Giulia

Ma vie de délinquante : le jour où tout commença et où tout s’arrêta !

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28 juin

Euh..., je ne suis pas Daniela... Je suis Sandy Blues. Daniela voulait que je remplisse cette dernière page comme il se doit... Seulement, je ne pense pas être la bonne personne pour le faire ! Daniela a accouché le 25 avril. C’était une jolie petite fille. Janis elle s’appelait. Daniela était la personne la plus comblée du monde ! Mais comme elle prenait la poudre à Gabriel... son enfant... sa petite fille... était en sous-poids dès la naissance; le médecin m’a dit qu’il y avait un risque qu’elle courait un grand risque... la mort. Personne ne l’avait dit à Daniela, non. Je récapitule : je ne voulais pas que les médecins lui disent que sa fille risquait de lâcher prise à n’importe quel moment. Je le regrette maintenant, mais je ne l’avais jamais vue aussi heureuse de toute sa vie ! Janis décéda trois semaines plus tard. Daniela la suivit après quelques jours en prenant deux grosses poignées de la poudre de Gabriel. Elle ne supportait pas que la personne la plus chère qui lui ait été donné d’aimer lui soit arrachée aussi vite. Janis était la substance qui lui remontait le moral et qui l’avait enfin convaincue à ne plus prendre de substances illicites. Summertime...

Guilia

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Ma vie de délinquante : Janis ou Pat

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2 janvier

Hey mon vieux ! je suis désolé de ne pas avoir donné de mes nouvelles, mais je n’avais pas envie d’écrire. Dernièrement, la seule chose qui m’importe c’est que mon bébé naisse en bonne santé et qu’il ait un nom ! Dans un mois j’accouche, et je ne sais pas toujours comment l’appeler. J’ai deux noms ; Janis (Janis Joplin) ou Pat (Pat Benatar), mais lequel choisir ? Que c’est compliqué ! Bon, d’un côté je penche pour Janis car j’adore sa chanson Summertime ! Je m’imagine déjà l’emmener donner à manger aux écureuils au Regent’s Park, lui préparer ses récréations, le filmer lors de ses matchs de foot, lui chanter des berceuses avec ma future guitare,... D’un côté j’ai hâte qu’il naisse, et d’un autre pas ! Parce que je sens que je vais en baver. Tous les soirs vers minuit, à trois heures je devrai lui donner le biberon et lui changer sa couche.
Ce que je crains le plus ? La fameuse question : « Il est où papa ? »
Que diable lui répondrai-je ?

Giulia

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Ma vie de délinquante : joyeux anniversaire

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20 novembre

Yeah ! Aujourd’hui j’ai seize ans ! Et dans quelques jours mon bide aura trois mois, donc si on calcule, il lui reste encore six mois de grossesse. Allez, on tient le coup, c’est pas le moment de déprimer ! Aujourd’hui, pour fêter mon anniversaire, Sandy m’a emmené voir Beetlejuice, la dernière trouvaille de Tim Burton. Cela fait déjà quelques semaines qu’il était sortit au cinéma, et comme j’adore les films à humour noir, j’étais sûr de ne pas être déçue par celui-là. Ensuite, Sandy s’est acheté un plat à l’emporter chez Zu-Yang’s Chinese Food et moi un misérable paquet de chips au paprika. Je dois dire que dernièrement je suis devenue accro aux chips paprika. Malheureusement, pour ce qui est de la poudre avec laquelle Gabriel m’a pourri la vie, je n’arrive pas à m’en priver, bien que je doive arrêter pour le bien de mon enfant. Mais si je ne prends pas ma dose quotidienne, je deviens aussi molle qu’une guimauve et je pèterais un câble pour rien. D’ailleurs, avec Sandy on n’a... Non, rien ! Je n’ai pas envie d’en parler maintenant. Mon unique journée dédiée rien qu’à moi n’est pas encore finie, alors je veux en profiter sans penser à des choses négatives.
Bye !

Giulia

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Ma vie de délinquante : un nouveau départ, j’espère...

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10 novembre

Sandy vit à Camden Town. Donc du coup, quand j’ai du temps, je sors acheter des vêtements pour mon petit bébé. Dernièrement, mon seul passe-temps, c’est de me promener dans Londres, donner à manger aux écureuils du Regent’s Park, faire du shopping - en évitant l’Oxford street parce que je sais que j’y passerais la journée à faire du lèche-vitrine tout en me disant que je n’aurai jamais assez d’argent pour m’acheter ne serait-ce qu’une paire de chaussettes dans l’une de ses merveilleuses boutiques. En fait, si j’ai le temps de faire toutes ces choses, c’est parce que j’ai été virée de mon travail. Mes trois mois de grossesse pointent déjà le bout de leur nez. Mais en tout cas, je peux te dire que c’est la plus belle chose qui me soit arrivée jusqu’à maintenant.
Parfois je me dis que je n’aurais pas dû fuguer...
Quelle vie de m............. !
Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhh !

