Marie B
Dans les champs
jeudi 12 mai 2011

Elles sont de nouveau là. Dans chaque champ, avec leur taille fine et leurs cheveux qui volent.
Elles sont de nouveau là, les danseuses du printemps. Toutes ensemble, elles nous font des chorégraphies au rythme du vent. Toutes ensemble, elles sautent à droite, puis elles reviennent de l'autre côté. Elles ondulent, elles accélèrent.
Mais dans un autre monde, ce sont des oiseaux de basse-cour. Suivant comment on les attrape, ils deviennent mâles ou femelles. Et avec eux, les enfants jouent à poule ou coq.
Marie
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Prison ou paradis?
vendredi 21 janvier 2011

Il y a quelques années, nous avons recueilli un lapin. Il vivait dans une petite cage sale et ses propriétaires n'en voulaient plus. Nous lui avons construit un enclos plus grand, avec la possibilité d'aller brouter dans le jardin. Il sautait partout, en remuant son petit museau. J'étais très contente de voir notre animal ainsi, et il me semblait plus heureux qu'avant.
Mais maintenant, je me pose une question: est-ce une vie joyeuse pour un lapin, ou ne serait-il pas mieux dehors, dans la nature? A mon avis, nous avons surtout des animaux pour notre propre plaisir. Je ne crois pas que nous nous soucions beaucoup du bien-être des rongeurs, des oiseaux et des poissons enfermés. Quelques caresses ne remplacent peut-être pas le manque de liberté. Votre animal est-il heureux?
Marie B
Le bateau
vendredi 10 septembre 2010

Il y a quelques mois, mes parents ont vendu notre voilier pour en prendre un plus grand. Nous avons acheté le bateau dont mon papa rêvait depuis longtemps, un bateau plutôt vieux mais très joli.
- Je ne veux pas d'un vieux clou qui prend l'eau, avait pourtant prévenu ma mère.
- Vous allez voir, c'est le voilier qu'il nous faut, avait dit mon père.
A première vue, tout allait bien, excepté le revêtement de la cabine qui pendait, décollé.
- Je vous arrange cela avec de la colle et des pincettes et le tour est joué.
Le samedi suivant, nous avons essayé le moteur. J'ai vu de la fumée noire en sortir. Le moteur éteint, mes parents ont remarqué qu'une pièce était usée.
- Ce n'est rien, il faut la réparer et ce sera super, a annoncé le capitaine. Mais il n'y a plus de vent, nous devons ramer.
Nous avons donc ramé dans l'odeur de la fumée.
Les week-ends d'après se sont bien passés. Seules des flaques d'eau mélangées à un peu d’huile apparaissaient au fond du bateau. Nous écopions, en pensant que les anciens propriétaires avaient renversé ce liquide. Nous nous trompions.
En effet, dimanche passé, le voilier a coulé. Enfin, quand même pas, mais il était sur la bonne voie. Nous naviguions, en surveillant le niveau d'eau et d'huile dans la cabine. Après deux heures, il y en avait 10 centimètres. Nous avons écopé. Un moment plus tard, il y en avait encore plus. Le niveau augmentait.
- C'est une piscine intérieure! Qui veut prendre un bain aux huiles parfumées?
Nous sommes rentrés au port alerter le responsable. Mais quand il nous a dit d'attacher notre voilier à la grue pour ne pas qu'il sombre pendant la nuit, je n'ai pas pu m'arrêter de rire: le bateau de rêves devenait le vieux clou qui prend l'eau!
Marie
Saisons
vendredi 14 mai 2010

Photo Marie
Le sol dur comme du pain sec
L’eau gelée comme du verre brisé
L’air froid comme le feu
Le vent sur ma peau comme des épines
La buée sortant de ma bouche comme un nuage
Le silence du matin comme si je n’entendais rien
Mais bientôt
L’herbe tendre comme sa joue
Le vent chaud comme la laine
L’eau fraîche comme l’oxygène
Le chant des oiseaux comme un refrain
Marie
