.html#unique-entry-id-1005</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/37dc5e0847dbf7403598190f7b8c995f-1005.html#unique-entry-id-1005</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1005_1.jpg" width="50" height="50"/><br /><br /><em>Les aspirations des hommes<br />sont au diapason de celles des dieux</em><br /><br />les dignitaires confi&egrave;rent &agrave; des logiciens le soin <br />de d&eacute;duire de ce principe l&rsquo;ensemble des th&eacute;or&egrave;mes <br />d'en calculer la puissance <br />d'en forclore les contradictions<br />d&rsquo;en garantir la compl&eacute;tude<br /><br />on confia &agrave; un groupe d'aventuriers <br />la t&acirc;che d&rsquo;inventorier les aspirations des dieux<br />et d&rsquo;habiles architectes con&ccedil;urent le dispositif <br />qui devait permettre l&rsquo;acc&egrave;s au ciel<br /><br />malgr&eacute; les tribulations des ma&icirc;tres d&rsquo;oeuvre<br />les travaux furent poursuivis<br />on y associa les populations voisines<br />plus ou moins volontairement<br />elles amen&egrave;rent les mat&eacute;riaux<br />se charg&egrave;rent du transport de la chaux<br />de la taille des pierres<br />on prit des sanctions contre les r&eacute;calcitrants<br /><br />on avait le sentiment que c'&eacute;tait la m&ecirc;me chose<br />mais on esp&eacute;rait pourtant qu'il allait en &ecirc;tre autrement<br />cette fois<br />on a beau dire mais les saisons reviennent<br /><br />c'est ainsi que s'&eacute;lev&egrave;rent trois rampes d'escaliers tress&eacute;es<br />pierres de granite aux joints de sable m&eacute;lang&eacute; &agrave; de la chaux<br />ces trois rampes devaient compter chacune un total de 269 marches<br />&eacute;gal au nombre de jours de paix de l'ann&eacute;e<br />moins les 9 jours maudits du bout de l'an<br />c'est-&agrave;-dire qu'ensemble la triple rampe avait 807 marches<br /><br />l'oeuvre fut inaugur&eacute;e  au printemps de la troisi&egrave;me ann&eacute;e<br />dura un printemps avant de s'effondrer<br /><br />elle dure pourtant encore dans l'esprit des r&ecirc;veurs <br />ils montent la nuit  sur la plate-forme <br />d'o&ugrave; ils planifient la construction <br />d'une nouvelle triple rampe <br />qui devrait les conduire un jour<br />dans les &eacute;tages interm&eacute;diaires du ciel<br />on peut se demander si tout cela a un sens<br /><br />mais le peuple est fier et craint par-dessus tout le principe du d&eacute;clin<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>20</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Chutes</category><category>Pra Massin</category><dc:date>2010-07-21T22:13:36+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f0520f7fbe49646e7b7eb886d0148494-1004.html#unique-entry-id-1004</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f0520f7fbe49646e7b7eb886d0148494-1004.html#unique-entry-id-1004</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 13" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1004_1.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />Tout autour des peines et des plaintes. Alors la vieille s'&eacute;loigne pour &eacute;couter celles du vent. Elle se souvient du corps de la baleine et du ventre des cath&eacute;drales. Faudra-t-il renoncer aux successions pour entendre enfin quelque chose aux choses ? &ecirc;tre ailleurs, r&eacute;solument ailleurs, ou l'avoir &eacute;t&eacute;?<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Sans famille</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2010-07-20T22:13:31+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/85b18b70a735e70189b47e7dba57c78b-1003.html#unique-entry-id-1003</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/85b18b70a735e70189b47e7dba57c78b-1003.html#unique-entry-id-1003</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry1003_1.jpg" width="50" height="50"/><br /><br />Sous ta douceur couve une rage mise en veille. Et ce qui t'a &eacute;t&eacute; d&eacute;rob&eacute;, ceux &agrave; qui on t'a arrach&eacute;, ce dont il a fallu te d&eacute;tacher laisse un manque que tu ne combleras pas. Et pour peu qu'aucun tiers n'ait pris soin de m&eacute;nager &agrave; ton intention un lieu pour calibrer ce manque &ndash; urne, tombeau ou m&eacute;moire &ndash;,  tu ne t'y feras pas. Et tu seras de partout et de nulle part, ange et d&eacute;mon. <br />Il n'y a pas de place pour toi, pas de place pour moi, il n'y a jamais eu de place pour personne, sinon dans les terrains vagues de ta m&eacute;moire d'orphelin et dans le r&eacute;cit incomplet des successions auquel je suis encha&icirc;n&eacute;. A toi les oasis, l'&eacute;tendue de la paix, la rage sans fond. A moi la descente des rivi&egrave;res, l'&icirc;le myst&eacute;rieuse, les obligations de la libert&eacute;.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 18 juillet 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Autres lieux</category><dc:date>2010-07-19T22:13:12+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f61d146c998d30fe054c84f2424ea450-1002.html#unique-entry-id-1002</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f61d146c998d30fe054c84f2424ea450-1002.html#unique-entry-id-1002</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine88" width="50" height="50"/><br /><br />Martin, frapp&eacute; par la l&egrave;pre dans les derni&egrave;res ann&eacute;es du septi&egrave;me si&egrave;cle, ne put continuer &agrave; exercer son minist&egrave;re d'&eacute;v&ecirc;que &agrave; Saint-Paul-Trois-Ch&acirc;teaux. Il d&eacute;cida donc de se retirer &agrave; la campagne, chez un ami, dans une ferme foraine de Taulignan, dans un coin de pays qu'on appellera plus tard le quartier de Saint-Martin. <br />Avant d'entreprendre ce voyage, Martin &eacute;tudia avec soin les cartes qu'il avait &agrave; sa disposition pour couper au plus court. Il pr&eacute;para son sac : un morceau de pain, quelques habits de rechange et trois fois rien. <br />Il rejoignit le lendemain par la D 59 puis la D 71 Mons&eacute;gur-sur-Lauzun o&ugrave; il s'arr&ecirc;ta dans une grange pour la nuit. Le lendemain il reprit sa route, la D 71 b jusqu'&agrave; Charavan. C'est peu apr&egrave;s le bois de ch&ecirc;nes verts jouxtant cet ancien domaine qu'il se glissa dans le lit du Lez. Il lui suffit alors de mettre un pied devant l'autre, c'&eacute;tait l'&eacute;t&eacute;, les eaux &eacute;taient basses. Il laissa &agrave; sa droite Colonzelle, &agrave; sa gauche Chamaret. Il parvint  aux environs du village proven&ccedil;al actuel &agrave; l'est de Grignan o&ugrave; il fit &eacute;tape. La matin&eacute;e du lendemain lui suffit pour rejoindre au fil du Lez la D 167 qui le conduisit au perron de chez son ami de Taulignan. Il passa des jours heureux, il gu&eacute;rit m&ecirc;me de la l&egrave;pre mais n'en dit rien. Il pr&eacute;f&eacute;ra vivre l&agrave;, loin de la surcharge de travail que lui aurait immanquablement amen&eacute;e les habitants du dioc&egrave;se de Saint-Paul. <br />C'est &agrave; sa mort seulement qu'on apprit qu'il avait d&eacute;couvert sous des ormeaux une source qui gu&eacute;rissait les maladies de la peau. On l'&eacute;leva derechef au rang de saint et on cultiva ses restes qu'on ench&acirc;ssa dans un reliquaire d'or plac&eacute; au fond d'une petite chapelle &eacute;difi&eacute;e &agrave; c&ocirc;t&eacute; de la source. On n'h&eacute;sita pas &agrave; organiser des processions en temps de s&eacute;cheresse ou de canicule. Et le Lez profita des miracles de saint Martin des Ormeaux. On s'y baignait jusqu'&agrave; Boll&egrave;ne.<br />Un temps seulement, car on s'arracha ses reliques qui voyag&egrave;rent de Taulignan &agrave; La-Roche-Saint-Secret, de La-Roche-Saint-Secret &agrave; Valreas. La volont&eacute; des habitants de Taulignan de r&eacute;cup&eacute;rer leur bien amena tant de d&eacute;sordres que les Valr&eacute;assiens renonc&egrave;rent &agrave; sortir les reliques de leur saint lors de la procession du 23 juin. En 1504, ils substitu&egrave;rent au culte de saint Martin celui de saint Jean Baptiste f&ecirc;t&eacute; le 24 juin. <br />On peut voir aujourd'hui les reliques de saint Martin des Ormeaux croupir dans l'obscurit&eacute; d'une chapelle au sud du chevet de l'&eacute;glise paroissiale de Valreas. Les fonds baptismaux sont secs, l'&eacute;glise aussi. Quant aux eaux du Lez, elles broient du noir chaque jour davantage. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Col&#xe8;res</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Autres lieux</category><dc:date>2010-07-16T22:13:05+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/eb1377199bd39f25af5f78b6e7a3318f-1001.html#unique-entry-id-1001</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/eb1377199bd39f25af5f78b6e7a3318f-1001.html#unique-entry-id-1001</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1-1" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine88.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Au bar du Casino de Valreas, avant qu'Espagnols et Bataves ne croisent le fer &agrave; Johannesburg, j'observe mon voisin, petit homme au visage avenant, adouci par un strabisme rieur, tonsure de modeste. Il semble tout aimer, son hamburger d&eacute;bordant de frites, la bi&egrave;re qui le fait rire, moi &agrave; qui il sourit. On parle.<br />C'est un enfant de la DDASS. N&eacute; &agrave; Marseille, abandonn&eacute; par son p&egrave;re et sa m&egrave;re, il conna&icirc;tra plusieurs familles d'accueil. La derni&egrave;re dont il sera l'h&ocirc;te reconnaissant, ici dans le Vaucluse, il y a trente ans, au coeur de cette enclave des papes qu'il ne quittera plus. Il fait bon y vivre, heureux de tout, du temps qu'il fait et du temps qu'il fera. L'homme a la quarantaine, il est bon, timide aussi, et poli, il a la beaut&eacute; de ceux qui se satisfont de l'essentiel, il est l'image de celui qui a r&eacute;ussi sa vie et je me surprends &agrave; l'envier. <br />Il me confie qu'il vient voir le match au caf&eacute; pour ne pas &ecirc;tre seul et rencontrer du monde. Bien s&ucirc;r, la t&eacute;l&eacute;visison il en a une chez lui. Non, non il ne manque de rien. Il ajoute pourtant, un instant avant que le match ne commence, qu'il a une petite pr&eacute;f&eacute;rence, il s'en excuse presque, une petite pr&eacute;f&eacute;rence pour les Pays-Bas, il souhaiterait m&ecirc;me que ceux-ci remportent la finale, il sourit. C'est la derni&egrave;re fois que je le verrai sourire. <br />Derniers pr&eacute;paratifs de l'orphelin, rectification des positions, celle de la bi&egrave;re, celle du hamburger, celle de sa chaise dans l'axe de &eacute;cran, il r&eacute;ajuste une derni&egrave;re fois ses lunettes avant le coup d'envoi. <br />Et puis tout s'encha&icirc;ne, il ne faudra que quelques minutes pour que la b&ecirc;te qui sommeille en lui prenne les commandes. Au revoir la douceur, la beaut&eacute;, la vie r&eacute;ussie. Les Espagnols sont des menteurs, des tricheurs, des vauriens. L'homme crie et se d&eacute;fend. Il faut que les Pays-Bas les &eacute;crasent, et ils le feront, je serai ainsi veng&eacute;. Une heure et demie ne suffira pas toutefois &agrave; exaucer ses voeux<br />Lorsque les Bataves encaissent le but qui va plonger dans le deuil tout un peuple, d'Eindhoven &agrave; Groningue, je le vois tr&eacute;pigner, &eacute;cumer, vomir l'arbitre, l'&eacute;quipe d'Espagne et le peuple espagnol dans son ensemble, il cherche d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment quelque chose &agrave; quoi se raccrocher. Il hurle, hors de lui. Et je crains tout autant pour ma vie que pour la sienne. Il cherche l'Espagnol responsable de ce d&eacute;sastre, il me regarde l'oeil assassin. Je me l&egrave;ve et m'enfuis.<br /><br />Si bien que le lendemain matin, lorsque j'&eacute;coute &agrave; 7 heures au bar de Grillon un petit homme raconter &agrave; deux clients son histoire, je suis averti. De p&egrave;re et de m&egrave;re inconnus, l'homme est recueilli dans une famille de paysans sur les contreforts de la montagne de Lure. La vie est belle l&agrave;-haut, un pr&ecirc;tre &agrave; qui il lui doit tout l'aide &agrave; obtenir son certificat d'&eacute;tudes. C'est gr&acirc;ce &agrave; lui qu'il pourra faire carri&egrave;re dans l'arm&eacute;e fran&ccedil;aise, et vivre aujourd'hui retrait&eacute; et satisfait, apais&eacute;. Un b&eacute;mol pourtant dans sa vie, sa belle-m&egrave;re. Elle pr&eacute;tendait qu'il &eacute;tait un vaurien, un bon &agrave; rien. Une salope celle-l&agrave;. C'&eacute;tait une .... Je le consid&egrave;re, stup&eacute;fait, je connais la suite. <br />C'&eacute;tait une Calabraise. Tous les Calabrais sont des vauriens, des menteurs, des tricheurs. La Calabre est un pays qui devrait ne pas exister. Je m'inqui&egrave;te. Je sais qu'il sait que je l'&eacute;coute. Et vous, &ecirc;tes-vous calabrais? C'est lui ou moi. Prudemment je m'&eacute;clipse.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Allons enfants de la patrie </title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Autres lieux</category><dc:date>2010-07-15T22:12:57+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/0172e63527c60056d0ef45f9bc9dbf52-1000.html#unique-entry-id-1000</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/0172e63527c60056d0ef45f9bc9dbf52-1000.html#unique-entry-id-1000</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 14" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine88.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Ils arrivent de nulle part, des Forts peut-&ecirc;tre ou de l'Espace Roumanille. L'Echo du Roc de Pierrelatte vient en t&ecirc;te, suivie des vieux m&eacute;daill&eacute;s qu'on a sortis malgr&eacute; la canicule, j'esp&egrave;re qu'on n'aura pas &agrave; le regretter, vo&ucirc;t&eacute;s, habits du dimanche en berne, banni&egrave;res d'Arlequin au vent.<br />Au second rang les notables, de la ville et de la r&eacute;gion. Et puis, &agrave; mesure qu'on s'&eacute;loigne de la grosse caisse qui a pris les devants, les moins notables, les inconnus. Les derniers de classe enfin, m&ecirc;l&eacute;s aux moins que rien qui n'ont rien &agrave; faire ici, mais qui suivent de pr&egrave;s le cort&egrave;ge pour profiter dans un instant du verre offert. Car aujourd'hui on f&ecirc;te la R&eacute;publique. <br />Il doit &ecirc;tre un peu plus de 18 heures &agrave; Nyons, la piscine est encore bond&eacute;e et la Place de la R&eacute;publique est encore d&eacute;serte. Deux gerbes de fleurs sont cach&eacute;es derri&egrave;re le monument aux morts. <br />L'harmonie de Pierrelatte c&egrave;de bient&ocirc;t la place &agrave; un officier de police heureux d'accueillir Monsieur le s&eacute;nateur, Monsieur le sous-pr&eacute;fet et Monsieur le maire. Et la c&eacute;r&eacute;monie peut commencer. <br />Monsieur le sous-pr&eacute;fet raconte les premi&egrave;res heures de la R&eacute;publique, le peuple courageux, les privil&egrave;ges abolis, mais personne ne sourit. Monsieur le maire fait ensuite l'inventaire de ses oeuvres. Monsieur le S&eacute;nateur, c'est le plus gros, n'a rien &agrave; dire. D'ailleurs les deux gerbes de fleurs cach&eacute;es derri&egrave;re le monument ne sont pas pour lui. Ce sont les deux autres qui auront l'honneur de les placer au pied d'une R&eacute;publique &agrave; l'habit kaki, bras nus, qui invite ces messieurs &agrave; aller de l'avant. Ils refusent et restent dans le rang o&ugrave; il y a d&eacute;j&agrave; tant &agrave; faire pour y demeurer. Le s&eacute;nateur a bien compris, il attend que &ccedil;a passe. <br />Tous au garde &agrave; vous, bling bling, c'est le jour de gloire. L'Echo du Roc rameute ses troupes, ceux qui n'ont pas de lunettes &agrave; soleil l&egrave;vent les yeux au ciel. Le maigre public a redress&eacute; la t&ecirc;te, &ccedil;a se fait. Sauf Lili, assise sur le rebord du trottoir, qui regarde &eacute;merveill&eacute;e le chapeau de la dame aux lunettes sombres plac&eacute;e au premier rang entre le sous-pr&eacute;fet et le s&eacute;nateur, une double bande de Moebius qui lui cache le visage. Mais &agrave; qui est-elle ? au s&eacute;nateur ou au sous-pr&eacute;fet ? A l'un et &agrave; l'autre? Et je comprends d'un coup la vie difficile des notables de nos villes de province.<br />La c&eacute;r&eacute;monie est termin&eacute;e, ils remontent en rangs dispers&eacute;s l'espace Roumanille o&ugrave; l'harmonie s'appr&ecirc;te &agrave; offrir un concert. Je salue au passage Monsieur le s&eacute;nateur et Monsieur le sous-pr&eacute;fet, et tous ceux qui les suivent. Sauf un petit homme tout de blanc v&ecirc;tu, b&eacute;ret vert, l'homme n'a pas d'&acirc;ge. C'est un ancien de la l&eacute;gion &eacute;trang&egrave;re, huit fois bless&eacute;s, six fois m&eacute;daill&eacute;s. Je le salue, il me salue et me raconte ses exploits : le Tchad, le Liban, la Somalie, l'Afghanistan... D&eacute;&ccedil;u, gu&egrave;re &agrave; l'aise dans le maquis de la Provence il boude les ap&eacute;ritifs. J'aurais voulu lui demander pourquoi ses m&eacute;dailles &eacute;taient si petites, je n'ai pas os&eacute;, je n'ai aucun exploit comparable &agrave; lui raconter. On se quitte, il bo&icirc;te. Il habite en haut de la rue des Grands Forts.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Optique</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-07-14T22:12:50+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ce0920f5eee98960a65231269bee2a0a-999.html#unique-entry-id-999</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ce0920f5eee98960a65231269bee2a0a-999.html#unique-entry-id-999</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine88.2.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Le soleil court &agrave; l'amble<br />sur une chauss&eacute;e d&eacute;serte<br />envelopp&eacute;e par des volutes de fum&eacute;es noires<br />il suit le trac&eacute; <br />qu'il a choisi &agrave; l'aube<br />arpente les &eacute;tages du ciel<br />occup&eacute;s par les dignitaires<br />d'une &eacute;poque r&eacute;volue<br />&eacute;blouis par sa face imp&eacute;riale<br />ils tiennent le calendrier des saisons<br /><br />m&eacute;prise d'en-bas <br />on ne voit que l'astre nu<br />badigeonnant d'or <br />les statues debout<br />les pierres couch&eacute;es<br />le d&eacute;sordre<br /><br />on attend pourtant d'autres lumi&egrave;res <br />pour donner &agrave; ce qui est ci bas<br />de la grandeur et du volume<br />assembler par deux <br />les instances supr&ecirc;mes<br />les couronner<br /><br />sur le pav&eacute; nouvellement jointoy&eacute;<br />on tient buvette au cr&eacute;puscule<br />dans ce pays chauff&eacute; &agrave; blanc<br />avec l'appui des tenanciers des auberges de la ville<br />la foule s'&eacute;change des v&ecirc;tements chatoyants<br />yeux dans les nuages<br />coiffes multicolores<br />quelques plumes pr&eacute;cieuses s'&eacute;l&egrave;vent au vent<br /><br />l'&eacute;lan combine avec l'horizontalit&eacute; tranquille<br />la perspective sans fin d'un r&egrave;gne<br />banni&egrave;re au poing<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Une fois encore</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Autres lieux</category><dc:date>2010-07-13T22:12:33+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/9c96a6b978287b270f1adbe98a9a9ee6-998.html#unique-entry-id-998</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/9c96a6b978287b270f1adbe98a9a9ee6-998.html#unique-entry-id-998</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine88.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />C'est le dernier jour, on se quitte comme chaque ann&eacute;e devant la maison, pr&egrave;s du treillis, rue Pierre Cernize, &agrave; c&ocirc;t&eacute; du sac d'ordures qu'on lui a laiss&eacute;. Elle retient ses larmes, bien digne dans les bras de S. &agrave; laquelle elle confie ses craintes, celles des personnes &acirc;g&eacute;es, imperceptibles secousses. Depuis cinq ans c&rsquo;est la m&ecirc;me chose. Elle lui dit tout encore une fois, mais elle lui fait comprendre qu'elle le fait peut-&ecirc;tre pour la derni&egrave;re fois. <br />Et lorsqu&rsquo;on remonte la rue Joanny Desage, on l&rsquo;aper&ccedil;oit &agrave; travers les arbres du jardinet de son voisin. Elle est sur le perron, dites-lui au revoir les enfants, c'est peut-&ecirc;tre la derni&egrave;re fois. Elle rentre la t&ecirc;te dans les &eacute;paules, comme une enfant timide, ou un h&eacute;risson, elle sort la main droite de la poche de sa blouse bleue &agrave; pois blancs et l'agite lentement comme un enfant. Bon voyage. A la prochaine fois. Sa main gauche sert un mouchoir, elle va rejoindre l&rsquo;ombre qui l'attend dans sa cuisine.<br />Lorsqu'on prend la route de Saint-Galmier pour rejoindre Saint-Etienne, je l&rsquo;imagine alors debout, les pieds dans une cuvette d&rsquo;eau fra&icirc;che. Il faudra monter en ville, faire quelques achats, ramener le journal qu&rsquo;elle partage avec son voisin. Le temps passe si vite, l&rsquo;an prochain est d&eacute;j&agrave; bient&ocirc;t l&agrave;. La vie a repris, pleine d&rsquo;oublis, elle ne dit rien, elle fait, elle va.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Topiques</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-07-06T00:56:15+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d461aa97709b6f9965a86eb5eabf8f06-997.html#unique-entry-id-997</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d461aa97709b6f9965a86eb5eabf8f06-997.html#unique-entry-id-997</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine87.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />A une &eacute;poque post&eacute;rieure <br />mais de peu<br />un scribe donne<br />dans une narration volontairement impr&eacute;cise<br />une id&eacute;e grossi&egrave;re<br />de l&rsquo;emploi du temps<br />des fonctionnaires imp&eacute;riaux<br />assujettis au <em>code des parcellaires<br /></em><br />tenir constamment &agrave; jour<br />sur papiers d&rsquo;agave<br />la r&eacute;partition des n&eacute;gligences<br /><br />repr&eacute;senter sur le sable<br />les divisions des familles<br /><br />dresser dans le ciel<br />le plan des co&iuml;ncidences<br /><br />manque la description de leurs travaux <br />sur une conception du raisonnement<br />qui ferait enfin l&rsquo;&eacute;conomie de l&rsquo;analogie<br />et conduirait aux conclusions <br />grav&eacute;es sur le mur des offrandes<br /><br />manquent aussi le compte-rendu <br />de leurs r&eacute;flexions sur les fioritures enfantines<br />l&rsquo;expos&eacute; de leur m&eacute;thode <br />d&rsquo;&eacute;tayage d&eacute;finitif de l&rsquo;&eacute;ph&eacute;m&egrave;re<br /><br />trois fragments pr&eacute;cieux &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence<br />que le souvenir d&rsquo;un seul atteste<br />avec les difficiles espaces libres<br />irr&eacute;solus<br />qui se font face<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>L&#x27;h&#xf4;pital</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Peuplement</category><dc:date>2010-07-09T00:54:25+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b87c5eb06ee670e86514497bc01411dd-996.html#unique-entry-id-996</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b87c5eb06ee670e86514497bc01411dd-996.html#unique-entry-id-996</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine87.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Aux urgences, section observation, deuxi&egrave;me sous-sol, un infirmier m&rsquo;accueille. Je l&rsquo;ai d&eacute;j&agrave; vu mais o&ugrave; ? Il m&rsquo;avertit d&rsquo;embl&eacute;e que c&rsquo;est son premier jour dans ce service en tant qu&rsquo;infirmier de liaison. L&rsquo;homme est b&egrave;gue, il me demande de patienter tandis qu&rsquo;il s&rsquo;assied dans le box voisin au chevet d&rsquo;une vieille dame qui lui raconte sa vie : son mari, sa ni&egrave;ce, son veuvage, la mort de sa cadette, son appartement, son ind&eacute;pendance. Lui se tait, l&rsquo;&eacute;coute et prend des notes. Je lis sur sa blouse l&rsquo;&eacute;tiquette qui pr&eacute;cise son identit&eacute; : <em>Patrick Modiano, infirmier de liaison</em>.<br /><br />Le patron du service en connaissait un bout sur la nature de l&rsquo;homme. Il avait en effet d&eacute;nich&eacute;, Dieu sait o&ugrave;, une dame au museau de bouledogue et &agrave; la voix de corbeau qu&rsquo;il avait install&eacute;e dans le fauteuil de la r&eacute;ception. Cette dame &ndash; faut-il dire secr&eacute;taire ? &ndash;  eut t&ocirc;t fait de saisir les rudiments de l&rsquo;aboiement. Elle apprit &eacute;galement &agrave; convaincre le client qu&rsquo;il devait s&rsquo;&ecirc;tre tromp&eacute; d&rsquo;adresse, qu&rsquo;il n&rsquo;&eacute;tait, quoi qu&rsquo;il en soit, pas chez lui et qu&rsquo;il aurait pu choisir un autre th&eacute;rapeute et surtout un autre moment. Elle effrayait si bien le patient que celui-ci se retrouvait somme tout tr&egrave;s satisfait, heureux m&ecirc;me, lorsque, &eacute;chapp&eacute; des mains de l&rsquo;animal de garde et parvenu dans le cabinet du m&eacute;decin, celui-ci lui annon&ccedil;ait que la situation &eacute;tait grave, d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e m&ecirc;me.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><span class="st_sharethis" displayText="Partager"></span><script type="text/javascript" src="http://w.sharethis.com/button/buttons.js"></script><script type="text/javascript">stLight.options({publisher:'252c18e8-a741-4c0d-9953-4ee7a4e5892d'});</script></p>]]></content:encoded></item><item><title>Moineaux</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-07-08T10:43:50+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/679b6a7d503528bfd97f72f9ce1ca527-993.html#unique-entry-id-993</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/679b6a7d503528bfd97f72f9ce1ca527-993.html#unique-entry-id-993</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine87.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />On entend ce matin 807 moineaux qui piaillent sans discontinuer, puis le cri lugubre d'un seul corbeau. Non&nbsp;! C'est Jean-R&eacute;my qui se racle la gorge.<br /><br />Le chant rauque du coq, le cri lugubre du corbeau et huit cent sept moineaux qui nichent dans la t&ecirc;te vide de Jean-R&eacute;my.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">9 ao&ucirc;t | 22 ao&ucirc;t 2009</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>D&#xe9;sencombrement du jour</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-07-07T00:43:49+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/78e34869b5bd187fb83202b8deb80a4c-992.html#unique-entry-id-992</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/78e34869b5bd187fb83202b8deb80a4c-992.html#unique-entry-id-992</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine87.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Je voudrais avoir pay&eacute; mon d&ucirc; avant m&ecirc;me d&rsquo;entrer dans le jour, pour entreprendre librement et sans vaine esp&eacute;rance cette travers&eacute;e &agrave; laquelle je suis convi&eacute; quotidiennement. Je voudrais inverser les habitudes : un mot bref en guise d&rsquo;&eacute;cot, &ndash; une pri&egrave;re ? &ndash; pour affamer d&rsquo;embl&eacute;e mes attentes et me livrer libre et bienveillant, mains nues et sans id&eacute;es derri&egrave;re la t&ecirc;te, &agrave; l&rsquo;encha&icirc;nement de mes t&acirc;ches quotidiennes. Je voudrais ne pas avoir &agrave; traiter avec l&rsquo;esp&eacute;rance, telle qu&rsquo;elle se donne lorsque la nuit tombe pour racheter autant que faire se peut l&rsquo;immanquable d&eacute;ception &agrave; laquelle nos vies nous conduisent &agrave; la fin. Je voudrais avoir r&eacute;gler le sort de mes journ&eacute;es avant m&ecirc;me de les avoir commenc&eacute;es pour en disposer comme de quelque chose qui n&rsquo;a pas de nom et qui ne figurera dans aucun bilan, un espace sans enjeu au sein duquel je n&rsquo;aurais qu&rsquo;&agrave; pr&ecirc;ter mon oreille, offrir ma main, r&eacute;pondre aux voeux. Je voudrais recommencer ainsi chaque matin de telle mani&egrave;re que mes jours ne comptent pour rien. Je voudrais au fond avoir chaque jour un jour d&rsquo;avance, pour disposer d&rsquo;un jour sur lequel je n&rsquo;avais pas compt&eacute;, au-del&agrave; du temps, un jour impr&eacute;vu et que je traverserais sans arri&egrave;re-pens&eacute;e, en lisi&egrave;re du temps, comme l&rsquo;envers d&rsquo;un revenant.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 4 juillet 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2010-07-05T00:48:52+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/880663cd7e0f1ceb1f6a2794cb3742ea-990.html#unique-entry-id-990</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/880663cd7e0f1ceb1f6a2794cb3742ea-990.html#unique-entry-id-990</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine87.png" width="50" height="50"/><br /><br />On ne demeure pas sur le seuil par complaisance, mais par devoir, celui de laisser la possibilit&eacute; &agrave; ce qui se pr&eacute;sente de contenir autre chose que ce qu&rsquo;on a d&eacute;j&agrave; vu, de laisser &agrave; cette autre chose les coud&eacute;es franches, quitte &agrave; la maintenir hors de notre port&eacute;e et &agrave; la laisser s&rsquo;enfuir par la fen&ecirc;tre grand ouverte comme elle ne manque jamais de le faire.<br /><br />Je pensais aller jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;tang, j&rsquo;y suis all&eacute; et puis la chaleur m&rsquo;a arr&ecirc;t&eacute; &agrave; tout bout de champ. Le silence aussi, inaudible en marchant.<br /><br />Efforts d&eacute;mesur&eacute;s de l&rsquo;homme, inou&iuml;s et sans fin, pour se lib&eacute;rer du Sisyphe qui l&rsquo;habite.<br /><br />N&rsquo;&eacute;crire que ce qu&rsquo;on peut relire, c&rsquo;est-&agrave;-dire ce qu&rsquo;on ne comprend pas.<br /><br />Si l&rsquo;on s&rsquo;&eacute;carte, si l&rsquo;on &eacute;prouve le besoin d&rsquo;&ecirc;tre seul, c&rsquo;est peut-&ecirc;tre un peu par misanthropie, mais c&rsquo;est d&rsquo;abord pour r&eacute;gler son compte &agrave; celui qu&rsquo;on est pour &ecirc;tre en mesure d&rsquo;&ecirc;tre tout entier aux autres. C&rsquo;est ce que j&rsquo;explique &agrave; Louise, bient&ocirc;t huit ans, en la&ccedil;ant mes chaussures. Elle me sourit malicieuse avant de m&rsquo;accorder cette libert&eacute; en me tournant le dos. Le faisant elle fait un grand pas vers la sienne.<br /><br /><em>On ne sait pas exactement ce qu&rsquo;on esp&egrave;re, quel visage, quelle main viendront combler l&rsquo;attente dont on est habit&eacute;. Mais une chose est s&ucirc;re. On attend quelque chose ou quelqu&rsquo;un, d&rsquo;embl&eacute;e...</em><span style="font-size:11px; "><em> <br /></em></span><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>Pierre Bergounioux, La Ligne</em></span><br /></p><p style="text-align:left;">Bonne nouvelle, quelques &eacute;l&egrave;ves ont fait l&rsquo;&eacute;cole buissonni&egrave;re. Mais j&rsquo;apprends qu&rsquo;ils sont all&eacute;s se faire couper les cheveux dans le salon de coiffure de la m&egrave;re de l&rsquo;un d&rsquo;eux, consentante par surcro&icirc;t. D&eacute;ception.... &agrave; moins que... et je les imagine alors la t&ecirc;te sous le foehn m&eacute;ditant &agrave; d&rsquo;invraisemblables exploits.<br /><br />La grande cure : pas de caf&eacute; aujourd&rsquo;hui! Et demain?<br /></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p><p style="text-align:left;"><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Et pis</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-07-02T07:38:28+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/5c629c73f69a40dcc64c2ccedc9424de-989.html#unique-entry-id-989</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/5c629c73f69a40dcc64c2ccedc9424de-989.html#unique-entry-id-989</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine86.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />&ndash;&nbsp;La d&eacute;cision d'interrompre le compte des brins d'herbe d'une pelouse apr&egrave;s le 807e brin ne rel&egrave;ve pas du hasard mais d'une secr&egrave;te n&eacute;cessit&eacute; &ndash;&nbsp;de quelque nature que soit cette pelouse&nbsp;&ndash; cach&eacute;e dans la s&eacute;rie infinie des d&eacute;cimales de pi. Voici. <br />3,14159265358979323846264338327950288419716939937510582097494459<br />230781640628620899862803482534211706798214808651328230664709384<br />460955058223172535940812848111745028410270193852110555964462294<br />895493038196442881097566593344612847564823378678316527120190914<br />564856692346034861045432664821339360726024914127372458700660631<br />558817488152092096282925409171536436789259036001133053054882046<br />652138414695194151160943305727036575959195309218611738193261179<br />310511854... 807&nbsp;!<br />&ndash;&nbsp;Mon Dieu&nbsp;!<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">16 novembre 2009</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXX</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-07-01T07:38:28+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ba694bbc0c1e06d3bc4e9050cd9faee2-988.html#unique-entry-id-988</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ba694bbc0c1e06d3bc4e9050cd9faee2-988.html#unique-entry-id-988</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine86.3.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Hier en fin d&rsquo;apr&egrave;s-midi, tr&egrave;s haut dans le ciel, muet, un gros porteur filait en direction de Gen&egrave;ve, tandis que l&agrave;-bas, &agrave; quelques pas du ch&ecirc;ne, deux corneilles bataillaient.<br />J&rsquo;apprends &agrave; l&rsquo;instant par la radio locale qu&rsquo;un Piper J-3 de couleur noire est parti en vrille sous la Dent de Brenleire : deux disparus. Je l&egrave;ve alors les yeux : c&rsquo;est le cr&eacute;puscule, un jeune milan dispara&icirc;t souple et raide derri&egrave;re la Montagne du Ch&acirc;teau, il plonge en direction de l&rsquo;&eacute;tang.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Juste rapport au temps</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Au Riau</category><dc:date>2010-06-30T07:38:27+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/236d7085de4aec9da877dec9d28bb93d-987.html#unique-entry-id-987</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/236d7085de4aec9da877dec9d28bb93d-987.html#unique-entry-id-987</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine86.2.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Une propension maladive &agrave; sur&eacute;valuer la quantit&eacute; d&rsquo;&eacute;nergie et de temps n&eacute;cessaires &agrave; l&rsquo;accomplissement des quelques t&acirc;ches qui assurent la consistance des groupes dans le champ social, la survie des uns et des autres et auxquelles on ne saurait &eacute;chapper que par l&acirc;chet&eacute;.<br />Mais voil&agrave; qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, frapp&eacute; &ndash; encore? &ndash; par le sort, j&rsquo;&eacute;prouve la sensation &agrave; bient&ocirc;t minuit d&rsquo;avoir accompli des travaux hercul&eacute;ens. Tout simplement parce que ce nouvel impr&eacute;vu ne m&rsquo;a pas laiss&eacute; le temps de trop anticiper, m&rsquo;a oblig&eacute; de faire vite et juste avec le temps, de r&eacute;pondre &agrave; ras de terre et de me rapprocher pas &agrave; pas des gestes qui caract&eacute;risent la condition qui est la n&ocirc;tre, avec pour voisin l&rsquo;effondrement qui guette et &agrave; deux pas la peur qui paralyse le corps jusqu&rsquo;au petit doigt. <br />M&ecirc;me qu&rsquo;il me reste quelques minutes pour &eacute;crire ces mots avant minuit, tandis que les enfants dorment, que le tambour de machine &agrave; laver le linge turbine et que ma femme &eacute;puis&eacute;e se r&eacute;tablit en de bonnes mains.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Extension de la ville</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-06-29T07:38:27+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/6da32b67dfbd2855bec0b0685ff8a8a4-986.html#unique-entry-id-986</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/6da32b67dfbd2855bec0b0685ff8a8a4-986.html#unique-entry-id-986</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine86.1.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Cit&eacute; satellite<br />construite &agrave; la va-vite <br />sur une piquante proposition<br />des dirigeants du troisi&egrave;me canton<br />de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; du volcan<br />&agrave; l&rsquo;intersection<br />du canal inachev&eacute;<br />et de l&rsquo;ancienne chauss&eacute;e <br />qui avait conduit<br />les nouveaux arrivants <br />de l&rsquo;oc&eacute;an<br />aux rives du lac<br /><br />on construisit l&agrave;<br />simplement<br />en guise d&rsquo;assurance<br />une tour et une redoute <br />elles se faisaient face<br />&agrave; l&rsquo;extr&eacute;mit&eacute; d&rsquo;un pan ruin&eacute; <br />murailles perc&eacute;es<br />portes dominantes <br />ouvrant sur la dune<br /><br />semblable insouciance<br />ne s&rsquo;&eacute;tait plus pr&eacute;sent&eacute;e sur l&rsquo;&icirc;le<br />depuis la mise au pas<br />de ceux qui avaient plant&eacute; <br />sur les fonds argileux<br />des rang&eacute;es de pieux parall&egrave;les<br />en pr&eacute;vision du si&egrave;ge de la capitale<br /><br />mais l&rsquo;insoumis <br />je le sais<br />b&acirc;tit en profondeur<br />il recueille l&rsquo;eau des digues <br />charg&eacute;es d&rsquo;interrompre sa passe<br />m&eacute;nage des acc&egrave;s &agrave; la nuit<br />pose des jalons <br />dans le va-et-vient des passions<br />c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;un jour peut-&ecirc;tre<br />il rendra &agrave; la terre<br />le myst&egrave;re qui fuit <br />sur le dos de l'imagination <br />r&eacute;tive et captive<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 27 juin 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2010-06-28T07:38:26+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/04fe17f41a13b3fe14b2b09574575727-985.html#unique-entry-id-985</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/04fe17f41a13b3fe14b2b09574575727-985.html#unique-entry-id-985</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine86.png" width="50" height="50"/><br /><br />Pierre Alechinsky cite Cioran qui aurait &eacute;crit &ndash;  ou dit un jour &ndash;  que <em>tout nous vient du dehors</em>. Ce n&rsquo;est pourtant pas la teneur de cet aphorisme qui m&rsquo;enchante et dont je partage au fond l&rsquo;&eacute;vidence, mais la voix lointaine de cet homme de 83 ans, dont le grain et l&rsquo;allure attestent le chemin &agrave; suivre pour distinguer et faire entendre ce qui vient lorsque le chemin dispara&icirc;t dans la lande, lorsque le dehors se confond avec le monde qui a bien voulu de nous une saison, lorsqu&rsquo;on est en mesure de faire entendre le silence :  la voix du dedans.