Giulia

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Ma vie de délinquante : Sandy Blues

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10 octobre

Ça va faire cinq jours que j’ai fui l’appartement. Je dis fuir car Paul n’arrêtait pas de me claquer, jusqu’à ce que je saigne, et Gabriel est tellement... comment dire... “rêveur” que ce n’est pas avec lui que j’ai pu parler de mes problèmes. Je n’avais personne à part toi. Mais cela ne me suffisait pas.
Maintenant, je vis chez Sandy. C’est ma seule et unique amie. Le 5 octobre, j’avais décidé de me casser de l’appartement. Je n’ai rien emporté sauf toi. Au début, j’avais peur que Paul me voie dans la rue, alors j’ai couru jusqu’à la station de métro la plus proche et j’ai passé toute la journée à changer de ligne. Jusqu’à ce que je croise par hasard Sandy. Dès que je l’ai vue, je l’ai suppliée de me faire vivre chez elle. Je lui ai expliqué que j’attendais un gosse et que Paul me “tapote” jusqu’à ce que mon sang tache le sol. Alors elle a accepté. J’espère que tout va s’arranger.

Giulia

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Ma vie de délinquante : flashback

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25 août

En sortant pour la pause déjeuner, un groupe de punks traînait au bout de la rue en écoutant leur radio. Il m’a fallu un moment avant de reconnaître ma chanson préférée du groupe dont ma mère était dingue. Je me rappelle que, lorsque j’étais petite, pendant que ma mère cuisinait son fameux boeuf rôti au rhum, je n’arrêtais pas de passer en boucle le vinyle des Clash. J’adorais, et encore maintenant, London Calling. Je me demande bien pour quelle raison je suis partie à Londres ! En tout cas ce n’était pas pour finir dépendante des substances illicites et enceinte. En plus, je suis malade comme un chien. Normalement une grippe se soigne en deux ou trois semaines. Mais cela fait un bon moment que je ne vais pas bosser à cause de cette f.... grippe. Demain, je vais voir un docteur. Bon je vais préparer le “dîner”. 

Giulia

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Ma vie de délinquante : ténèbres

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30 août

Ma vie n’est qu’un cauchemar ambulant. Ce n’est pas vraiment ce que je m’imaginais. Je veux dire que, dans mes rêves, je me voyais en train de me balader avec les autres, le groupe de Paul jouerait dans la rue et on sortirait tous ensemble le soir faire une tournée des bars - bien sûr, j’utiliserais ma fausse carte d’identité. Mais bon, à quoi beau rêver à ces choses, maintenant que je suis enceinte, accro à la poudre magique de Gabriel et que je deviens folle. Je continue de bosser et d’enfermer ma grossesse dans les oubliettes, seulement que, lorsque je me précipite, je vomis au bord des lèvres, je ne peux pas l’ignorer et bientôt je commencerai à grossir. Bon, je dois te laisser, je dois aller au boulot. Rien que de penser à ma famille, à ma vie normale d’adolescente, ça me donne envie de me flinguer. Bon, je te laisse, sinon je vais me faire tuer par mon boss.

Giulia

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Ma vie de délinquante : ce n’est qu’un mauvais cauchemar... Non !

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Je n’ai pas vraiment eu la force d’écrire la dernière fois. Je suis enceinte de quelques semaines et je n’ai qu’une envie, me passer une corde autour du cou. Je ne sais même pas si c’est Paul le père, ou un client ! En plus ces derniers temps, les garçons ne vendent pas énormément, et moi je serai virée dans pas longtemps. Seigneur, qu’est-ce que je dois faire ? Faire exprès de tomber des escaliers ? Je suis une accroc aux pilules de Gabriel, et justement, si j’arrive à écrire, maintenant, c’est grâce à elles, sinon je tremblerais et je me mettrais à hurler et à mettre l’appart sens dessus dessous. En plus il y a une maladie qui touche énormément d’homosexuels en Amérique. Mais vu que l’Amérique ne lui suffit pas, elle a décidé de débarquer gentiment en Europe. D’ailleurs, j’ai lu dans les journaux que Freddy Mercury en serait atteint ! Ça s’appelle le sida. Bon, je ne risque rien et les autres non plus. Mais vu que je travaille toujours, j’espère qu’aucun homme qui vient dans notre « salon de beauté » n’a le sida. Parce qu’il ne manquerait plus que ça à ma collection. Je vais te laisser car je n'... n’arrive presque plus à... écrire.

