Lorena

Jeux interdits



Au lieu de mon habituel article, j'ai pensé m'enregistrer en jouant l'un de mes morceaux de guitare. Il s'agit de la musique du film "Jeux interdits" dont le compositeur est anonyme. J'espère que vous aurez du plaisir en l’écoutant.

Lorena

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Une affaire pas comme les autres

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Je pense que vous avez déjà tous entendu parler d’Alessia et Livia, les deux jumelles qui ont été enlevées par leur père le 30 janvier 2011. Comment Mathias Schepp, qui était un homme intelligent et cultivé, a-t-il pu enlever ces deux adorables fillettes avant de se donner la mort en Italie ? En effet, il faut vraiment être perturbé et mal dans sa peau pour faire une chose pareille. Pourtant, cet homme avait l’air si normal… Pourquoi a-t-il dérapé ? Un divorce est certes douloureux, mais peut-il mener à ce drame ?
Même si la maman ne perd pas l’espoir de les retrouver vivantes, je n’ose pas imaginer dans quel état elle doit être en ce moment. Son mari lui a pris ce qu’elle avait de plus précieux au monde. Celles qui ont grandi dans son ventre et dont elle s’est occupée durant leurs six premières années de vie.
En tout cas, j’espère de tout mon cœur qu’elles soient encore en vie et qu’elles pourront revoir un jour leur maman. Même si elles ont été tuées, ce serait quand même bien qu’on retrouve leur corps, de sorte que la mère puisse enfin faire son deuil.

Lorena

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Ma hantise

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Le 20 avril 1984. Je me souviendrai à jamais de cette date. Cela fait déjà cinq ans que cela s’est passé, cela fait cinq ans que je ne dors plus la nuit venue, cela fait cinq ans que mon esprit ne pense plus à autre chose depuis que cette abomination s’est passée. Et cela me prendra bien plus que cinq ans pour m’en remettre.

Tout a commencé le soir de ce mois d’avril. Le temps était pluvieux avec des nuages noirs à l’horizon, signe qu’un orage approchait. C’est pour cette raison que je restai à la maison ce soir-là, peu désireux d’être trempé sous la pluie. Je venais tout juste de m’asseoir sur le canapé pour lire le journal, lorsque j’entendis un bruit bizarre. Cela ressemblait à des gouttes d’eau qui coulaient à intervalles réguliers et qui s’écrasaient sur le sol. Anxieux, je me relevai pour contrôler qu’il n’y avait pas une fuite quelque part dans la maison. Après avoir inspecté en long, en large et en travers les deux étages de ma demeure, je dus me rendre à l’évidence : il n’y avait aucune fuite, que ce soit sur les murs ou au plafond. Je me rassis sur mon canapé et j’étais tellement pris dans ma lecture que j’en oubliai l’existence du bruit. Quand j’eus achevé ma lecture, j’entendis de nouveau ce bruit d’eau, ce qui m’exaspéra au plus haut point. Je me relevai en grommelant pour passer ma maison au peigne fin une deuxième fois. Quand j’entrai dans la salle de bains, je poussai un soupir de soulagement. Le robinet du lavabo n’était pas très bien fermé, et des gouttes d’eau s’y écoulaient lentement. Je n’avais plus qu’à fermer ce maudit robinet et aller me coucher. Mais en observant plus attentivement, je remarquai que la couleur de l’eau n’était pas normale. Mon Dieu ! Ce n’était pas possible ! J’eus un spasme d’horreur quand je me rendis compte de ce que c’était vraiment. Du sang ! Oui, vous avez bien lu, du sang ! De mon robinet s’écoulaient des gouttes de sang d’un rouge vif, formant une énorme flaque dans le lavabo. Je me retins à grande peine de vomir, ce qui aurait eu un aspect encore plus révoltant de ce que ça ne l’était déjà.
Je me détournai de cette vision d’horreur avant que je ne vomisse réellement, et mes yeux se posèrent sur la baignoire. C’est alors que je poussai un cri suraigu quand je vis ce qu’il y avait à l’intérieur. Oh, Seigneur ! J’eus si peur ! J’étais tellement terrorisé par ce que je voyais que je n’arrivais plus à faire un geste, sans pouvoir détacher mes yeux de cette scène terrifiante. Je tremblais de tout mon être, j’étais blanc comme un linge, avec des yeux exorbités par la terreur. Des gouttes de sueur perlaient à mon front. Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu ! La baignoire était remplie de sang, avec…avec…Seigneur ! Vous ne me croirez jamais ! Mais il y avait bel et bien un cadavre à l’intérieur ! Non, je ne rêvais pas, je l’ai vu de mes propres yeux ! Des morceaux de peau pendaient ci et là du visage squelettique, des morceaux de peau presque grise tellement elle était vieille. Le cadavre était habillé d’un smoking noir flambant neuf, comme s’il l’avait acheté le jour même. Mais plus que cet accoutrement étrange et que ce visage où l’on voyait les os apparaître là où la peau avait disparu, ce fut la cravate que cet homme portait qui me retourna le cœur. C’était une affreuse cravate jaune à pois verts. Et c’est à ce moment-là que, n’y tenant plus, je vomis. Je ne vomis pas seulement de dégoût, mais aussi de peur. Mais tout à coup, le cadavre se leva violemment, du sang dégoulinant de son beau smoking, et il commença à enjamber le bord de la baignoire, puis il s’approcha de moi, lentement, menaçant. Incapable de faire un geste, je fermai les yeux, attendant que cet effroyable mort-vivant me prenne la gorge pour me tuer, et pour que je devienne comme lui, un mort-vivant s’amusant à apparaître dans la baignoire d’autrui dans une mare de sang.
J’attendis une minute, deux minutes. Toujours rien. Alors, j’ouvris prudemment les yeux pour voir ce qu’il se passait. Le cadavre avait disparu. La baignoire n’était plus remplie de sang, mais elle était remplie d’eau, une eau tout à fait banale. Mon vomi avait également disparu. Et a la place du cadavre, qui est-ce qui se tenait ? Mon fils ! Il était nu, trempé et il me criait : « Papa, papa ! Ça fait deux heures que je te répète que j’ai fini de me prendre un bain et que j’ai besoin d’un linge pour me sécher ! Tu vas te décider à m’en donner un, oui ou non ? » Comme dans un rêve, je pris un linge et je le donnai à mon fils. Je n’en revenais pas ! Il n’y avait qu’une explication : j’avais été victime d’une hallucination ! Cela me semblait si vrai, pourtant ! Mais j’étais profondément soulagé. Soulagé parce que je n’avais pas vraiment vécu cette scène et parce que ça voulait dire que ma maison n’avait rien d’anormal.
Je marchai donc d’un pas allègre vers la baignoire pour nettoyer après que mon fils fut parti. Mais tout à coup, je me figeai sur place. Mon sang se glaça dans mes veines, et mon cœur loupa quelques battements. Ciel ! L’image que je vis à cet instant précis me poursuivra jusqu’à la fin de mes jours ! C’est ma hantise depuis cinq années, cinq interminables années. Parce que, en supposant que j’ai été victime d’une hallucination, comment se faisait-il que dans ma baignoire, là, chiffonnée et trempée, se trouvait une horrible cravate jaune à pois verts ?