<br /><br />]]></content:encoded></item><item><title>Ce que les pierres retiennent</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-06-25T23:30:10+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/0329475ee9767193d65be785e308675b-984.html#unique-entry-id-984</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/0329475ee9767193d65be785e308675b-984.html#unique-entry-id-984</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/semanie85.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Amen&eacute; &agrave; rompre avec la suppos&eacute;e continuit&eacute; du temps au risque de succomber &agrave; un vertige, non plus celui du temps qui fuit, mais celui du temps qui est rest&eacute; bloqu&eacute; l&agrave;-bas.<br /><br />Si les images, les photographies, les souvenirs vieillissent, c'est parce que, incapables de retenir ce qui demeure, ils laissent filer le temps qui seul compte. <em>On le voit dans les corps pass&eacute;s, on le voit aux visages, aux mains trop lourdes, aux jambes trop cassantes sous le poids des souvenirs qui se d&eacute;font</em>. Le gros du temps reste en arri&egrave;re, par-del&agrave; les images qui ne retiennent que des ombres. <br /><br />Rien n'a chang&eacute;, on voit simplement les choses d'un autre lieu. Mais il aura fallu pour l&rsquo;atteindre nous extirper de la glaise dont on est fait, faire ce pas de c&ocirc;t&eacute;, et r&eacute;aliser quelques voyages de circumnavigation pour retrouver les choses telles qu&rsquo;elles sont, ce miracle en tiers qui nous est offert lorsqu&rsquo;on revient bien apr&egrave;s. Nous &eacute;loigner donc, nous &eacute;garer m&ecirc;me, souvent, pour consid&eacute;rer enfin les choses en leur lieu, c&rsquo;est-&agrave;-dire de ce lieu que l'on n'a jamais tout &agrave; fait quitt&eacute;, aper&ccedil;u pourtant comme un phare oubli&eacute; qui nous fait supporter de manquer ce pourquoi on avait appareill&eacute;, sans regret, mais dont il faut bien s&rsquo;approcher pour &ecirc;tre enfin un peu avant de n&rsquo;&ecirc;tre plus. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Gueule de bois</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-06-24T23:30:09+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e2783eed60a2ae0ec1412d8be906ab77-983.html#unique-entry-id-983</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e2783eed60a2ae0ec1412d8be906ab77-983.html#unique-entry-id-983</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/semanie85.3.png" width="50" height="50"/> <br /><br />C&rsquo;&eacute;tait le temps o&ugrave; &ccedil;a y allait, le temps des Chevillard-Camaro, des Peugeot 807, des Nisard-Gloria et des Toyota Prius, des liseuses et des nuisettes, des pokes et du pacs. Je peux vous l&rsquo;assurer, &ccedil;a roulait et on ne se faisait pas de cadeaux. D'ailleurs les uns ont fini dans la <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article749" rel="self">fosse &agrave; bitume</a>, les autres contre le mur.<br /><br />La baronne de Rothschild avait pr&eacute;dit, sur un plateau, l&rsquo;avenir du r&eacute;volu. On aurait d&ucirc; la croire.<br /><br />Quant aux visionnaires, dop&eacute;s par leur statut et la promesse du succ&egrave;s, ils en avaient pris plein les dents, et avec eux leurs courtisans. C'&eacute;tait pas net, on &eacute;couta les justifications contrites des premiers, on assista &agrave; la d&eacute;bandade des seconds. On para au plus press&eacute; et on recommen&ccedil;a, on en est l&agrave;.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">27 mars 2010</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXIX</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-06-23T23:30:09+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2665d11991a3050d37d77d8f20e1cac0-982.html#unique-entry-id-982</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2665d11991a3050d37d77d8f20e1cac0-982.html#unique-entry-id-982</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/semanie85.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Hier soir, la vieille a oubli&eacute; de verser dans la coupelle de porcelaine la goutte d&rsquo;essence de marjolaine qui, depuis cinquante ans, tient en respect les ronflements du vieux. On les a retrouv&eacute;s morts ce matin, dans les combles, &eacute;cras&eacute;s par la charpente de leur maison. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>A vau-l&#x27;eau</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-06-22T21:30:08+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/dced4f88164c4f5bcdd7d6c40b0dd76a-981.html#unique-entry-id-981</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/dced4f88164c4f5bcdd7d6c40b0dd76a-981.html#unique-entry-id-981</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/semanie85.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Les plumassiers<br />s&rsquo;attaquaient au gros oeuvre<br />en plein air<br />si bien que le duvet <br />des nouveaux-n&eacute;s<br />pouss&eacute; par le vent<br />dans le lacis des rues<br />fr&eacute;missaient<br />sur les pav&eacute;s de briques<br /><br />dans les entrep&ocirc;ts ouverts<br />autrefois occup&eacute;s par des n&eacute;gociants <br />peu d&rsquo;espaces d&eacute;gag&eacute;s<br />d&rsquo;un bout &agrave; l&rsquo;autre des bateaux<br />tir&eacute;s sur des ponts de poutres mal &eacute;quarries<br />galets align&eacute;s sur la terre battue<br /><br />devant les huttes<br />les acacias imputrescibles <br />m&ecirc;laient leurs senteurs<br />au fenouil sauvage<br /><br />dans les cours int&eacute;rieures<br />pas de fleurs &agrave; bulbe<br />mais de l&rsquo;eau dans les caves<br /><br />la passion pour les affaires priv&eacute;es<br />avait pousser les derniers arrivants<br />&agrave; concevoir de grandes places <br />sans verdure<br />travers&eacute;es seulement par des canaux<br />aux rives solides et bien travaill&eacute;es<br />dress&eacute;s les uns contre les autres<br />mais que l&rsquo;eau enclose <br />dans les lacs artificiels du pied des collines<br />ne parvenait pas &agrave; ravitailler<br /><br />canaux inutiles donc<br />on avait atteint le point du non retour<br />les esprits s&rsquo;enlisaient<br />il &eacute;tait loin le temps o&ugrave; les hommes <br />entraient dans leurs maisons <br />&agrave; la proue de leurs bateaux<br />couronn&eacute;s<br /><br />la capitale de l&rsquo;&icirc;le allait &agrave; vau-l&rsquo;eau<br />et la demi-circulation g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e<br />allait pr&eacute;cipiter les &eacute;v&eacute;nements<br />par-dessus bord<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 20 juin 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Autres lieux</category><dc:date>2010-06-21T23:30:07+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e97bf5bab87f7e489aaee24099415beb-980.html#unique-entry-id-980</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e97bf5bab87f7e489aaee24099415beb-980.html#unique-entry-id-980</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine85.png" width="50" height="50"/><br /><br />Qui se souvient de l&rsquo;ermite, du fils du prince Berthold de Hohenzollern, Meinrad de Sulgen qui renon&ccedil;a &agrave; tout au pied du Mont Etzel? Louis Veuillot? C&rsquo;est une sagesse aux vertus secr&egrave;tes qui l&rsquo;obligea &agrave; se nourrir des peines de ses h&ocirc;tes. Il rumina chaque jour son ignorance dans une for&ecirc;t sombre o&ugrave; il voulut se cacher pour aller plus avant. Rien n&rsquo;y fit. Deux manants &ndash; qui ne poss&eacute;daient gu&egrave;re plus que lui &ndash; lui retir&egrave;rent la vie le 21 janvier 863. <br />Il est cinq heures &agrave; Einsiedeln, trente ermites rassembl&eacute;s pour l&rsquo;heure font entendre les voix du ciel, procession d&rsquo;oiseaux noirs au long cours qui d&eacute;ambulent. Pure merveille. Ils chantent pour maintenir ensemble les d&eacute;bris de nos vies qu&rsquo;ils emportent dans leurs cellules lorsqu&rsquo;ils nous tournent le dos, ils con&ccedil;oivent des morceaux de libert&eacute; dans des retraites closes, raboutent les mauvais jours aux si&egrave;cles de gloire. Le feu fait le reste. Autour du monast&egrave;re une nu&eacute;e de moineaux s&rsquo;affaire, c&rsquo;est le prix qu&rsquo;il faut payer. <br />Il pleut sur le lac de Sihl. Deux corbeaux avancent dans la tourbi&egrave;re parmi les orgueils sauvages et les iris d&rsquo;eau.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 13 juin 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2010-06-14T20:35:31+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/72f1428b24835026c136a131ad26903b-979.html#unique-entry-id-979</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/72f1428b24835026c136a131ad26903b-979.html#unique-entry-id-979</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine84.png" width="50" height="50"/><br /><br />Au r&eacute;veil, par la petite fen&ecirc;tre des combles &ndash; qui restera ouverte, j&rsquo;ose l&rsquo;esp&eacute;rer, les cent jours que dure ici la belle saison &ndash;, me parvient le concert d&rsquo;il y a une semaine, avec le soleil de juin d&eacute;j&agrave; haut dans le ciel, le m&ecirc;me ou la suite, qu&rsquo;importe je ne l&rsquo;entends gu&egrave;re. C&rsquo;est que je me r&eacute;veille avec au-dessus de moi une main &agrave; large paume qui me ram&egrave;ne promptement au-dedans de mon cr&acirc;ne, comme le ferait un ressort tendu, chaque fois que je tente une sortie &agrave; l&rsquo;air libre. C&rsquo;est qu&rsquo;au-dedans sommeille une inqui&eacute;tude famili&egrave;re, aux formes diverses et impr&eacute;visibles dont je ne prends connaissance qu&rsquo;au r&eacute;veil et ne per&ccedil;ois le contour que lorsque elle se dissipe. <br /><br />Une de ces inqui&eacute;tudes dont on on ne voit pas le bout, qui se retire tout un jour avant de vous harceler le matin suivant, sans crier gare. C&rsquo;est une inqui&eacute;tude li&eacute;e &agrave; celle d&rsquo;un enfant qui se demande pourquoi les choses ont pris un tel tour un jour, qui ne comprend pas pourquoi la vie parfois sort de ses gonds. Son inqui&eacute;tude s&rsquo;est gliss&eacute;e dans la mienne dessous la bo&icirc;te cr&acirc;nienne, c&rsquo;&eacute;tait en janvier 2008, deux ans et demie d&eacute;j&agrave;, elle a pris le temps d&rsquo;&eacute;tendre son empire. Elle agit en moi &agrave; l&rsquo;image des questions qui agitent l&rsquo;esprit de l&rsquo;enfant. Et c&rsquo;est de cette image qu&rsquo;il me faut me d&eacute;livrer, sans succ&egrave;s jusque-l&agrave;. Et c&rsquo;est vers ces images qui noircissent et alourdissent chacune de mes pens&eacute;es que la main &agrave; large paume repousse ce matin, en un geste bref, chaque fois que je mets le nez dehors, la t&ecirc;te d&rsquo;&eacute;pingle courageuse qui s&rsquo;essaie &agrave; rejoindre l&rsquo;avant-garde du jour.<br /> <br />Dehors il fait beau, un cheval, un vrai, roule ses sabots sur le bitume, on entend la cavali&egrave;re qui lui parle, lui il secoue la t&ecirc;te. Le vent souffle du sud-ouest si bien qu&rsquo;il ne portera pas jusqu&rsquo;ici, &agrave; neuf heures, les neuf coups du village; le coq embarqu&eacute; par le renard ne chantera pas trois fois. Un milan noir passe dans le rectangle azur du velux, je l&rsquo;accompagne un bref instant avant que l&rsquo;inqui&eacute;tude ne me reprenne. C&rsquo;est ainsi chaque fois que je m&rsquo;&eacute;loigne, comme si elle voulait que je lui reste fid&egrave;le. Puisse-t-elle cesser de me secouer, devenir ce simple souci, liquide ti&egrave;de m&eacute;lang&eacute; au sang de mes veines, vrai r&eacute;confort pour l&rsquo;enfant qui en a besoin.<br /><br />La trotteuse du r&eacute;veil nous rappelle que le temps qui passe s&rsquo;obstine dans des impasses. Seules les choses vont, viennent et parfois s&rsquo;&eacute;loignent un instant dans le silence. Il convient de prendre de la hauteur, assez haut pour qu&rsquo;on puisse consid&eacute;rer notre sort avec le m&ecirc;me &eacute;tat d&rsquo;&acirc;me et avec les m&ecirc;mes &eacute;gards que ceux qui nous portent &agrave; consid&eacute;rer celui du premier venu. Convient-il de parler de tout cela ici, est-ce bien de la sorte qu&rsquo;on prend de l&rsquo;altitude et que, nous &eacute;loignant, nous approchons de la possibilit&eacute; d&rsquo;offrir quelques noms &agrave; ce qui n&rsquo;en a pas encore? L&rsquo;inqui&eacute;tude perdra-t-elle ainsi son insidieuse lourdeur pour devenir ce souci large et accueillant qui all&egrave;ge en nous conduisant &agrave; la hauteur qu&rsquo;il faut, l&agrave; o&ugrave; il convient d&rsquo;&ecirc;tre? <br />Je parie que l&rsquo;enfant saura un jour, dans le langage qui nous oblige, prononcer les paroles qui m&rsquo;offriront la paix et le lanceront entier sur la voie qui est la sienne.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Abandon des terres basses</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-06-15T13:37:28+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d6aca1a3db9a20233cef0c07888d84e3-978.html#unique-entry-id-978</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d6aca1a3db9a20233cef0c07888d84e3-978.html#unique-entry-id-978</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine84.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Dans les faubourgs parall&egrave;les<br />aux canaux rectilignes<br />les maisons mal b&acirc;ties<br />de base rectangulaire<br />deux &eacute;tages pas plus sur pilotis<br />&eacute;taient vou&eacute;es &agrave; l&rsquo;abandon<br /><br />la foule ne levait plus les yeux<br />vers le va-et-vient<br />des aigles dans le ciel<br />des cygnes dans l&rsquo;&eacute;tang<br /><br />elle se maintenait &agrave; peine<br />vivante au-dedans d&rsquo;elle<br /><br />celui qui s&rsquo;en serait approch&eacute;<br />aurait distingu&eacute;<br />les minuscules vies secr&egrave;tes<br />forcloses<br />dans les cours int&eacute;rieures<br />car il suffit parfois de suivre <br />quelques traces<br />les empreintes souffl&eacute;es par le vent<br />les impressions laiss&eacute;es par des t&eacute;moins<br />pour que les folles rumeurs<br />se r&eacute;veillent<br />transpirent des huttes abandonn&eacute;es<br />toits de roseaux m&eacute;lang&eacute;s &agrave; la terre<br />des cris<br />des rires<br />des souvenirs<br /><br />mais rien &agrave; acheter rien &agrave; vendre<br />la foule migra<br />suivie de pr&egrave;s <br />par les dignitaires de l&rsquo;&icirc;le<br />fuyant les quartiers luxueux<br />du front de mer<br />rong&eacute;s par la malaria<br /><br />la foule ouvrit de place en place<br />des &eacute;choppes <br />&agrave; l&rsquo;arriv&eacute;e des riches exil&eacute;s<br />&agrave; l&rsquo;&eacute;vidence<br />le bourdonnement des activit&eacute;s urbaines<br />les ravit<br />et dans des ateliers <br />sis autour du vieil arsenal<br />qu&rsquo;on appelle encore<br />le <em>coll&egrave;ge des &Acirc;ges</em><br />l&rsquo;activit&eacute; des plumassiers<br />les cris color&eacute;s des joailliers<br />le soin des orf&egrave;vres<br />le noble entretien des lieux<br />soulevaient haut<br />les rues de la vieille ville<br />recouvertes de paille et d&rsquo;herbe<br />plus de places disponibles<br /><br />nulle monotonie &agrave; tout cela<br />l&rsquo;&icirc;le flottait sur la mer<br />comme au temps des origines<br />mais l&agrave;-haut se dressait la ville nouvelle<br /><br />pour longtemps encore<br />sans doute <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXVII</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-06-16T13:37:28+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2d9be4b2f084ca81a19e77dfb1970ace-977.html#unique-entry-id-977</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2d9be4b2f084ca81a19e77dfb1970ace-977.html#unique-entry-id-977</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine84.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />Je ne l&rsquo;avais pas revue depuis trente ans, mais je la reconnus aussit&ocirc;t. Ele s&rsquo;&eacute;tait pourtant cach&eacute;e derri&egrave;re un visage de vieille qu&rsquo;elle avait consciencieusement pli&eacute;, froiss&eacute;, creus&eacute; tout au long des ann&eacute;es, sans faute de go&ucirc;t, pour garder secrets ses secrets. C&rsquo;est ce masque achev&eacute; de la vieillesse derri&egrave;re lequel elle s&rsquo;&eacute;tait barricad&eacute;e qui avait pr&eacute;serv&eacute; sa jeunesse intacte, enfouie derri&egrave;re un visage min&eacute; et des yeux pr&ecirc;ts &agrave; s&rsquo;allumer.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Va-t&#x27;en te perdre o&#xf9; tu voudras</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2010-06-18T13:37:22+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/8cc8b063fdc6a9685f66e8b572ccee62-976.html#unique-entry-id-976</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/8cc8b063fdc6a9685f66e8b572ccee62-976.html#unique-entry-id-976</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine84.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Quelques flaques sur les bas-c&ocirc;t&eacute;s<br />les restes d'une ond&eacute;e noire<br />dans le miroir desquels flambent <br />les &eacute;clats d'un soleil de glace<br />d&rsquo;innombrables vers luisants clignotent dans le pr&eacute;<br />l&rsquo;or fond liquide sur les marches de pierre<br />le silence a creus&eacute; son trou<br />mais il y a loin tr&egrave;s loin <br />le grondement sourd d&rsquo;un animal<br />qui s&rsquo;&eacute;loigne rassasi&eacute;<br />c&rsquo;est le grondement du tonnerre<br />qui poursuit sa route les yeux ferm&eacute;s<br />orage satisfait tout &agrave; l&rsquo;ouest<br />il gronde sans discontinuer<br />longues respirations de satisfaction<br />avant d&rsquo;attaquer la plaine que personne n&rsquo;a daign&eacute; avertir<br />&agrave; mes pieds lessiv&eacute;s pris dans les boues du sommeil<br />veillent les ombres du feu et de la nuit<br />l&rsquo;&eacute;cho des craquements sur lesquels on ferme les yeux<br />la belle empreinte de la b&ecirc;te qui s&rsquo;&eacute;loigne<br />la gueule ouverte derri&egrave;re l&rsquo;horizon<br />et je tremble un peu<br />d&eacute;licieusement &eacute;pargn&eacute;<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXVIII</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><category>Jean-R&#xe9;my</category><category>A la mine</category><dc:date>2010-06-17T13:37:21+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/62dc51acb1f2a296a1f2faff889402ac-975.html#unique-entry-id-975</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/62dc51acb1f2a296a1f2faff889402ac-975.html#unique-entry-id-975</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine84.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Deux coll&egrave;gues pleurent le temps pass&eacute; en chantant la belle l&rsquo;&eacute;poque, le temps des petits Larousse dont elles &eacute;num&egrave;rent les innombrables vertus. Elles se disputent un peu &agrave; propos de la couleur de la couverture: rose, beige, rose-beige, rose-saumon,... elles rient, elles se taquinent, mais c&rsquo;est pour rire. Elles se rappellent surtout de la page des banni&egrave;res, &eacute;tonn&eacute;es et heureuses d&rsquo;avoir pris conscience, tels Leibniz et Newton, simultan&eacute;ment, que toutes les banni&egrave;res du monde &eacute;taient rectangulaires, toutes, except&eacute; celles de la Suisse et du Vatican. <br />Les yeux embu&eacute;s, elles regrettent le beau temps des voyages sur la moquette, tout a tellement chang&eacute;. Elles au moins d&eacute;couvraient le monde. On avait, soupirent-elles, une toute autre fa&ccedil;on de voyager, une vraie. Et mine de rien on se coltinait le r&eacute;el, la Suisse, le Vatican, les gardes suisses. Magiques ces banni&egrave;res! R&eacute;ellement magiques!<br />J&rsquo;opine avant de reprendre ma lecture de l&rsquo;<em>Anthologie des voyageurs fran&ccedil;ais et europ&eacute;ens de la Renaissance au XX&egrave;me si&egrave;cle</em>, avec le sentiment d&eacute;sagr&eacute;able que cette anthologie m&eacute;rite d&eacute;j&agrave; de solides compl&eacute;ments. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 11 juillet 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2010-07-12T01:36:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/067731a5f1dd5058c4daf149ea2ab1b3-974.html#unique-entry-id-974</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/067731a5f1dd5058c4daf149ea2ab1b3-974.html#unique-entry-id-974</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine88.png" width="50" height="50"/><br /><br />La piscine publique situ&eacute;e au croisement de la D541 et de la D414 m&eacute;riterait toute l&rsquo;attention des inspecteurs de l&rsquo;UNESCO. Il y a d'abord le vaisseau solaire de Grignan, il guigne au-dessus de la visi&egrave;re de ma casquette dans le ciel de la Dr&ocirc;me, pareil &agrave; un satellite g&eacute;ostationnaire  &ndash; ou &agrave; un OVNI, ce qui revient au m&ecirc;me. On ne s'en s'&eacute;tonne plus autour du bassin communal, pensez donc, 35 degr&eacute;s &agrave; l'ombre. <br />Il y a ensuite le long b&acirc;timent &agrave; claire-voie, d&eacute;cati, nu, parpaings sans cr&eacute;pi, qui date &agrave; n'en point douter d'avant la construction du ch&acirc;teau. A l'une de ses extr&eacute;mit&eacute;s quelques cellules qui devaient permettre autrefois au baigneur de se changer &agrave; l'abri des regards, des sanitaires ensuite, &agrave; l'abandon. Puis le local dans lequel le baigneur, aujourd'hui encore, laisse ses v&ecirc;tements en d&eacute;p&ocirc;t &agrave; l'int&eacute;rieur d'une bo&icirc;te en plastique rouge qui fait penser &agrave; un t&eacute;l&eacute;si&egrave;ge alpin des ann&eacute;es 1960. A c&ocirc;t&eacute;, la loge du gardien principal, absent depuis le d&eacute;but de la saison. Plus loin un maigre local pour stocker du mat&eacute;riel de sauvetage qui invite &agrave; la plus grande prudence. Au-del&agrave; l'espace colonis&eacute; par les habitu&eacute;s, qui se prolonge jusqu'&agrave; la buvette de plomb import&eacute;e des plages de Normandie. On y r&eacute;chauffe des cr&ecirc;pes.<br />Mais il y a surtout le rassemblement des gens qui ne disposent d'aucune piscine priv&eacute;e, &ndash; de moins en moins chaque ann&eacute;e &ndash;, ils observent &agrave; fleur de peau le spectacle vrai et effrayant des corps, ceux des c&eacute;libataires et des gens de passage, des veuves, des enfants buissonniers et des amoureux. une galerie d'un autre temps au pied de la coll&eacute;giale, des corps presque nus se disputant, les pieds dans l'eau, l'enfer et le paradis. Pour deux euros seulement au croisement de la route de Rochecourbi&egrave;re et de l'avenue de Grillon.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Hydrologie</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-06-08T05:35:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/bbbe9d68fe3f52108a50e6987eea44d1-973.html#unique-entry-id-973</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/bbbe9d68fe3f52108a50e6987eea44d1-973.html#unique-entry-id-973</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine83.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Beaut&eacute; d&eacute;faite <br />charg&eacute;e de marchandises <br />offertes &agrave; la nuit <br />ligne d'horizon am&eacute;nag&eacute;e <br />avec autant d&rsquo;ordre que de d&eacute;rangements h&eacute;r&eacute;ditaires <br />on se h&acirc;ta de diligenter une enqu&ecirc;te <br /><br />les bergers du centre <br />&eacute;chaud&eacute;s <br />par la splendeur froide des montagnes <br />ne manqu&egrave;rent pas <br />de livrer aux ing&eacute;nieurs orgueilleux<br />l&rsquo;eau douce descendue des cimes <br /><br />elle entrait en gesticulant dans la ville<br />d&eacute;ambulait de place en place<br />laissant aux hommes le temps de se d&eacute;salt&eacute;rer<br />elle sortait en chantant<br />serpentait dans la campagne<br />jusqu'aux berges du lac<br /><br />des soldats surveillaient le r&eacute;seau<br />on entendait <br />des par ici<br />des par l&agrave; <br />qui r&eacute;pondaient aux par o&ugrave; des insulaires<br />exil&eacute;s sur la plate-forme terminale<br /><br />admirables raisons<br />admirables prisons<br />au sommet des rues larges <br />les chiens pissaient<br />au pied des oratoires<br />et des bastions<br /><br />dans les p&acirc;turages de l'aval<br />les fleurs fan&eacute;es maudissaient <br />l'aqueduc &agrave; trois chauss&eacute;es<br />le canal &agrave; double circulation <br />sur lequel nous &eacute;tions arriv&eacute;s<br />et sur lequel nous allions repartir<br /><br />sous le soleil <br />un moment encore<br />les yeux tourn&eacute;s vers la lagune<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXVI</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-06-09T05:35:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/cc37033ce19cb3350b134e21a6c7359b-972.html#unique-entry-id-972</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/cc37033ce19cb3350b134e21a6c7359b-972.html#unique-entry-id-972</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4 23-39-41" src="http://www.lesmarges.net/files/im semaine83.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Une communaut&eacute; de biens, &ccedil;a fonctionne toujours mieux lorsque le frigidaire est vide.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Construction de la ville</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2010-06-10T05:35:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/372f476909ea900c9a082632e218702e-971.html#unique-entry-id-971</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/372f476909ea900c9a082632e218702e-971.html#unique-entry-id-971</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 1 23-39-41" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine83.4.png" width="50" height="50"/> <br /><br />La demoiselle s'indignait l&rsquo;autre jour aupr&egrave;s d&rsquo;un monsieur bien mis qu&rsquo;une dame, enseignante de fran&ccedil;ais, f&icirc;t lire &agrave; ses &eacute;l&egrave;ves des textes traduits. Le tr&eacute;sor de la litt&eacute;rature fran&ccedil;aise lui paraissait "suffisamment in&eacute;puisable" et il faut, disait-elle &ndash; vieille rengaine &ndash;, &eacute;tudier ceux de chez nous avant de lire en traduction ceux que les autres immanquablement &acirc;nonnent. La demoiselle sous-entendait qu&rsquo;un texte traduit est par d&eacute;finition qualitativement inf&eacute;rieur &agrave; ce m&ecirc;me texte en langue originale. Outre que cette v&eacute;rit&eacute; n'a jamais &eacute;t&eacute; absolument &eacute;tablie, pr&eacute;cis&eacute;ment parce qu'il est &agrave; craindre qu'un tel examen conduise &agrave; l'&eacute;tablissement de la proposition inverse, le monsieur et la dame auraient eu beau jeu d&rsquo;en appeler &agrave; Jaccottet, Baudelaire, Proust &ndash; autre rengaine &ndash; et tous les autres tra&icirc;tres qui ne se sont jamais pos&eacute; de telles questions. Ni le coll&egrave;gue de la demoiselle ni la dame, absente vous l'aurez compris, n&rsquo;en appel&egrave;rent &agrave; qui ou quoi que ce soit et se turent. Quant &agrave; moi, voisin silencieux, j&rsquo;h&eacute;sitai &agrave; prendre la d&eacute;fense des textes traduits qui, somme tout, contiennent &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence infiniment plus de richesses que les textes dont ils sont la traduction, ne serait-ce que parce qu&rsquo;ils rec&egrave;lent d&rsquo;une mani&egrave;re ou d&rsquo;une autre, mais absolument, non seulement la totalit&eacute; des premiers mais bien d&rsquo;autres choses encore, et peut-&ecirc;tre l&rsquo;ensemble des livres. Finalement je me tus.<br /><br />C&rsquo;est lisant un texte de l&rsquo;<em>Anthologie des voyageurs fran&ccedil;ais et europ&eacute;ens de la Renaissance au XXe si&egrave;cle, Le Voyage en Suisse</em> (&eacute;dition &eacute;tablie par Claude Reichler et Roland Ruffieux) que cette conversation m&rsquo;est revenue &agrave; l'esprit. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un texte &eacute;crit en latin entre 1431 et 1439 par &AElig;neas Sylvius Piccolomini alors qu&rsquo;il s&eacute;journait &agrave; B&acirc;le au moment du concile. Le futur Pie II y d&eacute;crit la ville de B&acirc;le d&rsquo;avant la R&eacute;forme. Ce n&rsquo;est donc pas en latin que j'ai d&eacute;couvert ce texte &ndash; je m&rsquo;y entends mal &ndash; ni dans la traduction allemande qui circulait &agrave; la fin du XVIe si&egrave;cle &ndash; je m&rsquo;y entends mal encore &ndash; mais dans la traduction fran&ccedil;aise de Philippe-Sirice Bridel qui a dispos&eacute;, c'est s&ucirc;r, de la version allemande. Cette traduction du texte d&rsquo;&AElig;neas Sylvius Piccolomini figure dans l&rsquo;ouvrage intitul&eacute; la <em>Course de B&acirc;le &agrave; Bienne par les vall&eacute;es du Jura</em>, publi&eacute; &agrave; B&acirc;le en 1789 et que le Doyen Bridel con&ccedil;ut sous forme de lettres destin&eacute;es &agrave; un public suisse.<br /><br />La situation est admirable* et la polyphonie s'&eacute;paissit encore lorsqu&rsquo;on lit en avant-propos que <em>la grande diversit&eacute; des &eacute;tats de langue dont rel&egrave;vent les textes rassembl&eacute;s dans cette anthologie nous a conduits &agrave; rendre homog&egrave;nes l&rsquo;orthographe et la ponctuation selon l&rsquo;usage actuel. Nous n&rsquo;avons en revanche modifi&eacute; la syntaxe que tr&egrave;s rarement, lorsque la compr&eacute;hension l&rsquo;exigeait pour certains auteurs anciens.<br /><br /></em><img class="imageStyle" alt="hahah" src="http://www.lesmarges.net/files/hahah.png" width="17" height="16"/><em><br /></em><p style="text-align:center;"><img class="imageStyle" alt="images" src="http://www.lesmarges.net/files/fqfqfq.jpg" width="78" height="117"/><img class="imageStyle" alt="hahah" src="http://www.lesmarges.net/files/hahah-2.png" width="17" height="16"/> <img class="imageStyle" alt="images" src="http://www.lesmarges.net/files/qwfqweqq.jpeg" width="99" height="116"/> <img class="imageStyle" alt="hahah" src="http://www.lesmarges.net/files/hahah-3.png" width="17" height="16"/><img class="imageStyle" alt="images" src="http://www.lesmarges.net/files/fqewfwef.jpeg" width="81" height="116"/><br /><span style="font-size:9px; "><em>&AElig;neas Sylvius Piccolomini  |  Philippe-Sirice Bridel (Doyen Bridel)  |  Claude Reichler<br /></em></span><br /></p><p><img class="imageStyle" alt="hahah" src="http://www.lesmarges.net/files/hahah-3-2.png" width="17" height="16"/><br />Voici donc un extrait de ce texte &eacute;crit au XVe si&egrave;cle par &AElig;neas Sylvius Piccolomini, traduit par le Doyent Bridel au XXIIIe si&egrave;cle et pr&eacute;sent&eacute; par Claude Reichler &agrave; la fin du XXe : <br /><br /><em>La largeur du Rhin est de deux cent cinquante pas, &agrave; l&rsquo;endroit o&ugrave; le petit B&acirc;le est joint au grand par un pont de bois. Il arrive quelquefois, quand les grandes chaleurs de l&rsquo;&eacute;t&eacute; fondent les neiges des Alpes, et en versent les torrents dans le fleuve, qu&rsquo;il inonde les rues, renverse le pont et rompe toute communication entre les deux villes : nous ne dirons plus rien du Rhin, si ce n&rsquo;est qu&rsquo;il abonde en toute esp&eacute;ce de poissons, surtout en saumons, que les B&acirc;lois pr&eacute;f&egrave;rent &agrave; tout autre, &agrave; cause de leur d&eacute;licatesse exquise.<br /></em><br />Plus loin :<br /><br /><em>Tout r&eacute;cemment on a embelli la ville de plusieurs promenades, sem&eacute;es d&rsquo;arbres verdoyants et couvertes d&rsquo;un joli gazon: les branches des ch&ecirc;nes et des ormes, artistement &eacute;tendues et projet&eacute;es en dehors, produisent des ombrages &eacute;pais; rien n&rsquo;est plus agr&eacute;able pendant les grandes chaleurs, quoique l&rsquo;&eacute;t&eacute; n&rsquo;y soit pas long, que de se retirer sous ces frais bocages, pour se mettre &agrave; couvert des rayons du soleil.<br /><br /></em>C&rsquo;est exquis et on renonce &agrave; rendre la justice. On pense plut&ocirc;t au <em>Pierre M&eacute;nard auteur du Quichotte,</em> auquel on revient toujours. Tout a chang&eacute; et tout demeure, B&acirc;le est enfin sous nos yeux, non pas la ville de Peter, Jacques ou Giovanni, celle d'avant-hier, hier ou aujourd&rsquo;hui, mais une ville infiniment plus complexe et riche quand bien m&ecirc;me les saumons et les ormes ont disparu. C'est B&acirc;le, la belle inconnue, qui s'&eacute;veille aujourd'hui &agrave; la fin du jour, dans un texte aussi dense et ancien que la ville qu'il a fait na&icirc;tre en la nouant pas &agrave; pas au lieu d&rsquo;un commencement qui s&rsquo;ignorait et dans lequel elle &eacute;tait tout enti&egrave;re, comme une promesse qu&rsquo;on tient.<br /></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p><p><img class="imageStyle" alt="hahah" src="http://www.lesmarges.net/files/hahah-3-3.png" width="17" height="16"/><br />* Il faudrait poursuivre le d&eacute;chiffrement du feuilletage lorsqu&rsquo;on sait que le Doyen Bridel est issu d'un milieu protestant mais &eacute;prouve de vives sympathies &agrave; l'&eacute;gard du catholicisme, celui d'&AElig;neas Sylvius Piccolomini qui n'est pas en reste d&rsquo;ailleurs. Celui-ci a en effet commenc&eacute; une carri&egrave;re dans le domaine diplomatique et a particip&eacute; au concile de B&acirc;le en tant que secr&eacute;taire. Il sera de la dissidence et demeurera dans cette ville lorsque Eug&egrave;ne IV transf&eacute;rera le concile &agrave; Ferrare. Il soutiendra Am&eacute;d&eacute;e VIII de Savoie &eacute;lu pape en 1439 sous le nom de F&eacute;lix V, intronis&eacute; en 1440 dans la cath&eacute;drale de Lausanne et dont il devient le secr&eacute;taire, couronn&eacute; po&egrave;te en 1442 par l'empereur Fr&eacute;d&eacute;ric III pour son &oelig;uvre po&eacute;tique et romanesque, dont il devient le secr&eacute;taire. En 1445, au cours d'une mission, il choisit de se rallier au pape l&eacute;gitime de Rome, Eug&egrave;ne IV, et abjure devant lui ses erreurs. Il deviendra pape lui-m&ecirc;me en 1408 sous le nom de Pie II. Ce qui n&rsquo;est pas le cas du Doyen Bridel, n&eacute; en 1745 &agrave; Begnins. petit fils de Philippe, pasteur pendant  plus de 50 ans dans la vall&eacute;e de Joux, o&ugrave; il introduisit la culture de al pomme de terre.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 6 juin 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-06-07T05:35:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f8816bf77c3a2916fc72b76563909d7d-970.html#unique-entry-id-970</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f8816bf77c3a2916fc72b76563909d7d-970.html#unique-entry-id-970</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine83.png" width="50" height="50"/><br /><br />On s&rsquo;y trouve engag&eacute; &agrave; demi, sans qu&rsquo;on le veuille vraiment, couch&eacute; et immobile alors que le soleil s&rsquo;est lev&eacute; depuis longtemps, mais on renonce &agrave; prendre les devants. Dehors la rumeur prend de la consistance, avec par-dessus bient&ocirc;t du cristal, les moineaux, un rouge-queue, les rires des enfants qui pr&eacute;parent la table du d&eacute;jeuner, des &eacute;blouissements. Tiens, le vent a tourn&eacute;, pas de cloche ce matin, pas de chant non plus : le coq s&rsquo;est tu. Le renard qui l&rsquo;a croqu&eacute; la veille rodait depuis quelques jours dans le pr&eacute; fauch&eacute;, chassant le mulot mais visant du meilleur; il attendait que le bl&eacute; ait lev&eacute; assez haut pour vider le poulailler. C&rsquo;est fait, pas besoin ce soir d&rsquo;attendre la nuit avant d&rsquo;aller me coucher. <br />En retrait donc, retenu d&rsquo;aller droit devant au plein. Pris &agrave; parti pourtant trois fois, par les pleurs d&rsquo;un enfant, le claquement d&rsquo;un volet lib&eacute;r&eacute; de son arr&ecirc;t, et le souvenir ce soir d&rsquo;un vieil homme aper&ccedil;u la veille dans un caf&eacute; de Lausanne, d&eacute;gingand&eacute; mais d&rsquo;une belle &eacute;l&eacute;gance. J&rsquo;ai cru le reconna&icirc;te. La foule souffrait au soleil, il &eacute;tait &agrave; l&rsquo;ombre avec une vieille femme &agrave; laquelle il souriait. Il semblait venir de tr&egrave;s loin et &eacute;tait sur le point d&rsquo;y retourner. Comme s&rsquo;il &eacute;tait venu faire un saut parmi les hommes, rassasi&eacute; mais gourmand encore, lorsque le soleil br&ucirc;le et qu&rsquo;un courant d&rsquo;air traverse de la cour au jardin. Cet homme presque aveugle, rencontr&eacute; un jour dans une biblioth&egrave;que, n&rsquo;avait pas vieilli.<span style="font:13px Georgia, serif; color:#555555;"><br /></span>Et tandis que je suis encore loin de l&rsquo;autre bout de la journ&eacute;e, je songe au chemin qui me permettra de rejoindre au plus court ce qui est rest&eacute; en arri&egrave;re ce matin, l&rsquo;autre moiti&eacute;. J&rsquo;y songe avec un sentiment de pl&eacute;nitude, celle d&rsquo;avoir travers&eacute; sans peine un pays aras&eacute;, sur un tapis volant au-dessus d&rsquo;une belle journ&eacute;e &agrave; laquelle je n&rsquo;aurai pas touch&eacute;, une de ces journ&eacute;es qui en d&eacute;finitive ne comptent pas, d&rsquo;autant plus &eacute;tranges et merveilleuses qu&rsquo;il n&rsquo;en reste rien, d&rsquo;un seul tenant, sans relief, accroch&eacute;es &agrave; deux demi-r&ecirc;ves.<span style="font:13px Georgia, serif; color:#555555;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Saisons</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><category>Vases communicants</category><dc:date>2010-06-11T07:06:21+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c1aa77ac25d4c6360e45d64143aba06a-969.html#unique-entry-id-969</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c1aa77ac25d4c6360e45d64143aba06a-969.html#unique-entry-id-969</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine83.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Certains d&rsquo;entre eux &eacute;crivaient leur volont&eacute; dans le ciel au lance-flammes, ils br&ucirc;laient des pans entiers de la nuit pour &eacute;clairer la route des jours suivants. Mais rappelez-vous, ils crevaient, et les &eacute;clairs se joignaient au tonnerre. Ils voulaient, disaient-ils, infl&eacute;chir le cours des choses, les arracher des mains de ceux qui en avaient fait le fond d&rsquo;un vilain commerce; prendre les devants, &eacute;carter les injustices, &eacute;tablir l&rsquo;&eacute;galit&eacute;, partager les richesses, supprimer les privil&egrave;ges. Se reposer enfin avec un r&ecirc;ve, celui de revenir un jour au jardin de l'hypoth&eacute;tique origine. Et ils chantaient des refrains ent&ecirc;tants : un peu d&rsquo;humanit&eacute;, la sieste, quelques cacahu&egrave;tes, un coin d'ombre. Des bartasses, de l'eau aussi, et un peu de vide pour respirer. 