Giulia

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Ma vie de délinquante : Houston on a un problème !

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25 août

Je suis enceinte !

Giulia

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Ma vie de délinquante : moi une ado ?

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10 août

Je n’ai plus quinze ans. Non j’en ai au moins cent  ! Dernièrement, j’ai compris pas mal de choses. Premièrement, les garçons vendent sous capes des substances illégales. Deuxièmement, Mathilde n’est pas en Irlande voir sa m-a-m-a-n. Elle est allée en Irlande pour trouver d’autres jeunes aussi paumés que nous pour qu’ils revendent ensuite des substances illégales. Troisièmement, je me suis rendu compte le premier jour que l’adresse de mon job me conduisais tout droit dans un quartier aux lumières rouges. J’ai fais immédiatement demi-tour et le soir j’en ai parlé à Gabriel. Il m’a dit tout simplement : – Et alors ?
Je me suis mise à lui crier dessus que ce n’était pas un travail correct et il m’a répondu qu’eux non plus n’avaient pas un travail correct mais que c’était ce qui ramenait le plus. Il m’a expliqué que si nous voulions vivre à fond notre rêve, il fallait que je ferme un œil sur certains trucs. Pendant que mon cerveau hésitait entre lui en coller une ou viser directement la partie du bas, il sortit un médicament rouge et blanc de sa poche.
– Tiens avale ça ! dit-il en me le tendant.
– C’est quoi ?
– Une petite pilule qui te fera sentir légère. Si légère que le vent t’emportera sans aucune difficulté.
– Je n’crois pas que j’ai envie d’y goûté !
– Oh, allez Dani... Tu vas pas faire ta gamine ! Allez goûte !
Je saisis la pilule et l’avale. Au bout d’un moment je me sens bizarre. Non je me sentais légère comme l’avait dit Gabriel et j’avais l’impression que je volais au-dessus de tous. Dès que le tour de manège était finit, j’en redemandai à Gabriel. Voilà maintenant je suis une accros !

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Ma vie de délinquante : des jobs étranges

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22 juillet

Depuis notre arrivée à Londres, j’ai l’impression d’avoir grandi, d’être plus mature. Mathilde est partie, il y a de cela trois jours en Irlande pour être au chevet de sa mère qui souffre d'une grave maladie incurable, elle nous a permis de vivre ici à condition qu’on paie le loyer. Et vu le prix il faut que tout le monde mette la main à la pâte ! Et bien sûr, elle nous a dégoté à Sam, Gab et moi des jobs. Will l’accompagne en Irlande. Elle avait griffonné plusieurs numéros sur un bout de papier : 0023.345.76.23 Mr O’Malley (C’est le numéro de mon patron).

Je ne sais pas en quoi consiste le travail des garçons. Moi, je suis masseuse dans un salon de beauté. Je commence à dix heures et je finis à une heure de l’après-midi. Je touche huit mille livres sterling. Je me fous si c’est un prix correct ou pas, de toutes façons les garçons gagneront surement le triple de ce que je gagnerai. En tout cas, je sais que les garçons commencent le travail à onze heures du soir et rentrent vers six heures du matin. En plus de ça, c’est à moi que revient le devoir de faire briller cette maison et de préparer le repas. Je vois que la mentalité masculine n’a pas vraiment évolué de ce côté-là ! Bon, alors ce soir c’est... soupe à la courge. Ça leur apprendra à me faire nettoyer leur bordel ! Je ne suis pas une femme mariée ni une fée du logis !

Giulia

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Ma vie de délinquante : du rêve à la réalité !

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15 juillet


On y est! Notre fourgonnette roule sur le sol londonien! Nous, nous étions collés contre les vitres, éblouis par ces mythiques bus à deux étages, ces taxis noirs et ces cabines téléphoniques rouges. Gabriel s’arrêta et se mit à la recherche de la carte. En attendant, j’étais sortie de la fourgonnette. Dès que ma tête franchit la portière, je sentis la légère brise! Paul et les autres sortirent en hurlant de joie. Will sauta sur Sam et ils tombèrent sur le trottoir. Lorsque Gabriel sortit à son tour, je lui sautai au cou tellement j’étais heureuse. On avait rêvé un milliard de fois de vivre à Londres ! Et maintenant nous y voilà ! Je n’arrivais toujours pas croire que j’étais à Londres. Ce rêve me paraissait impossible à réaliser.