Lorena

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La dure réalité des travailleurs clandestins

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Photo Lorena / montage JP

Dans les « 24 heures » du mercredi 27 janvier 2010, un article parlant d’un ouvrier kosovar, père de famille âgé de 30 ans, en situation irrégulière dans notre pays a attiré mon attention. L’histoire de ce clandestin reflète aussi la situation de précarité dans laquelle se trouvent de nombreuses personnes. Ces « sans papiers » mènent une vie très difficile dans des conditions souvent inhumaines. Ils sont exploités par des employeurs peu scrupuleux. Ils n’ont pas le droit de louer des appartements et la plupart du temps ils se retrouvent à dix dans un studio sous-loué. La majorité travaille sur des chantiers ou pour des paysans pour un salaire de misère. Dans le cas du jeune homme kosovar, il gagnait 140 francs par jour, soit fr.15.55 de l’heure au lieu de fr.25.35 qui est le minimum légal. Il paraît qu’entre Lausanne et Bussigny il y a une quinzaine de points de rendez-vous où chaque jour les entrepreneurs peuvent choisir « leurs esclaves ».
Cet article m’a rappelé l’arrivée en Suisse de mon grand-papa. Un jour, il m’a raconté que dans les années 60 il était lui aussi un clandestin. Il gagnait un sous-salaire et travaillait dix à douze heures par jour. Il dormait dans une cave avec plusieurs autres personnes et il n’y avait ni douche, ni toilettes. Heureusement pour lui, il n’a vécu dans ces terribles conditions que quelques mois car ensuite, une grande entreprise l’a déclaré aux autorités.
Je trouve injuste ce que l’on fait subir à ces personnes. Ce sont tout simplement des gens qui ne trouvent pas de travail dans leur pays et partent « chercher fortune » ailleurs pour pouvoir nourrir leur famille. La plus grande peur pour ces travailleurs au noir est de se faire expulser et cela profite aux grandes entreprises qui sous-traitent.
Je pense que les autorités devraient prendre les mesures adéquates pour éviter que ces pauvres malheureux soient ainsi exploités.
Pourquoi ne pas faire des contrôles réguliers et amender lourdement les patrons ?

Lorena

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