Ils se sont battus rageurs, pierres, arbal&egrave;tes, &eacute;p&eacute;es &agrave; simple ou double tranchant, fl&egrave;ches, boulets hurlants, pav&eacute;s dans le ciel, de la brusquerie parfois, et un peu de haine au fond des yeux. Les &eacute;clairs et les orages se m&ecirc;laient &agrave; leurs cris. Ils avaient l&rsquo;impression que &ccedil;a avan&ccedil;ait, et qu&rsquo;ils y parviendraient. Pas eux bien s&ucirc;r, mais leurs enfants ou leurs petits-enfants au moins. Ils alignaient chaque matin sur la table de la chambre les deux ou trois raisons pour lesquelles ils se levaient en sifflotant. Parfois le sang coulait et ils changeaient le monde, et le temps &eacute;tait de la partie.<br /><br />Les voici tout pr&egrave;s du couchant, toujours rien, manquant de tout. Adieu le si&egrave;cle des Lumi&egrave;res, rat&eacute; le rendez-vous pris &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de la raison avec l'&acirc;ge nouveau, amour et loisirs : le volcan crachote des confettis, r&eacute;volution des oeillets, r&eacute;volution de safran, de velours, r&eacute;volution des roses, l'orange, celle du c&egrave;dre, celle des tulipes.<br /><br />Ils n&rsquo;ont plus rien, plus m&ecirc;me d'habitudes, l'histoire s'est retourn&eacute;e sans qu'on le veuille et le temps s'est retir&eacute;. Pieds dans la glu d&rsquo;un dernier tour qui fait vis sans fin, bouleversement silencieux, profond, invisible. Et on cale, la volont&eacute; abolie, en panne de l'avant, condamn&eacute;s &agrave; nous retourner &ndash; lorsqu&rsquo;on y parvient &ndash; et &agrave; nous adosser au jour qui s&rsquo;en va. On aper&ccedil;oit alors au levant les &eacute;clairs qui se joignent au tonnerre, et on voit se lever les commencements dont il nous reste &agrave; d&eacute;crypter le chiffre. On se d&eacute;tourne de l'histoire &eacute;puis&eacute;e, du couchant qui l&rsquo;emm&egrave;ne dans son lit, et on va &agrave; reculons en faisant le dos rond, avec pour seule lumi&egrave;re celle de l&rsquo;aube qui &eacute;claire les pas qui nous ont amen&eacute;s l&agrave;, flux tendu qui ne m&egrave;ne nulle part. Dans notre dos le soleil se couche et les pav&eacute;s sont dans la mare, le pire est arriv&eacute;, l&rsquo;histoire n&rsquo;a pas tenu ses promesses, elle quitte le devant de la sc&egrave;ne. Il nous faudra d&eacute;sormais faire sans son vacarme et accueillir une version in&eacute;dite du temps.<br /><br />Publi&eacute; le<span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">4 juin 2010</span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span>dans le cadre du<span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#003CF1;"><u><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts">projet de vases communicants</a></u></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;">&nbsp;</span>chez Jeanne<span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> (</span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#621A94;"><u><a href="http://chezjeanne.free.fr/" rel="self">Chez Jeanne</a></u></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;">)</span><em><br /></em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 30 mai 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Autres lieux</category><category>Dimanches</category><category>Peuplement</category><dc:date>2010-05-31T09:28:41+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a99839241b69c215696ab4b896bd7423-968.html#unique-entry-id-968</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a99839241b69c215696ab4b896bd7423-968.html#unique-entry-id-968</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 9" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine82.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il est un peu plus de midi et je tra&icirc;ne depuis ce matin dans l&rsquo;un de ces culs du bout du monde dont on croit toujours que le destin va vous &eacute;pargner la visite et auxquels on touche pourtant deux ou trois fois dans sa vie par une succession de hasards. Il faut donc s&rsquo;estimer heureux, pour autant qu&rsquo;on ait l&rsquo;esprit libre et qu&rsquo;aucune passion ne vienne allumer le regret d&rsquo;avoir perdu son temps : ce n&rsquo;est pas tous les jours qu&rsquo;on a la chance d&rsquo;&ecirc;tre l&rsquo;h&ocirc;te des locataires d&rsquo;une impasse d&rsquo;apr&egrave;s la fin du monde. <br />Il a plu tout le matin et je n&rsquo;ai vu personne encore dehors. Terres autrefois gagn&eacute;es sur les bois noirs qui bordent la rivi&egrave;re, elles n&rsquo;ont vu pendant des si&egrave;cles qu&rsquo;un ou deux fermiers aux commandes de fermes cossues. D&rsquo;autres d&eacute;fricheurs sont venus depuis, ont &eacute;pil&eacute; la vall&eacute;e, bosquets, haies y ont pass&eacute;. Ils ont d&eacute;roul&eacute; le bitume et construit des villas par dizaines que les nouveaux riches des petites villes voisines ont dessin&eacute; &agrave; l&rsquo;image de leurs constructions enfantines : laides et originales, murs &eacute;pais et cr&eacute;pis taloch&eacute;s, projet&eacute;s, &eacute;cras&eacute;s, gratt&eacute;s, gros grains, pierres apparentes. Bleu, rose et vert p&acirc;le, toutes &agrave; bonne distance les unes des autres. On a sombr&eacute; dans la laideur, impossible que la vall&eacute;e s&rsquo;en remette. Tout est d&eacute;j&agrave; en ruines, ils pourriront l&agrave;.<br />Deux grosses dames mangent une assiette de crudit&eacute;s. Elles sont du coin. Assises face &agrave; face, elles concassent comme des noix leurs amies d&rsquo;hier &agrave; la table ronde de l&rsquo;auberge du village, dans un dialecte qui d&eacute;sarticule leurs m&acirc;choires. Leur front d&eacute;gouline, je ne comprends rien. La m&eacute;chancet&eacute; fait briller les verres de leurs lunettes aux montures noires et droites. elles ont &eacute;cart&eacute; le quartier de melon qui a la couleur du saumon, trop mou &agrave; leur go&ucirc;t, rien &agrave; ronger. D&rsquo;ailleurs on ne voit pas leurs petites dents ac&eacute;r&eacute;es sous la menace desquelles les deux sorci&egrave;res ouvrent la bouche pour faire gronder des sons gutturaux et des voyelles grima&ccedil;antes. Elles serrent dans leurs mains dodues un verre de bi&egrave;re. Elles en veulent beaucoup &agrave; leurs amies, mais la plus grosse plus que l&rsquo;autre.<br />Elles &eacute;taient l&agrave; quand je suis entr&eacute;, je ne les verrai pas sortir, il vaut mieux. Dedans et dehors le spectacle est terrible. Et je ne vois pas d&rsquo;issue<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span> <br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>In fine</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2010-06-03T09:27:41+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/473195040ce1b844d2317dd87a8db2cc-967.html#unique-entry-id-967</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/473195040ce1b844d2317dd87a8db2cc-967.html#unique-entry-id-967</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 8" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine82.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Que nous acquerrions quelques connaissances, quelques outils ou bienfaits, bref des b&eacute;n&eacute;fices, au d&eacute;tour des actions qui nous ont permis de faire ce que nous devions faire en vertu des imp&eacute;ratifs de la conscience, tant mieux. Que tout nous glisse entre les doigts, sable, eau et dollars, qu'importe en d&eacute;finitive. Que nous perdions de vue l'horizon qui veille sur le pass&eacute; et le seuil de la maison qui nous a vu na&icirc;tre, et le monde qui se trouve &agrave; &eacute;gale distance de l'un et de l'autre, ce serait se placer sur une voie sans issue. Mais que nous n'atteignions pas &agrave; la fin l'&eacute;quanimit&eacute; d&eacute;sir&eacute;e en d&eacute;pit de nos efforts constants et obstin&eacute;s, c'est ce qui peut nous arriver de pire.<span style="font:13px Georgia, serif; color:#555555;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Anniversaire</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-06-02T09:27:27+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b6a69e10ccb9f9e538a6cde57ca009ae-966.html#unique-entry-id-966</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b6a69e10ccb9f9e538a6cde57ca009ae-966.html#unique-entry-id-966</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine82.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il faut qu'aujourd&rsquo;hui encore je m'y colle puisqu&rsquo;il ne s&rsquo;est trouv&eacute; dans le zinc du 807 aucune &acirc;me assez g&eacute;n&eacute;reuse pour me r&eacute;diger une triplette assez ronflante le jour de mon anniversaire.<br /><br />On aurait pris conscience &agrave; cette occasion de ce qui distingue les essais disgracieux de 807 nains du geste tranchant d&rsquo;un g&eacute;ant.<br /><br />Quoi qu&rsquo;il en soit, avoir dispos&eacute; sans bourse d&eacute;lier de 807 n&egrave;gres, dociles et besogneux, qui auront oeuvr&eacute; 807 jours durant &agrave; l'&eacute;tablissement d&eacute;finitif de votre renomm&eacute;e, n'est-ce pas l&agrave; le signe avant-coureur du g&eacute;nie&nbsp;? Faut-il les en remercier&nbsp;? 807 fois&nbsp;?<span style="font:13px Georgia, serif; color:#555555;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">18 juin 2009</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Entrer dans le jour &#x7c; Jeanne</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Vases communicants</category><dc:date>2010-06-04T09:27:20+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ed9b66ade90ca01a1b0f4f69b28f2d41-965.html#unique-entry-id-965</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ed9b66ade90ca01a1b0f4f69b28f2d41-965.html#unique-entry-id-965</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="DSCN1960" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1960.jpg" width="27" height="100"/><img class="imageStyle" alt="IMG_3570" src="http://www.lesmarges.net/files/img_3570.jpg" width="100" height="100"/><img class="imageStyle" alt="DSCN1960" src="http://www.lesmarges.net/files/dscn1960-2.jpg" width="27" height="100"/><br /><br /><span style="font-size:11px; ">je n'y arrivais pas<br /></span><span style="font-size:11px; ">je me refusais d'entrer dans ce jour<br />je voulais attendre (si je l'atteignais) la nuit<br />les couleurs se seraient att&eacute;nu&eacute;es<br />la lumi&egrave;re tamis&eacute;e<br />j'y verrais sans doute plus clair<br />mais l&agrave;, non, je ne pouvais pas &ecirc;tre de ce jour<br />rien&nbsp;pour changer d'avis<br />rien autour<br /></span><span style="font-size:11px; "><br /></span><span style="font-size:11px; ">et la nuit s'est gliss&eacute;e l&agrave;<br />heureuse rencontre<br />et la nuit s'est pos&eacute;e l&agrave;<br />dans ces marges<br /></span><span style="font-size:11px; "><br /></span><span style="font-size:11px; ">et tout est revenu<br />comme si je m'observais d'ailleurs<br />&agrave; me souvenir des heures pass&eacute;es en douces compagnies<br />&agrave; entendre (et pouvoir entendre) de nouveau ces rires<br />alors<br />j'ai ferm&eacute; les yeux<br /></span><span style="font-size:11px; "><br /></span><span style="font-size:11px; ">et j'ai vu ces grands&nbsp;champs fleuris de jonquilles que j'aurais pu ne jamais connaitre<br />me suis retrouv&eacute;e sur quelques chemins r&ecirc;v&eacute;s menant aux clairi&egrave;res isol&eacute;es<br />de ma besace ouverte&nbsp;o&ugrave; m'attendaient patiemment quelques livres<br />j'en ai sorti le plus us&eacute;, le plus &eacute;corn&eacute; - celui qui me laisse &eacute;crire dans ses marges<br />celui qui me laisse l&agrave;, dans son espace litt&eacute;raire<br />je me suis assise l&agrave;, &agrave; l'ombre d'un saule pleureur (pour sa fra&icirc;cheur et son chant dans le vent)<br />quelque crayon &agrave; la main, pr&eacute;cieusement, j'entrais en lecture<br /></span><span style="font-size:11px; "><br /></span><span style="font-size:11px; ">ce soir, cette nuit<br />je sais<br />je le sais<br />je ne peux &eacute;videmment qu'&ecirc;tre l&agrave;<br />dans ces champs de mots pour &eacute;viter qu'ils ne br&ucirc;lent, &eacute;viter qu'ils ne me br&ucirc;lent<br />je pr&eacute;f&egrave;re les laisser glisser (pas en torrent)<br />les laisser &ecirc;tre de ces ruisseaux qui s'&eacute;coulent lentement<br />qui, certains de leur place, passent paisiblement pr&egrave;s des saules pleureurs<br /></span><span style="font-size:11px; "><br /></span><span style="font-size:11px; ">ces espaces, si vastes.. si conqu&eacute;rants..<br />je suis conquise - toute enti&egrave;re &agrave; leurs causes<br />je ne veux, ne peux &ecirc;tre qu'en eux<br /></span><span style="font-size:11px; "><br /></span><span style="font-size:11px; ">entre ces lignes..<br />et.. tout autant.. <br />dans leurs marges..</span><span style="font-size:11px; "><em><br /></em></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jeanne<br /></span></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/blandeblanc-2.png" width="14" height="27"/><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="Image 11" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine82.2-2.png" width="50" height="50"/><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><em><br /></em><span style="font:11px Verdana-Italic; "><em>&eacute;crit par Jeanne qui m&rsquo;accueille </em></span><span style="font:11px Verdana-Italic; "><em><a href="http://chezjeanne.free.fr/" rel="self">chez elle</a></em></span><span style="font:11px Verdana-Italic; "><em> dans le cadre du </em></span><span style="font:11px Verdana-Italic; "><em><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts" rel="self">projet de vases</a></em></span><span style="font:11px Verdana-Italic; "><em><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts" rel="self"> communicants</a></em></span><span style="font:11px Verdana-Italic; "><em>&nbsp;: le premier vendredi du mois, chacun &eacute;crit sur le blog d&rsquo;un autre, &agrave; charge &agrave; chacun de pr&eacute;parer les mariages, les &eacute;changes, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement&hellip; Ne pas &eacute;crire pour, mais &eacute;crire chez l&rsquo;autre.<br /></em></span><span style="font:11px Verdana, serif; "><br /></span><span style="font:11px Verdana-Italic; color:#111111;"><em>Et d&rsquo;autres </em></span><span style="font:11px Verdana-Italic; color:#333333;"><em><a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=104893605886&ref=ts">vases communicants ce mois</a></em></span><span style="font:11px Verdana-Italic; color:#111111;"><em> :<br /><br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://tentatives.eklablog.fr/" rel="self">Christine Jeanney</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://jeanyvesfick.wordpress.com/" rel="self">Jean-Yves Fick</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-2.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://www.tierslivre.net/" rel="self">Tiers livre</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://pifarely.net/wordpress" rel="self">Dominique Pifarely</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-3.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://www.joachimsene.fr/txt/" rel="self">Joachim S&eacute;n&eacute;</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/" rel="self">Urbain, trop urbain</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-4.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://cheminsbattus.spaces.live.com/" rel="self">Morgan Riet</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://l-oeil-bande.blogspot.com/" rel="self">Muri&egrave;le Laborde Mod&eacute;ly</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-5.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://france.burghellerey.over-blog.com/" rel="self">France Burghelle Rey</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://dheudre.over-blog.com/" rel="self">Denis Heudr&eacute;</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-6.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://pantarei.hautetfort.com/" rel="self">Florence No&euml;l</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://futilesetgraves.blogspot.com/" rel="self">Anthony Poiraudeau</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-7.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://feenmarges.blogspot.com/" rel="self">Anne-Charlotte Ch&eacute;ron</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com/" rel="self">Christophe Sanchez</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-8.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://semenoir.typepad.fr/semenoir/" rel="self">Maryse Hache</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://www.liminaire.fr/" rel="self">Pierre M&eacute;nard</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-9.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://www.samecigarettes.wordpress.com/" rel="self">Louis Imbert</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://www.arnaudmaisetti.net/spip" rel="self">Arnaud Ma&iuml;setti</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-11.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://www.&agrave;chatperch&eacute;.net/" rel="self">Michel Brosseau</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://brigetoun.blogspot.com/" rel="self">Brigitte C&eacute;l&eacute;rier</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-10.gif" width="8" height="11"/><span style="font:11px Verdana, serif; "> </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href=" http://chezjeanne.free.fr/" rel="self">Jeanne</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"> et </span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"><a href="http://www.lesmarges.net/" rel="self">Jean Prod'hom</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; color:#656699;"> </span><span style="font:11px Georgia, serif; color:#66666A;"><br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font:10px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Fond de l&#x27;&#xee;le</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-06-01T09:27:12+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/76300f2153c2e2fd8485a77b891cccf1-964.html#unique-entry-id-964</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/76300f2153c2e2fd8485a77b891cccf1-964.html#unique-entry-id-964</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 10" src="http://www.lesmarges.net/files/semaine82.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Personne n&rsquo;&eacute;tait arriv&eacute; indemne<br />dans les bas-quartiers de l&rsquo;&icirc;le <br />poches vides autrefois<br />occup&eacute;es d&egrave;s les premiers jours <br />par des exil&eacute;s<br />au statut ind&eacute;termin&eacute;<br />des choix arbitraires<br />qu&rsquo;on d&eacute;plore <br />aujourd&rsquo;hui encore<br />mais qu&rsquo;on admet faute de mieux<br />n&rsquo;en parlons plus<br />nous n&rsquo;y &eacute;tions pas<br /><br />banlieues sur pilotis <br />r&eacute;duites mais plac&eacute;es en nombre<br />au-dessus des eaux dormantes du mar&eacute;cage<br />satellites de bambous<br />bien entendu<br />on y tournait en rond<br />le gouverneur les appelait <br />d&eacute;pendances autonomes du centre<br />on ne craignait pas les paralogismes<br />des r&eacute;gions prosp&egrave;res<br />aux dires de certains<br />des r&eacute;gions aux mains vides<br />d&eacute;soeuvrement en boucle<br />on gobait les oeufs <br />des oies sauvages<br />on enrubannait <br />les arbustes rabougris <br />de la dune<br /><br />on faisait s&eacute;cher au vent<br />les linges de lin<br />dans des bouquets de gen&eacute;vriers<br />des r&ecirc;ves<br />sous les ruines en construction <br />de pierres s&egrave;ches<br />des id&eacute;es perdues<br />ce n&rsquo;est pas ainsi qu&rsquo;on ferait face <br />&agrave; l&rsquo;envahisseur <br />derri&egrave;re le chant rauque<br />des oiseaux camoufl&eacute;s<br />patientaient de nouveaux arrivants<br /><br />aucun t&eacute;moin<br />on voyait l&agrave; pour la derni&egrave;re fois<br />des choses jamais vues<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /> </p>]]></content:encoded></item><item><title>Andr&#xe9; Dh&#xf4;tel : La Vie d&#x27;Arthur Rimbaud</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><dc:date>2010-05-27T10:37:06+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/789e323d06a2f219f241765c339d770e-963.html#unique-entry-id-963</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/789e323d06a2f219f241765c339d770e-963.html#unique-entry-id-963</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/chemindetravers.png" width="50" height="50"/><br /><br />On y va d'un bon pas et on en revient d&eacute;pays&eacute;, l&eacute;ger, raccommod&eacute;, &agrave; mille milles des sommes habiles, intelligentes, brillantes parfois, compl&egrave;tes naturellement, mais trop lourdes pour ne pas tomber des mains. C&rsquo;est un livre &eacute;crit gros pour les derniers de classe, incapables de lire des livres qui ne ram&egrave;nent pas le plus &eacute;trange sous la plante de leurs pieds. C&rsquo;est un livre d&rsquo;Andr&eacute; Dh&ocirc;tel qui a d&eacute;roul&eacute; une premi&egrave;re fois <em>La Vie d'Arthur Rimbaud</em> en 1964. Les <em>&Eacute;ditions de l&rsquo;&OElig;uvre</em> r&eacute;&eacute;ditent aujourd&rsquo;hui ce texte qui s&rsquo;effeuille comme une marguerite et qui fait voir feuillet apr&egrave;s feuillet le destin d&rsquo;un &eacute;gar&eacute; g&eacute;n&eacute;reux, dans les Ardennes d&rsquo;abord, n&rsquo;importe o&ugrave; ensuite. Il fait voir ce destin deux fois, c&rsquo;est-&agrave;-dire enfin, deux fois Charleville, deux fois Vouziers, deux fois Attigny, deux fois la Meuse, deux fois Roche o&ugrave;, lorsqu&rsquo;Arthur Rimbaud y rejoint les siens pour trouver un refuge, une &icirc;le, un trou pour &eacute;crire enfin un vrai livre, Andr&eacute; Dh&ocirc;tel le talonne et raconte.<br /><br /><em>Rimbaud avait d&ucirc; faire une demi-douzaine de kilom&egrave;tres &agrave; pied depuis Amagne, par la route qui longe la vall&eacute;e &agrave; travers Attigny. Entre Attigny et Roche la route entre les cultures &eacute;tait absolument vide, sans un buisson, avec un arbre de loin en loin, et elle redescendait vers un bas-fond, o&ugrave; se cachait le hameau. De loin on apercevait seulement le pigeonnier de la ferme des Cuif. Toutes les autres habitations &eacute;taient cach&eacute;es dans le verger. Un lieu sans vie apparente. Rimbaud alla frapper avec h&eacute;sitation &agrave; la premi&egrave;re porte. Il trouva sa m&egrave;re avec Fr&eacute;d&eacute;ric et ses deux soeurs (Vitalie avait quatorze ans, Isabelle douze).<br />La maison qui restait vide pendant l'hiver &eacute;tait encore impr&eacute;gn&eacute;e d'humidit&eacute;. L'herbe envahissait la cour int&eacute;rieure. Apr&egrave;s Londres et ses banlieues peupl&eacute;es et nettes, riches en beaux arbres, c'&eacute;tait le pays perdu, d&eacute;pourvu de tout caract&egrave;re. Un ruisselet au bout du hameau, apr&egrave;s une prairie mar&eacute;cageuse. Rien que des terres fertiles mais d&eacute;sertes &agrave; perte de vue sur le plateau</em>.<br /><br />Et c&rsquo;est au bout de ce chemin qui descend au hameau de Roche &ndash; o&ugrave; l&rsquo;attend une m&egrave;re dont enfin quelqu&rsquo;un nuance l&rsquo;allure et le r&ocirc;le &ndash;, dans la cour pav&eacute;e des Cuif, vide, sans vie apparente, que le vieux sage rel&egrave;ve quelques lignes d&rsquo;un feuillet &agrave; l&rsquo;allure &eacute;vang&eacute;lique au verso duquel le jeune fou commen&ccedil;a d&rsquo;&eacute;crire un brouillon de <em>Mauvais sang</em>.<br /><br /><em>J&eacute;sus dit : "Allez, votre fils se porte bien." L'officier s'en alla, comme on porte quelque pharmacie l&eacute;g&egrave;re, et J&eacute;sus continua par les rues moins fr&eacute;quent&eacute;es. Des liserons, des bourraches montraient leur lueur magique entre les pav&eacute;s. Enfin il vit au loin la prairie poussi&eacute;reuse, et les boutons d'or et les marguerites demandant gr&acirc;ce au jour.<br /></em><br />Dh&ocirc;tel je l&rsquo;aime bien &ndash; les deux autres aussi &ndash;, j&rsquo;aime le maigre feu sur lequel il souffle, sa bienveillance, sa patience qui l&rsquo;a conduit &agrave; faire bande &agrave; part, les fleurs ses alli&eacute;es, loin des exc&egrave;s, au voisinage de la d&eacute;sob&eacute;issance. En voil&agrave; un qui est all&eacute; de son c&ocirc;t&eacute; sans demander son reste, comme l&rsquo;autre qu&rsquo;il a accompagn&eacute;, en donnant &agrave; tort et &agrave; travers. Chacun de son c&ocirc;t&eacute;, &agrave; la ville et &agrave; la campagne, place vide et place pleine, les pieds dans la peine, la gorge entre les pav&eacute;s, &agrave; l&rsquo;image des liserons et des bourraches, et une soif inextinguible en les d&eacute;serts, en les chemins qui descendent comme des cath&eacute;drales, en ces cours vides, ces cours qu&rsquo;on conna&icirc;t bien, et qui nous obligent &agrave; chercher &agrave; la fois la libert&eacute; et le salut.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><br /></p><p style="text-align:left;"><span style="font-size:11px; "><em>Andr&eacute; Dh&ocirc;tel, La Vie de Rimbaud, &Eacute;ditions de l&rsquo;&OElig;uvre, Paris, f&eacute;vrier 2010<br />Arthur Rimbaud, &laquo;&nbsp;Proses &eacute;vang&eacute;liques&nbsp;&raquo; in Oeuvres compl&egrave;tes, Biblioth&egrave;que de la Pl&eacute;iade, Gallimard, 1979</em></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXV</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-05-26T10:37:06+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/969502f998911a0a2f33b85ddca5e5dc-961.html#unique-entry-id-961</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/969502f998911a0a2f33b85ddca5e5dc-961.html#unique-entry-id-961</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/poulelapins.png" width="50" height="50"/><br /><br />L&rsquo;intelligence qui a pr&eacute;sid&eacute; &agrave; la cr&eacute;ation de l&rsquo;homme est admirable jusque dans ses moindres d&eacute;tails. Tenez, pensez par exemple &agrave; l&rsquo;&eacute;cartement des narines, &agrave; celui des yeux, &agrave; la distance entre l&rsquo;oreille et la bouche! <br />Mais pourquoi diable, se demande Jean-R&eacute;my, Dieu a-t-il fait patienter l&rsquo;homme si longtemps, avant de mettre &agrave; sa disposition le pince-nez, les lunettes et le t&eacute;l&eacute;phone? N&rsquo;&eacute;tait-ce pas couru d&rsquo;avance?<br />Cette question nuit &agrave; la vie paisible de notre philosophe et le torture. C&rsquo;est elle qui le retient d&rsquo;adh&eacute;rer sur le champ &agrave; l&rsquo;un des mouvements cr&eacute;ationnistes qui s&eacute;vissent aujourd&rsquo;hui dans notre r&eacute;gion. Jean-R&eacute;my est certain d&rsquo;ailleurs que, si c&rsquo;&eacute;tait &agrave; refaire, Dieu aurait lanc&eacute; dans la bataille un homme muni d&egrave;s le commencement de tous les attributs que l&rsquo;histoire lui a d&eacute;livr&eacute;s au compte-goutte. Un homme avec pince-nez, lunettes et t&eacute;l&eacute;phone &agrave; la naissance, &ccedil;a n&rsquo;aurait-il pas fi&egrave;re allure? <br />Et pour notre bonheur &agrave; nous, des histoires, Jean-R&eacute;my en aurait fait moins.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Apr&#xe8;s le solstice</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-05-25T11:37:05+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/4c28be64e43345516237c245c7abd89d-960.html#unique-entry-id-960</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/4c28be64e43345516237c245c7abd89d-960.html#unique-entry-id-960</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/apreslesolstice.png" width="50" height="50"/><br /><br />Lorsqu&rsquo;on eut termin&eacute;<br />les grands am&eacute;nagements<br />on attribua <br />&agrave; chacune des saisons<br />ce qui restait<br />le partage de la double &eacute;quinoxe<br />l&rsquo;&eacute;closion des quartiers de la lune<br />les &eacute;ph&eacute;m&egrave;res<br />les jours surnum&eacute;raires<br /><br />on rempla&ccedil;a encore<br />le ruban <br />rouge sang<br />qui s&eacute;parait le jour et la nuit<br />par une bande de dentelle<br />aux multiples valeurs de gris<br />que les passementiers<br />ex&eacute;cut&egrave;rent l&rsquo;hiver qui suivit<br /><br />on r&eacute;pondit <br />aux derni&egrave;res questions<br />quand c&eacute;l&eacute;brer <br />les h&eacute;ros de l&rsquo;&icirc;le<br />o&ugrave; dresser la statue du h&eacute;ron<br />quand faire pivoter l&rsquo;an<br /><br />&agrave; l&rsquo;&eacute;vidence<br />l&rsquo;administration d&rsquo;un tel r&eacute;seau <br />de difficult&eacute;s superpos&eacute;es<br />&agrave; la multiplicit&eacute; des noeuds<br />que leurs pr&eacute;d&eacute;cesseurs<br />n&rsquo;avaient pas tranch&eacute;s<br />donna une valeur <br />toute particuli&egrave;re<br />centrale et militaire<br />au volontariat<br /><br />on boucla enfin les comptes<br />aucun recensement <br />cette ann&eacute;e-l&agrave;<br />une estimation seulement<br />cent vingt foyers<br />autour du grand palais<br />pas m&ecirc;me une maison des jeunes<br />aucun autre atout <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 23 mai 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Lire Ecrire</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-05-24T11:37:05+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b3424ab652f0157cde10362eebee4abe-959.html#unique-entry-id-959</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b3424ab652f0157cde10362eebee4abe-959.html#unique-entry-id-959</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/radiateurdecharge.png" width="50" height="50"/><br /><br />Le frelon s&rsquo;agite en tous sens, mais il suffit de lever une paupi&egrave;re pour se rendre compte qu&rsquo;il ne r&eacute;fl&eacute;chit pas beaucoup. Visiblement il attend un coup de main, on ouvre tout grand la fen&ecirc;tre, trop difficile encore, il faudra patienter une bonne demi-heure avant qu&rsquo;il ne trouve enfin la sortie, il vrombit alors une derni&egrave;re fois et dispara&icirc;t en creusant un boyau ouat&eacute; dans lequel les p&eacute;piements des moineaux profitent de s&rsquo;engouffrer, en sens inverse, jusqu&rsquo;&agrave; nous. A l&rsquo;arri&egrave;re se d&eacute;tachent, lointains, d&eacute;teints, les neufs coups du battant de la cloche de l&rsquo;&eacute;glise qui teinte dans le d&eacute;sert. Et puis, venu de plus loin encore, le silence qui rejoint le soleil sous le toit, il adoucit et rafra&icirc;chit le drap dans lequel on se vautre comme des rois.<br /><br />Elle l&rsquo;observait s&ucirc;rement depuis un moment; il y a dans les yeux de quelqu&rsquo;un qui a eu le temps de vous examiner toute une image de vous, retir&eacute;e, hors de port&eacute;e, et pourtant bien pr&eacute;sente.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font-size:11px; "><em>Henri Thomas, John Perkins, Gallimard, 1960</em></span><br /></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/pointblanc-3.png" width="10" height="11"/><br />Derri&egrave;re la maison la bise fait onduler la prairie, lourde et grasse, nourrie au grain. Les ann&eacute;es du marais de la Montagne du Ch&acirc;teau sont compt&eacute;es, la terre a gagn&eacute; la partie. Demeure pourtant tout &agrave; l&rsquo;est une large &eacute;tendue d&rsquo;eau secr&egrave;te o&ugrave; vivent et dorment trois colverts. Les petites habitudes auraient-elles laiss&eacute; la place &agrave; l&rsquo;habitude tout court? <br /></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>La menace</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2010-05-21T11:22:12+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/800eebd2e8300aee767ccddf94c4bead-958.html#unique-entry-id-958</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/800eebd2e8300aee767ccddf94c4bead-958.html#unique-entry-id-958</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/sem80.5.png" width="50" height="50"/><br /><br />Rester en rade alors que le monde appareille, sans que rien pourtant ne s&rsquo;&eacute;loigne vraiment &ndash; sinon le souvenir d&rsquo;images qui s&rsquo;entassent en arri&egrave;re de la t&ecirc;te &ndash; , sans que l&rsquo;on recule non plus. Ne rien avoir &agrave; dire &agrave; ce propos, ou un mot, &agrave; peine un mot qui resterait au travers de la gorge, et qui dirait tout, d&rsquo;un coup. Mais ne le dire que plus tard, peut-&ecirc;tre, lorsque la menace se sera &eacute;loign&eacute;e ou qu'elle aura trouv&eacute; en nous la place qui lui revient, avec ce mot qu&rsquo;on cherche et qu&rsquo;on ne trouve pas, parce que ce mot est un mot de notre langue. On est l&agrave;, et on ne sait pas par quel bout commencer, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y en a pas de bout, que tout est demeur&eacute; en l&rsquo;&eacute;tat. Tout &ccedil;a bien s&ucirc;r devait arriver, on le sait, et on se retrouve enfin dans l&rsquo;impossibilit&eacute; de diff&eacute;rer plus avant cette menace, grosse d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; &eacute;cart&eacute;e. Et de la diff&eacute;rer encore un peu pour qu&rsquo;elle puisse continuer sa t&acirc;che, nous accompagner lorsqu&rsquo;on s&rsquo;attellera &agrave; la n&ocirc;tre, qu&rsquo;on sait au-dessus de nos forces, tout reprendre, comme un livre dont aurait commenc&eacute; la lecture il y a des ann&eacute;es, et qu&rsquo;on reprendrait en raison d&rsquo;une ou deux phrases sur lesquelles on aurait but&eacute; et qui nous aurait oblig&eacute;s &agrave; aller de ce pas.<br /><br />Ce qui semble nous maintenir &agrave; l&rsquo;&eacute;cart, mais qui nous accueille aujourd&rsquo;hui encore quand bien m&ecirc;me on se trouve dans l&rsquo;impossibilit&eacute; d&rsquo;y entrer, sur le seuil de quoi on se dresse comme un pantin, un &eacute;tranger, un malotru, n&rsquo;a pas chang&eacute;, c&rsquo;est bien le monde dont on vient et dans lequel on a cru pouvoir demeurer, un monde reconnaissable &agrave; la tra&icirc;ne qu&rsquo;il laisse, &agrave; quelques souvenirs qui courent devant, &agrave; la m&eacute;lodie qui s&rsquo;est tue et qui accompagnait notre r&eacute;veil. M&eacute;connaissable pourtant, non pas qu&rsquo;il soit d&eacute;figur&eacute;, ou en lambeaux, mais &agrave; cause des couleurs pass&eacute;es, qui maintiennent &agrave; distance les noms dont l&rsquo;affublaient les r&eacute;cits qu&rsquo;on se racontait pour lui assurer par des couleurs vives sa consistance. Les choses ont repris ce qui leur revenait, inqui&egrave;tes. Le doigt sur les l&egrave;vres, elles demandent un peu de silence. D&eacute;sormais restent dans ma gorge des mots orphelins, durs, sourds, d&eacute;coll&eacute;s de ce qui les animait et de ce qu&rsquo;ils faisaient vivre, pierres dans un tonneau, squelette dans un habit trop large. Les mots ce matin font bande &agrave; part.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXIV</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-05-20T11:22:12+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/4edfa07ad6a7821509935c64b6debfae-957.html#unique-entry-id-957</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/4edfa07ad6a7821509935c64b6debfae-957.html#unique-entry-id-957</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/sem80.4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Depuis qu&rsquo;il est &agrave; la retraite Jean-R&eacute;my tue le temps. Il a fait installer une cam&eacute;ra sur la fa&ccedil;ade nord de sa maison pour surveiller les all&eacute;es et venues des h&ocirc;tes d&rsquo;un monde qu&rsquo;il a toujours voulu &agrave; sa main.<br />Chaque matin il sort discr&egrave;tement de chez lui, se rend &agrave; la boulangerie acheter un morceau de pain. Au retour il passe devant chez lui en jetant un regard furtif en direction de la maison vide, admiratif, &eacute;mu. Il passe une seconde fois, puis une troisi&egrave;me avant de rentrer incognito par la porte de derri&egrave;re.<br />Et le soir, lorsqu&rsquo;il visionne les images du jour, Jean-R&eacute;my se r&eacute;jouit de l&rsquo;efficacit&eacute; de son dispositif. Il se ronge pourtant les ongles chaque soir davantage lorsqu&rsquo;il voit passer un homme au regard envieux et vitreux, une fois, deux fois, trois fois, un homme qu&rsquo;il reconna&icirc;t &agrave; peine, un homme louche qui lui para&icirc;t de soir en soir toujours plus suspect. <br />Depuis ce matin Jean-R&eacute;my est arm&eacute;.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>A Bertrand Russell</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-05-19T11:22:11+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/83d345e2a81e1e52b1f4148959f70d29-956.html#unique-entry-id-956</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/83d345e2a81e1e52b1f4148959f70d29-956.html#unique-entry-id-956</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/sem80.3.png" width="50" height="50"/><br /><br />&laquo;&nbsp;Les 807&nbsp;&raquo; est le brin que tu as choisi pour r&eacute;unir les 807 brins de ton entreprise. C'est dire qu'elle va &eacute;chouer. Fais tes comptes Garot. Tu ne t'es pas arr&ecirc;t&eacute; &agrave; temps, tu as p&eacute;ch&eacute; par arrogance, tu ne connais pas le monde, tu auras beau reprendre le d&eacute;compte. Mais o&ugrave; en &eacute;tais-tu Nemrod&nbsp;? Impossible de te le rappeler. Tu vas donc repartir du premier. Parvenu &agrave; 808, d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;, tu t'arr&ecirc;teras. La pelouse est vaste encore&nbsp;: 809, 810, 811...<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">14 novembre 2009</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Exogamie</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-05-18T11:22:11+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/64720ba93f89335d5c09df7caec8f846-955.html#unique-entry-id-955</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/64720ba93f89335d5c09df7caec8f846-955.html#unique-entry-id-955</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/sem80.2.png" width="50" height="50"/><br /><br />On pr&eacute;cipitait <br />dans les gouffres<br />du sud de l'&icirc;le<br />la femme turbulente<br />la soeur pleine de d&eacute;dain<br />comprenez<br />on supportait mal<br />la promiscuit&eacute;<br /><br />on pr&eacute;cipitait <br />les m&egrave;res afflig&eacute;es<br />qui faisaient tousser<br />le commerce prosp&egrave;re<br />de la guerre<br /><br />on pr&eacute;cipitait<br />les hommes m&ucirc;rs<br />ceux des groupes alli&eacute;s<br />lorsqu'ils refusaient<br />pour le prix d&rsquo;une fl&egrave;che<br />de c&eacute;der <br />l&rsquo;une ou l&rsquo;autre de leurs soeurs<br /><br />dans la vall&eacute;e des alliances<br />malgr&eacute; des vagues d&rsquo;aigreur<br />on avait sacrifi&eacute; <br />mis en pi&egrave;ces<br />l'unique communaut&eacute;<br /><br />on tient pour certain <br />ce sujet obscur<br /><br />on organisait<br />au printemps<br />sur le rivage<br />une combinaison d'&eacute;changes <br />&agrave; cycles longs<br />&agrave; cycles courts<br />bilat&eacute;raux et crois&eacute;s<br /><br />les m&eacute;sanges sur les joncs<br />les roseaux dans la prairie<br />l'eau blanch&acirc;tre sur les flanc de la colline<br />les joncs et les roseaux<br />la prairie sillonn&eacute;e par l'eau blanch&acirc;tre<br />l'autre c&ocirc;t&eacute; de la colline avec les m&eacute;sanges<br /><br />c'&eacute;tait l'occasion<br />de prolonger <br />les belles journ&eacute;es<br />d'am&eacute;liorer <br />le r&eacute;seau des canaux <br />dans lesquels s&rsquo;&eacute;coulait la sueur<br /><br />les femmes &eacute;taient &eacute;conduites<br />dans des barques <br />silencieuses<br /><br />tout autour<br />les eaux libres<br />et des terre-pleins secondaires<br /><br />le cr&eacute;puscule <br />avait la forme <br />du labeur<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /> <br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 16 mai 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-05-17T11:22:10+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/40d8e6e2041c4ec0dd1e085d079739eb-954.html#unique-entry-id-954</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/40d8e6e2041c4ec0dd1e085d079739eb-954.html#unique-entry-id-954</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/sem80.1.png" width="50" height="50"/><br /><br />Ce matin le soleil a jet&eacute; un paquet de lumi&egrave;re par l&rsquo;&eacute;troit ch&acirc;ssis &agrave; tabati&egrave;re des combles dont il a fait fuir, le temps d&rsquo;un &eacute;clair, l&rsquo;obscurit&eacute; crue. Puis plus rien. Je veux pourtant, idiot que je suis, me souvenir un peu de cet &eacute;clair pour le maintenir br&ucirc;lant, faire flamber la vieille charpente et &eacute;clairer notre dimanche.<br />Nous sommes &agrave; la mi-mai, dehors le jaune du colza et celui orang&eacute; des pissenlits &eacute;toilent le vert des pr&eacute;s lourds. Le printemps n&rsquo;a pas tenu ses promesses et ne laisse filer entre ses doigts que des couleurs pass&eacute;es, un peu de rose. celui du liseron au bord du chemin et les fleurs d&eacute;tremp&eacute;es des Boscop dans le verger du Chauderonnet, les hautes herbes p&acirc;les pr&egrave;s des haies, les nuages sans forme qui ne d&eacute;semplissent pas le ciel. A quoi bon s&rsquo;apitoyer, on patiente en haut de la Mussily main dans la main.<br />Plus tard dans l&rsquo;apr&egrave;s-midi une flamb&eacute;e de soleil r&eacute;veillera les abeilles sur le qui vive depuis le d&eacute;but de la semaine, quelques promeneurs souriants et les cris des enfants auront raison de notre humeur. Mais dans le po&ecirc;le le feu veillera jusqu&rsquo;au soir.<em><br /></em><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /> </p>]]></content:encoded></item><item><title>Hors jeu</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><category>Vases communicants</category><category>Riant-Mont</category><dc:date>2010-05-14T19:39:12+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/3a9b45d711c406d30f69b30ae548412e-953.html#unique-entry-id-953</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/3a9b45d711c406d30f69b30ae548412e-953.html#unique-entry-id-953</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 129" src="http://www.lesmarges.net/files/chantier45.png" width="50" height="50"/><br /><br /><object type="application/x-shockwave-flash" data="dewplayer.swf?son=aveverumucorpus.mp3" width="180" height="20"> <param name="movie" value="dewplayer.swf?son=aveverumucorpus.mp3" /> </object><br /><br />Il ouvre les yeux sur un jour sans attrait. Alors il baisse les paupi&egrave;res qu&rsquo;il glisse sous l&rsquo;oreiller et il se terre. Forclos, rideaux tir&eacute;s, chass&eacute; d&egrave;s le r&eacute;veil, c&rsquo;est clair il n&rsquo;en sortira pas. L&rsquo;&eacute;prouver et le dire n&rsquo;y change rien, la lumi&egrave;re insiste, il remue &agrave; peine, incapable d&rsquo;en appeler au courage. Ce matin le jour est fan&eacute;.<br />On devra se rendre &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence, aucune transaction n&rsquo;&eacute;cartera le soleil de sa course, il faudra faire avec ce qu&rsquo;il tra&icirc;ne derri&egrave;re lui, les besognes auxquelles la vie parmi nos semblables nous oblige pour &ecirc;tre des leurs. &Ccedil;a durera ce que &ccedil;a durera, jusqu&rsquo;au soir peut-&ecirc;tre. On h&eacute;site m&ecirc;me &agrave; plier bagages, &agrave; solder l&rsquo;entreprise, pour se d&eacute;barrasser enfin des t&acirc;ches fastidieuses qui nous incombent, au risque de finir sa vie plus t&ocirc;t que pr&eacute;vu, avant le cr&eacute;puscule. Pourquoi ne pas fuir sur le champ les humiliations promises&nbsp;? Mais un peu de raison nous rattrape&nbsp;: il en faudrait du courage pour s&rsquo;engager sur cette voie et s&rsquo;y tenir, sans que les regrets et la mauvaise conscience ne nous rejoignent avant midi.