Nous sommes chez Mathilde, une « amie » à Will. Cette fille est adorable et marrante. Elle a de longs cheveux roux, frisés, deux yeux verts, pareils à des émeraudes, injectés de sang et une peau cadavérique. Je pense qu’elle doit avoir entre dix-huit et vingt ans. Je dois avouer qu’elle me fait un peu flipper. Par exemple, elle a agressé Will en prétendant qu’il voulait la tuer, et quelques secondes après, elle l’enlaçait en l’appelant « mon lapinou d’amour » et autres petits surnoms tout aussi débiles qui donnent envie de vomir. Paul dort profondément à côté de moi. Gabriel doit sans doute dormir sur le canapé et Sam par terre. Will lui est encore en train de causer avec Mathilde.

Giulia

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Ma vie de délinquante IV : une rencontre qui va tout arranger

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10 juillet


Hey! Mon vieil ami! Ça tombe bien que tu sois là car, figure-toi, je vais encore te saouler avec mes petites histoires, mais là c’est bien plus croustillant.
Alors la blonde a été retrouvée morte d’une overdose et son mec du lundi y est aussi resté!
La fourgonnette ne fonctionne plus car le moteur est défectueux. Mais comme me l’avait promis Gab, cette fourgonnette ferait le tour du monde! Alors il faut qu’on se trouve un job pour la faire réparer. L’argent que nous avions pris n’est pas suffisant! Mais un miracle c’est produit.
Nous avons fait une rencontre géniale! Je m’explique, c’était le 7 juillet, nous étions allés à un festival rock organisé en dehors de la ville. Il y avait énormément de hippies, d’artistes à la recherche de l’inspiration et beaucoup de jeunes. Lorsque les Dead Roses finirent de chanter Infernal World, avec Gab on s’est séparés. Lui est allé dans un coin discret avec une fille au bras et moi j’ai siroté ma bière assise à côté d’un mec que j’ai rencontré. D’ailleurs, c’est lui qui va nous aider avec la fourgonnette. Bref, il s’appelle Paul et je sais que lui aussi a fugué de chez lui, il a envie de partir pour Londres avec son groupe les The Drug’s pour monter sur scène et être aussi célèbre que les Queen (son groupe préféré et le mien aussi, tiens! un point en commun! Il a dix-sept ans et (roulement de tambours) il est le pro de la mécanique. Donc le problème fourgonnette est clos. Enfin on pourra repartir. D’ailleurs, j’ai demandé à Paul s’il ne voulait pas, avec le reste de son groupe, faire le voyage avec nous – bien évidemment il a accepté – et coup de chance, un des membres du groupe à beaucoup d’amis qui vivent à Londres. C’est un p.... de miracle, merci Seigneur! Merci infiniment! Ensuite je me souviens que nous avons trop bu, on a été derrière la scène et... ! Oui! Je sais, je suis une véritable imprudente mais bon au moins on avait de quoi se protéger! Je crois qu’au début de ce journal intime, je devrais écrire: Interdit aux moins de 15 et aux saintes-nitouches, à tout public sensible ou ayant des problèmes de cœur. Je ne voudrais pas que quelqu’un fasse une crise cardiaque à cause de son contenu.

Giulia

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Ma vie de délinquante III : une nuit à peu près tranquille à Paris

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5 juillet

Il est deux heures du matin et je n’arrive pas à fermer l’œil à cause de la blonde et de son mec du lundi qui ont décidé que l’heure idéale pour faire BAM BAM c’est au cœur de la nuit ! Manque de bol l’hôtel est vraiment mal isolé. Mais où est-ce qu’on a atterri ? Au royaume coquin ? On m’a toujours dit que Paris c’est la ville de l’amour... Et bien moi, je pense que c’est surtout la ville de l’insomnie.