<br />On se l&egrave;ve donc parce qu&rsquo;on sait que ce soir, pour autant qu&rsquo;on y parvienne, on pourra retourner dans le tambour de la nuit qu&rsquo;on aurait voulu ne pas quitter, pour y &ecirc;tre &agrave; nouveau enferm&eacute;, tourn&eacute;, retourn&eacute;, pr&eacute;serv&eacute;, lav&eacute;. On se l&egrave;ve donc en sachant qu&rsquo;on n&rsquo;ira nulle part. On fera pourtant comme si on en &eacute;tait et personne n&rsquo;en saura rien. On se fera petit, tout petit, invit&eacute; surnum&eacute;raire&nbsp;: ne toucher &agrave; rien, n&rsquo;entrer en mati&egrave;re sur rien avec qui que ce soit, demeurer muet cal&eacute; dans l&rsquo;ombre, mais y demeurer avec tous les &eacute;gards que le rien doit &agrave; ce qui est et &agrave; ceux qui s&rsquo;y sont embarqu&eacute;s. A bonne distance, ne pas en &ecirc;tre, refuser toute invitation et survivre jusqu&rsquo;au soir. Un sourire ici, un autre l&agrave;, une politesse en guise de viatique, pas plus, pour ne pas casser.<br />On s&rsquo;y essaie, on s&egrave;me nos petites l&acirc;chet&eacute;s pour donner le change et passer inaper&ccedil;u, cacher sa mis&egrave;re. Mais qu&rsquo;on ne nous accable pas, on essaie simplement de garder la t&ecirc;te hors de l&rsquo;eau, un ou deux sourires &agrave; ceux qu&rsquo;on croise, sans y toucher, fonds de poche que celui qui n&rsquo;a rien &agrave; perdre d&eacute;pose dans la main de celui qui veut tout, ni victime ni coupable, innocent de n&rsquo;&ecirc;tre rien, au diable les plaintes. Tout &agrave; l&rsquo;autre par calcul, tout aux autres pour sauver sa peau. On se rend compte alors que ceux-ci sont comme nous, mais ils sont dedans et on est dehors, on ne bronche pas et ils sont ballott&eacute;s. Et voici qu&rsquo;ils r&eacute;pondent &agrave; nos sourires, sourient &agrave; leur tour, nous remercient de notre sollicitude et de notre bienveillance alors qu&rsquo;on n&rsquo;a pas quitt&eacute; le rivage, ancr&eacute; &agrave; l&rsquo;inavouable. Mais &ccedil;a ils ne le savent pas et on ne le leur dira pas. On les voit batailler pour rester debout dans la tourmente du jour et notre mis&egrave;re souriante est &agrave; leurs yeux comme un r&eacute;confort. On est rest&eacute; dans la nuit, ils sont dans le jour. On ne voulait rien, d&eacute;fait, vid&eacute;, et nous voil&agrave; &eacute;lev&eacute; au rang de contrefort.<br />Et soudain, de don modeste en modeste don, de sourire en sourire monte la sensation d&rsquo;&ecirc;tre pr&eacute;sent comme jamais, dedans le monde sans qu&rsquo;on le veuille, avec en face ceux qui bataillent pour ne pas succomber ou &ecirc;tre chass&eacute;s. On se prend &agrave; en faire plus qu&rsquo;on n&rsquo;en a jamais fait, sur un mode qu&rsquo;on ignorait, simplement pour que ces inconnus courageux ne s&rsquo;effondrent pas. On leur cache un peu de la v&eacute;rit&eacute;, on ferme les yeux, on souhaite qu&rsquo;ils atteignent vivants la fin de la journ&eacute;e.<br />Ce soir je suis comme une plaie vivante que la brise et l&rsquo;ombre viennent caresser, je me retourne, heureux d&rsquo;avoir pass&eacute; debout ce qui aurait pu &ecirc;tre un enfer, l&rsquo;air glisse sur la peau, avec la lumi&egrave;re, ma raison est au point mort. Ce que j&rsquo;ai laiss&eacute; en arri&egrave;re, la nuit, le fond du jardin, les racines auxquelles je m&rsquo;agrippais pour remonter le talus n&rsquo;ont pas chang&eacute;. Le temps s&rsquo;est arr&ecirc;t&eacute; l&agrave;-bas, par del&agrave; les jours, les images, les souvenirs qui ne retiennent que ce qui se d&eacute;fait. Les chemins durent bien apr&egrave;s qu&rsquo;on les a quitt&eacute;s.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="fonddujardin" src="http://www.lesmarges.net/files/fonddujardin.jpg" width="480" height="360"/><br /><br />Je me retrouve sur le chemin de la Mussily, indemne, &eacute;tonn&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre l&agrave;. Tous les jours pourraient &ecirc;tre ainsi, n&rsquo;est-ce pas&nbsp;? On demeurerait sur le seuil, on ne toucherait &agrave; rien, parce qu&rsquo;au fond on n&rsquo;y croit gu&egrave;re. On n&rsquo;en serait pas, on aiderait d&rsquo;un sourire ceux qui sont embarqu&eacute;s et on cueillerait quelques rameaux pour en &ecirc;tre un peu.<br />On n&rsquo;y voit bient&ocirc;t plus rien, je rentre, d&eacute;pose mon ombre au pied du lit, me glisse dans le grand tambour de la nuit avec le sentiment cr&eacute;pusculaire d&rsquo;avoir encore une fois sauv&eacute; ma peau et la fiert&eacute; de ne jamais avoir &eacute;t&eacute; aussi g&eacute;n&eacute;reux, solide et transparent que ce jour o&ugrave; je ne fus pas.<br /><br />Publi&eacute; le<span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">7 mai 2010</span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span>dans le cadre du<span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#003CF1;"><u><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts">projet de vases communicants</a></u></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;">&nbsp;</span>chez Arnaud Ma&iuml;setti<span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> (</span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#621A94;"><u><a href="http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article319" rel="self">Journal | contretemps</a></u></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;">)</span><em><br /></em><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXIII</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-05-13T19:38:58+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2385aca70cb1b192da8bcfd425d86c34-951.html#unique-entry-id-951</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2385aca70cb1b192da8bcfd425d86c34-951.html#unique-entry-id-951</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 128" src="http://www.lesmarges.net/files/blanccebvenne.png" width="50" height="50"/><br /><br />J&rsquo;ai rencontr&eacute; hier au march&eacute; une amie, physicienne de formation. Je ne l&rsquo;avais pas revue depuis longtemps d&eacute;j&agrave;. Elle est en col&egrave;re contre son mari, &eacute;b&eacute;niste, et ses deux filles, cinq et sept ans, qui d&eacute;cid&eacute;ment ne la comprennent pas. Je l&rsquo;invite &agrave; boire un verre sur une terrasse. Elle me raconte le visage d&eacute;fait comment la veille, alors qu'elle &eacute;tait attel&eacute;e &agrave; des probl&egrave;mes qui d&eacute;passent mon esprit &eacute;troit - le mien comme celui de la plupart des mortels -, elle en est arriv&eacute;e &agrave; devoir chercher sans succ&egrave;s sa machine &agrave; calculer. <br />Elle soup&ccedil;onne naturellement ses enfants. Pr&eacute;cisons que ce cerveau a form&eacute; ses filles aux dures lois des nombres d&egrave;s leur sortie du berceau, mais pr&eacute;venante elle les a initi&eacute;es aussi toutes deux &agrave; l'utilisation de la machine &agrave; calculer qui pr&eacute;serve la fra&icirc;cheur de leur intelligence en leur permettant d&rsquo;&eacute;viter les effets d&eacute;vastateurs des t&acirc;ches fastidieuses.<br />Elle est donc sur le point de piquer une grosse col&egrave;re, mais se ravise. Cette disparition n'est-elle pas le signe tangible de la r&eacute;ussite de ses principes &eacute;ducatifs? Elle prend une feuille, un crayon et se r&eacute;signe &agrave; ex&eacute;cuter avec le sourire d'interminables calculs.<br />Neuf heures bient&ocirc;t et la nuit tombe. Etonn&eacute;e du silence qui r&egrave;gne dans la maison, la m&egrave;re monte &agrave; l'&eacute;tage et retrouve ses trois filles vautr&eacute;es, les yeux ferm&eacute;s devant la t&eacute;l&eacute;vision ins&eacute;r&eacute;e dans l'armoire vaudoise que son mari a promis de r&eacute;parer depuis plusieurs ann&eacute;es. C'est chose faite, l'&eacute;quilibre pr&eacute;caire d&ucirc; &agrave; l'absence du pied ant&eacute;rieur gauche a &eacute;t&eacute; enfin r&eacute;tabli! Mais la m&egrave;re a beau regarder sur l'&eacute;cran de la machine &agrave; calculer qui &eacute;taie le meuble, aucun nombre n'indique la charge support&eacute;e ou la r&eacute;sistance du pied de fortune. Pas m&ecirc;me l'heure &agrave; laquelle les trois petites qui se sont assoupies souhaitent &ecirc;tre r&eacute;veill&eacute;es. Rien. C'est naturellement et logiquement la faute de son mari qui n'est pas encore rentr&eacute; de l'atelier, mais c'est surtout la d&eacute;faite de l'esprit de conqu&ecirc;te. <br />Je la console en vain. Pourvu que l'incomprise retrouve au plus vite le go&ucirc;t de vivre. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Trop c&#x27;&#xe9;tait trop</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-05-12T19:38:53+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/8122b0f8e0237afc8a0b1ce97bb130de-950.html#unique-entry-id-950</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/8122b0f8e0237afc8a0b1ce97bb130de-950.html#unique-entry-id-950</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 127" src="http://www.lesmarges.net/files/foetdesaoult.png" width="50" height="50"/><br /><br />Si G&eacute;rard Genette admire &laquo;&nbsp;le nombre d'ensembles o&ugrave; l'on d&eacute;nombre trois-cent soixante-cinq items d&egrave;s qu'on a un peu de mal &agrave; les compter, en trichant toujours un peu&nbsp;: les fromages fran&ccedil;ais, les &icirc;les de l'archipel de Chausey &agrave; mar&eacute;e basse, les ch&acirc;teaux du Bordelais, les pi&egrave;ces et les horloges de l'Elys&eacute;e, les romans de Simenon, les d&eacute;put&eacute;s de la droite &eacute;lus en 2002, les voitures br&ucirc;l&eacute;es en banlieue par semaine...&nbsp;&raquo; et conclut que &laquo;&nbsp;ce nombre symbolique, clairement calqu&eacute; sur celui, plus s&ucirc;r, des jours de l'ann&eacute;e non bissextile, signifie simplement, et avec tout le flou figural qui convient&nbsp;: beaucoup&nbsp;&raquo;, j'ose aujourd'hui esp&eacute;rer que huit cent sept pr&eacute;c&eacute;dera bient&ocirc;t les items de tout ensemble incomplet &ndash;&nbsp;y compris l'ensemble inachev&eacute; des huit cent sept&nbsp;&ndash; et signifiera in fine, avec le m&ecirc;me flou figural qui convient&nbsp;: trop c'&eacute;tait trop. <br /><br />L'entreprise engag&eacute;e par Franck Garot et ses amis sur ce site se doit donc de ne pas aboutir pour r&eacute;ussir, c'est le prix. Elle doit s'interrompre imp&eacute;rativement avant le huit cent septi&egrave;me huit cent sept, j'y veillerai.<br /><br />Et pour donner l'exemple&nbsp;: pas de huit cent sept aujourd'hui.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">22 septembre 2009</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Travaux de titans</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-05-11T00:06:51+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e7ac240ed373cbfc182e5528e9380aa1-949.html#unique-entry-id-949</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e7ac240ed373cbfc182e5528e9380aa1-949.html#unique-entry-id-949</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 125" src="http://www.lesmarges.net/files/souslebuisson.png" width="50" height="50"/><br /><br />Derri&egrave;re le monticule<br />en arri&egrave;re d'une large baie<br />que souligne<br />un arc d'argent<br />jalonn&eacute; de zones d'ombres<br />les restes <br />d'une tentative plus r&eacute;cente<br /><br />ultime d&eacute;fi <br />si l'on en croit les l&eacute;gendes<br />des premiers habitants de l'&icirc;le<br />qui entreprirent<br />l'impossible t&acirc;che<br />de s&eacute;parer <br />le liquide du solide<br /><br />ils creus&egrave;rent <br />des canaux <br />dans la vase<br />endigu&egrave;rent <br />les bras de mer <br />con&ccedil;urent des lev&eacute;es<br />des quais<br /><br />des complexes de galets<br />des ponts et des chauss&eacute;es<br />des lacs<br />qu'ils parqu&egrave;rent <br />avec les eaux dormantes de l'int&eacute;rieur<br />&agrave; la terre ils arrach&egrave;rent <br />la terre <br /><br />l'eau &agrave; l'eau<br />la boue profonde aux bancs de sable <br />sans succ&egrave;s<br />les larmes ne coulaient plus <br />sur les visages<br />mais demeuraient avec les glaires <br />au fond de leur gorge<br /><br />&ocirc; solitude<br />m&ecirc;l&eacute;e de grandeur<br />&ocirc; peuple malheureux<br />d&eacute;vor&eacute; par de folles ambitions<br />&ocirc; peuple insatisfait<br />d&eacute;vast&eacute; par l'&eacute;chec<br />et le ressentiment<br /><br />aucun chemin<br />ne resplendit aujourd'hui<br />le miracle de l&rsquo;opini&acirc;tret&eacute;<br />n'a pas pas eu lieu<br />le souvenir dans les m&eacute;moires<br />seulement<br />d'un insatiable orgueil <br /><br />on le voit<br />on ne r&eacute;forme facilement<br />ni les choses<br />ni les usages <br />si bien qu'on accepta sur l'&icirc;le<br />mais &agrave; contre coeur <br />m&eacute;langes et mar&eacute;cages<br /><br />et les hommes se remirent &agrave; pleurer<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Conciliabule</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2010-05-28T10:17:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/101265dc06f7d4d66bedd3aa582731fe-948.html#unique-entry-id-948</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/101265dc06f7d4d66bedd3aa582731fe-948.html#unique-entry-id-948</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 12" src="http://www.lesmarges.net/files/sentinelles4.png" width="50" height="50"/><br /><br />Plus rien ne colle exactement et les choses qui ont entra&icirc;n&eacute; dans leur sillage les restes d'une journ&eacute;e &agrave; peine commenc&eacute;e sont toutes d&eacute;j&agrave; l&agrave;-bas, adoss&eacute;es &agrave; l&rsquo;horizon, gr&eacute;gaires sans l'&ecirc;tre, pas un mot, nulle complot, nulle conspiration, aucun avertissement non plus. Elles se sont &eacute;loign&eacute;es comme les nuages dans le ciel pouss&eacute;s par le vent, et c&rsquo;est tout. Lorsqu&rsquo;elles auront bascul&eacute; derri&egrave;re la ligne d&rsquo;horizon, ce sera trop tard. Que faire en attendant? Il serait fou de ne pas r&eacute;agir, de se laisser happer dans le vide qui se creuse sous nos pieds, impossible pourtant de rejoindre les nuages dans le ciel. Comment durer jusqu'au soir? Comment lier le soir au matin?<br /><br />En faire trop les ferait fuir, courir derri&egrave;re elles ne conduirait &agrave; rien. Plut&ocirc;t maintenir co&ucirc;te que co&ucirc;te cette distance sans rien vouloir changer pour l&rsquo;instant, ne rien corriger, maintenir la tension vivante. Il serait na&iuml;f de penser qu'elles pourraient r&eacute;pondre &agrave; notre appel, se retourner et nous attendre, mais &ccedil;a on le savait d&eacute;j&agrave; avant, on s&rsquo;en rend compte aujourd'hui avec une esp&egrave;ce de frisson qui leur rend dignit&eacute; et loyaut&eacute;. Na&iuml;f aussi de leur pr&ecirc;ter une voix qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas, au mieux leur pr&ecirc;ter une voix qu'on ne conna&icirc;t pas. <br /><br />Ce n'est pas qu&rsquo;elles se taisent, mais on n&rsquo;est pas avec elles. Elles murmurent m&ecirc;me, le vent, la lumi&egrave;re, les &eacute;clats, mais elles sont &agrave; leurs affaires &ndash; on n'y est pas &ndash;, dans un halo qui les maintient &agrave; l&rsquo;&eacute;cart et fait trembler notre raison. Il convient de tenir bon et de s&rsquo;en satisfaire. Les choses sont retourn&eacute;es &agrave; l&rsquo;anc&ecirc;tre d&rsquo;un r&eacute;cit sans queue ni t&ecirc;te, d&eacute;vastation muette, et laissent debout celui qu'elles ont d&eacute;barqu&eacute; avant le lever du soleil, passager h&eacute;b&eacute;t&eacute; qui a trop pos&eacute; de questions, debout en voie de disparition, effar&eacute; de ne pas &ecirc;tre de la partie, statue de ciel. On ne s'est pas retourn&eacute; &agrave; temps et on a laiss&eacute; filer le vaisseau, plant&eacute; dans le pot au noir d'avoir trop march&eacute; avec les choses, mais &agrave; reculons, manquant de ce courage d'aller avec elles dans le sens qui est le leur. Mais qui nous a enseign&eacute; ce courage?<br /><br />De nous &ecirc;tre retourn&eacute; contin&ucirc;ment sur ce qu'on croyait nous avoir &eacute;t&eacute; donn&eacute;, de ne pas &ecirc;tre all&eacute; de l&rsquo;avant dans le vide qui nous salue &agrave; l'aube, le silence qui accompagne le froissement de nos semelles sur le chemin de terre, nous a mis, lorsqu'on s'est enfin tourn&eacute; vers ce qui s'en allait devant, l'enfer dans le creux de la main. C&rsquo;est &agrave; prendre ou &agrave; laisser et on prend. Plus d&rsquo;&eacute;l&eacute;gie ou de lyrisme mais un bateau qui s&rsquo;&eacute;loigne et nous en rade, qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit ni de rejoindre ni de retenir, parce que le silence qui s&rsquo;enfuit, c&rsquo;est aussi celui qui est l&agrave;. On aura &agrave; prendre son parti et le parti des choses, et dire avec les mots qui nous restent ce qui manque, c'est-&agrave;-dire ce qui est, et le disant mieux dire ce qu&rsquo;elles sont.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><br /><em><br /></em></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 9 mai 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2010-05-10T00:16:00+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7e44fed1ef83dd6e9ec80136a361bad2-947.html#unique-entry-id-947</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7e44fed1ef83dd6e9ec80136a361bad2-947.html#unique-entry-id-947</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 124" src="http://www.lesmarges.net/files/escaliersmeilerie.png" width="50" height="50"/><br /><br />Je ne suis pas loin de penser avec Pierre Guyotat qu&rsquo;il faudrait, pour refaire le temps mais en bien, rendre le couteau &agrave; la meurtri&egrave;re qui a os&eacute; &laquo;&nbsp;commettre ce dont brillent nos trag&eacute;dies, nos po&eacute;sies, et nos romans, et nos tableaux et nos op&eacute;ras, et que leurs artistes fa&ccedil;onnent avec tant de soin, et de plaisir, et que nous devons &eacute;tudier avec application&nbsp;&raquo;.<br />Pour des raisons assez analogues il faudrait ouvrir tout grand les portes de nos &eacute;coles afin d&rsquo;obliger nos enfants &agrave; faire l&rsquo;&eacute;cole buissonni&egrave;re, sur les traces du Grand Meaulnes et de tous les h&eacute;ros d&eacute;sob&eacute;issants qui nous ont fait r&ecirc;ver. Pour replacer le myst&egrave;re dans la vraie vie et pas dans l&rsquo;autre.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>C&#x27;est ici</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2010-05-06T12:50:48+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/735c996cedb3b87731be908b2a3743cd-944.html#unique-entry-id-944</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/735c996cedb3b87731be908b2a3743cd-944.html#unique-entry-id-944</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 61" src="http://www.lesmarges.net/files/ginettevert.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il n'essaie pas plus de rejoindre le pays d'o&ugrave; il vient que l'autre pays, celui dont il a r&ecirc;v&eacute;, car il est d&eacute;sormais d'ici, davantage chaque matin, dans le pr&eacute; ou l&agrave;-bas &agrave; la lisi&egrave;re du bois. Il d&eacute;m&ecirc;le jour apr&egrave;s jour les images issues de ses r&ecirc;ves, les &eacute;puise, la brise l&eacute;g&egrave;re se charge du reste et dissipe les innombrables fant&ocirc;mes qui sommeillent dans le trac&eacute; glorieux des chemins. Il attend d'y voir clair ne s'appuyant sur rien, sinon ce presque rien, muet, qui apparie les choses &eacute;l&eacute;mentaires. Et soudain le pays se dresse tout entier, la terre ondule, les secrets fleurissent, des tra&icirc;n&eacute;es dans le ciel, l'ombre sous les fr&ecirc;nes, la rivi&egrave;re.<br /><br />Certes, il y a ce vers quoi on va lorsqu'on revient sur ses pas et ce vers quoi on va lorsqu'on y va de ce pas. Mais de ce lieu, qui sait s'il en vient ou s'il y va? L&rsquo;enfance est l'autre nom de l'avenir, c'est ici, on y va et on en vient.<br /><br />L'engourdissement auquel l'a conduit son &eacute;ducation a &eacute;puis&eacute; son poison. Il prend conscience alors qu&rsquo;attendre est consubstantiel &agrave; son heure. Que veulent-ils savoir? Il l&rsquo;ignore, alors il se tait pour laisser la place &agrave; ceux qui savent, pour que ceux-ci puissent parler et se taire, et entendre &agrave; leur tour l&rsquo;immense rumeur sur laquelle les puissantes conventions ont &eacute;tendu leur empire. Chacun n'occupe qu'un instant la place de celui qui la lui a c&eacute;d&eacute;e. Il la laissera &agrave; son tour &agrave; celui qui ne perd rien pour attendre.<br /><br />L&rsquo;aurore sommeille. S&rsquo;il s&rsquo;agite trop, il ne sera pas &agrave; m&ecirc;me d'aller &agrave; sa rencontre derri&egrave;re les Vanils, il la guette, &agrave; peine une lueur poussant par dessous le voile qui ne r&eacute;siste pas, elle ouvre alors sa paume et &eacute;tend ses doigts de rose. Lui il ne bronche pas. A c&ocirc;t&eacute;, devant, derri&egrave;re, en lui la terre fr&eacute;mit. Et le soleil se dresse, et l&rsquo;ombre se glisse discr&egrave;tement aux c&ocirc;t&eacute;s de l'homme seul.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Des marges &#x7c; Arnaud Ma&#xef;setti</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Vases communicants</category><dc:date>2010-05-07T20:40:29+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ceab1b19447beab61685ee597bedae31-943.html#unique-entry-id-943</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ceab1b19447beab61685ee597bedae31-943.html#unique-entry-id-943</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="P4262594" src="http://www.lesmarges.net/files/p4262594.jpg" width="470" height="352"/><br /><br /><object type="application/x-shockwave-flash" data="dewplayer.swf?son=herzliebsterjesu.mp3" width="180" height="20"> <param name="movie" value="dewplayer.swf?son=herzliebsterjesu.mp3" /> </object><br /><br />Du centre, je ne saurai rien dire ; rien que le silence dans lequel vautr&eacute; le matin au r&eacute;veil qui me prend &mdash; rien que. Et du centre, au c&oelig;ur, le terrain des batailles politiques rang&eacute;es des id&eacute;es qu&rsquo;on se lance ; non, rien : le centre, ils savent bien qu&rsquo;il est &agrave; eux, alors moi, &agrave; contretemps qui p&egrave;se la lumi&egrave;re du jour, qu&rsquo;est ce que je pourrais : et quand je les regarde, dans les repas le soir o&ugrave; parfois je suis, que je les entends dire la pens&eacute;e du monde fig&eacute;e depuis ce centre qu&rsquo;ils occupent, je pense &agrave; ce qui s&rsquo;en va, loin du centre o&ugrave; &mdash;&nbsp;du centre centr&eacute; au milieu des villes, c&rsquo;est le vide, c&rsquo;est l&agrave; que les flux se rejoignent, s&rsquo;arr&ecirc;tent, cessent, enfin. Moi, c&rsquo;est ailleurs, o&ugrave; les flux vont, et d&rsquo;o&ugrave; ils partent, que je vais. <br /><br />Du centre, je sais bien, oui : que c&rsquo;est l&agrave; qu&rsquo;est la moyenne, que les discours se font &mdash; mais pas la parole, que les discours &mdash; c&rsquo;est l&agrave;. O&ugrave; Dieu habite, la pens&eacute;e de Dieu telle que le formulent ceux qui au centre, sont au centre et d&eacute;cident, planifient, r&eacute;digent pour nous les pactes du si&egrave;cle, concluent pour nous les poign&eacute;es de mains et les tarifs, et les peines, les planchers, la hauteur de la lame qui viendra tomber sur celui qui ; du centre, non, quand on me demanderait mon avis, je me tairai bien pour les ann&eacute;es qui viennent.<br /><br />De la morale &eacute;teinte en moi, de la religion &eacute;teinte en moi, du souci de la politique : des centres d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;ts qui fondent le centre autour duquel : je ne sais dire que cela m&rsquo;&eacute;chappe. Je ne saurai pr&eacute;tendre lui &eacute;chapper. Et surtout, je ne voudrait pas m&rsquo;en plaindre. Mais. Les choses mortes comme de la peau, on ne les regrette pas : on gratte, et si &ccedil;a saigne, on aspire un peu pour ne pas laisser de trace &mdash; et on frotte, on essuie. On met son doigt dans la plaie, et comme Thomas, on fouille pour v&eacute;rifier le corps ; et le corps est bien l&agrave;. Loin du centre, on marche, on est d&eacute;j&agrave; loin, &ccedil;a peut s&rsquo;appeler Arar, ou Breschwiller, ou plus loin encore, &eacute;tat des lieux du r&eacute;el, chaque pas nous en &eacute;loigne, du centre : et on va.<br /><br />On se trouve de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; o&ugrave; les choses prennent la vitesse du temps ; on n&rsquo;est plus dans le silence : on le parle, depuis le centre, arrach&eacute; vraiment. On tombe sur une place vide, derri&egrave;re le palais royal, les jardins de boue, il y a une &eacute;glise o&ugrave; on entre parce qu&rsquo;il pleut. Il y a des chants au-dedans, qui viennent se heurter &agrave; la croyance de mon adolescence comme une paroi effondr&eacute;e, et l&rsquo;&eacute;cho p&eacute;n&egrave;tre dans le vide qui l&rsquo;absorbe. C&rsquo;est Bach, c&rsquo;est au-del&agrave; de moi, c&rsquo;est en plein de centre du monde, pile o&ugrave; je ne suis pas.<br /><br />Dans les marges sans contours que j&rsquo;arpente jusqu&rsquo;&agrave; mourir (je le sais bien, je l&rsquo;accepte), &agrave; force de les &eacute;crire parce qu&rsquo;en moi tout l&rsquo;exige, noter les bruits du monde qui m&rsquo;entoure &mdash; et puisque ces bruits ne peuvent s&rsquo;entendre qu&rsquo;aux marges, marges fracass&eacute;es dans le cr&acirc;ne (et de plus en plus, ces maux de t&ecirc;te qui me cernent : marges l&agrave; encore : prix &agrave; payer, je m&rsquo;en acquitte, sans ciller) &mdash; des chants de Bach, des voix qui percent, n&rsquo;en saisir que la morale possible : la morale d&rsquo;une beaut&eacute; sans Dieu ; arracher Dieu &agrave; cette beaut&eacute; qui seule me maintient l&agrave;, pulsation du temps que je bats sous les doigts, un mot apr&egrave;s l&rsquo;autre, dire un peu dans sa propre bouche le monde tel que dans les marges il afflue hors. <br /><br />Au centre rien ne bouge, dans les marges, il y aurait la force de ne pas habiter, nulle part, et d&rsquo;aller au pas qui l&rsquo;emporte, les mondes possibles que les voix d&eacute;frichent : musique sans m&eacute;lodie, nappes de voix qui parlent allemand une langue impossible et qu&rsquo;on ne comprend pas &mdash; mais combien chaque mot avance l&rsquo;impossibilit&eacute; m&ecirc;me d&rsquo;y prendre part : et comme on avance en eux, le monde qui recule, et au bout du premier pas, c&rsquo;est dans les marges qu&rsquo;on est : on ne se retourne plus.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Arnaud Ma&iuml;setti<br /></span></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/blandeblanc-2.png" width="14" height="27"/><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/oeildeboeuf.png" width="50" height="50"/><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><em><br /></em><em>&eacute;crit par Arnaud Ma&iuml;setti qui m&rsquo;accueille </em><em><a href="http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique1" rel="self">chez lui</a></em><em> dans le cadre du </em><em><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts" rel="self">projet de vases</a></em><em><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts" rel="self"> communicants</a></em><em>&nbsp;: le premier vendredi du mois, chacun &eacute;crit sur le blog d&rsquo;un autre, &agrave; charge &agrave; chacun de pr&eacute;parer les mariages, les &eacute;changes, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement&hellip; Ne pas &eacute;crire pour, mais &eacute;crire chez l&rsquo;autre.<br /></em><br /><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;"><em>Et d&rsquo;autres </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"><em><a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=104893605886&ref=ts">vases communicants ce mois</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;"><em> :<br /><br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Georgia, serif; "> </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://france.burghellerey.over-blog.com/">France Burghelle Rey</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"> et </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://cheminsbattus.spaces.live.com/">Morgan Riet&nbsp;</a></span><span style="font:8px Georgia, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-2.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Georgia, serif; "> </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://annadesandre.blogspot.com/">Anna de Sandre&nbsp;</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"> et </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://maplumesurlacommode.blogspot.com/">Francesco Pittau</a></span><span style="font:8px Georgia, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-3.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Georgia, serif; "> </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://futilesetgraves.blogspot.com%20/">Anthony Poiraudeau</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"> et </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://leslignesdumonde.wordpress.com/">Loran Bart</a></span><span style="font:8px Georgia, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-4.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Georgia, serif; "> </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://www.mathilderoux.fr/">Mathilde Roux&nbsp;</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"> et </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://fragments-ecmesiques.blogspot.com/">Anne-Charlotte Ch&eacute;ron</a></span><span style="font:8px Georgia, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-5.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Georgia, serif; "> </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://abadon.fr/">Mich&egrave;le Dujardin</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;">&nbsp; et </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://www.face-ecran.fr/terres">Daniel Bourrion</a></span><span style="font:8px Georgia, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-6.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Georgia, serif; "> </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com/">Christophe Sanchez&nbsp;</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"> et </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://lespagesducoucou.blogspot.com/">Le coucou</a></span><span style="font:8px Georgia, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-7.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Georgia, serif; "> </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://www.bodyspacesociety.eu/">Antonio A. Casili</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;">&nbsp; et </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://culturevisuelle.org/corazonada%20%28english%29">Gaby David</a></span><span style="font:8px Georgia, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-8.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Georgia, serif; "> </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://www.xn%e2%80%94charperch-pla2i.net/">Michel Brosseau</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;">&nbsp; et </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://tentatives.eklabog.fr/">Christine Jeanney</a></span><span style="font:8px Georgia, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-9.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Georgia, serif; "> </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr%20/">Matthieu Duperrex</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"> et </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://www.liminaire.fr/">Pierre M&eacute;nard</a></span><span style="font:8px Georgia, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-10.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Georgia, serif; "> </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://www.joachimsene.fr/txt/spip.php?rubrique16">Joachim S&eacute;n&eacute;&nbsp;</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"> et </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://versminuit.blogspot.com/">Franck Garot</a></span><span style="font:8px Georgia, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-11.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Georgia, serif; "> </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://www.tierslivre.net/">Tiers livre </a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;">et </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://kmskma.free.fr/">Kill me Sarah</a></span><span style="font:8px Georgia, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-12.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Georgia, serif; "> </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://juliette.mezenc.over-blog.com%20/">Juliette Mezenc</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"> et </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://ruelles.wordpress.com/category/vase-communicant/">Ruelles</a></span><span style="font:8px Georgia, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-13.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Georgia, serif; "> </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://mariannejaegle.over-blog.fr/">Marianne Jaegl&eacute;</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"> et </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://brigetoun.blogspot.com/">Brigetoun</a></span><span style="font:8px Georgia, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-14.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Georgia, serif; "> </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://pantarei.hautetfort.com/">Florence No&euml;l</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"> et </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://enfantissages.free.fr/">Juliette Zara</a></span><span style="font:8px Georgia, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-15.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Georgia, serif; "> </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://mathro7isoupirail.blogspot.com/%20">Soupirail</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"> et </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><a href="http://chezjeanne.free.fr/">Jeanne</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#9B8204;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-15-2.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Georgia, serif; "> </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"><a href="http://petiteracine.over-blog.com/" rel="self">C&eacute;cile Portier</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"> et </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"><a href="http://www.luclamy.net/blog/" rel="self">Luc Lamy</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-15-3.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Georgia, serif; "> </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"><a href="http://chezjeanne.free.fr/" rel="self">Chez Jeanne</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"> et </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"><a href="http://mathro7isoupirail.blogspot.com/" rel="self">MatRo7i</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-15-4.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Georgia, serif; "> </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"><a href="http://landryjutier.wordpress.com/" rel="self">Landry Jutie </a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;">et </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"><a href="http://noteseparses.wordpress.com/" rel="self">Notes&parses</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-15-5.gif" width="8" height="11"/><span style="font:13px Georgia, serif; "> </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"><a href="http://effacements.blogspot.com/" rel="self">Piero Cohen-Hadria</a></span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"> et </span><span style="font:12px Georgia, serif; color:#333333;"><a href="http://www.pendantleweekend.net/" rel="self">Pendant le week-end</a></span><span style="font:18px Georgia, serif; color:#9B8204;"><br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Concentrations</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-05-04T00:37:40+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e1c7fbc320bc3e07522402fc4fb79bdb-942.html#unique-entry-id-942</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e1c7fbc320bc3e07522402fc4fb79bdb-942.html#unique-entry-id-942</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/campagneetbotte.png" width="50" height="50"/><br /><br />Un bouquet de fleurs<br />en lieu et place<br />d&rsquo;un tas de pierres<br />un tas de bois<br />des formules rituelles<br />pour remplacer les cris<br />le souvenir de l&rsquo;ibis<br />une &icirc;le autrefois sacr&eacute;e<br />une terre fertile<br />un marais au milieu<br /><br />le portrait<br />&agrave; demi renvers&eacute;<br />des aigrettes<br />en col&egrave;re<br />parlant la langue <br />des canards<br />et tout autour<br />l'infranchissable<br />le ronflement des rancunes<br />les collets mont&eacute;s<br /><br />une seule fois<br />ils se sont baign&eacute;s<br />tous plong&egrave;rent<br />apr&egrave;s une interminable c&eacute;r&eacute;monie<br />au lieu o&ugrave; se concentrent<br />l&rsquo;&ecirc;tre et la concordance des r&egrave;gnes<br /><br />rien n&rsquo;y fit<br />les prairies gorg&eacute;es d&rsquo;eau<br />ne surent rivaliser jamais<br />avec l&rsquo;indigence des hommes<br />battant le pav&eacute;<br />ni les plaintes du vent<br />ni les aulnes ni les charmes <br />ni les nuages<br />ni les parades et les ornements aquatiques<br />pas m&ecirc;me les princes et leur chasse-mouches<br /><br />les insulaires ne parvinrent<br />&agrave; d&eacute;gager<br />aucun des grands axes<br />qu&rsquo;il e&ucirc;t fallu <br />pour que le ciel daign&acirc;t<br />leur d&eacute;livrer <br />une ou deux &eacute;claircies<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXII</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-05-05T01:23:29+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/cbd35c1eb92fc1651bf73a6c3b29c1f4-938.html#unique-entry-id-938</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/cbd35c1eb92fc1651bf73a6c3b29c1f4-938.html#unique-entry-id-938</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 60" src="http://www.lesmarges.net/files/achilleloro.png" width="50" height="50"/><br /><br />C'est la f&ecirc;te &agrave; l&rsquo;auberge, l'ap&eacute;ro est offert par Lionel, le charpentier, il nous annonce que son fils est n&eacute; la veille au soir.<br />&ndash; Nous l'appellerons Nathan! annonce l'heureux p&egrave;re. Nous l'avons attendu depuis tant d'ann&eacute;es! Sant&eacute;!<br />&ndash; Des Nathan, temp&egrave;re le contrema&icirc;tre de chez Progel, j'en avais trois dans mes &eacute;quipes l'ann&eacute;e pass&eacute;e, plus aucun aujourd'hui, on a d&ucirc; d&eacute;baucher.<br />Lionel s'assombrit, l'assembl&eacute;e aussi, Lionel se tait, il boit un verre, c'est son talon d'Achille, un second, un troisi&egrave;me... Mais Lionel ivre finit par se ressaisir et d&eacute;clare d'un ton d&eacute;cid&eacute;.<br />&ndash; Nous l'appellerons Vin... Vincent! Oui, Vincent!<br />Je crains que cette d&eacute;cision ne suffise pas &agrave; faire bifurquer le destin du nouveau-n&eacute;?<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 2 mai 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2010-05-03T14:16:11+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b63c296d0712e8ebc2a484bfb185289e-937.html#unique-entry-id-937</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b63c296d0712e8ebc2a484bfb185289e-937.html#unique-entry-id-937</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 6" src="http://www.lesmarges.net/files/marchecevenne.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il n'a pas de vie int&eacute;rieure. O&ugrave; en a-t-Il pris conscience? Il ne s'en souvient plus. Il sait seulement qu'il &eacute;tait debout et au vent. <br />Jusqu&rsquo;&agrave; ce jour elle le tenait en respect, immobile et path&eacute;tique, dans un silence contrit, il p&eacute;riclitait. Le courage lui est venu de je ne sais o&ugrave;, de la lassitude peut-&ecirc;tre ou d'un peu de sagesse. Il a suspendu courageusement les &eacute;gards qu'il croyait lui devoir, elle s&rsquo;est &eacute;vanouie en quelques heures. Un peu seul d&rsquo;abord, f&eacute;brile aussi, et puis vite embarqu&eacute;. <br />Il avance aujourd&rsquo;hui &agrave; t&acirc;tons, pauvre, all&eacute;g&eacute; d&rsquo;innombrables arri&egrave;re-pens&eacute;es, dans une profusion renouvel&eacute;e et un monde habit&eacute; par les dieux, un peu ivre, dans un d&eacute;dale impr&eacute;visible balay&eacute; par le vent.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Hameau</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><category>Vases communicants</category><category>Pra Massin</category><dc:date>2010-04-30T14:44:56+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c172cdb57719d4ed2e6d5f9dbd17b60e-935.html#unique-entry-id-935</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c172cdb57719d4ed2e6d5f9dbd17b60e-935.html#unique-entry-id-935</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 25" src="http://www.lesmarges.net/files/image-25-3.png" width="50" height="50"/><br /><br />Le soleil lev&eacute; avant l&rsquo;aube essore le ventre gras de la composti&egrave;re, Corentin est au bois. &Agrave; Pra Massin les fen&ecirc;tres sont grand ouvertes, c&rsquo;est le printemps, la grande affaire.
Personne dans la maison, les rideaux font le dos rond, caressent en retombant la tablette de la fen&ecirc;tre, un signe de la main, c&rsquo;est le cru de la cave qui monte prendre l&rsquo;air. Mais on respire l&agrave;-dedans, les braises rougeoient et on devine, envelopp&eacute;s d&rsquo;ombres, la veste de Corentin, le linge &agrave; mains pr&egrave;s de la chemin&eacute;e, un semainier, l&rsquo;&eacute;vier de porcelaine &eacute;br&eacute;ch&eacute;. La nappe sur la vieille table en bois, quelques fruits, un marron et un gland, des clous sortis du fond des poches. Personne pourtant, les rideaux faseyent, c&rsquo;est le monde immobile qui appareille.
Dehors, c&rsquo;est comme dans les livres, mais la terre a le ventre mou, les crocus et les niv&eacute;oles sont d&eacute;tremp&eacute;s. Les m&eacute;sanges bataillent, les pierres sonnent creux, le ruisseau sort de son lit.
Repousser les mots, ne pas prolonger pour l&rsquo;instant une intrigue qui n&rsquo;a pas commenc&eacute;. Il sera assez t&ocirc;t lorsque le soleil d&eacute;clinera d&rsquo;effeuiller les images, d&eacute;coller morceau par morceau les lambeaux des r&eacute;cits qui tiennent debout nos vies. Quelques mots devraient suffire &agrave; la fin, lorsque l&rsquo;ombre se sera d&eacute;rob&eacute;e, lorsqu&rsquo;on verra s&rsquo;&eacute;loigner les nuages et le vent, et le dedans aller dehors.
Deux ou trois choses laiss&eacute;es l&agrave; pour rappeler la l&eacute;gende de mars, comme s&rsquo;il y e&ucirc;t quelqu&rsquo;un autrefois, m&ecirc;l&eacute; aujourd&rsquo;hui aux ombres des noyers sur la pente qui m&egrave;ne au ciel. Avec derri&egrave;re une autre maison, les volets ferm&eacute;s, dedans une vieille qui a tout laiss&eacute; dehors, comme si elle allait y retourner.<br />Mais lorsqu&rsquo;on l&egrave;ve les yeux pour reprendre &agrave; la ligne, plus bas, les yeux n&rsquo;ob&eacute;issent plus. Est-ce ainsi ? est-ce bien ainsi ?<br /><br />Publi&eacute; le<span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">2 avril 2010</span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span>dans le cadre du<span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#003CF1;"><u><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts">projet de vases communicants</a></u></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;">&nbsp;</span>chez Juliette Zara<span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"> (</span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#621A94;"><u><a href="http://enfantissages.free.fr/index.php/2010/04/01/hameau-par-jean-prodhom-2/" rel="self">Enfantissages</a></u></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;">)</span><em><br /></em><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Gros p&#xe9;pin et petits emmerds</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-04-29T14:44:51+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/8f5fb3afbac02627e7dddf498c4ddbfd-934.html#unique-entry-id-934</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/8f5fb3afbac02627e7dddf498c4ddbfd-934.html#unique-entry-id-934</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 142" src="http://www.lesmarges.net/files/image-142.png" width="50" height="50"/><br /><br />&Agrave; entendre tous les jeudis soir le r&eacute;cit des 708 ou 807 petites souffrances que s'&eacute;changent les habitu&eacute;s du Liseron, j'en viens &agrave; me demander si un gros p&eacute;pin autour duquel graviterait toute une vie ne vaudrait pas mieux que le chapelet des petits emmerds qui la rongent morceau par morceau.<em><br /></em><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">16 juin 2009</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Sauver les apparences</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2010-04-28T13:22:23+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b792e5e9817694711b245d9cc927efd5-933.html#unique-entry-id-933</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b792e5e9817694711b245d9cc927efd5-933.html#unique-entry-id-933</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 162" src="http://www.lesmarges.net/files/image-162.png" width="50" height="50"/><br /><br />&agrave; <em>Anthony Poiraudeau (</em><em><a href="http://futilesetgraves.blogspot.com/" rel="self">Futiles et graves</a></em><em>)</em><br /><br />Une jeune femme virevolte au milieu de la caf&eacute;t&eacute;ria, toute pimpante dans sa robe &agrave; volants savamment &eacute;tag&eacute;s; elle laisse deviner des formes dont elle est visiblement fi&egrave;re et que consid&egrave;re &agrave; la d&eacute;rob&eacute;e ses coll&egrave;gues de travail. Elle s&rsquo;immobilise soudain, se penche pour saisir les d&eacute;sagr&eacute;ables plis que font ses collants sous son habit de reine, des plis qu&rsquo;elle remonte tant bien que mal sous le mille-feuille de ses tissus, des plis qu&rsquo;elle tente de dissimuler ensuite en les lissant tout autour de sa taille de gu&ecirc;pe, avant de se redresser et de virevolter &agrave; nouveau. <br />Je songe alors &agrave; l&rsquo;histoire de l&rsquo;architecture, aux solides &eacute;glises romanes de Bourgogne qui joignent sans &agrave; coup ni c&eacute;sure le dedans et le dehors; aux architectes des cath&eacute;drales de l&rsquo;&igrave;le de France qui ont &eacute;t&eacute; amen&eacute;s &agrave; concevoir des contreforts aux dimensions de leurs ambitions bab&eacute;liennes; aux basiliques relook&eacute;es du XV&egrave;me si&egrave;cle toscan enfin, &agrave; celle de Santa Maria Novella que termina &agrave; Florence Leone Battista Alberti en 1470, fix&eacute;e avec de la colle au vaisseau rustique des fr&egrave;res Sisto et Ristoro, &agrave; toutes ces fa&ccedil;ades de la Renaissance italienne qui, derri&egrave;re le clinquant, laissent appara&icirc;tre des coutures bricol&eacute;es, des raccords, des mauvais plis, bref l&rsquo;immoralit&eacute;.<br />Tout en me baissant pour remonter mes chaussettes, un aphorisme de <a href="http://www.lesmarges.net/files/e9486213e6851a30ba714d4f058d402c-436.html" rel="self">Nietzsche</a> me revient en m&eacute;moire, il conseillait en 1878 &agrave; ceux qui b&acirc;tissent : <em>Pour exciter l'&eacute;tonnement, il faut enlever les &eacute;chafaudages lorsque la maison est construite (Le Voyageur et son ombre, &sect; 335). </em>Si j&rsquo;avais os&eacute; compl&eacute;ter la parole du ma&icirc;tre, j&rsquo;aurais ajout&eacute; que, par bonheur, l&rsquo;histoire restaure &agrave; notre insu le dissimul&eacute;. Mais &ccedil;a il n&rsquo;aurait pas aim&eacute; : un peu trop h&eacute;g&eacute;lien.<em><br /></em><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Economie de subsistance</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-04-27T17:27:52+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c1805ae52e1bca78b3b0ea5f8c54f709-932.html#unique-entry-id-932</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c1805ae52e1bca78b3b0ea5f8c54f709-932.html#unique-entry-id-932</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 145" src="http://www.lesmarges.net/files/image-145.png" width="50" height="50"/><br /><br />Emerveillement au-del&agrave; du mar&eacute;cage<br />le canot conduit<br />au seuil d&rsquo;une caverne sacr&eacute;e<br />dans laquelle dit-on<br />pleuraient les dieux<br /><br />pas loin<br />un abri sous roche<br />et tout contre les parois<br />des restes de madriers <br />des pierres des planches<br />autrefois<br />des sauvages lacustres <br />la douleur &agrave; mar&eacute;e haute<br />s&rsquo;y rassemblaient<br />pour se consacrer &agrave; l&rsquo;essentiel<br /><br />&agrave; l&rsquo;aube <br />ils rejoignaient les rives<br />d&rsquo;un lac d&rsquo;altitude<br />avec les teignes<br />les vers et les asticots<br />c&rsquo;est &agrave; ces hommes qu&rsquo;on doit<br />la p&ecirc;che &agrave; la ligne <br />au filet<br />la p&ecirc;che au coup <br />&agrave; la mouche <br />la p&ecirc;che &agrave; la bombette<br />la p&ecirc;che au toc ou &agrave; r&ocirc;der  <br />&agrave; midi ils rabattaient les oiseaux aquatiques<br />&eacute;gar&eacute;s dans les touffes de roseaux<br />et les &eacute;changeaient en plaine contre des babioles<br /><br />plus tard ils &eacute;rig&egrave;rent<br />&agrave; deux pas de la caverne<br />un petit oratoire dans laquelle s&rsquo;est perp&eacute;tu&eacute;e une tradition <br />y priaient ceux qui avaient attrap&eacute;<br />de la main gauche<br />un poisson une grenouille <br />une &eacute;crevisse un serpent d&rsquo;eau <br />une mouche aquatique <br />un ver de lagune<br />un canard ou un cygne<br /><br />les gauchers se multipil&egrave;rent<br />c&rsquo;est dire que l&rsquo;oratoire <br />qu&rsquo;on appela<br /><em>la chapelle de la main aux merveilles</em><br />ne d&eacute;semplit pas<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 25 avril 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-04-26T16:16:24+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/fb1d01b54fb593bf9d8f49135cceaf2d-930.html#unique-entry-id-930</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/fb1d01b54fb593bf9d8f49135cceaf2d-930.html#unique-entry-id-930</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 123" src="http://www.lesmarges.net/files/marklin.png" width="50" height="50"/><br /><br />Au fond, qui ne souhaiterait pas mener la vie d&rsquo;une locomotive, une belle locomotive au museau froid et rond; filer t&ecirc;te baiss&eacute;e sous le soleil ou dans les &eacute;clairs, siffler, souffler, puis aller au pas dans la campagne d&eacute;serte, parmi le colza ou le bl&eacute;, recevoir des soins en fin de semaine dans un hangar aux allures de cath&eacute;drale, sommeiller les yeux grand ouverts dans un r&eacute;duit de province ou une immense gare de triage; et pour terminer, disposer d&rsquo;une retraite utile chez un ferrailleur, ou insens&eacute;e au bout d&rsquo;une voie de chemin de fer abandonn&eacute;e, les pieds dans les herbes hautes, pr&egrave;s d&rsquo;un bois, enlac&eacute;e par le lierre, loin des regards indiscrets.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Sonogno-Frasco-Gerra-Brione-Motta</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Autres lieux</category><dc:date>2010-04-23T21:13:46+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2c50d44c87f42e3bac8a041f783e69b2-922.html#unique-entry-id-922</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2c50d44c87f42e3bac8a041f783e69b2-922.html#unique-entry-id-922</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 175" src="http://www.lesmarges.net/files/image-175.png" width="50" height="50"/><br /><br />&agrave; <em>Nathana&euml;l Gobenceaux (</em><em><a href="http://leslignesdumonde.wordpress.com/" rel="self">Lignes du monde</a></em><em>)</em><br /><br />Jusqu&rsquo;au milieu du dix-neuvi&egrave;me si&egrave;cle les loups &eacute;taient nombreux au Tessin. Ils causaient de nombreux dommages aux paysans en d&eacute;cimant les troupeaux de ch&egrave;vres et de brebis. Pour les &eacute;liminer, les paysans creus&egrave;rent d&egrave;s le Moyen-Age des <em>l&uuml;&eacute;re</em>, fosses tapiss&eacute;es de pierres s&egrave;ches &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur desquelles ils d&eacute;posaient un app&acirc;t vivant pour les attirer et les y faire tomber. On trouve non loin de la petite plaine triangulaire de Brione deux t&eacute;moignages de ces pi&egrave;ges con&ccedil;us de telle mani&egrave;re que le loup pouvait y entrer mais, apr&egrave;s avoir d&eacute;vor&eacute; sa proie, ne pouvait plus en sortir. Il &eacute;tait ais&eacute; alors au paysan de tuer l&rsquo;animal, de lui sectionner une patte en &eacute;change de laquelle les autorit&eacute;s lui donnaient une r&eacute;compense.<br /> <br />De ses sources jusqu&rsquo;au Lac Majeur dans lequel elle dispara&icirc;t, la Verzasca ne s&rsquo;embarrasse de rien, elle embarque tout dans son lit: la caillasse qui roule du Pizzo Barone, de la Cima Bianca et du Mezzorgiono; les vieux m&eacute;l&egrave;zes, les ch&acirc;taigniers &eacute;puis&eacute;s, des h&ecirc;tres; la terre rare que ravine l&rsquo;eau de la fonte, les restes compost&eacute;s de foug&egrave;res, d&rsquo;edelweiss et de rhododendrons, l&rsquo;eau des cascades, celle des affluents &agrave; laquelle s&rsquo;abreuvaient autrefois les brebis quand ces anonymes avaient un nom, Efra, Motto, Poncione d&rsquo;Alnasca; l&rsquo;eau qui ruisselle, l&rsquo;eau qui glisse, celle du Val d&rsquo;Osola, les eaux qui ont eu raison des bergers, bient&ocirc;t colporteurs ou ramoneurs en Lombardie, &eacute;leveurs de b&eacute;tail ou vignerons en Californie, ouvriers au barrage de Contra lev&eacute; en contrebas du village de Vogorno noy&eacute; aujourd&rsquo;hui dans le lac de r&eacute;tention, employ&eacute;s de bureau &agrave; Locarno, &agrave; Bellinzone ou &agrave; Ascona. <br />La Verzasca a tout embarqu&eacute; mis &agrave; part les immenses blocs de pierre, schistes, micaschistes, gneiss et granite blanc en couches transversales, contre lesquels le torrent toujours plus gros vient buter et hurle continument, une immense rumeur, une rumeur caillouteuse comme si le torrent avait des galets dans la bouche.<br /><br />Il a fallu des si&egrave;cles aux <em>Verzaschesi </em>et leur b&eacute;tail, cheveux blonds et yeux bleus pour atteindre Sonogno, le dernier village de la vall&eacute;e, au confluent du Val Redorta et du val Vigornesso, en tenant m&eacute;nage en plusieurs endroits, cultivant ma&iuml;s et vigne jusqu&rsquo;&agrave; Vongorno, seigle, chanvre et pommes-de terre plus haut dans la vall&eacute;e. Les truites prosp&egrave;rent &agrave; Gerra. Le ch&acirc;taignier vigoureux a nourri leur sobri&eacute;t&eacute;, un chemin &agrave; double orni&egrave;re, une route enfin construite entre 1868 et 1873. Aujourd&rsquo;hui il ne faudra &agrave; l&rsquo;h&ocirc;te de Tenero qu&rsquo;une paire d&rsquo;heures pour boire un caf&eacute; au Grotto Redorta et revenir.<br /><br />Et tandis que je descends sur le chemin qui longe la rivi&egrave;re, tandis que je glisse sur cette pente, avec la terre, les vieux m&eacute;l&egrave;zes, j&rsquo;entends monter la folle rumeur de la Verzasca, comme celle d&rsquo;une r&eacute;sistance, une promesse qui ne l&acirc;che pas. Il n&rsquo;est pas ais&eacute; de remonter les murs de pierres s&egrave;ches, de retenir les habitants, impossible de dresser l&rsquo;eau, mais le bruit monte, remonte l&agrave;-haut, l&agrave; o&ugrave; sont les merveilles, au sources, &agrave; contre sens, l&agrave; d&rsquo;o&ugrave; vient cette rumeur, l&agrave; o&ugrave; on n&rsquo;entend rien.<br /><br />Au XIX&egrave;me si&egrave;cle, pas moins de 246 loups furent captur&eacute;s dans les vall&eacute;es tessinoises. Dans la Valle Verzasca la pr&eacute;sence du dernier loup remonte &agrave; 1908. En 2001 le loup a refait une apparition, tout l&agrave;-haut pr&egrave;s du lac Barone. Au-dessus les nuages, immobiles, on n&rsquo;entend rien, presque rien, quelque chose comme un songe, celui d&rsquo;un sage qui r&ecirc;vasse, &agrave; Porte Tolle, entre Venise et Ravenne, au bout du P&ocirc;.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 18 avril 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2010-04-21T21:13:46+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/41b0e549a70327d62a58b057353ad993-921.html#unique-entry-id-921</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/41b0e549a70327d62a58b057353ad993-921.html#unique-entry-id-921</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 201" src="http://www.lesmarges.net/files/imageb201.png" width="50" height="50"/><br /><br />Je poss&eacute;dais autrefois un gros livre que je feuilletais quelquefois et chacun de ses chapitres avaient pour titre le nom de l&rsquo;une des saisons. Dans cet ouvrage on ne comptait pas les ans, pas plus que les jours qui n&rsquo;ont pas grain&eacute;.<br />Aujourd&rsquo;hui, &agrave; gauche du chemin d&eacute;fonc&eacute; qui m&egrave;ne &agrave; l&rsquo;&eacute;tang, l&agrave; dans la terre pauvre, damn&eacute;e, aussi dure que le caillou, dans laquelle l&rsquo;eau ne s&rsquo;attarde pas, terre hostile sur laquelle les vip&egrave;res ne font que passer a &eacute;clos une nu&eacute;e de tussilages. En face, dans l&rsquo;ombre des feuillus, au-dessus de la rigole qui draine les eaux de ruissellement rampent des pervenches port&eacute;es par d&rsquo;innombrables guirlandes de petites feuilles, ovales, coriaces et g&eacute;n&eacute;reuses. Je m&rsquo;agenouille pour les observer et les prier de durer.<br />Tout va si vite, d&rsquo;autres fleurs pr&eacute;parent leur &eacute;closion, les m&eacute;l&egrave;zes tendrissent. Il faut te satisfaire de n&rsquo;avoir qu&rsquo;elles jusqu&rsquo;&agrave; la fin du jour. Sois pr&ecirc;t &agrave; d&eacute;soeuvrer en leur compagnie pour ralentir l&rsquo;inexorable venue du cr&eacute;puscule. Imagine le jour comme ces tapis de fleurs &eacute;ph&eacute;m&egrave;res que tu traverses, le jour aura les coud&eacute;es franches et s&rsquo;&eacute;tendra dans toutes les direction. Et lorsque le soleil aura malgr&eacute; tout quitter la partie, ne te h&acirc;te pas de rentrer pour raconter ce que tu as vu. N&rsquo;&eacute;cris rien, ou plus tard et dans la peine, dans la prolongation du jour, non pas peur de la nuit mais pour te pr&eacute;parer &agrave; la succession en rafale des beaux jours. Demain d&rsquo;autres fleurs t&rsquo;inviteront &agrave; te pencher, chacune &agrave; son tour, hors tout d&eacute;compte, la camomille bient&ocirc;t, dans les remblais, et derri&egrave;re les couronnes rampantes des pervenches les fi&egrave;res &eacute;pilobes, et le printemps reviendra et prolongera de quelques pages le gros livre que tu feuilletais autrefois.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>A l&#x27;aube</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-04-20T21:12:03+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a991f27a63872ec2b5e2cdc7b0525d10-919.html#unique-entry-id-919</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a991f27a63872ec2b5e2cdc7b0525d10-919.html#unique-entry-id-919</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 182" src="http://www.lesmarges.net/files/image-182.png" width="50" height="50"/><br /><br />L&agrave;-bas <br />dans l&rsquo;&eacute;troite bande de terre <br />qui borde l&rsquo;oc&eacute;an<br />les premiers hommes<br />dessinent<br />dans le sable<br />quoi<br />ils ne savent pas le dire<br /><br />ils tranchent &agrave; m&ecirc;me le temps<br />deux morceaux<br />ce qui fait trois<br />deux monstres et un fant&ocirc;me<br />dans le ciel<br />les proph&eacute;ties s&rsquo;amoncellent<br /><br />ils font tout <br />pour rabouter les chemins sectionn&eacute;s<br />pour rameuter les bois<br />recoller la t&ecirc;te du condamn&eacute;<br />raccommoder les cours d&rsquo;eau<br />ils y vont au courage<br />la t&acirc;che est sans fin <br /><br />chemins mal rabout&eacute;s<br />cavernes lacs et montagnes<br />noeuds du monde <br />accidents des interminables travaux<br />au cours desquels <br />nous sommes n&eacute;s pour la seconde fois<br /><br />issus d&rsquo;une trame <br />plus ancienne<br />sur laquelle on ne revient pas <br />ils font et tissent ensemble <br />ce qu&rsquo;ils ont s&eacute;par&eacute; <br /><br />au confluent<br />parfois pourtant<br />des esprits &eacute;clair&eacute;s <br />aper&ccedil;oivent derri&egrave;re la brume <br />un fr&eacute;missement <br />la lumi&egrave;re et l&rsquo;ombre<br />ils se souviennent <br />du temps sans personne<br />o&ugrave; nous &eacute;tions de n&rsquo;&ecirc;tre pas<br />et leur voix tremble<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Journ&#xe9;e sans</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-04-22T21:54:47+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/70793dfc574f365f11a3e67d4e0f0710-915.html#unique-entry-id-915</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/70793dfc574f365f11a3e67d4e0f0710-915.html#unique-entry-id-915</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/cielb.png" width="50" height="50"/><br /><br /><br />Que dire de ces journ&eacute;es que l'on pousse devant soi avec ceux de son esp&egrave;ce dedans et qui s&rsquo;ach&egrave;vent enfin lorsque la grille de l&rsquo;atelier grince? Rien sinon qu&rsquo;on est soulag&eacute;. On ne dispose pourtant d&rsquo;aucune poign&eacute;e d'&eacute;pluchures &agrave; lancer dans la basse-cour, pas m&ecirc;me des cris d'un fou qui ricocheraient contre les f&ucirc;ts des bois noirs. <br /><br />Les nuages de basse altitude d&eacute;guerpissent. Ceux du haut s&rsquo;embrasent et les sapins de la cr&ecirc;te du bois Vuacoz plient.<br /><br />Tout au long de la nuit un petit homme fam&eacute;lique surveille l'entr&eacute;e d&rsquo;une cath&eacute;drale. Il va vomir contin&ucirc;ment au pied d'un lampadaire pisseux dress&eacute; au centre d'un carrefour d&eacute;sert. Un peu plus loin, deux grosses femmes au dos nu tatou&eacute; grimacent &agrave; l'entr&eacute;e d'un b&acirc;timent en ruine, elles fument pour combattre le froid de l'hiver qui a rong&eacute; le peu de volont&eacute; qui leur reste, elles grimacent, elles ricanent, elles racontent &agrave; tour de r&ocirc;le la m&ecirc;me sale histoire. Dans la cour au bitume fissur&eacute;, des enfants amaigris, orphelins &ndash; cela se voit &ndash;  crient. Quelques-uns essaient, sans succ&egrave;s, de s'arracher des griffes d&rsquo;une b&ecirc;te immonde qui ronge leurs mains. D'autres &ndash; adolescents plut&ocirc;t &ndash; dansent autour d'un monument aux morts en b&eacute;ton d&eacute;cr&eacute;pi, ils se passent un objet incandescent qui fait saigner leurs mains et leur arrache la peau. Tout ce joli monde finit par me regarder en souriant.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Fin de partie</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-04-19T15:18:06+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7c40edfb1241e921a4169a1563a09b17-914.html#unique-entry-id-914</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7c40edfb1241e921a4169a1563a09b17-914.html#unique-entry-id-914</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 184" src="http://www.lesmarges.net/files/image-184.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il suffit parfois de se laisser glisser &agrave; l'arri&egrave;re du cort&egrave;ge et de s'accrocher confiant &agrave; sa tra&icirc;ne tandis que la nuit tombe, aller comme un automate en pr&ecirc;tant une oreille &eacute;tonn&eacute;e mais bienveillante aux cris de ceux qui en veulent, l&egrave;vent le poing, de ceux qui allongent le pas devant. Oublier ainsi un instant les lourdeurs qui collent aux basques et les doutes qui alourdissent les pas. Tourner le dos au choses qui avancent et qui ne vous attendent pas, secou&eacute; - berc&eacute; - par les cahots de la terre qui a lanc&eacute; son second demi-tour. Temporiser en songeant, &agrave; peine, au tas de mauvaises herbes et aux p&eacute;tales des roses fan&eacute;es qui reculent dans la nuit du jardin, aux oiseaux tapis dans les haies, au renard qui erre, aux chatons emm&ecirc;l&eacute;s dans la corbeille &agrave; linge. Temporiser &agrave; la queue du cort&egrave;ge jusqu'&agrave; ce que le sommeil vous ravisse et laboure tour &ccedil;a.<br />Le matin, les yeux s'ouvrent sur les montagnes &agrave; l'orient, tout est rinc&eacute; et on ne se souvient de rien. On aura beau chercher &agrave; s'en rappeler, &agrave; vouloir en fixer les &eacute;tapes, histoire d'en tirer une le&ccedil;on pour le lendemain. Rien. Rien n'en ressortira lorsque dans deux saisons l'analogue se pr&eacute;sentera &agrave; nouveau, il ne servira &agrave; rien de vouloir se souvenir &ndash; de quoi? &ndash;, aucune exp&eacute;rience n'y fait, il faudra &agrave; nouveau se glisser &agrave; la tra&icirc;ne du jour qui file &agrave; l'ouest et cet abandon suffira peut-&ecirc;tre encore.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Le regard &#xe9;loign&#xe9;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2010-04-16T15:18:06+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2aa78b5cbec92b2dc7625fa82be4146d-913.html#unique-entry-id-913</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2aa78b5cbec92b2dc7625fa82be4146d-913.html#unique-entry-id-913</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 190" src="http://www.lesmarges.net/files/ligne190.png" width="50" height="50"/><br /><br /><em>&agrave; Brigitte Celerier (</em><em><a href="http://brigetoun.blogspot.com/" rel="self">Paum&eacute;e divagations</a></em><em>)</em><br /><br />La ruelle qui monte au parking du coll&egrave;ge est d&eacute;serte, personne sous le soleil, des reflets seulement, pas de trottoir, quelques couleurs, deux ou trois choses sans nom qu'on apprend &agrave; nommer &agrave; l'&eacute;cole, et tout autour, jusqu'au ciel, ce l&eacute;ger d&eacute;sordre dont on on n'a jamais su trop quoi dire.<br />Les fen&ecirc;tres sont ouvertes, Lucas, Mathilde et les autres travaillent. L'air libre dehors s'agite, ou plut&ocirc;t fr&eacute;mit, si bien que la fra&icirc;cheur entre dedans avec le soleil, le ciel et la fra&icirc;cheur d'avril, celle qui d&eacute;salt&egrave;re au contact de la laine rousse et br&ucirc;lante. Le corps ne s'en d&eacute;fend pas, elle me confond et me tire dehors, o&ugrave; suis-je? <br />C'est quelque chose qui vient de je ne sais o&ugrave;, mais auquel je me livre sans reste; quelque chose qui me conduit comme chaque fois en des lieux laiss&eacute;s pour compte, parce qu'il n'y a pas de place pour &ccedil;a ni dans le monde ni dans la m&eacute;moire, parce que &ccedil;a ne prend pas de place, &ccedil;a a toujours &eacute;t&eacute; l&agrave;, &ccedil;a n'attend pas. Me voici ravi dedans et dehors, hier demain et aujourd'hui. <br />J'ai termin&eacute; mes devoirs &ndash; abscons, inutiles, b&acirc;cl&eacute;s &ndash; et je file devant, dans un espace immense et vide, ou plut&ocirc;t un espace que je n'ai pas eu le temps de remplir, c'est avant le repas du soir, entre cinq et six et il fait beau, c'est au mois d'avril. Les recommandations de ma m&egrave;re se sont perdues dans le long couloir, derri&egrave;re aussi la porte de l'appartement qui claque, je suis en avant de tout, le garde corps de la premi&egrave;re vol&eacute;e d'escalier a fini de gronder, le saut par-dessus la seconde vol&eacute;e est derri&egrave;re moi, &ccedil;a r&eacute;sonne comme dans une &eacute;glise. Reste la lourde porte d'entr&eacute;e si difficile &agrave; faire bouger, sur laquelle il fallait s'arc-bouter mais dont jamais personne ne s'est plaint; ni p&ecirc;ne ni serrure, ni g&acirc;che ni cl&eacute; ne bougeaient plus, seul quelques grincheux esp&eacute;raient qu'il en f&ucirc;t autrement. Je demeure immobile sur le perron, un pied sur son vieux marbre piqu&eacute;, l'autre accompagne le mouvement de la porte qui se referme lentement derri&egrave;re moi, comme si c'&eacute;tait son poids qui la ralentissait, le nez dehors, &agrave; deux pas du monde avec son soleil immense, avec derri&egrave;re dans la nuit de la cage d&rsquo;escalier des cha&icirc;nes, et devant le silence d'avant quoi que ce soit. Je n&rsquo;attends rien et &ccedil;a dure une &eacute;ternit&eacute;. Et puis, apr&egrave;s &ndash; mais quand? &ndash;, la porte accouche d'un claquement, sec et effar&eacute;, &agrave; peine audible, et on va de l'avant pour toujours. <br />Mais aucun verrou ne peut barrer la route &agrave; notre d&eacute;sir d'&ecirc;tre, sinon le d&eacute;sir de mourir. Et plus tard, lorsque l&rsquo;impr&eacute;vu nous rappellera &agrave; l&rsquo;ordre, on sera libre de commencer avant qu'il ne soit trop tard la mise &agrave; jour de ce dont la vie nous a &eacute;loign&eacute; pour que, gu&eacute;ri de l'exil &ndash; le mal n&eacute;cessaire &ndash;, nous parvenions au printemps suivant &agrave; y go&ucirc;ter un peu &agrave; nouveau, le regard &eacute;loign&eacute;.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Rat&#xe9;s</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2010-04-15T09:30:03+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2dee006d01ce92613856214e84cab94e-911.html#unique-entry-id-911</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2dee006d01ce92613856214e84cab94e-911.html#unique-entry-id-911</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 119" src="http://www.lesmarges.net/files/rougerouge.png" width="50" height="50"/><br /><br />J'ai &eacute;cout&eacute; hier soir un expos&eacute; remarquable d'un penseur brillant. Il a su me faire entendre dans un fran&ccedil;ais limpide et avec des mots qui &eacute;taient &agrave; la fois les miens et les siens ce que nous ne pouvions pas manquer de partager &agrave; la fin. Je n'ai pas tenu la distance,.... je me suis assoupi et j'ai pris le large, manquant de cet air qui doit nous maintenir &agrave; bonne distance et permettre au monde de s'installer en tiers.<br /><br />En &eacute;coutant Clarisse parler en un fran&ccedil;ais approximatif, bancal parfois, je me suis approch&eacute; tout pr&egrave;s de ce &agrave; c&ocirc;t&eacute; de quoi elle passait, sans esp&eacute;rer pourtant jamais parvenir &agrave; faire autre chose que de l'effleurer. C'est le maintien de la distance entre ce qu'elle essayait de dire dans une langue qui n'&eacute;tait pas la sienne et ce que cela supposait vouloir dire dans sa langue maternelle qui me ravissait et offrait la possibilit&eacute; de l'av&egrave;nement d'une r&eacute;alit&eacute; et d'un sens.<br />En acceptant de dire ce &agrave; c&ocirc;t&eacute; de quoi elle allait immanquablement passer en usant d'une langue &agrave; double foyer, Clarisse faisait entendre l'insuffisance de nos langues maternelles et  les accidents de nos pens&eacute;es. C'est par le creusement de cet espace ind&eacute;termin&eacute; rythm&eacute; par les rat&eacute;s de nos deux langues que nous disposons d'un milieu. <br /><br />La disparition acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e des langues est une trag&eacute;die, le r&egrave;gne d'une seule une catastrophe. Comment voudrais-tu que j'aper&ccedil;oive la densit&eacute; de ce qui m'entoure si tu uses des mots de ma langue? On ne na&icirc;t au monde que par la m&eacute;diation de la langue de l'autre.<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>O&#xf9; sont les pigeons?</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-04-14T09:10:41+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/8a5993fdbd0592a3daf6144f499b1976-909.html#unique-entry-id-909</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/8a5993fdbd0592a3daf6144f499b1976-909.html#unique-entry-id-909</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 2" src="http://www.lesmarges.net/files/jounotdf.png" width="50" height="50"/><br /><br />Si la sagesse populaire nous rappelle qu&rsquo;une hirondelle ne fait pas le printemps, Mao Ts&eacute;-toung nous a &eacute;galement enseign&eacute; que 807 hirondelles peuvent ais&eacute;ment, si elles se donnent le mot, inverser la ronde des saisons.<br /><br />Depuis que la nouvelle loi sur la protection des animaux est entr&eacute;e en vigueur, plus moyen de joindre par t&eacute;l&eacute;phone le v&eacute;t&eacute;rinaire ou le marchand de volailles, le r&eacute;seau est satur&eacute;&nbsp;: poules, oies, poulets, canards, dindons, tous t&eacute;l&eacute;phonent &agrave; leur avocat.<br /><br />Le chardonneret dans les mains du souverain, l'ancolie et le lys aux pieds des rois-mages, et pour nous le chemin boueux.<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">20 mars 2010</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Le jour du glyphe</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-04-13T20:55:01+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e170ce65de1ba312d075c88ea1d37270-907.html#unique-entry-id-907</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e170ce65de1ba312d075c88ea1d37270-907.html#unique-entry-id-907</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 166" src="http://www.lesmarges.net/files/jenesaisqui.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Des quartiers <br />il y en avait des quartiers <br />et ces quartiers<br />sur l&rsquo;&icirc;le<br />avaient un nom<br />cinq quartiers <br />cinq noms<br />sans fond<br />et pourtant<br />exempts de secret<br /><br /><em>l&rsquo;empreinte du cactus</em><br /><em>au milieu du milieu<br />le bouclier &agrave; la fl&egrave;che perdue</em><br /><em>le rep&egrave;re des aigles<br />le nid du serpent &agrave; plumes<br /></em><br />ces quartiers correspondaient<br />&agrave; des entailles<br />dans le temps<br />et on racontait les hauts faits<br />de leurs habitants <br /><br />seule l&rsquo;&eacute;tendue d&rsquo;eau<br />vers laquelle <br />coulaient<br />les ruisseaux de l&rsquo;&icirc;le<br />seule la lagune<br />qu&rsquo;un long m&ocirc;le <br />de pierres cyclop&eacute;ennes<br />tenait &eacute;loign&eacute;e<br />de l&rsquo;oc&eacute;an <br />demeurait &agrave; l&rsquo;&eacute;cart du grand partage<br /><br />on a essay&eacute; disons-le<br />d&rsquo;entailler cette &eacute;tendue<br />mais rien n&rsquo;y fit<br />aucun r&eacute;cit ni ciseau ni fl&egrave;che <br />n&rsquo;entama la lagune<br />on lui donna simplement <br />le nom de <em>glyphe</em> <br />ce sont les go&eacute;lands et les cormorans <br />sur le m&ocirc;le immobiles jours et nuits<br />qui firent le reste<br /><br />une fois par ann&eacute;e<br />au <em>jour du glyphe</em><br />ils ouvraient leurs ailes <br /><br />s&rsquo;ils s&rsquo;envolaient <br />du c&ocirc;t&eacute; de la lagune <br /><br />les enfants juch&eacute;s <br />sur les &eacute;paules des vieillards <br />poussaient des cris<br />pr&eacute;cipitaient <br />les vieillards gueulants<br />au milieu des joncs <br />des roseaux<br />les corps mourants <br />d&eacute;rivaient alors<br />sur la lagune jusqu&rsquo;au m&ocirc;le<br /><br />s&rsquo;ils prenaient <br />la direction de l&rsquo;&icirc;le<br /><br />on portait les vieillards en triomphe<br />jusqu&rsquo;au pied du figuier<br />et les enfants leur tendaient des fruits<br /><br />&agrave; la pleine lune qui suivait<br />quoi qu&rsquo;en aient d&eacute;cid&eacute; les augures<br />on jetait les armes<br />dans la lagune<br />et c&rsquo;en &eacute;tait fait d&rsquo;une g&eacute;n&eacute;ration<br /><br />je n&rsquo;ai pas trouv&eacute; plus fid&egrave;le image <br />de la pr&eacute;cipitation des premiers hommes<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 11 avril 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-04-12T14:57:12+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/735cb15a507438ca3267b4d2834ccaf8-905.html#unique-entry-id-905</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/735cb15a507438ca3267b4d2834ccaf8-905.html#unique-entry-id-905</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/limieresint-4.png" width="50" height="50"/><br /><em><br /></em>Un bout de haie maigre sous le soleil en haut du talus qui borde la route des <em>Ch&ecirc;nes</em>, &agrave; deux pas de <em>Vers Chez les Porchet: </em>quelques fines tiges de noisetiers sous des fr&ecirc;nes, et des ronces, un bouleau aussi, d&eacute;capit&eacute; et manchot. Je m'agite, n'ai-je pas d'autres choses &agrave; faire? des choses plus s&eacute;rieuses? La raison pique du nez, je fais demi-tour et grimpe sur le talus. Avec une l&eacute;g&egrave;re appr&eacute;hension, faudra-t-il attendre encore? <br />Je t&acirc;te la terre et m'y assieds pour la premi&egrave;re fois cette ann&eacute;e, j'aper&ccedil;ois de plus pr&egrave;s les jeunes ronces que se partagent &eacute;quitablement les bourgeons neufs et les piquants ac&eacute;r&eacute;s. Le dispositif est sommaire mais il me prot&egrave;ge de la bise. Nulle tra&icirc;trise, la terre est s&egrave;che, meuble, chaude, des promesses et du bonheur. Tout autour le lierre r&eacute;sistant, vert, luisant, et les reliefs de l'ann&eacute;e derni&egrave;re dont la neige, le froid et la pluie ne sont pas venus &agrave; bout: les brindilles se cassent comme des allumettes, les feuilles mortes s'&eacute;miettent comme du tabac. Trop de soleil pour accueillir les crocus, les pervenches ou les an&eacute;mones, la haie est grise.<br />Je t&acirc;te la terre et m'y couche pour la premi&egrave;re fois cette ann&eacute;e, j'aper&ccedil;ois en haut les branches innombrables d'un chandelier, c'est un long fr&ecirc;ne qui ondule sous la bise, m&egrave;ches encore &eacute;teintes. J'entends &agrave; c&ocirc;t&eacute; de moi un froissement t&eacute;nu, c'est une coccinelle &agrave; la t&acirc;che, elle a bien six ans d'&acirc;ge, mais on n'est d&eacute;cid&eacute;ment pas aux m&ecirc;mes dimensions, j'ai beau m'approcher, lui pr&ecirc;ter mon assistance pour franchir les innombrables obstacles, elle m'ignore. Impossible de la comprendre, sa paire de lunettes jaunes semblent lui suffire dans l'obscurit&eacute;. Je m'acharne, continue mes observations idiotes, elle s'obstine elle aussi avant de s'envoler. <br />Je somnole, est-il bien raisonnable de rester l&agrave; couch&eacute; &agrave; ne rien faire? continuer? mais continuer quoi et m'en aller o&ugrave;? Me voici soudain ramen&eacute; au rang de la bestiole: que faire dans cette obscurit&eacute; qui semble me satisfaire et dans laquelle je m'endors? Et qui est pr&ecirc;t &agrave; me donner un coup de main? <br />Sans savoir comment, me voil&agrave; debout, le long du pr&eacute; qui descend jusqu'au bois. Je cherche sans y croire les deux ou trois morilles que j'ai vues il y a quelques jours dans les mains du Grignanais pr&egrave;s du Lez. Mais n'y crois pas, pas la t&ecirc;te &agrave; &ccedil;a, mais la t&ecirc;te &agrave; quoi, la t&ecirc;te &agrave; rien. Je continue ma promenade, il n'y a bient&ocirc;t plus rien, du gui qui colonise les vergers et moi en trop. Et soudain, sans savoir exactement comment ni pourquoi, je rejoins la coccinelle qui avait pris une grosse avance sur moi, je m'envole, pour rien, l&agrave;-bas, sur les hauts de M&eacute;zi&egrave;res et de Ferlens.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>LXI</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-04-09T14:48:23+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/81fbe842a23e3de7a3472c4856c4f8b2-903.html#unique-entry-id-903</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/81fbe842a23e3de7a3472c4856c4f8b2-903.html#unique-entry-id-903</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 148" src="http://www.lesmarges.net/files/rougeetsudfrance.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Cathy m'a pri&eacute; de donner un coup de main &agrave; son neveu en difficult&eacute;s scolaires. Il peine tout particuli&egrave;rement en math&eacute;matiques et en physique. Je me trouvais donc en cette fin d'apr&egrave;s-midi &agrave; la table du personnel du caf&eacute;, aux c&ocirc;t&eacute;s de Georges qui avait &agrave; r&eacute;soudre pour la semaine prochaine un devoir li&eacute; &agrave; la question de la pouss&eacute;e d'Archim&egrave;de.<br />Je lui explique donc qu'un corps plong&eacute; en tout ou en partie dans un fluide soumis &agrave; un champ de gravit&eacute; subit une force particuli&egrave;re, je tente ensuite de lui faire comprendre que cette force provient de l'augmentation de la pression du fluide avec la profondeur, que la pression, &eacute;tant plus forte sur la partie inf&eacute;rieure d'un objet immerg&eacute; que sur sa partie sup&eacute;rieure, il en r&eacute;sulte une pouss&eacute;e globalement verticale orient&eacute;e vers le haut... Mais je m'interromps quand je m'aper&ccedil;ois que le corps de Georges est emm&ecirc;l&eacute; dans le filet de mes explications, les yeux grand ouverts, bouche b&eacute;e:  je crains que son esprit n'ait pris la poudre d'escampette, je me sens bien seul.<br />Je change alors mon fusil d'&eacute;paule et d&eacute;cide de lui proposer une approche plus intuitive du probl&egrave;me, une approche qui devrait, je l'esp&egrave;re, le rapatrier parmi nous et lui permettre d'acc&eacute;der &agrave; l'essentiel. Je me lance... <br />&ndash; C'est dans sa baignoire qu'un beau jour Archim&egrave;de se rend... <br />&ndash; Ah! non, pas &ccedil;a, pas lui! C'est un vrai cave ce gars-l&agrave;! Changer une ampoule dans un h&ocirc;tel d'Alexandrie le cul dans une baignoire, faut le faire! Un inculte pire pas des n&ocirc;tres!<br />Je prends ma respiration, ferme les yeux et coule &agrave; pic!<br />]]></content:encoded></item><item><title>Memento mori</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-04-06T10:39:46+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f05fca53a55413030959639afce56083-901.html#unique-entry-id-901</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f05fca53a55413030959639afce56083-901.html#unique-entry-id-901</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 199" src="http://www.lesmarges.net/files/televicezrewsaa.png" width="50" height="50"/><br /><br />Ne pas mourir n&rsquo;offrirait qu&rsquo;un avant-go&ucirc;t assez quelconque de l&rsquo;&eacute;ternit&eacute;. Pour y go&ucirc;ter pleinement, il faudrait non seulement ne pas mourir, mais encore&nbsp;ne pas &ecirc;tre n&eacute;. Et &ccedil;a, c&rsquo;est pas &agrave; la port&eacute;e de n'importe qui.<br /><br />Jean-R&eacute;my, militant actif d&rsquo;<em>Economie</em> et <em>propret&eacute;</em>, a exig&eacute; de son entourage que le parti puisse disposer un jour de ses cendres pour confectionner un savon. Je voudrais de mon c&ocirc;t&eacute; qu&rsquo;on me c&egrave;de celui-ci, un seul instant, pour effacer soigneusement les traces de son passage.<br /><br />Une paire de ciseaux et un noeud en huit pour le s&eacute;parer de sa m&egrave;re, un harnais en collier sur lequel il aura tir&eacute; toute sa vie, la faux oubli&eacute;e qui l&rsquo;attend au bout du chemin.<br /><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">4 avril 2010</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dans la marche</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-04-07T10:37:10+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/9dc86c373ee324c11bfe3dd31f3f5a50-900.html#unique-entry-id-900</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/9dc86c373ee324c11bfe3dd31f3f5a50-900.html#unique-entry-id-900</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 114" src="http://www.lesmarges.net/files/alabilleudefts.png" width="50" height="50"/><br /><br />A c&ocirc;t&eacute; des pr&ecirc;tres et des guerriers<br />qui se partagent<br />le fruit des travaux <br />de ceux qui n&rsquo;ont bient&ocirc;t plus rien<br />&agrave; c&ocirc;t&eacute; des agriculteurs<br />des marchands et des fonctionnaires <br />spoli&eacute;s et bient&ocirc;t ext&eacute;nu&eacute;s<br />un paysan<br /><br />il refuse net<br />de payer l&rsquo;imp&ocirc;t<br />et se retire dans les marches de l&rsquo;&icirc;le<br />accueille les pauvres errantes<br />dans sa hutte<br />avec lesquelles il chante<br />confectionne des manteaux <br />en fibres de ma&iuml;s<br />les amoureux les rejoignent<br /><br />qui l&rsquo;a vu se souvient<br />de l&rsquo;&eacute;clat de sa patience<br />de ses mains creus&eacute;es<br />par les heures<br />d&rsquo;un labeur <br />obscur mais in&eacute;vitable<br />de son pagne bigarr&eacute; <br />brod&eacute;<br /><br />presque rien<br />pas de bijou en or<br />de petites r&eacute;coltes<br />et deux mots interdits <br />h&eacute;g&eacute;monie et ascension<br /><br />pas d&rsquo;autre c&eacute;l&eacute;bration<br />un verre de ferment&eacute;<br />au jour des ligatures<br />et un hymne <br />au jour de la p&eacute;nombre<br /><br />lui et ses compagnons <br />v&eacute;curent des bienfaits <br />que s&eacute;cr&egrave;tent les horizons &eacute;troits<br /><br />je le dis<br />mais qui l&rsquo;aurait dit<br />c&rsquo;est eux<br />qui enray&egrave;rent <br />sans qu&rsquo;ils le veuillent<br />la d&eacute;sertion des bois<br />en pla&ccedil;ant un labret d&rsquo;ambre<br />dans les m&acirc;choires des loups<br />et en offrant leur libert&eacute; <br />aux b&ecirc;tes de la basse-cour<br />trop longtemps captives<br /><br />trois g&eacute;n&eacute;rations<br />se succ&eacute;d&egrave;rent <br />dans cette r&eacute;gion de l&rsquo;&icirc;le<br />et puis plus rien<br /><br />le chroniqueur <br />&eacute;voque la vie <br />de ce singulier personnage<br />en marge du r&eacute;cit<br />de la disparition <br />des petits dieux locaux<br />il ne dit rien d&rsquo;autre des circonstances<br /><br />la m&eacute;moire est oublieuse<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Les p&#xe9;nitents de Valr&#xe9;as</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Autres lieux</category><dc:date>2010-04-08T19:00:43+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2ec04ae6df34f15fe97b6e398b8f7deb-899.html#unique-entry-id-899</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2ec04ae6df34f15fe97b6e398b8f7deb-899.html#unique-entry-id-899</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 137" src="http://www.lesmarges.net/files/trublevalreas.png" width="50" height="50"/><br /><br />Nefs lat&eacute;rales en demi-berceaux financ&eacute;es par d&rsquo;anciennes familles; chapelles en couronne; fleurs, p&eacute;tales; un moine et un sanglier dans le feuillage; dessus un campanile octogonal &agrave; baies trilob&eacute;es coiff&eacute; d&rsquo;une couverture conique; cinq pans rectangulaires renforc&eacute;s par des pilastres &agrave; chapiteaux. Et l&rsquo;orgue, <em>de la m&ecirc;me grosseur et ton de ceux de Cavaillon</em>, et le bois travaill&eacute; en bosses, positif de douze jeux et un p&eacute;dalier; harpies, dragons, anges sonnant, putti et v&eacute;g&eacute;taux. <br />Dedans douze p&eacute;nitents de notre temps, attel&eacute;s &agrave; la mis&egrave;re du monde, sacs &agrave; main gliss&eacute;s sous le banc, ob&eacute;issants, ils prient et chantent &ndash; il reste tant de choses &agrave; faire pour am&eacute;liorer le sort des hommes, les accompagner &agrave; l&rsquo;&eacute;chafaud, les ensevelir, en d&eacute;livrer quelques-uns, se consacrer aux malades, lancer quelques pri&egrave;res, assurer les soins, proclamer sa foi, processions et charit&eacute;. Ce matin les p&eacute;nitents de Valr&eacute;as accompagnent en pens&eacute;es et en louanges ceux de la paroisse qui sont partis en car pour Lourdes, ou en train pour l&rsquo;&Icirc;le de France. Avec une intensit&eacute; variable, une douzaine, je l&rsquo;ai dit, ce sont des p&eacute;nitents gris, avec une jeune femme tout devant, p&acirc;le, &agrave; sa droite un pr&ecirc;tre, blanc, tristes &agrave; mourir. Soudain une voix d&rsquo;alto sort de derri&egrave;re un pilastre, tout se r&eacute;chauffe, les paupi&egrave;res se soul&egrave;vent. Il aura suffi d&rsquo;une tierce pour que le vaisseau s&rsquo;envole.<br />Dehors une ville grise, cagoul&eacute;e. fatigu&eacute;e de tirer derri&egrave;re elle des si&egrave;cles de petites gloires, maisons ferm&eacute;es, stores baiss&eacute;s, des reliefs d&rsquo;industries, quelques souvenirs, des remorques sur des plots, des oiseaux sans personne pour les &eacute;couter. <span style="font:12px Trebuchet, Verdana, serif; color:#1A1A21;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 4 avril 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2010-04-05T19:00:17+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a8fdd48b0dbe55e2ee3dce9598b6df3d-898.html#unique-entry-id-898</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a8fdd48b0dbe55e2ee3dce9598b6df3d-898.html#unique-entry-id-898</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 112" src="http://www.lesmarges.net/files/zavledepebtecpite.png" width="50" height="50"/><br /><br />Les voix qui, hier en fin d&rsquo;apr&egrave;s-midi, avaient m&ecirc;l&eacute; leur grain au vent apr&egrave;s que celui-ci eut forci, avant de s&rsquo;en s&eacute;parer &ndash; il s&rsquo;&eacute;tait mis &agrave; pleuvoir &ndash;, et de se retirer un caf&eacute; &agrave; la main dans la maison close puis, &agrave; la nuit, plus profond&eacute;ment encore, de murmures en murmures, dans les chambres &agrave; coucher, se l&egrave;vent l&rsquo;une derri&egrave;re l&rsquo;autre ce matin, s&rsquo;assurant par de timides saluts crois&eacute;s qu&rsquo;elles sont bien vivantes. Elles s&rsquo;&eacute;prouvent l&rsquo;une l&rsquo;autre tandis que le soleil entame sa course sans se retourner. <br />Je le sais, je les entends ces voix, m&rsquo;en r&eacute;jouis m&ecirc;me, mais n&rsquo;y touche pas, tout occup&eacute; que je suis &agrave; faire tenir debout, au bout de la nuit, sur un &eacute;cran flottant dans la d&eacute;pression d&rsquo;un r&ecirc;ve, une figure constitu&eacute;e de deux parties : &agrave; gauche quelque chose comme un texte de six ou sept lignes, &agrave; droite l&rsquo;image d&rsquo;un autre texte, l&eacute;g&egrave;rement d&eacute;cal&eacute; vers le bas et plus court. Je les lis une fois, deux fois, &eacute;tonn&eacute; par leur &eacute;quilibre, leur mati&egrave;re aussi, je me promets alors de les transcrire sit&ocirc;t &eacute;veill&eacute;. Je les lis encore &agrave; plusieurs reprises, consciencieusement, sans jamais pourtant distinguer chacune de leurs parties. J&rsquo;ouvre un oeil, &agrave; peine un oeil, le referme, me retourne pour v&eacute;rifier que je suis en mesure de tirer ces deux objets hors de la nuit. Je sais la t&acirc;che difficile, vont-ils survivre au changement de milieu? Je me d&eacute;cide et l&egrave;ve une paupi&egrave;re, ils sont l&agrave;, au guichet du sommeil. J&rsquo;avance encore un bout en entrouvrant la seconde paupi&egrave;re... Trop tard, la figure s&rsquo;&eacute;chappe, les mots aussi, le sens m&ecirc;me de l&rsquo;ensemble. Demeure la certitude qu&rsquo;ils existent bien de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la barri&egrave;re<br />Je ne renonce pas, malgr&eacute; une voix qui me souffle que la partie est condamn&eacute;e d&rsquo;avance. Je me retourne, ferme les yeux une nouvelle fois, et me rendors en prenant garde de ne pas entrer trop loin dans la nuit dont je suis, quoi qu&rsquo;il advienne et quels que soient mes efforts pour y demeurer, en train de m&rsquo;&eacute;loigner. Je somnole sur le seuil, me retourne. J&rsquo;aper&ccedil;ois alors, au-del&agrave; de l&rsquo;arri&egrave;re de mes yeux, les traces de mes deux images. Je les lis &agrave; nouveau en me promettant de ne pas bouger tant que je ne serai pas assur&eacute; de pouvoir les emporter du c&ocirc;t&eacute; du jour. C&rsquo;est finalement fait, j&rsquo;en ai la conviction, je crois en avoir le contr&ocirc;le, fais un pas &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur, soul&egrave;ve une paupi&egrave;re, un pas encore. Mais je sens alors que les deux images s&rsquo;appr&ecirc;tent &agrave; se glisser dans l&rsquo;ouverture par laquelle le sommeil vient le soir et s&rsquo;en va le matin. La haute pression du r&eacute;el ne fait qu&rsquo;une bouch&eacute;e du tout dont la consistance suppos&eacute;e ne r&eacute;siste pas, tout se dilue, ne reste rien. <br />Je repars pourtant en campagne, obstin&eacute;, la partie ne me semble pas perdue, j&rsquo;y retourne les yeux ferm&eacute;s encore une fois, sachant bien que je ne pourrai pas r&eacute;it&eacute;rer une infinit&eacute; de fois l&rsquo;op&eacute;ration. Je sens mes forces qui diminuent, les portes se fermer, les stores se baisser. Les caract&egrave;res des images s&rsquo;estompent &ndash; dans la nuit ? dans le jour ? Les textes deviennent illisibles. Je force, mets la main sur un groupe de trois mots plac&eacute;s en t&ecirc;te du second texte qui sont rest&eacute;s en arri&egrave;re &ndash; en italique ? en gras ? soulign&eacute;s ? &ndash; auxquels je m&rsquo;accroche, et que je sors de force. Ils se laissent faire: <em>cliquetis des &eacute;pitaphes</em>. J&rsquo;ouvre les yeux, satisfait d&rsquo;abord de n&rsquo;&ecirc;tre pas rentr&eacute; les mains vides, d&eacute;&ccedil;u pourtant de la fadeur de ce groupe, pire, doutant m&ecirc;me de l&rsquo;origine nocturne de chacun de ses constituants. Ainsi j&rsquo;aurais &eacute;t&eacute; incapable de retenir les bribes d&rsquo;un r&ecirc;ve, qui m&rsquo;auraient fait gagner sans effort ma journ&eacute;e? Rien n&rsquo;y fait, on n&rsquo;y peut rien.