Je pose mon stylo et regarde Gab qui dort comme un bébé. Quelle chance il a de ne pas entendre ces bruits ! Je descends du lit et me dirige vers l’une des deux chaises qui se trouvent autour d’une jolie petite table en verre, m’assieds et contemple la lune qui est coupée par un minuscule trait noir, je suppose que ce n’est rien d’autre que la Tour Eiffel. D’ailleurs ça me fait penser au dessin animé des Arsitochats. Et figurez-vous que le quartier où se situe l’auberge de jeunesse me fait penser à la scène où les chats jouent et chantent dans un vieil immeuble abandonné. Dans la chambre il fait une de ces chaleurs qu’on se croirait dans un four. J’ouvre la fenêtre et lorsque mon visage rencontre la légère brise du soir, j’ai l’impression de revivre. Je pose mes fesses sur le rebord de la fenêtre et tire une longue bouffée de ma cigarette. Dehors, j’entends les gens qui rient jusqu’à se plier en deux, le bruit des rares voitures qui passent en dessous de notre auberge et le parfum d’herbes aromatiques qui doit monter depuis le balcon de la propriétaire de l’auberge. Soudain, je suis interrompue par ce magnifique spectacle qu’est la vie, à cause des murs qui tremblent comme si un tremblement de terre les faisait vibrer – pas la peine de vous en expliquer la raison ! –, soudain, les murs qui menaçaient de s’effondrer sur Gab ne vibrent plus. Eh ben, il faut dire qu’ils prennent leur pied ! En attendant, moi, je retourne contempler la vie en me penchant à la fenêtre.

Giulia

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Ma vie de délinquante II : le voyage

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Ok, récapitulons, je viens de quitter ma famille de psychopathes et là je me trouve dans le fameux fourgon avec Gabriel. Je voudrais bien continuer d’écrire mais l’envie de le faire m’est passée. Je referme mon journal qui finit au fond de mon sac en toile.

Je regardai devant moi, le soleil montra le bout de son nez tout en commençant par illuminer un côté de la colline qui se trouvait tout au fond de la campagne. J’avais hâte de quitter cette Suisse pour l’Angleterre! Dans la voiture, seul le son d’une guitare électrique provenant de la petite stéréo du fourgon remplaçait le silence. Depuis que j’avais fugué de chez moi, aucun de nous deux ne parlait. Pour ma part, je n’avais pas envie de communiquer avec qui que ce soit. Nous nous rapprochions de la frontière Suisse-France. Je fermai les yeux et enlevai mes ballerines.
- Dani... Dani!
J’ouvris un œil puis l’autre et vis Gab qui avait un sourire jusqu’aux oreilles.
Je me frottai les yeux avant de bâiller jusqu’à m’en décrocher la mâchoire.
- Ça y’est, nous sommes en France! s’exclama-t-il en regardant par la fenêtre.
- Ahhhhh! Dans quelques jours on pourra manger des Fish’n’Chips, voir Camden Town et plein d’autres trucs! Je suis trop contente! dis-je en tapant des mains comme une folle. Je te propose qu’on s’ouvre une bière et qu’on trinque à notre fabuleux voyage!
- J’suis partant! dit-il avec un sourire qui dévoilait toutes ses dents blanches.
Nous trinquâmes et reprîmes notre route. Arrivés à Paris, nous louâmes deux chambres dans une auberge de jeunesse.

Giulia

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Che Bella l’Italia

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Ce matin, je me lève et me traîne jusqu’à la cuisine. J’ouvre les portes-fenêtres qui donnent sur le joli balcon-terrasse du toit. Il avait plu la veille mais aujourd’hui le soleil est au rendez-vous. Je me prépare un bol de céréales Spécial K au chocolat noir, me verse un bon verre de jus d’orange et mange tout en regardant Lausanne se réveiller. J’adore me lever en même temps que le soleil. Ma terrasse ressemble à une piscine, mes plantes ont retrouvés le moral et un couple de pigeons s’est posé sur le bord de la balustrade du balcon ruisselant. Après avoir terminé mon déjeuner, j’allume la stéréo et la chanson Via con me remplace le silence. J’adore prendre ma douche avec Paolo Conte comme fond musical. Ça me fait penser à l’Italie. À ces petits villages de la Sicile, ensoleillés, les petites ruelles vides car c’est l’heure de la sieste. J’adore aussi les tonnes de sachets, de poubelles qui ne sont pas ramassés, les affaires louches de la mafia, le gouvernement, il pizzio, les nombreux procès faits aux journalistes par les gens du gouvernement, les tonnes de constructions laissées inachevées, les avis-mortuaires, ... Franchement, je l’adore cette Italie hypocrite.