<br />Il faut tourner la page, j&rsquo;entends les oiseaux et me mets &agrave; picorer. J&rsquo;entends le vent qui a forci depuis la veille, mais dont le r&eacute;gime s&rsquo;est invers&eacute;. Le vent du nord a fait la lessive, refoulant quelques nuages sales au dessus de la vall&eacute;e du Rh&ocirc;ne qui dispara&icirc;tront cet apr&egrave;s-midi. Quelques voix se croisent en bas, je goutte &agrave; l&rsquo;odeur du pain qui monte &agrave; l&rsquo;&eacute;tage, &agrave; la chaleur de la nuit et &agrave; celle que j&rsquo;aime, &agrave; l&rsquo;air cru dehors qui chatouille le nez, j&rsquo;aper&ccedil;ois les gouttelettes de condensation sur les vitres, je passe en revue le visage de ceux qui dorment, j&rsquo;entends les rires retenus des enfants et le  vrombissement des voitures sur le pont du Lez, je m&rsquo;aventure en faisant coexister quelques-uns des morceaux du r&eacute;el. <br />Une porte claque en bas, et la fen&ecirc;tre de la chambre d&rsquo;en haut s&rsquo;ouvre en r&eacute;ponse, apportant la preuve que les choses conspirent. Les morceaux ramass&eacute;s appartiennent &agrave; un ensemble dont je devine les grandes lignes. Et je souris aux civilit&eacute;s d&rsquo;avant le d&eacute;jeuner, au cliquetis du dispositif de fermeture de la porte de la salle de bains. <br /><br /><em>Ne faudrait-il pas sortir de la nuit par une autre porte que celle qui nous y conduit? pour en sortir les mains pleines, ne faudrait-il pas prendre la porte qui est &agrave; l&rsquo;autre bout du couloir?</em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Le d&#xe9;clin du jour &#x7c; Juliette Zara</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Vases communicants</category><dc:date>2010-04-02T00:45:58+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/59cfd2754c883e317e340097f7c73712-895.html#unique-entry-id-895</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/59cfd2754c883e317e340097f7c73712-895.html#unique-entry-id-895</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="IMG_6811" src="http://www.lesmarges.net/files/img_6811-2.jpg" width="480" height="147"/><br /><br />Au fond, je vis comme sur une &icirc;le.<br /><br />Louise &eacute;tait appuy&eacute;e contre le garde-corps. Le vent, un peu insistant, faisait danser devant son visage les m&egrave;ches qui avaient &eacute;chapp&eacute; &agrave; leur lien.<br /><br />J'ai le corps englu&eacute; dans les choses et l'&acirc;me aspir&eacute;e par l'horizon. Encercl&eacute;e. Quelque chose doit poindre l&agrave;-bas. Quelque chose, oui, quelque chose. Je d&eacute;vore l'horizon et toujours elle, toujours elle qui point. Cette attente. Jamais ici, toujours l&agrave;-bas. Jamais maintenant, toujours plus tard. La vie &agrave; attendre que quelque chose se passe, la vie, une s&eacute;rie de buts &agrave; atteindre &agrave; perte de vue. Un d&eacute;sir de terminus.<br /><br />Louise, Louise... dans sa vie bien rang&eacute;e cherchait le terme et le sens. L'attente sonnait en rythme les percussions de ses heures, de ses jours, de ses ann&eacute;es. L'attente &eacute;tait l'ogresse qui d&eacute;vorait toutes ses offrandes, sa vie. Conjuratoire. &Ecirc;tre l&agrave;. Impossible pour Louise, enracin&eacute;e dans ce lancer de pierre, ricochet suspendu au-dessus des eaux. &Ecirc;tre l&agrave;, appuy&eacute;e au garde-corps. Le vent, un peu fort, semblait complice de cette succion de son &acirc;me vers d'invisibles lointains qui ne viendraient jamais jusqu'&agrave; elle.<br /><br />Les jours passent, vacants. Retir&eacute;s. Dans le silence qui pr&eacute;c&egrave;de ce qui doit arriver et qui n'arrive jamais. Je passe, en souffrance, comme un corps que personne ne vient r&eacute;clamer. <br /><br />Oh ma Louise, je le regardais ton horizon et c'est &agrave; une &eacute;tonnante pavane que j'assistais. Une ligne se d&eacute;multipliait et se tordait en volutes au loin devant nous, dans la pulsation color&eacute;e du soir. Le ciel fondait tout entier dans les grandes orgues d'un brasier aussi p&eacute;n&eacute;trant que ton regard. Je frissonnais au trissement des hirondelles qui racontaient leurs voyages dans les terres australes. Et ta silhouette se d&eacute;coupait sur ce d&eacute;cor, dans le cr&eacute;puscule. J'apercevais tout juste le coin de tes yeux &agrave; l'aff&ucirc;t, qui brillaient au reflet de cet effondrement de tout espoir toujours recommenc&eacute;, le d&eacute;clin du jour.<br /><br />D'un jour qui rena&icirc;t chaque matin.<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Juliette Zara<br /></span></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/blandeblanc-2.png" width="14" height="27"/><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"> <br /></span><img class="imageStyle" alt="Image 70" src="http://www.lesmarges.net/files/image-70.png" width="50" height="50"/><br /><em><br /></em><em>&eacute;crit par Juliette Zara qui m&rsquo;accueille </em><em><a href="http://enfantissages.free.fr/" rel="self">chez elle</a></em><em> dans le cadre du </em><em><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts" rel="self">projet de vases</a></em><em><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts" rel="self"> communicants</a></em><em>&nbsp;: le premier vendredi du mois, chacun &eacute;crit sur le blog d&rsquo;un autre, &agrave; charge &agrave; chacun de pr&eacute;parer les mariages, les &eacute;changes, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement&hellip; Ne pas &eacute;crire pour, mais &eacute;crire chez l&rsquo;autre.<br /></em><br /><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;"><em>Et d&rsquo;autres </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"><em><a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=104893605886&ref=ts">vases communicants ce mois</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;"><em> :<br /></em></span><br /></p><p style="text-align:justify;"><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://www.koukistories.blogspot.com/">Kouki Rossi</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"> et </span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://www.luclamy.net/blog">Luc Lamy</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"><br /></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://www.pendantleweekend.net/">Pendant le week-end</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"> et </span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://ruelles.wordpress.com/">Ruelles</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"><br /></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://mariannejaegle.over-blog.fr/">Marianne Jaegl&eacute;</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"> et </span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://futilesetgraves.blogspot.com/">Anthony Poiraudeau</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"><br /></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://petiteracine.over-blog.com/">C&eacute;cile Portier</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"> et </span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://leslignesdumonde.wordpress.com/">Loran Bart</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"><br /></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com/">Christophe Sanchez</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"> et </span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://l-oeil-bande.blogspot.com/">Muri&egrave;le Laborde Mod&eacute;ly</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"><br /></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://tentatives.eklablog.fr/">Christine Jeanney</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"> et </span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://www.minetteaferraille.net/">Kathie Durand</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"><br /></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://sarah-cillaire.blogspot.com/">Sarah Cillaire</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"> et </span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://aout-en-attendant.blogspot.com/">Anne Colongues</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"><br /></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://france.burghellerey.over-blog.com/">France Burguelle Rey</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"> et </span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://ericdubois.over-blog.fr/">Eric Dubois</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"><br /></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://promenadedunefleur.blogspot.com/">Fleur de bitume</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"> et </span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://chezjeanne.free.fr/">Chez Jeanne</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"><br /></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://matro7isoupirail.blogspot.com/">Mathilde Rossetti</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"> et </span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://aloredelam.com/">Lambert Savigneux</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"><br /></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://www.bodyspacesociety.eu/">Antonio A. Casilli</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"> et </span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://www.scriptopolis.fr/">David Pontille</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"><br /></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://rvjeaney.wordpress.com/">RV.Jeanney</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"> et </span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://jeanyvesfick.wordpress.com/">Jean-Yves Fick</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"><br /></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://paradisbancale.over-blog.com/">Brigitte Giraud</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"> et </span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://dominiquehasselmann.blog.lemonde.fr/">Dominique Hasselmann</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"><br /></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://www.omega-blue.net/">Guillaume Vissac</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"> et </span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://juliette.mezenc.over-blog.com/">Juliette Mezenc</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"><br /></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://www.xn--chatperch-p1a2i.net/">Michel Brosseau</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"> et </span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#BC410E;"><a href="http://www.arnaudmaisetti.net/spip/">Arnaud Ma&iuml;setti</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"><br /></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://pantarei.hautetfort.com/">Florence No&euml;l</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"> et </span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://brigetoun.blogspot.com/">Brigitte C&eacute;l&eacute;rier</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"><br /></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#BC410E;"><a href="http://www.tierslivre.net/">Fran&ccedil;ois Bon</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"> et </span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://www.oeuvresouvertes.net/">Laurent Margantin</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"><br /></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://abadon.fr/">Mich&egrave;le Dujardin</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"> et </span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><a href="http://soubresauts.net/drupal/">Olivier Gu&eacute;ry</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#1579DD;"><br /></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#BC410E;"><a href="http://enfantissages.free.fr/">Juliette Zara</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#BC410E;"> </span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;">et </span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#BC410E;"><a href="http://www.lesmarges.net/">Jean Prod&rsquo;hom</a></span><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#444444;"> <br /></span><br /></p><p style="text-align:left;"><em><br />&eacute;crit par Juliette Zara qui m&rsquo;accueille </em><em><a href="http://enfantissages.free.fr/" rel="self">chez elle</a></em><em> dans le cadre du </em><em><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts" rel="self">projet de vases</a></em><em><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts" rel="self"> communicants</a></em><em>&nbsp;: le premier vendredi du mois, chacun &eacute;crit sur le blog d&rsquo;un autre, &agrave; charge &agrave; chacun de pr&eacute;parer les mariages, les &eacute;changes, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement&hellip; Ne pas &eacute;crire pour, mais &eacute;crire chez l&rsquo;autre.<br /></em></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"><br /></span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 28 mars 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2010-04-01T08:05:30+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/9610c884596211a76690b7f9b3e88c8a-894.html#unique-entry-id-894</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/9610c884596211a76690b7f9b3e88c8a-894.html#unique-entry-id-894</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 200" src="http://www.lesmarges.net/files/imagec200.png" width="50" height="50"/><span style="font:17px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; font-weight:bold; color:#333333;font-weight:bold; "><br /></span><br />Rien pris aujourd'hui rien laiss&eacute; non plus, en transit sur tous les chemins emprunt&eacute;s, de nulle part &agrave; nulle part dans des lieux sans qualit&eacute;. On met de l'ordre sur les terrasses pour l'arriv&eacute;e prochaine de ceux qui nous font vivre et qu'on fait vivre, donant-donnant, on &eacute;voque les m&ecirc;mes lendemains, &agrave; l'&eacute;cole les &eacute;l&egrave;ves pr&eacute;parent l&rsquo;avenir, des forains maussades chargent les camions qui emm&egrave;neront la f&ecirc;te plus loin, on a ferm&eacute; l'&eacute;glise pour s'&eacute;pargner des frais et des peines. Nous vivons le r&egrave;gne des causes efficientes.<br />Rien n'est fait ici pour rien. Quelque chose tire chacun vers cette autre chose qui lui manque, dont on ne sait rien et qui nous pousse. On parle, on promet, promesses tenues promesses oubli&eacute;es qu'importe, on n'en voudra &agrave; personne. L'affaire est moins path&eacute;tique qu'on ne le croit, c'est un principe d'ici-bas, tout s'y fait pour autre chose, comme au purgatoire, mais ne le dites pas.<br />Et on est l&agrave; comme un &eacute;tranger, presque invisible, &agrave; l'image de ceux qu'on croise dans une vie et qui trop lointains comptent pour rien. On mange quelques cerises, on s'assied sur un banc en face d'un calvaire, un tilleul a &eacute;tendu son ombre, et c'est bien agr&eacute;able de ne pas &ecirc;tre tout &agrave; fait de la partie, ou d'en &ecirc;tre mais du c&ocirc;t&eacute; de sa fin, et de ne pas avoir ainsi &agrave; en dire quoi que ce soit.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#7F7F7F;"> </span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom </span></p>]]></content:encoded></item><item><title>P&#xe2;ques</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-03-31T08:16:42+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2114b47a8d7713096271227e052cf5e0-891.html#unique-entry-id-891</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2114b47a8d7713096271227e052cf5e0-891.html#unique-entry-id-891</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 198" src="http://www.lesmarges.net/files/imagea198.png" width="50" height="50"/><br /><br />Nul ne sait pourquoi, mais on se mit &agrave; parler cette ann&eacute;e-l&agrave; d&rsquo;un inconnu, l&rsquo;inconnu de la concession 807 du cimeti&egrave;re de La Roche-sur-Yon. Un article &agrave; son sujet parut dans le journal local, puis un second, d&rsquo;autres ensuite qui se multipli&egrave;rent. Rien dans sa vie minuscule ne pr&eacute;disposait pourtant cet homme &agrave; une telle gloire posthume. Mais ce n&rsquo;est pas tout, cette m&ecirc;me ann&eacute;e on &eacute;voqua la vie d&rsquo;un autre inconnu, enseveli dans le cimeti&egrave;re de Cholet, concession 807 encore. Puis ce fut au tour de Niort, Nantes, La Rochelle... et ainsi de suite. Les plumes les plus avis&eacute;es joignirent leurs voix &agrave; ce concert de louanges posthumes. De proche en proche une foule immense se leva, qui peupla les all&eacute;es des pelouse grasses et satisfaites de la litt&eacute;rature.<br /><br /><br />Sous un parapluie, Margot et le croque-mort de S&egrave;te, enlac&eacute;s sur un banc public.<br /><br /><br />Il avait tant neig&eacute; que tout le monde &eacute;tait rest&eacute; &agrave; la maison, et dans le cimeti&egrave;re du village le souvenir des morts avait disparu sous une &eacute;paisse couche de neige. Je me trouvai d&eacute;cid&eacute;ment bien seul au milieu de toute cette &eacute;ternit&eacute;.<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">6 mars 2010</span><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>D&#xe9;placement de populations</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-03-30T00:27:27+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/958342fe9e04c081fbcbf0ad5c3d0799-889.html#unique-entry-id-889</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/958342fe9e04c081fbcbf0ad5c3d0799-889.html#unique-entry-id-889</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 126" src="http://www.lesmarges.net/files/imagevei126.png" width="50" height="50"/><br /><br /><br /><br />Les m&egrave;res accouchent<br />sur les plages<br />de l&rsquo;extr&ecirc;me ouest <br />et du nord-ouest de l&rsquo;&icirc;le<br />le sang coule<br />et se m&ecirc;le aux eaux de l&rsquo;oc&eacute;an<br />on pr&eacute;f&egrave;re durablement<br />tenir &agrave; distance l&rsquo;innommable<br /><br />avec les tortues<br /><br />du temps il en faut <br />avant l&rsquo;&eacute;tablissement des preuves<br />et lorsqu&rsquo;on d&eacute;clare indubitable<br />le lien qui noue<br />la naissance avec le d&eacute;sir<br />on prend peur<br />on accuse le vent<br />ch&acirc;tie  la terre <br />en vain <br /><br />les premiers grands am&eacute;nagements du territoire<br />commencent alors<br />on rapatrie les parturientes<br />au centre de l&rsquo;&icirc;le<br />o&ugrave; l&rsquo;on creuse des niches<br />dans les sous-sols volcaniques<br /><br />&agrave; c&ocirc;t&eacute; des morts <br />le th&eacute;&acirc;tre des naissances<br /><br />&agrave; l&rsquo;inverse on interdit<br />les manifestations publiques du d&eacute;sir <br />on codifie on l&eacute;gif&egrave;re <br />les r&eacute;fractaires sont envoy&eacute;s<br />dans une parcelle au sud de l&rsquo;&icirc;le<br />s&rsquo;y rendent les garnisons<br />victorieuses ou d&eacute;faites<br />s&rsquo;y &eacute;tabliront plus tard <br />les commerce de la parure<br />le march&eacute; de l&rsquo;ameublement<br />et la petite restauration<br /><br /><em>on appelle ce temps celui de la grande bascule</em><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom </span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Le chemin des Meilleries</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><category>Vases communicants</category><category>Riant-Mont</category><dc:date>2010-03-29T00:13:07+02:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/10efa53f76937238d19f192675d83c13-887.html#unique-entry-id-887</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/10efa53f76937238d19f192675d83c13-887.html#unique-entry-id-887</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/herbeshautes.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il maintenait &agrave; bonne distance <em>la Corbassi&egrave;re</em> de <em>la Possession</em>, en d&eacute;roulant ses na&iuml;vet&eacute;s au pied d&rsquo;une haie de noisetiers, de sureaux et de jeunes bouleaux, longeant un p&acirc;turage assi&eacute;g&eacute; par les ronces et les lamp&eacute;es qui glissait en pente douce jusqu&rsquo;au <em>Rio de Nialin</em>. On l&rsquo;appelait le <em>chemin des Meilleries</em>. C&rsquo;&eacute;tait un chemin de terre &agrave; double orni&egrave;re, bord&eacute; par deux talus qui se faisaient face tout au long, pas m&eacute;contents en fin de compte de cette saign&eacute;e. Et lorsque le soleil de mars avait chass&eacute; la neige, le chemin et les deux talus ras&eacute;s de pr&egrave;s se r&eacute;veillaient, et &ccedil;a c&rsquo;&eacute;tait beau &agrave; en pleurer.&nbsp;<br /><br /><img class="imageStyle" alt="inconnu" src="http://www.lesmarges.net/files/inconnu.jpg" width="470" height="324"/><br /><br />De la boue dans le creux des orni&egrave;res, trois flaques pour recueillir autant de fois le ciel et nourrir nos printemps, deux talus qui nous enseignaient la voie &agrave; suivre en offrant un refuge aux coquelicots, aux bleuets, aux fleurs qui refusent d'ob&eacute;ir. Gu&egrave;re plus.<br /><br />Le chemin des Meilleries semblait ne jamais devoir vieillir, il ne craignait ni l&rsquo;abandon ni le passage des &eacute;pareuses. Quant aux talus ils faisaient l&rsquo;&eacute;cole buissonni&egrave;re jour et nuit, un peu d&rsquo;herbe sur les &eacute;paules, ou de la neige, ou des gramin&eacute;es, un reste de colza, rien m&ecirc;me parfois, et des enfants assis dessus qui tiraient des plans dont ils riaient avant m&ecirc;me d&rsquo;entreprendre quoi que ce soit. En mai, tandis qu'on chassait les papillons ou qu'on explorait la haie, les moineaux rejoignaient en grappe les rives du Nialin, Jean-Pierre, Elisabeth, Claude-Louis, Corentin, Edith, Dominique, tous on levait les yeux au ciel et on riait &agrave; tire-d&rsquo;aile.<br /><br />Au coeur m&ecirc;me de cette ferveur le chemin restait discret et les talus souriaient &agrave; peine, ils nous enseignaient la bonne distance. Sans doute avions-nous tendance &agrave; choisir le plus court, mais il convenait de choisir parfois le plus cach&eacute; pour &ecirc;tre entre nous. Pas d&rsquo;indicateur de direction, qui donc pouvait savoir o&ugrave; on &eacute;tait et o&ugrave; on allait?<br /><br />Une seule et ancienne saign&eacute;e, un chemin creux d&rsquo;un seul tenant, sans raccords, dans lequel on entrait sans s&eacute;same, une v&eacute;g&eacute;tation d'esp&egrave;ces modestes, le cri du geais pour rameuter ceux qui s&rsquo;&eacute;loignaient et chasser ceux qui s&rsquo;approchaient. Et les moineaux, encore, qui indiquaient la direction que nous suivrions un jour.<br /><br />Sur le talus on construisait des ch&acirc;teaux, on tissait d&rsquo;id&eacute;e en id&eacute;e d&rsquo;improbables itin&eacute;raires faits de noms, de r&ecirc;ves travers&eacute;s par des sentiers qui faufilaient de nouveaux domaines selon les lignes de nos d&eacute;sirs. Rien ne s&rsquo;y ins&eacute;rait, rien ne s&rsquo;y embo&icirc;tait, tout s&rsquo;y d&eacute;pla&ccedil;ait comme des plaques tectoniques vives. M&rsquo;en restent un rythme, des souvenirs et quelques d&eacute;tails nich&eacute;s dans des morceaux de langue, des mots de laine : l&rsquo;arc des fr&ecirc;nes, la rouille des ormeaux, les fleurs de l&rsquo;acacia, les fruits noirs du merisier, les samares et la pluie de l'&eacute;t&eacute;.<br /><br />Tout &eacute;tait &agrave; notre disposition et on suivait sans raison l&rsquo;inclinaison la plus t&eacute;nue pour nous livrer sans retenue &agrave; des aventures qui duraient quelques jours. Apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;cole on vivait sur les pentes d&rsquo;un volcan.<br /><br />Le chemin des Meilleries en valait un autre, et c&rsquo;&eacute;tait tant mieux, la haie et la pente du p&acirc;turage nous pr&eacute;servaient des m&eacute;chantes envies. On avait tout.&nbsp; Mais on ne se souvenait pas de tout, pire, le soir on se souvenait de rien. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;on y retournait chaque jour. Et chaque jour on y fendait la mer, et la mer se refermait derri&egrave;re nous, on se balan&ccedil;ait d&rsquo;un pied sur l&rsquo;autre et on volait de talus en talus.<br /><br />On regardait parfois en direction des villages immobiles de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la Broye, on voyait bien les chemins qui y conduisaient. Le n&ocirc;tre on ne le voyait pas, pas m&ecirc;me un trait entre rien et rien, mais un immense p&eacute;trin d'o&ugrave; lev&egrave;rent nos plus belles histoires.<br /><br />Le chemin des Meilleries a disparu, il a disparu lorsqu&rsquo;on a rectifi&eacute; le trac&eacute; de la grande route. Je baisse les yeux, un coup d&rsquo;oeil par dedans pour me souvenir de quelques-uns des signes de nos printemps, &agrave; ce qui a &eacute;t&eacute;, aux feuilles mortes qui fusaient lorsque le soleil revenait, aux reflets du ciel dans les flaques qu&rsquo;on barattait, &agrave; la lumi&egrave;re et aux ombres avec lesquelles on montait au paradis, au craquement de la glace, au p&acirc;turage d&eacute;sert, &agrave; la maison abandonn&eacute;e, aux Gibloux enneig&eacute;s, &agrave; Brenleire et &agrave; Folli&eacute;ran.<br /><br />Plus une trace, pas m&ecirc;me le silence assourdissant qu&rsquo;on entend le long des voies de chemin de fer &agrave; l&rsquo;abandon, ou le silence de guillotine des sentiers qui s&rsquo;arr&ecirc;tent net, ou celui sans fond des carrefours. Rien, seulement un souvenir, le souvenir d&rsquo;une invraisemblable &eacute;pop&eacute;e.<br /><br />Une derni&egrave;re ondulation fermait l&rsquo;horizon, aux confins de notre territoire o&ugrave; se dressait un fr&ecirc;ne sans &acirc;ge. L&agrave; on se redressait un instant, on oubliait nos jeux et on levait la t&ecirc;te par-dessus les montagnes. On aurait aimer aller au-del&agrave;, c'&eacute;tait impossible, plus loin ce n&rsquo;&eacute;tait plus chez nous. On s'en retournait, mais je crois que cette impossibilit&eacute; on l'aimait bien.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="inconnu" src="http://www.lesmarges.net/files/inconnu-2.jpg" width="470" height="470"/><br /><br />Un jour on quitte tout pour s&rsquo;assurer de la secr&egrave;te coh&eacute;sion du monde, rep&eacute;rer les motifs qui le constituent, &eacute;couter les g&eacute;missements de la terre, la rumeur qui porte le tout. Plus tard on revient sur nos pas et on devine enfin ce qui nous a port&eacute; la premi&egrave;re fois.<br /><br />J'ai choisi un caillou avant de prendre le chemin d&rsquo;Emaney, je l'ai pouss&eacute; du pied d&rsquo;une orni&egrave;re &agrave; l&rsquo;autre en le faisant rebondir sur les talus. Je l'ai men&eacute; aussi loin que j'ai pu, jusqu&rsquo;au pied du Luisin, avant de le glisser dans ma poche.&nbsp;<br />C&rsquo;est lui qui m&rsquo;attend ce matin sur le perron, c&rsquo;est lui que je serre lorsque le chemin s'enfonce dans les herbes hautes.&nbsp;<br /><br /><br /><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">Publi&eacute; le </span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">5 mars 2010</span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> dans le cadre du </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#000899;"><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts">projet de vases communicants</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">&nbsp;chez Nathana&euml;l Goben&ccedil;aux (</span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><a href="http://leslignesdumonde.wordpress.com/2010/03/05/le-chemin-des-meilleries-vase-communicant-avec-jean-prodhom/" rel="self">LES LIGNES DU MONDE</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">)</span><br /><p style="text-align:right;"><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#7F7F7F;"> </span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom </span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Un jour sans fard</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Riant-Mont</category><dc:date>2010-03-26T12:57:42+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d171e0b4ad121714d595b6019578c976-882.html#unique-entry-id-882</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d171e0b4ad121714d595b6019578c976-882.html#unique-entry-id-882</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 160" src="http://www.lesmarges.net/files/image-160.png" width="50" height="50"/><br /><br />Le dimanche matin, sans que personne ne nous l&rsquo;ait jamais demand&eacute;, on s&rsquo;appr&ecirc;tait d&egrave;s le r&eacute;veil &agrave; <em>porter un masque</em>. Mais on s&rsquo;y pr&eacute;parait depuis la veille d&eacute;j&agrave;, d&egrave;s six heures du soir, lorsque les cloches de la cath&eacute;drale secouaient la ville et que celles de Notre-Dame suivaient. Disons qu'on &eacute;tait invit&eacute; ce jour-l&agrave; &agrave; quelque chose qui nous demeurait inaccessible les autres jours de la semaine, et qu'il allait falloir qu&rsquo;on se comporte comme il se devait, pour qu&rsquo;on puisse esp&eacute;rer &ecirc;tre, peut-&ecirc;tre, au rendez-vous. Ce masque, on n&rsquo;en parlait pas, on n&rsquo;en savait rien ou pas grand chose, sinon qu&rsquo;il nous enjoignait en secret de nous faire petit, tout petit, discret, de nous taire autant que faire se peut. Et on s&rsquo;y essayait d&egrave;s le r&eacute;veil, avec sinc&eacute;rit&eacute; et bonne volont&eacute;. C&rsquo;&eacute;tait ainsi qu&rsquo;on se pr&eacute;parait au grand rendez-vous, en parlant le moins possible, juste le n&eacute;cessaire : <em>bonjour, s&rsquo;il te pla&icirc;t, pardon, ce n&rsquo;est rien, merci, je t&rsquo;en prie</em>. <br /><br />Et ce masque, pr&eacute;par&eacute; tout au long de la journ&eacute;e, transfigurait le monde, nous faisait voir les choses autrement. C&rsquo;est comme s&rsquo;il nous repoussait en arri&egrave;re de nous-m&ecirc;mes, en ce lieu o&ugrave; nous n'&eacute;tions pas encore tout &agrave; fait, heureux simplement d'&ecirc;tre bient&ocirc;t. Quant aux choses, elles avaient une autre fa&ccedil;on d&rsquo;&ecirc;tre ce jour-l&agrave;, il faut bien le dire, car les choses aussi &eacute;taient averties que c&rsquo;&eacute;tait dimanche, et je crois bien que tout le monde le savait, les commer&ccedil;ants avaient tir&eacute; les rideaux de fer, on ne claquait pas les portes, les caf&eacute;s &eacute;taient ferm&eacute;s, on avait endoss&eacute; nos habits de bapt&ecirc;me. Restait la ville avec ses maisons bien espac&eacute;es, les marronniers, les places, l&rsquo;odeur du pain, l&rsquo;affairement des moineaux dans les haies. C&rsquo;est que les choses gardaient si bien leur distance qu&rsquo;il y avait plus de place entre elles, jusqu'aux fers du portail du jardin &agrave; travers lesquels on pouvait glisser la main. Les voitures tenaient enfin leurs promesses, elles &eacute;taient toutes de couleur diff&eacute;rente, bien gar&eacute;es, elles ne se serraient pas les unes contre les autres. Du silence entre les choses, un silence qui leur laissait les coud&eacute;es franches. <br /><br />On &eacute;tait un peu seul le dimanche, livr&eacute; &agrave; nous-m&ecirc;mes, perdu parmi les choses, inconnu parmi les inconnus. Il faut dire qu&rsquo;&agrave; Riant-Mont les choses se r&eacute;veillaient plus t&ocirc;t le dimanche, et elles nous attendaient tandis qu'on se frottait encore les yeux. D&rsquo;embl&eacute;e on &eacute;tait surpris de la fa&ccedil;on dont elles nous regardaient, sans rien cacher pourtant de leur grandeur. Elles nous d&eacute;visageaient, et on savait que c&rsquo;&eacute;tait nous qu&rsquo;elles d&eacute;visageaient, puisqu&rsquo;on &eacute;tait seul avec elles. Elles ne faisaient pas grand cas de notre pr&eacute;sence, ne devaient-elles pas d&eacute;j&agrave; r&eacute;pondre d'elles-m&ecirc;mes? Elles allaient leur bonhomme de chemin, elles &eacute;taient l&agrave; et nous avec elles, on les traversait, elles nous traversaient, belles et massives, rien d&rsquo;autre qu&rsquo;elles et nous, elles et nous comme des b&ecirc;tes apais&eacute;es.<br /><br />C&rsquo;&eacute;tait un joli masque qu&rsquo;il fallait m&eacute;riter et qu&rsquo;on voulait m&eacute;riter, mais il n&rsquo;&eacute;tait pas si simple &agrave; porter, &agrave; tel point qu&rsquo;il vaudrait mieux dire qu'on s'y essayait, parce que, en v&eacute;rit&eacute;, on avait besoin de tout le dimanche pour y parvenir, et m&ecirc;me qu&rsquo;&agrave; la fin on n&rsquo;y arrivait pas, et on le savait d&egrave;s le d&eacute;but qu'on n'y arriverait pas, qu'il nous aurait fallu des semaines et des semaines. Et on les a eues ces semaines, mais on n'y est pas parvenu. Si bien que, le soir, c&rsquo;&eacute;tait facile de le d&eacute;poser, parce que le masque, on ne l&rsquo;avait pas vraiment port&eacute;. Il &eacute;tait rest&eacute; bien en avant de visage. On le mettait alors de c&ocirc;t&eacute;, l&agrave; tout pr&egrave;s, on le gardait sous la main, parce que le dimanche suivant, on avait &agrave; nouveau rendez-vous.<br /><br />Tout le dimanche on se pr&eacute;parait &agrave; porter un masque, de l'aube au cr&eacute;puscule, le masque qui aurait d&ucirc; nous ouvrir les portes du grand rendez-vous, sans qu'on n'y parvienne jamais. Et c'est de cette impossibilit&eacute; r&eacute;p&eacute;t&eacute;e qu'on est entr&eacute; dans la partie, le monde s'est gliss&eacute; l&agrave; o&ugrave; on ne l'attendait pas, il nous est apparu neuf, tout neuf, vrai et entier, les choses avec l'espace tout autour, leur libert&eacute;, leur bienveillance, et nous qui ne comptions pour rien. C'est par la gr&acirc;ce des dimanches que notre corps et notre visage r&eacute;confort&eacute; par un masque dont nous diff&eacute;rions constamment le port, ont compris que le monde ne voulait pas nous tromper, c'est par la gr&acirc;ce des dimanches que nous avons renonc&eacute; enfin &agrave; porter un masque sans pour autant renoncer &agrave; l'&eacute;l&eacute;mentaire pr&eacute;caution de le garder sous la main, comme pour ne pas perdre de vue une vieille promesse qui se r&eacute;alisait &agrave; nos d&eacute;pens. <br />J'aime les dimanches d&eacute;serts qui avancent au pas, le samedi &agrave; six heures du soir lorsque la campagne tonne, et tous les jours qui y affluent, l&agrave; o&ugrave; le temps se fait source et delta.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#7F7F7F;"> </span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom </span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>En haut la c&#xf4;te</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2010-03-24T08:58:06+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/8ca71bf1dc44c69821a8adb2954154ae-879.html#unique-entry-id-879</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/8ca71bf1dc44c69821a8adb2954154ae-879.html#unique-entry-id-879</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 176" src="http://www.lesmarges.net/files/imagesd176.png" width="50" height="50"/><br /><br />Tu t&rsquo;en approches &agrave; vive allure et tout s&rsquo;encha&icirc;ne, c&rsquo;est un r&ecirc;ve, s&rsquo;embo&icirc;te, c&rsquo;est un puzzle. Tu esp&egrave;res m&ecirc;me y toucher avant de parvenir en haut la c&ocirc;te, tu te dis m&ecirc;me qu&rsquo;il le faudrait, de toute urgence, c&rsquo;est une condition, ne pas freiner, y parvenir avant d&rsquo;arriver au col, avant que tout ne s&rsquo;arr&ecirc;te puis disparaisse, le temps est compt&eacute;, la v&eacute;rit&eacute; se tient l&agrave;, tout pr&egrave;s, en &eacute;quilibre, il faudrait que tu y parviennes avant de tout oublier, le montage est t&eacute;nu, il te faut tout risquer &agrave; pr&eacute;sent, surtout ne pas perdre en un &eacute;clair ce qu&rsquo;un autre &eacute;clair, un concours de circonstances et deux pierres d&rsquo;angle t&rsquo;avaient fait entrevoir et que l&rsquo;exigeant labeur de la pens&eacute;e t&rsquo;avait permis de rabouter, te h&acirc;ter, une pi&egrave;ce encore, un encha&icirc;nement, tu a mis la main sur le bon filon, c&rsquo;est certain, tu peux sourire, tu touches bient&ocirc;t au but, il suffit de glisser la cl&eacute; de vo&ucirc;te, d&eacute;p&ecirc;chons, tu reprendras le tout demain &agrave; l&rsquo;aube, promis, petites suppressions et finitions, polissage, un ou deux contreforts peut-&ecirc;tre, pas trop, le retrait enfin des &eacute;chafaudages. Au cr&eacute;puscule se dressera la v&eacute;rit&eacute; toute neuve, la nouvelle fa&ccedil;ade de Santa Maria Novella et tu en seras l&rsquo;architecte.<br />Mais avant m&ecirc;me d&rsquo;arriver au col, &agrave; mi-pente d&eacute;j&agrave;, ou peu apr&egrave;s, tu t&rsquo;aper&ccedil;ois que tu es pr&eacute;cis&eacute;ment en train de manquer le but, tu t&rsquo;en &eacute;loignes m&ecirc;me, plus rapidement encore que tu ne t&rsquo;en approches, il ne sert &agrave; rien d&rsquo;acc&eacute;l&eacute;rer, de siffler les chiens pour qu&rsquo;ils rameutent des pens&eacute;es flottantes, mal &eacute;tablies, trop tard, tout se d&eacute;fait, part en fum&eacute;e, eau de boudin, le convoi s&rsquo;en va, ce n&rsquo;&eacute;tait rien, moins que rien.<br />Tu d&eacute;couvres alors de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la colline un horizon immense, avec des montagnes immobiles, d&eacute;mesur&eacute;es, rien &agrave; voir avec ce que tu avais cru pouvoir r&eacute;duire et disposer par des signes, te voil&agrave; chass&eacute;, abandonn&eacute;, vid&eacute;. O&ugrave; t&rsquo;es-tu &eacute;gar&eacute;? Tu pourrais tout regretter, te terrer, t&rsquo;attaquer au mirage qui t&rsquo;a men&eacute; l&agrave;, en vouloir aux chicanes, d&eacute;busquer les leurres. Mais tu te prends &agrave; penser qu&rsquo;il en va autrement, cette croisade qui a tourn&eacute; court t&rsquo;a all&eacute;g&eacute;. Te voil&agrave; au sommet de la c&ocirc;te avec ce qui ne tient pas dans les mains de la raison, avec ce qui ne tient nulle part, ce qui d&eacute;borde de partout. Derri&egrave;re toi l&rsquo;obstination, devant toi la confiance, tu peux d&eacute;sormais aller dormir.<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Premier &#xe9;tablissement</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-03-23T15:05:28+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/925af1cbd9b43dd1bcf90c077c2a981c-877.html#unique-entry-id-877</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/925af1cbd9b43dd1bcf90c077c2a981c-877.html#unique-entry-id-877</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 37" src="http://www.lesmarges.net/files/imagedd37-2.png" width="50" height="50"/><br />Avant la conqu&ecirc;te<br />le ciel <br />la nuit<br />les vagues <br />massives et gauches<br />butant sur l&rsquo;&icirc;le <br />nue et amaigrie<br />lettre de guingois <br />vue du ciel<br /><br />fen&ecirc;tres grand ouvertes<br />sur les grains<br />sur les vents<br />courants d&rsquo;air et pluie<br />bois blanchis<br />bestioles &agrave; plumes compost&eacute;es<br />coques nacr&eacute;es &eacute;cailles bris <br />os et caillasse concass&eacute;s<br /><br />mais voici les go&eacute;lands <br />rescap&eacute;s d&rsquo;un interminable voyage<br />maigres et fam&eacute;liques<br />les cormorans <br />id&eacute;es &eacute;troites id&eacute;es noires<br />ils cherchent &agrave; s&rsquo;&eacute;tablir<br /><br />le claquement de leurs ailes<br />le reflet de leur trajectoire <br />dans le miroir de l&rsquo;oc&eacute;an <br />les tiennent<br />&eacute;loign&eacute;s de l&rsquo;&icirc;le<br />ils s&rsquo;installent &agrave; deux pas<br />sur un &icirc;lot de rien<br />pas la force de repartir<br /><br />qui les aurait vus<br />les aurait vus aller et venir<br />puis plus rien<br />rien de neuf<br />sur l&rsquo;&icirc;le mourante<br />des ann&eacute;es durant<br /><br /><em>c&rsquo;est aux oiseaux de la mer <br />que l&rsquo;on doit <br />ces quelques images <br />de l&rsquo;&icirc;le d&rsquo;avant la conqu&ecirc;te<br /></em><br />&agrave; eux aussi la suite<br />ils pr&eacute;parent leur retour<br />cris insupportables<br />aff&ucirc;tent<br />retroussent leurs paupi&egrave;res<br /><br />ils partagent <br />d&rsquo;abord le ciel<br />les constellations <br />avant de tirer des droites &agrave; la verticale <br />de chacune de leurs h&eacute;sitations<br />ils rep&egrave;rent sur l&rsquo;&icirc;le<br />les ronciers et les vasi&egrave;res<br />&eacute;tablissent des nichoirs <br />sur tout le territoire<br />colonisent les terres<br />toutes<br />jusqu&rsquo;aux confins<br /><br />proc&eacute;dure stricte<br />reproduction des conditions <br />r&eacute;action du milieu<br />&eacute;tude de l&rsquo;impact<br />apport des modifications<br />avant d&rsquo;astreindre le tout <br />aux fins pr&eacute;vues<br />chacun dans son quartier<br /><br />tout fut r&eacute;gl&eacute;<br />tambour battant<br />du plan de la mosa&iuml;que<br />au prix de la dot<br />localisation des sources<br />&eacute;tablissement des droits de passage<br />constitution de r&eacute;serves<br />contr&ocirc;le des influences<br />nomination des autorit&eacute;s de substitution<br />loi sur le contingentement <br />asservissement du solde<br /><br />le r&eacute;cit des oeuvres <br />des oiseaux de la mer<br />all&egrave;ge aujourd&rsquo;hui encore<br />la t&acirc;che des chefs de provinces<br />en peine de justifications<br /><br />on appelle cette ann&eacute;e-l&agrave;<br />l&rsquo;ann&eacute;e du grand partage<br />c&rsquo;est aux oiseaux de la mer<br />qu&rsquo;on la doit<br />et sur l&rsquo;oc&eacute;an<br />la lettre de guingois<br />reprit un peu de caract&egrave;re<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 21 mars 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2010-03-25T17:30:44+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/9e533218c809a93e797a7f16eaf75cc3-875.html#unique-entry-id-875</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/9e533218c809a93e797a7f16eaf75cc3-875.html#unique-entry-id-875</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 161" src="http://www.lesmarges.net/files/image-161.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Il y a du grabuge dans l&rsquo;existence de cet ami. Il se d&eacute;bat, s&rsquo;enlise, peine &agrave; passer. Alors il parle sans compter &agrave; ceux dont il est l&rsquo;h&ocirc;te, il parle de ce dont il n&rsquo;arrive pas &agrave; se d&eacute;faire, d&rsquo;images, d&rsquo;une image, d&rsquo;une image qui lui colle &agrave; la peau, de l&rsquo;image d&rsquo;une femme et des circonstances de son r&egrave;gne. Il essaie, en filant d&rsquo;innombrables m&eacute;taphores qui l&rsquo;enchantent, se croisent et se m&ecirc;lent, de faire barrage &agrave; la douleur qui a colonis&eacute; son existence et &agrave; laquelle la raison pr&ecirc;te son concours. <br />Il sourit de pouvoir prendre ce soir un peu de hauteur, heureux que des mots puissent l&rsquo;&eacute;lever au-dessus du champ sans ailleurs des op&eacute;rations qui le rongent depuis des mois, dans lequel il a tourn&eacute; et s&rsquo;est retourn&eacute;. S&rsquo;il s&rsquo;offre une vacance en inventant l&rsquo;interminable r&eacute;cit de ce qui l&rsquo;a rendu aveugle, celui-ci lui offre en m&ecirc;me temps la plus belle et raisonnable des justifications, la raison po&eacute;tique est devenue sa pire ennemie. La nuit avance.<br />Mais voil&agrave; qu&rsquo;un petit gar&ccedil;on, dix ans peut-&ecirc;tre, interrompt le compte-rendu de ce d&eacute;sastre. L&rsquo;ing&eacute;nu court-circuite ce qui aurait pu ne jamais finir. Mais de quoi parlez-vous, je ne comprends pas. L&rsquo;ami marqu&eacute; par des nuits sans sommeil lui r&eacute;pond que c&rsquo;est de la vie qu&rsquo;il parle. Le gar&ccedil;on fronce les sourcils, la vie? la vie? L&rsquo;ami se baisse et lui tend la main, et pour toi pour toi, c&rsquo;est quoi la vie? Un rond? un carr&eacute;? Le visage du gar&ccedil;on s&rsquo;&eacute;claircit, il prononce voix douce un seul mot : n&eacute;nuphar. <br />Et la vie recompos&eacute;e acquiesce.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#7F7F7F;"> </span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom </span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Grande sant&#xe9;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Riant-Mont</category><dc:date>2010-03-19T12:28:25+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/e74434de376e5c3ed2f213562677108a-873.html#unique-entry-id-873</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/e74434de376e5c3ed2f213562677108a-873.html#unique-entry-id-873</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 111" src="http://www.lesmarges.net/files/tenturechandieu.png" width="50" height="50"/><br /><br />A la maison, on n&rsquo;&eacute;tait jamais malades, et quand on l&rsquo;&eacute;tait malgr&eacute; tout, ce n&rsquo;&eacute;tait pas comme chez les autres, si bien que &ccedil;a ne comptait pas vraiment, on restait au lit, simplement, et &ccedil;a passait. Il faut dire que l&rsquo;usage m&ecirc;me du mot <em>maladie</em> &eacute;tait proscrit &agrave; la maison, et <em>malade</em> n&rsquo;y sonnait pas de la m&ecirc;me mani&egrave;re que chez nos amis. A ce propos je dois noter qu&rsquo;on n&rsquo;avait pas d&rsquo;amis, on &eacute;tait si bien entre nous et les choses &eacute;taient tellement plus simples ainsi. <br />Jamais malades ou presque, et les maladies qu&rsquo;on avait, ce n&rsquo;&eacute;tait que des bonnes maladies, celles qui rendent plus fort, celles qui rendent justes, celles qui sont dans l&rsquo;ordre des choses, les maladies qu&rsquo;on ne soigne pas, que personne ne soigne, surtout pas nous. C&rsquo;&eacute;tait un peu comme si on les enfantait, c&rsquo;&eacute;tait les n&ocirc;tres. On n&rsquo;allait donc pas chez le m&eacute;decin, parce que nos maladies n&rsquo;&eacute;taient pas dues au hasard, c&rsquo;&eacute;tait un signe du ciel, un message des saisons auxquelles on ob&eacute;issait. Mais attention, on y ob&eacute;issait librement, car on savait que c&rsquo;&eacute;tait toujours au meilleur moment qu&rsquo;elles allaient faire leur apparition, qu&rsquo;elles allaient faire leur chemin et s&rsquo;en aller, ni vu ni connu. Il &eacute;tait donc bien inutile qu&rsquo;on nous les vole. <br />Elles tombaient toujours bien, pendant les vacances ou le vendredi avant le week-end, ou &agrave; des moments qui convenaient &agrave; tout le monde. A ces moments-l&agrave; on avait le feu vert et on laissait la maladie venir, avec le sourire, tout le monde &eacute;tait content. Malades ensemble, c&rsquo;&eacute;tait encore le meilleur plan, on y arrivait la plupart du temps. Mais attention, c&rsquo;&eacute;tait exclu qu&rsquo;on ne se l&egrave;ve pas, qu&rsquo;on manque l&rsquo;&eacute;cole ou que papa ne se rende pas &agrave; l&rsquo;usine.<br />A la maison on ne parlait pas de rem&egrave;des, car les rem&egrave;des c&rsquo;&eacute;tait fait pour les malades, et on n&rsquo;&eacute;tait pas malades. La maladie c&rsquo;&eacute;tait pour les autres. Nous on &eacute;tait cinq. Un verre d&rsquo;argile suffisait, c&rsquo;&eacute;tait notre cure de printemps, une feuille de chou sur le front ou sur la nuque les soirs o&ugrave; on avait la t&ecirc;te pleine, une cuill&egrave;re de sucre candy mac&eacute;r&eacute; dans de la rave sur un radiateur lorsqu&rsquo;on avait mal au cou. Et c&rsquo;&eacute;tait tout, des graines de moutarde &agrave; la rigueur si on toussait, du bl&eacute; au printemps quand l&rsquo;herbe repoussait dans les pr&eacute;s, du bl&eacute; que maman faisait germer un jour ou deux dans des coupelles jaunes et on &eacute;tait arm&eacute;s pour le reste de l&rsquo;ann&eacute;e.<br />On avait un mod&egrave;le &agrave; la maison, un grand-p&egrave;re maternel. Il soignait, disait-on en secret, un rhume chronique en avalant &agrave; l&rsquo;aube des limaces crues, il assommait son arthrose en se faisant des bains d&rsquo;orties pr&egrave;s du poulailler. Lui il en savait sur la nature, les plantes et la lune, mais il ne nous en parlait pas, c&rsquo;&eacute;tait secret, lui aussi &eacute;tait secret, et il avait un mauvais caract&egrave;re. Et puis il y avait maman, maman &agrave; laquelle mes soeurs et moi on doit presque tout, disons qu&rsquo;on lui doit un peu plus de la moiti&eacute; de ce qu&rsquo;on est. Maman &eacute;tait panth&eacute;iste, je crois, panth&eacute;iste sans le savoir, et je crois m&ecirc;me que nous cinq on n&rsquo;imaginait pas le monde autrement que sous la forme d&rsquo;un immense organisme respirant, tous panth&eacute;istes, m&ecirc;me mon p&egrave;re, malgr&eacute; ses vell&eacute;it&eacute;s monoth&eacute;istes, panth&eacute;istes et immortels.<br />C&rsquo;est beaucoup plus tard que j&rsquo;ai compris que nos jours &eacute;taient compt&eacute;s, bien apr&egrave;s que Michel ne se jette avec sa draisine rouge sur les bas-c&ocirc;t&eacute;s du chemin qui menait au fond du jardin en criant, sourire aux l&egrave;vres : <em>accident mortel</em>. J&rsquo;ai eu une enfance au grand air, saine et immortelle.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Jour de f&#xea;te</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-03-22T14:42:36+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f346765ea729f32a8f603a91d786a400-872.html#unique-entry-id-872</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f346765ea729f32a8f603a91d786a400-872.html#unique-entry-id-872</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 191" src="http://www.lesmarges.net/files/imagedd191.png" width="50" height="50"/><br /><br />Accoud&eacute;s au zinc du caf&eacute; du Cygne, Jean-R&eacute;my et ses amis font une partie de 421 en pataugeant dans le vin blanc. <br />&ndash;&nbsp;Lorsque l&rsquo;un d&rsquo;entre vous aura obtenu 807, j&rsquo;offre la tourn&eacute;e. <br />Ils retroussent leurs manches et se mettent &agrave; l&rsquo;ouvrage. Je repasse en fin d&rsquo;apr&egrave;s-midi, ils ont dessaoul&eacute; et le visage des morts. <br />&ndash;&nbsp;T&rsquo;as pas plus simple&nbsp;! <br /><br />&laquo;&nbsp;Se d&eacute;passer, se d&eacute;passer, se d&eacute;passer...&nbsp;&raquo; murmure tristement le cheval blanc du man&egrave;ge sur la place du village. <br /><br />Les moineaux jouaient &agrave; cliclimouchette tandis que derri&egrave;re le battoir un jeune homme aux id&eacute;es noires fourbissait ses armes.<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">25 f&eacute;vrier 2010</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Lendemain de carnaval</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2010-03-18T14:42:35+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/76bc5f95b43c4b9eee8e165b17b1cee8-871.html#unique-entry-id-871</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/76bc5f95b43c4b9eee8e165b17b1cee8-871.html#unique-entry-id-871</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 109" src="http://www.lesmarges.net/files/lampchandieu.png" width="50" height="50"/> <br /><br />Que vous donniez le bras au porte-drapeau, que vous soyez l&rsquo;un des fier &eacute;lus &agrave; la t&ecirc;te du cort&egrave;ge, ou que vous alliez clopin-clopant ratisser les m&eacute;gots nich&eacute;s entre les pav&eacute;s, il ne restera rien lorsque la foule se dispersera. Ou si peu : les colonnes vides des pertes et des gains, des confettis, le ciel bleu d'airain contre lequel le temps bute, la bi&egrave;re &acirc;cre. La pluie a remis les compteurs &agrave; z&eacute;ro, les nuages nous saluent avant de filer &agrave; Saint-Jacques ou pousser jusqu'&agrave; J&eacute;rusalem. <br />Oubli&eacute;e au pied du r&eacute;verb&egrave;re, pas effray&eacute;e pour un sou, serr&eacute;e dans les m&acirc;choires d'une invisible n&eacute;cessit&eacute;, la graine de l&rsquo;an pass&eacute; s&rsquo;est enhardie. Trois petits bourgeons &eacute;pongent le tintamarre des cort&egrave;ges de la veille et font oublier l&rsquo;omnipr&eacute;sente pauvret&eacute;. <br />Tu t'assois sur le banc, secoues un rameau qui tra&icirc;nait l&agrave;, le trempes dans la poussi&egrave;re pour &eacute;crire sur le macadam quelques lettres, h&eacute;sitantes, flottantes, qui s&rsquo;envolent bien vite.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 14 mars 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Hors jeu</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-03-17T10:12:22+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/20d978cd90e0d8d10f795860a0663381-870.html#unique-entry-id-870</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/20d978cd90e0d8d10f795860a0663381-870.html#unique-entry-id-870</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 110" src="http://www.lesmarges.net/files/chandieurouge.png" width="50" height="50"/><br /><br />On se penche vers ce qui s&rsquo;entrouvre, on devine, &ccedil;a tire et &ccedil;a pousse par en dessous. Avec le soleil qui descend, pour la premi&egrave;re fois, tout droit depuis en haut, oui c&rsquo;est s&ucirc;r, la besogne sera vite termin&eacute;e. <br />La terre &ndash;  mais est-ce bien le nom qui lui convient en mars? &ndash; bombe le ventre et creuse les reins; elle efface les derniers signes de l&rsquo;hiver que plus personne ne tente de d&eacute;chiffrer, le grand texte blanc est trou&eacute; de toutes parts, demeurent quelques grands caract&egrave;res aux allures de gingembres fantomatiques qui se recroquevillent imperceptiblement, avant de gesticuler comme ces b&acirc;tons de guimauve lorsqu&rsquo;on les approche des flammes : ils moussent et bavent, c&rsquo;est la d&eacute;bandade. <br />On aimerait d&eacute;j&agrave; s&rsquo;asseoir, appuyer le dos contre les mousses et r&ecirc;ver, mais tout est d&eacute;tremp&eacute;; sur le chemin, le trop plein d&rsquo;eau goutte dans de petites vasi&egrave;res que le vent remue; lorsqu&rsquo;on aura le dos tourn&eacute;, les moineaux et le merle qui guettent un peu plus loin viendront &agrave; tour de r&ocirc;le y frotter le bec. <br />Le langage lui aussi monte par en dessous, il vient au bord des l&egrave;vres, on voudrait tout dire, vite, trop vite dits, taisez-vous mots mous, laissez la petite d&eacute;b&acirc;cle terminer son ouvrage. <br />Je vais, ma t&ecirc;te s&rsquo;enfonce dans la terre meuble, un peu d&rsquo;immobile tout autour, j&rsquo;y crois dur comme fer, c&rsquo;est s&ucirc;r, on a pass&eacute; bonne esp&eacute;rance. C&rsquo;&eacute;tait lundi apr&egrave;s-midi du c&ocirc;t&eacute; des Censi&egrave;res, du c&ocirc;t&eacute; du Bois Vuacoz, &agrave; la Mussilly, partout, il n&rsquo;y avait personne, on n&rsquo;en parlait pas, &ccedil;a avait lieu, d&eacute;b&acirc;cle aux couleurs p&acirc;les, sous le bleu coupant du ciel conqu&eacute;rant.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Confusion</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-03-16T10:30:49+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/9bc667151b09fb7017e0d7c73c2ab178-868.html#unique-entry-id-868</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/9bc667151b09fb7017e0d7c73c2ab178-868.html#unique-entry-id-868</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 5" src="http://www.lesmarges.net/files/portefenetre.png" width="50" height="50"/><br /><br />&Ccedil;a tournait vite<br />mais dans le vide<br />rien pour stopper l&rsquo;h&eacute;morragie<br />aucun tiers<br />nul butoir nulle corniche<br /><br />les souvenirs s&rsquo;alt&eacute;raient<br />rong&eacute;s par le va-et-vient<br />des rameaux de l'arbre des pendus<br />sous lequel v&eacute;g&eacute;taient <br />les sans droits <br />talon contre talon<br />&eacute;paule contre &eacute;paule<br />tenaces<br /><br />les m&eacute;moires prenaient l&rsquo;eau<br />l&rsquo;apr&egrave;s rongeait son frein<br />incapable de rejoindre l&rsquo;avant<br />les effets repoussaient les causes<br />on allait en vain <br />en tous sens<br />c&rsquo;&eacute;tait luttes feutr&eacute;es de successions<br />sur les traverses des &eacute;chelle dynastiques<br /><br />cach&eacute;s dans une tour d&rsquo;angle<br />d&eacute;vor&eacute;e par le lierre<br />ceux qu&rsquo;on appellera<br />les po&egrave;tes les philosophes <br />les buissonniers parfois<br />qu&rsquo;importe<br />s&rsquo;interrogeaient <br />sur la domesticit&eacute; <br />sur la primaut&eacute; de la terre<br />racontaient le ciel avec la mer et la terre <br />tout<br />ils risquaient gros<br /><br />tous ceux qu'on associait<br />aux tourbillons des consciences<br />on les pendit <br />on les craignait tant<br />qu'on les passa au fil de l&rsquo;&eacute;p&eacute;e <br />avant de les glisser <br />morceau par morceau<br />dans les tiroirs de la nuit<br /><br />on d&eacute;pla&ccedil;a les bergers <br />des montagnes dans la plaine <br />qui s&eacute;parait pr&egrave;s de l'isthme<br />les deux oc&eacute;ans<br />on les boucla d&rsquo;une ceinture d&rsquo;acacias<br /><br />on enferma &agrave; double tour<br />les chasseurs et les nomades<br />confin&eacute;s sur la c&ocirc;te m&eacute;ridionale de l&rsquo;&icirc;le<br />isol&eacute;e par un arc de chausse-trapes<br />on leur offrit l&rsquo;ind&eacute;pendance<br />et la libert&eacute; des alliances<br /><br />l&rsquo;enclave ou l&rsquo;embo&icirc;tement <br />plus rien en guise d&rsquo;amer<br />pas m&ecirc;me l&rsquo;errance<br />les commencements fuyaient<br /><br />j&rsquo;aurais tant voulu embrasser les premiers alin&eacute;as du monde<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Les seigneurs de la nuit</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Riant-Mont</category><dc:date>2010-03-15T06:43:01+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/4b561c97981466878e7361b2597b902b-862.html#unique-entry-id-862</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/4b561c97981466878e7361b2597b902b-862.html#unique-entry-id-862</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 134" src="http://www.lesmarges.net/files/masqueseigneur.png" width="50" height="50"/><br /><br />La nuit tombe, c&rsquo;est un samedi soir de l&rsquo;ann&eacute;e 1961 ou 1962, ou 1963. Je monte au stade de la <em>Pontaise</em>, la main dans la main de mon p&egrave;re en suivant la collectrice du Valentin dans laquelle cinq ou six drailles sorties de nulle part d&eacute;versent des grappes d&rsquo;inconnus. Mais la foule ne grossit vraiment qu&rsquo;aux <em>Anciennes Casernes</em>, une foule taiseuse, concentr&eacute;e, qui se pr&eacute;pare &agrave; faire face &agrave; quelque chose qu&rsquo;on n&rsquo;&eacute;tait tous bien incapables de penser. Une folle rumeur monte du puits que creusent les faisceaux bleu acier des projecteurs. On a de l&rsquo;avance, on regarde l&rsquo;heure, tout monte, monte. Mais il faut attendre, nous taire encore, contenir notre agitation, nos espoirs, avant que la grande affaire n&rsquo;ait lieu. Ils entrent enfin dans la lumi&egrave;re.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/lesseigneurs de la nuit-2.png" width="476" height="50"/><br /><br />On les appelait les <em>Seigneurs de la nuit : K&uuml;nzi, Grob&eacute;ty, Tacchella, Schneiter, Hunziker, D&uuml;rr, Armbruster, Eschmann, Kerkhoffs, Hosp, Hertig</em>. Chacun d&rsquo;eux incarnait &agrave; sa mani&egrave;re l&rsquo;un des onze attributs de l&rsquo;&ecirc;tre.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Hostie</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Riant-Mont</category><dc:date>2010-03-12T13:28:00+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/56d3a45dba5f25f8aae4e7f4402b7102-861.html#unique-entry-id-861</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/56d3a45dba5f25f8aae4e7f4402b7102-861.html#unique-entry-id-861</guid><content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><img class="imageStyle" alt="Image 117" src="http://www.lesmarges.net/files/image-117.png" width="50" height="50"/><br /><br />Au petit d&eacute;jeuner, &agrave; Riant-Mont, on terminait toujours le pain de la veille, ou s&rsquo;il en restait, le pain de deux jours, m&ecirc;me le dimanche. Ce n&rsquo;&eacute;tait pas l&rsquo;effet d&rsquo;un de ces &eacute;tranges concours de circonstances qui se r&eacute;p&egrave;tent quotidiennement et qui alourdissent nos existences, mais l&rsquo;application stricte d&rsquo;un des articles essentiels d&rsquo;une doctrine dont nous &eacute;tions les d&eacute;positaires, les seuls peut-&ecirc;tre, un article qui nous soudait, nous constituait m&ecirc;me, &agrave; tel point qu'on n'imaginait pas qu'il puisse exister ailleurs d'autres doctrines. Une v&eacute;rit&eacute; simple, sans d&eacute;clinaison : chez nous on ne mange pas de pain frais, c&rsquo;est tout. <br />Ma m&egrave;re achetait du pain chaque jour, chaque jour ou presque, mais on n'y touchait pas, on attendait patiemment qu&rsquo;il vieillisse, un jour au moins. Il le fallait pour qu&rsquo;il livre tous ses bienfaits et soit bon pour notre sant&eacute;. On ne s&rsquo;en plaignait pas, c&rsquo;&eacute;tait ainsi. Comment vouliez-vous donc qu&rsquo;on ait une telle id&eacute;e, se plaindre? <br />C&rsquo;&eacute;tait comme un pacte, un ancien pacte sans origine connue, sacr&eacute; en cela, un pacte continu&eacute;, assur&eacute; par un silence sur lequel on ne s&rsquo;appesantissait pas. Mais c&rsquo;&eacute;tait aussi un signe distinctif qui faisait de nous des &ecirc;tres un peu prom&eacute;th&eacute;ens, un luxe et une puissance, voyez-vous? Mais un luxe discret, puisque personne d&rsquo;autre que nous n&rsquo;en savait rien. L&rsquo;ostentation on ne connaissait pas, ou si peu, un petit peu quand m&ecirc;me, c&rsquo;&eacute;tait comme une petite ostentation rentr&eacute;e qui nous aidait &agrave; garder la t&ecirc;te haute mais que personne ne devait voir. <br />On ne voulait endoctriner personne, car on n&rsquo;avait besoin de personne, cette doctrine nous obligeait m&ecirc;me &agrave; nous couper des autres, m&ecirc;me si on se disait au fond du coeur que les autres auraient mieux fait de savoir tout ce qu&rsquo;on savait &agrave; propos du pain. Mais &ccedil;a on le disait tout bas, l&rsquo;a-t-on d&rsquo;ailleurs dit m&ecirc;me une seule fois? &agrave; qui que ce soit? en a-t-on m&ecirc;me parl&eacute; un jour entre nous?<br />On savait bien s&ucirc;r que le pain frais &ccedil;a se mangeait, mais ailleurs, et ailleurs qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est? On savait aussi que certaines personnes pr&eacute;tendaient que le pain frais, blanc de surcro&icirc;t, c&rsquo;&eacute;tait bien meilleur que le pain, &ccedil;a aussi on savait que certains le disaient. On pensait au fin fond de nous qu&rsquo;ils le disaient pour nous narguer ou &eacute;prouver la doctrine. Mais ces gens, fils de boulangers ou de riches, on ne les &eacute;coutait pas, on les entendait &agrave; peine, c&rsquo;&eacute;tait tellement insens&eacute;. <br />On admettait toutefois qu&rsquo;il en soit ainsi chez les autres. Qu&rsquo;ils mangent donc du pain blanc, du pain frais, des croissants et des petits pains au lait. Qu&rsquo;ils assument, c&rsquo;&eacute;tait pas notre affaire. On savait que chez les autres c&rsquo;&eacute;tait pas comme chez nous, on pensait simplement qu&rsquo;ils habitaient un autre monde, voisin de celui des fous, et qu&rsquo;ils paieraient un jour leur inconscience de leur sant&eacute;. Qu&rsquo;ils restent entre eux et nous entre nous, ils n&rsquo;avaient en d&eacute;finitive pas &eacute;t&eacute; choisis pour entendre toute la v&eacute;rit&eacute; sur le pain, tout simplement.<br /><br /><em>Nous sommes descendus une ou deux fois en famille &agrave; Ouchy donner du pain sec aux poules d&rsquo;eau, aux cygnes et aux canards. Je me demande bien aujourd&rsquo;hui d&rsquo;o&ugrave; il nous venait? s&rsquo;il y avait un tra&icirc;tre parmi nous, ou s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un geste de ceux de l&rsquo;autre monde. Car &agrave; la maison, en principe on n&rsquo;avait pas de restes, on avait seulement du pain sur la planche.<br /></em></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Veill&#xe9;e</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-03-11T18:16:37+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/955576ec323a4a03330ede591cd210a6-860.html#unique-entry-id-860</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/955576ec323a4a03330ede591cd210a6-860.html#unique-entry-id-860</guid><content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><img class="imageStyle" alt="Image 169" src="http://www.lesmarges.net/files/image-169.png" width="50" height="50"/><br /><br />Lourde insomnie cette nuit malgr&eacute; l&rsquo;application consciencieuse des techniques mises au point par Ravel. &Agrave; minuit pourtant le sommeil avait point&eacute; son nez, mais l&rsquo;air du bol&eacute;ro a jou&eacute; des coudes et le sommeil a foutu le camp.<br /><br /><br />- Je me demande bien si j&rsquo;ai dormi cette nuit.<br />- Mais enfin ma Lili, tu as dormi comme tout le monde, n'est-ce pas&nbsp;?<br />- Je sais pas, je ne me suis pas r&eacute;veill&eacute;e une seule fois.<br /><br /><br />Jorge Luis Borges ferme les yeux et il voit un troupeau de moutons. La vision dure une seconde, peut-&ecirc;tre moins. Leur nombre &eacute;tait-il ou non d&eacute;fini&nbsp;? Le probl&egrave;me enveloppe celui de l&rsquo;existence de Dieu. Si Dieu existe, le nombre est d&eacute;fini, car Dieu sait combien de moutons il a vus. Si Dieu n&rsquo;existe pas, le nombre n&rsquo;est pas d&eacute;fini, car personne n&rsquo;a pu en faire le compte. Dans ce cas, il a vu un nombre de moutons, disons inf&eacute;rieur &agrave; 810 et sup&eacute;rieur &agrave; 805, mais il n'a pas vu 806, 807, 808 ni 809 moutons. Il en a vu un nombre compris entre 810 et 805, qui n&rsquo;est ni 809, ni 808, ni 807, ni 806, ni 805,... Jorge Luis Borges s&rsquo;est endormi le 14 juin 1986 &agrave; Gen&egrave;ve.<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">18 f&eacute;vrier 2010</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Le champ de Tityre&#xa;&#xa;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Lire Ecrire</category><category>Autres lieux</category><dc:date>2010-03-10T09:11:25+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/09b9b8ff156f5d737a9f415d6b22872d-859.html#unique-entry-id-859</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/09b9b8ff156f5d737a9f415d6b22872d-859.html#unique-entry-id-859</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 168" src="http://www.lesmarges.net/files/image-168.png" width="50" height="50"/><br /><br /><br />Rien n&rsquo;a chang&eacute; depuis plus de vingt ans, les &eacute;l&egrave;ves et les enseignants vont et viennent d&rsquo;un pas r&eacute;gulier, affair&eacute;s, s&eacute;rieux, puis les portes se ferment et le silence revient. Je suis assis sur la troisi&egrave;me des cinq marches qui conduisent &agrave; la nouvelle biblioth&egrave;que du coll&egrave;ge, pour la premi&egrave;re fois. Par la baie vitr&eacute;e &agrave; l&rsquo;ouest, j&rsquo;aper&ccedil;ois les cr&ecirc;tes enneig&eacute;es du Jura, longues et lointaines, au pied desquelles s&rsquo;&eacute;gr&egrave;nent des villages que je connais bien. A vrai dire je les devine, plus proches et vivants que jamais. Je murmure leur nom : B&eacute;rolle, Mollens, Montricher, L&rsquo;Isle, La Coudre, Mont-la-Ville, La Praz, je demeure immobile, un instant encore, le regard tendu, l&rsquo;oreille aussi, le corps, je crois, l&agrave;-bas. Je songe &agrave; <em>Paludes</em>.<br /><em><br />"Paludes, c'est sp&eacute;cialement l'histoire de qui ne peut voyager; &ndash; dans Virgile il s'appelle Tytire; &ndash; Paludes, c'est l'histoire d'un homme qui, poss&eacute;dant le champ de Tityre, ne s'efforce pas d'en sortir, mais au contraire s'en contente; voil&agrave;..."<br /><br /></em>Je serais volontiers rest&eacute; un instant encore accroupi sur ces escaliers, comme autrefois sur les escaliers de Chandieu, sur les escaliers de pierres du Buisson, ceux du jardin de Riant-Mont, de Colonzelle, sur ceux du grenier de Bursins, sur les escaliers Hollard, sur ceux du parvis du d&ocirc;me de Montepulciano, sur tous ces escaliers, souches et bancs de pierre, sur tous ces murets et ces perrons qui m'ont fait l'&eacute;gal de Tytire : un champ et m'en contenter.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Nuit de Walpurgis</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-03-09T12:55:44+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/a510eca834d9dc7d84719d00761ea2b3-858.html#unique-entry-id-858</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/a510eca834d9dc7d84719d00761ea2b3-858.html#unique-entry-id-858</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 194" src="http://www.lesmarges.net/files/image-194.png" width="50" height="50"/><br /><br />Un anonyme r&eacute;digea <br />&agrave; la demande des pr&ecirc;tres <br />le compte-rendu des m&eacute;faits <br />du responsable des mines<br /><br />pour sauver sa t&ecirc;te<br />on acheta<br />les t&eacute;moignages d&rsquo;indig&egrave;nes<br />qu&rsquo;il fallut ensuite <br />et par pr&eacute;caution<br />tailler en pi&egrave;ces<br /><br />on jeta les proc&egrave;s-verbaux <br />dans un feu immense<br />qui &eacute;claira le festin au cours duquel <br />on fit tomber les masques<br />on laissa libre cours aux propos de table<br />la femme du responsable des mines <br />chanta m&ecirc;me dans la nuit <br /><em>abondance et apanage<br /></em><br />t&rsquo;en souviens-tu <em><br /></em><br />et les choses tues<br />foul&eacute;es sous les tr&eacute;teaux<br />par les convives<br />m&eacute;lang&eacute;es &agrave; la boue<br />devinrent comptines <br />chansons paillardes et rengaines<br /><br />pas d&rsquo;image compl&egrave;te de l&rsquo;affaire<br />mais on la colporta en l'&eacute;tat<br />dans la vall&eacute;e<br />o&ugrave; on l&rsquo;enrichit<br />de <em>vaille que vaille </em>et de <em>quoi qu&rsquo;il en soit</em> <br />tant et si bien qu&rsquo;elle ne se perdit pas<br />dans l&rsquo;agitation tric&eacute;phale<br />des &eacute;go&iuml;smes des peurs et des <em>&ccedil;a va de soi</em><br /><br />tout porte &agrave; croire que <br />les &agrave;-c&ocirc;t&eacute;s du proc&egrave;s du responsable des mines<br />joints aux emprunts et aux anachronismes<br />soient &eacute;galement aux sources des h&eacute;g&eacute;monies<br />qui fond&egrave;rent le droit des fous<br />&agrave; devenir sur tout le territoire de l&rsquo;&icirc;le<br />les d&eacute;positaires des cl&eacute;s des all&eacute;es<br />les d&eacute;tenteurs du texte de justification des grands lacs<br />et lorsque le temps l&rsquo;exigea<br />les r&eacute;dacteurs de l&rsquo;appel au retrait des grandes crues <br /><br />n&eacute;anmoins le ciel et les nuages<br />en vinrent aux mains<br />si bien qu'il fallut quelques t&ecirc;tes br&ucirc;l&eacute;es <br />pour d&eacute;tourner des sources empoisonn&eacute;es<br />la transparence de l&rsquo;eau <br />et tirer de la terre fumante<br />des poign&eacute;es de glaise<br /><br />c&rsquo;est par ces actes de courage<br />que les h&eacute;ritiers se souviennent aujourd&rsquo;hui <br />qu&rsquo;il aurait pu en &ecirc;tre autrement<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 7 mars 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Pra Massin</category><dc:date>2010-03-08T10:31:15+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/0731d2e6608310b98883ffff4a79ee9f-857.html#unique-entry-id-857</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/0731d2e6608310b98883ffff4a79ee9f-857.html#unique-entry-id-857</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 77" src="http://www.lesmarges.net/files/image-77.png" width="50" height="50"/><br /><span style="font:8px Verdana-Italic; "><em><br /></em></span>Dans les villages autrefois, on ch&eacute;rissait les idiots qu&rsquo;on autorisait &agrave; r&ocirc;der aux alentours des habitations avec les chiens errants. Ils vivaient libres et dormaient chez une tante &eacute;loign&eacute;e, un vieux ou une vieille, dans une grange abandonn&eacute;e, sur la margelle d&rsquo;un puits, dans la paille ou des sacs de jute. On les &eacute;loignait certes, mais on leur offrait un peu de soupe et un peu de pain pour les inclure dans la cr&eacute;ation et proposer ainsi un avant-go&ucirc;t du paradis. Souvenez-vous de Corentin le bienheureux. <br />On les chasse aujourd&rsquo;hui, avec les tantes &eacute;loign&eacute;es, les vieux et les vieilles au-del&agrave; des limites de la cr&eacute;ation, on les enferme dans des maisons de redressement, des atelier prot&eacute;g&eacute;s, des centres de tri ou des asiles dans lesquels ils sont nourris comme des oies, pour nous offrir un aper&ccedil;u de l&rsquo;enfer auquel nous sommes destin&eacute;s.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Autog&#xe9;ographie &#x7c; Nathana&#xeb;l Gobenceaux</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Vases communicants</category><dc:date>2010-03-05T19:32:56+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/68b0443c99bf9cdd8f597a52f856cafb-856.html#unique-entry-id-856</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/68b0443c99bf9cdd8f597a52f856cafb-856.html#unique-entry-id-856</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="geofoot" src="http://www.lesmarges.net/files/geofoot.jpg" width="470" height="282"/><br /><span style="font:7px Verdana-Italic; color:#A1A5A9;"><em>Montage : Nathana&euml;l Gobenceaux</em></span><br /><br /><span style="font-size:18px; color:#191919;font-weight:bold; ">Autog&eacute;ographie en footballeur <br />(JE ME SOUVIENS des ann&eacute;es football)</span><span style="font:8px Verdana-Italic; "><em><br /></em></span><br /><span style="font:15px Times-Italic; "><em>&hellip; Lausanne Sport &ndash; Neuch&acirc;tel Xamax - Grasshopper &ndash; Zurich &ndash; Servette Gen&egrave;ve - AJ Auxerre - Girondins de Bordeaux</em></span><span style="font:15px Times-Roman; "> - </span><span style="font:15px Times-Bold; font-weight:bold; font-weight:bold; ">D&rsquo;aussi loin que je me souvienne, j&rsquo;ai d&ucirc; m&rsquo;int&eacute;resser au foot vers mes 7 ou 8 ans&hellip;</span><span style="font:15px Times-Roman; "> - </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>US Boulogne CO - Grenoble Foot - Le Mans UC 7</em></span><span style="font:15px Times-Roman; "> - </span><span style="font:15px Times-Bold; font-weight:bold; font-weight:bold; ">&hellip;j&rsquo;ai achet&eacute; nombre de </span><span style="font:15px Times-BoldItalic; font-weight:bold; font-weight:bold; "><em>France Foot</em></span><span style="font:15px Times-Bold; font-weight:bold; font-weight:bold; "> que je ne me r&eacute;sous pas &agrave; jeter et qui encombrent ici ou l&agrave;&hellip;</span><span style="font:15px Times-Roman; "> - </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>RC Lens - Lille OSC - FC Lorient - Olympique lyonnais</em></span><span style="font:15px Times-Roman; "> - JE ME SOUVIENS DES ECUSSONS DORES QUE NOUS COLLIONS SUR UNE CARTE DE FRANCE ; LES VILLES ET LES CLUBS, GEOGRAPHIE ET FOOTBALL ; ASSOCIATION SPORTIVE DE MONACO, FOOTBALL CLUB DE METZ, OLYMPIQUE MARSEILLE, ASSOCIATION DE LA JEUNESSE AUXERROISE, RACING CLUB DE LENS, STADE RENNAIS&hellip; - </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>Olympique de Marseille - AS Monaco - Montpellier HSC - AS Nancy-Lorraine - OGC Nice</em></span><span style="font:15px Times-Roman; "> - </span><span style="font:15px Times-Bold; font-weight:bold; font-weight:bold; ">&hellip;les plus anciens doivent dater de la fin des ann&eacute;es 1980&rsquo;&hellip;</span><span style="font:15px Times-Roman; "> - </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>Paris SG - Stade rennais - AS Saint-&Eacute;tienne - FC Sochaux - Toulouse FC </em></span><span style="font:15px Times-Roman; ">- </span><span style="font:15px Times-Bold; font-weight:bold; font-weight:bold; ">&hellip;je me rappelle particuli&egrave;rement, &agrave; chaque intersaison (l&rsquo;intersaison en foot correspond aux mois de juillet et ao&ucirc;t, quand les joueurs sont en vacances et en profitent pour changer de club)&hellip;</span><span style="font:15px Times-Roman; "> - </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>Valenciennes FC - M'gladbach &ndash; Nuremberg- Leverkusen</em></span><span style="font:15px Times-Roman; "> - JE ME SOUVIENS, LISANT LA GAZZETTA DELLO SPORT DANS UN IMMEUBLE DE SCANDICCI, DEVANT LES RESULTATS DE LA COUPE UEFA, ETRE TOMBE SUR UN CERTAIN BAYERN MONACO. BIZARRE, Y AURAIT-IL UNE AUTRE VILLE QUE LA PRINCIPAUTE A AVOIR CE NOM ? J&rsquo;ENQUETE, FEUILLETTE LE JOURNAL JUSQU&rsquo;A LA PAGE DU CHAMPIONNAT ALLEMAND ET LA JE COMPRENDS&nbsp;: EN ITALIEN, MUNICH SE DIT MONACO. &ndash; </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>Wolfsburg - Stuttgart &ndash; Hambourg - Bochum &ndash; Hoffenheim</em></span><span style="font:15px Times-Roman; "> - </span><span style="font:15px Times-Bold; font-weight:bold; font-weight:bold; ">&hellip; des cartes pr&eacute;sentant les diff&eacute;rentes villes & &eacute;quipes en comp&eacute;tition pour l&rsquo;ann&eacute;e &agrave; venir&hellip;</span><span style="font:15px Times-Roman; "> - </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>Hanovre - Werder Br&ecirc;me - Hertha Berlin &ndash; Mayence - Bayern Munich</em></span><span style="font:15px Times-Roman; "> - </span><span style="font:15px Times-Bold; font-weight:bold; font-weight:bold; ">&hellip;peut-&ecirc;tre mes premi&egrave;res cartes non scolaires&hellip; </span><span style="font:15px Times-Roman; ">- </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>Borussia Dortmund &ndash; Schalke 04 &ndash; Cologne &ndash; Francfort </em></span><span style="font:15px Times-Roman; ">- JE ME SOUVIENS DE GUY ROUX, LE MANAGER D&rsquo;AUXERRE, DISANT AVANT UNE RENCONTRE DE COUPE D&rsquo;EUROPE CONTRE LA FIORENTINA DE BAGGIO, QU&rsquo;IL VOULAIT BIEN ENLEVER LE PONTE VECCHIO DE L&rsquo;ARNO POUR LE METTRE SUR L&rsquo;YONNE. &ndash; </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>Fribourg - Man. City - Bolton - Portsmouth - Sunderland - Wigan - Stoke City</em></span><span style="font:15px Times-Roman; "> - </span><span style="font:15px Times-Bold; font-weight:bold; font-weight:bold; ">&hellip;c&rsquo;est ainsi que j&rsquo;ai appris que Rosario &eacute;tait en Argentine, que Santiago du Chili abritait le club de Colo Colo&hellip; </span><span style="font:15px Times-Roman; ">- </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>Fulham - Burnley - Arsenal - Liverpool - Aston Villa - Man. United</em></span><span style="font:15px Times-Roman; "> - </span><span style="font:15px Times-Bold; font-weight:bold; font-weight:bold; ">&hellip;qu&rsquo;Anderlecht &eacute;tait un quartier de Bruxelles&hellip; </span><span style="font:15px Times-Roman; ">- </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>West Ham - Birmingham - Wolverhampton - Tottenham - Blackburn - Hull City - Everton </em></span><span style="font:15px Times-Roman; ">- JE ME SOUVIENS DE PISE, DEVANT LA TOUR PENCHANTE, CHEZ DES MARCHANDS AMBULANTS, D&rsquo;Y AVOIR ACHETE LES FANIONS DE PLUSIEURS GRANDES EQUIPES EUROPEENNES : CEUX DE L&rsquo;AJAX AMSTERDAM, DU MILAN AC, DE LA FIORENTINA, DE L&rsquo;AS ROMA ; JE ME SOUVIENS QUE PLUS TARD ON M&rsquo;OFFRIT CEUX DU SPORTING LISBONNE ET DU REAL MADRID DE CHENDO, MICHEL ET BUTRAGUE&Ntilde;O. &ndash; </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>Chelsea - Genk - Lokeren - Zulte-Waregem - Roulers - La Gantoise</em></span><span style="font:15px Times-Roman; "> - </span><span style="font:15px Times-Bold; font-weight:bold; font-weight:bold; ">&hellip;c&rsquo;est ainsi que j&rsquo;ai appris &agrave; situer Glasgow, Cologne ou Eindhoven sur une carte&hellip; </span><span style="font:15px Times-Roman; ">- </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>Saint-Trond - Courtrai - Cercles Bruges - Westerlo - Charleroi</em></span><span style="font:15px Times-Roman; "> - </span><span style="font:15px Times-Bold; font-weight:bold; font-weight:bold; ">&hellip;c&rsquo;est comme &ccedil;a aussi que j&rsquo;ai appris qu&rsquo;Auxerre, bien que grand club de foot n&rsquo;est en fait qu&rsquo;une petite ville de 40 000 habitants&hellip; </span><span style="font:15px Times-Roman; ">- </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>FC Bruges - Standard Li&egrave;ge - Anderlecht - Malines - Aberdeen - Celtic - Hamilton</em></span><span style="font:15px Times-Roman; "> - JE ME SOUVIENS AVOIR PRIS PARTI POUR LE BAR&Ccedil;A PLUTOT QUE POUR LE REAL LE JOUR OU J&rsquo;APPRIS QUE LE REAL ETAIT LE CLUB DU ROI, L&rsquo;ANCIEN CLUB SOUTENU PAR FRANCO ALORS QUE LE FC BARCELONE REPRESENTAIT PLUT&Ocirc;T L&rsquo;ANTI-FRANQUISME. - </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>Motherwell - Hearts - Falkirk - Kilmarnock - St Johnstone - St Mirren - Dundee United - Rangers - Hibernian</em></span><span style="font:15px Times-Roman; "> - </span><span style="font:15px Times-Bold; font-weight:bold; font-weight:bold; ">&hellip;que le PSG est le club des quartiers Ouest de Paris, que le Red-star 93 est celui des anciennes banlieues communistes&hellip; </span><span style="font:15px Times-Roman; ">- </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>Gijon - Valence - Xerez - Real Madrid - Villarreal - Athletic Bilbao - Espanyol - La Corogne - Valladolid - Saragosse</em></span><span style="font:15px Times-Roman; "> - </span><span style="font:15px Times-Bold; font-weight:bold; font-weight:bold; ">&hellip;je situais donc tout cela sur la carte, sur la mappemonde ou dans l&rsquo;atlas&hellip; </span><span style="font:15px Times-Roman; ">- </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>Getafe - Almeria - Santander - Malaga - FC S&eacute;ville - Osasuna - Atl&eacute;tico Madrid - Barcelone - Tenerife - Majorque</em></span><span style="font:15px Times-Roman; "> - JE ME SOUVIENS D&rsquo;UN AMI ME RAPPORTANT D&rsquo;ANGLETERRE UN MAILLOT ROUGE DE MANCHESTER UNITED. - </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>Milan AC - Udinese - AS Roma - Palerme - Sampdoria - Fiorentina - Cagliari - Bari - Catane - Atalanta - Chievo - Sienne - Juventus</em></span><span style="font:15px Times-Roman; "> - </span><span style="font:15px Times-Bold; font-weight:bold; font-weight:bold; ">&hellip;je parcourais le monde des Andes &agrave; la Yougoslavie, de Tromso (Norv&egrave;ge) &agrave; l&rsquo;Ajax Cape Town (Afrique du Sud)&hellip; </span><span style="font:15px Times-Roman; ">- </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>Genoa - Livourne - Bologne - Parme - Lazio Rome - Naples - Inter Milan - NEC Nim&egrave;gue - NAC Breda - Vitesse - FC Twente - Heerenveen - Ajax - ADO Den Haag - Willem II - AZ Alkmaar</em></span><span style="font:15px Times-Roman; "> </span><span style="font:15px Times-Bold; font-weight:bold; font-weight:bold; ">&hellip;j&rsquo;apprenais ainsi que les noms en &ndash;ic viennent de l&rsquo;ex Yougoslavie, ceux en &ndash;ev de Bulgarie, les noms en &ndash;ski de Pologne, les en &ndash;sky plut&ocirc;t de Russie&hellip;</span><span style="font:15px Times-Roman; "> - </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>Roda JC - Utrecht - Feyenoord - Groningen - Waalwijk - Sparta Rotterdam - VVV Venlo - Heracles - PSV - P.Ferreira - Sporting - Benfica - Belenenses - Leix&otilde;es - Porto - Leiria - Setubal - Academica</em></span><span style="font:15px Times-Roman; "> - JE ME SOUVIENS D&rsquo;UN VOYAGE EN ANGLETERRE ; J&rsquo;ACHETAIS DES MAGAZINES DE FOOTBALL, J&rsquo;APPRENAIS DES MOTS -QUI NE M&rsquo;ONT PAS SERVI DEPUIS- TELS QUE &lsquo;WINGER&rsquo;, GOALKEEPER OU ENCORE LEFT BACK ; PLUS TARD, J&rsquo;APPRENDRAIS LES TRADUCTIONS ITALIENNES DE BUTS : RETI, GARDIEN : PORTIERE, ENTRAINEUR : TECNICO OU ALLENATORE. - </span><span style="font:15px Times-Italic; "><em>Olhanense - Nacional - Rio Ave - Braga - Maritimo - Naval - V.Guimar&atilde;es - Sion - St-Gallen - Lucerne - Aarau - B&acirc;le - Bellinzona - Young Boys</em></span><span style="font:15px Times-Roman; ">&hellip;</span><span style="font:15px Times-Bold; font-weight:bold; font-weight:bold; ">.<br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Nathana&euml;l Gobenceaux<br /></span></p><p><img class="imageStyle" alt="Image 4" src="http://www.lesmarges.net/files/blandeblanc-2.png" width="14" height="27"/><span style="font:15px Times-Bold; font-weight:bold; font-weight:bold; "><br /></span><strong><img class="imageStyle" alt="img058_3" src="http://www.lesmarges.net/files/img058_3.jpg" width="50" height="50"/></strong><em><br /><br />&eacute;crit par Nathana&euml;l Gobenceaux </em>(g&eacute;o-graphe. Il &eacute;gr&egrave;ne sont auto-g&eacute;o-graphie-s <a href="http://noteseparses.wordpress.com/aauto-geo-graphie-s/%5D" rel="self">ici et l&agrave;</a>&nbsp;sur le net et tient les blogs <a href="http://leslignesdumonde.wordpress.com" rel="self">Les lignes du monde</a> et <a href="http://debalzac.wordpress.com" rel="self">Balzac (par de petites portes)</a> <em>qui m&rsquo;accueille </em><em><a href="http://leslignesdumonde.wordpress.com" rel="self">chez lui</a></em><em> dans le cadre du </em><em><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts" rel="self">projet de vases</a></em><em><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts" rel="self"> communicants</a></em><em>&nbsp;: le premier vendredi du mois, chacun &eacute;crit sur le blog d&rsquo;un autre, &agrave; charge &agrave; chacun de pr&eacute;parer les mariages, les &eacute;changes, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement&hellip; Ne pas &eacute;crire pour, mais &eacute;crire chez l&rsquo;autre.<br /><br /></em><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;"><em>Et d&rsquo;autres </em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"><em><a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=104893605886&ref=ts">vases communicants ce mois</a></em></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;"><em> :<br /></em></span><span style="font:8px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;"><em><br /></em></span><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><a href="http://mariannejaegle.over-blog.fr/" rel="self">Mariane Jaegl&eacute;</a> et <a href="http://www.lignesdevie.com/" rel="self">Gilles Bertin</a> <br /><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-2.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><a href="http://ericdubois.over-blog.fr/" rel="self">Eric Dubois</a> et <a href="http://patrimages.over-blog.com/" rel="self">Patricia Laranco</a><br /><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-3.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><a href="http://ligneselectriques.blogspot.com/" rel="self">Lignes &eacute;lectriques</a> et <a href="http://metachroniques.blogspot.com/" rel="self">Chroniques d'une avatar</a><br /><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-4.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><a href="http://fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com/" rel="self">Christophe Sanchez</a> et <a href="http://ysabel2046.blogspot.com/" rel="self">Yzabel</a> <br /><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-4-2.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><a href="http://www.luclamy.net.blog/" rel="self">Luc Lamy</a> et <a href="http://annadesandre.wordpress.com/" rel="self">Anna de Sandre</a> <br /><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-5.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><a href="http://futilesetgraves.blogspot.com/" rel="self">Futiles et graves</a> et <a href="http://killthatmarquise.wordpress.com/" rel="self">Kill that Marquise</a> <br /><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-6.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><a href="http://tentatives.eklablog.fr/" rel="self">Christine Jeanney</a> et <a href="http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique1" rel="self">Arnaud Ma&iuml;setti</a><br /><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-6-2.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><a href="http://xn--chatperch-p1a2i.net/" rel="self">Michel Brosseau</a> et <a href="http://juliette.mezenc.over-blog.com/" rel="self">Juliette Mezenc</a><br /><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-7.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><a href="http://www.frederiquemartin.fr/category/mon-carnet/" rel="self">Fr&eacute;d&eacute;rique Martin</a> et <a href="http://sigur-cyrano.blogspot.com/" rel="self">Denis Sigur</a> <br /><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-8.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><a href="http://www.liminaire.fr/" rel="self">Pierre M&eacute;nard</a> et <a href="http://fenetresopenspace.blogspot.com/" rel="self">Anne Savelli</a> <br /><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-9.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><a href="http://enfantissages.free.fr/" rel="self">Juliette Zara</a> et <a href="http://koukistories.blogspot.com/" rel="self">Kouki Rossi</a><br /><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-10.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><a href="http://www.leslignesdumonde.wordpress.com/" rel="self">Nathana&euml;l Gobenceaux</a> et <a href="http://www.lesmarges.net/" rel="self">Jean Prod'hom</a><br /><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-11.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><a href="http://pantarei.hautetfort.com/" rel="self">Florence No&euml;l</a> et <a href="http://aloredelam.com/" rel="self">Lambert Savigneux</a><br /><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-12.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><a href="http://hublots.over-blog.com/" rel="self">Hublots</a> et <a href="http://petiteracine.over-blog.com/" rel="self">Petite racine</a> <br /><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-13.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><a href="http://www.pendantleweekend.net/" rel="self">Pendant le week-end</a> et <a href="http://ecritbook.typepad.fr/blog/" rel="self">Quelque(s) chose(s)</a><br /><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-14.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><a href="http://www.tierslivre.net/" rel="self">Fran&ccedil;ois Bon</a> et <a href="http://www.commettre.fr/" rel="self">Commettre</a><br /><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-15.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><a href="http://www.scriptopolis.fr/" rel="self">Scriptopolis</a> et <a href="http://kmskma.free.fr/" rel="self">Kill Me Sarah</a><br /><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-16.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><a href="http://rvjeanney.wordpress.com/" rel="self">RV. Jeanney</a> et <a href="http://brigetoun.blogspot.com/" rel="self">Paum&eacute;e</a><br /><img class="imageStyle" alt="puce" src="http://www.lesmarges.net/files/puce-17.gif" width="8" height="11"/><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">&nbsp;</span><a href="http://sauvageana.blogspot.com/" rel="self">Anita </a><a href="http://sauvageana.blogspot.com/" rel="self">Navarrete Berbel</a> et <a href="http://effacements.blogspot.com/" rel="self">Anna Angeles</a><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"><br /><br /></span><span style="font-size:14px; "><em>Post-scriptum<br /></em></span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/lesseigneurs de la nuit.png" width="476" height="50"/><br /><br />La nuit tombait sur Lausanne, un samedi soir de l&rsquo;ann&eacute;e 1961 ou 1962, ou 1963. Je montais au stade de la <em>Pontaise</em>, la main dans la main de mon p&egrave;re, en suivant la collectrice du Valentin dans laquelle cinq ou six drailles sorties de nulle part d&eacute;versaient des grappes d&rsquo;inconnus. Mais la foule ne grossissait vraiment qu&rsquo;aux <em>Anciennes Casernes</em>, une foule taiseuse, concentr&eacute;e, qui se pr&eacute;parait &agrave; faire face &agrave; quelque chose qu&rsquo;on n&rsquo;&eacute;tait tous bien incapables de penser. Une folle rumeur montait d&eacute;j&agrave; du puits que creusaient les faisceaux bleu acier des projecteurs. On avait de l&rsquo;avance, on regardait l&rsquo;heure, tout montait, montait. Mais il fallait attendre encore un peu, nous taire encore, contenir notre agitation, nos espoirs, avant que la grande affaire n&rsquo;ait lieu. <br /><br />On les appelait les <em>Seigneurs de la nuit : K&uuml;nzi, Grob&eacute;ty, Tacchella, Schneiter, Hunziker, D&uuml;rr, Armbruster, Eschmann, Kerkhoffs, Hosp, Hertig</em>. Chacun d&rsquo;eux incarnait &agrave; sa mani&egrave;re l&rsquo;un des onze attributs de l&rsquo;&ecirc;tre.<br /></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>La vieille de Pra Massin</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Pra Massin</category><category>Au Riau</category><dc:date>2010-03-04T18:53:07+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/c11df9b52dcafebbdbb36ab7a90d0d28-855.html#unique-entry-id-855</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/c11df9b52dcafebbdbb36ab7a90d0d28-855.html#unique-entry-id-855</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 52" src="http://www.lesmarges.net/files/saledebains.png" width="50" height="50"/><br /><br />L&rsquo;affaiblissement de ses forces et la perspective de la mort effrayaient moins la vieille depuis qu&rsquo;elle se rendait avec son chien &agrave; Pra Massin sur les hauteurs du village, chaque jour ou presque. Elle s&rsquo;asseyait sur le banc que la commune avait mis &agrave; la disposition des promeneurs et elle se taisait, laissant son regard chercher, puis lentement se fixer sur l&rsquo;un des villages attach&eacute;s au flanc des collines qui longent la rive droite de la Broye. <br />On racontait qu&rsquo;elle y avait laiss&eacute; autrefois un amour, auquel elle s&rsquo;&eacute;tait mise &agrave; repenser depuis la mort du p&egrave;re de ses enfants et du m&eacute;pris que ceux-ci affichaient &agrave; son &eacute;gard. Ce n&rsquo;&eacute;tait qu&rsquo;une rumeur sans fondement colport&eacute;e par ceux qui ont renonc&eacute; &agrave; comprendre quoi que ce soit du myst&egrave;re dont nous sommes les h&ocirc;tes.<br />En r&eacute;alit&eacute; la vieille venait s&rsquo;asseoir pour s&rsquo;attendrir et accepter enfin ce qui lui avait &eacute;t&eacute; octroy&eacute;. Elle disait &agrave; qui voulait l&rsquo;entendre, d&rsquo;une voix blanche, ferme pourtant, que le paysage l&agrave;-bas ne se d&eacute;robait pas, malgr&eacute; la danse des saisons, la neige, les coupes dans les bois, les feux d&rsquo;automne, le brouillard empoisonn&eacute;. Elle fixait, disait-elle, un point du paysage, toujours le m&ecirc;me, en contrebas de l&rsquo;un des villages, un vallon vers lequel elle sentait converger de proche en proche la terre enti&egrave;re et tous ses habitants comme au milieu d&rsquo;une grande respiration. Elle ajoutait que ce lieu lui semblait en m&ecirc;me temps r&eacute;pandre son secret dans toutes les directions, sans perdre jamais cette singuli&egrave;re &eacute;tranget&eacute; pour laquelle elle venait &agrave; Pra Massin. Elle disait en souriant qu&rsquo;elle se sentait un peu plus pr&ecirc;t de l&rsquo;&eacute;ternit&eacute;. <br />Lorsque je regarde aujourd&rsquo;hui les villages et les clairi&egrave;res sommeillant au dessus de la Broye que survole et caresse son &acirc;me libre, je songe aux derni&egrave;res ann&eacute;es de sa vie suspendues &agrave; la petite &eacute;ternit&eacute; que durait sa halte &agrave; Pra Massin et je l&rsquo;envie.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#7F7F7F;"> </span><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>L&#x2019;abri</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2010-03-03T18:51:21+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ee8b6dbaaf6fd6bb7fbcaf67371aaee2-854.html#unique-entry-id-854</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ee8b6dbaaf6fd6bb7fbcaf67371aaee2-854.html#unique-entry-id-854</guid><content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><img class="imageStyle" alt="abrirose" src="http://www.lesmarges.net/files/abrirose.png" width="50" height="50"/><span style="font:12px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#333333;"><br /></span>La nuit prend si vite ses quartiers le soir que les hommes se retirent promptement, fanfarons parfois, sur les &icirc;les qu'ils ont am&eacute;nag&eacute;es le jour. Depuis le temps la d&eacute;bandade est organis&eacute;e. 