Giulia

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Ma vie de délinquante I

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Alalalala ! Mon cher et adorable journal. J’adore ma vie de délinquante ! Courber, fumer, boire jusqu’à en perdre la mémoire. Franchement, j’adore cette vie-là... Mais je ne suis pas là pour te parler de cela. Je dois surtout te raconter ma prochaine fugue.
Je sais ce que tu dois penser : “ Daniela, s’il te plaît! Ne fais pas ça! déjà que tu fumes, tu bois et tu courbes les cours les plus important pour ton avenir. “ Mais je n’en ai rien à ... Enfin bon, c’est un de mes potes - Gaby - qui en a eu l’idée.
Premièrement, il volera un vieux fourgon hippie qu’il aura retapé. Deuxièmement, on achètera trois paques de bière, deux de vodka et six cartouches de cigarettes. Troisièmement, notre destination sera l’Angleterre ou l’Amérique. Pour ma part j’adorerais aller en Angleterre. C’est le pays d’origine de tous ces anciens groupes de rock britannique, les Genesis, The Clash, The Beatles,...
Ah! Mais quelle idiote je fais. C’est ce soir la fameuse fugue. J’ai même pas préparé mon sac. Bon, bah,... faut que je te laisse.
Bye

Giulia

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Giulia ne nous a rien fait parvenir.

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Journal d’une condamnée

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Photo Giulia

In the Shadows
The Rasmus

Je n’arrivais plus à ouvrir la bouche et à prononcer ne serait-ce qu’une lettre. C’est comme si ma bouche avait été collée avec de la colle extra forte. Peut-être que je le fais exprès de ne pas l’ouvrir – comme d’habitude – en tout cas depuis que je me sais condamnée à passer le restant de mes jours sur un lit d’hôpital et dans cette maudite chambre qui pue le renfermé. Mais comme on le dit : La vie est belle ! Tu parles ouais ! La vie c’est simplement qu’une grande arnaqueuse. Elle te fait croire que tu deviendras vieille avec la bague au doigt et entourée de tous tes petits-enfants qui courent dans tous les sens pendant que toi tu leur tricotes en te balançant tranquillement dans ton rocking-chair des écharpes qu’ils ne porteront qu’une fois dans leur vie. Quelle conne! Quelle horrible idiote que je suis! J’aurais dû lui avouer les sentiments que je lui porte ; écrire ce fameux livre qui m’aurait peut-être décroché le best-seller de l’année ; apprendre à jouer du piano ; me dédier plus envers mon groupe et composer de nouvelles chansons. Je comptais les faire toutes ces choses mais ce cancer m’en a empêchée. Merci de me faire mourir belle et jeune. Merci de m’avoir gâché ma VIE et d’avoir brisé mes rêves ainsi que ma famille. D’ailleurs par ta faute, ma soeur ne me parle plus et mes parents ont divorcé – ce qui ne m’a pas étonnée – et plus aucun de mes amis ne vient me rendre visite. Heureusement qu’il y a Gabriel. Franchement, il est le seul qui est sincère et me remonte le moral tout en restant naturel. D’ailleurs je n’ai pas besoin de voir mes amis ni mes parents – même si ceux-ci arrivent avec leur sourire de vendeur –, rien que de le savoir près de moi me remonte le moral. Ok, j’avoue ! Oui, je l’aime mais il y a un problème. Même si je le connais depuis la maternelle, je ne sais toujours pas si je lui suis antipathique ou sympathique. Ça c’est le GROS problème avec lui. Bon je te laisse car je viens de voir l’infirmière de garde tourner au bout du couloir. @+ Kaïla

Giulia

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La chambre blanche

Année 1950, jour de la Saint-Valentin. Ai-je besoin de préciser que je suis enfermée, seule, à la maison? Je pense que oui, mais avant toute chose, je devrais me présenter. Je m’appelle Aubrey McDawn, j’ai 17 ans, des cheveux longs, frisés et noirs comme du chocolat qui ne contient que 85% de cacao, de grands yeux foncés de couleur noire comme les ailes d’un corbeau, et ma peau à la couleur du chocolat au lait. Pour que vous vous fassiez une idée de ma place et de ma situation dans notre belle société américaine, je pense que vous devez savoir que les gens qui ont la peau pareille à du chocolat sont “inférieurs” à ceux qui ont la peau aussi claire que celle des vampires. Bref! Je suis coincée à la maison, car j’ai osé sortir et dormir dans les draps qui appartenaient à un des ces êtres dit “supérieurs“. En guise de punition j’ai eu droit à des claques, des insultes et à l’espionnage systématique de ma vie privée. Mais je m’en contrefiche, car celui que j’aime est entré dans ma chambre par la fenêtre comme un voleur et qu’il est en train de me serrer contre lui dans ma chambre blanche.

Giulia

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