La nuit ne laisse rien au hasard et s'insinue partout. Seul le ciel noir mit&eacute; comme une feuille de millepertuis clignote de toutes parts, c'est qu'une f&ecirc;te se d&eacute;roule l&agrave;-bas, au-del&agrave; des Sablonni&egrave;res. Plus rien n'est &agrave; craindre ici, les maisons sont calfeutr&eacute;es et derri&egrave;re leurs paupi&egrave;res les hommes s'abandonnent confiants &agrave; ce qui ne se voit pas. Dehors l'obscurit&eacute; accroupie sur le seuil attend sagement, les &eacute;corces enlacent le coeur des grands &eacute;chassiers qui sommeillent les yeux grand ouverts. 
Demain &agrave; midi, lorsque la nuit ne sera qu'une ombre, je jetterai un coup d'oeil du c&ocirc;t&eacute; du couchant et me r&eacute;jouirai du soir, lorsque la nuit tombe &agrave; verse.<br /></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Da capo&#xa;</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><dc:date>2010-03-02T17:10:22+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/88960d249c29a91eb491b775277822bc-852.html#unique-entry-id-852</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/88960d249c29a91eb491b775277822bc-852.html#unique-entry-id-852</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 62" src="http://www.lesmarges.net/files/bleunorvege.png" width="50" height="50"/><br /><br />J'avance somnanbule dans un monde stri&eacute; par le va-et-vient du jour et de la nuit, v&ecirc;tu des lambeaux d&rsquo;un r&eacute;cit rapi&eacute;c&eacute; qui enchante cependant ma vie. Il raconte, drapeau blanc, mon appartenance &agrave; l'esp&egrave;ce mais ne me r&eacute;chauffe gu&egrave;re.<br />Il me faut aller t&ecirc;te baiss&eacute;e dedans le brasier, lever la t&ecirc;te qui est dans ma t&ecirc;te, regarder &agrave; gauche, regarder &agrave; droite, prendre et d&eacute;poser comme l'abeille le fait avec la fleur du pommier cet autre dont j&rsquo;ai besoin, dans un monde sans image, et ensemencer la page qui peine &agrave; faire voir le feu dont on est fait.<br />Le roncier s'est referm&eacute; derri&egrave;re moi, je ne reverrai plus la clairi&egrave;re patiemment d&eacute;gag&eacute;e. Il me faut recommencer.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 28 f&#xe9;vrier 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Hors jeu</category><dc:date>2010-03-01T08:41:31+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/7efbb1f5b1bfe77513b7a89394fcd8e7-851.html#unique-entry-id-851</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/7efbb1f5b1bfe77513b7a89394fcd8e7-851.html#unique-entry-id-851</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 195" src="http://www.lesmarges.net/files/image-195.png" width="50" height="50"/><br /><br />L'eau noie les songes creux et diss&eacute;mine les pens&eacute;es qu'on croyait &eacute;ternelles. Demeurent nos vies qui s'all&egrave;gent jusqu'&agrave; la ruine et pour lesquelles on mendiera un jour encore. <br />J'aper&ccedil;ois le vieux qui brasse la neige, seul dans le bois, il va &agrave; la lisi&egrave;re visiter ses abeilles qu'on entend lorsque le soleil guigne. Les ruches enflamment une derni&egrave;re fois les alentours. Sera-t-il avec elles ce printemps? <br />Comment rassembler les promesses qui d&eacute;bordent avec les mots d'avant? Comment contenir ce qui va sans se retourner? Je demeure en retrait et assiste &agrave; la pouss&eacute;e de ce &agrave; quoi je serai peut-&ecirc;tre convi&eacute;.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Vent debout</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><dc:subject>Blogue</dc:subject><dc:date>2010-02-26T22:16:24+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/b6bf3e562862df649730d80bda6c1f62-850.html#unique-entry-id-850</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/b6bf3e562862df649730d80bda6c1f62-850.html#unique-entry-id-850</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 149" src="http://www.lesmarges.net/files/image-149.png" width="50" height="50"/> <br /><br />J'ai fait ce soir la connaissance d'un poisson aux &eacute;cailles bleues et aux reflets d'argent, arc-bout&eacute; dans un aquarium domestique, debout contre le courant engendr&eacute; par un moteur &agrave; quatre-sous. Sa nageoire caudale, soyeuse, qui allait et venait sans discontinuer, le maintenait immobile au milieu de l&rsquo;aquarium, il ne m&eacute;nageait pas ses efforts pour demeurer dans cet &eacute;quilibre pr&eacute;caire. Sans rel&acirc;che. Mais qui donc a os&eacute; mettre en sc&egrave;ne cet &eacute;difiant spectacle? <br />Courageux, je songe un bref instant &agrave; vider l'aquarium pour abr&eacute;ger une vie qui n'en a que le nom. Mais que dirait le propri&eacute;taire? Je m'approche alors de l'animal, me penche et, &agrave; voix basse, le supplie de bien vouloir fermer les yeux sur ce que je ne suis plus en mesure de supporter : sans succ&egrave;s! <br />Je quitte l'insens&eacute;, d&eacute;fait, remonte la Rue de la Farce jusque chez moi, sous la pluie et contre le vent, les yeux riv&eacute;s aux pav&eacute;s qui brillent comme des miroirs. J&rsquo;entends devant la boulangerie le bruit d&rsquo;un moteur, c&rsquo;est celui d&rsquo;un p&eacute;trin.<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>LX</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Jean-R&#xe9;my</category><dc:date>2010-02-25T06:49:53+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/15ee54b5e380bcea9cde7a4c1d270e39-848.html#unique-entry-id-848</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/15ee54b5e380bcea9cde7a4c1d270e39-848.html#unique-entry-id-848</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 7" src="http://www.lesmarges.net/files/page2_blog_entry848_1.png" width="50" height="50"/><br /><br />La plan&egrave;te s'est r&eacute;chauff&eacute;e encore un peu pendant la nuit, les entreprises sont sous perfusion, les bourses prennent l'eau et une borne Airport a &eacute;t&eacute; install&eacute;e au caf&eacute;. Les mauvaises nouvelles de ce matin ne m'emp&ecirc;chent pas d&rsquo;en boire un &agrave; la table ronde, il est 9 heures. Un commercial qui a une chambre &agrave; l'auberge descend prendre son petit d&eacute;jeuner. Il ne conna&icirc;t visiblement pas les habitudes du lieu et s'assied &agrave; ma table, rapproche le cendrier et allume une cigarette. Rien, pas un mot, je doute subitement de mon existence. M'a-t-il vu? <br />Il sort son ordinateur, renifle deux ou trois fois, rit grassement &agrave; la lecture de ses messages, b&acirc;ille, rit, rerit, renifle et reb&acirc;ille, la table tremble, il frappe sur son clavier comme un sauvage, envoie des ronds de fum&eacute;e! Je m'inqui&egrave;te s&eacute;rieusement. Quand va-t-il pisser au pied de ma chaise?<br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span><br /><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>L&#x2019;un dans l&#x2019;autre</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-02-24T06:15:45+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/fa232599403ce0b86f06fa41cf70a499-847.html#unique-entry-id-847</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/fa232599403ce0b86f06fa41cf70a499-847.html#unique-entry-id-847</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 97" src="http://www.lesmarges.net/files/image-97.png" width="50" height="50"/><span style="font-size:18px; font-weight:bold; "><br /></span><br />On dit du hasard qu&rsquo;il est la rencontre de deux cha&icirc;nes causales. Voici donc le hasard auquel nous sommes tous assujettis, voici le maillon &agrave; double appartenance, &agrave; double valeur, le chiffre, le nombre&nbsp;: 807. Vicaire il est d&rsquo;ici et de l&agrave;-bas&nbsp;: l&agrave;-bas le huit cent septi&egrave;me brelan d&rsquo;as du ma&icirc;tre, ici ce m&ecirc;me brelan rapport&eacute;, premier des trois brins d&rsquo;une poign&eacute;e qui tient &agrave; peine dans le creux d&rsquo;une main pleine.<br /><br /><br />&laquo;&nbsp;Et quoique l'eau intercept&eacute;e entre les poissons de l'&eacute;tang ne soit point plante ni poisson, ils en contiennent pourtant encore.&nbsp;&raquo; Cette proposition de la Monadologie plac&eacute;e en t&ecirc;te d&rsquo;une invitation de la Soci&eacute;t&eacute; de philosophie a mis en col&egrave;re les membres de l&rsquo;Association romande des p&ecirc;cheurs professionnels. D&eacute;cid&eacute;ment de qui se moque-t-on&nbsp;?<br /><br /><br />Lili trouve que c&rsquo;est vraiment une grande chance qu&rsquo;elle soit n&eacute;e le jour de son anniversaire.<span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">11 f&eacute;vrier 2010</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ?</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-02-23T14:05:55+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/2c60004f0dcd3c0232279ea7685dcc7e-846.html#unique-entry-id-846</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/2c60004f0dcd3c0232279ea7685dcc7e-846.html#unique-entry-id-846</guid><content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><img class="imageStyle" alt="Image 52" src="http://www.lesmarges.net/files/arbresetneige-2.png" width="50" height="50"/><span style="font-size:18px; font-weight:bold; "><br /></span><br />On r&ecirc;va enfin<br />d'un monde o&ugrave;<br />il n'y e&ucirc;t rien &agrave; ajouter<br />ni avant ni apr&egrave;s<br /><br />d&egrave;s l&rsquo;aube<br />on se penchait<br />sur les termiti&egrave;res<br />avec les yeux fixes <br />des rois et des reines<br />on cueillait<br />dans le ciel<br />les signes des hirondelles<br />et les bois sur la gr&egrave;ve<br />on envoyait des colonnes<br />pour explorer <br />la m&eacute;moire de l'oc&eacute;an<br />on descendit <br />au fond des puits<br />l&agrave; o&ugrave; sommeillent <br />le souvenir des armes <br />l'or et les l&eacute;gendes <br />dont on tira une pile<br />de fragments couleur d&rsquo;os<br />ligatur&eacute;s par le silence<br /><br />valeureuse t&ecirc;tes <br />jamais revues<br /><br />je l'ai dit <br /><br />il e&ucirc;t mieux valu<br />rester dans le rang<br />ne rien &eacute;crire<br />ne rien chercher<br />ne rien comprendre <br />laisser ce ramassis <br />de mots rances <br />croupir dans une langue estropi&eacute;e<br /><br />nous livrer <br />sans d&eacute;lai<br />&agrave; l'inestimable<br />au mot rivage <br />au mot galet<br />&agrave; la <em>miraculeuse aurore</em><br /></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Pour demeurer enfin quelque part</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><category>Vases communicants</category><dc:date>2010-02-19T06:18:30+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/d6edc1d1de9a6a284d821f3df5c32dd1-845.html#unique-entry-id-845</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/d6edc1d1de9a6a284d821f3df5c32dd1-845.html#unique-entry-id-845</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="image-81" src="http://www.lesmarges.net/files/image-81.png" width="50" height="50"/><em><br /></em>Pourquoi nous en aller alors que les n&eacute;cessit&eacute;s qui talonnent ceux qui n&rsquo;ont rien ne nous y obligent pas ?<br /><br />Lorsqu&rsquo;il arriva dans les parages de ce qui devait lui appara&icirc;tre presque aussit&ocirc;t avec les traits de l&rsquo;accompli, il se mit &agrave; croire. Croire qu&rsquo;il avait rejoint le pays r&ecirc;v&eacute; dans lequel il allait d&eacute;sormais vivre, un pays sans heurt et sans couture, avec dedans le silence, l&rsquo;herbe, les couleurs, les plis des p&acirc;turages, quelques habitants, gu&egrave;re plus. La modestie des lieux, leur &eacute;tranget&eacute; convenue, leur retenue aussi, tout concourait &agrave; le retenir. C&rsquo;&eacute;tait un dimanche, l&rsquo;invitation semblait ferme. Sa d&eacute;cision fut irr&eacute;vocable. Quand bien m&ecirc;me aucune place ne lui &eacute;tait destin&eacute;e et que personne ne l&rsquo;attendait, il con&ccedil;ut le projet d&rsquo;y demeurer, proche des lisi&egrave;res, &agrave; l&rsquo;autre bout des pr&eacute;jug&eacute;s, sans rien toucher. Il se fit un nid de fortune et v&eacute;cut l&agrave; sans que rien ne lui appartienne.<br /><br />Il voulut maintenir le pays &agrave; bonne distance de son coeur pour en disposer toujours. Mais rien n&rsquo;y fit, ni les &eacute;gards ni les ruses. Il s&rsquo;en &eacute;loignait &agrave; mesure qu&rsquo;il y demeurait, incapable de r&eacute;sister aux habitudes qui se glissent dans nos vie &ndash; alors qu&rsquo;on s&rsquo;&eacute;tait promis de tout faire pour leur interdire l&rsquo;acc&egrave;s. Il avait l&rsquo;impression de dispara&icirc;tre &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de ce qu&rsquo;il voulait prot&eacute;ger, comme le fer des cl&ocirc;tures que les arbres avalent. Pris au pi&egrave;ge au coeur de ce qu&rsquo;il avait voulu laisser intact, il se mit &agrave; r&ocirc;der pour retrouver plus loin dans les pr&eacute;s, plus profond dans les bois ce qu&rsquo;il avait laiss&eacute; filer, il emprunta le chemin des p&acirc;tures en grignotant des biscuits de s&eacute;same, s&rsquo;enfon&ccedil;a dans les ronciers, cartographia les bois, &eacute;puisa les carrefours, leva des plans. Il s&rsquo;y employa avec passion mais c&rsquo;en &eacute;tait trop, il ne put rien contre les attaques de s&eacute;rieux dont il lui fut de plus en plus difficile de se d&eacute;prendre.<br /><br />Le paradis escompt&eacute; fondait et ce qui l&rsquo;avait amen&eacute; &agrave; jeter son d&eacute;volu sur ce pays le fuyait. Il ne renon&ccedil;a pourtant pas et s&rsquo;enfon&ccedil;a plus loin encore dans les bois, il allait &agrave; petits pas, ne d&eacute;sesp&eacute;rant pas de rencontrer ailleurs ce qui lui avait fil&eacute; entre les mains pr&egrave;s de sa demeure. Mais c&rsquo;est l&rsquo;empire du familier qu&rsquo;il cadastrait par cercles concentriques, il tirait derri&egrave;re lui des ruines, comme le parachutiste son barda, il s&rsquo;emp&acirc;tait et la peau de chagrin qui grandissait sous ses pas allait l&rsquo;&eacute;touffer.<br /><br />Il faudra un impr&eacute;vu sec, l'implacable, la maladie d&rsquo;un enfant et le sentiment d&rsquo;abandon qui suivit pour endiguer cette crue. Un matin avant l&rsquo;aube il infl&eacute;chit le destin en d&eacute;posant l&rsquo;inadmissible dans une mandorle, rendant vie &agrave; ce qu&rsquo;il avait voulu taire ou tout au moins tenir en laisse. Ce jour-l&agrave; il &eacute;crivit pour la premi&egrave;re fois, des mots qui le font trembler encore aujourd&rsquo;hui.<br /><br />Cette mandorle est toujours l&agrave;, c&rsquo;est la porte par laquelle chaque jour ouvrable il quitte un bref instant sa demeure pour retrouver cette autre demeure d&rsquo;o&ugrave; il consid&egrave;re intact ce qui n&rsquo;a jamais disparu, le pays de la premi&egrave;re heure dont on s&rsquo;&eacute;loigne immanquablement lorsqu&rsquo;on veut vivre &ndash; et on le doit &ndash; avec les siens. Il s'arr&ecirc;te d&rsquo;aller, ramasse un tesson, une miette, celle qui est l&agrave; ou une autre, pour retrouver dans la mesure de ses moyens, de mot en mot et de proche en proche, comme une pri&egrave;re, le lieu d&rsquo;o&ugrave; il vient et o&ugrave; nous ne serons bient&ocirc;t plus, improbable mosa&iuml;que, petits voyages successifs, collier de babioles.<br /><br />Dans cette autre demeure &ndash; en est-il d&rsquo;autres ? &ndash; , on n&rsquo;est presque rien, un filet d&rsquo;eau, une rumeur transparente, &agrave; peine une ombre qui passe, assez maigre pour ne plus faire &eacute;cran &agrave; ce qui fait la joie d&rsquo;&ecirc;tre: pays sans heurt et sans couture, avec dedans le silence, l&rsquo;herbe, les couleurs, les plis des p&acirc;turages. Voici la montage de Lure, la Pierreuse, la dent de Brenleire, le ballon de Servance, voici l&rsquo;Aigoual, le mont Amiata, j&rsquo;y suis depuis le d&eacute;but, j&rsquo;y reste jusqu&rsquo;&agrave; la fin, pays non plus r&ecirc;v&eacute; mais pays de la premi&egrave;re heure, de nulle part et partout &agrave; demeure, j&rsquo;y suis comme un plus qui ne compte pas. Ici chez vous ou l&agrave;-bas chez moi, quelques instants de veille sur un monde qui va qui va. Nous sommes des surnum&eacute;raires et c&rsquo;est bien comme &ccedil;a.<br /><br /><img class="imageStyle" alt="1995-+Le+Buisson-3" src="http://www.lesmarges.net/files/1995-002ble002bbuisson-3.jpg" width="400" height="292"/><br /><br /><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">Publi&eacute; le </span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">5 f&eacute;vrier 2010</span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> dans le cadre du </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#000899;"><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts">projet de vases communicants</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">&nbsp;chez Brigitte C&eacute;lerier (</span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"><a href="http://brigetoun.blogspot.com/" rel="self">Paum&eacute;e</a></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">)</span><span style="font:16px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; "><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 21 f&#xe9;vrier 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><category>Riant-Mont</category><dc:date>2010-02-22T20:55:25+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/ff9f45cc5389cc55cd0d4d22fc42bf05-843.html#unique-entry-id-843</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/ff9f45cc5389cc55cd0d4d22fc42bf05-843.html#unique-entry-id-843</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 102" src="http://www.lesmarges.net/files/image-102.png" width="50" height="50"/><em><br /></em><br /><br /><em>Bernard et ses trois fr&egrave;res sont debout depuis plusieurs heures, une canne &agrave; p&ecirc;che sur l&rsquo;&eacute;paule et un casse-cro&ucirc;te dans la musette. Ils ont march&eacute; depuis le haut du Valentin, emprunt&eacute; l&rsquo;escalier en colima&ccedil;ons jusqu&rsquo;au Tunnel avant de monter dans le tram. Une petite heure a suffi pour les conduire jusqu&rsquo;&agrave; Bressonnaz. <br />C&rsquo;&eacute;tait aux alentours du caf&eacute; de la Gare qu&rsquo;&agrave; la belle saison, Bernard et ses trois fr&egrave;res passaient le dimanche avec leur p&egrave;re, sur les rives de la Corcelette, de la Carouge ou de la Broye, &agrave; taquiner la truite. Mais tout cela je l&rsquo;ai su beaucoup plus tard, parce que chez nous, la p&ecirc;che, le casse-cro&ucirc;te, la Broye, on n&rsquo;en parlait pas le dimanche. <br /><br /></em>Le dimanche, on se pr&eacute;parait d&egrave;s le r&eacute;veil et en silence, on se pr&eacute;parait chacun de son c&ocirc;t&eacute;, quelle que soit la saison. Mais si l&rsquo;un d&rsquo;entre nous le demandait on se donnait un coup de main, on se parlait vraiment gentiment le dimanche matin. C&rsquo;est que tout &agrave; l&rsquo;heure h&eacute;! h&eacute;! il y avait le culte. C&rsquo;est &agrave; cause de lui qu&rsquo;on allait, qu&rsquo;on venait, des chambres &agrave; la salle de bains, de la salle de bains aux chambres, en pantoufles, inspir&eacute;s, sans pr&eacute;cipitation, par le long couloir sombre et &eacute;troit de l&rsquo;appartement.<br />Il &eacute;tait huit heures et demie lorsqu&rsquo;on se retrouvait tous les cinq autour de la table de la cuisine, recouverte d&rsquo;un inusable formica bleu piqu&eacute; de petites taches blanches, trop nombreuses pour que l&rsquo;un d&rsquo;entre nous ait entrepris un jour de les compter. Et on d&eacute;jeunait ainsi tous ensemble, dans le grand ciel bleu, baign&eacute;s dans le sacr&eacute;, sans que personne ne le sache ni m&ecirc;me ne le soup&ccedil;onne. Mon p&egrave;re ras&eacute; de pr&egrave;s sentait bon l&rsquo;eau de Cologne. Non! C&rsquo;&eacute;tait plut&ocirc;t le monde entier qui sentait l&rsquo;eau de Cologne, le monde entier qui &eacute;tait un dimanche, un beau dimanche avec au milieu une famille qui se r&eacute;veillait unie dans le silence, la retenue, la bienveillance, la gentillesse. C&rsquo;&eacute;tait rare qu&rsquo;on mange tous ensemble le matin, m&ecirc;me si dans nos esprits c&rsquo;&eacute;tait tous les jours qu&rsquo;on mangeait ensemble. &Ccedil;a on nous l&rsquo;avait transmis pendant la nuit et par la force des sentiments, c&rsquo;&eacute;tait nos parents qui avaient plac&eacute; cette id&eacute;e sous nos oreillers, une id&eacute;e qui venait du bout de leur lign&eacute;e.<br />J&rsquo;&eacute;tais assis sur le banc, un banc qu&rsquo;on avait trouv&eacute; sur un quai de gare d&eacute;saffect&eacute;e et qu&rsquo;on avait repeint blanc cr&egrave;me un samedi matin. Mes deux soeurs portaient une jolie robe &agrave; carreaux, mon p&egrave;re une belle chemise blanche, une cravate rouge profond, avec un noeud qui dansait. Ceux qui le voyaient &agrave; l&rsquo;usine pendant la semaine ne l&rsquo;auraient pas reconnu, il semblait appartenir &agrave; un monde c&eacute;leste. Et tandis que ma m&egrave;re, en robe de chambre, debout bien avant nous s&rsquo;affairait devant la cuisini&egrave;re, mon p&egrave;re volait un petit moment au silence pour prier : <em>Notre Dieu notre P&egrave;re nous te b&eacute;nissons pour cette nourriture que tu places devant nous. Donne-nous des coeurs reconnaissants. Amen.</em> <br />Ce jour-l&agrave; ni mon p&egrave;re ni ma m&egrave;re n&rsquo;avaient besoin de nous demander d&rsquo;&ecirc;tre sages, car on &eacute;tait sages, c&rsquo;est s&ucirc;r. On mangeait nos tartines avec la m&ecirc;me conviction que nos amis catholiques d&rsquo;Anc&ocirc;ne qui su&ccedil;otaient l&rsquo;ostie. C&rsquo;&eacute;tait ainsi, c&rsquo;&eacute;tait beau, aucun grincement de dents. Mes soeurs et moi on savait tout &ccedil;a bien avant notre venue au monde, c&rsquo;&eacute;tait facile puisque nos parents l&rsquo;avaient eux aussi appris bien avant la leur, personne s&rsquo;&eacute;tait donn&eacute; le mot, c&rsquo;est dire qu&rsquo;on &eacute;tait bien unis. <br />Le dimanche &ccedil;a servait d&rsquo;abord &agrave; &ccedil;a, &agrave; &ecirc;tre sage. Et quand il y avait une petite bagarre, parce que &ccedil;a arrivait quand m&ecirc;me une petite bagarre, on disait pouce, et &ccedil;a comptait pour beurre. Mais attention on ne le disait pas, &ccedil;a aurait tout fauss&eacute;, le dimanche les faux pas &ccedil;a n&rsquo;existait pas, on ne devait m&ecirc;me pas y penser, c&rsquo;est pas qu&rsquo;on croyait en quoi que ce soit, mais le dimanche quelque chose nous enveloppait et nous d&eacute;passait tous, une chose hors de laquelle il n&rsquo;y avait rien. <br /><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Dimanche 14 f&#xe9;vrier 2010</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Dimanches</category><dc:date>2010-02-18T13:20:27+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f889e7cb6d4a7e29d0d2a1e419e8692e-842.html#unique-entry-id-842</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f889e7cb6d4a7e29d0d2a1e419e8692e-842.html#unique-entry-id-842</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 136" src="http://www.lesmarges.net/files/lumiere.png" width="50" height="50"/><br /><br />C'&eacute;tait quelqu'un qui, en fin d&rsquo;apr&egrave;s-midi, tandis que ses camarades pianotaient &agrave; l'&eacute;touffoir sur les clavecins de la salle d&rsquo;informatique ou bouclaient leur sac &agrave; peines, demeurait assis en arri&egrave;re du brouhaha, dans une poche de lumi&egrave;re, bien droit face &agrave; la table grise. Ce jour-l&agrave; il ne restait que quelques mots sur le morceau de journal noirci de coups de feutre noir &eacute;pais, il semblait surpris, inquiet m&ecirc;me. Mais il a suffi de lui dire <em>oui</em>, de lui dire un <em>oui</em> qui dit <em>oui</em>, pour qu&rsquo;il soit r&eacute;confort&eacute; et aille jusqu'au bout de l&rsquo;entreprise qu&rsquo;il avait initi&eacute;e, jusqu'au bout. <br /><br /><em>C&rsquo;est la fra&icirc;cheur qui parle<br />d&rsquo;une m&ecirc;me voix<br />dans le pr&eacute; <br />et sur mon visage<br /></em><br />Il se faufilait discr&egrave;tement parmi ses camarades agglutin&eacute;s devant le bureau pour faire voir un bref instant son travail. Il s'en excusait presque. On n&rsquo;avait qu'&agrave; confirmer la voie qu&rsquo;il avait prise. Et comme chaque fois lorsqu'on relevait la t&ecirc;te, il avait disparu, craignant de prendre trop de place, de s'incruster. Un seul signe, un pauvre signe semblait le rassurer, il ne s&rsquo;appesantissait sur rien.<br />Il imaginait des solutions inventives et &eacute;l&eacute;gantes, savait recycler tout ce qui se pr&eacute;sente, faisait la preuve quotidienne que la rigueur ne rel&egrave;ve pas d&rsquo;un genre particulier, mais s&rsquo;applique tout autant &agrave; la lecture, &agrave; l&rsquo;&eacute;criture, &agrave; l&rsquo;histoire, au calcul. Il d&eacute;mentait le grand partage qui faisait des deux cultures des adversaires irr&eacute;conciliables. Peut-on acc&eacute;der &agrave; la r&eacute;alit&eacute; sans disposer un peu de l&rsquo;une, un peu de l&rsquo;autre? <br />On se r&eacute;jouissait d&rsquo;apercevoir les textes au sommet de la pile: toujours la m&ecirc;me rigueur, les m&ecirc;mes exigences, aucun rel&acirc;chement. Mais si au commencement on pla&ccedil;ait ses textes au sommet de la pile, c'&eacute;tait au-dessous qu'on les glissait &agrave; la fin. On les gardait pour le dessert.<br />Il se demandait parfois ce que les ma&icirc;tres voulaient de lui. Eux, de leur c&ocirc;t&eacute;, ils se demandaient ce qui lui manquait. Il n&rsquo;y a pas de mot pour dire le manque qui nous manque. Cet inconfort faisait avancer le ma&icirc;tre et l&rsquo;&eacute;l&egrave;ve.<br />C'&eacute;tait quelqu'un qui &eacute;tait sur le point de d&eacute;couvrir la libert&eacute;.<span style="font:13px Verdana, serif; color:#555555;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Abandon</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Les 807</category><dc:date>2010-02-17T13:16:26+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/f471e4ffde905011cfc7e47504b71f84-841.html#unique-entry-id-841</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/f471e4ffde905011cfc7e47504b71f84-841.html#unique-entry-id-841</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 20" src="http://www.lesmarges.net/files/ecrturenorvege.png" width="50" height="50"/><br /><span style="font:13px Georgia, serif; color:#555555;"><br /></span>Peut-on sinc&egrave;rement se r&eacute;jouir du talent de celui qui est parvenu, sans qu&rsquo;on le lui demande, &agrave; ne pas faire usage de la lettre <em>e</em> dans un r&eacute;cit de pr&egrave;s de 300 pages, sans simultan&eacute;ment porter aux nues celui qui r&eacute;ussit &agrave; l&rsquo;instant &agrave; ne pas mentionner le nombre 807 dans un exercice qui l&rsquo;exige&nbsp;? Je vous le demande, sinc&egrave;rement&nbsp;?<br /><br /><br />Il est cruel de songer qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;instant de notre naissance il n&rsquo;y avait aucune place de pr&eacute;vue pour nous sur terre, qu&rsquo;il a fallu nous battre pour obtenir ce qui en tient lieu, et de nous entendre dire avant que nous disparaissions &agrave; tout jamais qu&rsquo;on laissera une place vide dans le c&oelig;ur de ceux qui nous survivent, une place que rien ne saurait combler. &Agrave; quoi donc bon dieu aura-t-on servi&nbsp;?<br /><br /><br />Lili joue jusqu&rsquo;&agrave; la nuit &agrave; cache-cache avec son ombre. Je l&rsquo;entends pleurer au fond du jardin.<br />&ndash;&nbsp;Mais la partie est finie, reviens, reviens.<span style="font:13px Verdana, serif; color:#555555;"><br /></span><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom<br /></span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">3 f&eacute;vrier 2010</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Nuit &#xe0; Bray</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>Hors jeu</category><category>Vases communicants</category><dc:date>2010-02-15T10:44:03+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/85fb414fddf91d4758682d91941eda44-840.html#unique-entry-id-840</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/85fb414fddf91d4758682d91941eda44-840.html#unique-entry-id-840</guid><content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><img class="imageStyle" alt="Image 3" src="http://www.lesmarges.net/files/nuitabray.png" width="50" height="50"/><br /><br />L&rsquo;aiguille des petites vanit&eacute;es rejoint celle des heures, leurs pointes lanc&eacute;ol&eacute;es indexent le ciel et lancent douze coups qui t&eacute;tanisent les contreforts de l&rsquo;&eacute;glise, derri&egrave;re son chevet une ombre fam&eacute;lique se h&acirc;te. Mais le path&eacute;tique n&rsquo;&eacute;meut pas la nuit qui attend son tour. Quelques cris m&ecirc;l&eacute;s au vin &acirc;cre montent des souterrains du fond de l&rsquo;impasse et sonnent le glas des derni&egrave;res esp&eacute;rances&nbsp;: blasph&egrave;mes de comptoir, silhouettes bris&eacute;es, ivresse, &eacute;chos tr&eacute;buchants, malheureuses certitudes. Les feuilles mortes ont cess&eacute; de danser au pied du r&eacute;verb&egrave;re et le clown immobile derri&egrave;re la devanture du joaillier sourit. C&rsquo;est le moment que la nuit choisit pour se d&eacute;plier, et ses plis lib&egrave;rent une &eacute;trange odeur qui rappelle celle du fer et de l&rsquo;eau, et avec le fer et l&rsquo;eau les longs soupirs argent&eacute;s des cath&eacute;drales en ruine. Et le fer et l&rsquo;eau, et les soupirs poussent, poussent, montent de dessous le bitume, serpentent le long des caniveaux, chassent les brumes, balaient les repentirs, font saillir les seuils. Et la nuit confond le paysage en lui reprenant les choses confisqu&eacute;es, un instant seulement, le temps de les disjoindre, de les redresser une &agrave; une et de les remettre &agrave; leur place, &agrave; bonne distance les unes des autres. Plus rien d&eacute;sormais ne demeure en tiers, chaque chose retrouve les coud&eacute;es franches et les bords que le jour leur avait d&eacute;rob&eacute;s, elles retournent &agrave; l&rsquo;insubordonn&eacute;, buissonni&egrave;res et mortelles. Tout avance de concert, ensemble et s&eacute;par&eacute;ment, les aiguilles de l&rsquo;horloge ont desserr&eacute; leur &eacute;treinte, les cloches leur d&eacute;compte, chaque chose s&rsquo;avance nue t&ecirc;te et sans d&eacute;fense. Et la rue boucl&eacute;e autrefois par le jeu des d&eacute;pendances s&rsquo;entrouvre, les panneaux indicateurs qui commandaient le s&eacute;rieux de nos heures deviennent les majordomes aust&egrave;res d&rsquo;un songe aux perspectives infinies, les trains ne circulent plus, on marche dans le vif du sujet, dans l&rsquo;&eacute;tendue retrouv&eacute;e.<br /></p><p style="text-align:left;">Convenait-il de construire si haut lorsqu&rsquo;on veut simplement aller au bout, voir de nos yeux l&rsquo;effacement des ombres, vivre buissonniers et mortels&nbsp;?<br /><br /><img class="imageStyle" alt="photo1-2" src="http://www.lesmarges.net/files/photo1-2.jpg" width="474" height="323"/><br /><br /><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">Publi&eacute; le </span><span style="font:9px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">1 janvier 2010</span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "> dans le cadre du </span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#000899;"><a href="http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=104893605886&ref=ts">projet de vases communicants</a></span><span style="font:13px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">&nbsp;chez Pierre M&eacute;nard (</span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#333333;"><a href="http://liminaire.fr/" rel="self">Liminaire</a></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; color:#111111;">)</span><span style="font:16px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; "><br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font:11px &#39;Lucida Grande&#39;, LucidaGrande, Verdana, sans-serif; color:#A1A5A9;">Jean Prod&rsquo;hom</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>L&#x2019;invention de l&#x2019;histoire</title><dc:creator>Jean Prod'hom</dc:creator><category>A la veille de la conqu&#xea;te</category><dc:date>2010-02-16T20:44:47+01:00</dc:date><link>http://www.lesmarges.net/files/376f1672a595e41452330c2459b910ae-839.html#unique-entry-id-839</link><guid isPermaLink="true">http://www.lesmarges.net/files/376f1672a595e41452330c2459b910ae-839.html#unique-entry-id-839</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Image 53" src="http://www.lesmarges.net/files/roserougebleu.png" width="50" height="50"/><br /><br />Il fallut inventer les lointains<br />laiss&eacute;s en arri&egrave;re avant d&rsquo;embarquer<br />&ndash; on ne s&rsquo;en souvenait d&eacute;j&agrave; plus qu'&agrave; peine &ndash;<br />les plonger nus dans les jungles &eacute;paisses<br /><br />on architectura des temples <br />qu&rsquo;on livra aux assauts des plantes<br />on fa&ccedil;onna quelques paradoxes<br />pour retrousser le temps<br />et remonter haut le pass&eacute;<br />lui offrir une digue<br />bient&ocirc;t une pente<br /><br />la construction de la retenue dura <br />aussi longtemps <br />que les temples n&rsquo;eurent pas disparu<br />dans les ronciers <br />on patienta tant bien que mal<br />&agrave; l&rsquo;abri des intemp&eacute;ries<br />on planta des porte-greffe<br />con&ccedil;ut des baumes<br />cadastra l&rsquo;utile et  l&rsqu
